À propos du « réchauffement climatique »: défendons les scientifiques !

Lectures :1966

Un préalable

La climatologie est l’un des domaines scientifiques les plus complexes qui soit. Le climat est l’exemple type d’un système à la fois chaotique et structuré par un nombre considérable de paramètres interactifs.

Il est donc définitivement exclu qu’un non-spécialiste puisse avoir le moindre avis pertinent sur les thèses liées au réchauffement climatique et à ses causes.

Conseillons la consultation d’un site très documenté réalisé par un scientifique reconnu, directeur de recherche honoraire en physique-chimie (pensée-unique.fr). C’est un adversaire résolu des thèses de l’origine anthropique du réchauffement climatique, et son site est évidemment surtout « à charge ». Et pourtant, son opinion est que la prévision d’un climat futur est actuellement illusoire, aussi bien dans le sens du réchauffement que dans nos possibilités d’agir sur ce processus.

« Au vu de ces difficultés et du très grand nombre d’inconnues qui restent à élucider, on comprend que les prévisions sur le futur de notre planète soient pour le moins hasardeuses. Les mathématiciens ou les physiciens sérieux diraient qu’il s’agit d’un énorme système d’équations différentielles à coefficients inconnus, non linéaires et couplées entre elles et donc très difficile à élucider. En plus, une partie est plus ou moins chaotique c’est-à-dire très sensible aux conditions initiales souvent inconnues. Il n’y a pas pire ! Pourtant, les programmeurs sur ordinateurs s’en donnent à cœur joie avec des milliers de paramètres inconnus et la forme des équations maîtresses qu’il faut essayer de deviner.

Disons gentiment que, comme toujours, ils obtiennent des résultats mais le problème c’est que l’on peut faire évoluer a volo les résultats en changeant un seul des paramètres ou une seule des équations inconnues. Comment croire que les ordinateurs font une prédiction correcte alors que les mécanismes essentiels des échanges et des rétroactions (feedbacks) positives et négatives sont encore très mal compriss et font toujours l’objet d’âpres discussions entre les chimistes, les physiciens, les climatologues, les géophysiciens etc. ? »

À la limite, on peut s’arrêter à ce constat d’un scientifique et mettre un point final à ce billet…

Mais d’abord prenons garde : n’y lisons pas une accusation sur un éventuel scientisme ou manque de déontologie adverse, mais une critique normale, « entre collègues », à l’intérieur d’un débat tout ce qu’il y a de scientifique, avec ses règles et sa culture.

Ensuite, il reste à s’interroger sur les raisons et les inconvénients d’un déchaînement d’avis aussi contradictoires que péremptoires dès qu’il s’agit du réchauffement climatique. Ces raisons sont connues et relèvent d’un mélange des genres souvent évoqué.

Pour mémoire, en plus des scientifiques dont c’est le rôle de s’exprimer, il y a : les lobbies industriels, les nations et leurs intérêts géopolitiques, les partis politiques, les médias et les peuples… autant de « genres » qui se mélangent alors que leurs intérêts sont discordants, leurs intentions équivoques pour ne pas dire suspectes, et leurs compétences pour le moins diverses et sujettes à caution.

Un rappel amer des responsabilités politiques

N’oublions pas les grands responsables de cet état de fait : les politiques défaillantes en matière d’aide à la recherche. Il faut se rappeler les faibles moyens donnés à la recherche il y a 20 ans et plus… C’est évidemment au moment des grandes catastrophes ou de l’inconfort des prévisions estivales que les pouvoirs publics ou les citoyens se réveillaient et protestaient sur les aléas de Météo France… D’aucuns, dont j’étais, disaient déjà à l’époque : « et puis quoi encore ? on coupe les crédits, on ne favorise pas le maillage territorial d’observation qui coûte cher, on ferme les labos, on saucissonne les pouvoirs entre le CNRS et l’université, on recrute de moins en moins de jeunes, on accepte la « fuite des cerveaux »… et l’on voudrait benoîtement profiter d’une discipline efficace, pertinente, qui fait le tour d’une question colossale et qui soit apte aux prédictions, l’un des arts les plus difficiles qui soit ?! »

Aujourd’hui, grâce à l’engouement médiatique suscité par le danger du réchauffement, la climatologie a au moins gagné cela : elle est devenue porteuse et la discipline a fait un bond de géant. On peut avoir toute confiance dans la qualité de ses résultats à l’horizon des 10 ans car désormais l’argent est là, ainsi que l’intérêt politique, la dynamique, les labos, les recherches sont internationales, il y a de la concurrence, les données s’engrangent, la multiplicité des approches commence à démêler la complexité multifactorielle et à décloisonner une discipline qui traverse de multiples champs de la connaissance.

