Fractures françaises ( Christophe Guilluy)

Lectures :5915

Comme promis, voici un article sur « Fractures françaises » de Christophe Guilluy, mais qui n’a pas pu être soumis à l’auteur pour une validation.

Il s’agit d’un texte dense et complexe, aussi, vais-je me limiter à ce qui m’a le plus frappé dans ce livre certainement important, et dont on ne peut que conseiller vivement la lecture.

D’abord il faut avoir conscience que ce géographe a quasiment révolutionné la manière dont la sociologie universitaire et «de gauche» pensait jusqu’ici les classes populaires. Il a montré qu’elle était très retard sur la réalité : observations dépassées et devenues inexactes, donc mauvais diagnostic et par conséquent, impuissance politique à traiter les problèmes.

Ses travaux ont eu un destin curieux. Emanants d’un individu qui ne cache nullement son ancrage personnel à gauche, cette dernière a eu, et a encore, semble-t-il, les plus grandes réticences à en accepter le contenu. Bizarrement, c’est à droite et même à l’extrême-droite que ses analyses ont trouvé le plus grand écho car, il faut bien le dire, il donne (enfin !) une explication et une analyse convaincante du vote en faveur du FN, mais qui est en rupture avec un certain nombre de dogmes sociologiques de la gauche. Michéa a lu Guilluy, en tous cas, c’est certain.
Les données quantitatives auxquelles se réfère l’auteur seront épargnées, ici, au lecteur.

Un erreur d’analyse de la banlieue

Toutes les analyses sur les banlieues des grandes métropoles, en tant que ghettos ethniques ayant des problèmes spécifiques, sont largement fausses et créent un biais au niveau de leur compréhension.
Les banlieues, ces « quartiers », sont en réalité des sas où s’accumulent des populations immigrées en instance de « transit social ».
En effet, lorsque l’on y pointe depuis bientôt 40 ans ( en gros, depuis les émeutes de Vaux-en-Velin en 1979) la persistance du chômage et du déclassement, on oublie qu’il n’y a aucun autre territoire en France où la mobilité géographique soit aussi forte. La vérité est qu’il y a une capillarité sociale des populations de ces quartiers que l’on peut mesurer à de nombreux indices comme l’accession à la propriété, y compris «au bled», dans le pays d’origine, et par les enquêtes sur les revenus moyens qui montrent qu’ils ne sont pas si faibles qu’on le croit. Et, contrairement à ce qui est souvent dit, l’Etat n’a nullement abandonné ces quartiers dans lesquels des sommes considérables continuent d’être dépensées, notamment au titre de la rénovation urbaine et de la politique de la ville et où, notamment, des enseignants, contre vents et marées, avec un courage admirable, continuent d’instruire et éduquer des jeunes aux comportements difficiles.
Mais dès que les populations s’insèrent, s’éduquent, s’enrichissent, elles quittent le plus rapidement possible ces zones pour être immédiatement remplacées, sous l’effet d’une immigration non maîtrisée, par de nouveaux arrivants tout aussi déqualifiés et déclassés que les précédents. Ce ne sont pas les mêmes populations qui sont au chômage et dans la précarité depuis 40 ans : on n’est pas du tout dans un schéma de type ghetto américain, la pauvreté qui y persiste n’est en aucune façon structurelle.

Deux phénomènes accentuent toutefois cette pauvreté même si, on vient de le voir, elle ne persiste pas pour tout le monde :

  • L’extension des métropoles qui proposent majoritairement de l’emploi qualifié et tertiaire, a fini par englober des banlieues dont les populations n’ont pas les niveaux de qualification pour les occuper.
  • En effet, depuis les années 70, à une immigration de travail qui arrivait avec son emploi déjà prêt pour elle, s’est substituée une immigration de peuplement, essentiellement féminine, encore plus déqualifiée et totalement déconnectée des besoins en main d’œuvre des zones dans lesquelles sont désormais incluses ces cités.
Reste une question en suspens : pourquoi, dès qu’ils le peuvent, les gens quittent-ils ces banlieues ? Impossible de les accuser de racisme puisque cela concerne de la même manière les population noires et maghrébines, dès qu’elles s’insèrent.

La réponse essentielle est toute simple, tellement évidente, encore faut-il qu’elle ne soit pas niée pour des motifs idéologiques : les gens fuient le climat de violence et d’insécurité qui y règne, conséquence du trafic de drogue qui s’y déroule et que l’Etat n’a jusqu’ici jamais réussi à endiguer. Un trafic qui génère des revenus incroyables pour une poignée de trafiquants, mais qui a pour corollaire une violence extrême qui, elle-même, banalise une délinquance du quotidien, y compris jusqu’à l’intérieur des écoles. L’habitat ou l’urbanisme ne sont nullement en cause, sinon les différentes politiques de la ville et les destructions de barres d’immeubles auraient depuis longtemps résolu le problème.

Bien, me direz-vous, mais qu’est-ce que cela change ?

Tout. Parce que cette vision fausse de la banlieue a deux conséquences gravissimes du point de vue politique :
  • D’abord, elle ethnicise les problèmes sociaux parce qu’il y a une apparence que ceux-ci concernent toujours des populations issues du Maghreb ou d’Afrique. Elle assimile faussement les «blancs» des milieux populaires aux classes moyennes et les «noirs» et «arabes» au prolétariat. Et ce, jusqu’à l’absurde, comme le révèle cette aventure d’un homme, jeune, d’origine ivoirienne à qui un bailleur social avait refusé un logement à Nanterre parce qu’il « y avait déjà trop de noirs dans cette tour ». On a connu cette histoire parce que l’homme a porté plainte pour discrimination raciale et l’enquête a révélé que le bailleur social, en toute bonne foi, ne faisait qu’appliquer des directives pour « maintenir de la mixité sociale » dans son parc de logements. Or cet individu était employé à la RATP, touchait un salaire mensuel de 1700 euros.  Il présentait toutes les caractéristiques «sociales»  de quelqu’un faisant déjà partie de classes moyennes inférieures et donc particulièrement adapté à cette objectif de «mixité» dans cette tour, où vivaient pour l’essentiel des populations immigrées pauvres ; sauf que le bailleur n’a pu s’empêcher d’interpréter la mixité sociale sous forme d’une mixité ethnique. La plupart des analyses sociologiques qui traitent ces questions-là finissent par faire un synonyme impensé entre «classes moyennes» et «blancs» d’une part, et entre pauvres, prolétaires, classes populaires et  « immigrés » extra-européens d’autre part.
  • Ensuite elle fait des banlieues,( et nous verrons que c’est faux), les zones de plus grande pauvreté, et des populations « noires et arabes » qui y habitent, le nouveau prolétariat, objet de fantasmes à l’extrême-gauche, mais aussi de toutes les attentions des pouvoirs publics, particulièrement à gauche. En ce sens, la promotion de politiques de discrimination positive, de « visibilité de la diversité », de lutte antiraciste sont autant d’erreurs de ciblage*, voire de gaspillage de moyens qui perdent tout simplement de vue que 85% des couches populaires, pauvres, précarisées aux très faibles revenus, sont ailleurs… et «blanches». Où exactement ? dans les espaces ruraux et périurbains, c’est à dire au-delà des banlieues, encore. Ce n’est pas difficile, prenez une carte du vote Marine Le Pen à des niveaux élevés, ils sont presque tous là.
* (Cas typique d’ethnicisation de problèmes sociaux  : on se préoccupe du manque de représentation de la « diversité » parmi les députés en oubliant que, contrairement à ce qui se passait dans les années 60, il n’y ait quasiment plus un seul représentant des classes populaires, quelle que soit sa couleur de peau…)

La vraie carte de la pauvreté.

Les couches populaires vivent désormais très majoritairement dans une France périphérique, en milieu rural, dans des petites villes et villages, sur des territoires périurbains et pavillonnaires au-delà des banlieues, chassés là, à la fois par le prix de l’immobilier à proximité des métropoles et la volonté de fuir les zones de violences.
Loin d’être peuplées de paysans retraités comme on l’a dit faussement, on y trouve les ouvriers et employés qui ont suivi l’exode des industries qui, elles-mêmes, avant de se délocaliser à l’étranger ont commencé par quitter les grandes métropoles et s’installer sur ces territoires. Il suffit de voir la liste des plans sociaux depuis 10 ans et les communes concernées pour s’en rendre compte.
C’est sur ces territoires que, sous l’effet de la mondialisation,  le chômage et la pauvreté frappent le plus durement, particulièrement les jeunes qui se trouvent là, loin de l’emploi, loin des bonnes écoles, loin de toute offre culturelle. Ces territoires devenus des lieux de relégation sociale et culturelle, ont subi non seulement la désindustrialisation, mais aussi la désertification des services publics, [NDLR : la derniere en date, sciemment organisée, est la « réforme » de la carte judiciaire], mais aussi la désertification médicale. (On pourrait y ajouter aussi, par exemple, la faible couverture ADSL)  ou la faiblesse des transports collectifs et le coût croissant des déplacements. Et bien sûr la disparition des commerces.

La dispersion de la pauvreté la rend plus difficile à percevoir et à traiter, le maillage associatif y est quasiment inexistant à côté de la densité et du dynamisme que l’on trouve dans les banlieues.

Fait très curieux, on a constaté sur ces territoires une sous-consommation de prestations sociales, notamment de RMI et RSA, c’est-à dire qu’une fraction importante de ceux qui y auraient droit ne le font pas valoir, quelquefois par  méconnaissance, mais aussi et surtout en raison d’une réticence culturelle à demander des aides. (Ce qui est beaucoup plus rare dans les grandes agglomérations et leurs banlieues).
Ainsi, alors que le taux de pauvreté des espaces urbains en France se situe en moyenne à 14, 5 %, il est par exemple, de : 21,6 % dans le Cantal, 21,4% dans l’Aude, 18, 3 % dans l’Ardèche, 19, 6 %pour la partie rurale de l’Hérault. (Pour mémoire, celui de la Seine-Saint-Denis, «le département le plus pauvre de France»… est de 18 %). La région du Nord-Pas-de Calais est presque un concentré de cette situation. [NDLR : On peut penser aussi au Vimeu, dans la Somme, très représentatif des ces industries installées à la campagne et qui subissent de plein fouet les effets de la mondialisation.]

