Ecologie contre économie : un débat exemplaire.

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[ Il s’agit d’un article ancien que j’ai retrouvé en faisant le ménage dans mon ordi avant qu’il aille chez l’ ordinologue. Peut-être publié chez maboul à l’époque où on avait encore des illusions sur ce media ?  Il tombe bien, en ces temps de salon de l’agriculture…] 

tracteurReposons un problème en marge de la lutte contre le réchauffement climatique: celui de la contradiction apparemment irréductible entre économie et écologie, entre l’amélioration de nos conditions de vie et notre survie, tout court, en tant qu’espèce.

Si l’on devait par une seule formule résumer l’opposition frontale entre ces deux disciplines, on pourrait dire que la pensée écologique conduit à prôner la décroissance alors que l’économie (toutes écoles pour une fois confondues, de la marxiste à la plus libérale) milite en faveur de la croissance. Dans un cas cette dernière permet de résoudre tous les maux de l’humanité, dans l’autre elle en est la source.

Une approche, même superficielle, permet de comprendre assez facilement ces deux positions : la croissance, surtout sur le long terme est la condition et, dans une certaine mesure, le signe ou le témoin du progrès économique, celui qui nous apporte tous ces objets qui nous facilitent la vie, de la voiture à la machine à laver, qui nous permet une vie plus longue et pas totalement perdue à nous épuiser à des travaux pénibles. Qu’il suffise, par exemple de montrer qu’un seul tracteur moderne permet de réaliser en une heure une tâche qui nécessiterait, sur la même durée, le travail de plusieurs milliers d’hommes, ou de centaines de chevaux. [1]

Mais d’un autre côté, il n’est pas non plus besoin de beaucoup d’explications pour voir que l’automobile c’est aussi la cohorte des accidentés de la route, les pollutions, les asthmes et bronchiolites des enfants des grandes villes. Tout le monde comprend que nous avons de plus en plus de mal à purifier l’eau que nous salissons, que le traitement des déchets coûte de plus en plus cher, et on finit tout de même par admettre que la croissance est à l’origine d’une pollution inattendue, celle qui a pour conséquence le changement climatique à cause du réchauffement de la planète.

 Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce débat entre économistes et écologistes n’est pas récent et je voudrais rapporter ici une polémique qui a eu lieu dans les années 70 entre l’un des économistes français les plus célèbres de l’époque, Jean Fourastié, et un maître en biologie de l’Université de Lyon, le professeur Lebreton, chroniqueur régulier sous le pseudonyme de « Pr. Mollo Mollo », d’un journal écologiste aujourd’hui disparu et qui s’appelait  « La gueule ouverte ». Cette querelle est exemplaire.

Jean Fourastié a toujours soutenu que la nature, selon l’un ses mots célèbres, était « une dure marâtre pour l’humanité » et que à part, peut-être, l’air que nous respirons, elle ne fournit pas grand chose de directement utilisable, sans travail, pour la satisfaction des besoins humains. Et de s’extasier sur la hausse continue de la productivité du travail humain au cours des derniers siècles… Sauf, qu’évidemment, pour être crédible, il faut arriver à la mesurer, ce qui n’est pas une mince affaire.

Lorsque l’on cherche à vérifier que, sur une longue période, le rapport P/T c’est à dire de la production sur le travail a augmenté, on se heurte à d’innombrables difficultés que je me contenterai d’énumérer ici : le calcul de la valeur ajoutée, la question des variations de prix sur la durée, le manque d’homogénéité qualitative de la production (cela a-t-il un sens de savoir combien coûterait aujourd’hui un fiacre ?), l’hétérogénéité du facteur travail, sans compter le principe même des mesures agrégatives qui additionnent productions et réparations des dégâts causés par cette même production.

Conscient de ces difficultés J. Fourastié va, pour sa démonstration, choisir une catégorie de biens qui est restée à peu près homogène au cours des siècles précédents et dont on peut suivre la production en quantités physiques, sans être obligé, donc, de passer par des évaluations monétaires : les produits agricoles de base. Le lait qui sortait du pis de la vache du XVllème siècle est le même que celui d’aujourd’hui. Voilà donc un terrain sur lequel des comparaisons sur une longue durée sont possibles, et Jean Fourastié propose une mesure astucieuse de la hausse de la productivité agricole en France, qui permet de contourner la plupart des problèmes évoqués plus haut.