La réalité du réchauffement : l’efficience politique d’un constat

Le réchauffement est patent : faible ou important, durable ou pas, anthropique ou pas, à la limite ce n’est pas urgent de le savoir précisément car c’est encore prématuré. Il est important de continuer à modéliser, à observer, à recueillir des données, mais il faut surtout comprendre le mécanisme dans ses conséquences en termes de modification climatique à venir (catastrophiques ou pas), de fonte des glaces, de hausse du niveau des océans par exemple et de ses implications sur la géographie humaine des zones côtières, et surtout de pollution (risques sanitaires et techniques de prévention).

C’est là, en plus de l’aide à la recherche fondamentale en climatologie, que les politiques doivent agir : sur l’aménagement du territoire, les digues par exemple, les protections contre la pollution, les problèmes d’eau, les incitations aux ressources énergétiques propres, les économies d’énergie dans l’habitat ou le transport, l’aide aux travailleurs de la terre et de la mer…

Gardons au moins les avantages d’un débat  faussé

Même si le débat fut faussé, sciemment ou non, la prise de conscience envers le réchauffement climatique généra une réaction populaire extrêmement bénéfique à l’égard des énergies fossiles. Jusque-là, un salutaire mouvement d’idées concluait à la nécessité urgente de les remplacer par des énergies substitutives, locales, adaptées, accessibles à tous et à tous les pays, énergies qui se trouveraient être non seulement propres mais moins chères. Pour les pays du Nord, en climat tempéré ou plus froid, les économies d’énergie sont primordiales. Mais dans les pays du Sud ou en forte croissance comme la Chine, la question de l’énergie est également cruciale.

Et l’on sait que viendra le moment inéluctable où les réserves s’épuiseront…

C’est toute la géopolitique qui s’en trouve bouleversée.

Les pays producteurs, évidemment en phase avec les grands groupes pétroliers, n’ont aucune envie de voir se tarir cette manne financière, et il est plus que probable que ce sont eux les lobbies les plus puissants et déterminés qui ont fait capoter Copenhague et utilisent tous les moyens à forte propagande, notamment sur le net, pour contrecarrer cette idéologie si dangereuse pour leurs intérêts personnels : on retrouve à la manœuvre à la fois les « complotistes » encartés, mais aussi tous les « compagnons de route » (expression moins dévalorisante que « idiot utile », mais l’idée y est…) et les scientifiques développant des thèses alternatives, enrôlés – souvent à leur corps défendant – dans le vaste mouvement anti-réchauffiste et « complotiste » .

Habile manœuvre dont le but fut de discréditer les scientifiques dits « officiels » (!) et l’ensemble du mouvement écologique afin de sauvegarder les grands intérêts financiers des lobbies pétroliers (industriels et pays producteurs) et les rapports de force idéologiques (altermondialistes, x-gauche et « complotistes », pour simplifier).

Tous, « réchauffistes » et « climato-sceptiques », sont responsables d’une régression envers un phénomène qui garde son potentiel de danger pour la planète et ses habitants, quand bien même les causes en seraient mal élucidées et le rôle de l’homme moins conséquent qu’on ne le craigne.

Quand bien même l’homme ne peut agir sur le climat dans l’état actuel des avancées scientifiques et technologiques, nous devons tous néanmoins conserver cette vigilance et cette dynamique d’action à l’égard de la question énergétique dans tous ses aspects, y compris celle des économies d’énergie, de la pollution, de la protection de l’environnement… et ne pas être dupe des faux débats.

42 comments to À propos du « réchauffement climatique »: défendons les scientifiques !

  • D. Furtif

    Bonjour Colre
    Je ne suis pas surpris de trouver l’habituel manque de sérieux déjà rencontré si souvent dans vos posts. En effet vous osez parler de climatologie et vous ne citez même pas le nom ni les lumineuses théories des deux grands esprits que l’international nous envie.
    Vous aurez reconnu JL et Pyralene
    Comment en ce début de 3è millénaire pourrait-on se passer de leurs contributions surtout quand ils les combinent au découvertes définitives des Larouchiste qui ont su démonter pierre à pierre les articles de Wald.

  • Très bon billet de synthèse, COLRE. Tout y est, y compris l’inconnu. 100 % d’accord avec toi. Ce débat idéologique plus que scientifique entre pro- et anti-réchauffement bascule trop souvent dans l’irrationnel. Le réchauffement climatique est un phénomène désormais avéré, et l’on ignore encore quelle est la dose anthropique qui en est la cause. Quelle que soit cette dose que ce réchauffement soit avant tout un phénomène cyclique naturel ou, comme il est plus que probable, que les activités humaines en augmentent très sensiblement l’ampleur, cela ne change rien au fait qu’il faudra bien que les pouvoirs publics agissent pour nous permettre d’y faire face dans les meilleures conditions possibles et que la pollution engendrée par le toujours plus de croissance industrialiste devra être maîtrisée au maximum.

