Vive l’éducation !

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Une société qui ne ne s’occupe pas de ses enfants, ne les protège pas, ne les éduque pas est une société bien mal en point. Je pense que personne ne me contredira. Alors pourquoi laissons-nous le gouvernement, avons-nous laissé les gouvernements précédents « flinguer » l’enseignement ?

C’est un coup de gueule que je pousse, pourtant à titre personnel je ne suis pas vraiment concerné : j’ai un fils en fac, et le second a, non seulement des facilités, mais en plus le goût d’apprendre. Ce sont typiquement deux gosses qui s’en sortiraient dans n’importe quel système.

Je ne suis pas d’accord avec la politique du gouvernement en matière d’éducation : les suppressions de postes, l’absence de formation des nouveaux enseignants, le fait qu’il y ait de plus de en plus d’élèves par classe, que les programmes soient de plus en plus chargés, que l’on multiplie sans cesse les enseignements secondaires – la sécurité routière, l’informatique, les massages cardiaques, etc… – en rognant sur les matières fondamentales…Et j’en passe…

La suppression de 16 000 postes au nom de l’efficacité – comprendre que l’educ nat est un foutoir – me paraît être une justification des plus faux-cul qu’il soit.

Mais, mon indignation devient sans bornes quant à la suppression de la formation des enseignants, déjà battue en brèche depuis longtemps.

Voilà l’histoire d’une amie : Fin des années 80, Nelly obtient un doctorat en biologie. Elle prend deux années sabbatiques pour assouvir sa passion du delta-plane et voyage dans de nombreux pays pour profiter des meilleurs sites de vol. S’étant coupée d’une carrière de recherche elle choisie l’éduc nat. Premier poste en lycée, un remplacement, avec pour seule formation : « démerde toi toute seule ». Second poste en collège avec la même recommandation, et ainsi de suite de lycées en collèges. Elle passe et obtient le capes, et toujours cette même consigne…. Elle commence à déprimer : elle a conscience qu’à part les sept ou huit élèves de ses classes qui suivent sans problèmes, pour les autres son absence de méthode pédagogique les condamnent.
Depuis, elle enseigne en fac, c’est bien plus simple, elle balance son cours et basta.

Alors aujourd’hui, l’idée géniale est de lancer dans le grand bain de jeunes profs sans aucune formation, avec pour seule « réforme » une année supplémentaire dans leur parcours universitaire, et l’immense foutage de gueule de leurs associer un tuteur pour les former. À raison de six heures par semaine, soit en gros le tiers de leur temps d’enseignants, il ne fait aucune doute que notre système éducatif est en voie d’atteindre des sommets.

J’irai aussi plus loin. J’ai eu la chance- mes enfants aussi – d’avoir eu quelqu’un à la maison lorsque je rentrais de l’école. Ma mère était là -par choix, choix qui lui a coûté assez cher à l’heure de la retraite- j’avais donc de l’aide pour mes devoirs et une surveillance. Pas question pour moi d’aller traîner n’importe où, avec n’importe qui, à faire n’importe quoi. Très sincèrement, que les familles n’aient pas les moyens d’être présentes pour accueillir leurs gosses a la sortie de l’école est, pour moi, une faute majeure. Si les femmes ont gagné une liberté financière à travailler, exceptées celles qui ont des emplois de haut niveau (médecins, avocates, etc…) pour les autres, je ne saisis pas bien où peut se trouver l’épanouissement derrière une caisse de supermarché ou dans une usine.

96 comments to Vive l’éducation !

  • Ph. Renève

    Merci à Ranta pour cet article-coup de gueule qui pose très bien les problèmes.

    Et si tout cela était voulu, conscient et organisé ? Et si tout cela ne visait qu’à aboutir à un système éducatif du type USA, où seuls les enfants des élites, qui peuvent payer et qui agissent et votent bien, ont une culture qui leur permet de penser un peu, et où les autres ont juste ce qu’il faut pour avoir un job à peu près payé, sans les moyens de seulement réaliser leur condition ?

    Cela n’est pas, mais pas du tout, une idée farfelue. Gardons toujours en mémoire les projets à long terme de l’élite économique organisée, qui transparaît parfois comme ici : http://philippereneve.blogspot.com/2008/08/le-programme-du-gouvernement-actuel-est.html

    Les maîtres de forges ont, comme il y a un siècle, les rênes du pouvoir. Ils les utilisent à leur profit. Et une élection de DSK ou d’un autre gentil radis ne changerait rien à la question.

    • Snoopy86

      @ Philippe

      1) Vous connaissez mal le systéme éducatif américain
      Les établissements publics y cotoient comme chez nous les privés, les state universities sont quasiment gratuites pour les résidents de l’état, les bourses pour accéder aux meilleures universités privées y sont extrêmement nombreuses…
      Enfin on peut parfaitement suivre un cursus dans les meilleurs universités tout en ayant un job étudiant que l’on trouve sans problème ….

      Mais dans toutes les universités il existe une sélection à l’entrée

      2) Les dépenses d’éducation en France sont largement supérieures à celles de la moyenne européenne :

      http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF07305

      Ce qui signifie bien que l’argent ne manque pas mais est mal utilisé

      3) Dans les 25-34 ans, il y a aujourd’hui 2 fois plus de diplômés de l’enseignement supérieur en France qu’en Allemagne
      Mais ce ne sont pas les mêmes…
      Qu’allons nous faire des 200.000 étudiants dont 14.000 doctorants que nous avons en sciences humaines ?
      des 92.000 étudiants en lettres et des 100.000 étudiants en langues ? des 30.000 étudiants en sport ?

      http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon07136

      Il sort environ 500.000 diplômés par an de l’université dont moins de la moitié peuvent éspérer devenir cadres…

      On marche sur la tête…

    • D. Furtif

      Vers le début des années 80 je prononçais la phrase inoubliable que tellement elle etait belle que je la dis devant mon inspecteur.

      Ça m’a couté assez cher je ne vais pas jouer les modestes.

      Ne nous étonnons pas des conséquences désastreuses des réformes à répétition elles en étaient le but

      • Ph. Renève

        La désorganisation par la réorganisation répétitive. C’est forcément très efficace.

        On assiste au même phénomène pour certains aspects du droit, pénal notamment: une accumulation incessante de textes qui se contredisent, se complètent indéfiniment dans des détails secondaires, s’entreparalysent si bien que la législation ne peut plus être appliquée.

  • Léon

    Ranta : article qui a le grand mérite d’aborder plusieurs questions sur lesquelles les profs qui intervenaient sur Avox ont été parfois interpellés, mais ont rarement répondu.
    Sur la question de la formation des profs, tu es dans le vrai : paradoxalement plus on s’adresse à des petits plus il est nécessaire d’avoir une formation à la pédagogie. Apprendre à lire et à écrire à un enfant, par exemple, exige une grande maîtrise de la manière de l’enseigner et laisser les maîtres sans formation à cela est une erreur gravissime dont les conséquences se feront sentir à long terme.
    Plus on s’adresse à des grands, plus la « pédagogie » s’efface au profit du Charisme et de l’autorité, et là, à part quelques tout petits trucs, cela ne s’apprend pas. Jeter les profs dans l’arène aux lions sans aucune formation peut avoir un avantage, celui de faire le tri brutal entre ceux qui ont ce charisme et ceux qui ne l’ont pas. Ceux qui sont faits pour ce métier et les autres. Ceux qui sont capables de s’adapter et les autres. Pour prendre mon cas, j’ai été appelé en milieu d’année par une copine maître aux qui donnait sa démission et voulait se trouver un successeur immédiatement. Elle m’a présenté au proviseur du Lycée du Raincy l’après-midi, le lendemain matin je me suis retrouvé face à une classe de terminale, j’avais, en gros 4 ans de plus que mes élèves. Ce qui ne tue pas rend plus fort…
    Mais on est certainement très loin des préoccupations de ce gouvernement qui en réalité ne cherche qu’à faire des économies.