Au lieu d’évaluer le rapport P/T et d’utiliser des valeurs monétaires, il va calculer le rapport entre la population totale et la population active agricole. Il obtient ainsi le nombre de personnes qu’un agriculteur nourrit. En effet, parmi toutes les données statistiques sur une longue période, celles relatives à la démographie font partie des plus fiables.

Il trouve, ainsi, qu’au XVlllème siècle en France, il faut 40 paysans actifs pour nourrir 100 habitants, donc un agriculteur nourrit 2,5 personnes.

Vers 1920 – 1925, un agriculteur ne nourrit encore que 3,7 personnes, mais après la 2ème guerre mondiale, ce rapport s’élève rapidement : un agriculteur nourrit 8 personnes dans les années 50, 10 dans les années 60, 20 dans les années 70, 35 en prévision dans les années 80 (l’article de Jean Fourastié date de 1972).

Cette analyse lui a valu une réponse très sèche, sous forme de lettre, du Professeur Lebreton, dont voici en substance le contenu :[2]

Sa première objection concerne la mesure de la population agricole.

Selon lui, Jean Fourastié compare des populations agricoles qui ne sont pas comparables du point de vue des conditions de production.

Au XVlllème siècle, l’agriculteur vit en circuit fermé, et fait tout, tout seul : il cultive, il fabrique ses outils (ce qui inclut la production des animaux de trait et la fabrication de son engrais) et vend lui-même un faible surplus de ses produits, l’essentiel étant autoconsommé. Les 2,5 personnes qu’il nourrit sont précisément les non-actifs de sa famille (enfants et personnes âgées).

L’agriculteur moderne achète ses engrais, ses pesticides, son tracteur, ne commercialise plus directement ses produits. Sa production dépend donc du travail d’autres personnes, qu’on a arbitrairement soustraites de la population agricole et qui sont autant de paysans « déguisés ». Le Professeur Lebreton en donne la liste suivante:

– l’ouvrier de chez Renault qui fabrique le tracteur,

– le pétrolier qui fabrique le carburant pour le tracteur,

– l’ouvrier de chez Rhône Poulenc qui fabrique l’engrais, le DDT

– les chercheurs en chimie, génétique qui ont promu les bases scientifiques de l’agriculture moderne,

– les fonctionnaires de l’INRA, de la DDA, des impôts, du Crédit agricole,

– les transporteurs des matières premières et des produits,

– les industries agricoles et alimentaires,

– une partie des commerçants de gros et de détail

On peut compléter cette liste qui est loin d’être exhaustive.

On a donc affaire à un phénomène appelé « externalisation du travail » par les économistes. C’est le cas lorsqu’une entreprise, au lieu de payer du personnel de service et d’entretien, décide de confier ce travail à une entreprise de nettoyage. Cela ne signifie pas ipso facto que parce qu’il est réalisé avec moins de personnes internes à l’entreprise, la productivité de celle-ci augmente…

Le professeur Lebreton en déduit donc que la hausse de la productivité agricole calculée par Jean Fourastié est très loin d’être celle qu’il annonce. Cela ne veut pas dire pour autant qu’elle soit nulle. Mais dans la mesure où il est très difficile de déterminer le nombre de ces « paysans déguisés », son évaluation est très sujette à caution. On retrouve ici le problème classique de calcul, surtout sur une longue période, de la valeur ajoutée, qui oblige à repasser par des valeurs monétaires, des calculs en « francs constants » etc.

La seule chose sûre dans l’histoire est la hausse de la production agricole, mais ce qui l’explique, et on touche là le point essentiel de la démonstration, c’est l’apport supplémentaire d’énergie.

La production agricole augmente parce que la quantité d’énergie qu’on lui fournit est en augmentation.

L’agriculteur du XVlllème siècle utilise l’énergie solaire (photosynthèse), sa propre énergie biochimique et celle d’un animal de trait, c’est à peu près tout.

L’agriculteur moderne ajoute à cela de l’énergie apportée par l’industrie à travers les engrais, les pesticides, les tracteurs et à l’énergie solaire de base s’ajoute donc une énergie « différée » (pétrole et(ou) électricité).

Mais le Professeur Lebreton fait remarquer que si la hausse de la production agricole est certaine, celle de la productivité, sujette à caution, en revanche le rendement, lui, est en baisse.