Le fait qu’il s’agisse de zones pavillonnaires a masqué ce phénomène de paupérisation. L’accession à la maison individuelle a faussement et longtemps été interprétée comme un caractéristique d’aisance financière. Aujourd’hui le « prolétaire » n’est plus locataire en raison de l’insuffisance du parc social, il est propriétaire d’une maison individuelle de mauvaise qualité qu’il a acheté ou continue de payer avec beaucoup de difficultés, dont il a souvent réalisé lui-même une partie de la construction et des aménagements, située en milieu rural ou périurbain où il y a très peu d’immigrés sauf dans le Nord et l’Est, mais loin des centres, avec tous les inconvénients de cet éloignement.

Mais ce choix n’est pas irrationnel, il s’intègre dans une stratégie de rempart contre les effets de la mondialisation : il évite l’insécurité des banlieues, le risque de devenir SDF et la maison, en se tassant, permet de loger les enfants adultes qui ne parviennent pas à décohabiter faute de ressources.
Obligés, de fait, de se sédentariser sur ces territoires, il y développent ce que les sociologues appellent un capital d’autochtonie, très important dans les milieux populaires, c’est-à-dire le sentiment de s’être approprié un lieu et avoir constitué des relations stables et intenses avec le voisinage et ses «semblables». Tout un capital immatériel « identitaire », mais aussi d’entraide et de solidarité qui n’est pas sans rappeler, évidemment, la common decency orwellienne. L’auteur signale, au passage, des études étrangères, américaines et hollandaises, (en France le sujet est tabou), qui montrent que le multiculturalisme, loin de favoriser les échanges ou la «découverte de l’autre» et de « cultures différentes » a entraîné, au contraire, un dépérissement du capital social, c’est-à-dire, de tous les aspects de la vie collective. Conclusions qu’évidemment les promoteurs du « métissage » à tout prix ont du mal à accepter…
« Parce qu’elles n’ont pas abandonné l’idée du « commun », les couches populaires participent de fait à une critique de la mondialisation libérale », nous dit l’auteur.

Le cas des grandes métropoles et le séparatisme de fait.

Les grandes villes françaises, notamment Paris, constituent de véritables laboratoires du «vivre ensemble» qui influencent fortement toutes les politiques des décideurs.

Les catégories dominantes et riches ont trouvé un moyen d’apaiser les villes en y échangeant le «respect de la diversité» contre la paix sociale. Pour dire les chose un peu plus brutalement, prôner le «respect de la diversité» est, en réalité, faire la promotion d’inégalités culturelles qui permettent aux classes dominantes de maintenir leur pouvoir sur les populations pauvres. Ces dernières, par la pression immobilière et le renchérissement des loyers ont été littéralement chassées au-delà du périphérique, puis au-delà des banlieues ; les bobos ont conquis les anciens quartiers populaires et il ne reste plus comme pauvres, quasiment, que des immigrés qui occupent des logements de très mauvaise qualité du parc privé, insalubres ou à la limite de l’être. Le bobo y trouve son compte en payant des nounous, des domestiques ou des plombiers très bon marché;  et sans les clandestins maliens ou burkinabés qui travaillent en cuisine, la note de son petit bistrot préféré serait probablement beaucoup plus salée…

On trouve ici la conjonction d’une partie de la gauche avec un nouvelle bourgeoisie dont les idéaux s’éloignent de plus en plus de l’égalitarisme républicain et des valeurs universalistes.

[NDLR : cette réflexion permet d’éclairer d’un jour nouveau l’étrange indulgence de ce que nous appelons la gauche quantique vis à vis de cultures «exotiques» dont certains aspects sont pourtant en contradiction formelle avec les valeurs républicaines. Le vivre-ensemble a été remplacé par l’acceptation de la culture étrangère, mais cela ne signifie pas qu’on se mélange : voyez comme on vous respecte, la preuve, on vous construit des mosquées ! Mais, en échange, prière d’oublier le reste, les salaires, les droits sociaux, les marchands de sommeil, les congés payés, soyez raisonnables svp… Et, tant qu’à faire, lâchez  ma fille  : si on vous a laissé bâcher vos femmes c’est bien pour que vous n’alliez pas chercher les nôtres… Les métissages individuels qui continuent de se produire malgré tout, n’excluent d’ailleurs, nullement, le maintien de cette logique de domination. Certains bons gros machos ont un intérêt évident à faire la promotion du respect de cultures qui éduquent les femmes dans la soumission la plus totale et, à l’occasion, d’y prendre épouse lorsque l’une d’entre elle parvient à échapper à la pression communautariste endogame. C’est un autre biais par lequel la question sociale est devenue ethno-culturelle.]

Le fantasme du métissage et l’échec du modèle républicain

La doxa antiraciste et immigrationniste dominante prétend que l’intégration républicaine crée, de fait, une France métissée, mélangée, qui non seulement ne dérange personne, mais serait même, à l’exclusion d’une poignée de racistes,  le modèle social préféré des Français.

Pourtant, l’observation statistique et sociologique infirme nettement cette thèse. Qu’on approuve ou qu’on  rejette ce modèle, il ne correspond plus à la réalité observée.

  • Il y avait, par exemple, une sorte de consensus sur le fait que le taux des mariages « mixtes » était, en France, parmi les plus élevés du monde. Sauf que ces chiffres, dont les Français s’enorgueillissent, sont  anciens et que l’on s’est aperçu que les données récentes, qui semblaient confirmer la continuité de cette tradition, avaient  été très largement surestimés. Et que l’on voyait, au contraire, l’endogamie ethnique et religieuse augmenter brutalement, surtout là où elle était quasiment inexistante jusqu’ici, c’est à dire dans les milieux populaires…
  • La mixité scolaire est très fortement contournée par les riches et les classes moyennes « blanches » et la fin de la carte scolaire, on le sait désormais, a fortement ethnicisé les collèges.
  • La mixité territoriale n’existe quasiment plus entre les banlieues « noires et arabes » d’un côté, les « blancs » pauvres relégués dans les zones périurbaines de l’autre, et le patchwork des grandes villes où les communautés sont seulement juxtaposées mais n’entretiennent quasiment aucun lien entre elles. Le cas le plus emblématique à Paris est celui du XIXe arrondissement qui est avec le quartier, proche, de Belleville, un des lieux principaux de tensions communautaires dans la capitale.

Conclusion :

Le constat de l’auteur est donc cruel: la France n’a pas du tout résisté, contrairement à ce qu’elle aimerait croire, à la mondialisation libérale et à son modèle communautariste. Il est donc indispensable que  le problème soit mis sur la table et fasse l’objet d’un débat, musclé s’il le faut. En d’autres termes, le temps, l’école laïque, le tropisme culturel français ou la seule inertie du modèle républicain assimilationniste dont nous somme si fiers,  ne résoudront rien du tout, c’est une illusion, ce sera de pire en pire. L’heure n’est plus à l’irénisme, aux discours de « tolérance » ou de « patience », ils mènent à l’ébranlement de la société toute entière. Selon Christophe Guilluy, l’heure est au conflit nécessaire, politique et idéologique.
L’auteur estime que la question du protectionnisme va devenir centrale et incontournable, rejoignant en cela les positions d’un Emmanuel Todd. Et le protectionnisme ne concerne pas que les marchandises. Il concerne aussi les flux démographiques et, avec eux, les cultures qu’ils véhiculent.
[…] la perte de crédibilité de la gauche en milieu populaire est pour partie la conséquence de son incapacité  à prendre en compte la demande des catégories populaires de plus en plus sensibles à l’insécurité sociale mais aussi culturelle, provoquée par la mondialisation libérale et son corollaire, l’intensification des flux migratoires ».
———————————————————————————————————————————————————————————————————————–

Une interview de Christophe Guilluy  (extraits):

La visibilité de l’islam et de ses pratiques est ainsi directement liée à l’importance de la dynamique démographique : flux migratoires et accroissement naturel. La question est d’autant plus sensible qu’elle s’inscrit dans un contexte démographique instable où les « minorités » peuvent devenir majoritaires et inversement. Sur certains territoires, les populations d’origine musulmane sont donc devenues majoritaires. C’est le cas à Clichy et Montfermeil. La passion qui entoure les débats sur l’islam est directement liée à la croissance du nombre de musulmans. La question du débordement des pratiques religieuses interroge l’ensemble des Français musulmans ou non.

Au-delà, ce débat interroge aussi la question du multiculturalisme. Ainsi, si l’on remplaçait demain les 6 millions de musulmans par 6 millions de sikhs, les controverses sur le port du kirpan (comme cela a été le cas au Québec), poignard mais aussi symbole religieux pour la communauté sikh, se multiplieraient.

L’importance des réactions suscitées par le rapport Kepel révèle en filigrane le malaise de la société française face au surgissement d’une société multiculturelle encore impensée. Il faut dire que, en la matière, nous nous sommes beaucoup menti. Convaincus de la supériorité du modèle républicain, en comparaison du modèle communautariste anglo-saxon, nous nous sommes longtemps bercés d’illusions sur la capacité de la République à poursuivre, comme c’était le cas par le passé, « l’assimilation républicaine ».

La réalité est que, depuis la fin des années 1970, ce modèle assimilationniste a été abandonné quand l’immigration a changé de nature en devenant familiale et extra-européenne (pour beaucoup originaire de pays musulmans). Alors que l’on continuait à s’enorgueillir du niveau des mariages mixtes, les pratiques d’évitement explosaient.

