Le baroud d’honneur de Barack Obama

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La plus grande puissance militaire du monde ne parvient pas à mater l’insurrection en Afghanistan. Un an après avoir accepté d’envoyer 30 000 hommes supplémentaires sur place, Barack Obama se fait dire, dans une lettre ouverte signée par quarante-trois des plus éminents spécialistes de la région, qu’il est urgent d’abandonner la stratégie militaire pour entamer des négociations avec les Taliban. Le constat qu’en tirent ces experts est clair : les offensives militaires ont tourné à l’échec et seul un accord avec les dirigeants de l’insurrection permettrait aux Américains de se retirer tout en préservant leurs intérêts. Barack Obama émet pour sa part un avis contraire : dans une lettre adressée mercredi à des parlementaires, le président américain a estimé que sa stratégie afghane produisait des progrès graduels et que les forces de la coalition continueraient de suivre son approche. Que pouvait-il dire d’autre? Et rien n’indique une remise en cause de la volonté d’Obama de rapatrier une partie des troupes envoyées en renforts à compter de juillet prochain.

C’est le célèbre journaliste d’investigation Bob Woodward, connu pour son rôle dans le scandale du Watergate, qui avait attribué cette citation à Richard Holbrooke, qui vient de nous quitter : « S’il y a dix issues possibles en Afghanistan, neuf d’entre elles sont mauvaises ».

Ces experts font un autre rappel, douloureux celui-là : Depuis début 2010, 692 soldats et officiers des contingents de l’Otan, de l’ISAF et des États-Unis ont été tués dans le pays, la guerre coûte 120 milliards de dollars par an au seul budget américain et, surtout, sur le terrain, la situation empire pour les forces de la coalition. La force est constituée de 150 000 soldats dont les deux tiers sont américains. Selon l’Onu, 1.271 civils ont perdu la vie au premier semestre 2010 en Afghanistan, en hausse de 21% par rapport à 2009. Comme si cette guerre ne pouvait entrevoir de fin, le général Josef Blotz, porte-parole de la force internationale de l’Otan en Afghanistan (Isaf), prévenait depuis Kaboul que les soldats étrangers engagés dans ce conflit seront confrontés en 2011 à plus de violence des talibans. « Il y aura toujours des combats, et nous devons maintenir la pression sur les talibans ». Le commandant en chef américain des forces internationales en Afghanistan, David Petraeus, a estimé que 2014, date annoncée pour le passage de relais de la sécurité du pays aux forces afghanes, était une « perspective raisonnable », mais qu’il n’y avait « rien de certain ».

À cette stratégie de l’ISAF, les experts répondent : « A cause de la violence des opérations militaires, nous (y) perdons la bataille des cœurs et des esprits. Et les pertes rebelles sont compensées par des nouvelles recrues souvent plus radicales que leurs prédécesseurs ». Selon ces derniers, les Occidentaux n’ont et n’auront d’autre choix que de « trouver un accord » avec le commandement taliban – d’autant plus que celui-ci a selon eux « affiché une volonté de discuter » – qui permettrait aux Américains « de se retirer tout en préservant leurs légitimes intérêts sécuritaires ».

Selon un sondage réalisé par ABC News, BBC, ARD et le quotidien Washington Post, et rapporté par Ria Novosti, seulement 36% de personnes afghanes interrogées se sont déclarées confiantes en la capacité des États-Unis et de l’Otan à assurer la paix et la stabilité dans le pays, ce qui représente une baisse de 12% par rapport aux résultats du sondage de 2009 et de 31% par rapport à ceux de 2006. Et 73% de personnes interrogées sont pour le début de négociations avec les talibans, soit 13% de plus que l’année 2008. Une autre enquête réalisée en août par la chaîne de télévision CNN montre que 57% des Américains se disent « opposés » à la guerre en Afghanistan contre 54% il y a un mois, 48% au mois de mai et 46% au mois d’avril. Et 36% estiment que les États-Unis sont en train de perdre cette guerre. Seuls 42% des personnes interrogées se disent désormais « favorables » à la guerre, un point de plus que le mois dernier (41%), mais moins que les 50% du mois de mai et les 53% du mois d’avril. Qui plus est, 62% des personnes interrogées estiment que la guerre n’est pas en train d’être gagnée par les États-Unis, un chiffre légèrement inférieur à celui du mois de février 2009 (64%).