En termes énergétiques, c’est le rapport entre la quantité d’énergie sous la forme à laquelle on veut arriver et la quantité d’énergie totale qu’il faut utiliser pour aboutir à ce résultat. (Rappelons-nous que, à cause de l’entropie, à chaque fois que l’on veut transformer une forme d’énergie A en une énergie B, qualitativement plus élaborée, plus « ordonnée », on n’y arrive pas totalement. Le rendement mesure l’efficacité de cette conversion. Les lois de la thermodynamique nous disent que non seulement ce rapport ne peut être supérieur à l’unité, mais que, en outre, il ne peut même pas être égal à un).[3]

Lorsque le soi-disant « rendement » de l’agriculture augmente et qu’il passe en un siècle de 15 à 75 quintaux de blé à l’hectare, il est apparemment multiplié par cinq. Mais pour obtenir ce résultat, l’agriculteur moderne utilise dix à vingt fois plus d’énergie que son ancêtre. Le rendement énergétique n’est donc pas multiplié par cinq, mais divisé par deux ou quatre selon que l’on utilise le facteur 10 ou 20.Il y a erreur sur le dénominateur, une « surface » n’a pas de rendement, seul l’ensemble des échanges et transformations d’énergie qui s’y déroulent en a un.

La conclusion du Professeur Lebreton est donc la suivante: la production agricole n’augmente que grâce à un apport exponentiel d’énergie… mais avec des rendements décroissants. Et ce n’est pas une surprise, cette constatation est conforme aux lois de la thermodynamique. Elle avait d’ailleurs été soupçonnée par Malthus, puis Ricardo au XIXème siècle, sous une toute autre formulation.

Le professeur Lebreton, dans cet échange, donne une leçon d’économie thermodynamique à Jean Fourastié. Il met le doigt sur le caractère proto-scientifique de l’économie classique engluée dans des concepts empruntés à la mécanique newtonienne et corrompue par la philosophie individualiste qui sous-tend la doctrine libérale.

L’homme n’est pas isolé de la nature et ne peut se concevoir dans ses activités économiques comme étranger à son environnement, à la matière et aux lois qui la régissent. Lorsque l’on voit, en économie se former une exponentielle, qu’il s’agisse de population ou de consommation d’énergie, on sait qu’à un moment ou un autre celle-ci deviendra bon gré, mal gré, une courbe en cloche. Une croissance infinie est impossible dans un monde fini et tout le problème est de savoir si la décroissance nous devrons la subir, ou si nous serons assez intelligents pour la contrôler.

On est bien loin du problème de savoir si le quinze de France a encore un avenir…

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[1] Une calorie est la quantité de chaleur qu’il faut fournir à un gramme d’eau pour élever sa température d’un degré centigrade. Un joule. =0,24 cal. Un Watt = un joule/seconde. Un kilowatt/heure = 3600 kilojoules. Un cheval-vapeur=0,736 kW /h. Un tracteur moderne délivre une puissance d’environ 150 chevaux-vapeur soit, un peu plus de 110 000 watts, sachant que la puissance d’un homme est de quelques watts et celle d’un cheval, de quelques centaines de watts.

[2] Pr. Molo Mollo « L’énergie, c’est vous » (Vivre/Stock 2, 1974)

[3] L’énergie peut prendre des formes variées : chaleur, bruit, mouvement, lumière, électricité… Si elles se conservent quantitativement lors de leurs transformations, elles ne sont pas qualitativement équivalentes, et les rendements des conversions ne sont pas du tout les mêmes. Lorsque l’on transforme l’électricité en chaleur dans un fer à repasser, le rendement est proche de un car on transforme de l’énergie élaborée (à basse entropie comme disent les physiciens), en énergie plus simple (à haute entropie). En revanche, le transformation dans l’autre sens, chaleur en électricité, dans une centrale thermique, par exemple, se fait avec un rendement de l’ordre de 45 % seulement.

12 comments to Ecologie contre économie : un débat exemplaire.