Aujourd’hui, le séparatisme culturel est la norme. Il ne s’agit pas seulement d’un séparatisme social mais d’abord d’un séparatisme culturel. Pire, il frappe au coeur des classes populaires. Désormais, les classes populaires d’origine étrangère et d’origine française et d’immigration ancienne ne vivent plus sur les mêmes territoires. Les stratégies résidentielles ou scolaires concernent une majorité de Français, tous cherchent à ériger des frontières culturelles invisibles. Dans ce contexte, la fable des mariages mixtes ne convainc plus grand monde et ce d’autant plus que les chiffres les plus récents indiquent un renforcement de l’endogamie et singulièrement de l’homogamie religieuse.

La promesse républicaine qui voulait que « l’autre », avec le temps, se fondît dans un même ensemble culturel, a vécu. Dans une société multiculturelle, « l’autre » reste « l’autre ». Cela ne veut pas dire « l’ennemi » ou « l’étranger », cela signifie que sur un territoire donné l’environnement culturel des gens peut changer et que l’on peut devenir culturellement minoritaire. C’est ce constat, pour partie occulté, qui explique la montée des partis populistes dans l’ensemble des pays européens.

Si le rapport Kepel est « dérangeant », c’est d’abord parce qu’il nous parle d’un malaise identitaire qui touche désormais une majorité de Français. A ce titre, il faut relever l’importance de cette question pour l’ensemble des classes populaires d’origine française ou étrangère. C’est dans ce contexte qu’il faut lire la montée de l’abstention et de la défiance pour les grands partis aussi bien en banlieue que dans les espaces périurbains, ruraux et industriels.

Si un islam identitaire travaille les banlieues, l’adhésion pour les thèses frontistes d’une part majoritaire des classes populaires de la France périphérique souligne que la question sociale est désormais inséparable de la question culturelle.

62 comments to Fractures françaises ( Christophe Guilluy)

  • Léon

    Pffff… On a à l’évidence tous la tête ailleurs!
    Bon dieu qu’on en finisse avec ces élections interminables !

    • D. Furtif

      C’est vrai que je ressens comme qui dirait…
      Qu’On est en campagne électorale depuis que Jospin nous les a volées

  • D. Furtif

    Pas eu le temps ,
    Je dois encore faire brûler les lauriers gelés de février.
    Ras le bol
    Je lirai plus tard , j’ai de la sciure dans les Nyeux et dans le cou et je te dis pas où.

  • Asinus

    yep demain les guerres des balkans
    il faut lire  » le camp des saints » de Raspail tout y est il y a 30 ans
    la gauche à du avoir des syncopes en lisant Guilluy l’on pas brulé pour sorcellerie raciste ?

  • Léon

    Asinus : jusqu’à présent, je n’ai pas vu une seule critique qui contesterait et l’analyse et le constat de Guilluy et, paraît-il le livre est sur le bureau de F. Hollande aussi. Une prise de conscience est (peut-être) en train de se faire…

  • asinus

    yep , sur que l’autre soir en entendant le candidat socialiste dire benoitement il y a trop d’immigrés…en situation irréguliere j’ai cru halluciner 😯

  • Papy

    Très très bon article! Je fais suivre!

    Et je vais faire un tour demain dans ma librairie pour trouver cet ouvrage.

    Merci

    PS : de mon coté, c’est les jeunes lilas qui ont gelés, ainsi que quelques tulipiers… 😥

  • D. Furtif

    Il me semble avoir échangé avec Colre au sujet d’un phénomène absolument comparable , pratiquement identique .Les origines de la contrition quantique
    Il y a de la part de la gauche Quantique ( et vain dieu ça fait du monde) une ethnicisation de la lecture du phénomène religieux.
    Des siècles de combat en Europe contre l’oppression religieuse ses archaïsmes et ses absurdités sont reniés par ceux qui socialement , politiquement et culturellement comptent le plus de victimes de la religion en général.Les descendants des victimes de l’inquisition se retrouvent au premier rang des défenseurs de la barbarie religieuse.Ni les Bouddhas de Bamiyan ni l’accumulation des victimes de lapidations et d’égorgements ,ni les fatwa généralisées, les attentats meurtriers contre des civils désarmés rien n’y fait ….
    Ils auraient tellement honte de leurs contorsions qu’ils préfèrent se ranger du côté des bourreaux et des assassins, des censeurs de la censure religieuse et autres foutaises de charia démocratique.
    .
    De la part de cette gauche là ce n’est pas une erreur c’est une véritable trahison sur fond de repentance historique de la colonisation , colonisation exemptée de tâche quand elle est arabe chinoise ou de tout autre peuple.
    .
    Il en viendrait à justifier les folies furieuses de Gilbert Bourdin ou à dire qu’il existe une religion qui ne serait épargnée par les tares inhumaines des autres religions.

    .
    Selon eux il y aurait une ethnie de la feuille d’impôts du salaire et des revenus…….Pfffffff !

  • ranta

    C’est vraiment un très bon article.

    Mais pour ceux qui découvre cet état de fait j’ai envie de dire, mais vous habitez où ? Peut-être que le foot, sport populaire, me permet de cotôyer la plupart des couches sociales mais aussi quasiment tous les âges, du jeune adultes, aux familles dont les enfants sont licenciés et les grands parents qui viennent voir. Tout ce qui est écrit je le vois au quotidien.

    L’un des côté cocasse, façon de parler, et la quadrature du cercle auquel sont confrontés les communes : faire en sorte d’éviter le dépeuplement en attirant de nouveaux habitants et éviter de se retrouver avec toute une « faune » qui finalement trouble la tranquillité, je m’explique :

    Toutes les communes dans le département, et la région aussi, ont lancé la construction de lotissements. Elles l’ont fait à des tarifs ridiculement bas, entre 3 euros jusqu’à 10 euros du mètres. résultat, un afflux plutôt conséquent. problèmes : des gens qui peu ou prou ont exporté ce qu’ils fuyaient, et qui n’ont pas manqué de provoquer des mouvements d’humeurs dans les communes. Outre le fait de regroupements communautaires, on est en présence de personnes qui font largement appel aux aides sociales de tout genre ce qui provoque une incompréhension et une colère de personnes qui n’ont pas l »habitude d’en bénéficier. On se retrouve donc avec des populations pour laquelle les misère affective, intellectuelle, culturelle, financière se trouvent confrontées avec les même misères, mais bien du cru celles là.

    le pire dans tout cela, c’est que les les élus le savent. Qu’ils soient simples conseillers municipaux, maires, conseillers généraux ou députés, mais tous disent la même chose : on sait pas quoi faire. Alors contrairement à ce que dit l’auteur, je crois moi que les responsables politiques nationaux sont forts bien au courant.

    • ranta

      Bon, contrairement à ce que j’ai dit l’auteur ne nie pas que les politiques sont au corant. Il dit qu’au delà du deuxiéme ou troisième cercle politique c’est boboland. Sauf que dans ces cercles on retrouve les présidents de conseils généraux, régionaux et députés.

      Et lorsque je parle de communautarisme, il ne s’agit pas forcément d’un communautarisme ethnique, mais d’un communautarisme de comportements et d’attitudes.

      J’étais un peu fatigué hier soir, et j’ai fait des raccourcis, et puis…. je comptais mes bouteilles de champ la larme aux yeux 😥

      • ranta

        Heu……. « sont au COURANT’; corant, y’en a kivondire que c’est un lapsus.

      • Léon

        Pour les bouteilles de champ’ va falloir récapituler qui a parié quoi avec qui, parce qu’on s’y perd, là… 😆

  • COLRE

    Bravo Léon, pour ton article : quel talent de synthèse, mais aussi quel courage de t’attaquer à un sujet aussi complexe et à une thèse difficile, entre faits, interprétations et exploitation politique.

    Je n’ai pas lu ce livre, donc, je ne me permets pas d’avoir un avis arrêté, mais mon impression se confirme avec ton compte-rendu, après avoir lu dans la presse plusieurs interviews de lui ou déclarations sur lui.

    Je ferai d’abord une distinction entre l’analyse des faits qu’il a établis qui sont de l’ordre d’une démarche classique et sans doute rigoureuse en sciences humaines, et les interprétations à l’emporte-pièce qui traînent partout, aussi bien de sa bouche que de celle de ses nouveaux thuriféraires. Il y a une sorte d’exploitation politique qui me semble décalée par rapport aux données géographiques et sociologiques qu’il déchiffre avec pertinence. Il y a alors, un simplisme, une linéarité causale qui me dérange.
    J’hésite à en faire un succédané des « néocons » car « l’injure » pour d’ex-gauchistes était surtout destinée à stigmatiser leurs ralliements à des thèses droitières, sans autre forme de procès (« stalinien »… 😉 ). Mais, c’est vrai, le phénomène de mode intellectuelle qu’il porte (et qui le porte), n’est pas sans rappeler ces intellectuels de l’extrême-gauche, qui se sont largement trompés jusqu’aux années 80, tous issus du trotskysme, communisme, maoisme et autre marxisme-léninisme, avant de découvrir tout soudain les joies et les bienfaits du reagano-tchatchérisme…
    (Guilly n’y échappe pas, d’ailleurs, puisque je crois qu’il a dit venir du trotskysme ou qque chose comme ça).

    Bref ! J’aurais énormément de question à te poser, voire de perplexité devant des explications dont je ne comprends pas toujours la logique, mais cela dépasse complètement ce cadre de débat.
    Par exemple, dans l’ordre de ton article :

    1. l’explication du pb par la seule « doxa » de « gauche »… non bien sûr, c’est un raccourci qui ferait la double erreur de réduire la gauche à sa version extrême et de faire fi de la tradition gaulliste anti FN et/ou libérale, promouvant l’immigration et ayant instauré le regroupement familial.
    Cela, c’est peut-être secondaire, mas on est tout de même au coeur de l’exploitation politicienne.

