Reflexions sur le Capital (II)

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Préambule

Je vais vous surprendre :
Le Capital est un ouvrage facile à lire, à la portée de tout un chacun : c’est un ouvrage didactique destiné à un large public, les quelques formules mathématiques employées servent essentiellement à alléger l’écriture. Sa longueur tient au fait que Marx  veut convaincre et martèle encore et encore les bases de sa critique du système capitaliste.
Si l’on compare la clarté de l’exposé et la simplicité de l’expression du Capital à la plupart des autres traités d’économie, ces derniers apparaissent, au mieux, comme de la bouillie pour les chats, au pire comme un ramassis d’élucubrations magico-mathématiques  destinées à remplir les poches de leurs auteurs. Cela s’explique, nous allons le voir.

Une économie humaine

Ce qui me frappe en premier lieu, c’est la place qu’occupe l’homme : la première. Ici pas de règles « immanentes » ou “lois du marché” abstraites autant qu’absconses , mais mise en scène de l’ouvrier et du capitaliste, des hommes, des femmes et des enfants avec leurs besoins, leurs envies, leur misère ou leur rapacité.
« Seul le travail humain est créateur de valeur ». Par cette définition Marx se situe dans la grande lignée des humanistes du XVII et XVIIIème siècles, pour lui il n’y a de valeur qu’en l’homme et création de valeur que par l’homme et son travail. Ainsi le « système capitaliste » est un ensemble de relations entre les hommes et l’économie est bien l’un des aspects des sciences humaines  indissociable de l’histoire, la politique, la psychologie ou la sociologie.
En conséquence, les injustices criantes de la société qu’il décrit sont bien le fait des hommes, du moins de certains d’entre eux, qui en portent donc l’entière responsabilité. Comme les philosophes grecs l’avaient déjà remarqué : « Il ne semble pas y avoir de limites à l »avidité des riches », et c’est bien ce trait de psychologie qui explique, pour Marx, la situation qu’il décrit et qui justifie la nécessité d’un « changement de société » comme l’on dirait aujourd’hui.

Une injustice fondamentale

Donc, dit Marx, dans le système capitaliste marchand, toute richesse est produite par les ouvriers (et les paysans), par leur travail, mais ce ne sont pas eux qui en profitent, car cette richesse leur est confisquée par les capitalistes, c’est à dire ceux qui sont déjà riches au départ. La loi du plus riche a remplacé l’antique loi du plus fort. A moins que ce ne soit la même en réalité !
Depuis bien longtemps en effet, (citons encore les grecs et les romains ), les plus puissants sont bien ceux qui peuvent s’acheter ce qui se fait de mieux en matière d’armement : armes de métal plutôt qu’armes de pierre, chevaux (c’est ça un « chevalier », un noble, et ce depuis les romains au moins).
Mais attention ! contrairement aux anarchistes, Marx ne dit pas que la richesse en soi, ou « la propriété c’est le vol », mais que c’est l’appropriation du travail et du bien d’autrui qui constitue le vol, l’injustice. On ne voit pas que Marx condamne la propriété en soi. Bien au contraire, il montre comment l’expropriation, bien souvent forcée, des petits paysans, comme la ruine des petits artisans ont fourni au capitalisme marchand la main-d’oeuvre qui lui était nécessaire. De plus, cela forçait les ex-paysans à entrer dans le système d’échanges pour se procurer nourritures et vêtement, alors qu’ils étaient pour la plupart autosuffisants auparavant .
Bien sûr, dans d’autres ouvrages (surtout le Manifeste du Parti Communiste, la Sainte Famille et l’ Idéologie Allemande), il pourfend la notion bourgeoise de la propriété et prône la mise en commun des moyens de production. Mais d’une part ces écrits sont antérieurs au Capital et réalisés en commun avec Friedrich Engels, et d’autre part c’est toujours cette vision « bourgeoise » de la propriété qu’il critique .

