Sarkozy 2007-2012 : perseverare diabolicum…

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Dans le numéro 521 de Marianne qui précédait le 1er tour des élections présidentielles de 2007 (14-20 avril), un titre dévastateur barrait la Une : « Ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler. Le vrai Sarkozy ». Ce numéro a été traîné dans la boue, et son concepteur, Jean-François Kahn, a été accusé d’outrepasser la déontologie de son métier de journaliste et de pratiquer un antisarkozysme primaire au service d’un sectarisme pro-Bayrou.


La relecture, 5 ans plus tard, de cette enquête est davantage encore dévastatrice. Qui la lira découvrira que rien n’a changé, que tout était su en 2007, jusqu’aux « affaires » pour lesquelles on retrouve les mêmes noms qui trempaient déjà dans les soupçons de corruption, blanchiments et conflits d’intérêt. Qui la lira sera accablé d’avoir à ce point été floué, manipulé, voire volé du résultat de ce scrutin de 2007 qu’il avait pu croire, peu ou prou, régulier.

Le journal de Marianne réédite aujourd’hui une version pdf sur internet (1€), et je ne peux que conseiller à tous de la lire.
Grugés, trompés en 2007 : êtes-vous prêts à l’être à nouveau en 2012 ?

Je propose un compte-rendu rapide et partiel. Ainsi ai-je choisi de ne pas relater les très nombreuses « affaires » qui auraient dû plomber, déjà à elles seules, la validité du choix républicain en 2007.
Mais lisez l’ensemble de l’article de Marianne (p. 14). Il est d’une prescience effarante…

-oOo-

Vous vous souvenez ?

Nicolas Sarkozy voulait repérer chez les petits enfants les gènes de la délinquance ; déclarait que « la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d’origine génétique, qu’on était en quelque sorte biologiquement programmé pour la déviance ou l’autodestruction, que l’action éducative ou sociale n’y pouvait rien »

Réaction des médias ? nulle… rien… pendant dix jours, aucun journal quotidien ou hebdomadaire, aucune radio ou télévision ne réagit. Le Monde que les dérapages de Le Pen faisaient immédiatement monter au créneau pour moins que ça, dit Jean-François Kahn, « n’avait même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence de l’idéologie socio-biologique de l’extrême droite païenne ». Pour la création annoncée du ministère de l’Intégration et de l’Identité nationale, même « l’extrême droite autrichienne de Jörg Haider avait tenu à dénoncer les nauséeux relents ». Dans les médias français ? rien.

Sarkozy faisait peur, plus que Le Pen.

Menaces, pressions, insultes…

Vous vous souvenez ?

Sarkozy accusait ses adversaires à la Présidentielle de protéger « les délinquants, le vol et la fraude, donc le crime », d’être « les suppôts des voyous, les représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l’anti-France enfin, c’est-à-dire l’incarnation de la haute trahison ».

Qui réagit à droite parmi les hautes figures morales ? Ni Simone Veil, ni Borloo, ni tant d’autres…  « Tant le personnage fait peur »
Pourquoi ? Pourquoi fait-il à ce point peur, se demande Jean-François Kahn ? « Parce qu’il dispose, partout, et surtout dans les médias, d’amis dans la place et très haut placés ? Ou parce qu’on redoute la brutalité de ses réactions ? »