  • Dora

    Bonjour Léon,
    Une pensée – pour mon voisin agriculteur, mort d’un cancer à 61 ans et sous chimiothérapie juste au moment de la retraite, mes proches soustraits trop tôt à leur famille par cette maladie, pour mes collègues qui ne connaîtront pas leurs petits enfants et ne pourront pas épauler leurs enfants dans leur transition vers la vie d’adulte.
    Les engrais et pesticides ont été inventés pour écouler les surplus des gaz fabriqués et utilisés contre les soldats en 1914-18 mais surtout pour faire fructifier la fortune des 4 grands producteurs, sans investir dans la recherche sur la toxicité.
    En plus de la santé, ce qui m’inquiète, c’est la disparition des terres agricoles. Nous devenons dépendants des autres pays. S’il y a bien une priorité, que je placerai avant les énergies, c’est l’alimentation et l’autonomie alimentaire des états. Même si dans la loi du foncier agricole, la priorité est donnée aux agriculteurs, ce sont les grandes surfaces et les industriels qui achètent les terres mises en vente ou en friche. Ils créent de nouvelles zones industrielles où les concurrents déjà installés à quelques kilomètres déménagent leur site pour se rapprocher d’un concurrent. Les hypermarchés créent des zones de stockage en zone rurale. La population agricole représente 1,4 % des actifs.
    Il y a le cas d’un petit industriel qui a bétonné un terrain pour s’installer, puis a quitté la commune pour gagner de la surface. Le premier site est toujours en vente : c’est une terre perdue, des bâtiments ne trouvant pas preneur. En face, un champ avec autrefois des chevaux, des chèvres et des moutons, aujourd’hui, juste des moutons et les petits agneaux qui viennent de naître.
    Un jeune agriculteur ayant repris le contrat avec ses parents déjà installés en fermage a dû acheter des terres à 80 km de la ferme pour y installer sa soeur.

  • Lapa

    Excellent et parfaitement juste.
    En cours de thermo nous avions le fameux adage: « plus qu’jappuie sur les pédales, moins qu’j’avance plus vite. »

    Si on considère la système agricole comme un système thermodynamique, il convient de trouver un régime nominal où le rendement sera optimal.

    Le problème étant que le progrès, contrairement à beaucoup d’idées reçues, va souvent à l’encontre du rendement. En réalité nous gagnons de la vitesse ou du temps libre contre une somme colossale d’énergie.

    Un moyen pour s’en sortir? rebasculer à 50% d’agriculteurs et une espérance de vie à 150-175 ans. En effet, plus la vie sera longue, plus il pourra être accepté de prendre du temps pour effectuer des tâches… 🙂

    • ranta

      Pourquoi parfaitement juste Lapa ?

      • Lapa

        Juste car dans un système à l’entropie croissante comme on peut modéliser notre planète, la dépense d’énergie est croissante et le rendement décroissant.
        l’exemple pour la production agricole est donné. Mais on peut le prendre pour toute activité humaine.
        Le travail effectué aujourd’hui possède un rendement inférieur à celui d’hier. certes on travaille plus vite et avec moins de personnes. Mais cela nécessite deux choses:
        une externalisation à prendre en compte dans les chiffres. beaucoup de personnes travaillent pour que nous puissions travailler.
        l’apport exponentiel en énergie dans le système.

        le fait que l’énergie ne soit pas infinie est donc la seule raison de s’interroger sur l’aspect « écologique » de nos process. (apport d’énergie et gestion de l’énergie résiduelle (déchets)).
        Encore un exemple: on peut comparer le soin d’une plaie nécessitant des points de suture entre 1980 et maintenant.
        En 1980 tu allais voir ton médecin de ville, il te recousait la plaie après une petite anesthésie locale.
        Aujourd’hui, le médecin refuse de recoudre, tu dois aller aux urgences, tu es pris en charge par un accueil, tu dois remplir un formulaire, tu es vu par une infirmière, il y a des requêtes réseaux, enfin tu as le médecin qui vient et utilise je ne sais combien de trucs jetables et autres produits dans une salle dédiée. Tu as un dossier administratif de créé et de suivi pour cela.
        On peut simplement comparer la dépense en énergie et en travail entre ces deux cas édifiants, pour un résultat identique.

        Si le progrès permet de réaliser des choses qu’on ne pouvait pas faire avant (guérir certaines maladies ou aller sur la Lune), sur les tâches « courantes » ou acquises, il y a une perte de rendement notable.

        On ne peut évidemment se passer du progrès; mais il faut être conscient du « gaspillage » que ça entraîne. Et peut être y a t-il des solutions pour essayer d’augmenter les rendements sur les activités basiques. Cette recherche serait de l’écologie.