    2. Autant l’analyse de la sociologie territoriale est passionnante (et notamment la surestimation du phénomène « banlieue abandonnée »), autant je ne comprends pas que si la banlieue reste un « sas » de populations en transit au fur et à mesure qu’elles s’insèrent, pourquoi dire que la « pauvreté qui y persiste n’est pas structurelle » ? justement si, tu ne trouves pas ? C’est bien la « structure banlieue » qui crée ou entretien la pauvreté puisque indépendant des gens qui y sont.

    3. Tu réfutes la cause du racisme pour la question « pourquoi, dès qu’ils le peuvent, les gens quittent-ils ces banlieues ? » puisqu’il s’agit d’Arabes et de Noirs, comme si il n’y avait pas de racisme entre eux. Je te l’ai déjà dit qque part : les Arabes s’en vont s’ils le peuvent au moment de l’arrivée de populations de l’Afrique sub-saharienne qui n’ont pas les mêmes fondements socio-culturels.

    4. Sinon, oui, le coeur du pb est là : « les gens fuient le climat de violence et d’insécurité qui y règne, conséquence du trafic de drogue qui s’y déroule et que l’Etat n’a jusqu’ici jamais réussi à endiguer »… Les grandes cités sont structurées d’un point de vue architectural et urbanistique pour protéger les bandes mafieuses et criminelles. C’est cela qui crée l’effet « ghetto ».
    Là est l’énorme échec de toutes les politiques de la ville, de droite comme de gauche.

    5. ensuite, viennent « l’ethniciation des pbs sociaux »… là, c’est encore un autre effet pervers de toutes les incompétences des politiques et de leurs « experts »…
    Je m’arrête… 😉

  • D. Furtif

    Léon a raison tout ça manque de sérieux
    Alors je récapitule
    .
    Pour Léon
    1 – Il me doit à moi(1) , à moi même(2), ainsi qu’à Furtif(3), une bouteille par retour d’un ami connu pour ses « plus jamais je ne reviendrai, c’est fini j’en ai marre de ces minables ».J’en ai compté 3
    .
    2 – Pour Ranta et Buster . Ça a commencé piano piano, puis, ça a pris de l’ampleur sous les sourires Narquois de Buster.Le sourire narquois au clavier c’est très difficile.Il le fait très bien .
    J’ai bien lu que Ranta pariait une victoire de SarKo à qui relèverait le défi, et l’intrépide Buster l’a relevé. Ayant servi aimablement de témoin désintéressé j’ai fixé au hasard le lieu de règlement du défi et de remise des enjeux.Aimable et de bon conseil vous me connaissez
    .
    Tout le monde en convient ce sera chez moi.J’ai bien essayé de dire « mais non mais non, vous n’y pensez pas » mais des deux cotés on a insisté.
    Comment refuser?
    Comme Ranta doit croiser dans quelques semaines vers chez moi , j’ai pensé qu’il serait plus simple de garer son porte avion dans mon jardin, juste à coté de ma Logan.Quand à Buster la route de chez lui à chez Ranta passant exactement juste sur un massif de pivoines à gauche de la maison j’ai pensé qu’il serait assez élégant pour ne pas les écraser et viendrait se ranger tout à coté de la marine Rantaienne.
    La terrasse dont vous avez été tous les témoins de la construction servira à cette occasion.
    .
    Alors Alors pour la première fois je vais exprimer ici un voeu politique.Vous aurez remarqué que le seul Bayrou et son thuriféraire Taverne m’importaient.
    Je souhaite ardemment que Ranta perde son pari

    • ranta

      Pas mal. Très bon arrangement mais Buster va se défiler…. Dommage.
      D’autant plus dommage que moi, continuant mon périple en direction des neiges éternelles de mon pays natal il y a ajustement une pompe pour refaire le plein du porte avion juste à côté de chez Buster.

      • Buster

        Hum, 2 remarques si vous permettez :
        .
        Un porte-avion pour seulement quelques centaines de caisses de champ à m’apporter ?
        Est-ce bien raisonnable ?
        Un semi-remorque devrait suffire.
        .
        D’après Google map, fonction itinéraire, le chemin idéal ne passe pas par le Poitou à l’aller, par contre pour le retour à vide, ça peut s’envisager.

    • Léon

      Ta, ta, ta, ta, Furtif, ton pari avec moi portait sur un retour dans un délai qui a été largement dépassé ! Ouh, le tricheur… 👿

      • D. Furtif

        je crois que nous allons nous affronter sur une question de principe.
        Le Champagne en est une.
        Je constate avec amertume que Disons traverse une nouvelle fois des soubresauts qui ne sont pas sans rappeler les heures les plus sombres….;

    • ranta

      D’un côté faut comprendre Buster aussi. Son chemin passe par chez le Panda; de quoi faire peur et faire réfléchir.

      • D. Furtif

        Il faut se méfier , en descendant sur Clermont il y a une série de radars assez piégeux.
        Pas d’illusions , on rencontre leurs frères en quittant la ville dans l’autre sens.

  • COLRE

    5. alors, l’ethnicisation des pbs sociaux…
    Mais, comment nier qu’elle est légitime ?!

    6. L’erreur serait évidemment ce croire que tous les « basanés » (pardon, mais c’est pour faire court) sont « pauvres » (certes, bcp le sont, et ils ne sont pratiquement jamais « très » riches), et que les « Blancs » ne le sont pas et appartiennent pour le moins à la classe moyenne… Ton exemple de l’Ivoirien à la RATP n’est pas bon car la mixité sociale est autant de statut que d’apparence ! Les pbs sociaux sont toujours très « symboliques » et le racisme ou la xénophobie s’attachent aux différences d’apparence.

    7. Quant aux Blancs pauvres, c’est de la vraie folie d’en faire seulement des « petits blancs » racistes comme si la stigmatisation expliquait ! Leur « souffrance » ne suffit pas non plus à expliquer quoi que ce soit.
    Je dirais que : premièrement, ils sont pauvres, ou appauvris, ou déclassés, précarisés, le couteau sous la gorge, empêchés d’espérer dans le mieux-être de leurs enfants, frustrés, en colère… et que, deuxièmement, on leur matraque PARTOUT, à la télé et dans les médias de l’immigré, de l’immigré, de l’immigré ! comment ne pas réagir contre ces images partout brandies de leur malheur ? Ils se sentent injustement pestiférés et désignés comme fautifs, et injustement pauvres, voire très pauvres, alors qu’ils se sentent « chez eux », dépossédés, niés, stigmatisés, alors que d’autres, « étrangers » ou « c’est tout comme », se pavanent sans rien faire et bénéficieraient de toutes les aides sociales en plus de la considération de la… « gauche ».

    8. « la vraie carte de la pauvreté ». Même si le constat est connu (ou pressenti) depuis des tas d’années, c’est l’un des grands intérêts des thèses de Guilluy que d’avoir popularisé (enfin !) l’idée (soigneusement maintenue sous le tapis) que « Les couches populaires vivent désormais très majoritairement dans une France périphérique, en milieu rural, dans des petites villes et villages, sur des territoires périurbains et pavillonnaires au-delà des banlieues ».

    Je souscris absolument à ce § de ton article. Le bilan est terrible, je l’ai souvent écrit, d’une terrible paupérisation des zones rurales et des petites villes.

    La vente à l’encan des services publics, la chèreté de l’énergie et notamment de l’essence qui cloue les gens chez eux, dont les vieux (voir mon nartic sur les « vieillards américains), des transports publics laissés à l’abandon, une disparition des services de proximité en matière de santé, de commissariats et de justice, la disparition des petits commerces, la désindustrialisaton, etc etc etc ! tout cela fait une société PAUVRE, voire très pauvre, frustrée, abandonnée, et d’autant plus abandonnée qu’elle est silencieuse et peu criminogène ! c’est sûr que les Patrons-pêcheurs ou les routiers ont des moyens plus musclés de se faire entendre, et même eux, pourtant, sont abandonnés une fois qu’ils ont reçu des miettes pour les calmer…

    Voilà l’état de la France AUJOURD’HUI… et au lieu d’arrêter ce terrible processus, depuis 10 ans on le conforte, on l’accélère, voire on en stigmatise les victimes, toujours montrées du doigt parce qu’elles ne font pas un « vrai travail », sans doute ?
    Dites ça aux paysans qui vendent leur produits en-dessous de leurs coûts pendant que la grande distribution s’enrichit de façon éhontée et que, amis du pouvoir, ils entrent au CAC 40 et font des profits gigantesques.
    Dites ça aux petits employés, forcés au temps partiel qui permet que les entreprises bénéficient des allégements de charge sur les bas salaires, alors qu’eux n’ont même pas le SMIC.
    Dites ça aux chômeurs séniors qui sont rejetés des emplois car trop vieux, pas assez malléables, pas assez productifs ?… et qui n’ont même plus la possibilité de partir en retraite anticipée.
    Dites ça aux jeunes qui n’ont plus accès aux CDI (quand ils ont la chance d’avoir un « boulot ») et ne peuvent ni emprunter ni se loger ni obtenir le moindre crédit…
    Dites ça aux petits entrepreneurs qui se voient refuser des aides par les banques quand celles-ci se font aider à milliards…
    Dites ça aux femmes seules, les femmes qui représentent les 3/4 de la population pauvre ou qui vit en dessous du seuil de pauvreté, et doivent non seulement trouver à se loger, à faire bouillir la marmite et à éduquer leurs enfants dans les conditions que l’on imagine et à qui on ergote le montant « dispendieux » de leurs aides familiales…

    Etc etc etc…!!!