En France, 70 % de la population sont opposés à l’intervention militaire française dans ce pays. Et 58% sont pour le retour de la France, entre 27 et 37% contre, et 21% sans opinion. À cela, le président Sarkozy répond : « La France restera engagée en Afghanistan, avec ses alliés, aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que le souhaitera le peuple afghan ». Contrairement aux États-Unis ou à la Grande-Bretagne, la France ne compile pas de statistiques officielles sur la détresse de ses soldats de retour d’Afghanistan. Et pourtant, selon le lieutenant-colonel François-Xavier Marchand qui dit regretter cet état de fait, la proportion de militaires français qui souffrent de problèmes psychologiques est la même qu’aux États-Unis. En revanche, le nombre de suicides dans l’armée reste chez nous inférieur à celui des civils.

Wikileaks frappe fort. Fin 2008 l’ancien Premier ministre australien, Kevin Rudd, considérait que la contribution de l’Allemagne et de la France dans la lutte contre les talibans en Afghanistan se résumait à « organiser des festivals de danse folklorique », comme l’ont montré des télégrammes diplomatiques diffusés par le site. Aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, monsieur Rudd s’était à l’époque montré impitoyable : « Dans le sud-est, les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et les Pays-Bas faisaient le dur boulot, alors que dans le nord-ouest, plutôt tranquille, les Allemands et les Français organisaient des festivals de danse folkloriques ».

Les Français ont-ils lieu d’être fiers du fait que leur prestation en Afghanistan mérite une telle appréciation derrière les portes closes des officines diplomatiques? La réponse viendra peut-être d’Alain Juppé. Que faisons-nous en Afghanistan, diantre?

23 comments to Le baroud d’honneur de Barack Obama

  • Léon

    Salut, Pierre !
    Je me demande quelle est la dernière guerre qui ait été remportée par une armée régulière contre une population civile armée et combattante ? Je crois bien que c’est la Guerre d’Algérie. Les USA y échouent, comme ils ont échoué pratiquement partout où ils se sont ainsi exportés. Les contingents alliés, je ne sais pas ce qu’ils y font, s’ils obtiennent des résultats et il est difficile de se faire une opinion.
    Il me semble que cette guerre n’était gagnable qu’en y envoyant des troupes très nombreuses capables d’occuper tout le terrain, des spécialistes de la « guerre révolutionnaire » capables de se fondre dans la population civile etc… On a affaire à des populations guerrières par leur culture, un peu comme les Tchétchènes. Que se passera-t-il le jour où tous les contingents étrangers plieront bagage ? Je me le demande…

    • chantelois2010

      Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Léon. Bonne remarque. Je ne suis pas un militaire et n’en ai aucune expérience. Sauf que je dois observer le fait qu’en Algérie, à moins que je ne me trompe, l’armée était française. En Afghanistan, outre l’important contingent américain, l’ISAF est composé de militaires qui viennent de 39 pays. Ce qui est souvent reproché à l’Otan est son manque de coordination et un esprit de cohésion. L’esprit de corps semble faire cruellement défaut en Afghanistan. Vous avez également raison sur un autre point : la loi du nombre. Les Russes ont échoué. Les États-Unis n’ont rien retenu de cet échec, trop préoccupés qu’ils étaient de se croire invincibles. Il ne faut pas oublier enfin que le président des États-Unis ne gouverne pas. Il négocie. Le Check and Balance, Poids et Contrepoids. Sur la décision ultime de plier bagages en Afghanistan, je connais peu de pays, en réalité, qui se préoccuperont des suites qui en découleront. L’Afghanistan n’est pas un pays populaire. Le retour des Boys semble plus préoccuper les populations que le sort d’un pays qui souffre d’un cruel déficit de crédibilité. Les récentes révélations des câbles diplomatiques confirment tout haut ce qui se murmurait tout bas. Pierre R.

      • Ph. Renève

        Bonjour Pierre

        Merci pour votre article. Cette guerre devient une caricature: elle était menée à l’origine prétendument contre des terroristes, mais rien ne montre que les menaces terroristes aient diminué dans le monde, bien au contraire, ni que le pays soit « pacifié ». C’est un enlisement sans fin pour de pas perdre la face ni surtout les contrats pour les majors US.

