Cette nuit rien ( Sandro)

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Hier, maman est morte.
C’était une bien vieille dame, elle était tout au bout de la vie. Ça tremblotait tant au bout de son bras décharné, son corps absent, qu’elle l’a appelé longtemps, sa nuit. Des années. Et puis elle est venue hier. D’un coup, comme un voleur de sac.

Pour tout dire, ce fût presque une délivrance de la savoir apaisée.

Non, c’est juste que c’était ma maman et que je n’en ai pas d’autre.

Tiens, c’est un bon mot ça, il faudra que je l’écrive dans mon carnet à mots. Parce que j’ai un carnet à mots, je vous raconterai.
Cet après-midi, c’était l’incinération. Bûcher moderne, adieux irréels et fictifs baignant dans une vague symphonie de Beethoven. Ou de Purcell, je n’en sais rien. La musique ne me parle pas…..( lire la suite)

18 comments to Cette nuit rien ( Sandro)

  • Monique Peyron

    Pourquoi il écrit si bien cet apache ? Pour nous attacher à lui, que nous restions ses amis? C’est fait depuis longtemps, ce mec quand on le connaît on peut plus le lâcher 😈

  • Sandro

    Ah, en fait, c’est moi qui suis parfois infidèle et vais voir ailleurs…
    D’autres adresses URL avec des jambes plus longues, en bas résilles, tout ça.
    Juste pour voir si un éditeur en maraude n’aurait pas pitié de moi, avant que je ne prenne le métro final.
    Mais aussitôt après, j’entends Léon qui me crie de revenir, qu’il a les mémes à la maison.
    Alors, je reviens.

    Sandro

    • Monique Peyron

      Léon il est fort! C ‘est un musicien, il connaît les cordes sensibles. Qu’il vous fasse revenir le plus souvent possible, Une Fan 😀

  • Sandro

    J’oubliais l’essentiel: merci quand méme.
    Sandro

  • Causette

    petite taille manteau noir bonnet lunettes de soleil, l’inspecteur Troignon mène l’enquête, plusieurs suspects ont été arrêtés
    le n°1 a été surpris dans un photomaton tout de suite après les faits

    le n°2 bien connu des services avec ses lunettes noires pour nuits blanches.

    il y aurait peut-être un n°3 mais là pour l’heure il n’a pas encore été identifié

  • Sandro

    Comme j’ai un peu de mal à poster et répondre sous « Fraiches Nouvelles », je dirais ici que Furtif avait bien deviné, en bon historien, le clin d’oeil du titre au mot qu’on prête à Louis XVI , inscrit dans son
    carnet le jour de la prise de la Bastille: « aujourd’hui, rien ».
    La ligne Bastille / Nation était encore en chantier….

    Pour le reste, le look du « pousseur » final m’a été inspiré par mes reminiscences de « Diva », le beau film de Beneix, où les « méchants » asiatiques avaient tous des gueules d’enfer sous leur lunettes de soleil chromées qui refléchissaient…
    Une madeleine.
    Le reste, ça vient des troncs d’arbres qui flottent dans ma boite cranienne.

    Sandro

  • D. Furtif

    Le coup de bol c’est peut-être ça, un cavalier qui vous emmène à l’improviste pour le dernier tour de danse , histoire de vous désembourber des routines.

  • maxim

    quand c’est Sandro qui nous envoie ces petits bijoux bien ciselés,on dit chapeau et encore m’Sieur Sandro!

  • asinus

    yep Mr Sandro yep

  • Lorenzo

    Je m’étais gardé çá á déguster pour ce soir,pas déçu,merci.

  • yohan

    C’est du noir bien frappé, du désespéré. Sandro flirte avec la faucheuse, …pour l’amadouer…

  • Sandro

    @Yohan
    Oui, fais gaffe quand méme si tu prends la station Bastille…
    @Asinus
    C’est bien beau de faire yep, j’attend la musique qui va avec le texte…Le bar, c’est bien, mais sonoriser « Fraiches nouvelles », ce serait le must…
    Pour les droits, on s’arrangera avec la SACEM et la SGDL. Disons 30/ 70, comme proposent les agents véreux.
    Enfin, 25/65, faut quand méme laisser une part à l’hebergeur. Quel métier…

    Sandro

  • Sandro

    Asinus,
    Ouaips, finalement , « les dingues et les paumés » ou « Nyctalopus Airlines », ça le ferait.
    Enfin, on donne ce qu’on veut.