  • Léon

    Colre,
    Merci pour les compliments, mais ils ne pourraient être fondés qu’après lecture du livre. J’ai trouvé le compte-rendu difficile à faire, je ne sais pas dans quelle mesure j’ai trahi ou pas l’auteur; et comme je n’ai pas trouvé le moyen de le lui soumettre…
    Mais c’est gentil quand même ! 😉

    La réfutation du racisme comme cause de départ des banlieues est de l’auteur. Je ne sais si c’est fondé, mais les autres causes des départs sont tellement évidentes que je crois que l’on peut accepter cette vision des choses.

    C’est aussi l’auteur qui affirme que cette pauvreté des banlieues n’est pas « structurelle » comme celle des ghettos noirs américains. Je crois qu’il veut dire tout simplement que ce n’est pas la banlieue qui détermine la pauvreté mais l’inverse, dans le sens qu’elle est temporaire, provisoire, puisqu’une capillarité sociale y existe.

    Par contre le terme de doxa de gauche est de moi et n’est pas employé par l’auteur. Il est peut-être impropre. J’ai voulu appuyer cette idée que la gauche, dans son ensemble, se préoccupe de pauvreté, c’est presque sa mission première, mais que sur les banlieues, elle s’est longtemps enfermée dans des analyses beaucoup trop simplistes du genre : la criminalité a pour cause unique la pauvreté, le modèle intégrateur républicain a du mal mais continue de fonctionner, les pauvres sont essentiellement les immigrés du tiers monde etc.
    L’immense mérite de Guilluy a été de faire apparaître cette population de pauvres « blancs » qui avait totalement disparu des écrans médiatiques et dont on n’avait des manifestations qu’épisodiquement par le vote FN, plongeant souvent les analystes dans des abîmes d’incompréhension du genre ; « comment expliquer le vote FN dans ce coin où il n’y a pas le moindre immigré et pas d’insécurité particulière » ?

    Je ne sais pas ce qui va se passer dans les semaines et les mois qui viennent, mais si la gauche n’intègre pas cette aspiration au « protectionnisme », dans deux ou trois mandats, on aura le FN au pouvoir en France.

  • Léon

    Oui, d’accord avec ton dernier post. Guilluy aura eu l’immense mérite d’arriver à mettre cela en lumière. J’ai été frappé que, désormais, m^me les journalistes l’ont lu et en tiennent compte. Dans « Envoyé spécial » de jeudi, je crois, un reporter s’est enfin penché sur le phénomène et nous a montré cette pauvreté rurale associée au vote FN. C’est nouveau !

    • Léon

      L’exemple de ce jeune homme d’origine ivoirienne est aussi cité par l’auteur. Il a la mérite de montrer que la grille de lecture utilisée « basané » = pauvre et « blanc » = classe moyenne est fausse et que les questions de mixité sont devenues ethniques. C’est ce qu’il voulait démontrer.

  • D. Furtif

    Ma région possède un des plus bas niveau de revenus.
    inférieur à 21000 Euros par foyer.en moyenne. C’est dire la masse des salaires et revenus en dessous de 1000 Euros par mois, voire la masse des chômeurs. » Des payés à rien foutre comme disait l’autre »
    Mais le département de la Vienne s’inscrit dans ce que les geographes appellent la diagonale du vide.Le sud Est du département compte des communes à moins de 20 habitants au Km².
    C’est curieusement dans ces communes que le front National fait ses meilleurs scores.
    Quand je suis arrivé, il y a 50 ans 45 ans ,dans la région pour un premier mariage, avec une « travailleuse sociale » j’ai découvert que les chiffres de l’alcoolisme de ce sud Vienne rivalisaient avec ceux du Morbihan et du département du Nord.En revanche les mêmes communes arrivaient en tête pour les taux de transmission de tares héréditaires dûes à une endogamie ancienne de type bocager .
    Mon métier d’enseignant m’a donné plus tard l’occasion de rencontrer la version locale de l’endogamie: un des plus fort taux d’incestes du pays
    .
    *************************************************
    .
    Si j’avais dit densité inférieure à 10hab/km² vous ne m’auriez pas cru et vous auriez eu tort.

    • ranta

      Finalement, c’est peut-être pas une si bonne idée que ça…hein . Je m’en voudrais terriblement de contribuer à augmenter ce taux d’alcoolisme.

  • Léon

    C’est à des articles comme celui-ci qu’on mesure l’imapact des analyses du Guilluy. Le terme même de « France périphérique » fait désormais partie du vocabulaire.

  • Lapa

    excellent article! livre ma foi fort intéressant mais comme ranta j’ai envie de dire qu’il en aura fallu du temps pour s’apercevoir d’un phénomène pourtant visible comme un furoncle sur les fesses d’une jeune fille!

    je ne sais pas si cette campagne a parlé d’aménagement du territoire mais pourtant, il suffit de se balader dans notre pays et rencontrer les habitants de ces zones « rurales » pour comprendre la vitrification de régions entières, villages, bourgs, villes moyennes, sous-préfectures, même préfectures… hors Paris et la côte, point de salut… les autres peuvent crever.

  • Marsupilami

    Dans son édito sur France Inter ce matin (10 mai), le bobo quantique Thomas Legrand a tenu des propos absolument stupéfiants qui semblent prouver qu’il a lu Guilluy avec de sacrées lunettes roses. Citation :

    “C’est en réalité dans les zones où il n’y a aucune mixité que le vote FN progresse et où Nicolas Sarkozy a fait ses meilleurs scores dimanche. Aucune mixité dans les deux sens d’ailleurs dans les villes monocolores a proximité des grandes cités très ghettoïsées autant que dans ces villes sans aucun immigré, ce qui dans la France d’aujourd’hui pourrait être assimilé à une autre forme de ghetto.Tout se passe comme si un nouveau problème d’intégration était en train d’apparaître, non pas un problème d’intégration des immigrés, mais un problème d’intégration des Français de souche vivant des zones rurales ou périurbaines sans étrangers et sans diversité ethnique. Cette population se sent exclue d’un monde d’un monde qui semble en expansion, d’un monde qui accepte mieux la différence, tout simplement parce qu’elle la connaît mieux”.

    Sans commentaire…

    • Marsupilami

      Transcription intégrale de cet édito psychotico-quantique qui n’augure rien de bon sur la lecture de gôche des constats de Guilluy :

      “La fracture qui se manifeste le plus spectaculairement à l’occasion de ce scrutin, c’est la fracture entre les grandes agglomérations et les villes rurales. François Hollande est arrivé en tête dans toutes les grandes villes sauf à Nice, même dans les villes réputées de droite comme Bordeaux ou Marseille ou dans des villes moyennes bien ancrées au centre droit comme Nancy. Les zones périurbaines à 60, 70 km de la grande cité, assez loin pour s’en sentir étrangères, assez proches pour la craindre, ont voté pour Nicolas Sarkozy après avoir donné quelques scores impressionnants à Marine Le Pen.

      Ça pourait paraître assez paradoxal de constater que ces territoires dans lesquels il n’y a quasiment pas d’étrangers ont voté pour le candidat qui avait mis entre les deux tours le thème des frontières et de l’immigration au coeur du débat. Et cela prouve que ce n’est pas la mixité ethnique qui incite au vote pour le FN.

      C’est en réalité dans les zones où il n’y a aucune mixité que le vote FN progresse et où Nicolas Sarkozy a fait ses meilleurs scores dimanche. Aucune mixité dans les deux sens d’ailleurs dans les villes monocolores a proximité des grandes cités très ghettoïsées autant que dans ces villes sans aucun immigré, ce qui dans la France d’aujourd’hui pourrait être assimilé à une autre forme de ghetto.Tout se passe comme si un nouveau problème d’intégration était en train d’apparaître, non pas un problème d’intégration des immigrés, mais un problème d’intégration des Français de souche vivant des zones rurales ou périurbaines sans étrangers et sans diversité ethnique. Cette population se sent exclue d’un monde d’un monde qui semble en expansion, d’un monde qui accepte mieux la différence, tout simplement parce qu’elle la connaît mieux.

      En axant sa campagne principalement sur des sujets identitaires, sur l’immigration, sur les frontières, en considérant explicitement qu’il y a trop d’étrangers en France, Nicolas Sarkozy a accentué la fracture politique entre les villes et les départements ruraux du centre et de l’est de la France. Dimanche soir à la Bastille, on pouvait voir dans les foules de supporters de François Hollande, certains brandir des drapeaux de leur origine, de leur pays d’origine. Ce serait une erreur d’y voir simplement une manifestation du communautarisme, même si ce risque existe dans certaines banlieues, mais le temps produit du métissage plus rapidement qu’on ne le croit.

      En 2009, dans une interview au Monde, Nicolas Sarkozy vantait l’idée d’une France métissée, c’était un mot audacieux et moderne, c’était avant le retour en grâce du conseiller Patrick Buisson et de sa stratégie, une stratégie qui prétend s’adresser à la France populaire mais qui en réalité s’adresse à une phrase vieillissante effrayée par la représentation d’un monde urbain et métissé. François Hollande ne s’est pas beaucoup exprimé sur ces questions pendant la campagne et la parole du nouveau président manque encore sur ces sujets importants. Importants parce qu’il s’agit bien d’une fracture française”.

  • COLRE

    Je me permets, Lapa, de copier ton commentaire du bar du 10 mai pour le conserver en archive.
    Ce témoignage me paraît crucial à verser au dossier des causalités du vote FN (j’ai la même expérience dans une autre région française).
    D’après Léon : « selon Legrand les gens votent contre le métissage parce qu’ils ne connaissent pas les immigrés, alors que selon Guilluy, les gens ne veulent plus du métissage, au contraire, parce qu’ils en ont fait l’expérience. »
    Je persiste à penser que les causes mises en avant par cette nouvelle perspective d’explication sont insuffisantes.