      • Ph. Renève

        Il serait du reste passionnant d’avoir une idée du montant du chiffre d’affaires des compagnies US réalisé depuis le début de la guerre en Afghanistan et lié à elle: ce doit être pharamineux…

  • maxim

    il y a une chose que je ne comprends pas,c’est l’état dépressif des militaires  » professionnels je précise  » donc aptes et formés pour le métier de soldat,y compris les risques que cela comporte,mais on signe une décharge et en ayant bien conscience que la mort en fait partie ! ( j’en parle en connaissance de cause moi même engagé et combattant en Algérie)…

    les sondages ? que valent les sondages? rien du tout ! et ce n’est pas parce que des 50 % ou 13 % de plus ou n’importe quoi pour influencer l’opinion,alors qu’est ce qu’on fait,on laisse une bande de barbus faire leur loi et emmerder le monde,où on met le paquet avec les sacrifices que ça implique certes,mais nécessaires pour les supprimer et permettre au populations locales de vivre libres et à leur guise sans être prisonniers d’un bande de fanatiques religieux ! marre de baisser la froc tout le temps à cause des pacifistes bêlants,il faut savoir dans quel camp on se trouve !

    • Monique Peyron

      Je ne suis pas sûre que les Afghans veuillent vivre sans les talibans. Il semblerait plutôt que l’occupation étrangère les rapproche de ces fanatiques.

    • chantelois2010

      Maxim. Le débat qui a cours au Canada – et ailleurs, j’imagine – tourne autour de la question suivante : un soldat qui revient d’un champ de bataille peut-il s’attendre à recevoir de son armée une aide psychologique, matérielle et financière pour traumatisme grave? Il y a quarante ans ou soixante ans, les moyens de communication n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui. Les populations ne cessent de réaliser l’étendue des drames qui déchirent des familles de soldats qui reviennent du champ de bataille. Nous n’avons pas, dans notre pays, une culture de la guerre. Le Canada était plus réputé pour ses interventions de paix que pour ses participations stratégies de guerres. Le Canada a refusé une présence en Irak mais il a accepté d’intervenir en Afghanistan. Et l’OTAN demande au Canada de prolonger son séjour. Ce qui suscite une grogne populaire puisque le gouvernement de droite de Stephen Harper avait promis de ne pas prolonger ce délai de 2011. Les militaires resteront en Afghanistan dans un rôle non combattant jusqu’en 2014. En ce qui concerne les sondages, Maxim, je ne crois pas qu’aucun gouvernement ne puisse ne pas en tenir compte si sa légitimité dépend d’une élection générale. Dans le cas présent, la question toute simple que se posent les populations qui dépêchent des soldats en Afghanistan est la suivante : pourquoi? Au Canada, les Canadiens ne savent pas pourquoi son armée se bat pour défendre les intérêts des États-Unis et une guerre à laquelle ils se sentent totalement étrangers. Nous sommes dans un domaine complexe entre exercer le pouvoir et prendre en compte l’opinion publique dans les stratégies de guerre.

  • Asinus

    Maxim l’etat dépréssif »,bonjour
    j’ai un tres proche en Kapisa , radio popote annonce la dérouillée ou le depard queue basses pour 2011/2012.
    Le mercanti au pouvoir les méprises , plus exactement pour ce type qui a fait un sm planqué a Balard culturellement intellectuellement le concept »servir » lui échappe completement.De plus la stratégie de déploiement et conceptualisée uniquement en notion budgetaire . Nous manquons de matos nous manquons d’effectifs, à la 11e DP il ny a plus rien ,les compagnies de commandements et de soutiens colonnes vertebrales des unités et des bases arrieres sont envoyés intégralements en opex .Budgetairement on a rogné
    sur les offs en ops ils commencent a le faire sur les s/off Des sections sont commandées par des caporaux ect..Rappelez vous pour le 8rpma il n’y avait rien au dessus de lieutenant aux commandes ni en appui et les gradés de la ba on attendu la benediction de Paris pour envoyer les helicos en appui et recueil.
    Les gus sur place font le job sous direction americaine et ils voient journellement les turpitude du gvt karzai .Ils s’achetent le matos perso de leur propres deniers.z’on pas le morale Maxim ben mince c est le job , yep mais pour eux le job c’est d’etre des supplétifs sur un lime us juste parce que nico veut poser sur la photo avec les maitres du monde.