    • asinus

      @Sandro
      je vous lis la nuit  » insomnie et medoc » je ne saurais trouver comme vous les mots juste
      modestement je suis sur que « j entend »votre musique cette sensation que mettre les mots en ligne c’est déja edulcorer trahir et vicier les sensation  » j ai essayer
      une fois ailleurs de rendre compte des 5mm les plus vitales de ma vie au bout d’une ligne déja plus de couleurs d’odeurs tout devenait sépia comme lissé il faut ecrire comme Celine pour pouvoir expliquer un moment qui sent la honte la peur la cordite et l’urine.
      PS faut que je vous le retrouve un ruski bien désesperé avec une voix rauque
      a foutre la trouille au crabe.
      bien cordialement , con permesso
      Asinus

  • Sandro

    @ Asinus
    Yep, double yep.
    L’odeur de la cordite, je vois autant que l’ai senti. Si c’est dans un parking souterrain et que la minuterie vient de s’éteindre, en plus y’a des flammes bleues de chalumeau et on en reste à demi-sourd pour longtemps…
    Bref, c’était juste un message pour vous dire que vous parlez mieux que Mélenchon..

    La faucheuse, bien sûr elle s’en fout, globalement. Mais quand méme, elle n’aime pas trop qu’on lui écrive dessus et qu’on lui dise que c’est une trainée.
    Ca la désembourbe de sa routine, comme dirait Furtif.
    Sandro

  • asinus

    yep Sandro la faucheuse foutre! veux meme pas me souvenir d’elle et pourtant je me souviens yep,je me souviens du type couché sur la route et qui gueulait sa mere, deux metre devant nous ,je me souviens qu il y avait que deux metres mais que personne ne les as faits ça puait la cordite la honte l urine et la mort oui saleté de faucheuse je me souviens trop que je tirais en direction de rien en esperant qu’on me demanderais pas d’y aller sur cette route yep je me souviens je me souviens que deux heures apres devant deux filles on a joués aux hommes en bombant le torse et en ricanant sur notre blindé je me souvient qu a 20 ans j etais un con merdeux qui se croyait immortel qui ne prierait jamais en claquant des dents .

  • Sandro

    @Asinus

    Faudrait quand méme me trouver ce ruski désespéré à la voie rauque, parce que pendant ce temps là, le crabe et les pousseurs de métro rigolent…

    Asinus, pendant que personne n’écoute, je vous dis un truc.N’écoutez pas, les autres.

    Une fois , en 1999, qu’un type de chez moi -28 ans- s’était fait sauter le caisson au 357, je me trouve à l’IML pour la levée du corps avec ses parents, catholiques, bretons,effondrés par la mort du fils mais aussi par le fait qu’il ne pourrait avoir de messe d’enterrement avec un prétre (honnétes, ils avaient choisi de ne pas raconter les conneries habituelles dans ce cas-là, juste pour avoir une messe).
    On me demande ( un jour, je saurais pourquoi)  » de dire quelques mots, pour ceux d’ici et celui de là haut ».

    Et alors, je dis, je me regarde dire:

    « Seigneur, vous avez dit:
    les oiseaux ont leur nid
    les renards ont leur terrier
    Mais le fils de l’Homme n’a nul part où reposer sa téte ».
    Acceuillez-le, Seigneur, dans votre maison »

    Je ne savais pas d’où j’avais tiré ces phrases de la Bible.
    Et puis, 10 ans après, je relis « le salaire de la peur » de G. Arnaud, et je vois que la scène est presque texto dans le livre, à l’enterrement d’un « tramp ».
    Ca s’était imprimé 20 ans plus tôt dans ma boite crânienne.

    Et je me rappelle surtout que le type n’avait presque plus de tête,je revois le bandage bourré de chiffon à la place, et donc ma honte d’avoir dit « le fils de l’homme n’a nul part où reposer sa tête ». Mais les parents ont compris, je crois. Ou il n’ont pas relevé le scabreux de la chose.
    Voilà, Asinus, c’était juste un truc entre nous, et pour le Furtif qui veut qu’on parle ici des souvenirs littéraires « avec les tripes ».
    Alors, bon, je rappelle: le salaire de la peur , de Georges Arnaud.
    Sandro

  • asinus

    yep Sandro je viens de vous relire vos quatrains m’on fait penser à des haikus
    et je trouve moi votre citation de la bible fort à propos  » le fils de l homme… »
    tel mon avatar je ne suis qu un copiste je vous soumet une de mes relectures favorites:
    il etait philosophe poete mathematicien perse et accessoirement musulman
    Que sont devenus tous nos amis ?
    La Mort les a-t-elle renversés et piétinés ?
    Que sont devenus tous nos amis ? J’entends encore leurs chansons dans la taverne…
    Sont-ils morts, ou sont-ils ivres d’avoir vécu?

    O Kahyam