Nous sommes tous des vieillards américains

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La revue de presse du 6 avril de Disons recommandait un article de Rue89* sur les « inconvénients des villes à faible densité et à habitat horizontal » aux USA. Le ton de l’article m’a dérangée, notamment par son antiaméricanisme et son moralisme judéo-chrétien. Et une fois de plus, j’ai été frappée par la prétention des urbanistes à décréter d’autorité l’habitat qui est censé nous convenir.

En revanche, pour Léon, cet article explique « comment ce mode d’habitat américain, individualiste, consumériste, impossible sans l’usage de la voiture, ne peut fonctionner qu’avec des gens riches jeunes et en bonne santé » et que ce « n’est nullement de l’antiaméricanisme puisque les américains eux-mêmes en reviennent ».

* « Des vieillards américains cloués à la maison ? Bien fait pour eux ! », Hélène Crié-Wiesner, AMERICAN ECOLO, Rue89, 05/04/2012.

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Mon but n’est pas de critiquer le fond de l’article qui survole une question fondamentale pour l’avenir de nos sociétés vieillissantes. Son auteure, Hélène Crié-Wiesner, est une spécialiste de l’environnement et vit en Amérique. Je n’imagine pas un seul instant qu’elle soit antiaméricaine, mais j’ai été frappée qu’elle accroche le lecteur français par la connivence d’un antiaméricanisme qu’il sait déchiffrer. Elle se défend elle-même de ce reproche dans les commentaires en invoquant une ironie peut-être un peu maladroite et qui risquait, en effet, de susciter l’antiaméricanisme des Français. Et c’est vrai que la forme de son article, son titre agressif, ses sous-entendus, son activation des clichés traditionnels de l’antiaméricanisme français, a conduit le lecteur à passer, me semble-t-il, à côté du sujet important de l’article : comment traiter les problèmes sociaux (dont urbanistiques et pas l’inverse) qui concernent la situation particulière des vieux dans toutes nos sociétés, et pas seulement américaines : des sociétés de moins en moins jeunes et où l’espérance de vie croîtra en même temps qu’un allongement du 4ème âge qui est la catégorie sociale la plus fragile et la plus abandonnée.

Le titre

Il y a évidemment le titre, déjà, teinté d’un étonnant mépris : « Des vieillards américains cloués à la maison ? Bien fait pour eux ! » Ce n’est peut-être qu’un titre, mais la journaliste assume l’avoir choisi elle-même. Donc, ce n’est pas du titrage de média en mal d’audience. Or, ce titre joue aussitôt sur les clichés antiaméricains du lecteur français.
Imaginons que le titre eut été : « Des vieillards en France cloués à la maison ? Bien fait pour eux ! » Quelle réaction immédiate aurait eu le lecteur ?
Choqué, j’imagine… Qu’est-ce qu’on leur reprocherait donc, à ces vieillards français, se demanderait-il ? d’être cloués chez eux ? enfermés ? et, en plus, ce serait bien fait pour eux ?!

Personne ne comprendrait… Tandis que si ce sont des Américains, le titre prend alors tout son sens. Il active l’antiaméricanisme naturel du Français de base qui traduit immédiatement le propos sans se scandaliser outre mesure : ah ! encore ces richards xénophobes d’Amerloques qui s’enferment avec leur Desperate Housewives dans leur cocon hyper-protégé, leurs ghettos de riches, leurs cités ultra-sécurisées, interdites aux étrangers, aux noirs, aux délinquants basanés, etc. Et s’ils subissent un retour de bâton bien mérité en vieillissant après avoir mangé leur pain blanc, en effet, qui va les plaindre ? bien fait pour eux…

Mais de quoi s’agit-il donc ?

Les faits en question

« Cette génération née après la guerre a voulu quitter les centres-villes pour s’installer en périphérie, dans des pavillons entourés de jardinets »… « Vivre à l’écart du monde trépidant. Tout ce qui permettait de vivre – magasins, écoles, hôpitaux, entreprises et tous les services – est ailleurs, loin et accessible uniquement en voiture. L’objectif était de vivre tranquille, chez soi. »

Dans un premier temps, on ne perçoit pas le scandale de ce mode de vie. C’est le rêve de 80 % des Français d’avoir une maison, au calme, avec un jardinet (sondage Ipsos 2011)… 73 % seraient prêts à faire une heure à une heure et demi de trajet chaque jour pour leur travail et n’accordent pas d’attention particulière à la proximité des transports en commun (ni donc à la question de la voiture).
Même comportement qu’aux USA, donc. Où est le problème ?
Pourquoi, en Amérique, ce choix de vie est-il jugé répréhensible?

Le problème, et les insinuations qui émaillent le descriptif le montrent bien, c’est qu’en Amérique les vraies raisons ne seraient pas reluisantes : ainsi les pavillons avec jardinet sont dans « des subdivisions encore appelées communautés, où les transports en commun n’ont pas accès pour ne pas risquer d’introduire des étrangers dans le quartier ». Ou bien leur objectif de vivre tranquille devient : « à l’écart des lieux collectifs où les gens sont obligés de se mélanger ». Bigre !

Donc, ce rêve somme toute assez banal et acceptable chez un Français, deviendrait ipso facto vicié par une mauvaise nature typiquement américaine, communautariste, égoïste, soupçonnée de racisme, de fantasmes sécuritaires, du chacun chez soi et chacun pour soi… Un American way of life frelaté.

Et quand les papy-boomers ne peuvent plus conduire leurs voitures, « ils s’en mordent les doigts » et ils l’ont bien cherché.

Le culte de la voiture et l’imprévoyance coupable

C’est que les Américains, sont-ils tellement idiots, ils n’avaient pas prévu qu’ils allaient vieillir, qu’un jour ils allaient se retrouver impotents ou handicapés par l’âge et incapables de vivre normalement sans leur sacro-sainte bagnole. Ils ont vécu toute leur vie dans l’insouciance d’un mode de vie agréable, sans faire assez d’enfants pour leurs vieux jours, et les voilà rattrapés par l’hiver quand la bise fut venue.

En France, c’est bien connu, on est quand même davantage respectueux de l’environnement et de la pollution, les transports en communs sont de haute qualité et couvrent l’ensemble du tissu rural et intercommunal, il n’y a pas de bouchons aux entrées des villes, et les vieillards à la campagne ont depuis longtemps regagné les centres-villes où ils trottinent allègrement sur les trottoirs avec leur caba, profitant des studettes sociales où le médecin se déplace pour les visiter et où leurs enfants et petits-enfants joyeux et attentionnés viennent les voir régulièrement…

Le culte de la voiture, en Amérique, est donc le sceau d’une imprévoyance coupable, car ils n’ont pas prévu… la crise. Leurs petits projets de vieillesse tranquille tombent à l’eau. Des vraies cigales. « Eh bien dansez, maintenant ! » nous dit l’article…

Mais est-ce seulement à cause des « villes américaines étalées » comme l’annonce le propos initial de l’article que ces vieillards américains méritent un tel backlash ?

La faute des villes horizontales ? ou… la crise politique ?