    • Castor

      Léon,
      j’ai sans le vouloir repris à mon compte une partie de ton argumentation.
      Ravi de voir que mon exemple n’est pas un cas isolé.

    • @ Ranta

      C’est bien vu. A tous les points de vue ce gouvernement est un des pires que la France ait jamais eu, et en matière d’éducation nationale c’est le pompon mais…

      @ Léon

      Assez d’accord globalement avec ton point de vue. Ma compagne qui est prof depuis 30 ans a été lâchée dans l’arène devant ses élèves sans aucune formation pédagogique et elle a dû se démerder toute seule. Elle n’a pas eu de grands problèmes vu que chez elle l’enseignement c’est une disposition quasi-innée et qu’elle a le charisme et l’autorité naturels pour se faire respecter dans une classe, ce qui est très loin d’être le cas de tous les enseignants, et qui rend nécessaire l’apprentissage de ces fonctions pour ceux qui n’en sont pas pourvus par la nature. Et c’est vrai aussi qu’il y a des limites à ça : il y a des profs qui en sont à jamais dépourvus et ça, ça pose un très gros problème auquel l’éducation nationale ne s’est jamais réellement confrontée pour ne pas faire de vagues, les enseignants soutenant en général leurs canards boiteux les plus nuisibles et incompétents par solidarité de caste.

      Mais c’est encore plus compliqué que ça : les classes étaient il y a encore une vingtaine d’années beaucoup plus faciles à diriger, même sans grand charisme et autorité naturels, étant donné que les valeurs d’autorité étaient encore prégnantes dans l’éducation familiale et dans la société en général. Elles ont depuis largement reflué, et les profs charismatiques ou pas se retrouvent confronté à ce problème, qui est très lourd à assumer, d’être très souvent les seuls à incarner une autorité avant le passage à la vie professionnelle pour les élèves. J’ajoute aussi que parmi les jeunes profs qui ont été embauchés depuis une dizaine d’années et qui étaient passés par les IUFM pas très efficaces mais peut-être mieux quand même que le rien actuel, un nombre considérable se fout complètement de l’enseignement et n’est venu à exercer cette profession que pour échapper au chômage, avoir des grandes vacances et en foutre le moins possible. Ma compagne est tout le temps confrontée à ces branleurs insupportables et elle pense que plutôt que recruter à bac +5 des têtes bien pleines mais pas du tout bien faites, et spécialement pour l’enseignement, il vaudrait mieux recruter à bac +2 ou +3 et faire une sélection drastique pour éliminer les aspirants branleurs. Et je pense qu’elle a raison. Mais pas les syndicats corporatistes et encore moins l’éducation nationale.

      Et ne parlons pas des filières professionnelles méprisées. Ni, par exemple, des crédits venant de la Région appauvrie par la crise et qui viennent pour cette année de baisser de 43 % dans l’établissement où elle travaille, couronnant le manque de profs. Une belle catastrophe avec en toile de fond l’idéologie de la concurrence acharnée et l’oubli du gai savoir…

      • Castor

        Je ne suis pas fâché de constater que je ne suis pas le seul à vivre avec une femme dotée d’un charisme et d’une autorité qui nous transforment en gamin soumis !
        Heureusement, il nous reste des lieux d’expression où nous pouvons lâcher notre testostérone !

  • Castor

    Ranta,
    y’aurait beaucoup à dire, mais je me contenterai d’une seule chose.
    Il y a 25 ans, ma femme, jeune diplômée d’une fac de lettres, a déboulé dans l’enseignement sans jamais avoir été formée.
    Rien de nouveau sous le soleil, donc.
    Certains te diraient, d’ailleurs, que se retrouver devant une classe de 25 à 30 pingouins ne s’apprend pas dans les livres et qu’il faut le vivre pour savoir si l’on est ou non fait pour ça.
    Alors existe-t-il une réelle volonté de casser l’enseignement ou l’enseignement mérite-t-il une vraie réforme à laquelle on ne peut effectivement procéder que par petites touches en raison d’un immobilisme indiscutable de cette caste ?
    La vérité est probablement entre les deux, et je ne peux pas oublier non plus que l’échec patent de notre système éducatif n’est pas le seul fait des gouvernements. Nous avons, collectivement, une part de responsabilité dans ce délitement, en tant que parents, en tant que premiers éducateurs de nos enfants.

  • Castor

    Sur l’enseignement en fac, il est également indiscutable que dans ce cas, nous avons en face des élèves qui, pour la plupart, se retrouvent là par le fait de leur volonté.
    Avant, c’est par obligation, et jusqu’à leurs 16 ans.
    Le prof n’est plus intouchable, les parents contestent eux-mêmes les sanctions et se reposent sur les maîtres et maîtresses pour apprendre à leurs gamins les rudiments de la vie sociale.
    C’est ce paradoxe qui rend ce métier inconsidérément difficile à gérer.
    Je ne crois pas qu’un quelconque formation (aux arts martiaux ?) puisse donner à quelqu’un qui n’a pas ce charisme qu’évoquait Léon la capacité à gérer une dizaine de branleurs qui ne sont là que parce qu’ils y sont contraints.

    • Ph. Renève

      Oui, Castor, « les parents contestent eux-mêmes les sanctions« . Ils se posent maintenant en clients de l’éducation et non en parents d’élèves. Cet état d’esprit résulte largement de l’évolution de la société vers une « marchandisation » des rapports sociaux; de plus, on n’a cessé de dire que « l’enfant doit être au centre de l’école », ânerie phénoménale mais voulue, qui permet précisément de mettre enfants et parents dans un rôle dominant par rapport aux enseignants, alors que le respect et la primauté de ceux-ci est la base même d’un système éducatif efficace.

      Encore une fois, il n’y a pas de hasard là-dedans, mais une évolution voulue depuis des décennies par les « élites » marchandes.

      • Ph. Renève

        Je veux dire par là que rabaisser un niveau de culture générale un peu trop élevé chez nous pour la « paix sociale » et livrer aux marchands des pans juteux de l’éducation sont des objectifs clairs et nets.

      • Castor

        Philippe,
        à cela, je réponds que cette marchandisation que tu exposes provient, selon moi, d’une évolution de notre société et de nos besoins tels qu’ils sont perçus.
        Il est facile de stigmatiser « les élites marchandes » quand nous-mêmes nous plaçons volontairement comme des hyper-consommateurs.
        C’est un peu la poule et l’oeuf : qui en est à l’origine ?
        Nous sommes collectivement demandeurs de tout. Je prends l’exemple des indices insee : l’apparition dans les objets de consommation courante des écrans plats est-elle le fait des « marchands » ou des consommateurs qui font de cet objet un must-have ?
        Nous voulons tout, plus fort, plus vite, quitte à s’affranchir du nécessaire, perçu comme superflu. L’éducation n’échappe pas à la règle : tranchons dans les programmes, dans les pré-requis, tant pour les profs que pour les élèves, allons à l’essentiel, disons-nous.
        Parallèlement, les études courtes n’ont plus la faveur de nos têtes blondes, pourquoi ?
        Parce qu’on a présenté le bac classique comme un passe pour un avenir meilleur, parce qu’il existe un désir d’uniformisation.
        A mon sens, le problème est bien plus général, notre société oublie nos différences, et à tous les niveaux.
        Hommes, femmes, catholiques, musulmans, enfants, parents, riches, pauvres, tous réclament une intégration légitime mais dont les outils sont pervers : ils gomment des différences incontournables.
        L’école n’y échappe pas. Pourquoi ne pas réformer en profondeur et remettre en question un cursus présenté comme classique (bac à tout prix) en nous rappelant que nous ne sommes pas tous égaux devant le savoir ?
        Je suis un peu confus dans mes propos, je m’en excuse, mais le temps me manque.
        J’espère que le fond de ma pensée n’échappe pas au lecteur !