    ********
    Lapa, 10 mai 2012 at 11 h 00 min
    je prends l’exemple d’un village où je suis passé pendant ce WE. En Haute Marne, dans la diagonale du vide, chez les bouseux. Sur 300 inscrits, le FN a fait 130 voix au premier tour, Sarkozy 93, en troisième arrive Mélenchon.
    Dans ce village il n’y a pas un seul immigré, pas plus qu’à 15 km à la ronde on ne peut voir un black ou un beur ou un jaune. Ce village a gardé son école, modernisée et mise aux normes pour « profiter » des fermetures voisines et scolariser les enfants des villages alentours. Le bureau de poste est parti, l’épicerie et la boulangerie il ya quelques années, la boucherie il y a bien longtemps. L’auberge ne trouve pas de repreneur. Pourtant démographiquement, le village se porte assez bien. juste qu’il n’y a strictement aucun avenir. Ils ne sont pas au bord de la mer ou dans une grande métropole culturelle. les quelques industries à proximité ferment pour délocaliser les unes après les autres. Les exploitations agricoles deviennent plus rares et plus grandes, l’exploitation forestière est encore malade de la tempête de 1999.

    Il y a juste la société toute entière qui leur montre que ce sont des has been.

    ne leur demandez pas de croire aux bienfaits de la mondialisation!

    • Léon

      Colre , bien sûr que cette explication est insuffisante. Je le dis moi-même, y compris pour critiquer la position de Legrand qui réduit tout à la question des immigrés. Désolé de me citer :

      « Oui, c’est curieux. Si on résume, d’une part il fait de la question des immigrés le seul déterminant du vote FN, ce qui me semble faux. » […]

      Je continue. Il y a décidément un truc que les gens qui ont perdu le contact avec la classe ouvrière n’arrivent plus à voir: ce que les délocalisations dans des pays à bas coûts salariaux induisent dans la remise en question d’une identité ouvrière ou prolétarienne ou populaire, appelons ça comme on veut. Une identité fondée à la fois sur le côté manuel, physique, pénible du travail,l’habileté technique, la culture d’entre-aide et de solidarité… Tiens, un simple truc: les horaires spécifiques. Qui sait par exemple à quelle heure on embauche dans les usines ? ( Je ne parle même pas de celles qui font les 3×8)…
      Notre ami Asinus, par exemple, vous avez une idée de l’heure à laquelle il commence ? »

      Ils sont évidemment des victimes d’une mondialisation qui a de multiples conséquences sur eux, y compris la négation de leur identité.. La dimension identitaire de ce vote est absolument essentielle, j’en suis désormais persuadé.

      • COLRE

        D’accord avec toi sur cet effondrement de la classe ouvrière. Si cette dissolution est liée évidemment à la déindustrialisation et aux délocalisations, elle est, en même temps (causes et conséquences à la fois) liée à la disparition de la culture communiste qui représentait dans les quartiers populaires un efficace réseau d’entre-aides et de soutiens à tous les niveaux de la vie sociale.

        • Léon

          Qu’appelle-tu « culture communiste » ? Au sens marxiste ? De présence du PC et de l’organisation de la classe ouvrière par lui ?
          Parce que l’effondrement de la classe ouvrière est un peu une vue de l’esprit, si on s’en tient à ses effectifs auxquels il est logique d’ajouter les employés qui sont les ouvriers du tertiaire. A eux deux, de mémoire ils représentent encore 55 % de la population active et si on y ajoute le le bas des professions intermédiaires, ces fameuses « classes moyennes » en voie de déclassement, cela fait beaucoup.

          • COLRE

            Non, au sens social et politique.
            Le parti communiste était omniprésent dans les quartiers populaires et créait un lien social très fort par des actions d’aide pour les familles pauvres. De la petite enfance à la vieillesse, les personnes bénéficiaient de soutiens financiers ou administratifs et d’une solidarité, pas seulement syndicale, puissante et efficace.

            Il y avait alors une véritable conscience de classe, et le PC faisait jusqu’à 30 % dans certaines banlieues « rouges ».
            Voilà ce que j’appelle la culture communiste en France.

    • Buster

      « selon Legrand les gens votent contre le métissage parce qu’ils ne connaissent pas les immigrés, alors que selon Guilluy, les gens ne veulent plus du métissage, au contraire, parce qu’ils en ont fait l’expérience. »

      Instinctivement je dirais que l’un n’empêche pas l’autre et que les 2 démarchent existent et se complètent.

      Dans « ma campagne à moi », où il y a eu entre 20 et 25 % de votes FN au premier tour selon les villages, il y a certes assez peu d’immigrés dans les villages (il y en a, mais beaucoup moins qu’à la ville voisine) mais il existe un réflexe de défense des traditions : Socle d’agriculteurs, chasseurs, souvent un peu écolos ET traditionalistes dans le sens de la volonté d’entretenir et de perpétuer les « valeurs » du terroir.
      Et tous ces gens qui s’installent à 10 km d’une ville moyenne, (en expansion rapide donc pas spécialement défavorisée ou déconnectée de l’économie contemporaine), travaillent et se rendent pour la plupart quotidiennement dans la cité.
      Ils sont pratiquement autant campagnards que citadins (en général d’anciens citadins pour les plus récents habitants) et connaissent parfaitement les quartiers dits sensibles et les problèmes de difficultés de voisinage.
      Les nouveaux arrivants de ces villages sont des fonctionnaires ou des employés du privé, des professions libérales et appartiennent pour la plupart aux classes moyennes.

      • COLRE

        Non, l’un n’empêche pas l’autre, en effet, et c’est bien ça le problème.
        Tout converge désormais vers un vote FN…

        Comme je le dis ci-dessous, je pense que le rejet d’une immigration vécue comme unique cause de tous les maux de nos malheurs s’est généralisé dans des populations très diverses : locales, déplacées, rurales, citadines…

        Je m’élève un peu contre l’idée que la cause pourrait être non seulement unique mais justifiée (cf. Guilluy). Je pense qu’elle n’est ni unique ni justifiée, mais peu importe puisque le résultat est le même : l’adhésion à toutes les thématiques anti-étrangers (= anti-immigrés, anti-musulmans, etc) s’est insinuée partout.
        Et il faut maintenant faire avec « ça ».

        • Buster

          l’adhésion à toutes les thématiques anti-étrangers (= anti-immigrés, anti-musulmans, etc) s’est insinuée partout.

          Je le vois un peu différemment.
          Je ne pense pas que ce soit un vote ou une adhésion aux thématiques anti-immigrés (Pour une part oui, mais loin d’être la totalité ou même la majorité) mais un vote anti Davantage d’Immigration.
          Un vote qui dirait : Stop ça suffit.
          Laissez-nous d’abord le temps de régler nos problèmes, laissez aux immigrés présents (ceux qui le voudront bien) le temps de s’intégrer avant d’en faire venir de nouveaux.
          Il y a un seuil d’acceptation qui a été atteint et il faudra du temps pour retrouver un équilibre.

          • COLRE

            Toute est une question de nuances interprétatives… tu dis « stop, ça suffit », c’est la version optimiste (que dieu t’entende !…), mais moi je crains que ce ne soit : « c’est trop tard, il y en a trop, faites qque chose »…

  • Léon

    Colre : quel a été le slogan nouveau ( il me semble, je n’ai pas souvenir l’avoir jamais entendu auparavant ) repris à tue-tête lors du 1e Mai du FN ?

    • COLRE

      Je ne me souviens pas… Il n’y avait pas « sarkozy » dedans ?

      • Léon

        C’était :  » On est chez nous » . A ma connaissance,( mais je ne suis pas spécialiste du FN)c’était la première fois qu’il était utilisé.

  • COLRE

    Le vote FN ou Sarkozy n’a pas de lien direct avec la présence concrète d’une forte population locale immigrée.

    Je me souviens d’analyses faites dans les petites villes ou villages de l’Est de la France où il n’y a pas d’immigrés et où , pour expliquer le vote FN, on évoquait le syndrome alsacien, les populations limitrophes de l’Allemagne et sensibles aux peurs historiques des « pénétrations » étrangères…
    Pour les régions rurales ou « périphériques », selon le nouveau concept en vigueur, le témoignage de Lapa montre une situation identique en Haute Marne, et il y en aurait dans toutes les régions.
    Je connais des populations locales, présentes depuis des génération sur des terroirs, et qui votent MLP alors qu’elles n’ont pratiquement jamais vu un immigré dans le coin !
    Par contre, elles ont la télé, et puis elles vont « à la ville », et il y a toujours des petites périphéries ou banlieues, même dans les petites villes où l’on « voit » des populations noires ou « basanées »…

    Or, comment pourrait-on oublier que depuis 2 à 3 décennies, le thème de l’immigration est omniprésent dans les médias ?! Toutes nos représentations collectives sont façonnées par cette question : omniprésence des banlieues dans les reportages, des faits d’insécurité, omniprésence du thème dans les discours, du FN, bien sûr, mais pas seulement.

    Un explosif mélange de réalité et d’amalgames, de victimisation anti-raciste et de boucs-émissaires coupables de tout…
    Je pense très profondément que le thème « immigration » a pénétré absolument tous les ressentis, que ce soit par le contact réel ou médiatique, justifié ou fantasmé. Superposés à la terrible paupérisation et déclassement de populations « de souche », ce ressenti explose dans un vote FN revendiqué plus ou moins explicitement comme « anti-immigré ».

