Les primaires socialistes à l’ombre d’Orwell

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Tout le monde en parle du dernier Michea. Léon a promis un compte-rendu de son dernier livre, Le Complexe d’Orphée, quand il l’aura « domestiqué » selon ses mots. N’ayant pas lu ce livre, j’attends avec impatience ce nouvel éclairage de J.-C. Michea dont la pensée est si personnelle, hors des sentiers battus et rebattus de l’analyse socio-politique.

Mais parler de Michea, c’est aussi parler d’Orwell, et incidemment de Mauss, l’un de mes maîtres à penser.

Je conseille aussi la lecture d’un entretien passionnant rapporté par Marianne2.fr (repris du site Article XI), avec Bruce Bégout à l’occasion de la publication de son livre sur Orwell (De la Décence ordinaire).

Mais, pourquoi évoquer « les primaires » ? quel rapport hasardeux avec Orwell ? Il y a pourtant un lien qui me saute aux yeux depuis quelques semaines…

–o–

Ce billet n’est pas donc tant que cela à contre-courant de cette actualité focalisée sur les primaires socialistes, dont je n’ai même pas les résultats à cette heure dominicale où j’écris. Cette ignorance du résultat des urnes participe même de l’intérêt d’une réflexion sur la chose politique qui serait, justement, située au-dessus d’un événementiel somme toute secondaire. Nous sommes à ce point immergés, contre notre gré, dans une information faite pour nous empêcher de réfléchir, de prendre du recul, de poser notre sac face à la course des « événements », que nous finissons par participer à l’analyse formatée, celle des petites phrases, des faux scoops, des sondages bidons et de la guignolisation des personnes politiques, réduits à leurs prénoms, aux marionnettes de Canal, aux caricatures, aux stéréotypes…

Cet écran à la réalité est construit sur une prise de conscience des manipulations du pouvoir, certes, mais dont nous relayons complaisamment les rumeurs distillées et les procès d’intention. Au final, on nous amène là où on veut nous amener : comme « tout se vaut », alors autant choisir des gens « sérieux », qui ne risquent pas de bouleverser l’ordre social. La manipulation médiatique des primaires, au final, revient à cela : d’abord, éjecter les candidats les plus dangereux, Royal dont les éternels procès en « incompétence » cachent mal la peur qu’inspirent son courage et sa détermination à changer les règles de la bienséance sociale, sa volonté de combattre le pouvoir de l’argent-roi au bénéfice des classes populaires, ou Montebourg catalogué depuis le début de « petit » candidat, on se demande bien sur quels critères, à un âge où tant d’hommes politiques de par le monde conduisent ou ont conduit avec talent les affaires de leurs nations… mais le « petit » candidat inquiète le « système », comme la « Madone » ou la « Folle du Poitou ». Place à la « Dame des 35 heures », et bientôt à « Flamby », le « grand méchant mou », ou d’autres surnoms qui ne manqueront pas de nous être concoctés quand le grand tam-tam médiatique va commencer à se mettre en branle pour les échéances cruciales et réduire les personnes politiques à leur simple « image », de surcroît dénaturée et brocardée.

Cette farce théâtrale des personnes politiques sert aussi à occulter une réalité plus difficile, et donc moins amusante pour la médiasphère, mais surtout plus incontrôlable par le pouvoir (politico-financier) : le fait que, derrière les « marionnettes de l’info » offertes au jeu de massacre, les débats de ces primaires ont avant tout montré une convergence de talents, un éventail de sensibilités et un ensemble d’idées et de projets qui pourraient, enfin, améliorer la vie sociale…

Bref : une crédibilité dangereuse pour l’establishment connivent.

Les « vraies » gens, dans la « vraie » vie, ne s’y sont pas tous trompés, eux qui ont aimé ces moments forts de démocratie, ce respect des adversaires qui ont su taire leurs chicayas personnelles bien connues, cette constatation que d’autres solutions politiques et économiques sont possibles, eux à qui on serine que les hommes politiques sont « tous pourris », « tous menteurs », « impuissants », la crise, que voulez-vous, les caisses sont vides… au point qu’ils finissaient par croire à ces intoxications.