        • Ph. Renève

          Castor,
          Je ne suis pas d’accord avec toi, là. Pourquoi la société n’a pas évolué de façon douce vers une société d’abondance (chez nous…) ? Parce que les incitations, mûrement pensées par les marchands, sont permanentes et obsédantes, elles font partie de la vie ordinaire. Rien que sur le net, les pubs ne nous offusquent même plus. Mais elles font qu’au lieu d’apprécier le confort acquis, beaucoup ont une frustration encore plus grande. Le marketing n’est-il pas l’art de créer des désirs de possession ?
          Donc, non, il ne faut pas dire « nous sommes collectivement demandeurs de tout » mais « on nous incite tous à l’être ». Le libre arbitre est bien loin de tout ça.
          Revenons 30 ou 40 ans en arrière: combien nous aurions tous apprécié d’avoir des téléphones portables, des écrans plats, des micro-ondes, des voitures à clim’…

          Et revenir sur le principe général d’« études longues » est faire le jeu de ceux qui veulent baisser le niveau de culture générale; il en est un corollaire obligé. Nous sommes déjà dans une situation où beaucoup de gamins entrant en 6e ne savent pas vraiment lire, écrire et compter. Si on raccourcit encore le cursus de base, ils seront de bonnes machines et rien d’autre…

          • Castor

            Philippe,
            d’accord sur le constat, pas sur la « responsabilité ».
            Je reste convaincu que le marketing et la publicité sont en grande partie présents pour nous inciter à un choix parmi ce qui est proposé, bien plus que pour nous inciter à consommer ces produits.
            Pourquoi le paysan du moyen-âge lorgnait-il sur la maison du marchand avec envie ?
            Pourquoi le Seigneur du bourg voulait-il, lui aussi, les armes de son voisin ?
            Il est évident qu’à lorgner sur la dernière acquisition constamment par le biais de la télé ou de la presse, le désir de possession s’accroît et la frustration naît. Mais ce désir est humain par essence, il préexiste et les marchands en usent avec art.

            • Ph. Renève

              Castor,
              Tu es d’une indulgence infinie envers les manipulateurs de cafetières…

              L’existence de désirs n’excuse pas l’« art des marchands », qui est plutôt une technique malsaine.
              Que dirais-tu si la pub tout à coup prônait le viol, alors que les pulsions sexuelles existent bel et bien ?

              « Le marketing et la publicité sont en grande partie présents pour nous inciter à un choix »: il n’y a pas de choix au total, car le résultat est de désirer toujours plus. Du reste, il est passionnant de noter que dans bien des pays la publicité comparative est purement et simplement interdite… Pourquoi donc ? Ce serait pourtant en faveur de la délicieuse « concurrence pure et parfaite » dont se nourrissent nos néolibéraux…

              Donc la pub ne fait pas choisir entre des produits, elle incite à consommer chacun, donc à les consommer tous. Ou plutôt, à rêver de les acheter…

              • ranta

                C’est Philippe qui a raison, la finalité de la pub (proposer un choix) a été détourné au profit du : « il me faut absolument ça » sans se demander quel est l’intérêt, ni même la nécessité de l’avoir. La perversité du système est d’avoir créé un facteur social qui exclu ceux qui ne sont pas in. C’est particulièrement vrai chez les jeunes, qu’ils soient enfants, ados ou jeunes adultes.

              • Castor

                Ce pouvoir que vous donnez à l’envi à ces manipulateurs donne raison à Villach et à sa boîte à outils !
                Si je suis d’une indulgence infinie envers les manipulateurs de cafetières, vous êtes tous les deux bien taisants et complaisants sur la fièvre acheteuse des consommateurs !
                Je passe sur le passage sur le viol et autres joyeusetés, ça n’est pas un argument digne d’un bretteur comme Philippe…
                Mais je reviens sur ma question : pourquoi lapider le vendeur et pas fustiger le consommateur qui se rue sur ce qu’on lui propose sans réfléchir sur le besoin réel qu’il aura de la marchandise qu’on lui propose.
                C’est pour moi un raccourci coupable auquel je me refuse.

                • Papy

                  Salut Castor

                  L’envie est bien le moteur mais grâce à des techniques bien rodées dont je connais pas mal de ficelles, ce moteur est dopé par les publicitaires et multiplié par trois ou quatre. Et crois moi, que ce soit pour un téléphone, une voiture ou un paquet de gateaux, rien n’est laissé au hasard, de la forme, à la couleur, au packaging,…

                • Ph. Renève

                  Castor, pourquoi donc la publicité comparative est-elle prohibée, sinon pour laisser le flou dans l’esprit du consommateur ?

                  • Castor

                    Philippe !
                    Ah, ces complotistes…
                    🙂
                    Dites-moi, la situation est-elle différente là où elle est autorisée ?
                    Dans l’affirmative, il s’agirait d’un eldorado dont il conviendrait de s’inspirer, non ?

                  • Papy

                    Philippe,

                    La publicité comparative est autorisée depuis 1992 mais très peu utilisée par les publicitaires (risque d’escalade d’une marque contre une autre, …)

                    Ex : Leclerc a sorti recemment un spot publicitaire comparant les prix auquels le groupe vendait ses produits avec ceux fixé par ses concurrents.

                    • Ph. Renève

                      Il me semble justement que Leclerc a eu des problèmes avec cette pub, non ?
                      En tous cas, on n’en voit guère de pub comparative…

                    • Castor

                      La publicité comparative est autorisé&e sous des conditions si restrictives qu’elle en rebute plus d’un.
                      En réalité, ce que redoute le législateur, c’est que le consommateur en pâtisse par le biais des prix d’appel, notamment, et par la disparition de certaines enseignes ou produits.
                      C’est pourquoi elle ne peut que concerner que des produits identiques, notamment.

                      Mais Philippe élude ma remarque : ces pays qui autorisent la publicité comparative sont-ils un eldorado pour le consommateur ?

                    • Léon

                      La publicité comparative est autorisée à condition qu’elle soit loyale et porte sur des éléments objectifs et vérifiables. Ainsi la marque de purée Vico avait fait une pub montrant côte à côte leurs étiquettes de composition et celle de leur principal concurrent Mousseline. Sur Vico, il y avait : pommes de terres, lait, beurre sel. Sur Mousseline, une demi-douzaine de produits chimiques en plus… Mais c’est effectivement peu utilisé par les annonceurs qui ont peur de se lancer dans de véritables guerres .

                    • Papy

                      A ce que je sache, ils n’ont pas eu de problèmes juridiques. Mais c’est plutot mal vu dans le monde de la pub de taper sur le concurrent de cette façon. Les publicitaires préfèrent soient comparer à une marque X, soit rivaliser de créativité pour que ce soit grace à leur pub que le produit marche mieux que le produit concurrent.