  • asinus

    bonjour , encore une fois c’est resumer le vote fn à des tenants de la ratonade, il n’est nul besoin d’habiter
    une cité ghetto pour se sentir minoritaire inaudible ou invisible sur son sol .Vous ouvrez le poste vous ecoutez les bonnes ames donnant la parole et valorisant approuvant les propos des  » indigenes de la republique » par exemple d’ailleurs jusqu’a plus ample informée les indigénes de ce sol c’est nous les sous-chiens.Nul besoin de croiser des immigres tout les jours vous allez rendre viste à la tante de montpellier en empruntant un Ter et vous avez une vision de l’appocalypse societal qui nous guettes.Vous croyez que les sous-chiens on besoin d habiter
    à Barbés ?pour savoir que l’envahissement du sol et l’arasement des us et coutumes ont commencé , vous refusez de voir que nous finiront chassé ou sous statut dhimi vous vous aveuglez il n’y aura pas de bon sous-chiens il n’y aura pas de bon aliens
    à l’heure du clash . Lisez les textes de l’egérie des indigénes meme le blanc antiraciste devras payer pour les fautes qu’elle invoque.Elever vos descendants dans l’idée qu’il ne devront se dissoudre et disparaitre comme peuple comme culture c’est mentir c’est les trahir .Le choix leur appartient mais ils doivent pouvoir choisir la soumission ou le combat je ne sais ce que deciderons les miens , mais je leur apprend à combattre !
    Besoin d’avoir un khebbab au bas de la rue pour se sentir assiégé ? quand il suffit d’ecouter d’ouvrir les yeux et de voir la veulerie de nos gouvernant refusant d’appeler un chat un chat !Quand un etat ne defend pas le peuple dont il procede quand un état choisis le parti de l’étranger il perd toute legitimité et sa destruction et celle des elites qui le defendent devient légitime.Il y a des racistes qui s’ignorent par aveuglement par collaboration de classe et par dogme nous les sous-chiens nous la majorité invisible de ce sol en sommes victimes et savont desormais qui et pour quels profits les roles ont été inversés par le dogme officiel.
    Asinus: ne varietur

    • COLRE

      Asinus,
      Je ne pense pas qu’il soit question de « ratonade » ici… on n’est pas chez momo 😉
      Sinon, pour le début de votre commentaires, c’est exactement ce que je dis… « pas besoin d’habiter une cité ghetto » et il suffit « d’ouvrir le poste », voire « d’aller rendre visite à la tante de Montpellier ».
      En effet, je ne comprends pas comment on peut cloisonner un territoire où l’information filtre partout et se répand comme traînée de poudre ! Je pense aussi que ce rejet et cette peur transcendent bien des milieux populaires et de classes moyennes.

      Pour la suite, c’est évidemment plus discutable. Il faudrait savoir si votre sentiment d’assiègement culturel est justifié. Soit, c’est Munich, et alors vous avez raison, soit ce sont les rejets antisémites des années 30, et vous avez tort.

  • Léon

    Rien a ajouter à ce post d’asinus, très représentatif. J’ajouterais bien une anecdote qui date d’hier : je fais la queue chez le boucher et quelqu’un lance la question de la viande halal. J’ai été absolument stupéfait par la violence des réactions, aucune d’inspiration raciste mais toutes sur le thème « tentatives inacceptables d’imposer à tout le monde en catimini une pratique communautariste ». Et chacun d’évoquer un souci qu’il a eu lui-même dans son travail ou dans ses relations quotidiennes. Encore une fois ce qui m’a frappé c’est l’absence de tout propos raciste auquel, pourtant je m’attendais.

    • COLRE

      Mais comment pourrait-il en être autrement ?! cela fait des mois et des mois qu’on baigne jusqu’à la nausée dans les thématiques xénophobes matraquées sans répit par Sarkozy et son bras armé ?! Et le problème, c’est que RIEN ne change.

      Quand j’ai dit et répété que cette politique était celle du boute-feu, pourquoi penser que l’incendie n’allait pas finir par prendre ?
      Oui, je pense que le feu a pris dans les esprits, que les gens n’ont plus aucune retenue, sont exaspérés par leur situation personnelle qui se dégrade et par les doubles discours opportunistes. Justement, sur la viande halal, d’abord un truc de 2% déclaré par Sarko, puis transmuté 1 semaine plus tard par le même en cause nationale ! il aura suffit qu’il lise qques sondages, sans doute pour virer à 180 ° de discours…

      Cette incohérence idéologique, cette impuissance à agir, et tout en même temps ce matraquage permanent sur la France en danger, la France envahie… Comment ne pas croire que cette irresponsabilité n’allait pas avoir des conséquences ?!

      (ps : le « racisme » n’est plus une bonne clef discriminante)

      • Buster

        Le fait que ces sujets aient pu être repris par quelques discours opportunistes ne signifie pas que les constats soient tout à fait erronés, ni qu’ils soient xénophobes uniquement parce qu’ils ont été repris par Sarko.
        Ils manifestent le grand écart permanent des politiques, de tous bords et particulièrement du PS, qui intègrent de plus en plus la profondeur du problème mais qui n’ont encore aucune solution dans leurs bagages idéologiques de réponses toutes faites pour faire avancer la réflexion et pour trouver quelques solutions.
        La seule solution restante est effectivement de traiter de xénophobes tous ceux qui veulent aborder ces problèmes.
        – Peur de s’engouffrer dans les thèmes réputés du FN, de libérer la parole sur ce point et des réactions qu’ils craignent que cela pourrait entraîner. Qu’ils craignent peut-être bien à tort car la majorité des français est capable de réfléchir. Elle n’a aucunement l’intention de déclencher des pogroms mais souhaiterait que les sujets puissent être enfin abordés avant qu’il ne soit définitivement trop tard.
        – Difficultés de se dépatouiller dans le carcan Européen…. Ah Schengen ! Le pire et le meilleur en un seul traité ! Et la bonne excuse.
        – Petit jeu bassement politique qui fait que la même mesure ou la même interrogation, si elle est présentée par la droite est infâme et qu’elle deviendrait subitement juste et courageuse si la gauche la reprenait.

        La reprendra-t-elle ?
        C’est maintenant au PS de gérer et de fixer les directions. Je n’attends aucune prise de conscience ou efficacité de leur part sur tous ces sujets. Ils sont bien trop noyautés par tous ceux que nous nommons ici les Quantiques.
        Ce qui veut dire que, sauf heureuse surprise, il ne faut guère espérer d’avancée ou d’inflexion des politiques laïques et d’intégration pendant les 5 prochaines années. La vérité socialiste sera toujours l’éternelle et unique réponse sociale pour expliquer tous les phénomènes et pour éviter d’ouvrir la réflexion sur d’autres bases.
        Ainsi que l’argument ultime de la paix sociale pour mettre un solide éteignoir sur tout ça.
        Bin, Faut pas désespérer la mosquée…. qui vote pour nous.
        .
        Plus haut tu as l’air de me trouver optimiste. Trop optimiste.
        Mais, si les politiques en place, profitant de leur fabuleuse aura humaniste, se mettaient à parler directement, sans stigmatisation mais sans langue de bois. Si ceux-là tenaient enfin un discours audible et structuré et non plus la cacophonie à laquelle le PS nous a habitué :
        Un discours qui serait une réaffirmation ferme et intransigeante des principes laïques. Et qui serait suivi dans les faits par des mesures concrètes. Adieu les piscines Aubrystes, les prières de rues de Daniel Vaillant ou de Bertrand Delanoë … la cacophonie du PS sur la loi sur le voile …
        Qui bannirait toute mesure de discrimination des femmes. Bigamie, médecins féminins pour les femmes, mariages forcés… aucune tolérance.
        Qui affirmerait qu’en 5 ans il n’y aura plus de zone de non-droit, que la lutte contre le trafic de drogue sera prioritaire… qui fixerait des objectifs et se donnerait les moyens d’y parvenir.
        Qui abandonnerait toute option de régularisation des sans papiers, avec des souplesses administratives qu’il faudrait bien malgré tout conserver, mais qui refuserait d’envoyer des signaux laxistes aux habitants d’autres contrées tentés malgré tout par l’aventure.
        Qui remettrait sur le devant de la scène la volonté d’intégration, et le refus des communautarismes, en passant par l’apprentissage obligatoire du français et de quelques notions solides d’éducation civique sur nos valeurs républicaines.
        Qui fixerait un arrêt de l’immigration hors européenne le temps nécessaire.
        Qui inciterait fermement tous ceux qui ne sont pas d’accord avec ces directions, pour des raisons religieuses ou culturelles, à partir immédiatement dans des pays plus accueillants pour eux. Rester signifiant que l’on accepte l’ensemble des règles nationales.

        Bref une remise à plat de toutes les valeurs qui petit à petit ont été rognées par nos petits « accommodements raisonnables » à nous.
        Si les français entendaient enfin ce discours sur tous les bords de l’échiquier politique ils se diraient peut-être que nous allons pouvoir enfin reprendre les choses en main.
        Il y aurait (il y a ?) des raisons de rester optimistes.

        • COLRE

          Dommage que ton commentaire soit à ce point étroitement politicien et idéologique, car c’est justement une question qui ne doit pas être traitée à la hache : ni par pure démagogie (tendance droite), ni par déni (tendance gauche).

          C’est une situation à laquelle tout le monde a participé depuis au moins 40 ans, chacune avec ses raisons et ses erreurs, et je ne pense pas que la démagogie qui flatte outrageusement la xénophobie soit le moins du monde efficace pour recoudre une société déchirée. Le déni non plus, mais au moins, de ce côté-là, ça avance un peu, tandis que du côté des « frontières » ( 😉 ), ça bloque toujours, et même ça empire.

          J’en appelais à une réflexion sur les solutions (pensant personnellement que c’est trop tard à moyen terme), mais je crains que tes propositions finales sont ou déjà prises, ou déjà caduques, et quoiqu’il en soit largement en retard et décalées par rapport à la situation et surtout de l’ordre des paroles (il faudrait plus d’actes).
          Ce qui n’empêche pas de continuer à les claironner et à exiger la laïcité la plus intransigeante, voire l’inscrire dans la Constitution, comme le propose Hollande ? cela fera du gros débat, tant mieux.

          • Buster

            Ce qui voudrait dire que tu aurais peut-être d’autres solutions à proposer ?
            Plus concrètes.
            .
            Sortir de Schengen et remettre un contrôle aux frontières ?
            Ah non, pas les frontières ! 😆 😉

        • Léon

          Buster, attendons. Il y a des gens qui réfléchissent tout de même au PS et certaines idées progressent. Ne désespérons pas.