D’abord, les vieillards américains sont nombreux, très nombreux (Il y a « énormément de centenaires aux USA » nous dit l’auteure), sans doute sont-ils en trop bonne santé, après avoir bien vécus, s’être bien soignés…

Allez, sans ironie, et l’article en fait largement état : « les services sociaux disparaissent »… « les transports en commun se dégradent à cause de la crise et ne sont la plupart du temps pas adaptés pour des usagers à mobilité réduite »… Les « Meals on Weels (repas sur roues) » disparaissent… « Depuis 2008, les subventions publiques sont en chute libre et les repas distribués aussi »… les « Dial-a-Ride (téléphonez pour un transport)  valent de plus en plus cher, ou disparaissent les uns après les autres, car les municipalités ne peuvent plus entretenir les flottes de véhicules avec chauffeur. Comment font les vieilles personnes pour aller se faire soigner ? »…

Ayant annoncé un peu imprudemment au lecteur que le malheur des vieillards américains était dû à l’égoïsme d’une solution urbanistique entièrement tournée vers la voiture et les plus riches, le constat désigne d’autres motifs que l’imprévoyance des individus, mais plutôt l’imprévoyance politique et un délabrement des services publics et des aides sociales : comme en France.

D’ailleurs, au fil de l’article, la réalité est honnêtement annoncée : « Qu’elles vivent en grande banlieue ou en centre-ville, les personnes âgées ne peuvent plus s’en sortir sans voiture ».
Voilà qui est dit. Tout simplement. Et comme en France.

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Car en France aussi, l’imprévoyance et l’abandon des politiques de la dépendance et du 3ème, voire 4ème âge, sont spectaculaires. Il y a toujours mieux à faire dans une société libérale où tout se vend, où les services publics disparaissent ou se dégradent, alors qu’ils sont encore plus indispensables aux vieilles personnes (transports en commun, poste, santé, hôpitaux de proximité…).

Ces solutions politiques ne relèvent pas des seules décisions des urbanistes, loin de là ! et je me méfie quand les décideurs publics, les architectes, les promoteurs immobiliers, les professionnels du bâtiment, les vendeurs de ronds-points et les Bouygues locaux décident – dans notre seul intérêt… – de tout reconstruire et de repenser les métropoles du XXIème siècle. Je me méfie de leurs grands projets quand, par exemple, une politique du transport en bus  et de circuits piétonniers pourraient déjà régler une partie de la question des voitures dans les villes étalées. Je rejette l’idée que, puisque « les logements suburbains ont moins la cote, on recommence à envisager de vivre dans les centres, y compris en hauteur, ce que détestent les Américains ». A-t-on prévu les effets pervers de ces bouleversements imposés aujourd’hui quand, dans 20 ou 30 ans, ils repenseront à nouveau à leurs erreurs du passé ?

La qualité de vie et de l’habitat est décidément une chose trop importante pour la laisser aux seuls spécialistes de l’habitat… Vous détestez les centres-villes et les tours ? Vous verrez, nous disent-ils, c’est pour votre bien, on va vous construire des villes de l’avenir, fonctionnelles, avec des petits appartements faciles à entretenir, des moquettes synthétiques, des fenêtres sécurisées qui s’entrouvrent avec vues plongeantes sur des espaces verts au carré, 10 étages plus bas…

Pas d’accord, donc, avec la conclusion en clin d’œil de l’article : « finalement, ce n’était pas une si bonne idée de construire les villes à la campagne ». Si, mais ce sont plutôt les services publics qu’il faut avant tout reconstruire et adapter aux besoins des citoyens du XXIème siècle, quels que soient leur âge, leurs moyens, leur métier, leur santé, leur lieu de vie…

49 comments to Nous sommes tous des vieillards américains

  • D. Furtif

    Pour avoir lu l’article presque en même temps que toi et ta réaction pratiquement au moment où tu l’écrivais.
    Je peux te dire que tu n’as pas emporté le morceau.
    Voir de l’antiaméricanisme dans l’article que tu cites en référence est totalement excessif sauf à s’interdire tout approche critique de la société américaine.Cette peinture des faits est très exactement celle de la réalité.Ce dont… au bout du chemin tu conviens finalement.
    Les vieillards sont les victimes d’un mode de vie qu’ils ont le plus souvent construits eux même en reproduisant le mode de vie rêvé de l’américan Way of life.Évidemment chacun à son niveau respectif de responsabilité.Je sais bien que la masse des vieillards US n’y est pour rien mais ce n’est pas le propos de l’article ni le tien si on te suit.
    .
    Il faut en venir à ta réaction épidermique et de plus en plus souvent répétée à l’antiaméricanisme qui te fait souvent réagir et protester allant jusqu’à nier les faits ou refuser de les voir et surtout à taxer ton interlocuteur de tous les maux de la terre.
    .
    Je dois te dire que bien souvent on te laisse dire mais qu’on ne voit pas ce que cette société de clinquant factice , et de bondieuseries, de capitalisme ravageur associé à une politique agressive incontestable de par le monde peut avoir de charmes à tes yeux.Il faudra un jour que tu nous expliques pourquoi il y aurait du mal à en dire du mal.

    .La vie à l’américaine et la ville américaine sont pourtant incontestablement des étendards qu’elle a assez arborés pour qu’on puisse être autorisés à dire aujourd’hui.Bien fait pour vous sans se faire taxer de préjugé pernicieux.
    Ou Alors
    Il faudrait que dans un mouvement de compréhension tu admettes que ton mouvement spontané Pro est lui aussi un préjugé tout aussi infondé que le sont tous les préjugés

    • COLRE

      « Je dois te dire que bien souvent on te laisse dire » : tu es bien bon… merci de ta bienveillante indulgence à me laisser parler à ta table…
      « il faudra que tu nous expliques » : qui ça « nous » ?? et qui ça « on » ?

      Bon, le sujet me paraît trop sérieux pour m’étendre sur tes mouvements d’humeur.
      Si tu ne vois pas en quoi cet article flatte la réaction épidermique de gens comme toi au lieu de mettre en exergue le vrai problème qui est américain autant que français, je répéterai ce que j’essaie d’analyser avec des arguments précis.

      D’abord, j’ai trouvé le titre incroyablement méprisant… difficile de le nier, non ? Et on doit s’interroger sur ce choix-là. J’ai failli titrer mon nartik : « Mort aux vieux! ».…

      J’ai bien compris que la journaliste ne faisait que reprendre les paroles entendues aux USA et paraissait s’en dédouanner. Mais ce n’est pas une raison. On voit bien à la lecture de son papier qu’elle ne prend aucune distance ironique par rapport à l’évocation de cette « punition » bien méritée !