                      Il arrive parfois que de petits détails fassent directement référence au concurrent dans la pub mais sans que cela soit explicite 🙂

  • maxim

    alors là justement,au sujet de ces jeunes forcés de rester jusqu’à 16 ans dans un collège où ils s’emmerdent et emmerdent ceux qui veulent vraiment bosser,pourquoi ne pas les orienter vers la filière apprentissage ?

    sous contrôle et avec partenariat de l’éducation nationale .

    il y a des tas de métiers manuels qui manquent cruellement de main d’oeuvre qualifiée ,et justement ces jeunes qui ne deviendront certes jamais médecins,ingénieurs,ou pilotes de ligne seraient mieux à leur place encadrés par des compagnons dans une entreprise,avec le certitude d’obtenir au moins un CAP en fin d’apprentissage ..

    mais la connerie a été de vouloir maintenir à tout prix la scolarité jusqu’à 16 ans au nom de l’égalité des chances dans le but que le bac soit accessible à tous ..ben ouais,et après ?

    • Ph. Renève

      Maxim,
      Il est intéressant de remarquer que depuis des décennies, les gouvernements successifs annoncent à grand renfort de trompettes des mesures pour « revaloriser le travail manuel ». Il faudrait bien se poser la question de savoir si c’est un leurre ou pourquoi ça ne fonctionne pas. Pour ma part, je n’ai pas de réponse toute faite; sauf peut-être que le système éducatif actuel est fait d’abord pour des études théoriques et que le « technique » apparaît donc en parent pauvre.

      • @ Maxim & Philippe

        Il n’y a pas que le système éducatif qui dégoûte les ados des métiers manuels, qui sont effectivement méprisés et traités en parents pauvres. Tout le monde s’y met : les enseignants des lycées et collèges méprisent pour la plupart leurs collègues qui enseignent dans les filières professionnelles, et les parents, drogués à l’idéologie pseudo-égalitaire de l’université pour tous, sont très nombreux à décourager leurs enfants de suivre des filières les menant à des métiers manuels ou techniques qu’ils jugent dévalorisants pour leur progéniture qui pourtant est très demandeuse. Et comme tu dis, ce sont des parents-clients qui interviennent à tout bout de champ sur ces sujets, en augmentant le n’importe quoi qui règne dans l’orientation scolaire déjà malade de ses itinéraires figés fixés bien trop à l’avance…

      • maxim

        Renève …

        c’est ça ..filière technique égal voie pour les crétins et les analphabètes,c’est malheureux,mais nous en sommes encore là !

        • ranta

          Je vous trouve durs.
          Cela eu été vrai, ça l’est bien moins. je me souviens que collégien dans les années 70, ceux qui partaient en apprentissage étaient considérés comme des billes, d’ailleurs pour la plupart, en attendant qu’ils aient l’âge requis, il y avait ces « fameuse classes  » appelées CPPN. De nos jours, les formations manuelles ont été revalorisées, tout au plus peut-on déplorer que si par le passé un CAP suffisait, aujourd’hui il faut au minimun un bac pro, voire un BTS.

          De plus en plus de familles ont compris qu’il était inutile de s’acharner dans des voies bouchées et qu’il valait mieux faire un apprentissage. Perso, avec tous les jeunes que je côtoie au foot, je me rend compte de ce changement.

  • rocla

    Bien vu ,

    Enseigner et savoir transmettre ressemble un peu à mettre un stand au marché ( que j’ ai pratiqué longtemps ) et vendre quelque chose à un passant qui ne voit ni l’ utilité ni le besoin de l’ article proposé , mais repart content persuadé d’ avoir fait une bonne affaire .

    Ne pas oublier une école très riche d’ enseignements , celle de la vie ….

  • COLRE

    pfffff… je dois être de mauvais poil aujourd’hui (mauvaise nuit?), mais j’ai plutôt envie de râler, je prends tout mal.

    La question de l’Education est le sujet emblématique du grand n’importe quoi où tout le monde s’estime habilité à donné un avis autorisé, qui en tant que parent d’élève, qui en tant que professeur, qui en tant que témoin qui a un copain de copain qui y est allé… ce qui fait déjà pas mal de gens, mais, au final, tout le monde, qui en tant qu’ancien élève qui y est passé, même si c’était il y a 50 ans…

    Tout le monde y va de sa petite anecdote perso et la généralise, de son idéologie qu’il plaque par exemple sur la « caste » (!!!) des profs (des intouchables, peut-être ?) ou sur les laissés-pour-compte de l’enseignement technique et des métiers manuels (c’est vrai quoi, les cons, c’est bien bon à faire plombier ou maçon!), de la faute aux gouvernements de gauche / de droite (rayer la mention inutile)…

    Et y en a même qui disent (si si) : mais que font les femmes ? au lieu d’accueillir les enfants de l’école, qu’est-ce qu’elles fichent derrière leur caisse de supermarché !
    À quoi je répondrai que la réponse est dans l’article : la belle-doche de Ranta a fait le choix de travailler pour RIEN et comme il le dit lui-même : « choix qui lui a coûté assez cher à l’heure de la retraite« … ben oui ! mais les petites retraites des femmes qui ont gardé les gosses de la famille (mère + père) au lieu de travailler, tout le monde s’en fout. Quant à ces femmes qui se sont occupées de leurs gosses, bravo, super, et qui se retrouvent larguées à 40 ans par leur mari, sans métier, sans formation, et (bien sûr !) sans points de retraites : tout le monde s’en fout !
    Surtout que lorsqu’elles cherchent à travailler à 45 ans, on leur dit qu’elles sont trop vieilles, trop moches, mal coiffées, pas dans le vent, quoi !
    Z’avaient qu’à filer doux avec leur mari, non mais, et pas demander le divorce, non mais ! et elles se plaignent, en plus…

    • ranta

      Ah, j’ai pensé à toi lorsque j’écrivais ce paragraphe ( au passage c’est pas ma belle doche mais ma mère, et mon épouse et moi avons eu le même comportement. Comportement qui nous a coûté cher à nous aussi.)

      Et y en a même qui disent (si si) : mais que font les femmes ? au lieu d’accueillir les enfants de l’école, qu’est-ce qu’elles fichent derrière leur caisse de supermarché !
      j’ai écit ça ? non, j’ai dit que laisser les gosse seuls est une faute majeure.

      Ce que tu ne veux pas comprendre, arc boutée que tu es sur les « acquis » des femmes c’est que ces même acquis aurait dû être obtenu d’une autre manière. Mais c’est un sujet taboo : tout va bien pour les femmes dans le meilleur des mondes, et fermer le ban.

      • COLRE

        (Pardon pour ta belle-doche, il s’agissait de la belle-doche de ta femme… 😉 )

        « j’ai écit ça ? non, j’ai dit que laisser les gosse seuls est une faute majeure. »
        SI… tu as écrit ça :
        « Si les femmes ont gagné une liberté financière à travailler, exceptées celles qui ont des emplois de haut niveau (médecins, avocates, etc…) pour les autres, je ne saisis pas bien où peut se trouver l’épanouissement derrière une caisse de supermarché ou dans une usine ».

        Mais qui te parle d’épanouissement quand les femmes travaillent ? le travail n’est-il pas le lot de tout un chacun ? est-ce qu’on demande à un caissier de supermarché s’il « trouve un épanouissement » à ce qu’il fait ? non bien sûr… le taf c’est le taf pour tout le monde, rigolo ou pas, et c’est vrai qu’en général, les femmes font les tafs les moins sympas et les moins bien payés (cf le livre de Florence Aubenas).

        Et je ne suis pas « arc boutée sur les acquis« , c’est quoi cette phraséologie ? je sais que c’est une journée de grève, mais quand même, voilà une façon de renvoyer dans ses buts les progrès réalisés vers plus de démocratie et plus d’équité dans nos sociétés, aussi bien chez les hommes que chez les femmes…
        Et ce n’est pas un sujet taboo pour moi ! c’est offensant de me dire ça.