        Enfin le deuxième point concerne ce que dit Leon sur la vision individualiste du gain de performance, vision très capitaliste, par rapport à une perte de rendement et donc d’efficacité globale, vision collective dont se sert l’écologie. Encore une fois, c’est juste. Dans l’exemple de la plaie: d’une vision individuelle je considère que je suis mieux soigné et qu’on a progressé. En réalité, sur l’ensemble de la chaîne, le gain faible (une plaie reste banale et le taux de mortalité reste faible), le gain d’hygiène ou de succès a été acquis avec une énorme dépense énergétique. Le rendement a bien diminué.

  • D. Furtif

    J’ai rarement lu un texte de Léon posant ( à la fois) autant de questions.
    Il me gêne beaucoup car d’entrée il installe une opposition ou une alternative Ecologie/ Economie, que je n’aurais pas installée comme ça, voire pas du tout…
    Ou alors …
    Bin voilà….
    Je ne vois pas d’opposition entre économie et écologie.

    L’Économie est de puis l’origine le mode de domination du Milieu par l’homme pour assurer sa survie.pour ce faire elle dispose de moyens que sa propre évolution biologique et de ceux dont elle se dotera qui progresseront techniquement au cours des 3 millions d’années . Deux sauts qualitatifs la révolution agricole (-8000av JC) et la révolution industrielle (-200 av Julien Clerc) viennent influencer / perturber le rapport entre l’homme et le milieu: modifier son Economie.La première conséquence étant un développement de sa démographie.
    .
    L’amélioration des conditions de vie demeure à nos jours une hypothèse très controversée particulièrement dans un examen global.
    .

    • L’Écologie
    • n’est qu’une invention tardive( fin 20è siècle après JC) d’intellectuels urbains.Elle pose comme idéal un stade assez imprécis dans sa forme et sa chronologie de l’activité humaine.On peut noter que bien souvent le seul point d’accord entre les écolos est sur la critique des formes présentes en se dispensant totalement de proposer un modèle alternatif alors que ce lexique fournit l’essentiel de leur jargon.
      « La Nature » étant définie quand elle l’est comme une catégorie quasi mentale métaphysique….
      On peut même découvrir avec consternation que pour certains de ces « visionnaires » la savane des chasseurs cueilleurs, après avoir repoussé la nature de la mécanisation, puis la nature du Moyen âge, celle de l’Antiquité ou du Néolithique, ne leur conviendrait qu’après expulsion des premiers hominidés….
      .
      Aujourd’hui l’Ecologie est le dernier refuge de certains prophètes qui eux savent mieux et qui mêlant climatologie , chimie et idéal politique s’autorisent à parler sans mandat au nom de tous….

    • ranta

      Oui, ben alors là je suis d’acc à 200 % avec toi….

      J’ai lu hier et j’étais avec un ami éleveur à faire du bois…..

      Ouala koi, moi qui suis au plus près de ces gens je ne sais quoi penser…..

      C’est grave doc ?

  • ranta

    Je suis absolument pas d’accord avec le professeur Lebreton, bien qu’il n’ait pas absolument tort.

    Son propos est de parler des effets des causes.

    Il ignore volontairement que les causes sont issues d’effets, eux mêmes issus de causes.

    Bref, c’est un Cabanou amélioré. :mrgreen:

  • Lapa

    l’écologie est née à partir du moment où l’économie a permis à l’Homme de modifier de façon visible et durable son environnement.
    Elle a profité aussi des progrès techniques et scientifiques dans le domaine des mesures et du stockage des informations.

    L’impact de notre activité était, à partir du XXème siècle, clairement mesurable, quantifiable et visible. C’était beaucoup plus diffus avant (même si l’impact n’était pas aussi nul qu’on peut le penser).

    Il y a autant de courants écologistes que de courants économiques. Furtif en décrit parfaitement un.
    On ne peut nier, par exemple avec la problématique du changement climatique, qu’il y a une nostalgie d’une planète figée dans une sorte de photographie d’état idéal. idéal d’ailleurs assez flou qui autorise toutes les extrémités (Gaïa et consorts).

    De même que concernant l’idéalisation de la nature, je souscris complètement au « la nature, selon l’un ses mots célèbres, était « une dure marâtre pour l’humanité » et que à part, peut-être, l’air que nous respirons, elle ne fournit pas grand chose de directement utilisable, sans travail, pour la satisfaction des besoins humains. ».

    La nature n’est donc pas l’idéal absolu dans lequel l’humain serait une incongruité, voire un virus. Nous avons dû apprivoiser une nature a priori hostile et nous y adapter.