      Encore, les arroseurs arrosés, je ne suis pas contre par principe, au contraire, mais là… franchement, où est la faute morale d’avoir choisi pour vivre sa vie un habitat agréable, correspondant à ses goûts ? c’est même incompréhensible cette façon de bastonner les vieux (« vieillards » !). Pourquoi ? parce qu’ils ne peuvent plus conduire ? mais, comme elle le dit elle-même, pauvre ou riche : où que tu vives, dans les villes ou pas, tu ne peux plus vivre correctement sans conduire. Tu es forcément dépendant. Il faut donc des infrastructures adaptées.
      Je n’en connais pas davantage en France…

      Si tu voyais les vieux à Paris, peiner à monter dans des bus trop hauts et bondés, malmenés par les conduites brutales des chauffeurs, refuser de prendre le métro qui n’est absolument pas fait pour eux (nombreux escaliers, peu d’escalators, cohues dangereuses…), et se rabattre sur les trottoirs, mais pliés en deux sous des charges quand ils font des courses, à petits pas, devoir aller dans des magasins de quartier chers, parfois remonter à pied leurs escaliers, soit parce qu’ils n’ont pas d’ascenseur (cas très fréquent en centre-ville) soit parce qu’ils sont en panne, tout aussi fréquent car le parc des ascenseurs est vétuste et devrait être rénové (ce qu’il n’est pas, car représentant des sommes astronomiques).

      • Léon

        Furtif, tu le nommes ministre des affaires étrangères, il te déclenche une guerre mondiale dans la semaine… 🙄

  • Asinus

    Je sais bien que la masse des vieillards US n’y est pour rien….

    objection votre honneur ,ils se sont déplacés à seulement 30/40% »pour voter je parle des elections locales hein celles qui chez eux comptent vraiment pour les décisions villes /etats »pendant des décennies et ils ont impavidement laisser le dollard regner en maitre absolus.
    Je n’ai pas noté un antiamericanisme déclaré dans l’article sur rue89 pas de connivence tout au plus un brin d’enervement d’une dame qui vit la bas et qui sait de quoi elle cause .Nos société sont dures aux vieux?
    absolument ! mais ils etaient les decisionnaires d’hier et ont laissés modernisme et marchés primer et gouverner.Ils ont vendus leurs droits d’ainesse contre un plat de lentilles qu’ils les mangent !

    asinus:ne varietur

    • COLRE

      Je sais, les vieux sont d’anciens jeunes insouciants… Les vieillards dans les immeubles staliniens délabrés, sans place ni chauffage ni ascenseur avaient laissé l’URSS s’occuper de leur avenir en se vendant au « Marché » et au modernisme, c’est bien connu…

      Dans ma campagne, les vieux paysans sont condamnés à la solitude sociale ou à l’internement dans des maisons de retraites pourries. Ils y mangent en effet le plat de lentilles qu’ils ont sans doute bien mérité pour avoir voté toute leur vie pour ceux qui leur ont fait cette belle vieillesse en bradant les services sociaux et les services publics…

  • Léon

    Bonjour Colre !
    Il y a deux réflexions de nature différente dans ton texte.

    La question de « l’antiaméricanisme ».
    Pas d’accord avec toi. Ce texte est anti-libéral et n’est antiaméricain que à la mesure de la prégnance du libéralisme aux USA, que tout le monde connaît : Etat minimum, pas de protection sociale collective (voir les difficultés incroyables qu’à Obama avec sa couverture de santé), très grandes disparités individuelles, fiscalité légère etc… En outre, les USA vivent depuis les années 80 un offensive ultra-libérale généralisée ayant pour but de détruire le peu qu’il y avait de services publics et de redistribution. La journaliste ne fait que constater les effets d’un mode de vie inspiré de cette doctrine sur des gens fragiles, en particulier les personnes âgées. Et il n’est pas crédible de mettre sur le même plan la situation française, même après les attaques qu’elle a subi de l’idéologie libérale dominante, et la situation américaine. « L’ennemi  » est peut-être le même mais il n’a pas eu les mêmes résultats.

    La question de l’urbanisme.
    Comme beaucoup je pense, je hais les tours, l’habitat vertical, le béton et je me suis toujours débrouillé, adulte, pour avoir mon bout de gazon même en région parisienne. Mais j’ai fini par prendre conscience que l’habitat horizontal, lorsqu’il concerne une population importante est en réalité une catastrophe collective ; le modèle du genre étant Los Angeles, qui a été une sorte de laboratoire de l’urbanisme postmoderne constitué d’un étalement de maisons individuelles sans centre-ville et sur des espaces considérables. Le résultat est exactement celui qui est décrit dans cet article : une ville étalée sur de telles distances que les transports posent des problèmes à peu près insurmontables et sont donc reportés sur la voiture individuelle sachant que le permis n’est pas définitivement acquis dans beaucoup d’Etats : il faut le repasser tous les 5ans à partir de 55 ans. Et malgré d’innombrables ruses, comme les voies réservées au covoiturage, la pollution et les embouteillages sont monstres. Les réductions de budgets sociaux dans de tels contextes sont catastrophiques car cet étalement en rend le fonctionnement plus cher qu’ailleurs : il n’y a pratiquement aucun endroit utile sur le plan commercial ou administratif où l’on puisse se rendre à pied et l’organisation de transports collectifs sur de tels territoires est voué à l’échec car on ne peut privilégier aucune direction ( vers un centre-ville par exemple). Ceux qui souffrent d’un tel urbanisme sont les personnes les plus fragiles et les services rendus par internet ne peuvent compenser vraiment la disparition des contacts matériels.
    Un tel urbanisme est lié à la mentalité individualiste et consumériste américaine, il a été beaucoup appliqué et reproduit sur tout le territoire US : dans beaucoup de villes il n’y a même pas de trottoirs et quand ils voient un type à pieds, c’est tellement suspect qu’ils appellent les flics. Et pourtant l’idée progresse aux USA que c’est une erreur. On a fini par recréer un centre-ville à Los Angeles en y construisant des gratte-ciel, mais c’est assez récent. La concentration la densité de population a d’immenses avantages (qu’on ne voit pas dans un premier temps), en proximité de services publics, commerces, médecins et structures médicales, salles de spectacle, musées etc…

    Donc, moi je trouve très bien que les américains se prennent dans la poire leurs choix sociétaux, ils on assez critiqué les sociétés « socialistes » et « assistées » au nombre desquelles ils ont toujours mis la France et les pays qui tentaient de pratiquer une solidarité institutionnelle. Alors, bien fait pour leurs gueules si leur libéralisme à la con dont ils ont fait la promotion au monde entier ne marche pas si bien que ça. Cela me ravit… je suis donc assez dans la tonalité de l’article que tu critiques.

    • COLRE

      Bonjour Léon,

      La question de « l’antiaméricanisme ».
      Je suis évidemment d’accord sur les dégâts terribles de l’ultralibéralisme sur la société américaine, cela va sans dire ! ce n’est pas du tout cela que j’évoque.
      Mais quand tu dis : « il n’est pas crédible de mettre sur le même plan la situation française », c’est là je trouve un optimisme assez béat sur la situation française… Il faut être particulièrement indulgent ou aveugle à l’incroyable appauvrissement de la population française, et particulièrement celle des vieux, les premiers touchés.