    • COLRE

      Merci Marsu, je sais que nous sommes très en phase sur plein de sujets…
      C’est vrai que cela finissait par être agaçant de voir mettre dans le même sac à amalgames tous ceux qui causent sur le sujet et mélangent allègrement (c’est le mot… 😉 ).

  • castor

    Ben ça, c’est MA Colre.
    Celle qui dit les choses avec justesse et précision.

    • COLRE

      Coucou mon Castor, j’essaie toujours d’être « juste » et « précise », tu sais bien, mais des fois, la moutarde me monte au nez… Je vais aller voir chez Johan où, ce coup-ci, nous risquons de ne pas être d’accord… 😉

  • Emile Red

    Pour le coup, soyons pascalien et acceptons le pari du réchauffement, l’homme, à supposé qu’il n’est aucunement coupable, a toute responsabilité intellectuelle à se donner les moyens d’agir pour protéger la planète.

  • Salut COLRE, je suis presque entièrement d’accord avec toi. Je suis en pause actuellement, je rédigerai une réponse plus longue en fin d’après midi, c’était juste pour dire que j’ai beaucoup apprécié. A tout à l’heure. 😉

    • COLRE

      Salut Wald, au plaisir de te lire, toi qui es un « réchauffistologue » reconnu. j’ai hâte d’avoir ton avis.
      Travaille bien, n’oublie pas nos retraites, présentes et futures… 😉

  • Léon

    Bonjour Colre. Je récapitule donc : ça ce réchauffe mais on ne sait pas si c’est la faute de l’homme et on ne sait pas si l’on peut y faire quoi que ce soit. J’ai bon ?

    • @ Léon

      Tu caricatures. A part quelques frappadingues et idéologues scientistes et/ou ultra-libéraux défenseurs du laisser-faire en toutes choses sauf en matière de virage des ultra-libéraux à coups de pied dans le cul, la plupart des spécialistes compétents sont d’accord sur le fait que nous devons affronter un changement climatique de grande ampleur. Ce phénomène indubitable aurait deux causes : d’une part une cause naturelle, hélio-tellurique, et d’autre part une cause artificielle, anthropique. Personne n’est à présent capable de quantifier avec certitude l’apport anthropique à ce réchauffement. Que ce dernier soit de petite ou de grande ampleur ne change rien, au fond, aux défis qui attendent l’humanité concernant le climat. Il est évident que notre modèle économico-industriel pollueur n’est plus viable, et qu’il est la cause de la part anthropique du réchauffement.

      Le fait de prendre en compte toutes ces interactions complexes ne veut pas dire qu’il est impossible de rien faire ni ne nous dispense d’agir. On peut néanmoins encore prendre le temps d’analyser tout ça le temps que la science devienne plus compétente en climatologie et qu’on cerne mieux le problème, vu que ce sont des tendances de long terme. De toutes façons, il faudra qu’on s’enfonce bien dans le mur avant que l’humanité ne réagisse : c’est toujours comme ça.

      Je formule une hypothèse : admettons que les causes anthropiques du réchauffement finissent, après études sérieuses, par apparaître comme quantités négligeables (je précise que ce n’est pas mon opinion). Qu’est-ce que ça changerait ? Il faudrait de toutes façons se coltiner ce problème de réchauffement en plus de tous les problèmes écologiques annexes auxquels on est confrontés…

    • COLRE

      Bonjour Léon, il y a un peu de ça, oui…
      Mais comme le précise Marsu avec justesse : tout cela « ne change rien, au fond, aux défis qui attendent l’humanité concernant le climat. Il est évident que notre modèle économico-industriel pollueur n’est plus viable ».

      Il faudrait en profiter pour surfer sur la vague de la mobilisation des consciences pour traiter les pbs d’environnement : pollution (les risques sanitaires sont énormes), les pbs d’énergie (se déprendre du tout pétrole), les problèmes sociaux (aide aux agriculteurs, pbs alimentaires… créer une industrie verte forcément locale, « indélocalisable »… etc.)

      Là, on est en plein dans le boulot des politiques. Laissons les chercheurs se dépatouiller avec leurs modèles, aidons-les à travailler, ne leur tirons pas dans les pattes, mais ne les utilisons pas dans ce qui n’est pas de leur ressort.
      Mais les politiques, c’est comme les « patrons » : il faut qu’ils aient le couteau sous la gorge pour se bouger, prendre des risques tout en soignant la cohésion sociale et la justice…
      Je sais, ce n’est pas simple, mais c’est leur mission et leur grandeur. Qu’ils ne s’étonnent pas, sinon, du mépris dans lequel on les tient régulièrement et du populisme toujours renaissant !

  • Léon

    Clore, une question tout de même : les scientifiques ont bien pris un certain nombre de positions en fonction des travaux déjà effectués. Ils devaient donc considérer qu’ils avaient assez d’éléments pour affirmer l’origine, au moins partiellement anthropique, du réchauffement. A partir de quel moment pourra-t-on considérer que les résultats sont scientifiquement acquis, validés ? Quand Allègre se sera pendu à un branche ?