    Il n’empêche que la réflexion porte au delà de l’écologie/l’économie.

    Elle porte sur la réalité des bilans suivant qu’on considère un référentiel individuel ou collectif.
    Le capitalisme nous pousse à adopter un référentiel individuel, naturel et facile.
    Cette vision, tronquée, nous fait imaginer par exemple un gain dans le rendement.
    Mais à une échelle collective, ce gain n’est plus vrai.

    l’écologie a ceci d’intéressant, malgré les dérives précitées, qu’elle replace une vision collective dans un contexte individualiste très prégnant.

    En ce sens, il ne faudrait pas laisser l’écologie aux seuls partis d’écologie politique, genre de magma pour report de voix sur le PS au deuxième tour.

    • ranta

      Rhôlala

      Ton post est une sorte d’entreprise générale.

      Qui ne serait pas d’accord sur la forme ?

      Sur le fond, on va convoquer Darwin.

      Un Darwin que je résumerais ainsi : une génération qui arrive part du plus haut au point atteint par la génération précédente.

      Qu’elle se démerde, on lui a fait le don de la vie, à elle de l’organiser.

  • D. Furtif

    Le sujet est tellement vaste….
    Prenons en un seul.
    La déforestation .
    Eh bin….le mode d’exploitation antique qui sera conservé au Proche Orient et au Nord de l’Afrique jusqu’au XIXè siècle provoquera plus de dégâts que toute la mécanisation contemporaine….
    L’idéalisation de tout ce qui est ancien amène souvent les écolos à continuer la promotion du catastrophique pastoralisme au dépend de l’ancienne , industrieuse et hyper compétente agriculture ….
    Ce mode d’exploitation de l’espace a tout emporté , même la terre.
    .
    Il y a tellement de sujets à aborder…..tellement de questions que l’écologie pose mal ou à l’envers….
    Ne faudrait-il pas commencer à les poser en termes philosophiques
    Place de l’Homme dans la Nature…
    Voire la Nature est-elle chargée de sens en dehors du service de l’Homme….?
    ….
    Je voudrais dire que si je m’égare c’est la faute à Léon qui fait rien qu’à poser des sujet qui me font m’égarer….

    Bisous
    Bonne nuit

  • Marc

    Intéressants vos articles que je découvre qui font réfléchir, ne serait-ce que par ces commentaires!

    On tourne en rond… il n’ y a pas de solution dans le système économique mondial actuel: le système capitaliste pour le nommer.
    Marx et Engels se sont penchés déjà sur ces questions, décrivant les mécanismes d’un système qui tourne le dos à la valeur d’usage, c’est à dire aux besoins réels et élémentaires de l’humanité, rivé qu’il est au taux de profit, à la rentabilité du capital, de toutes les manières y compris par la spéculation financière au détriment de la production et tant pis pour les conséquences terribles pour l’humanité (chômage, famines, pollutions de l’air, de l’eau …). Un capitaliste , “le nez dans le guidon” de son entreprise, n’a pour vocation que de faire du profit, d’assurer les meilleurs dividendes à ses actionnaires et non de “sauver la planète”. Ce n’est pas un jugement moral, c’est la réalité économique.
    Et pour rassurer les “écolos politiques” agités qui ignorent royalement l’écologie scientifique: aujourd’hui, la décroissance est appliquée par les capitalistes eux-mêmes qui ferment les usines à la pelle avec les licenciements et la misère en découlant, préférant la spéculation à la production, notamment avec la bourse des échanges des “droits de polluer” de l’art 6 du protocole de Kyotto. Mittal notamment en a profité allègrement. L’économie russe également avec les fermetures massives d’entreprises, risquant de faire “péter” la bourse des échanges. Même” l’écologie”, “la croissance verte” etc sont récupérées par le système capitaliste dominant pour privatiser, liquider des entreprises de production essentielles (énergie etc.)…le contraire serait surprenant, c’est d’une logique implacable.
    L’humanité doit régler ce problème d’adéquation entre la production anarchique et ses besoins réels, nécessitant la connaissance de la nature donc le développement de la recherche fondamentale contre la surproduction aveugle qui ne trouvait que les guerres (14-18, 39-40 etc.)pour sa régulation et aujourd’hui qui abandonne la production au profit de la spéculation et les crises de plus en plus terribles qui l’accompagnent. Y a du boulot!
    mp

  • D. Furtif

    Bonjour Marc , bienvenue sur Disons