    • D. Furtif

      Si j’osais Asinus. Là où ils ont les compétences pour diriger la manœuvre, on leur retire le matériel et l’encadrement au point d’en faire des supplétifs

      Ils n’ont pas la direction, ils n’ont pas la conduite , ils n’ont même plus rien du tout…
      Les chefs français le savent , quand vont-ils le dire haut et fort. Ils ressemblent de plus en plus aux « Pas Nous Pas Nous » Ils sont traités comme des infirmiers , des juges , des policiers

    • chantelois2010

      Asinus. Il est clair que les soldats qui se rendent sur un champ de bataille doivent laisser derrière eux leurs angoisses métaphysiques. Il reste que ce sont également des humains. Les discours politiques mentionnent deux axes à leur participation : la sécurité des populations locales et le développement. Ces deux axes sont remplacés sur le terrain par un discours de guerre, une perte de confiance des populations locales, une guerre interminable avec des moyens qui restent insuffisants. Bâtir des ponts, des écoles, des mairies, des infrastructures? Niet. Rien de tout cela. Et la population canadienne comme celle des États-Unis s’interrogent sur le bien-fondé de toute cette démarche de va-t-en-guerre dans un pays qui a la réputation d’être corrompu à l’os et gouverné par de grands profiteurs. Faut-il se surprendre que débats émergent et deviennent de plus en plus sensibles sur la légitimité de la présence de nos militaires en Afghanistan. Libération s’était livré à cet exercice, comme le Canada l’a fait, les États-Unis l’ont fait.

  • Monique Peyron

    Combien de pays à détruire qui ne nous ont pas invités (sauf leurs gouvernants pas très nets) de part le monde ? Tout ça c’est fric, pétrole, ressources minières etc… et nous le savons tous !

  • Ph. Renève

    Les guerres « asymétriques » contre des ennemis fondus dans la population et fanatisés ne pourraient être gagnées qu’avec des moyens gigantesques, impossibles en fait à mettre en œuvre. On le sait quand même depuis longtemps…

    Alors, à qui profite cette politique martiale ? A l’industrie et aux grandes compagnies US et à quelques roitelets du type Sarkozy qui trouvent une occasion de lécher les bottes (jusque bien haut) du président américain.

    Peu importe donc que cette guerre soit gagnée ou perdue, pourvu qu’elle dure. Donc, elle dure.

    • chantelois2010

      Philippe. Bonjour. Vous avez pleinement raison. Ces guerres nourrissent les grands complexes militaro-industriels. Au risque de paraître redondant, il convient de se rappeler ce conseil de Dwight Eisenhower : « Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l’acquisition d’une influence illégitime, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d’un développement désastreux d’un pouvoir usurpé existe et persistera. »

  • D. Furtif

    D’autre part
    Le problème central est la découverte par le commandement US du ratio nouveau ( personnel combattant/ personnel de soutien) auquel ils ne sont pas du tout préparés.Ils vivent ce même dilemme en Irak.
    Une guerre traditionnelle voit au grand maximum 1/10è de ses troupes au feu,(au front) le reste en soutien et en service de l’arrière .

    La disparition du front fait exploser le ratio a conduit la majorité des troupes à être exposées et donc à adopter un comportement de troupes exposées. La manutention, l’entretien, les transmissions…etc …tout en subit les conséquences , aucun des personnels n’ayant été formé pour ça .

    Nous n’avons pas , nous n’avons plus à faire à une armée surpuissante qui par son choc détruit l’adversaire. mais à un géant empêtré dans un peuple hostile où l’adversaire est partout. L’effet de choc est nul , la confrontation est partout.

    L’histoire offre des indications pour l’analyse

    La Wehrmacht dont les effectifs étaient de 100 000 h en 1941 a vu ses effectifs atteindre les 400 000 en 1943 sans aucune opération autre que de Police.Monter à ce niveau d’investissement humain et de coût financier est un cauchemar dont, les boutiquiers que l’affaire faisait rêver, ne veulent pas entendre parler. Notre Pitre non plus , mais lui n’est pas là pour penser.

    Rappelons nous 550 000 h c’est le niveau atteint par les USA au Viet Nam , niveau qu’ils ont eux même jugé insuffisant pour poursuivre comme devant et qui les a conduit à prendre la décision de se retirer.La solution technoindustrielle Mac Namara ayant conduit à un fiasco.
    Aujourd’hui la sphère techno financière a eu sa guerre après avoir porté au pouvoir ses hommes…Elle en sait la faillite . Les pantins politiques qu’elle a porté au pouvoir ne savent qu’ânonner leur texte , ils n’en connaissent pas d’autre.