Au nom de l’éthique et de la morale

Marx est loin d’être le seul à penser que ce système économique est injuste et c’est au nom de la morale et de l’éthique mêmes de ses adversaires qu’il condamne le capitalisme marchand. Déjà dans l’antiquité, comme tout au long du moyen-âge, la distinction entre marchands et voleurs (ou pirates) n’a jamais semblé évidente; pour les grecs comme les romains, ils partagent le même dieu protecteur, Hermès ou Mercure ; et que dire des banquiers : Saviez-vous que le prêt à intérêt a été interdit par l’église jusqu’au XVIIème siècle  et n’a été accepté ensuite qu’avec répugnance. Cela explique d’ailleurs l’abondance de juifs dans ces professions : parias de la société, exclus des métiers « nobles », on ne les tolérait souvent que dans ces activités « méprisables » et méprisées qui permettaient de les supprimer en toute bonne conscience quand l’état, le roi ou l’église voulaient s’emparer de leurs richesses. Ce qui, des siècles plus tard, a justifié les attaques antisémites contre, justement, les « banquiers juifs » exploiteurs du sang des pauvres.
Marx se pose ainsi en héritier de la morale protestante et de la philosophie des lumières des XVIIème et XVIIIème siècles et il dénonce l’hypocrisie des puissants qui ne se réclament d’une éthique et d’une philosophie que pour mieux les trahir dans les faits. Comme le font d’autres philosophes ou moralistes qui pourtant le combattent.
Pour un humaniste comme Marx, la cause profonde des défauts du système c’est que le but de la production n’est pas intérêt général mais bien l’enrichissement des capitalistes, par un formidable gaspillage des hommes : « En dépit de sa ladrerie, la production capitaliste est d’ailleurs fort gaspilleuse de matériel humain, ( … ) elle dilapide énormément de moyens matériels, perdant d’un côté pour la société ce qu’elle gagne de l’autre pour le capitaliste individuel. ». « et c’est seulement par le gaspillage le plus énorme du développement d’individus particuliers qu’est assuré le développement de l’humanité en général, ( …). » ainsi que de leurs capacités : « Les connaissances, l’intelligence et la volonté ( … ) ne sont désormais requises que pour l’atelier. ( … ) ce que les ouvriers parcellaires perdent se concentre en face d’eux dans Le Capital ( … ) l’ignorance est la mère de l’industrie. »

Mais Marx ne rejette pas entièrement le système, il lui accorde même le bénéfice de l’accroissement considérable de l’abondance matérielle qui caractérise cette fin du XIXème siècle. Pour lui, comme je viens de le montrer, ce n’est pas une abstraction, un objet intellectuel, qui est « mauvais », mais ce que certains en font : « La machine est innocente des misères qu’elle entraîne [Mais … ] c’est comme puissance ennemie de l’ouvrier que Le Capital l’emploie » . Ce système a une justification historique, je vais y revenir.

Une critique, pas une solution.

A aucun moment, dans Le Capital, Marx ne décrit un autre système, « communiste » par exemple, ni n’évoque, à plus forte raison, la façon d’y arriver. Bien sûr, on sent bien son attirance pour les coopératives ouvrières comme l’espoir que fait naître chez lui l’importance de la Bourse qu’il voit comme une « socialisation » du capital et de la propriété. Il reste toutefois extrêmement prudent sur ces sujets qui sont développés surtout, dans les livres deuxième et troisième, publiés en réalité après sa mort. Bien qu’il soit proche des mouvements socialisants de son époque, et surtout solidaire des luttes ouvrières, il s’est nettement démarqué des partis, mêmes socialistes ou communistes, comme je le rappelais dans la première partie de cet article.

Un système voué à l’autodestruction

Pour Marx, en fait, la société marchande capitaliste devait s’effondrer d’elle même, s’auto-détruire de l’intérieur, du fait de ses contradictions internes.
Dans celles-ci on trouve, bien entendu, la baisse tendancielle du taux de profit, dont nous avons déjà parlé, mais d’autres aussi, peut-être moins évidentes et en tout cas moins célèbres.
Par exemple, la tendance permanente du système à une concentration toujours croissante de la richesse. En effet les entreprises les plus productives (on dit aujourd’hui les plus performantes) doivent progressivement éliminer les autres en un cycle qui se continue indéfiniment. En poussant cette tendance jusqu’au bout, on doit, à la fin, ne plus trouver qu’UN SEUL capitaliste, en position de monopole, ce qui élimine la concurrence, qui était justement le moteur et la justification du système. Vladimir Ilitch Oulianov  l’a bien décrit dans son livre : L’Impérialisme, stade suprême du Capitalisme.

