Histoire de l’orgue: Interlude musical, concertos pour orgue

Lectures :2989

Le temps que prends l’écriture de la suite de l’histoire de l’orgue me pousse à vous soumettre quelques interludes purement musicaux qui s’intégreront à cette saga.

Le rythme hebdomadaire de Disons permet également  de distiller le plaisir de la découverte (ou de la redécouverte) tout au long de la semaine.

J’ai pris beaucoup  de temps à sélectionner les œuvres. Comme toujours j’essaie de primer l’intérêt visuel de l’exécution instrumentale, mais sans oublier la justesse, l’a propos et aussi la qualité sonore. Le son Youtube et les vidéos « en live » ne rendent pas forcément tous les honneurs à la richesse de cette musique, mais j’espère que les morceaux sélectionnés vous intéresseront et pourquoi pas, vous donneront envie d’aller plus loin!

Actuellement pas mal de vidéos que j’avais sélectionnées ont été depuis retirées (atteinte aux droits d’auteurs etc…), aussi je me dépêche de vous  faire partager celles qui sont encore visibles (1). J’en profite pour réaffirmer que supprimer ces vidéos est une connerie sans nom. En aucun cas la qualité sonore de youtube ne peut concurrencer l’enregistrement numérique du commerce. En ce sens, ces vidéos permettaient à beaucoup de découvrir des œuvres, des techniques d’exécution, des interprétations, des personnes et des lieux. En aucun cas cela ne pouvait combler un mélomane qui se tournait inévitablement vers l’achat des œuvres qui lui plaisaient… Quant à ceux qui n’avaient pas l’intention d’acheter, cela ne les tournera pas plus vers l’achat. Enfin bref, passons.

Orgue et orchestre, partie I concertos.

Limiter le rôle de l’orgue à l’accompagnement des cantiques au fond d’une église est une lourde erreur pourtant trop commune. L’orgue, bien que se suffisant à lui-même, a parfaitement un rôle à jouer au sein des ensembles orchestraux. Ainsi le concerto pour orgue, où l’instrument va tenir à la fois un rôle d’accompagnement et de soliste dans un dialogue en trois mouvement avec l’orchestre est un genre qui a existé à toutes les périodes musicales. En voici quelques uns, de tous styles:


Bach, Concerto pour orgue et hautbois BWV 1069

Voyez que l’orgue est un simple orgue-coffre, loin des instruments gigantesques . C’est aussi ça l’orgue: toutes les tailles s’y retrouvent.


Poulenc. Concerto pour orgue et orchestre en sol mineur

je vous conseille la lecture de l’ensemble des vidéos Tanz of der Orgel (ici j’ai mis la part.3). D’une part parce que Iveta est juste… splendide. Mais aussi parce qu’on découvre le travail intéressant d’une organiste passionnée par la France concernant le concerto de Poulenc (magnifique au demeurant, enfin c’est mon avis).


Haendel concerto pour orgue 0p7 n°3

Un grand classique… (notez que l’organiste fait également « chef d’orchestre »)
http://www.youtube.com/watch?v=ezi6suOOX3o

Brixi, Franz Xaver – Organ Concerto in D dur Nº 4

Brixi est un compositeur tchèque du XVIIIème siècle. J’aime particulièrement ce concerto.


Haendel concerto pour trompette et orgue en si bémol majeur

http://www.youtube.com/watch?v=Gx-9e7hGPwQ
Corrette Organ Concerto No.3 Op.26


GF Haendel Organ Concertos Op 7 N


M. Corrette – Organ Concerto No.1 in G major, Op.26

Ce concerto est pour moi simplement magnifique. Pourtant ce n’est sûrement pas le plus beau ou le plus dur mais c’est comme ça…


Haydn Concerto n°1 pour orgue
http://www.youtube.com/watch?v=OCdaz6XUPQo

Vivaldi concerto RV541

BONNE ECOUTE, merci de vos retours et n’hésitez si vous avez des questions.

——————

(1) j’ai pu en remplacer certaines par des diaporamas trouvés avec la musique en fond sonore, mais plus de « live » à cause du droit à l’image sans doute?