        Et enfin : non, tout ne va pas « bien pour les femmes dans le meilleur des mondes« , et tu le sais aussi bien que moi.

        Entre parenthèses, ton article est excellent et je te suis complètement sur la quasi-totalité de ton exposé, mais pourquoi, soudain, cette ultime coup de pied de l’âne hors sujet ? il faut croire que les stéréotypes sont vivaces, même chez qqu’un comme toi qui n’est pas du tout misogyne et qui est tout à fait sensible aux questions d’égalité et d’antiracisme.

      • Papy

        Salut vous deux

        Je pense que vous avez tous les deux en partie raison :

        Colre : je suis plutot d’accord avec ta réaction à la phrase de ranta : « Si les femmes ont gagné une liberté financière à travailler, exceptées celles qui ont des emplois de haut niveau (médecins, avocates, etc…) pour les autres, je ne saisis pas bien où peut se trouver l’épanouissement derrière une caisse de supermarché ou dans une usine. ». Je connais certaines mères de famille qui n’ont pas le choix et qui doivent travailler par nécessité financière. De plus, comme le dit également Ranta, les retraites des mères au foyer double la perte fiancière malgré le fait que ces femmes fassent un « boulot » autrement plus difficile qu’un boulot classique sans aucune rémunération. J’ai également un couple d’amis, parents de trois enfants, et c’est le père qui reste au foyer pour s’occuper des enfants, sa femme ayant une situation professionelle plus rémunératrice.

        Ranta : je suis entièrement d’accord avec toi sur le fait que la présence d’un adulte pour les enfants en sortant de l’école est important voire indispensable, pour « l’aide pour mes devoirs et une surveillance » et pour éviter « d’aller traîner n’importe où, avec n’importe qui, à faire n’importe quoi. », que ce soit le père, la mère ou bien une tierce personne pour ceux qui peuvent se le permettre (les grands parents sont parfois une solution). Mais à l’heure où le sens de la famille n’est plus si « sacré », que les couples se compose et recompose au grès des années faisant perdre aux enfants leur repères de la famille, que les mères célibataires se multiplient, souvent suite au comportement de plus en plus lache de certains membres de la communauté masculine, sans autre choix que de travailler pour nourrir leurs enfants, cumulant ainsi plusieurs petits boulots, à cette heure ci, malheureusement, cette présence post scolaire ne peut pas toujours être assurée. C’est un triste constat, mais un constat réel.

        Pour ce qui est de la non formation des jeunes profs que l’on envoit en pature dans les collèges et lycées souvent réputés difficiles, je partage ton analyse. Que l’éducation nationale forme ses jeunes profs et que ces profs soient accompagnés durant leurs premières années.

    • Léon

      Quand j’ai lu ce paragraphe, je me suis marré intérieurement en me disant, si jamais Colre passe par là, elle ne va pas apprécier…
      Ranta : tant que le travail d’élever les enfants ne sera pas reconnu socialement comme tel, avec ce qui va avec (cotisations sociales, salaire de femme au foyer payé par la collectivité, ou le mari ?,) les femmes n’auront pas d’autre choix que de travailler. Même les emplois de caissière procurent le minimum d’indépendance financière qui les met, au moins partiellement, à l’abri des conséquences d’un divorce ou d’une séparation et ne les oblige pas à supporter des situations parfois pénibles ou humiliantes dans leur couple. Cette liberté là, c’est sûr, elles la payent très cher, mais,il semble qu’ elles y tiennent et c’est à elles de dire si elles y ont gagné ou perdu. Les solutions se trouvent dans les systèmes alternatifs de garde, crèches, emplois à domicile etc. Mais pas dans le recul du travail des femmes. Enfin, je ne crois pas.

      • Papy

        Salut Léon,

        J’ai eu la même réaction que toi en lisant ce passage 😆

        Pour le reste de ton post, je pense exactement la même chose. J’avais publié sur avox un texte à ce sujet. Je vais la proposer à la publication

      • ranta

        Léon, : tant que le travail d’élever les enfants ne sera pas reconnu socialement comme tel, avec ce qui va avec (cotisations sociales, salaire de femme au foyer payé par la collectivité, ou le mari ? c’est bien ce que je dis, j’aurais pu l’écrire mais je trouve tellement plus intéressant que « ça » vienne des commentaires.

        En réalité, on est pratiquement tous d’aacord sur:
        – Que COLRE n’allait pas aimer 😆
        – sur la situation des femmes.

        • ranta

          COLRE,

          Entre parenthèses, ton article est excellent et je te suis complètement sur la quasi-totalité de ton exposé, mais pourquoi, soudain, cette ultime coup de pied de l’âne hors sujet ? il faut croire que les stéréotypes sont vivaces, même chez qqu’un comme toi qui n’est pas du tout misogyne et qui est tout à fait sensible aux questions d’égalité et d’antiracisme.

          C’est pas forcément un hors sujet, l’éducation est un tout. On ne peut croire et espérer que tout vienne de l’école, que tout soit la responsabilité du corps enseignant. Il faut donner aux familles les moyens d’éduquer leurs gosses, d’être présentes aux moments où il le faut.

          • yohan

            Ranta
            Attention aux préjugés
            Pour travailler dans le secteur du conseil et de l’emploi, je serai moins affirmatif que toi. Il est vrai que quand j’en vois qui cherchent des emplois à domicile alors qu’elles n’ont pas résolu le problème de garde de leurs propres enfants, je me dis qu’il n’y rien de logique, puisque le bénéfice au final est quasi nul, en tout cas au début. Mais, il y en a qui font ce choix pour être sûr d’avoir un métier et surtout une retraite, même maigre, et puis leurs enfants grandissent comme ceux des autres. Celles là préfèrent être en emploi plutôt qu’à la maison.
            Enfin, tous les métiers peuvent apporter satisfaction, tant que l’ambiance au travail est bonne, les ouvrières d’usine, les caissières disent souvent apprécier leur travail…et pleurent même quand elles le perdent
            Bizarrement, ceux qui se plaignent le plus sont les cadres qui vivent une déception dans leur entreprise, contrariés dans leur évolution ou menacés dans leur job. Ils ont peur de l’avenir, peur de tomber de haut. Les ouvrières, les petits métiers sont souvent blindées, et autrement plus solides que certains mecs surdiplômés pour affronter les vicissitudes de la vie professionnelle, car quand elle tombent, c’est de moins haut…;)

            • yohan

              Je vais quand même compléter en précisant que pour les familles monoparentales, ce n’est pas toujours un choix mais une nécessité. Quant aux autres, certaines femmes préféreraient être à la maison pour s’occuper des enfants à plein temps, mais ce qui pouvait se concevoir hier est devenu un luxe de nos jours. Avec un salaire correct d’hier, on pouvait faire vivre une famille de 4 enfants. Aujourd’hui, le couple n’a pas d’autre choix que de bosser à deux pour faire bouillir la marmite.
              Cherchez l’erreur…..

            • ranta

              Salut Yohan,
              oui, bien sûr mais c’est dans le cadre tel qu’il est organisé.

              Moi, je me demande toujours pourquoi dans l’évolution de la société depuis deux ou trois décennies aucun gouvernement, aucun parti politique n’ait tenté de réfléchir à comment organiser autrement l’éducation de nos gosses.

              • yohan

                Quand elle gouvernait, la gauche aurait pu et du s’inspirer des modèles scandinaves d’éducation, Norvège en tête. Il m’a fallu du temps avant de comprendre qu’en fait, gauche et droite se complaisent à perpétuer le système des castes à la française, dogme de la réussite par le diplôme, les grandes écoles, méritocratie de classe et d’hérédité

                • Waldgänger

                  Salut Yohan, tu aurais pu également dire que la gauche française aurait pu « s’inspirer des modèles scandinaves » en général, mais c’est un autre débat.