Rappelez-vous, Azouz Begag, ministre de la République, que Sarkozy menace, qu’il lui « cassera la gueule », qu’il est « un connard, un salaud, qu’il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». Confronté à ses déclarations, il déclare sans état d’âme n’avoir « jamais rencontré Azouz Begag », alors qu’ils sont dans le même gouvernement depuis 2 ans… Comme pour le « vrai travail », la main sur le cœur : « je n’ai jamais dit ça ».
À Libération, il téléphone au propriétaire qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes de merde ! ». À l’adresse de la direction de France 3 il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! ». Suit une liste des joyeusetés assénées à ses ennemis : « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! », « enculés », « la salope », « je vais tout les niquer, les niquer ! »… Souvenez-vous, Genestar viré de Paris Match pour avoir fait sa Une sur sa séparation d’avec Cecilia…
Ses perpétuelles menaces et ses accointances avec les grands patrons des médias suscite la crainte et la peur des représailles. JFK cite une star de la télé qui évoque « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias ». Une autre de LCI se dit « terrorisée à l’idée d’une présidence sarkozyste ». Celle-ci du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre « une description effectivement assez dantesque de son caractère ». Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR, confie que sa rupture avec lui, c’est le gaullisme : « Je voulais, j’espérais qu’il serait l’homme de rassemblement. Or, il ne cesse de semer la division. Et j’ai passé l’âge de me laisser impressionner par un Hortefeux hystérique ».

Même le livre hagiographique de Catherine Nay laisse transparaître un portrait inquiétant de Sarkozy : « celui d’un homme dont l’unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L’histoire qui le fascine, c’est la sienne ; de l’humanité, il ne retient que sa part ; son ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l’arrivée au sommet qui constitue son seul rêve ». Il lui explique : « C’est vrai, j’étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal… Mais j’ai changé ! »… brrr. Finalement, se demande JFK : « le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions autocratiques chez cet homme qu’elle qualifie elle-même de bonapartiste » ? JFK s’amuse de la levée de boucliers unanime du monde médiatique à de si abominables supputations : on n’a pas le droit de dire ça ! Verboten ! Halte là ! C’est tabou ! « Pourtant, sur toutes les ondes, Éric Besson a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot, au fasciste Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal Pétain et du général Franco »… Aujourd’hui, avec le recul, comment ne pas être sidéré d’une manipulation aussi grossière et mensongère ? d’un véritable détournement démocratique ?

Demandez la presse étrangère !

JFK égraine en contrepoint les réactions d’une presse qui n’a aucun compte à rendre à Sarkozy et n’a aucune raison de le craindre. Une radio suédoise : « Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » « Un journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses pérégrinations en dresse un portrait, d’ailleurs exagéré, à faire dresser les cheveux sur la tête ». Le Süddeutsche Zeitung de Munich :« un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitung : c’est « l’homme politique le plus ambitieux et plus impitoyable d’Europe qui n’a pas de vraie conviction, mais s’aligne sur l’humeur du peuple ». El Pais voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIXe siècle ». Le Tageszeitung de Berlin le compare à un « George Bush tricolore qui veut imposer en France l’idéologie de la droite néoconservatrice américaine ». « La presse italienne insiste sur sa proximité avec la droite postfasciste de la péninsule (qui s’est, avec Gianfranco Fini, ouverte à la modernité)». À part la presse conservatrice britannique qui voit en Sarkozy Mme Thatcher (c’est un compliment), « la plupart des journaux européens, en particulier scandinaves, l’assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui représenterait une grave menace pour la démocratie ».

N’en jetez plus ! Mais la presse française répugne à citer ses confrères étrangers et, avec son arrogance franchouillarde habituelle, elle déteste qu’on lui donne des leçons de journalisme. Des analyses des médias étrangers à l’égard de Sarkozy, nous n’en aurons point l’écho.

En France, on n’ose pas. On a peur, dit JFK.