      La question de l’urbanisme.
      En gros, tu dis : moi, je déteste l’habitat vertical et je me suis toujours arrangé pour avoir mon bout de gazon, mais il ne faut pas que tout le monde y ait droit !… 😉
      Ensuite, quand tu dis « il n’y a pratiquement aucun endroit utile sur le plan commercial ou administratif où l’on puisse se rendre à pied », tu ne comprends pas que c’est contradictoire : ou bien on est jeune ou en bonne santé et l’on peut prendre voiture, 2 roues, ou bien on ne l’est pas, et nulle part, en France, ni dans les villes, banlieues ni à la campagne tu ne peux te rendre À PIEDS nulle part, sauf à habiter à 100 m à la fois de la mairie, de la boulangerie, de la poste, du supermarché, du cinéma…

      « Un tel urbanisme est lié à la mentalité individualiste et consumériste américaine »
      Non. On ne peut pas réduire l’attraction des Américains pour les villes « horizontales » aux seuls motifs de « l’individualisme » et « du consumérisme » des gens « riches ». Ou alors, les mots se vident de leur sens, car alors tout le monde est individualiste et consumériste s’il a envie de vivre au calme et dans des coins pas trop criminogènes.
      N’est-ce pas ce que tu viens de dire :
      « je me suis toujours débrouillé, adulte, pour avoir mon bout de gazon » : alors, toi oui, tu as le droit, mais pas les autres ?

      Tu en connais bcp qui ont envie d’habiter dans des tours ou des cités ? surtout quand on connaît le degré de délinquance auquel étaient parvenus les centres-villes des grandes métropoles américaines ! Je n’ai pas vécu à NY, mais dans les années 70 et 80, tout le monde a vu des tas de reportages sur la façon dont les gens se barricadaient derrière des portes blindées à 4 verrous et ne prenaient plus le métro, sale, pourri, dégradé, dangereux, que la peur au ventre.
      Mais sans doute que c’était bien assez bon pour les Américains…

  • Léon

    Ceci dit et pour atténuer un peu mon propos, la question de la « gestion » des personnes âgées et très âgées se pose aussi dans un pays « communiste » comme le nôtre et tu as raison d’attirer l’attention dessus. Même si c’est déjà beaucoup mieux qu’aux USA, on ne peut pas se contenter de l’existant. Là-desssus je te suis totalement.

  • D. Furtif

    Très touché par la délicatesse et l’honnêteté de ton procédé

    Venir Te parler de ton pro américanisme viscéral quand toi même tu nous confies que ta réaction première a été d’être choquée par un antiaméricanisme que tu es bien la seule à voir dans cet article qui motive le tien . Le point que je soulève serait-il faux?.
    .
    Un deuxième procédé : Laisser entendre que ta publication dans DISONS ferait l’objet d’une autorisation dont je détiendrais les clefs . En gros et de loin cela veut-il dire que ne pas partager tes automatismes équivaudrait à une censure.Censure qu’à l’évidence tu ne subis pas mais que tu t’acharnes encore une fois à laisser supposer.
    .
    C’est très exactement mettre le doigt sur ta manière de réagir
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    Pour ce dont parle l’article , tu as avec bien des détours convenu à la fin qu’il disait des choses vraies même si tu y as rajouté des éléments comparables dans notre société.
    .
    J’y reviens pour ce que tu tiens à ne pas reconnaitre, je voudrais bien connaitre ce que l’antiaméricanisme a de rédhibitoire si le pro américanisme lui a tes faveurs automatiques.
    .
    .
    Je le rappelle car tu ne peux y voir une malveillance : c’est de tes mots dont il s’agit.
    .

    …..qu’elle accroche le lecteur français par la connivence d’un antiaméricanisme…

    .
    Ma question car il y en avait une
    – qu’est-ce que l’anti américanisme peut bien avoir péjoratif à tes yeux dont ton pro américanisme intransigeant pourrait être épargné.?

  • snoopy86

    Merci à Colre pour cette réaction 😆

    Croyez vous qu’un vieillard en fauteuil roulant vive mieux dans une tour de banlieue que dans un pavillon du middle-west ?

    J’observe que cette critique des USA provient majoritairement de gens qui n’y ont jamais foutu les pieds si ce n’est en voyage organisé ….

    La solidarité là-bas n’a pas besoin de fonctionnaires pour s’organiser … Au pire pour 3 ou 5 dollars le vieux trouvera toujours un étudiant ou une mère de famille pour l’emmener chez le médecin ou au supermarché

    Polémique stupide

  • Buster

    Cette critique de l’article initial, ainsi que les chicaneries qui en découlent me plongent dans des abimes de perplexité. ❓
    .
    Antiaméricanisme ??? Peut-être ?
    Mais alors à une dose infinitésimalement homéopathique et nous avons l’habitude d’en voir des effets bien plus évidents. Pas vraiment de quoi agiter ce hochet pour analyser l’article.
    .

    Le sujet de l’article me semble tout autre et bien plus générique :
    L’urbanisation verticale ne fonctionnent pas. Ou pas partout car une ville comme New-York (Manhattan pour être plus précis) en est plutôt un exemple réussi avec un charme et une facilité de vie et de déplacements assez prodigieux. Mais pour un Manhattan combien de quartiers de barres d’immeubles qui n’ont aucun de ces avantages si ce n’est celui d’une grande facilité à se suicider par défenestration du 12ème étage ou cet autre avantage de pouvoir faire tomber facilement divers projectiles sur tous les étrangers indésirables qui s’y aventureraient.
    L’urbanisation horizontale et l’habitat dispersé, posent d’immense problèmes pratiques, écologiques, économiques. Des problèmes d’organisation et de vie quand l’âge avance et que la voiture reste au garage.
    Ces problèmes se posent partout : En France aussi bien qu’aux Etats-Unis.

    Certains ont résolu ce problème personnel en vivant à l’horizontal, en campagne ou en zone suburbaine, une grande partie de leur vie et en intégrant le vertical des centre villes l’âge venu.
    De préférence, si leurs moyens le permettent, plus bas vers le Sud et le soleil.
    Nice ou Cannes « Downtown » ont ainsi une population considérablement plus âgée que la moyenne.
    Tant que l’ascenseur fonctionne, l’homme reste finalement sur un plan parfaitement horizontal du niveau de la rue à son appart du 6ème avec vue dégagée. Et le caddy permet encore l’approvisionnement facile à l’épicerie voisine.

    C’est presque à une réhabilitation des centres-villes à l’européenne que conduit finalement cet article.
    Ni trop vertical ni trop horizontal, avec des services accessibles et des moyens de déplacement collectifs relativement faciles à mettre en place.
    J’en veux pour preuve les nombreux programmes immobiliers de centre urbain dont les apparts sont achetés par une grande proportion de seniors, qui les louent en attendant de devoir quitter leur maison avec jardin.
    C’est à une prise de conscience de cette mobilité nouvelle au fil de la vie que me fait réfléchir cet article.
    Ainsi qu’au risque du manque d’anticipation du moment où la jeunesse, passé 85 ans, deviendra difficile à retenir plus longtemps.