      • COLRE

        Bon… tout le monde m’attendait, ok… 8)
        Mais vous trouvez ça normal, vous, que ce soit à moi de râler ? imaginez un seul instant que je déclare :

        « Si les immigrés ont gagné une liberté financière à venir travailler en France, exceptés ceux qui ont des emplois de haut niveau (médecins, avocats, etc…) pour les autres, je ne saisis pas bien où peut se trouver l’épanouissement derrière une caisse de supermarché ou dans une usine ».

        Alors ?… dites-moi un peu : même phrase, mêmes mots, même idée. Vous réagissez comment, vous ?

        Eh bien tout le monde me tombe dessus, et pas seulement les immigrés qui se sentiraient concernés par cette déclaration. Et là, pourquoi c’est différent ? pourquoi c’est juste aux femmes de réagir en tant que femme : on se demande pourquoi…

        Bref, c’est un peu lassant d’être la « féministe de service » que l’on gausse à l’occasion (warf warf), alors que le féminisme (conception respectable et juste d’une défense des droits de la personne humaine) devrait être l’affaire de tous, tous les démocrates et les humanistes, hommes ET femmes…

        En plus, ce n’est même pas le sujet principal de ton article que j’apprécie car la question de l’Education est cruciale et je trouve qu’on se laisse aller si souvent à en dire n’importe quoi. Comme dit Lapa : « c’est un excellent thème pour cristalliser les idéologies« . Je m’étonne d’ailleurs qu’on ne se soit pas plus engueulés sur ce fil… 😉
        Je vais relire le fil, mais je suis complètement d’accord avec ton coup de gueule et j’aimerais bien rajouter 2 ou 3 trucs.

        • Léon

          Colre, j’ai failli râler mais je me suis dit que vous le feriez tellement mieux que moi! Et, vous savez, des mecs qui soutiennent des positions « féministes » semblent toujours suspects, pas sincères.
          Demain ou après-demain on sort un article sur le livre de l’ex-femme de Besson, vous verrez. Peut-être l’avez-vous lu ?

          • Léon

            On peut aussi faire un raisonnement du m^me genre avec l’esclavage : après tout les esclaves étaient nourris, logés et les maîtres n’avaient pas vraiment intérêt à les maltraiter s’ils voulaient qu’ils restent productifs. Devenus affranchis et libres, ils sont obligés de trouver un employeur, de payer leur nourriture, de trouver un logement et de le payer pour etc… On pourrait aussi dire : ont-ils vraiment gagné au change ? Cela ne viendrait pourtant à l’esprit de personne. Alors pourquoi avoir ce raisonnement vis à vis des femmes ?

            • COLRE

              Absolument !…

              (Au fait, oui, j’ai lu le livre de l’ex-femme de Besson… j’ai hâte de savoir comment vous allez traiter cela 😉 )

          • COLRE

            Merci Léon, mais je sais que vous êtes un vrai féministe, et ne vous empêchez surtout pas de l’exprimer ! 🙂 🙂 l’humain est ainsi fait que votre parole a plus de poids que la mienne en pareille circonstance…

            C’est d’ailleurs l’un des plaisirs de Disons, d’y trouver des hommes (et il y en a beaucoup) qui sont en phase avec cette sensibilité, et c’est bien agréable.
            Peut-être est-ce même l’une des raisons qui me poussent à fréquenter ce site, si vous saviez comme c’est pénible et fatigant d’être toujours obligée de relever les stéréotypes sexistes, de subir les blagues machistes à 2 balles et de devoir faire semblant d’en rire ha ha ha puisque, c’est bien connu, les femmes n’ont aucun humour…

        • Castor

          Comment je réagis ?
          Mais il me semble que c’est précisément le discours de certains lorsqu’il reprochent à la France les conditions d’intégration des immigrés, non ?

          • COLRE

            Je sais bien qu’on peut entendre ce discours, Castor, mais justement : crois-tu que les immigrés seraient les seuls à se défendre ? non, évidemment. C’est une question dont tout le monde se sent dépositaire.

            • Castor

              Ma très chère Colre,
              comme souvent, tu as raison.
              Plus exactement, tu as cette magnifique manière d’amener sur le tapis des questions auxquelles je ne pense pas, baigné que je suis de cette douce certitude que tout le monde voit les femmes telles que je les vois.
              Alors si je ressens le désir de te titiller parfois, c’est par pure malice.
              Je te l’ai déjà dit et je te le répète : je t’aime !

              • Ph. Renève

                Hé, ho, Castor, on se calme, hein, c’est pas écrit Meetic ici ! 😀

                Moi je trouve que COLRE déploie de méritoires efforts pour justifier son pseudo, mais elle a du mal, quand même; sa bonne nature reprend vite le dessus ! 😉

                • Castor

                  Naaaaan mais quoi, hein ?
                  Y’aurait un fond de jalousie ?
                  J’ai un amour inconditionnel pour Colre et je le dis haut et fort !
                  çui qu’est pô content, y fait une lettre ou y m’convoque à l’aube avec témoins et tout le toutim pour régler ça !

              • COLRE

                😳 😳 Ben alors… j’ai drôlement bien fait de passer… mon Castor préféré… 😉
                Tiens, toi tu vas comprendre : des fois, je suis fiu

        • ranta

          Bon, OK COLRE, j’ai été maladroit dans ma formulation. En réalité, je veux dire qu’il serait plus « rentable » et juste de donner les moyens à une famille, pour que le père ou la mère soient présents pour accueillir et s’occuper de leurs gosses.

          • ranta

            Bon, si j’ai bien compris ranta va être condamné à cent coup de fouets 😳

          • COLRE

            Mon cher Ranta, tu es vraiment un mec bien… 🙂
            J’apprécie ta réponse et ne t’en veux absolument pas. On est TOUS imprégnés sans s’en rendre compte des stéréotypes socio-culturels, hommes comme femmes, si tu savais le nombre de femmes misogynes ! c’est un vrai désespoir, mais cela changera, petit à petit, générations après générations… rdv dans qques siècles ! :mrgreen:

  • maxim

    rebonjour à tous .

    vous avez certainement appris par mes différents posts sur Avox que j’avais fondé ma petite entreprise de BTP,

    j’ai eu des jeunes que l’on disait perdus parce qu’ils ne voulaient rien foutre à l’école..

    et là,non seulement ces quelques jeunes que j’ai accepté d’abord avec un contrat moral entre eux et moi,du style  » on va t’apprendre un métier,mais il va falloir y mettre du tien,arriver à l’heure le matin,bien observer ce que l’on t’apprend,faire preuve d’initiative,et respecter le compagnon qui va consacrer du temps pour toi ! »

    en général,à part quelques têtes de lard irrécupérables,ça a bien fonctionné …

    et je me suis rendu compte que bien souvent,ces gars étaient intelligents,mais mal orientés dès le départ,parce qu’ils s’emmerdaient sec au collège ,c’était pas leur truc ,il leur manquait l’action et le concret …

    j’en revois quelques uns demeurés dans la région,devenus eux mêmes artisans avec du personnel et une vie confortable obtenue par leur travail…

    on évoque parfois les coups de pieds au cul que je leur ai foutu quand ils faisaient des conneries ….

    ils m’en remercient encore,notez bien que je n’étais pas le seul entrepreneur à perdre cette initiative,en Seine et Marne ,l’artisanat a ses lettres de noblesse et a toujours été considéré comme valorisant,malgré l’influence des mentalités des villes ultra bourgeoises comme Fontainebleau et ses environs où les professions libérales et les grandes carrières dans des métiers prestigieux sont légions ,mais ,on y admet volontiers qu’il vaut mieux être un bon plombier qu’un mauvais avocat !