    • COLRE

      Question difficile, Léon…

      Je ne suis pas climatologue, tout au plus ai-je qques connaissances sur le climat du passé et les évolutions cycliques (mais partiellement cahotiques) des alternances glaciaires et interglaciaires.
      Il est sûr que depuis 10.000 ans on est dans une grosse remontée des températures, et l’homme n’y est évidemment pour rien. Les causes astronomiques sont connues pour ces périodes anciennes (et plus anciennes encore…).

      Mais qu’en est-il aujourd’hui ?…

      Il semble assez sûr qu’on est actuellement dans une phase de tendance au réchauffement depuis un peu plus d’un siècle.
      • D’aucuns pensent au rôle de la révolution industrielle : à l’homme.
      • D’autres ne voient là que de simples sous-pulsations comme il y en eut au Moyen Âge suivi du « petit Âge Glaciare » : rien donc, ni de durable, ni d’anthropique…

      Le pb, c’est l’interprétation du CO2.
      Or, il peut être la cause de l’effet de serre et du réchauffement (donc anthropique), ou la conséquence (dû au réchauffement, éventuellement naturel).
      Donc, il y a co-variation entre température et quantité de CO2 (si j’ai bien compris…), et dans ce cas c’est difficile de démontrer les responsabilité des uns et des autres paramètres.

      Une solution : si la cause est due à l’activité solaire, ce sera facile à démontrer dans les années à venir car on est en train de changer de cycle solaire. Donc, si c’est le cas, il suffit d’attendre un peu et la tendance au réchauffement pourrait s’inverser…
      Ce qu’il y a de bien avec cette théorie alternative, c’est qu’elle est « prédictive », l’un des fondements épistémologiques : prévoir un phénomène et qu’il advienne est un élément de validation d’une théorie.

      En revanche, si le CO2 continue à monter ainsi que la température, ce sera plus long de prouver quoi que ce soit…
      En fait, une impression : ce serait plus simple de démontrer que l’homme n’y est pour rien (s’il n’y est pour rien) que l’inverse (s’il est responsable).

      J’attends un peu l’avis de Wald, car je me suis pas plongée dans tout ça : juste en surface… 😉

      • COLRE

        Au fait, j’avais oublié de vous répondre sur Allègre…
        Je me dis que si jamais je me mettais à avoir les mêmes avis qu’Allègre, alors, je peux vraiment m’inquiéter !
        Sans rire : il ne dit pas que des conneries, mais c’est un pur hasard. :mrgreen:

        (Vous connaissez ces théories sur ce jeu qui consiste à jouer sur le hasard davantage que sur votre réflexion car il a été démontré que le hasard était plus pertinent pour gagner que d’essayer d’anticiper ce que son adversaire allait jouer ?)

  • Léon

    Toute autre chose, avez-vous pu prendre connaissance de l’histoire des tableaux de Noukous ?

    • COLRE

      Oui, je suis allée sur votre site.
      Je dois avouer avoir reçu un vrai choc esthétique avec ces tableaux… comme de pénétrer dans la 4ème dimension, ou plutôt comme la découverte d’une sorte de Lascaux : un truc qui se connecte à rien dans ma tête, la surprise, quoi…
      J’ai vraiment adoré.

      (je ne sais plus où j’ai lu cela : c’est vous sur votre site ? « un chaînon manquant », oui, c’est cela, un chaînon manquant entre 2 univers artistiques familiers…)

  • claude*

    bonjour,

    merci colre pour cet article comme d’habitude précis, documenté et agréable à lire.

    dans la même veine, je viens de visionner sur france 5, un documentaire nommé « ECOLOGIE, CES CATASTROPHES QUI CHANGERENT LE MONDE » , il repasse Dimanche 25 Juillet à 01:39. Le documentaire retrace, à l’aide d’images d’archives, l’émergence de la prise de conscience écologiste : depuis 1945, avec l’accélération de l’industrialisation du monde, des catastrophes écologiques majeures secouent la planète, de la pollution au charbon survenue durant l’hiver 1952 en Angleterre aux conséquences désastreuses de l’ouragan Katrina en 2005, en passant par la plus grave explosion nucléaire civile de l’Histoire, Tchernobyl en 1986. pour ceux qui peuvent l’enregistrer, je l’invite à le faire.

    on s’aperçoit que l’équilibre écologique n’est pas un problème qui date d’hier, et que les coups de semonce sont réguliers depuis les années 50, gravissant chaque fois un degré dans la gravité des dégâts occasionnés par l’homme.

    corine lepage, avocate des communes dévastées par la marée noire de l’amocco cadix, soulignait fort justement, que tant que l’on mettrait le profit au centre de l’industrialisation et de l’exploitation des richesses naturellles, ne pourrait inverser efficacement la machine. aujourd’hui l’inde et la chine rejettent plus de gaz à effet de serre que les états-unis : il faut donc trouver une solution pour que les pays dits « émergeants » puissent se développer, sans accentuer le déséquilibre climatique.