On voit comme on revient à Orwell et à sa common decency, son socialisme des gens ordinaires, sa critique féroce de l’inconséquence médiatique… Comme le dit Michea : « le socialisme d’Orwell (la « société décente ») reposait justement sur cette conviction profonde qu’il était encore possible d’édifier un contexte politique, social et culturel susceptible d’encourager en permanence les individus à donner, autant qu’il est possible, le meilleur d’eux-mêmes », par exemple par « la loyauté, l’honnêteté, la bienveillance ou la générosité. Or, ces vertus […] s’enracinent depuis des millénaires dans ce que Mauss nommait la logique du don. »

–o–

Ce petit billet ne prétend nullement faire une analyse de cette pensée politique puissante et pragmatique, mais signifier combien cet appel à la décence est actuel et lumineux en ces temps d’indécence forcenée, et combien il sert à contrer le désenchantement pernicieux qui nous saisit, tous.

Il y a de la posture, ou du confort, et de toutes façons de la facilité à se détourner de la scène politique là où elle recèle le plus d’espoir, là où on professe au moins le souhait de rendre de la dignité au peuple, à recréer du tissu social et de la justice, à combattre l’indécence des pouvoirs financiers qui ont et en veulent toujours plus et la mafia des pouvoirs politiques qui confisquent les valeurs républicaines.

Si d’aucuns trouvent cela « populiste », je citerai la belle formule de B. Bégout : « le populisme tel qu’on l’entend de nos jours est le bâillon symbolique des dominants pour faire taire l’expression des dominés. »

Je ne sais même pas encore qui est le candidat retenu par les électeurs de cette primaire, mais : peu m’importe. C’est le désir en une alternance crédible qui s’est exprimé depuis plusieurs semaines. Tous ces candidats de qualité se valent pour peu que, tous, nous nous mettions à agir de l’intérieur : « il ne faut pas rester à la simple indignation morale, il faut exercer une pression forte, constante, sur les dominants » (B. Bégout), ne pas se complaire « dans la déconstruction auto-satisfaite de systèmes de valeurs hérités du passé, se gardant de toute réflexion positive sur ce qu’il s’agit à présent d’inventer, d’instituer comme nouvelles formes ou normes de vie ».

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Bibliographie :

« Orwell, la gauche, l’anti-totalitarisme et la common decency (propos recueillis par Elisabeth Levy) », Jean-Claude Michéa, Revue du MAUSS permanente, 14 janvier 2010 [en ligne].

http://www.journaldumauss.net/spip.php?article617

« Y a-t-il une vie après le libéralisme ? » Entretien de J.-C. Michea avec Aude Lancelin (nouvel Observateur) à l’occasion de la sortie de « L’Empire du moindre mal », Climats, 212 p. 2008.

http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article73

« George Orwell et le socialisme populaire« , Bruce Bégout – 26 Décembre 2009

http://www.marianne2.fr/George-Orwell-et-le-socialisme-populaire_a183265.html


22 comments to Les primaires socialistes à l’ombre d’Orwell

  • maxim

    Je viens de parcourir l’extrait du journal du mauss ….

    en définitive, c’est à quoi ce que tout le monde aspire, un monde adulte et responsable, sans dogmes, juste basé sur l’honnêteté et le bon sens….

    nous, les gens sensés,on ne demande que ça, mais il va y avoir un sacré boulot pour retrouver cette société qui n’a jamais existé !

    • COLRE

      Salut maxim, 😉

      Je te conseille l’article de Bégout sur Marianne2, plus clair que ceux de Michea qui, je dois le dire, sont parfois difficiles à suivre quand tu n’es pas dans le bain (ce qui est mon cas…). Tu verras, il est très intéressant.

      Sinon, je te réponds que :
      – non, tu n’es pas plus sensé que n’importe qui, ni moi ni quiconque ici… 😉
      – et non, la position de la « société décente » n’est pas utopique, bien au contraire !
      Elle est pragmatique en ce sens où elle admet les 2 faces de l’humanité, la sombre et la claire, et que ce socialisme populaire prend en compte les deux.