    • Ph. Renève

      Euh… « j’en revois quelques uns demeurés dans la région »… Malencontreuse tournure, Maxim ! 😀

      • maxim

        ouais,mais c’est chercher la petite bête là …

        si encore j’avais écrit  » j’en revois quelques uns,demeurés DE la région » c’eût été cocasse certes,mais bon ,puisque la tournure peut indisposer …:

         » j’en revois quelques uns restés fidèles à nôtre région  » c’est mieux comme ça ? 🙂

  • Lapa

    On pourrait longuement discuter sur le sujet de l’éducation nationale, chacun y trouvera ses exemples, tout le monde aura un avis dessus et c’est un excellent thème pour cristalliser les idéologies.
    le constat est généralement commun, comme autant de diagnostiques médicaux. les traitements sont par contre variés et, le problème de l’éducation nationale est aussi d’avoir eu autant de médecins différents que de traitements…
    A peine un traitement était-il annoncé, qu’il n’était de toute façon exécuté qu’à moitié et qu’un nouveau traitement arrivait sans se soucier des conséquences du précédent.

    D’aucun pense que tout cela est organisé, voulu, mais je ne le pense pas. L’incompétence et la désorganisation sont au contraire des signes parfaitement valables de gestion démocratique telle qu’elle est effectuée de nos jours. Car le plus grand problème de notre système éducatif, c’est d’être interdépendant avec une société en décadence. Vous ne pouvez conserver les voies de l’excellence quand tout le système a côté faillit. On parle bien sûr de tout ce qui entoure nos chers enfants: familles décomposées-recomposées, gamins livrés à eux-mêmes et pas uniquement dans les quartiers défavorisés, TV omniprésente qui se pose en terme de lavage de cerveaux, culte de l’argent, des paillettes, du facile, omniprésence de l’équivalence vivre=consommer, valeurs complètement foutues en l’air par une société de loisirs et de spectacle, marchandisation des rapports… etc…

    Vous pourrez balancer autant de pognon que vous pourrez (regardez le budget de notre éducation nationale…), supprimer ou augmenter autant que vous voudrez les postes, modifier au fil des modes les matières d’enseignement… vous ne pourrez rien y changer tant que la société toute entière ne sera pas construite sur des valeurs communes et pérennes. Alors oui, il y aura des réussites locales, à la chacun pour soi, dépendantes des qualités de l’enseignant ou de l’établissement, en s’appuyant sur la bonne volonté éventuelle de certains élèves.

    Pour le reste… la cause est perdue.

    Certains me traiteront de vieux con et pourtant je suis jeune, mais si notre système éducatif est malade, c’est que notre société est malade. C’est par là qu’il faut commencer; ce qui semble difficile puisque cette maladie engendre notre type de gouvernance, qu’elle soit de n’importe quel bord d’ailleurs (je ne me fais pas d’illusion).

    • Ph. Renève

      « omniprésence de l’équivalence vivre=consommer » , « marchandisation des rapports »: bien d’accord, Lapa.

      Tant que les puissances d’argent tiendront le pouvoir sans partage, ce système de pensée subsistera et sera encouragé.

      Pour que le système socioéconomique actuel prospère, il est indispensable que tout cela continue et s’accentue. Seul un partage du pouvoir avec les classes moins favorisées, comme il a été obligé peu ou prou pendant 70 ans avec la menace communiste, peut arrêter et renverser cette situation : cela signifie refus de la mondialisation et du néolibéralisme, réglementation des médias, du marketing, des pratiques commerciales, réduction des inégalités et éducation à la vie sociale et non à la consommation. Rien d’utopique là-dedans.

      • Lapa

        hum, dans une société où l’étincelle de la liberté individuelle absolue a été semée comme autant de fers dans l’esprit de tous; et surtout dévoyée en un individualisme normalisé, cela ne pourra se faire facilement, voire « démocratiquement » je le crains et je ne saurai cautionner toute entreprise liée au despotisme, fut-il éclairé.
        il est déjà urgent de penser à une nouvelle séparation des pouvoirs adaptée à notre temps:

        Financier-médiatique-politique.

        cela doit constituer le socle de la refondation.

  • yohan

    l’Educ Nat est atteinte du même syndrôme que Popol emploi : l’adaptationnisme complexificateur. Seul moyen d’échapper au désastre serait d’instaurer un minimum de gouvernance des chefs d’établissement. Il suffirait pour remotiver les troupes de leur donner du mou et faire appel à leur reflexion et faire marcher la boîte à idées. Perso, je trouve anormal qu’un Master 2 de droit des affaires, (comme bon nombre d’étudiants en fin de cycle), n’ait eu aucun cours pour anticiper et apprendre à se trouver un job de juriste d’entreprise. J’en ai reçu une récemment qui pataugeait grave dans la semoule à un point qu’on n’imagine même pas.

    • Castor

      Yohan,
      permets-moi de m’inspirer de mon parcours en ce domaine : plutôt qu’un cursus classique (à l’époque DEUG, licence maîtrise), j’ai opté par un DUT carrières juridiques.
      Deux avantages : j’ai pu intégrer la fac directement en licence (major de promo, sinon, intégration en deuxième année de DEUG : la carotte) et j’ai bénéficié d’un enseignement réalisé par des mecs et filles qui connaissaient leur affaire (tous des professionnels).
      J’en ai tiré depuis l’enseignement suivant : quel que soit le niveau d’études, l’arrivée sur le marché du travail impose une remise à plat des acquis pour se confronter au réel.

  • Causette

    Si les femmes ont gagné une liberté financière à travailler, exceptées celles qui ont des emplois de haut niveau (médecins, avocates, etc…) pour les autres, je ne saisis pas bien où peut se trouver l’épanouissement derrière une caisse de supermarché ou dans une usine.

    Bonjour Ranta, bonjour tous
    En fait, beaucoup de femmes n’ont pas le choix et pour beaucoup ont une vie professionnelle précaire en raison de la difficulté de la garde des enfants ; de plus une femme seule avec des enfants face à un employeur ne représente pas la « réussite sociale » et souvent pour cette raison sa candidature est souvent examinée avec le plus grand soin afin de trouver un défaut au profil du poste (et ne parlons pas des méfaits des accords signés par les syndicats qui ne représentent moins de 8% des salariés, ces accords signés mettent très souvent en difficultés la majorité des salariées qui cumulent des temps partiels)

    84% des chefs de famille monoparentale sont des femmes http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=17&ref_id=16292#art3

    • ranta

      Bonjour Causette.
      Je sais ça, je sais que trop de femmes n’ont pas le choix, je sais que malgré les progrès qu’elles ont obtenu on vit toujours dans une socièté machiste, patriarcale et c’est précisément ça que je déplore.