20 comments to Histoire de l’orgue: Interlude musical, concertos pour orgue

  • Léon

    Houla, heureusement qu’on a la semaine pour tout écouter !
    J’ai écouté aujourd’hui celui de Bach. Bach, c’est toujours bien, mais quand même,cet instrument est tellement énorme sur le plan de la richesse sonore qu’il a du mal à ne pas bouffer tous les autres… Au fait, y a-t-il des indications sur les partitions, des jeux qu’il faut utiliser ?

    • Lapa

      question forte intéressante qui mériterait un article entier pour y répondre (j’y pense 😀 ). La registration de l’orgue est une vraie science et un art. Concernant l’œuvre qui nous préoccupe (et généralement les concertos), il n’y a pas d’indication spécifique. Ces œuvres se jouent avec orchestre de chambre et sur orgue coffre donc on oublie les jeux graves (tuyaux trop longs pour être mis dans un coffre) . On a souvent un petit mélange creux de principaux 8′ bouchés et 2′. On évite aussi, même sur les instruments plus gros, d’utiliser des jeux pouvant faire concurrence avec les instruments de l’orchestre (violoncelle, flûte, trompette….). Je crois savoir que Bach ne donnait que très peu d’indication, de plus ces pièces pouvaient aussi être jouées pour clavecin le cas échéant….
      On notera que comme souvent chez Bach, les instruments concertant n’ont pas de passage soliste purs. Ce qui n’est pas le cas pour les autres concertos de l’article.

  • Lapa

    ah si tu as l’impression que l’orgue bouffe les autres instruments sur ces concertos tu es mal parti pour les prochains interludes parce que ça va aller… crescendo… 😉

  • D. Furtif

    J’ai un enregistrement assez exemplaire de ce que ça peut donner .
    André Isoir et le parlement de musique Martin Gester
    Je ne le trouve pas sur le net.
    Le voilà par un orchestre dont je ne trouve pas le nom
    Sinfonia en ré majeur BWV 29

    Heuuuu …
    Ici ce sont les cuivres qui remplacent l’orgue

  • D. Furtif

    Hou lalalalala
    Poulenc me fait l’effet de ces musiques pour films de vampires qu’on voyait boulevard de Clichy dans ces petites salles qui allaient être cannibalisées par le cinéma porno bien plus tard.

    • Lapa

      oui un air de vieux cinéma. Manque une pellicule qui tressaute et la voix de M.Eddy

      • D. Furtif

        Mais non , c’est un truc de jeunes ça . Un plan canapé solitaire devant la télé.
        Je te parle de salles antiques du début des années 60 qui ont encore dans les coins des couches de poussières datant de la guerre.Des sièges rudimentaires qui n’interdisaient pas la proximité avec la copine qui avait accepté de faire semblant de regarder ce nanard dont elle inventerait le récit le soir à sa maman.
        À l’époque M. Eddy avaient encore ses copains qui jouaient si mal.
        Vain dieu qu’ils jouaient mal.

  • D. Furtif

    Un peu d’érudition amusante.
    Façon j’étale ma confiture.
    Corrette n’était pas en odeur de sainteté chez les érudits parisiens Son gout revendiqué pour la simplicité quasi agreste de ses airs et ses instrumentations étaient moqués par les bobos de l’époque.
    Aussi appelait-on ses nombreux ( trop nombreux et donc mal éduqués)élèves les Ânes à Corrette
    J’en ai un enregistrement d’il y a une douzaine d’année dont je devrais entreprendre la recherche dans le foutoir de mes CD. Il m’avait emballé.

  • Léon

    Je viens d’écouter le Poulenc. Musique bizarre qui évite volontairement tout air, toute mélodie; idéale, Furtif a raison pour un film. Je continue tout de même d’être sceptique sur l’addition de l’orgue et d’un orchestre.