      Croire que l’homme est Bon est évidemment une grossière erreur d’appréciation dont tout le monde reconnaît qu’elle est pernicieuse, mais croire qu’il est Mauvais n’est pas mieux ! cette erreur conduit à une position qui ressemble à la tienne : moi je suis bien, et les autres ne le sont pas…
      Du coup, c’est « j’emmerde les imbéciles, les feignants et les incapables, et chacun pour soi »…

      Tu sais, là, il est question de solution politique, pas de l’individualisme yaka… 😉
      Tu fais comment, toi, pour faire vivre ensemble 60 millions de gens ?

      • maxim

        Bonsoir Colre ….

        Oulà …je pense que tu me vois bien autrement que je suis en réalité !

        ma position n’a jamais été de penser que je suis  » bien » et que les autres sont des croûtes .

        tout le monde a droit de saisir sa chance dans la vie,c’est ma vision des choses, or l’égalité des chances que prétend offrir le Socialisme ( que je respecte quand il n’est pas sectaire ) cette égalité des chances est une pure utopie,on ne peut pas forcer tout le monde à atteindre des sommets tant au point de vue professionnel, qu’au bonheur, le bien être n’est pas standard .

        et compter sur une entité politique pour y parvenir, fût elle humaniste n’est qu’une illusion, chacun se fait une idée différente du bonheur et de la quiétude !

        alors justement pour faire vivre ensemble 60 millions d’âmes je pense que l’idéal serait de trouver une bonne coalition sans dogmes,formée de gens totalement désintéressés et non carriéristes, chacun spécialiste du ministère qui lui est confié, le tout sous contrôle citoyen,les projets de lois importants devant faire l’objet d’un réferendum .

        et faire passer l’intérêt national avant tout chose!

        • COLRE

          Maxim, je te prenais au mot par plaisanterie, pour exprimer ce que je crois être les conséquences de ce que tu disais… 😉 d’ailleurs, je me suis mise dans la case des gens « non sensés », je ne t’y ai pas laissé seul ! 😉

          Bon, si on regarde ton dernier § : alors, tu le trouves utopique ? parce que moi, non… Alors : si un courant politique te proposait qque chose d’approchant, tu y adhérerais ? tu y croirais ?

          Parce que si l’on propose des solutions, il faut y croire et faire en sorte de les réaliser.

  • Lapa

    Très bel article COLRE.

    Cependant je trouve de la naïveté à donner le blanc seing à des candidats sous prétexte qu’ils professent le souhait de rendre de la dignité au peuple. je sais que je vais passer pour un type à posture peu différenciée du « tous pourris » et qui bâillonne de ce fait les dominés; mais il faut reconnaître que les promesses ne suffisent plus.
    Pour faire bref, Hollande ne m’apparaît que peu différent de Sarkozy (oh le style me répondra-ton, entre autre), car en réalité si on récapitule les défis auxquels nous sommes confrontés:
    – crise de la dette
    – crise morale
    – crise républicaine
    – crise économique

    je ne vois pas en quoi, ces même gens qui étaient au pouvoir depuis 30 ans et qui avaient donc toutes les cartes en main pour prévoir et faire, pourquoi je devrai leur faire confiance aujourd’hui?
    Pourquoi faire confiance à un parti qui n’a jamais cherché à équilibrer les budgets de l’état et a puisé aussi dans l’emprunt, qui n’a jamais cherché à contenir la crise républicaine (la communautarisation de la société ou la laïcité par exemple), voire y a trouvé profit, un parti tout autant responsable de la crise morale qui mine notre société (affaires en tout genre, quantisme et angélisme) et a été un des premiers acteurs du « neoliberalisme » sauce mondialisée en privatisant à tout va les secteurs publics et forçant pour le oui au TCE.
    pourquoi conduire ces mêmes personnes? Sous prétexte qu’elles s’engagent à faire rêver? Sous prétexte qu’elle sont un peu moins pire qu’en face? Sous prétexte que tant que c’est pas Sarkozy ça ira?

    la véritable forfaiture n’est-elle pas avec cette élection de faire croire qu’on est en accord avec ce qui a été dit et fait ces dernières années? Comment voulez-vous que les politiques changent de méthodes s’ils sont à peu près sûr d’être reconduits une fois sur deux; et qu’au final, avec les élections intermédiaires et les nombreux postes d’élus ils sont assurés d’être aux affaires 100% du temps quoiqu’on en dise. Ce sont eux l’establishment convnient.

    et oui je suis désenchanté. Comment l’être à moins?