  • Léon

    Ta thèse est que les gens sont « manipulés  » et se cherchent des boucs émissaires à leurs problèmes. Cela a été la thèse de la gauche quantique, par exemple avec l’histoire du « sentiment d’insécurité « . J’y ai cru comme tout le monde un moment et puis, ensuite, on est bien obligé de se rendre compte que c’est carrément un déni de réalité. ET le réel a cette particularité, c’est de résister aux incantations.
    Ta thèse, si j’ai bien compris, c’est qu’il suffirait de cesser de stigmatiser, de médiatiser, d’en parler pour que les problèmes se résolvent d’eux-mêmes. Ou en tous cas qu’ils se résolvent plus facilement. Mais ce n’est pas parce qu’on cessera d’annoncer les plans sociaux que ceux-ci diminueront ! Guilluy cite un rapport de fevrier 2010 de la Direction générale du Tésor et de la politique économique qui chiffre à 63 % entre 2000 et 2007 la proportion des emplois industriels détruits par la concurrence internationale. Je n’ai pas lu le rapport mais je suppose que c’est un solde net.
    La thèse du bourrage de crâne ne tient pas, Colre. Les gens ne sont pas idiots, y compris les électeurs du FN et on est dans un pays où l’information reste pluraliste et libre.

    Les solutions, elles sont à chercher du côté du protectionnisme, on ne le répètera jamais assez; un protectionnisme éclairé, modéré, intelligent, pratiqué avec discernement. Des exemples de pays qui le pratiquent il y en a plein. A commencer par les USA ou la Suisse, ou L’Australie et la Nouvelle Zélande.

    • COLRE

      Non, Léon, ma thèse, ce n’est pas ça du tout… 😉

      Comme quoi, difficile d’échapper aux attributions binaires : ou tu serais dans le déni, ou tu serais dans le réalisme.
      Ben non, ce serait si facile s’il y avait UNE réalité qu’il suffirait de reconnaître ou de nier… 😉

      Je sais que c’est compliqué et, comme je te l’ai dit, je tourne un peu autour. Disons que j’ai des intuitions, ou des bribes de compréhension, ou plutôt une défiance à l’égard d’explications univoques et discutables. Je ne sais pas trop encore ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas.

      Qui est capable de débrouiller un écheveau aussi complexe sur lequel se cassent les dents des centaines de spécialistes en histoire, sociologie, politologie…?
      Personne, car justement, c’est impossible, il y a tellement de facteurs explicatifs en jeu que toute analyse est forcément biaisée.
      Si l’on choisit en amont un fil déterminant et qu’on tire dessus (ex. le racisme, l’assistanat, l’islamisme, l’insécurité, la banlieue, la pauvreté, le colonialisme, etc), eh bien aura au final une thèse univoque et déterminée (une thèse racialiste, une thèse sur la délinquance, une thèse sur le ghetto, une thèse sociologique, une thèse islamophile/islamophobe, une thèse sur l’invasion étrangère, une thèse sur le néo-colonialisme, etc)

      Tu sais bien que je ne fais absolument pas partie de l’extrême-gauche qui prône la victimisation, le « sentiment d’insécurité », l’indulgence à l’islamisme et tutti quanti. Mais je ne fais pas non plus partie de ceux qui pensent que les immigrés seraient, actuellement, la cause principale du mal-être français.
      Alors ?
      Oui, je pense que les immigrés aujourd’hui sont en partie le bouc-émissaire des difficultés françaises… mais qu’ils sont aussi en partie responsables de la situation désastreuse…
      En fait, j’ai une vision « historique » de cette question politique, c’est pour cela que je ne trouve ma place dans aucun des 2 camps.

      Comme souvent, la faute est originelle. Ici, c’est le regroupement familial (d’autres que moi remonteraient même avant, aux colonies…). Après, c’est un cercle vicieux sans fin, un enchaînement fatal de décisions à courte vue, chacune entraînant de nouvelles décisions à prendre pour parer au plus pressé.
      Coller des rustines, à chaque fois, mais le pneu était de plus en plus pourri et il aurait fallu dire : stop, on change le pneu, voire on change de vélo.

      Impossible, car beaucoup trop de convergences indues, et s’ensuivait un engrenage idéologique impossible à stopper, avec,
      • D’une part le discours raciste de Le Pen, et d’autre part le discours antiraciste des républicains, des gaullistes à la gauche…
      • D’une part l’ultra-libéralisme demandeur de main-d’oeuvre docile et d’autre part les valeurs humanistes de gauche de protection des personnes exploitées…
      • D’une part une idéologie mondialisée, d’autre part une idéologie internationaliste…
      Action / réaction / contre-réactions…

      On a laissé s’installer un mécanisme infernal, avec toujours plus de mixité non voulue, de pauvreté, de délinquance, d’immigration sauvage, de laisser-faire, de promesses non tenues, d’instrumentalisation, de démagogie, de dégradation des habitats, des services publics, d’abandon des populations confrontées à ces situations insupportables de coexistence et d’insécurité… etc etc !

      Alors, on fait quoi maintenant ?…

  • Léon

    Je crois, en réalité que je faisais l’âne pour avoir du son. J’avais finalement à peu près bien compris, mais il me semble que c’est plutôt toi qui te braques (à juste titre) sur une thèse qui serait univoque : l’immigration n’est qu’un des aspects de la mondialisation et la réaction identitaire ne concerne pas que l’immigration ou pas spécialement l’immigration. C’est effectivement un biais des médias. D’ailleurs toi comme d’autres avez relevé à juste titre que ce n’est pas la présence physique immédiate d’immigrés qui détermine le vote FN et Guilluy ne le dit pas non plus. Au contraire il essaie d’attirer l’attention sur l’abandon politique de 85 % des pauvres en France, qui ne sont nullement des immigrés d’Afrique et qui souffrent de tout ce que l’on a déjà énuméré (délocalisations, désertifications, etc) qui sont des conséquences de la mondialisation libérale (avec l’immigration aussi, d’ailleurs…).

    On fait quoi ? Mais la liste est tellement longue que je n’aurai pas la place ici. Mais en gros cela tourne autour du protectionnisme, de la laïcité et surtout, un point qu’on a négligé me semble-t-il c’est l’éducation.
    Voir par exemple ce texte très drôle de Piffard :
    Quand tu vois ça, tu te dis que des trucs à faire, ce n’est pas ce qui manque ! 😆

    • COLRE

      « l’immigration n’est qu’un des aspects de la mondialisation et la réaction identitaire ne concerne pas que l’immigration ou pas spécialement l’immigration. »

      Oui, ça on aurait pu l’espérer, avant… mais, d’abord, le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale est passé par là… Difficile de séparer les 2 aujourd’hui, après le discours de Grenoble, les innombrables déclarations de Guéant, la campagne présidentielle qui a ouvert grand les vannes aux thématiques les plus anti-immigrés de MLP… 18 % pour l’une, 27% pour l’autre…
      C’est peu dire qu’elles se sont banalisées. On baigne dedans.

      Tu te souviens de ce que j’ai écrit ?
      Que faire avec l’idéologie FN ? que faire de la xénophobie latente, en partie justifiée, en partie injustifiée ?
      J’ai pas de réponse toute faite, car je crois que c’est trop tard pour une bonne solution.
      Je n’en vois même que 2 : 
      – soit le chômage baisse franchement et le peuple s’enrichit et retrouve l’espoir… (et c’est pas pour demain)
      – soit le FN arrive aux manettes et nous montre ce qu’il prétend savoir faire avec les Français immigrés (ou d’origine)… (tu imagines le tableau ?).

      Tu trouve qu’une page n’y suffirait pas pour énumérer toutes les solutions, mais tu aurais bien du mal à en trouver une seule qui soit efficace à court terme… Ou alors un enrichissement soudain et miraculeux ?

      (ps : le texte de Piffard n’a rien d’efficace, un simple mouvement d’humeur à la Tesson… – salut Florentin 😉 )

  • Léon

    Là je ne te comprends plus trop, Colre. L’école publique, laïque et républicaine, dans une période de tension sur les questions d’intégration où c’est la connaissance du français qui est un enjeu d’assimilation, ne trouve rien de plus malin que d’organiser des cours d’Arabe, de Turc, de portugais ou de serbo-croate, en plus donc des cours normaux de langues vivantes et tu ne trouves pas « efficace » que Piffard le dénonce ? Mais les questions de xénophobie ne sont constituées que de petites ou grandes choses de ce genre. Pour le reste la demande populaire derrière le vote FN porte,en résumant, sur peu de choses : le protectionnisme.
    Une mesure efficace à court terme ? Rétablir des droits de douane (réels ou déguisés) sur les produits importés sur lesquels ont veut maintenir ou créer un substitut fabriqué en France.

    • COLRE

      Un peu tard pour réfléchir à cela… 😉

      Tout à fait d’accord avec des mesures protectionnistes, elles seront indispensables pour réindustrialiser le pays, comme Dilma l’a fait pour favoriser l’installation sur son sol de certains grands groupes (sinon, interdit… et ils sont venus, bien sûr).
      Mais cette mesure devrait être bénéfique à la population dans son ensemble et à l’emploi. Ce n’est pas une mesure spécifique à la question de l’immigration, non ?

      Oui, cette histoire de langues étrangères me paraît une bonne chose, je ne comprends pas où est le pb ?! il y a pas mal d’immigrés étrangers en France (légaux), avec enfants. Pourquoi ne pas les instruire sur la langue de leurs parents et de leur pays, plutôt que d’apprendre n’importe quelle 2ème ou 3ème langue ?
      Je pensais à Tesson, car ce raidissement moral me semble un mouvement d’humeur académique sans intérêt.

  • D. Furtif

    Il y a aussi cette analyse qui mérite le détour