Et pourtant, en privé…

Au sein du camp Sarkozy, beaucoup n’en pensent pas moins, mais en off, en petit comité, mezzo voce. Chirac, bien sûr , ou sa fille Claude, qui lâche : « J’aurais préféré Juppé. Lui, au moins, c’est un homme d’État », ou Villepin : « sa violence intérieure, son déséquilibre personnel, l’empêchent d’atteindre à la hauteur de la présidence », ou des chiraquiens du premier cercle : « Ce garçon n’est pas mûr. Il n’est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l’affrontement partout, et non à rassembler », « C’est un enfant qui n’atteindra jamais l’âge adulte ». Mais d’autres à l’UMP, même des proches de Sarkozy brossent son caractère, sa dangerosité : « Sa principale faiblesse ? Son manque total d’humanisme », « Sarkozy écrase tout sur son passage. Si les Français savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui », « Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée »

JFK déplore que les journalistes entendent ces très nombreuses remarques et ces craintes d’une présidence Sarkozy qui « les terrifie », mais n’en rapportent rien : qu’il y a « de la graine de dictateur chez cet homme-là », que, constamment, « il pète les plombs ». Même les plus enthousiastes de ses soutiens UMP, ravis d’espérer leur réélection reconnaissent sa violence, « oui, c’est vrai, il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté », « il n’est vraiment totalement humain, confie un autre, que quand il s’agit de lui-même », « Il a un problème de nerfs, de paranoïa », admettent-ils tous…

Alors ? pourquoi ce silence ? Cette chape de plomb sur une réalité qui crevait les yeux pour quiconque était un peu attentif, lisait régulièrement les bons journaux d’investigation (comme Le Canard Enchaîné, mais il y en a d’autres), et des livres, livres des politiques ou des journalistes… Pourquoi cette complaisance ? j’ai toujours pensé que la manipulation était d’ordre financier, le système clanique du Fouquet’s, la caste des « riches » si bien analysée par les Pinçon (Le Président des Riches). Oui, c’est pour moi la principale cause de l’omerta, mais JFK ajoute une raison qui expliquerait aussi, par le caractère particulier de Sarkozy, comment il agit, séduit et terrorise à la fois ses interlocuteurs et ses réseaux.. Comment il a pu réduire au silence tant de médias. Phénomène d’envoûtement, dit-il aussi, mais surtout, il fait peur.

Donc, pour JFK, « il y aurait, s’agissant du caractère de Sarkozy et de son rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux, préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques, mais que les médias s’interdisent, ou se voient interdire, de dévoiler »

Un lourd secret…

Souvenez-vous, c’est sans doute cette partie du dossier de Marianne qui a le plus fait parler, colportant une indignation tapageuse. Ce lourd secret ? Sarkozy est « fou »… Cette déclaration fut une magnifique opportunité de toute la classe politico-médiatique et financière pour jeter le discrédit sur l’ensemble de l’enquête. Une conclusion aussi « outrancière », aussi éloignée de l’image déférente qui était vendue par ailleurs, devait être rejetée en bloc avec tout le reste. « Fou » ? Certes énergique, voire agité, mais déterminé, actif, efficace, intelligent… mais « fou » ? non, impossible, et cette outrance verbale vécue comme la marque d’un anti-sarkozysme primaire était nulle et non avenue, comme le reste de l’analyse, prestement enterrée.

Pourtant, avec le recul, on sait 5 ans plus tard à quel point JFK avait raison en 2007. Ce qui est accablant, c’est que cette vérité indicible était en réalité fort bien connue et qu’elle fut soigneusement cachée au citoyen qui, sans cela, ne se serait jamais offert pieds et poings liés à ce matamore sans scrupule, sans conviction, avide seulement d’argent, de pouvoir et de lui-même. Pourtant, cette folie-là, comme le dit JFK, « est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs ». Il cite un député UMP intégré à l’équipe de Sarkozy : « On dit qu’il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n’ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko est une sorte d’aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça ». D’ailleurs, JFK en appelle à la sagacité du lecteur, tout simplement, puisqu’il lui suffit de le lire dans le texte ou de l’écouter : « De quoi parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement. Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu’au délire parfois, sa propre préférence. Ce JE qui, à l’entendre, est forcément « le seul qui », « le premier à », « l’unique capable de », « le meilleur pour »…

-oOo-

Les médias portent une très lourde responsabilité dans ce qui va conduire à un vrai déni de démocratie. Ce dossier de Marianne, je me souviens l’avoir lu et intégré à mon analyse de la situation à l’époque, mais d’avoir été estomaquée de voir si peu pris en compte les informations qu’il contenait.