    • COLRE

      Merci Lapa,
      Il me faudrait faire un autre nartik pour te répondre point par point ! mais justement, il serait contraire à ce que j’essaie d’exprimer.
      En fait, je lutte contre ce « pointillisme », je ne sais pas comment dire, cet « émiettement » de la réalité politique, au fait qu’on perd de vue le « tout » et l’important pour s’attacher à des idées simplifiées, caricaturées, sorties des contextes, souvent subalternes, et, je dois te le redire : souvent fausses… 😉 (nous avons eu une discussion un jour sur les sondages à l’égard de Royal en 2007, et je t’avais démontré que tu te trompais -en toute bonne foi !- en conservant un souvenir déformé, mais le répétant et relayant ces mensonges ou intox de la médiasphère… et là, même chose, avec ton « la gauche vide les caisses », alors que c’est factuellement faux, demande à Léon qui a déjà plusieurs fois confirmé. Alors ? à quoi bon user de cet argument, s’il est faux ?).

      Alors, je ne te réponds pas point par point ! 😉 mais il y aurait bcp d’erreurs, à mes yeux, erreurs factuelles ou erreurs d’interprétation, à ta réponse que je comprends ! si je me laissais aller, je pourrais faire la même à l’égard de la droite… mais, justement, je m’empêche de mettre indistinctement tout le monde dans le même sac !
      Je suis de gauche, mais je respecte la droite.
      Quand je parle de Sarko et de la Sarkozye, c’est bien de cela que je parle, et de ses troupes dévoyées, du Fouquet’s band !
      C’est au niveau global, des comportements et des valeurs qu’il faut juger la gouvernance INDÉCENTE de ce pouvoir-là.

      (encore des choses à te dire, mais j’y reviendrai… 🙂 )

    • COLRE

      Oui, je voulais encore dire qque chose, sur le désenchantement.
      Nous tendons tous (du moins ici et sur la blogosphère) à être désenchantés…
      Mais comme je viens de le dire à Maxim : comment on fait pour gouverner 60 millions de personnes ?
      Car, c’est ça et seulement ça, la question !

      Si on n’est pas intéressé par la politique, c’est-à-dire par la façon dont on peut être gouverné, ok.
      Mais si cette question paraît cruciale à certains (ils se trouve qu’ils sont nombreux), il faut bien des solutions, et des solutions qui soient acceptées d’une façon ou d’une autre…
      Car avoir tout seul une solution géniale dont personne ne veut, et bien je ne vois pas comment faire passer…

  • snoopy86

    J’essaie de reconstituer le puzzle ….

    L’auteur nous fait dans le même temps un article assez intéréssant sur Orwell et un mauvais tract socialo

    L’épisode du martyre de Sainte-Ségolène jetée aux lions par « le complot politico-financier » est assez croquignolet 😆

    J’ajoute qu’il me semble qu’on n’a parlé que de ça pendant quinze jours et que les guignols avaient l’air trés consentants

    Pendant ce temps un repris de justice gardait la maison et on ne parlait plus ni de DSK, ni de Guérini, ni de quelques autres …

    Quant à Orwell voici ce qu’il écrivait des socialistes anglais :  » le socialisme anglais a attiré tout ce que l’Angleterre compte de buveurs de jus de fruit, de nudistes, de porteurs de sandales, d’obsédés sexuels, de quakers, de charlatans adeptes de la vie saine, de pacifistes et de féministes »