    • COLRE

      Bonjour claude,
      merci !
      Non, je n’ai pas vu ce docu… j’essaierai de le regarder.
      Sinon, bien d’accord avec Lepage (et d’autres, car elle n’est pas forcément la mieux placée pour parler d’excès dans le rôle du roi « profit »… mais je l’apprécie néanmoins)

  • Waldgänger

    Re COLRE,

    Il est tout à fait vrai que la climatologie est impossible à saisir au niveau d’un spécialiste, d’autant plus si on est un non-scientifique. Néanmoins, je pense que chaque citoyen devrait dans l’idéal chercher à se faire une opinion propre dans un domaine aussi essentiel. C’est un mécanisme normal des démocraties que de penser que la prise de décision dans un domaine n’est pas réservée aux spécialistes de la question en cause, mais que c’est l’ensemble de la communauté politique qui décide, c’est à dire les dirigeants et les citoyens ordinaires (dans une démocratie parfaite). Se saisir des données d’un problème, tenter de comprendre l’essentiel d’un dossier, c’est le rôle des dirigeants et des citoyens, qui sont à mon sens capables de comprendre pas mal de données du problème dans le cas du climat. Il est cependant vrai que ce n’est possible qu’au prix de gros efforts d’assimilation et de compréhension, pour un niveau de connaissance qui restera à des années lumière du spécialiste.

    Jusqu’où un profane peut-il chercher à se faire une opinion personnelle ? Sur le climat, il y a une grande quantité de vulgarisation, qui est accessible à un non scientifique, même s’il faut faire parfois des efforts.

    Pour un néophyte comme moi, il reste quelques certitudes. Il est prouvé par la paléoclimatologie que la Terre réagissait positivement à des forçages climatiques par le biais du carbone ou des paramètres astronomiques (les cycles de Milankovich qui sont de toute évidence à l’origine des ères glaciaires. Il y a déjà une preuve empirique, à laquelle s’ajoutent les expériences physiques de base sur l’opacité aux infrarouges du CO2 et de la vapeur d’eau, que l’on peut mesurer le plus simplement du monde dans un laboratoire avec de simples bocaux transparents. Avec de telles preuves compréhensibles par tout le monde, on se demande comment une augmentation des gaz à effet de serre pourraient déboucher sur une stagnation des températures.

    Il n’y a pas une grande quantité de solutions si on veut faire du climatoscpeticisme qui tienne vraiment la route scientifiquement. On peut tenter de nier les lois scientifiques sur le bilan radiatif et l’effet de serre, comme dans l’article grotesque des inconnus au bataillon Teuschner et Gerlich, mais même un non scientifique peut piger où le bât blesse (leur papier a du attendre deux ans pour se faire publier dans une revue de troisième zone). Après, il ne reste plus qu’à trouver des défenses qui soient donnent de gros délais de répit, comme par exemple montrer que les océans pourraient absorber plus de chaleur, mais il semble d’après mes lectures qu’un océan qui se réchauffe en surface est au contraire davantage stratifié.

    En réalité, si l’on veut vraiment attaquer les partisans du réchauffement sur les points faibles du point de vue scientifique, il faut le faire sur les feed-back négatifs, qui sont, comme les boucles de rétroaction positives, encore assez mal modélisés. Il y a celui des poussières produites par la pollution, car si des polluants de couleur sombre comme la suie renforcent le réchauffement, d’autres comme le SO2 renvoient la lumière dans l’espace. Le problème est que l’argument est à double tranchant, car à trop surestimer son importance, on abonde dans le sens des partisans du réchauffement, car ça veut dire que le réchauffement potentiel est bien plus grand si les rapports entre les gaz à effet de serre et certains polluants ne suivent pas. Il reste une vraie voie, celle des nuages, dont la rétroaction globale serait négative, mais avec pas mal d’inconnues (les feed back des nuages sont positifs et négatifs, tout est question d’importances respectives). Ce n’est pas un hasard si les sceptiques les plus sérieux, comme Lindzen, leur attribuent une grande importance et un pouvoir capable de neutraliser le réchauffement. Le problème est que ses études sont très critiquées et semblent avoir des faiblesses, et que s’il n’y a pas de rétroaction positive actuellement, on reste sans explication pour les ères glaciaires (les variations de puissance solaire reçue dans les cycles de Milankovich sont très insuffisantes pour expliquer des mécanismes climatiques capables de faire baisser le niveau des mers de 120 m et d’amener une moraine glaciaire terminale à Lyon).