Il mettait parfaitement au jour les mécanismes de propagande et la psychologie de type « pervers narcissique » explicitant le pouvoir manipulateur de Sarkozy sur les gens, qui souffle le chaud et le froid, alterne la caresse et le bâton, l’injure et la flatterie. Il explique si bien le cynisme et l’absence absolue de convictions, l’opportunisme total de sa politique : « Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On le répète à satiété. Une peur s’exprime ? On la caresse dans le sens du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira. Une musique d’extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu’à faire l’éloge de la violence sociale… des marins pêcheurs ».

Quand je pense aux innombrables exégèses de la politique de Sarkozy alors qu’il n’y a rien à chercher. Quand je pense tout ce temps, cette énergie perdue à s’interroger sur son « programme » pour ces Présidentielles de 2012, alors qu’il n’y a pas de programme, il ne peut pas y en avoir… !
Pourquoi les journalistes continuent leurs analyses comme si de rien n’était ? comme s’ils ne savaient pas ? Sont-ils à ce point lobotomisés par un ascendant hors du commun de Sarkozy ? Tout le monde devrait aujourd’hui comprendre le mécanisme du despote et du démagogue.

Comme Audiard dans Le Cave se rebiffe. À Françoise Rosay qui demandait à Gabin comment elle le reconnaîtrait, le grand con, car ça court les rues, disait-elle, il avait répondu : oui, mais celui-là, c’est un gabarit exceptionnel ! Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon ! Y serait à Sèvres !
Sarkozy, c’est pareil. Un démagogue d’un gabarit exceptionnel. Et heureusement qu’on est dans un pays en paix, un pays puissamment démocratique, car on a là un très beau spécimen de graine de dictateur. Il faudrait juste le terreau et l’arroser un peu…

On croise les doigts.

28 comments to Sarkozy 2007-2012 : perseverare diabolicum…

  • Buster

    Allez, C’est la dernière semaine, les gars !
    Faut forcer le rythme.
    On met le paquet !!! Bordel !
    On tape sur Sarko, on rappelle inlassablement toutes les casseroles, on écarte les plaies, on y glisse du poivre et du vinaigre, du piment bien rouge.
    Cette fois faut que ça marche, hein ? Faut que ça saigne !
    Alors allez-y bon dieu, sortez-vous les doigts des poches, Merde !

    Tiens, servez-vous de JFK ! Bon client ce gars là, pas trop connoté socialo.

    Mais non pas Kennedy Ducon !!! Mais qu’il est Con !
    Mais qui m’a foutu des tares pareilles !
    Putain si on gagne quand-même avec des gars comme vous c’est vraiment qu’y a 1 Bon Dieu.
    Alors JFK c’est ni Kennedy ni DSK ! C’est l’autre Kahn,le Jean François !
    Faut tout leur dire ! Mais vous faisiez quoi avant de vous intéresser à la politique Bordel ?

    Bon allez, cassez-vous, vous me faites tous chier !
    Faites ce que vous pouvez, on verra bien.
    Et je vous rappelle que Mercredi faut que vous parliez immédiatement après le débat, et que vous répétiez inlassablement que c’est plié, que Sarko a été nul, mangé tout cru par l’autre, le nôtre, là, comment qui s’appelle déjà, Hollande ? Ouais c’est ça, Merci.
    Putain je fatigue moi !
    Et jeudi y a séance de tractage O BLI GA TOIRE !
    Et Vendredi on recolle les affiches et on s’fait une dernière réunion, vite fait, pour préparer le WE.

    Et soyez subtils hein, on réactive le TSS mais dans la finesse, pas comme avant !