D’autre part l’augmentation considérable et continue du nombre de travailleurs, hommes et femmes,  comme leur organisation croissante au sein de syndicats et de partis ouvriers, devait nécéssairement provoquer une modification du rapport de force en leur faveur, et donc un accroissement des tensions sociales, puis, à terme, la disparition du système. Dans ce sens, Marx voyait le capitalisme marchand comme une étape historiquement nécessaire, menant à l’émancipation de l’homme grâce à l’abondance de biens produits, je l’ai déja signalé dans la première partie et c’est ce dont je parlais ci-dessus en disant qu’il ne le rejettais pas entièrement.
J’aimerais enfin revenir sur la contradiction entre le système économique lui-même et ses valeurs philosophiques, éthiques, et morales. Car ce système est bel et bien celui d’une bourgeoisie anglo-saxonne, protestante et puritaine. Et si cette morale justifie et appuie, d’un côté, le capitalisme assimilé à la liberté, d’un autre, elle réprouve l’excès de richesse et, surtout, ce qu’on appelle « l’enrichissement sans cause ». Qui plus est elle en condamne la violence et l’oppression et consacre une grande part de son activité « charitable » à tenter de soulager la misère provoquée par le système qu’elle soutient.
Il est d’ailleurs tout à fait symptomatique que la quasi-totalité de ses contempteurs et contestataires soient sortis de ses rangs, à commencer par les « glorieux ancêtres » : Marx lui même, comme Lénine ou Trotsky mais aussi Mao Tse Toung, Ho Chi Min ou encore les étudiants de Mai 68, tous issus de la bourgeoisie, petite ou grande.

Un ouvrage toujours actuel …

Dès sa sortie, le Capital a été attaqué et critiqué, ce qui est normal pour un ouvrage aussi engagé et militant, tandis que les penseurs socialisants, ou communisants, comme Lénine tentaient de continuer dans cette voie. A la suite de krach boursier de 1929 de nombreux intellectuels progressistes se sont rapproché des thèses marxistes, mais la classe dominante réagit vite et dès 1930 John Maynard Keynes publie son Traité de la Monnaie, suivi, en 1936, par sa Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de la Monnaie où il entend démontrer la fausseté de la théorie marxiste de la valeur pour la remplacer par la théorie de la « valeur marginale », reprenant ainsi la voie de J.B. Say et de Ricardo aux siècles précédents. Mais, de façon contradictoire avec ses thèses « libérales », il soutient l’intervention de l’état, aux U.S.A dans le « New Deal » de Roosevelt .
Toutefois ni la théorie de Keynes, ni celles de ceux qui lui ont succédé comme Kenneth Galbraith, n’ont su prévoir ni expliquer quoi que ce soit : ni les krachs, ni les guerres, ni le chômage, ni même la folle croissance des « trente glorieuses ». Et alors même qu’aucune de leurs prédictions ne s’est jamais réalisée, ils sont toujours considérés (et rémunérés) comme des prophètes !
Depuis la guerre froide, le stalinisme, et plus encore l’effondrement de l’Union Soviétique, il est de bon ton, dans nos sociétés, de proclamer haut et fort que les idées de Marx sont totalement dépassées, périmées voire archaïques. Ne parle-t-on pas des « nostalgiques » du communisme ?
Mais il faut relire ces pages où Marx pourfend l’exploitation au rabais des femmes , dénonce le pillage et la destruction des « ressources naturelles » , l’exploitation sauvage de ce qu’il n’appelait pas encore les pays du tiers-monde, les ravages de l’alcool et de la drogue, eh oui ! « La consommation de l’opium se propage chaque jour parmi les travailleurs adultes et les ouvrières (…) », autant dire qu’on n’a guère inventé depuis.
Si la société marchande capitaliste a su, plus que d’autres, s’adapter aux conditions qu’elle a fait naître, absorber, voire digérer ses détracteurs, la division de la société entre « ceux qui possèdent la richesse et ceux qui ne possèdent qu’eux-mêmes et sont donc obligés de vendre leur force de travail » ne me semble pas avoir perdu de sa pertinence, bien au contraire : il n’y a jamais eu aussi peu, proportionnellement, de riches aussi riches . Est-ce un hasard si l’on parle tant de l’accroissement des inégalités ?
Et comment peut-on oser soutenir que la lutte des classes est un concept périmé quand la moindre diminution du chômage provoque l’effondrement des bourses mondiales alors que son accroissement, comme l’augmentation des inégalités, provoquent une envolée des cours. Le comportement des boursicoteurs trahit inconsciemment la pérennité du conflit social.
Quant à la nature et à la provenance de la richesse et de la valeur des choses, il est clair que la définition marxiste est inacceptable pour les possesseurs de richesse qui tentent à tout prix de justifier le fait que l’argent va à l’argent. Pour eux, au contraire « ce qui est bon pour General Motors est bon pour le pays ». Et nous sommes aujourd’hui arrivé à ce point d’absurdité où on nous annonce, avec en France 3 millions de chômeurs officiels, une érosion continue des classes moyennes et une explosion de la précarité des situations, que « l’économie se porte bien », « les affaires reprennent » et que « tous les indicateurs économiques sont au beau fixe » (Les Echos et TF1 dixit), tout en étant bien obligé de reconnaître que « la reprise se fait attendre » (alors c’est quoi « la reprise » ?).