    La question du jour: quand et où aura lieu le plus sanglant des camouflets. Le temps passé à se poser la question de comment l’éviter ayant été gâché à se raconter que la victoire était acquise.
    Il faudrait être d’une sanglante naïveté pour espérer que les chefs américains ,quand il vont le voir se dessiner, iraient interposer leurs propres effectifs en protection de leurs alliés. 😥

    J’ai revu l’autre jour un reportage sur l’entrainement des bérets verts.Parlons gros sous. L’investissement humain et matériel pour former ce type de combattants!!! Tout ça pour aller faire de la patrouille en protection des trafiquants …..Pfff!!

    Car il faut le dire les meilleurs combattants du monde ( sur le plan technique) servent de supplétifs au plus gigantesque trafic de drogue que la région ait connu.

    • chantelois2010

      Furtif. Je n’aurais pu, tant mon ignorance est grande, argumenter ainsi. Au Vietnam, les Boys ne voyaient pas l’ennemi. Ils n’arrivaient pas à le débusquer. Les marécages et le climat tropical ont fait le reste. J’ai visité – dans un cadre officiel – ce pays dévasté par l’agent Orange. Jamais je ne pourrai oublier ce que j’y ai vu. Entre temps, Barack Obama se berce d’illusions et se fait servir des rapports qui le confortent sur les progrès qui sont réalisés en Afghanistan. Allons donc. Il suffit de regarder l’état des lieux pour comprendre qu’aucun progrès ne sera possible avec un discours de guerre et des despotes à la tête du pays.

  • maxim

    les Américains n’ont toujours compté que sur leur puissance,mais n’ont jamais pu assimiler ni comprendre la lutte anti- guérilla,il y a bien entendu eu le succès de leur intervention chez nous en 44,ainsi que dans la Pacifique quand il a fallu déloger les Japs des iles .

    mais les vrais combattants formés à la contre- guerilla c’était les Jedburgs et les Chindits,formés à savoir souffrir la faim,la soif,le sommeil,se sacrifier en cas de blessure grave,adopter les même tactiques de l’ennemi,harcèlement,coups de mains,embuscades,de façon à filer la pétoche à l’ennemi en utilisant les mêmes armes et le déstabiliser ! les SAS Anglais avaient formé en Indes des Américains,des Français,des Néo Zelandais et des Australiens à cette forme de combat,ou chaque élément savait qu’il n’avait pratiquement aucune chance de revenir vivant,où il ne fallait compter que sur soi même,ou alors bénéficier de temps en temps d’un parachutage d’abord pour les munitions et la bouffe si il y avait assez de place pour l’embarquer !

    maintenant,on veut zéro mort dans une guerre ! les soldats sont engoncés dans leur gilet,leur casque,leur radio,ils crèvent de chaud,le soir il bénéficient d’un certain confort,ne savent même pas dormir sur le terrain par tous les temps,sont trop assistés,un vraie guerre de fonctionnaires!

    et puis un soutien psychologique ? qu’est ce que c’est que ces conneries? pourquoi pas un bisou par l’adjudant avant de dormir ?

    ça me fait mal au coeur que nos bataillons Français qui avaient cette réputation et cette formation se laissent donner des ordres par des bureaucrates qui ne seraient même pas capables de tuer un lapin !

  • chantelois2010

    Maxim. Je conviens avec vous que les guerres dites chirurgicales de nos temps modernes ne ressemblent plus à ces guerres ont délivré l’Europe depuis Normandie. De nos jours, la philosophie américaine est de mener des guerres télécommandées. La population américaine restée encore subjuguée par la guerre du Golfe avec à sa tête Colin Powel. Rappelez-vous les frappes chirurgicales : les boys n’occupaient le terrain que lorsqu’il a été nettoyé par les avions de combat et les porte-avions. Ces frappes ont été suivies à la télé au grand émerveillement des néophytes. En Irak et, surtout, en Afghanistan, les choses se passent autrement. L’ennemi se confond dans le paysage et se tapit dans la population. Des lois internationales protègent les populations civiles. L’OTAN doit sans cesse excuser ses bavures. Vous écrivez : maintenant on veut zéro mort dans une guerre. Je vous répondrais à cela : les guerres sont traités comme des jeux vidéo. À l’ère électronique, tout se passer sans effusion de sang et tout doit rester virtuel. Au-delà de cette boutade, Maxim, il reste une question fondamentale dans le cas de l’Afghanistan : pourquoi y faisons-nous la guerre? Quelle cause servons-nous? La population entièrement démunie du pays ou des intérêts régionaux occultes menés hardiment par les États-Unis? Je n’ai pas la réponse à cette question.