    Bon enfin, on verra bien. 🙁

  • Léon

    Tsss, tsss, antisarkozysme peut-être mais qui repose sur de la matière. Il nous a tellement étourdi, enfumé, qu’on a fini par oublier. Les articles de Lapa réédités la semaine dernière et celui-ci ont le mérite de nous rappeler l’itinéraire de l’individu Sarkozy et il est toujours sain de confronter ce qu’on a écrit il y a plusieurs années avec ce qui s’est passé depuis.
    Pour autant, j’ai quelques objections de principe à l’article de JFK, la principale est que cela ne suffit pas de dire que sarko est « fou ». Il ne l’est pas au point d’être incapable d’exercer le pouvoir et, en cherchant un peu, on pourra montrer qu’il n’est pas le seul homme d’Etat a avoir eu une personnalité « bizarre », (y compris dans les démocraties, même si c’est plus rare).
    Et si il sera viré dimanche ce n’est pas parce qu’il est dingue, mais pour des raisons politiques. Et celles-là sont suffisantes.Suffisantes pour coller des affiches jusqu’au dernier moment ! 😆 😆

    • COLRE

      Tu sais, Léon, il en est de l’antisarkozysme comme de l’islamophobie: on lance le mot comme si cela tenait lieu d’explication… Le mot est aussi bidon, il est là pour enfumer. Il ne veut rien dire. C’est une manoeuvre pour détourner le fond de la question : on critiquerait Sarko PARCE QUE on est antisarkozyste ! 🙄 on est en plein dans la manipulation.…

      Revenons plutôt au fond, aux faits et aux arguments plutôt qu’aux mouvements d’humeur.

      Comme je le dis dans l’article, je pense que l’omerta du monde intellectuel à l’égard de Sarko est lié à d’évidentes questions d’intérêt. Mais le silence des journalistes sur ce qu’ils savent ne relève pas seulement, à mon avis, d’un simple cynisme ou d’un sectarisme. Il y a, c’est vrai, une relation de soumission psychologique qui est d’ordre pathologique. JFK n’a pas tort non plus.
      Je vais essayer d’y revenir.

      • Buster

        Revenons plutôt au fond, aux faits et aux arguments plutôt qu’aux mouvements d’humeur.

        Amusant après un tel article, parlons de politique Quoi ! 😆

        Tiens, pour alimenter le débat il pourrait être intéressant de connaître les arguments de ceux qui défendent son bilan ?
        Au delà de sa personne.
        J’ai trouvé celui-là qui pourrait servir de trame à une déconstruction argumentée.

        • COLRE

          Fait-nous un article sur les hautes qualités de ton grand homme, plutôt que de t’énerver 😉 .

          • Buster

            😆 😆 😆
            Certaines choses ont l’air d’avoir bien du mal à entrer dans tes schémas d’analyse. 😆

            – Je ne l’aime pas et ne l’ai jamais apprécié.
            – Tout a été dit, redit, re-redit…. sur sa personnalité, ses tics, ses tares… et sur ce plan je ne vois plus tellement ce que l’on pourrait bien ajouter, si ce n’est pour se faire plaisir, OU (et je pense que c’est ton cas) pour chercher à se rassurer, ce qui dénoterait un doute sur l’issue du scrutin, que je ne partage pas.
            – Je suis persuadé qu’il va nous quitter et je ne le regretterai pas.
            – Ce qui restera de lui sera un Bilan et dans ce bilan tout ne sera pas à jeter aux orties.
            – Il faudra forcément un peu de recul pour que l’on parvienne ( même au PS ? ) à nuancer le jugement sur son quinquennat. Pour le moment il fait encore trop peur. 😉