    • COLRE

      « L’urbanisation verticale ne fonctionnent pas…
      L’urbanisation horizontale et l’habitat dispersé, posent d’immense problèmes pratiques, écologiques, économiques…
      Ces problèmes se posent partout : En France aussi bien qu’aux Etats-Unis. »

      Voilà. Bon résumé de ce que j’ai écrit, Buster…

      J’y ajoute que le pb des vieux est spécifique et qu’il n’est pas pris en compte dans nos politiques urbanistiques.
      Il m’avait donc paru ahurissant qu’on culpabilise ceux qui se sont construits une vie à peu près conforme à leurs goûts, au prétexte que, devenant inaptes à la conduite, on va se réjouir de les voir « cloués chez eux »… puisqu’ils sont américains et donc responsables du malheur du monde…

  • Lapa

    Salut COLRE! te laisse pas faire je pense que tu as tout à fait raison de lancer la discussion à propos de cet article.

    Comme le dit leon il y a deux aspects. L’enveloppe marketing, la tonalité ironique jouant sur un réflexe antiaméricaniste qui me paraît évident (mais ce n’est que mon avis) et puis il y a l’interrogation très pertinente de la question de l’urbanisation, de la dépendance, des modes de vie et des services publics.

    Rapidement, pour l’antiaméricanisme de l’article, il fait évidemment écho au french bashing toujours très en vogue chez les anglo-saxons. Il ne vient pas du fait qu’on critique, même ironiquement, leur mode de vie, mais bien du fait qu’on explique que « c’est bien fait pour eux ». Car ce n’est pas un système qui est critiqué mais la supposée bêtise dont les gens font preuve qui est moquée. Avec de plus en rajout un ton moralisateur et supérieur du style « nous on sait, nous on est mieux ».

    Beaucoup plus intéressant est par contre l’intérêt d’une discussion sur la question urbaine. Tu pointes deux choses: d’abord en quoi c’est mal d’avoir le désir de vivre dans un environnement agréable et qui nous plaît, ensuite, que finalement, il se passe à peu près les mêmes choses en France (et vraisemblablement dans tous les pays où la possibilité est offerte à la population de le faire), donc exit la spécificité américaine.

    Si j’étais ironique je répondra

    • Lapa

      OULA problème de BOUZIN

      je reprends:

      Si j’étais ironique je répondrai que la liberté de choix et le désir égoïste d’avoir un environnement pour soit-même agréable pourrait paraître en rupture avec toute philosophie socialiste du bien commun, ce qui fait qu’elle est fortement blâmée par la pensée de gauche. D’abord parce qu’elle creuse les inégalités (plus facile d’avoir un environnement agréable quand on touche 10 fois le SMIC qu’avec le RSA) ce qui est intolérable dans une pensée égalitariste. Ensuite cette somme de volontés individuelles n’apparaît pas comme efficace pour la société aux yeux d’esprits centralisateurs. D’où l’intérêt des urbanistes et autres gens qui pensent pour vous ce qui est votre bien. Après tout, c’est valable pour l’éducation et plein d’autres domaines, pourquoi l’habitat ne devrait-il pas céder aux contraintes du bien commun et serait le seul domaine où l’on pourrait faire « ce qu’on veut »?
      Voilà une contradiction entre liberté individuelle, bien-être, bien commun…dont il faudra définir des frontières acceptables.

      Mais je ne suis pas ironique parce que la question de l’habitat doit à mon avis, se prendre sans oublier le contexte historique (des USA par exemple mais pas que,par exemple que l’humanité ne s’est urbanisée que sous la contrainte ce qui implique, à mon sens, une forte volontée ancrée en l’être humain de vivre peinard chez lui) et sans oublier le contexte économique. Aussi je reviendrai plus tard sur ce fil pour continuer la discussion.

      A Leon: oui y’a pas de trottoir aux USA mais pour avoir vécu ça, quand tu marches pour aller au centre-bourg, les gens ne te dénoncent pas à la police mais s’arrêtent pour te demander si tu n’es pas en panne (impensable pour eux que tu veuilles simplement marcher 😉 )

    • COLRE

      Merci Lapa d’avoir exactement compris mon propos et d’y adhérer peu ou prou ! Je constate que ces questions en fait remuent en profondeur le « vivre ensemble » et déclenchent un vrai séisme d’émotions.

      C’est un sujet passionnant et les diverses réactions montrent bien que cette question à la fois des vieux et de l’habitat est essentielle, complexe et mérite des solutions dépassionnées et réfléchies.

      • COLRE

        C’était ma réponse à Lapa ci-dessus… c’est quoi ce bouzin ? je vais m’y perdre… :mrgreen:

        • COLRE

          dommage… après cet attentat bouzinesque, cela va être difficile de se répondre clairement les uns et les autres… 8)

          • Léon

            Je ne sais pas pourquoi les commentaires de Lapa ont été tronqués. Mais c’est ton article, Colre: si c’est trop le bordel et si tu préfères, je peux les rétablir, mais ils feront double emploi… Tu me dis.

  • Lapa

    Salut COLRE! te laisse pas faire je pense que tu as tout à fait raison de lancer la discussion à propos de cet article.

    Comme le dit leon il y a deux aspects. L’enveloppe marketing, la tonalité ironique jouant sur un réflexe antiaméricaniste qui me paraît évident (mais ce n’est que mon avis) et puis il y a l’interrogation très pertinente de la question de l’urbanisation, de la dépendance, des modes de vie et des services publics.

    Rapidement, pour l’antiaméricanisme de l’article, il fait évidemment écho au french bashing toujours très en vogue chez les anglo-saxons. Il ne vient pas du fait qu’on critique, même ironiquement, leur mode de vie, mais bien du fait qu’on explique que « c’est bien fait pour eux ». Car ce n’est pas un système qui est critiqué mais la supposée bêtise dont les gens font preuve qui est moquée. Avec de plus en rajout un ton moralisateur et supérieur du style « nous on sait, nous on est mieux ».

    Beaucoup plus intéressant est par contre l’intérêt d’une discussion sur la question urbaine. Tu pointes deux choses: d’abord en quoi c’est mal d’avoir le désir de vivre dans un environnement agréable et qui nous plaît, ensuite, que finalement, il se passe à peu près les mêmes choses en France (et vraisemblablement dans tous les pays où la possibilité est offerte à la population de le faire), donc exit la spécificité américaine.

    Si j’étais ironique je répondrai que la liberté de choix et le désir égoïste d’avoir un environnement pour soit-même agréable pourrait paraître en rupture avec toute philosophie socialiste du bien commun, ce qui fait qu’elle est fortement blâmée par la pensée de gauche. D’abord parce qu’elle creuse les inégalités (plus facile d’avoir un environnement agréable quand on touche 10 fois le SMIC qu’avec le RSA) ce qui est intolérable dans une pensée égalitariste. Ensuite cette somme de volontés individuelles n’apparaît pas comme efficace pour la société aux yeux d’esprits centralisateurs. D’où l’intérêt des urbanistes et autres gens qui pensent pour vous ce qui est votre bien. Après tout, c’est valable pour l’éducation et plein d’autres domaines, pourquoi l’habitat ne devrait-il pas céder aux contraintes du bien commun et serait le seul domaine où l’on pourrait faire « ce qu’on veut »?
    Voilà une contradiction entre liberté individuelle, bien-être, bien commun…dont il faudra définir des frontières acceptables.