    Il y a encore un moyen, c’est de dire que la Terre se réchauffe, mais que c’est uniquement à cause des cycles naturels, tels que le cycle ENSO (Nino/Nina), la NAO et le SAM (deux oscillations polaires), mais leur importance cumulée ne peut expliquer des variations de plus de 0,3°C, et on en est au double, et supposer qu’ils ont été tous positifs durant des décennies relève d’une vue de l’esprit à mon sens. Bref, les sceptiques n’ont pas vraiment réussi à me convaincre, leurs explications buttent à mon sens sur la simple question : que devient l’énergie additionnelle reçue par la Terre à cause du mécanisme de l’effet de serre ?

    • COLRE

      oulà ! on vient de se croiser… je te lis et te réponds… 😛

    • COLRE

      Cher Wald,
      merci de ta longue analyse très documentée. Complètement d’accord avec ton début.
      Mais je dois te dire que les questions que tu soulèves dans ta deuxième partie tombent pile poil dans le problème d’interprétation que j’évoquais : celui d’un système complexe et chaotique où chaque paramètre a presque sa vie propre et vient télescoper les autres, parfois en s’y additionnant, parfois se soustrayant, parfois se neutralisant…

      Et tout ça bien sûr, avec une variabilité dans le temps et dans l’intensité de ces interférences…

      J’avoue être un peu à la limite d’une capacité à te répondre sur les paramètres que tu évoques : je les ai tous vu à droite ou à gauche, mais leur rôle, en INTERACTION, avec tous les feedback que tu cites toi-même, je ne sais pas si on peut s’en sortir dans l’état actuel des choses…

      Tout de même, mieux on connaît le paléoclimat par les énormes avancées permises par les carottages du Groenland, de l’Antarctique et des carottages océaniques : et mieux on se rend compte des cyclicités glaciaires / inter, de plus en plus fines et précises.
      Rends toi compte :
      • les cycles de Milankovitch (exentricité terrestre, obliquité, précession des équinoxes) déjà : en gros : 100.000, puis 40.000 ans, puis 20.000 ans
      • ensuite, les Henrich : c’est quoi le cycle ? de 5 à 10.000 ans, non ?
      • et puis les oscillations de Dansgaard-Oeschger : 1000 ans !!!
      Tu te rends compte, tous ces cycles qui se croisent et interfèrent ? ça donne une courbe paléoclimatique globalement chaotique mais avec des grandes régularités néanmoins… Et tout ça, bien sûr, c’est sans l’homme.

      Je crains de ne pas être en mesure de suivre tous tes raisonnements… 😉
      Il me faudrait du temps pour m’y replonger.

      Dis-moi, que penses-tu de la réponse que j’ai faite à Léon, ci-dessus ?
      Et que penses-tu du site pensée-unique.fr ?

      • Chère COLRE,

        Je suis entièrement d’accord sur les paléoclimats, ils ont montré des évolutions sans intervention humaine. Après, la vraie question est de savoir ce qui les fait varier. La physique solaire montre que les variations de puissance de l’étoile ne suffisent pas, et de loin. Mais, à mon sens, si ce sont les rétroactions qui dirigent vraiment le climat de la terre, alors on peut se poser la question des conséquences à terme d’interventions humaines qui sont bien plus fortes que les variations astronomiques passées.

        Les variations du taux de CO2 suivent celle des températures, il y a des imprécisions obligées dans les carottages, forcément, mais à ce que j’ai lu, il est considéré que les mouvements de températures précèdent ceux du CO2. Après, on peut interpréter de deux manières, soit le CO2 n’a pas l’effet qu’on lui prête, soit il est un élément d’un système de feed back dont il n’est pas le déclencheur.

        Sur les cycles solaires les plus courts, ceux de Schwabe, on arrive à évaluer leur impact climatique entre les deux extrémités du cycle, de l’ordre de 0,1°C. les cycles les plus longs, solaires ou astronomiques, sont du même ordre. En plus, le problème est qu’il y a un découplage depuis une trentaine d’années entre l’activité du Soleil et l’évolution des températures, alors qu’il y avait corrélation auparavant.

        Le petit Age glaciaire et l’optimum médiéval sont objets de débat. Actuellement, il y a des divergences entre les sceptiques et les spécialistes de la reconstitution de températures sur le dernier millénaire, basée notamment sur les cernes de croissance des arbres, avec surtout l’équipe de Mann. A une époque, on avait surtout des renseignements qui provenaient de l’hémisphère nord, où ces deux appellations ont leur pertinence. Mais quand on s’est mis à utiliser des sources provenant d’ailleurs, on s’est rendu compte que dans d’autres zones de la palnète, il y avait des températures stables voire parfois plus froides, et c’est là que le débat s’envenime.