        • Léon

          Buster, je ne crois pas que cet article que tu donnes en lien pourrait constituer un base de discussion sur son bilan.
          Il faut distinguer ce qui est l’aspect réformes de l’aspect discours. Je me suis plusieurs fois posé la question : Bon Léon OK, tu ne peux pas blairer Sarkozy pour de multiples raisons mais n’y a-t-il vraiment rien à sauver dans son bilan ? J’ai cherché, j’ai cherché en essayant de mettre de côté mon animosité personnelle. Franchement, je n’ai presque rien trouvé. Enfin, très très peu par rapport à la masse gigantesque de gesticulations en tous genres. D’ailleurs tu remarqueras qu’il défend très peu, lui et ses lieutenants son Bilan. Et pourquoi à ton avis ? parce qu’il n’y a quasiment rien à défendre. Réforme impréparées, improvisées, partielles, inapplicables, qui ratent leur but etc…

  • D. Furtif

    Puisqu’il n’arrête pas d’avoir des tics , que prend-il pour ne plus en avoir ? Quels sont les effets secondaires?

  • COLRE

    Léon, à mon avis, JFK est resté en retrait de son propos. « Fou », dit-il, ce qui ne veut à la fois rien dire et tout dire. C’est un terme suggestif. Il n’a pas osé en tirer toutes les conséquences.
    Il y aurait bcp à dire sur ce tabou lexical qui ressemble aux tabous sur l’immigration véhiculés par la pensée formatée et craintive, et qui est pourtant si contre-productive pour lutter contre le racisme et l’extrême-droite ! J’imagine que tu vas en parler à propos du livre de Guilluy.

    La « folie » est évidemment un terme proscrit, et à juste titre car mot fourre-tout et dangereux, mais la psychanalyse étant passée par là (en gros : personne n’est fou puisque tout le monde l’est « quelque part »), il est presque impossible d’évoquer sur la scène médiatique les aspects « malades » de la personnalité. Pourtant, certains crèvent les yeux.
    Tout de suite : aïe aïe aïe ! interdit, pas de psychologie « sauvage »… il faut un diagnostic clinique, etc.

    Oui, mais pourtant…
    Dans le monde politique, il y a de l’irresponsabilité médiatique à ne pas s’informer sur les personnalités dangereuses. Pas besoin d’incursion « sauvage » dans la vie privée, mais d’une analyse du comportement public.
    L’exemple de DSK saute aux yeux ! « ON » savait, tous les journalistes et les proches SAVAIENT. Pourquoi n’avoir rien dit ?
    La droite, on imagine bien son intérêt… le dévoilement devait arriver à l’heure idoine. Mais les autres ? Pourquoi l’avoir si soigneusement occulté ?! c’est irresponsable.

    Sarkozy, c’est pareil. Il a absolument toutes les caractéristiques comportementales du « pervers narcissique ». L’est-il ? à chacun de juger, mais que l’on soit au moins informé. Que chacun pusse y réfléchir. L’histoire est là pour nous rappeler les dangers des personnalités prédatrices.
    Il y a énormément de références sur cette question actuellement cruciale. Il faudrait oser en tirer les conséquences.

  • snoopy86

    Bel exposé du programme de FH et joli portrait de ce candidat si charismatique 😆

  • ranta

    Octobre 2008, ce sont tenus les assises de la presse. Presse moribonde qui sans soutien du/des gouvernements, qui sans apport massif de pub, aurait toute les difficultés à survivre -et je suis très bien placé pour savoir de quoi je parle et quelles ont été le mesures de financements- ce qui en démocratie la foutrait mal . Qui a jamais cru que sarko ferait financer massivement la survie de la presse sans contrepartie politique ?

    Alors ce qui est sûr, c’est que demain les casseroles socialistes seront elles aussi soigneusement occultées.

    • COLRE

      demain, demain… on verra, pas de procès d’intention. Là, on parle du passé, de ce qui est arrivé, de faits que l’on a sous les yeux… 😉

      • ranta

        M’ouais, quand tu as envie d’avoir des oeillères toi…

        M’enfin, je t’ai donné une partie des raisons de l’attitude de la presse, parce là c’est des dizaines de milliers d’emploi qui était en jeu, et même mieux ce soutien financier en a créé, et curieusement ça dérange pas grand monde que ce soit l’état qui soutienne des entreprises privées.