    Quelques années plus tard il dénoncera les intellectuels cocos au MI5

  • Castor

    Tiens, un complot…

  • Léon

    @ Snoopy :
    C’est beaucoup plus compliqué que ce que vous dites : je ne veux pas parler à la place de Colre, mais en ce qui me concerne j’applique le principe « qui aime bien châtie bien ». C’est parce que je suis de gauche que, comme Orwell le faisait, je critique ce qu’elle est devenue majoritairement. Mais vous ne pouvez la réduire à cela. Il y a d’autres points de vue, d’autres sensibilités, et comme Colre je suis très attiré par le socialisme orwellien ( que j’ai d’ailleurs découvert grâce à Michea). Mais où ce type de socialisme peut-il trouver à s’exprimer d’une manière qui pourrait être effective ? Malheureusement il n’y a pas le choix : en définitive je finirai par voter PS, parce ce que There is no alternative . Je ne peux me résoudre à l’abstention.
    « Sainte-Segolène » ne mérite pas vos sarcasmes. Quant on creuse un peu, au fond ce qu’on lui reproche c’est essentiellement d’être un mauvais orateur. C’est important quand on fait de la politique, d’accord. Mais pour le reste elle a la même formation que les autres, la même compétence, une bonne expérience de la vie politique et des convictions fortes. On peut éventuellement la critiquer sur ses actions ou son programme, mais ces attaques personnelles, je ne les trouve fondées en rien.

    • Lapa

      ah mais je suis d’accord avec ça c’est sûr, Ségolène, François ou Martine c’est les mêmes compétences, le même moule. Y’a juste le packaging qui change. Au fond, nos Hommes politiques sont de toute façon formatés.
      Il faut ouvrir les responsabilités politiques à la vie civile et limiter l’exercice de n’importe quel pouvoir dans la durée. Y’a pas d’autres solutions pour en finir avec des gens qui sont dans les couloirs du pouvoir depuis 30 ans et assurés d’y être encore 20 ans…

      • COLRE

        Mais oui, c’est bien ainsi que je termine mon papier : « il ne faut pas rester à la simple indignation morale » et avoir une « réflexion positive sur ce qu’il s’agit à présent d’inventer, d’instituer comme nouvelles formes ou normes de vie ».

        Les hommes sont formatés, c’est sûr, mais il faudrait davantage penser aux idées qu’aux personnes ! car à ce niveau-là, elles se valent intellectuellement, peu ou prou, il faut surtout préférer les questions de caractère (courageux pour agir, intègre pour que ce soit pour le bien public).

        Et du point de vue des idées, c’est bien du côté gauche qu’on a vu des dispositions qui vont dans ton sens : suppression du cumul des mandats, VIè république qui va dans le sens d’une dé-présidentialisation du pouvoir, séparation des pouvoirs renforcés…
        On pourrait rajouter les référendums d’initiative populaire, les assemblées citoyennes (dits à tort « jury ») pour les questions de budget, de conformité des promesses aux actes de la part des élus, stricte parité dans les scrutins…

  • Léon

    D’accord avec ça aussi. C’est en Grèce qu’on tirait les magistrats au sort ? Je ne sais plus… Déjà si on supprimait le cumul des mandats et si la politique devenait moins attractive financièrement, il y aurait sans doute un peu plus de renouvellement.

  • COLRE

    « si la politique devenait moins attractive financièrement »… alors ça, c’est la meilleure solution pour féminiser le métier ! 😆 😆 😆 😆

  • D. Furtif

    Bonsoir à tous
    Bonsoir Colre
    Étant convaincu du caractère essentiellement néfaste des primaires.
    Je pense qu’il serait souhaitable de ne plus en parler.
    Les blessures engendrées par cet exercice ne risquent-elles pas de rester ouvertes, en y revenant encore?
    .
    Alors en avant pour la réelle campagne électorale, et discutons plutôt d’un programme qui ne soit pas limité à des effets de caméra.
    .
    C’était la contribution du gars qui est contre les Primaires

    • COLRE

      Bonsoir Furtif,
      il faut t’y faire : personne ne saura jamais si cette procédure aura été ou non bénéfique… Un historien comme toi sait qu’on ne refait pas l’histoire.
      Inutile de faire des pronostics, on ne saura pas… 😉

      M’étais quand même difficile en ce jour assez unique dans les institutions de la Vème, de « censurer » le mot « primaire » sur Disons, non ? mais en réalité, si tu à lu mon nartik, tu auras vu que ça cause davantage de politique en général et de socialisme en particulier : le résultat de la primaire en tant que tel n’est pas un événement majeur pour moi.