  • maxim

    oh..mais qu’il y ait des intérêts supérieurs qui nous échappent,c’est certain,on ne fait pas une guerre pour rien,il y a forcément une carotte au bout !
    je parle du soldat,celui qui se fout du tiers comme du quart de la politique ( à 20 ans qu’est ce qu’on en a à foutre,d’ailleurs à l’Armée on ne fait pas de politique !)on vous emmène quelque part,vous percevez votre matériel et votre arme,on vous désigne l’ennemi,aujourd’hui c’est le Taliban,ça aurait pu être le Suisse ou le Danois ,c’est lui l’ennemi,point barre !
    nous autres en Algérie,on nous demandait des résultats,l’armée a gagné militairement alors que les accords d’Evian ont donné l’indépendance aux Algériens ,on nous a demandé du jour au lendemain de tout arrêter ! c’est à dire qu’on était venus pour rien ! mais bon,c’est l’histoire …

    alors aujourd’hui en Afghanistan,le soldat se demande bien ce qu’il vient bien foutre ici ,si ce n’est qu’il se préoccupe d’abord de sauver sa peau, il y a certainement des intérêts à ce que cette guerre continue,nul n’est en mesure de dire de quoi il s’agit,la France et les pays Européens ont signé un pacte de soutien avec les USA,on n’est pas certains que ça serve à grand chose mais un pacte est un pacte,le gouvernement a été désigné par le suffrage universel, et tant qu’il est en place,il applique sa politique ! nous,on paie des impôts,un contingent de nos troupes est là bas et fait son devoir ..que dire d’autre ?

    • D. Furtif

      Le grave , que dis-je, le criminel c’est qu’en dehors de tout débat sur la justification de cette guerre. on ne peut que constater que ceux qui la décident mégotent sur les moyens , voire traficotent avec le camp d’en face …

  • chantelois2010

    Maxim. Il me semble que dans le cas de l’Algérie, l’armée était française et son commandement également. Je peux comprendre dès lors qu’il y existait une grande unité d’action et de mouvement. Qu’en est-il en Afghanistan lorsque les sources de commandement sont multiples et qu’elles mettent à mal la sécurité du soldat sur le terrain? Une autre question me turlupine. Le soldat d’aujourd’hui jouit-il des mêmes privilèges sur le terrain que celui d’il y a cinquante ans? Une bavure est fortement réprimée de nos jours et les cours martiales – en raison des pressions sociales et politiques – sont toujours aux aguets. L’argument proposé par Furtif est majeur. Il faudrait également s’interroger sur les loyautés de certains élus au moment d’envoyer les soldats à la guerre. La loyauté de notre premier ministre est davantage orientée vers Washington. Les soldats canadiens ne vont pas défendre les intérêts du Canada dans cette région du monde. Ils vont défendre les intérêts géostratégiques des États-Unis. En Algérie, les soldats français défendaient les intérêts français. Me semble-t-il.

  • Causette

    D’après l’Institut international de recherche pour la paix (Sipri), basé à Stockholm, le premier fournisseur mondial d’armements n’est pas américain, comme l’on pourrait le croire, mais européen. En effet, c’est le groupe britannique BAE Systems qui occupe la première place du classement établi par le think tank suèdois, qui fait référence en la matière. Selon les chiffres de l’année 2008, le chiffre d’affaires de BAE Systems s’élève à 32,4 milliards de dollars, tandis que celui du second, le groupe américain Lockheed-Martin atteint 29,4 milliards. Le podium est complété par Boeing, qui a réalisé 29,2 milliards de dollars de recettes sur la même période.
    Industrie de l’armement

    La production de pavot à opium a été multipliée par plus de 40 en Afghanistan depuis que l’Otan y est présente, a annoncé jeudi à Moscou Viktor Ivanov, directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN).
    l’Afghanistan produit aujourd’hui deux fois plus d’héroïne que le monde entier n’en produisait il y a dix ans.</

    industrie de la drogue

    « Sociétés militaires privées »
    Armée américaine : privatisation et secret

    Le Pentagone ne peut plus faire la guerre sans elles. Ces entreprises discrètes sont les nouveaux mercenaires des Etats-Unis. Certaines entraînent les troupes dans le désert koweïtien, d’autres gardent nuit et jour le président afghan Hamid Karzaï…