        Mann est cependant critiqué par bien d’autres personnes que les sceptiques, il faut le reconnaitre. Il faut dire que les données provenant des arbres sont « lissées » et affaiblies, ce qui fait que les tendances à long terme masquent les oscillations passagères. Le problème est que Mann superpose ses résultats forcément approximatifs à des relevés de températures faits au thermomètre, le tout dans des mêmes courbes, les relevés récents sont forcément plus « accidentés », et des scientifiques convaincus du réchauffement ont des doutes, ce qui est compréhensible.

        Le petit âge glaciaire a été difficile à modéliser sur superordinateur, on y est parvenu à la NASA il y a quelques années quand on a fait tourner un modèle qui intégrait les interactions stratosphère-troposphère. On obtient des températures inférieures de 1 à 2°C sur l’Europe du Nord et une partie de l’Arctique, mais des températures mondiales pas très différentes.

        Pour résumer, le point de vue des scientifiques majoritaires, pour le réchauffement, est que ces épisodes sont représentatifs d’une période interglaciaire, où les évolutions sont plus des redistributions de chaleur entre zones du globe que des mouvements globaux. Les vraies ères glaciaires sont bien sûr différentes, même si les températures varient peu aux tropiques, qui sont par contre très arides. Pareil pour la période actuelle, à l’augmentation moyenne qui reste modeste mais qui se produit dans presque toutes les régions du globe, à part quelques exceptions.

        Pensée unique est un site que j’avais parcouru à une époque. Pour t’avouer, je n’y vais plus depuis un moment, pour moi, il y a surtout des hoax dedans, mais pas les plus mal faits. J’en avais trouvé plusieurs, et depuis, je n’y traine plus beaucoup.

        • COLRE

          Salut Wald,
          Je n’ai pas eu le temps de passer aujourd’hui ni de me replonger dans tes données… Merci de tes infos. Je les regarderai plus tard 😉

  • rocla

    Y a aussi ceux qui fument des cigarettes et autres cigares . La température du bout allumé est très chaude .
    On a constaté qu’ à des endroits où les gens sont très peu nombreux et où donc personne ne fume , par exemple sur les glaciers du pôle Nord , la température est en moyenne beaucoup plus basse que dans un bistrot au sud de la Lybie où se réunissent des hommes d’ affaires qui boivent un rafraîchissement dans l’ arrière salle surchauffée et fumant des Camel alors que la clim est en panne .

    Ouf quelle chaleur .

    Colre 😆

    • COLRE

      Salut Cap !
      Eh oui… ça vous rappelle pas quand votre « ami » Tintin subissait cette extraordinaire chaleur dans l’Etoile mystérieuse ? avec le prophète de malheur qui criait dans les rues… Ça fait une paye que je ne l’ai pas relu.
      Quand j’étais petite, cela m’avait fait super peur le coup de l’araignée géante sur l’astéroïde… 😯

      8)

  • rocla

    Coucou Colre ,

    Que de souvenirs mes aventures dans l’ Etoile mystérieuse . Heureusement mon ammi le Capitaine Chester m’ a donné la main . Ces énormes champignons qui grossissaient vitesse grand V sous l’ effet métallique du bout de météorite tombé dans la mer , pas loin . J’ en ai fait sécher à l’ époque , et j’ en mélange un peu avec le tabac pour ma pipe .

    D ‘où mes propos un peu décousus quelquefois .

    Sinon , Colre ils sont très bien vos articles .

    Nestor , une p’ tite tournée contre le réchauffement .

  • Au fait COLRE, encore merci d’avoir fait un article sur ce thème qui me tient à coeur. Je l’ai trouvé excellent, tout comme ton intervention sur le message de Léon.

  • D. Furtif

    Merci à Colre et Waldganger qui viennent de nous montrer ce que peut offrir un débat alimenté par des gens compétents .
    Je voudrais poursuivre dans cette voie de louanges mais je suis sûr que je vous gênerais.

  • yohan

    Le climat change sûrement et mon avis est que nous sommes autant responsables que nous n’y pouvons rien. Pourtant, il y a des choses qui ne se démentent pas. Il pleut une semaine sur deux sur Roland Garros et ma fille vient de me faire remarquer que comme d’hab, il y a presque toujours des orages les jours de feu d’artifice (14 juillet et 15 août). Un repère qui vaut ce qu’il vaut et qui montre que tout est relatif.

