Une fiche de paie qui interpelle…

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Ceci est la fiche de paie d’un prisonnier. Cela se passe en France.

142,61 euros bruts pour 133 heures de travail met le salaire horaire à 1,07 euros . Pour information, le SMIC horaire en mai 2007 était de 8,27 euros .

Selon ce document, le « smic  détenu » serait à 45 % du smic normal, on en est loin ici.

On a, par ailleurs, un peu de mal à comprendre la logique d’un tarif si bas dans la mesure où le travail n’est plus obligatoire en prison et où il faut rappeler que la seule peine théoriquement associée à l’emprisonnement est la privation de liberté. L’exploitation n’en fait pas partie.

( Ici, un bulletin de salaire datant de 2008)

On serait, par ailleurs, curieux de connaître les entreprises qui y ont recours…

9 comments to Une fiche de paie qui interpelle…

  • D. Furtif

    Petite tentative de réflexion…C’est déjà un gros effort pour moi
    Je crains que le client ne soit pas celui qui paie « directement » le prisonnier au travail.
    L’archaïsme du montant du salaire versé n’interdit pas le modernisme le plus sauvage dans la liberté de se placer en intermédiaires de ce circuit.

    .
    C’est assez curieux car il me semblait bien qu’en France cette pratique était un délit

  • COLRE

    Excellent rappel, cet article, sur la situation d’exploitation et de véritable non-droit que représente le travail en prison, d’autant que, pour « cantiner », les produits sont souvent vendus scandaleusement plus chers que les prix en vigueur dehors.
    Doublement exploités, d’un côté par leur travail misérablement sous-payé, et de l’autre leurs achats surfacturés.
    Quand on pense que la prison a aussi pour fonction la réinsertion sociale et l’apprentissage des valeurs républicaines…

  • Léon

    Je suppose, en effet que le client paie l’administration pénitentiaire qui, ensuite, attribue et ventile les sommes. Voilà une question qu’il faudrait élucider : combien l’heure payée 1,07 € au prisonnier est-elle facturée au « client » ? L’administration pénitentiaire, prend-elle une marge ?

    • COLRE

      Non, il semblerait que les conditions déplorables de travail et de salaire soient utilisées par l’administration comme moyen de pression sur les détenus, et surtout comme un moyen d’ « attirer ou conserver les employeurs », selon une étude sur le travail en prison. Les entreprises employeuses ne semblent payer aucune charge.

      « Moins de 10 000 détenus (sur 62 000) travaillent à la pièce, pour à peine 3 euros bruts de l’heure, au profit de PME et de sous-traitants de quelques marques connues (Renault, Yves Rocher, L’Oréal, Agnès B, Post It…). Ils n’exercent pas vraiment la même concurrence que celle des pays émergents. L’offre de travail est rare et la demande élevée de la part de détenus contraints d’accepter des travaux débilitants dans des conditions d’hygiène et de sécurité déplorables, car cela fait partie des conditions pour obtenir des remises de peine… Le travail en prison nie tous les principes du droit social. »

  • Léon

    Colre,bonjour d’abord. Je manque à tous mes devoirs… Ce qui se passe dans nos prison est tout bonnement indigne. Tout se passe comme si la collectivité estimait qu’elle n’avait, vis à vis des prisonniers aucune obligation à respecter, qu’elle soit humaine, juridique, matérielle. On ne le répétera jamais assez, les prisonniers ont été condamnés, (et encore pas ceux qui sont en préventive), à de la privation de liberté, rien d’autre.

  • Lapa

    vous devriez masquer son numéro de Sécu…

    rien d’autre à ajouter au commentaire de Leon

    • Lapa

      parce que là, on sait que c’est un étranger né en mai 1974… et on pourrait savoir d ‘autres choses…

  • Léon

    Vous avez raison, mais cette feuille de paye a été déjà publiée sur Libé je crois.

  • finael

    Il est vraiment dommage que cette réalité inquiétante quant au degré d’inhumanité dans « le pays des droits de l’homme » soit à ce point occultée, même sur un forum comme celui-ci, par ce qui arrive à l’une de nos « stars » des médias.

    Mais je ne résiste pas :

    Nos « chers » (au sens pécuniaire du terme) dirigeants ou aspirant à l’être sont plus préoccupés des prisons que des écoles : Ils ne risquent pas de se retrouver dans ces dernières, les premières, par contre …