    Mais je ne suis pas ironique parce que la question de l’habitat doit à mon avis, se prendre sans oublier le contexte historique (des USA par exemple mais pas que,par exemple que l’humanité ne s’est urbanisée que sous la contrainte ce qui implique, à mon sens, une forte volontée ancrée en l’être humain de vivre peinard chez lui) et sans oublier le contexte économique. Aussi je reviendrai plus tard sur ce fil pour continuer la discussion.

    A Leon: oui y’a pas de trottoir aux USA mais pour avoir vécu ça, quand tu marches pour aller au centre-bourg, les gens ne te dénoncent pas à la police mais s’arrêtent pour te demander si tu n’es pas en panne (impensable pour eux que tu veuilles simplement marcher 😉 )

  • Lapa

    mes commentaires sont mis à la poubelle à cause de la censure cryptofachiste de ce site du bousin 😉

  • Lapa

    Suite de la discussion sur l’urbanisation. je lance quelques pistes:

    1- aller s’installer en ville a toujours été vécu dans l’histoire de l’Humanité comme une contrainte non? pour se protéger des barbares, pour trouver du travail, ou… obligé par les autorités. Il serait intéressant d’analyser l’urbanisation au fil des siècles
    2- l’urbanisation verticale est-ce vraiment de l’optimisation? (prendre en compte les contraintes de la vie collective dans des megapoles…)
    3- notre vie doit-elle être optimisée et performante, l’habitat n’était-il pas encore jusqu’à présent un échappatoire pour notre liberté individuelle?
    4- à voir également: la diabolisation de la ville, nouvelle Babylone, mère de tous les vices, chez les chrétiens américains (baptistes, protestants et autres mouvements) il me semble qu’il y a une réelle méfiance vis à vis de ces ensembles.

  • Asinus

    « Salut COLRE! te laisse pas faire »

    heu dis Lapa ,on l’agresse pas sauf si ne pas avoir lu la meme chose est une agression ; perso j’aime la country la littérature americaine le cinéma americain , je deteste les mentalités  » elles sont plurielles americaines »
    comme le souligne Léon elles sont réductrices et rejettent tout ce qui ne découle pas de in god we trust ou in dollard we trust le civis americanus je l’ai cotoyé sur divers endroits de la planete il n’est ni pire ni meilleur seule la « civilisation » dont il procede et sa préhension du monde est rédhibitoirement « insane ».
    Je sais que c’est une redite mais quand la projection d’une société en l’espece sont armée laisse piller le musé de Babylone et protege uniquement les champs pétrolifaire on a la l’illustration parfaite de la conscience yanke de sa visiondes priorités et donc de sa vision civilisationelle .
    A Snoopy en ayant été le bénéficiare pour mon éducation et ma protection je pense plus « civilIsateur » pour moi que cela ai procédé de la solidarité nationale que de la charité publique si bien intentionné soit elle.
    Asinu : ne varietur

  • Asinus

    excusez moi pour le massacre orthographique , j’aurais du prendre la peine de me relire .

  • Léon

    Pour répondre partiellement à certaines objections de Colre et Snoopy. Il est absolument évident que, dans la mesure du possible, je ferai tout pour rester près d’un centre urbain lorsque je serai plus vieux ( j’y suis d’ailleurs déjà). Et le choix, en France n’est pas entre les cités pourries des banlieues et le pavillon à 50 km de Paris. Je connais plein de banlieues parisiennes couvertes d’immeubles mais avec un habitat mélangé où les personnes âgées, tant qu’elles peuvent physiquement marcher un peu, sont bien contentes de pouvoir faire leurs courses chez le Chopy du coin, aller facilement à la sécu, à la mairie etc… Il est évident que tout le monde préfère vivre dans un cadre agréable que dans un cadre pourri. Cet article a le mérite de pointer le fait que, toutes autres choses étant égales par ailleurs, il est plus facile de régler un certain nombre de problèmes collectifs dans un habitat plutôt vertical que horizontal.

    Maintenant sur la solidarité individuelle volontaire qui remplacerait la solidarité collective institutionnalisée, c’est vrai qu’elle est nettement plus développée aux USA, mais prétendre qu’elle remplace le système socialisé est une escroquerie. Les américains et particulièrement les personnes âgées qui sont les plus concernées en sont encore à se chercher un système d’assurance santé universel, et que je sache il est assez rare, en France que des gens soient obligés de travailler à 75 ou 80 ans. Alors, Snoopy, votre étudiant que vous payez 3 ou 5 dollars pour vous emmener chez le médecin ne résoudra certainement pas le problème.

    Quant à dire que la polémique est stupide, il faut le dire aux Américains eux-mêmes, c’est chez eux qu’elle est la plus forte. En Europe,de fait le problème ne se pose presque pas: on n’a pas les espaces américains et pas tellement le choix de toutes façons.

  • snoopy86

    Si vous voulez en savoir plus sur les vieux aux USA :

    http://www.ssa.gov/policy/docs/statcomps/income_pop55/2008/sect03.html#table3.a5

    Revenu médian d’un ménage de retraités de + de 65 ans aux USA de l’ordre de 43.000 $ soit environ 33.000 € ( environ la même chose qu’en France )

    Avec un côut de la vie ( logement, alimentation, carburant, services à la personne ) trés trés inférieur au nôtre

    Beaucoup moins, bien sûr, pour les blacks et les hispaniques …

  • Léon

    Au delà de cette mini-polémique, Colre soulève un lièvre que je trouve passionnant et sur lequel je manque de réflexion : dans quelle mesure un « urbaniste » doit et peut organiser la vie des gens à travers l’habitat ? Les expériences sont nombreuses, à commencer par Saint-Petersbourg. Plus près on a eu Brasilia,les « villes nouvelles » en France comme Cergy-Pontoise, et à Montpellier on a des expériences « en direct », car on a des quartiers entiers qui sortent de terre. Celui d’Antigone, conçu par Bofill, que Frèche avait voulu en plein centre-ville ( cas unique en France, je crois…) continu d’être étrangement mort, surtout la nuit.

    • COLRE

      Léon, à ton com de 11h50,

      Comme je le dis dans mon article : le vrai sujet c’est « comment traiter les problèmes sociaux (dont urbanistiques et pas l’inverse) qui concernent la situation particulière des vieux dans toutes nos sociétés, et pas seulement américaines ».

      J’ai bien dit : « pas l’inverse ». L’urbanisme doit être au service de la question sociale et politique, et pas en position de donneur d’ordre.
      Sur le papier, les urbanistes créent dans le plaisir, mais dans la réalité, les villes sont invivables et ne fonctionnent pas comme le prévoit leurs grands projets visionnaires…
      Après avoir supprimé les lignes de chemins de fer et construit à la place des rocades et des autoroutes, voilà qu’ils viennent nous dire 20 ans plus tard que tout ça manque de transports en commun et que les gens vieillissent et ne conduisent plus : bravo, belle anticipation.