        • COLRE

          M’enfin, pourquoi tu me parles d’oeillères ?? justement, je regarde ce qui EST, là, dans nos champs de vision, et il ne faut ni mettre d’oeillères ni détourner le regard.
          Toi, tu me parles de « demain ». Je te réponds : on verra, personne n’en sait RIEN.
          Si Hollande est élu, rdv dans qques années pour son bilan et l’analyse de sa personnalité politique.
          Aujourd’hui, c’est du procès d’intention.

          • ranta

            Au moins, tu reconnais qu’il y a des casserole socialistes… 😉

            Mais bon, je me demande si tu as bien compris que la cocotte minute siffle là, que Sarko est cuit.

        • D. Furtif

          Et les exemptions fiscales des Journalisssssssss qui leur donnent une idée très hautes de la déontologie.
          Tout le monde sait que la presse papier c’est soutien d’état et passe droits.
          Et ça fait un moment!
          J’ai la flemme d’aller chercher j’ai cru longtemps que ça datait de la Libération, mais je crains que cela ne date de bien avant.

  • Buster

    Cette animosité manifeste est pourtant totalement incompréhensible.
    D’une terrible injustice, même. 🙁
    .
    Logiquement, les socialistes devraient adorer Nicolas, lui édifier des statues, donner son nom à des Grands Boulevards, le faire entrer de son vivant au Panthéon, baiser 12 fois ses talonnettes, lui offrir un escabeau en or massif…
    C’est tout de même grâce à lui, à sa personnalité amusante, bien plus qu’à cause de sa politique et de son bilan ou du programme de Hollande que celui-ci accédera dimanche au trône.
    Personne, jamais, ne leur aura donné un tel coup de main.
    .
    Il est toujours difficile d’être par trop redevable à quelqu’un.
    Ca doit être pour ça. 🙁
    Trop injuste.

    • D. Furtif

      Yep Buster, personne ne peut savoir tout ce que je dois à Revelli.
      Sans lui et tout le mal qu’en disait le vénérable, où serais-je aujourd’hui?

      Apprendre à connaitre la vie et les hommes.
      Deux repas, une nuit et deux petits déjeuners.
      Tous ces faux derches à qui je dois de savoir mieux les reconnaitre maintenant.
      .
      Ils m’ont tout appris.

    • COLRE

      Non, c’est vrai, il n’y a pas que sa personnalité… il y a aussi « sa politique et son bilan », et je ne sais ce qui l’emporte… 😉

      Je conseille un dossier particulièrement documenté et distrayant du Canard Enchaîné :
      « Cinq ans, demandez le bilan ! » 😆

  • COLRE

    Avec la reconnaissance judiciaire des phénomènes de harcèlement, de très nombreuses études ont été menées sur les troubles de la personnalité. Il en résulte des informations en forme d’alertes professionnelles pour repérer les pratiques perverses.
    Les analyses sur ces sites sont impressionnantes.

    J’en recommande la lecture. On ne peut pas dire, après : on ne savait pas. C’est bien ainsi que se termine le dossier de Marianne : « Nous voudrions simplement qu’on se souvienne plus tard – quitte, ensuite, à nous en demander compte – que nous avons écrit qu’il représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie et de la République un formidable danger ». Pas mieux.

    Et c’est aussi l’intention de mon article. Rappeler une analyse toujours actuelle au seuil d’une élection qui engage notre avenir pendant 5 ans. Je pense aussi que son bilan est trop calamiteux, ses mensonges trop énormes pour que l’électorat l’oublie si facilement.
    Mais ce genre de personnalité se caractérise justement par une emprise, une sorte de « décervelage » qui annihile les défenses.
    RIEN n’est joué pour dimanche, et s’il passe, ce ne sera pas grâce à moi. C’est un devoir pour moi de sonner le toccin.
    Maintenant, chacun fait ce qu’il peut.