      Sinon, moi j’étais pas pour pour… mais je suis comme les 6 à 7 millions de téléspectateurs qui se sont tassés les 3 débats de bout en bout, et j’ai quand même été assez bluffée (et rassurée). Dès le premier, impossible de ne pas penser à la sarkozyie furieuse de la tournure des événements… et dans ce monde de brute, il n’y a pas de petit plaisir…

      C’était la contribution de la nana pour que Disons s’ouvre aux nouveautés institutionnelles… 8) :mrgreen: et qu’on la remerciera plus tard… 😆

    • Causette

      Bonsoir Furtif, Colre, à tous

      Les primaires au départ, comme beaucoup, je me suis dit « pourquoi pas? ». Mais en y pensant à deux fois, j’ai vu que c’était une supercherie. Payé un euro, signé un papier et hop! on peut voter. Est-ce ça la démocratie? et si tous les partis politiques se mettent à faire des primaires, avec toutes les autres élections, nous allons passer notre temps à écouter des politiques blablater pour obtenir leurs fauteuils d’élus plutôt que d’agir concrètement pour l’intérêt de tous.

      Les partis politiques ressemblent de plus en plus aux publicitaires, et les électeurs de plus en plus à des clients.

      Jacques Chirac, après consultation des partis politiques, a choisi le référendum et décrété qu’il aurait lieu le 29 mai 2005. En effet, il lui semblait nécessaire que le peuple français s’exprime directement sur cette question qui influencerait directement leur existence. Résultat: plus de 54% des électeurs ont répondu Non! Que c’est-il passé après? Les socialistes ont-ils défendus ce choix des électeurs en ce qui concerne l’Europe? Non, ils se sont fait complices de la droite pour passer en force.
      Et je rappelle que les socialistes n’ont pas été les derniers à privativer à tour de bras les services publics.

      • COLRE

        Bonsoir Causette,

        « Les primaires au départ, comme beaucoup, je me suis dit « pourquoi pas? ».
        eh bien moi, c’est juste l’inverse, 😉 je m’étais dit : c’est super casse-gueule… Mais avaient-il le choix ? la sélection interne avait aussi énormément d’inconvénients.
        Finalement, je trouve que voilà une bonne chose de fini : ouf !

        Sinon, ensuite, tes critiques sur la politique, je les partage partiellement, mais c’est la globalité de la situation qui compte pour moi. Et là, j’analyse les choses différemment de toi.

  • yohan

    Là, ils sont trop forts nos politiques, Hollande en tête qui tente de nous fait un beau numéro d’illusionniste. Depuis le temps qu’on nous en promet, on devrait être vaccinés, mais non… Pourtant, on serait en droit d’attendre des politiciens qu’ils ne promettent rien mais nous disent qu’il est temps de nous bouger le cul, parce qu’il y a le feu au lac et que cette fois-ci, ce n’est pas du flan…

  • hks

    par exemple par « la loyauté, l’honnêteté, la bienveillance ou la générosité. Or, ces vertus […] s’enracinent depuis des millénaires dans ce que Mauss nommait la logique du don. »

    Ne pas oublier que la logique du don , elle, s’ enracine dans ce qui n’ est pas perçu de nos jours comme des vertus( le vol, la rapine, la violence dans l’appropriation des biens d’autrui sans compensation aucune ).La logique du don est une contre logique du vol et les deux logiques sont liées .
    Le don /contre don est une obligation ( aux yeux de Mauss), c est une règle morale , elle contraint la violence naturelle . Cette règle n’est pas l’expression d’une générosité naturelle mais la réponse à la dangerosité de la violence non réglée .

    je cite Mauss « Deux groupes d’hommes qui se rencontrent ne peuvent que : ou s’écarter – et, s’ils se marquent une méfiance ou se lancent un défi, se battre – ou bien traiter. [… ] Pour commercer, il fallut d’abord savoir poser les lances » [Mauss),

    Marshall Sahlins soutient qu’en philosophie politique Mauss est le frère de Hobbes .

  • Causette

    y’a Hervé Morin en ce moment (sur la 2) qui tient tête à Luca. Le saucisson/pinard nous est resservi :mrgreen:

  • D. Furtif

    @Colre
    Attention quand même
    Mon opinion défavorable a été plusieurs fois ébranlée
    La dernière fois c’est de Guillon que c’est venu

    Il disait en gros : Ça les fait tellement chier qu’il faut aller tous voter aux primaires
    C’est vrai que de contempler Coppé et Morano râler et se plaindre des média pas assez aux ordres et invoquer le CSA , c’était plus que rigolo et justifiait ces fameuses primaires