      Alors, quand certains me disent ici : mais ce sont les Américains eux-mêmes qui le disent… C’est qui ces « Américains » ? les Bouygues de là-bas ?
      Je reste persuadée que les vraies raisons de ces bouleversements urbanistiques souhaités sont ailleurs que dans le bien-être des populations… et comme toujours dans l’espoir de reconstructions juteuses et de coups immobiliers des plus rentables…

      • COLRE

        ah… ça remarche ?… 😉

        • Léon

          Je viens de les remettre.

          • COLRE

            Merci Léon, on va y voir plus clair.
            Car le sujet est, dans le fond, immense… Voyons ce qui résonne, ici :
            Vieux /jeune, riche /pauvre, Français /Américain, individuel /collectif, gauche /droite, maison /appartement, ville /banlieue /campagne, voiture /transports en commun, bien /mal, victime /coupable…

            La complexité en jeu est bien trop forte pour régler des questions aussi cruciales que l’habitat à coup d’anathème (« bien fait pour eux! ») et de caricature (salaud d’Américains ultra-libéraux).

            Comment ne pas constater que la marchandisation de l’habitat devient un phénomène désastreux, alors que c’est pourtant l’un des points les plus important de notre vie. Et cela, dans tous les pays.
            Le seul libéralisme américain a bon dos sur ce sujet alors qu’il est planétaire ! et probablement que, si je n’ai jamais été attirée par la vie américaine, à tout prendre, contrainte et forcée, je préférerais y vivre que dans les mégapoles chinoises, à Shangaï ou Singapour….
            L’urbanisation accélérée laissée aux mains avides des promoteurs se double d’une injonction morale à l’égard de ceux qu’ils ont exploités : un comble.

            • Léon

              En même temps, Colre, où en est la réforme de la couverture santé d’Obama ? Coincée par un recours devant la cour suprême. On verra, c’est toujours périlleux de faire des prédictions, mais je pense que la Cour Suprême déclarera une telle obligation inconstitutionnelle.
              D’accord que le libéralisme ne détermine pas vraiment un habitat plutôt qu’un autre, mais ce que l’article pointait, c’était la conséquence de la conjonction du libéralisme au niveau des services publics avec un habitat tel que la journaliste le décrit. En d’autres termes, si je suis ton raisonnement, un tel urbanisme est plutôt souhaitable à la condition que les services publics et les services à la personnes lui soient adaptés. Mais là, la question de l’idéologie politique et économique intervient surtout dans la mesure où un tel habitat, dispersé, en rend le coût beaucoup plus élevé!
              Non, ce n’est pas possible de dédouaner ces choix politiques et économiques.

              • COLRE

                Le malentendu est là.

                1. Tu me parles de la réformes Obama, et je suis prête à en rajouter sur la situation sociale déplorable des services de santé et, surtout, le pire, des services d’éducation qui sont hors de portée de la plupart des bourses. Terrible et scandaleux.
                Là, on est parfaitement d’accord. Mais ce n’est pas le sujet.

                2. tu me dis, ok : « le libéralisme ne détermine pas vraiment un habitat plutôt qu’un autre »… ben voilà, c’est ce que je dis, ça, c’est exactement l’objet de mon article (ou du moins de son début). Ce libéralisme-là n’a RIEN à voir avec le malheur des vieux qui ne conduisent plus…

                3. ou alors, me dis-tu, tu penses que « un tel urbanisme est plutôt souhaitable à la condition que les services publics et les services à la personnes lui soient adaptés. »
                C’est exactement ce que je pense, en effet. Et tu rajoutes que cela « rend le coût beaucoup plus élevé! »

                Eh bien justement, ça se discute complètement… tout ne s’estime pas de façon strictement mercantile.
                Combien coûtent les vieux, en ville, qui montent leurs courses à pied comme Madame Rosa ? 😉 Rien… cela ne coûte rien à la société qui s’en fout.
                Combien coûtent des services de bus décents et fréquents ? pour une municipalité, un peu, mais sans doute bcp moins que de vendre ses terrains aux promoteurs…

                Dans notre société, on ne s’interroge même plus sur le bien-fondé de la question « est-ce rentable » ? car la question aujourd’hui, c’est « est-ce ASSEZ rentable ? » Et ce n’est jamais assez rentable, ni les vieux, ni les bus, ni les services…

                • Léon

                  Colre : la « rentabilité  » d’un service public est à peu près impossible à mesurer, son coût, par contre, si.
                  Lorsque déjà on a des réticences idéologiques à créer des services publics et donc à prélever des impôts pour les financer, le coût de ce service, s’il est particulièrement élevé, constitue un obstacle supplémentaire, non ?
                  Il y a dans cette affaire ce qui me semble une conjonction et d’un choix d’urbanisme et d’une idéologie économique.

    • COLRE

      Il y a des solutions, Léon.
      C’est comme les énergies renouvelables : les solutions sont là, mais encore faut-il les développer. Or, elle ne sont pas rentables dans un premier temps…

      Je connaissais bien certaines villes d’Amérique du Sud et des Andes : les pays sont couverts de lignes de bus. Il y a des stations de car énormes dans toutes les villes et même les bourgades les plus reculées. Là-bas, en effet, pas besoin de voiture pour se déplacer, ni dans la ville (où les nombreuses sociétés de bus et minibus se tirent la bourre pour récupérer le client), ni dans la banlieue, ni dans la province ou la campagne. Il y a toute une gradation entre les taxis, les collectivos, les minibus, les grands bus… Tout le monde se déplace facilement… il n’y a pratiquement qu’à lever le doigt… J’exagère à peine.

      Alors, les tramways, c’est bien, je ne dis pas, mais s’il y a urgence et que les municipalités n’ont pas les moyens de construire les infrastructures, ils peuvent se rabattre avec facilité sur les transports type bus, puisqu’on nous dit que les rues, routes et autoroutes sont partout dans ces villes « étalées » !

      Je m’étonne, à suivre la lecture de cet article, que les urbanistes et autres décideurs envisagent des solutions lourdes et coercitives comme de changer du tout au tout les goûts pour l’habitat horizontal et envoyer les Américains dans les centres, « en hauteur » même « s’ils détestent cela », nous dit l’article, je le rappelle !

      Quant au coût des services publics, qui peut dire ce qu’ils valent ? quel est le coût de la justice ? d’un policier ? d’un militaire ?
      Quel est le coût des vieux isolés qui ne voient plus le facteur qui passait ? combien coûte donc un facteur ?… 👿

  • Asinus

    yep un beau film sur les vieux americains The straight story de david Lynch , l’histoire d’un papy qui traverse plusieurs etats sur son motoculteur une decouverte d’un monde derriere les highways .

  • COLRE

    oui, il vaut mieux que tu remettes comme avant, malgré les doublons, car là, c’est illisible sans les réponses à chaque commentaire.