    • Lapa

      Je continue tout de même d’être sceptique sur l’addition de l’orgue et d’un orchestre.

      là j’ai du mal à adhérer. D’un point de vue du goût je comprend qu’on puisse ne pas aimer, encore que je vois pas comment on pourrait ne pas trouver une certaine beauté dans ces œuvres. Là où j’ai du mal à suivre c’est pourquoi empêcher la création musicale en limitant les instruments concertants? L’association de l’orgue et l’orchestre crée des sonorités inédites, des possibilités intéressantes, de nouvelles contraintes musicales qui mettent au défi le compositeur. Les timbres sont plus riches, les possibilités plus grandes… bref…
      certes ce n’est pas avec la partie concerto (on peut faire des concerto avec n’importe quel instrument, de la mandoline à l’accordéon en passant par le gaffophone s’il existait) qu’on peut mieux se rendre compte, mais pour les œuvres qui viendront, l’apport de l’orgue à l’orchestre (et vice versa) est absolument indéniable, démultipliant les timbres, et personnellement le ressenti obtenu est différent d’avec un orchestre seul, et j’ose le dire, parfois plus…. exaltant (je rappelle que l’orgue va apporter par exemple les notes les plus graves avec des vibrations qui prennent aux tripes, en live c’est incomparable). Si cette musique n’existait pas il aurait fallu l’inventer! 😉 heureusement le génie humain et la création musicale a permis une littérature très riche.

  • Léon

    Non, non, ce n’est pas que je n’aime pas, mais je trouve cela difficile à manier. ( Tendance à faire une purée sonore où l’on ne distingue rien) Mais je suis un garçon spécial, 🙄 un fanatique de la précision auditive. Je n’aime pas le chant classique par exemple, à cause du vibrato dans la voix qui m’insupporte, et j’aurais tendance à préférer les violes de gambes aux violons, toujours à cause du vibrato. Tiens, même au niveau des choeurs, je les préfère non mixtes !
    Déjà un orgue dans un contexte de réverbération énorme, cela fait de la bouillie, alors quand on ajoute un ensemble à cordes en plus !
    Là où cela fonctionne le mieux c’est quand ils jouent tour à tour, ou alors l’orgue avec certains instruments à vent.
    Les timbres plus riches, on est d’accord, mais parfois cela devient trop riche ! C’était un peu le sens de ma question sur les jeux utilisés.

    Au fait, la monsieur dans le Poulenc, il tourne les pages, mais il semble aussi actionner des jeux, je me trompe ?
    Je vais écouter le reste, je ne demande qu’à être convaincu. 😆

  • Lapa

    Au fait, la monsieur dans le Poulenc, il tourne les pages, mais il semble aussi actionner des jeux, je me trompe ?

    Tout à faut c’est le rôle du tourneur de page qu’on appelle « assistant ». Il doit effectuer en live la registration telle que voulue par l’interprète. Pour cela il va tirer les jeux, mais aussi tu auras peut être remarqué qu’il appuie sur des boutons situés sous les claviers. Ce sont des boutons qui appellent des registrations mémorisées.

    • ranta

      J’avais pas osé demander 😆 en me disant ranta tu vas passer pour une buse one more time.

      Pour Léon : j’ai tout écouté, et j’ai même rêvassé sur le Poulenc. Mais pas plus qu’hier ça répondra à ta question.

  • Léon

    J’en suis au Brixi. Là ça marche bien, mais d’une part par ce que l’orgue et l’orchestre jouent plutôt à tour de rôle, se répondent et d’autre part, parce que la registration est bien choisie, on ne peut pas confondre avec l’orchestre.

    • Lapa

      d’oreille je dirai que la registration du Brixxi intègre un cornet (mais sur un seul clavier seulement) , bref des mutations c’est à dire, pour rappel, un ensemble jouant la quinte ou /et la tierce de l’octave/superoctave de la note jouée. Cela colore indéniablement et rend plus chaleureux.

    • Lapa

      je dis sur un clavier car il sembla assez évident qu’on a deux plans sonores qui jouent, l’un avec un cornet, le plus rond, le plus fort (à 1’43 et 2’08 par exemple), et l’autre plus aigrelet, avec juste des principaux (à 2’00 et 2’12). C’est juste une supposition. Je ne suis pas suffisamment expert pour déterminer ça avec certitude. 😉

  • Léon

    J’aime bien le passage lent du concerto de Haendel avec trompette

  • Léon

    Corrette était pour moi totalement inconnu. Baf, encore un baroque :lol:. Pour moi, sorti de Bach et Vivaldi…

  • Lapa

    Attention semaine prochaine beaucoup moins baroque. On envoie du lourd. 😉