    • L'enfoiré

      Yohan,
      Je vais vérifier cela pour notre fête nationale.
      La « drache nationale » aura-t-elle lieu comme d’habitude?
      Pas si sûr, d’après les prévisions. 🙂

  • Tyner

    COLRE a écrit : « À la limite, on peut s’arrêter à ce constat d’un scientifique et mettre un point final à ce billet… Mais d’abord prenons garde : n’y lisons pas une accusation sur un éventuel scientisme ou manque de déontologie adverse, mais une critique normale, « entre collègues », à l’intérieur d’un débat tout ce qu’il y a de scientifique, avec ses règles et sa culture. » (souligné par moi)

    Je crois que c’est ici, précisément, qu’il y a enjeu pour (tenter de) comprendre ces débats. Puis-je oser avancer que vous vous illusionnez un peu sur ce point ? Les scientifiques non climatologues dits « climato-sceptiques » qui ne publient que dans des ouvrages de vulgarisation ou des blogs plus ou moins agressifs et non pas dans des revues reconnues en climatologie n’utilisent absolument pas les « règles et culture du débat entre collègues ». Considérer leur apport comme équivalent à celui des scientifiques spécialistes actifs dans le domaine engage déjà dans un terrible biais.

    Ceci n’est pas un hommage élitiste à une « expertise fermée », pas du tout ; mais bien plutôt la revendication que, pour ce faire un avis de citoyen en science, il y a nécessité de faire la part des choses dans les données qu’on nous fournit.

    • D. Furtif

      Merci Tyner . Pas mieux

    • Waldgänger

      Pareil que Furtif. Il n’y a que quelques sceptiques qui publient dans la filière scientifique normale, comme Svenmark et Lindzen. Le reste n’existe que sur le Net, dans des sites orientés, ou dans des revues de quatrième zone.

    • COLRE

      merci ! j’aime être gênée comme ça… 😳 😉

    • COLRE

      Ah… mais justement, c’est là où l’on n’est pas d’accord (sur l’autorité de la déclaration).

      Ce n’est pas si simple, il n’y a pas QUE un combat camp contre camp. Les scientifiques ne sont pas obligatoirement enrôlés dans l’une des positions. Il y en a qui travaillent sur des points précis et qui apportent de la matière à pensée, des données…
      Je pense que c’est une erreur de présenter les choses ainsi.

      Il y a une importante littérature vraiment scientifique, qui participe à la recherche climato et paléoclimatologique et qui n’a pas forcément une religion sur l’anthropogénèse du réchauffement !

      (ps : mon com précédent est mal placé : s’adresse au furtif)

  • Tyner

    Le cas Lindzen est effectivement à part ; on a été là dans la polémique scientifique normale au début. Force est de constater que, comme l’auteur en question ne daigne désormais plus considérer les critiques extérieures de ses pairs pour affiner son travail, il y a les indices d’une petit dérive… [Je reste euphémistique.]

  • Bonjour COLRE, bonjour à tous,

    Je suis bien d’accord, le débat a débordé du cadre scientifique et la climatologie est une science complexe, et récente !

    Comme d’habitude, l’AFIS a consacré tout un dossier aux controverses qui agitent différents scientifiques avec des articles d’André Lebeau, ancien directeur de Météo-France et directeur adjoint de l’Organisation Météorologique Mondiale, Michel Petit ancien directeur de l’Institut National des Sciences de l’Univers au CNRS et membre du GIEC, Vincent Courtillot et Jean-Louis Le Mouël chercheurs à l’Institut de Physique du Globe de Paris, , Benoit Rittaud mathématicien, Michel Naud, et une série de notes de lecture.

    Tous scientifiques de haut niveau qui ne sont pas d’accord entre eux !

    Tyner a bien tort de parler de scientifiques (forcément) « non-climatologues » donc climato-sceptiques !

    Le débat est en cours d’autant plus qu’on observe une « pause », depuis 10 ans dans un réchauffement qu’on pensait ininterrompu.

    De grâce ne lancez pas d’adjectifs infamants sur ceux qui ne sont pas d’accord avec l’une ou l’autre thèse, prenez donc la peine de lire ces fameuses revues scientifiques auxquelles vous faites allusion.

    • COLRE

      Merci finaell,
      Il faudrait que je collecte une biblio… mais j’ai assez peu de temps en ce moment, et bientôt, j’ai envie de… vacances !! 8)

  • Tyner

    Je suis abonné depuis des années à la revue Science et pseudo-science de l’AFIS ; j’y suis très attaché, presque de manière sentimentale tant elle est un des seuls lieux en France où les débats sceptiques sont rendus accessibles au grand public. Et je suis bouleversé de dire que les bras m’en sont tombés quand j’ai vu arriver dans ma boîte aux lettres et ai feuilleté la dernière mouture…

    (NB : finael, ne vous méprenez toutefois pas : Science et pseudo-science n’est pas une de ces revues où la science se fait dont j’ai parlé, mais une revue où la science (et la pseudo-science donc) se commente et s’analyse ; c’est fort différent. [Mon commentaire plus haut a été écrit alors que j’avais lu « mon » Science et pseudo-science])

  • ranta

    Salut COLRE, bon Dieu j’ai pas eu le temps de te dire à quel point je suis content que tu écrives, et dire que je t’ai poussé à le faire….tu le fais…et je suis pas là pour te féliciter 👿