  • chantelois2010

    Ranta. Un article infiniment plus intéressant qu’un certain auteur qui ajoute un R à son prénom. Pas de polémique je sais. Ce débat que je lis avec beaucoup d’intérêt est le même ici au Québec. Les profs sont épuisés. Et les parents sont épuisants. D’une part, les profs n’ont aucun soutien des parents qui râlent dès qu’un prof gronde leur enfant. Et d’autre part, les parents râlent parce que le prof de leur enfant donne des travaux à exécuter à la maison. Non mais… c’est quoi cette idée de venir perturber le climat familial avec des travaux scolaires à la maison? Et puis, les parents se disent impuissants à aider leur enfant car ils n’y comprennent rien. Les parents râlent parce qu’il y a trop de matières cérébrales mais peu de matières physiques (entendons par là éducation physique. Mais il reste une réalité : le professorat est majoritairement féminin au Québec au niveau primaire. Et tout récemment, une étude a fait bondir le Québec : la violence se traduit à l’égard des professeurs dès la maternelle (je ne sais si cette expression est courante chez vous mais ce niveau précède la toute première année scolaire de l’enfant). Coups de pieds, coups de poings, claques, le prof doit tout subir sans coup férir… Puis la situation se répète aux niveaux supérieurs. Autre réalité. Les profs sont des non-instruits. Permettez-moi de vous expliquer avant de me jeter hors du sérail. Les profs ont beaucoup de difficultés à réussir leur examen d’aptitude, notamment en français. Si si. Le ministère de l’Éducation doit-il abaisser le niveau de l’examen pour permettre à un plus grand nombre de postulants d’être reçus Prof ? Dernière réalité. Les profs de français enseignent la géographie et les profs de maths enseignent la sexologie. Euh… ben oui. Un melting pot. Les mots les plus couramment cités dans la langue québécoise : compressions, raretés, incompétences, burnout, et le reste. Le ministère de l’éducation et le ministère de la Santé ne se parlent pas. Par contre, ils détiennent à eux deux près de 70 pour cent du budget de l’État.

    Ranta. Je vous rends l’antenne. Mes salutations à vous tous, et notamment Philippe R que je n’ai pas encore eu l’occasion de saluer.

    Comme il est 08h30, et que je suis en retard, je quitte de ce pas la maison pour une longue marche de santé. Et pour quelques photos de ma ville bien-aimée.

    • Léon

      Intéressantes ces précisions sur l’enseignement au Quebec. Nous qui n’arrêtons pas de critiquer le nôtre…

    • ranta

      Bonjour Pierre,

      Bon, et bien il semblerait qu’il faille enquêter pour savoir qui copie sur qui.

      La maternelle en France désigne les trois premières années scolaires, avant l’entrée à l’école élémentaire vers cinq ans et demi/six ans.

      • ranta

        Nous aussi on a des jolis mots, juste un parmi tant d’autres : le référenciel bondissant pour parler d’un…. ballon ! 😆

  • Waldgänger

    Intéressant ton article Ranta, que j’ai lu avec attention ainsi que le fil, mais je ne sais pas trop quoi en penser en vérité, donc j’écoute surtout les avis des uns et des autres.

    Sur ton dernier paragraphe, je dirais juste que je ne partage pas ton opinion pour deux raisons. La première est que normalement, c’est le rôle aussi de l’école de faire en sorte que les élèves ne soient pas trop dépendants de ce qui se passera après l’école. Un fonctionnement avec plus de cours actifs, moins de devoirs souvent lourds à la maison, qui apprendrait plus comment organiser son travail, pourrait en partie résoudre le problème. Ensuite, l’éducation des enfants est l’affaire des deux parents, c’est quelque chose que je ne dis que de l’extérieur, n’ayant pas d’enfants mais qui me parait fondamental.

    Peut-être à ce soir, il faut que je sorte, je fais un tour sur mon fil et à plus.

  • lavabo

    Ranta, un article intéressant….
    Ce qui est désespérant, c’est qu’on ne voit pas comment l’EN va pouvoir se sortir de l’ornière dans laquelle elle s’est embourbée.

    • asinus

      Le cancre

      Il dit non avec la tête
      mais il dit oui avec le cœur
      il dit oui à ce qu’il aime
      il dit non au professeur
      il est debout
      on le questionne
      et tous les problèmes sont posés
      soudain le fou rire le prend
      et il efface tout
      les chiffres et les mots
      les dates et les noms
      les phrases et les pièges
      et malgré les menaces du maître
      sous les huées des enfants prodiges
      avec des craies de toutes les couleurs
      sur le tableau noir du malheur
      il dessine le visage du bonheur.

      j Prevert

      • Ph. Renève

        Merci Asinus de ce rappel charmant. Mais Prévert le savait bien: pour écrire ça, il faut être savant… du cœur.

  • Causette

    en fait, il faut comparer avec d’autres systèmes éducatifs européens
    par exemple, le Danemark fait d’énormes investissements dans l’éducation. Les élèves sont peu nombreux par classe, la lutte contre l’échec scolaire est considérée comme très importante (vu la petitesse du pays). Le taux d’alphabétisation est de 100 % et le pourcentage d’élèves admis dans le secondaire est l’un des plus élevés.

  • french_car

    Ranta j’ai relevé que « S’étant coupée d’une carrière de recherche elle choisie l’éduc nat. »

    Vous mettez en lumière un constat extrêmement préoccupant, on ne choisit l’EN que par défaut, il s’agit le plus souvent d’une sélection par l’échec : une carrière de chercheur avortée, des études de médecines ratées après 2 premières années plantées, une prépa ratée etc …

    • ranta

      Peut-être, je ne sais pas. Néanmoins je crois tout de même que pour une bonne part cela aura été un choix.

      De toutes façons aujourd’hui, qui peut se targuer de démarrer dans un domaine et d’y rester toute sa vie professionnelle ? bien peu, non ?

      • ranta

        Je dirais aussi que je n’ai jamais réfléchi à ça.

        • french_car

          Je ne parlais pas de réorientation dans la vie professionnelle mais de réorientation en cours ou en sortie d’études.
          Il arrive par des voies parallèles que des ingénieurs se réorientent dans l’enseignement, j’en connais un personnellement, en « grande école ».
          Il est rare qu’un prof se réoriente en cours de carrière et quitte l’enseignement, ou bien alors s’agit-il d’un prof d’université qui trouve à se faire embaucher à prix d’or pour un poste haut placé dans l’industrie ?
          Autre chose : je trouve déprimant qu’une carrière soit quasi tracée dès l’age de 23 ans. En gros déterminée par le rang à l’aggrégation.
          Soit il est bas et vous plafonnerez en lycée de seconde zone.
          Soit il est haut et vous accéderez assez-vite à la prépa puis userez de ruses et guetterez les départs en retraite pour arriver coûte que coûte à décrocher LA MP* ou PC* qui sied à votre rang.
          Et si vous n’avez pas décroché la première place vous aurez de toute façon raté quelque-chose. Ce qui est également vrai dans le privé mais s’estompe avec les années. Le directeur de l’Ecole des Mines a coutume d’accueillir les élèves de 1ere année par ces mots « on est d’accord vous êtes tous là parce-que vous avez raté l’X » 😀

  • Asinus

    yep pour tout viatique l’ane n’a que le certif , l armée ne lui en a pas demandé plus pour lui confier
    8/10 gus , les patrons jusqu a il y une dizaine d années preferaient des gens sachant faire plutot que sachant dire , en fait tel monsieur Jourdain je savais manager  » une petite équipe »sans avoir de notions
    de comment dit on desormais que les ouvriers sont gerés comme du stock ? à oui ressources humaines hé hé
    et les magnifiques diplomés afférents le dernier que j ai croisé à reussi a mettre en greve de braves memeres qui consideraient jusqu ici le delégué cgt comme une grande gueule feignante.Je sponsorise des etudes pour 3 descendants qui ont compris ce que veux et ce qu attend d’eux l EN yep z auront leur beaux diplomes pourquoi suis je a peu pres sur que leurs meilleures armes pour affronter la Vie seront celles que j ai misent dans leurs caboches!
    une bonne journée je retourne à ma/mes chaines
    asinus

  • D. Furtif

    J’aime beaucoup l’humanité de ce petit âne……yep