  • COLRE

    (désolée, avec ce bo’del, je ne peux plus répondre aux commentaires précisément. Je ne les vois même plus comme il n’y a plus de hiérarchie des interventions…) 8)

    Lapa, suite à ton rajout, qque part plus haut, à 11h 06…

    Nous sommes assez d’accord sur le moralisme sous-jacent à ce débat. On voit bien que fleurissent les « c’est bien » ou « c’est mal » d’habiter ainsi, les « ils l’ont bien cherché », les « bien fait pour eux »… C’est ce que j’appelle le moralisme judéo-chrétien dans mon article, l’invocation de la « faute » et de la « culpabilité » et donc de la « punition »…
    C’est pourtant bien plus simple que cela comme tu le dis aussi dans ton commentaire :
    « en quoi c’est mal d’avoir le désir de vivre dans un environnement agréable et qui nous plaît » ? en effet, on se le demande, et que ce soit en France ou aux USA, c’est une même légitimité.

    Ton analyse sur la pensée égalitariste « de gauche » n’est pas fausse ! 😉 pensée « centralisatrice », dis-tu, où l’une des mauvaises tendances habituelles de la gauche est de décréter ce qui est bien vous.

    Tes idées sur le contexte historique est également éclairant. Bien sûr que les questions de l’habitat ne se posent pas de la même façon à Monaco, en France ou dans les immensités des USA ou de la Sibérie. Et puis, un tissu territorial se structure au fur et à mesure de l’histoire, et c’est vrai que la création des villes, historiquement, est liée à des questions sécuritaires et commerciales.
    Nous n’en sommes plus complètement là…

    Je reprends aussi tes 2 questions importantes :

    « 2- l’urbanisation verticale est-ce vraiment de l’optimisation? (prendre en compte les contraintes de la vie collective dans des megapoles…)
    3- notre vie doit-elle être optimisée et performante »

    Non, bien sûr, à tes 2 questions. L’urbanisation verticale est un pis aller urbanistique qui n’a rien d’un rêve, d’un mieux être. D’autre part, c’est vrai que cette perpétuelle marchandisation de tout et même de notre mode d’habiter qui devrait répondre à la fonctionnalité collective… non. Et puis, c’est toujours pour les autres, les inconvénients, la masse.
    Quand on est riche, justement, il n’y a pas de problèmes, ni de déplacement, ni pour payer des services, ni pour vivre avec son coin de gazon, ni pour faire son jogging à 80 ans pour aller jusqu’à la boulangerie.

    L’urbanisme est justement à construire et à repenser pour tous, non pas dans la coercition, comme si le peuple représentait une matière globale à gérer, mais comme une somme d’individus, avec des goûts particuliers à respecter et à prendre en compte.

  • COLRE

    Baudelaire : Les petites vieilles (Les Fleurs du mal)

    À Victor Hugo

    « Dans les plis sinueux des vieilles capitales,
        Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements,
        Je guette, obéissant à mes humeurs fatales,
        Des êtres singuliers, décrépits et charmants.

    Ils rampent, flagellés par les bises iniques,
        Frémissant au fracas roulant des omnibus,
        Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques,
        Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus ;
       
    Ils trottent, tout pareils à des marionnettes ;
        Se traînent, comme font les animaux blessés,
        Ou dansent, sans vouloir danser, pauvres sonnettes
        Où se pend un Démon sans pitié ! Tout cassés
    […]

    Telles vous cheminez, stoïques et sans plaintes,
        À travers le chaos des vivantes cités,
        Mères au cœur saignant, courtisanes ou saintes,
        Dont autrefois les noms par tous étaient cités.
       
    Vous qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire,
        Nul ne vous reconnaît ! Un ivrogne incivil
        Vous insulte en passant d’un amour dérisoire ;
        Sur vos talons gambade un enfant lâche et vil.
       
    Honteuses d’exister, ombres ratatinées,
        Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs ;
        Et nul ne vous salue, étranges destinées !
        Débris d’humanité pour l’éternité mûrs !

  • COLRE

    Pour une fois… c’est le vénérable qui va être content, 😉 je cite le Monde Diplo (Les capitales du capital, 2010) :

    « par-delà l’apparition de nouveaux agencements urbanistiques et architecturaux, la lutte séculaire entre dominants et dominés pour la conquête (ou la reconquête) de l’espace urbain s’effectue selon une dynamique immuable »

    Ou bien :
    Les discours lyriques et consensuels sur la nécessité de «rompre l’isolement du centre de l’agglomération» par rapport à la périphérie, et de jeter «un nouveau regard sur sa place au sein de la région urbaine», ne doivent pas faire illusion. Comme le super RER circulaire automatisé prévu pour l’hypothétique Grand Paris, le projet de bouclage du Ring au large des quartiers traditionnels d’Anvers ne vise pas à répondre aux besoins les plus urgents des habitants en matière de déplacements, mais à mettre en relation directe les pôles économiques, les nœuds autoroutiers, les aéroports et les gares…

  • Léon

    Mmouais. Sauf que les « besoins les plus urgents des habitants en matière de déplacements » concernent probablement en priorité le trajet domicile-travail et que, donc, relier les pôles économiques,les aéroports, les gares en fait partie.

    Intéressante ta description des transports routiers en Amérique du Sud. Mais cela prouve qu’il faut une volonté politique pour l’organiser et que si l’idéologie dominante c’est « que chacun se dém… et s’achète une voiture », ce ne sera jamais fait, je pense qu’on sera d’accord.

    • Buster

      Intéressante ta description des transports routiers en Amérique du Sud.
      Et les tuk-tuk à l’indienne ? ou les taxis brousse, pourquoi pas ?

      Faites passer ça à la moulinette de :
      – Nos normes de sécurité
      – Notre code de la route
      – Nos lois sociales sur le travail
      – Notre contrôle technique des véhicules

      Que restera-t-il ?
      Des taxis privés au prix des taxis privés
      Ou des transports en commun comme actuellement au même coût qu’actuellement.

    • COLRE

      oui, Léon, il faut une volonté politique. Je trouve que le cas des énergies renouvelables est vraiment un bon parallèle. On finira par s’y mettre, mais tard, trop tard, le couteau sous la gorge et dans l’improvisation (comme toujours en France).

      La possession d’une voiture est quasiment une obligation, avec les enfants, les vacances… mais la plupart des gens se passent de conduire dès qu’ils le peuvent. Donc, s’il y a de bons transports en communs, pratiques, il n’y aura pas de conflit.

  • Léon

    Pas faux… 😆 😆 😆

  • ranta

    L’american way of life…. Voilà, tout est dit. Pour moi ça signifie Mac Do et Coca Cola. Tout sauf un idéal.

    Maintenant il faudrait se souvenir que le rapport à l’état des Américains est directement issu des premiers émigrants. Ces derniers étaient tous des parias en Europe et avaient eu à subir les foudres de la justice, ou de l’injustice, de leurs pays respectifs. Ce fait est inhérent à leur constitution et à chaque loi répressive il s’en trouve une pour la défaire et garantir leur liberté.

  • asinus

    bonjour , yep quand l’amie Colre « leve des lievres  » ça part dans toutes les directions , voulant argumenter avec Snoopy sur charité publique et solidaité nationale j’ai decouvert « grace à google  » un domaine aux usa ou l’iniative privée est important: c’est la culture , hallucinant le nombre de musés de philarmoniques……
    qui n’existe que par le vouloir de quelques riches donateurs.