    Ces pathologies sont plutôt étudiées chez l’individu dans son monde familial, amical et professionnel, évidemment. Il serait utile de l’étudier dans le domaine politique.
    Mais les mécanismes sont les mêmes, et les dangers bien plus graves quand il s’agit du pouvoir sur tout un pays !
    On l’a trop vu avec DSK qui aurait pu devenir président de notre république 😯 vous imaginez l’horreur ?!
    Avec Sarkozy, je vous laisse à tous faire le lien entre les pathologies du comportement et les risques d’avenir. Mais, tout est possible, car ce qui caractérise ce genre de personnalité, c’est le double-discours et son art d’inverser les rôles et de se faire passer pour victime… et son absence absolue de sens moral !

  • Causette

    « Sur un vélo, rapporte Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés :mrgreen: , même quand il s’agit d’une promenade, il e défonce comme s’il devait constamment battre un record ».

    Tous ses proches emploient la même expression: « Il ne peut pas s’empêcher. »

    Par exemple sur Chirac en 1994, « L’électroencéphalogramme de la chiraquie est plat. Ce n’est plus l’Hôtel de ville, c’est l’antichambre de la morgue. Chirac est mort, il ne manque plus que les trois dernières pelletées de terre ».

    Sarkozy, il a commencé réellement à me faire flipper quand il a invité ce prêcheur le 30 août 2004… au ministère des Finances. 🙄 L’église de Sarkologie 😯

  • Causette

    Pioché dans un article de Libé du 20 février 2008.

    …le premier passage à l’Intérieur de Nicolas Sarkozy s’était distingué par une baisse de la surveillance des actions de l’Eglise de scientologie, allant même jusqu’à la mise à l’écart d’un policier chargé du dossier. Une accusation que l’entourage du ministre a toujours formellement démentie.

    «Je suis très fier d’être scientologue, c’est ma philosophie religieuse, cela fait vingt ans que je le suis et cela m’a aidé de nombreuses fois», a réaffirmé sans complexe l’acteur vendredi. Dans son périple français, l’acteur doit se rendre à Marseille, où il devrait recevoir la médaille de citoyen d’honneur de la ville des mains du maire Jean-Claude Gaudin (UMP). Un hommage qui met en fureur l’Unadfi, mettant en garde les hommes politiques contre «l’infiltration» des pouvoirs publics par des groupes sectaires.

    • COLRE

      Ah, Causette 😉 , la laïcité et Sarkozy, quel sujet…

      Latran, Ryad, Paris, le Mont-St-Michel… l’UOIF, la Scientologie, le curé et l’instituteur, les racines chrétiennes, la laïcité positive… « Dieu qui est dans le coeur de chaque homme », « Dieu qui n’asservit pas l’homme mais le libère », « Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes », « Un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent », « Dieu transcendant »

      Et son livre, La République, les religions, l’espérance  (2005)… 😈

      Quel prédicateur !
      euuuh, pardon : quel prédicateur laïque !… :mrgreen:
      Allez ! on en reprend pour 5 ans !…

  • COLRE

    Pétillon, toujours aussi génial, en Une du Canard :

    LES QUATRE TEMPS DE SARKO :

    Premier temps :
    Dire n’importe quoi

    Deuxième temps :
    Nier l’avoir dit

    Troisième temps :
    Regretter de l’avoir dit

    Quatrième temps :
    Le répéter…

    😆 😆 😆

  • Léon

    Excellent !

  • COLRE

    Enfin… c’est FINI ! entre sa personnalité, sa politique, son bilan, maintenant, on n’ergote plus sur le détail… 😀 😀
    Il n’a plus qu’à rendre des comptes à la droite, au pays, à l’histoire et à la justice… 😉