… dans un système dont le visage a changé

Par contre, et pour cause, Marx n’a pas vu l’évolution du système après sa mort : celui-ci ne s’est pas effondré « naturellement », en tout cas pas encore, et a continué à évoluer. Des aspects nouveaux sont apparus. On peut citer :
– L’évolution de l’actionnariat en « pompe à phynances » où des masses de petites parcelles de propriété, de richesse, retombent dans la poche des gros, des « loups de bourse » (bien qu’il ait vu et identifié le phénomène), accélérant la concentration de la fortune. C’est l’évolution inverse de celle qu’attendait Marx (voir plus haut) : pour lui, le développement de l’actionnariat entraînant la propriété collective, sociale des moyens de production, associé  à la formation progressive de cartels et de monopoles, devait exacerber les contradictions sociales et fournir une solution au passage à une société meilleure. Mais c’est devenu le champ clos de la nouvelle aristocratie financière qui y accapare la richesse foncière (on dirait aujourd’hui immobilière), productive et commerciale. Les « privatisations » anglaises et françaises, dès qu’on les voit avec un peu de recul, sont une excellente illustration du phénomène. Le cas de l’introduction en bourse d’Eurotunnel ayant tourné carrément à la caricature quand à la ruine de milliers de petits actionnaires a correspondu un gigantesque bénéfice pour les banquiers.
  • – L’incroyable augmentation de la productivité, et donc du profit, qui a permis d’en redistribuer une quantité suffisante pour donner un « visage humain » au système : Les miettes accordées aux travailleurs représentant déja un progrès considérable par rapport au siècle dernier. Mais en même temps, la consommation de ces mêmes travailleurs a été de plus en plus dirigée, par une propagande aussi insidieuse qu’intense de manière à ce que le système récupère d’une main ce qu’il a accordé de l’autre .
  • – L’échec, en Russie, d’un système politique trop vite qualifié de « communiste », ce qu’il n’a jamais prétendu être, mêmes aux pires époques du stalinisme . Il s’agissait en fait, à partir de 1923 jusque dans les années 70, d’une dictature sanguinaire et rétrograde. Ce système ne s’est d’ailleurs pas, comme on le prétend, effondré « de lui même », mais bien à la suite d’une guerre économico-diplomatique (quand ce n’étais pas militaire) ayant duré plus de soixante-dix ans !
  • – L’apparition d’une propagande phénoménale  qui a permis la transformation du « voile pudibond » jeté par le système sur sa véritable nature en un masque épais. Grace aux nouveaux médias, et suivant l’exemple donnés par le nazisme et le stalinisme, une véritable « dictature intellectuelle » s’est instaurée dès l’école et le plus jeune âge : intériorisation, dès l’enfance, du modèle et de la « règle du jeu » d’un système non plus dominant, mais écrasant, omniprésence sonore et visuelle du message unique : « achetez, achetez, acheter c’est vivre, j’achète donc je suis ! ». Simultanément l’objectif officiel de l’éducation des masses est devenu la formation de travailleurs, et non plus de citoyens . Travailleurs bien dressés, efficaces, spécialisés pour un travail parcellisé, « flexibles ».
  • – L’accroissement tout aussi phénoménal du contrôle social : Lois, règlements, papiers, contrôles,  polices, « télésurveillance », etc. Tous moyens permettant de contenir les velléités de « la populace » à changer de sort . On ne réalise guère aujourd’hui  que dans les états « libres et démocratiques » les gens doivent se plier à une quantité de règle bien plus importante que, par exemple, sous l’ancien régime, que les effectifs et les moyens de la police et de la gendarmerie sont de très loin supérieurs à ce qu’ils ont jamais été dans l’histoire de notre pays, etc …

En guise de conclusion

Il faut bien finir un jour. Pourtant, à ce stade, je trouve mon article à la fois trop long et trop court. Trop court car il y a tant de choses à développer, et bien d’autres sujets abordés dans Le Capital, dont je n’ai pas parlé. Trop long car j’aurais aimé dire tout ceci en deux fois moins de pages.
Mais enfin !
Le but de ceci est surtout de susciter réflexions et débats et j’espère au moins être parvenu à vous inciter à lire Marx et Le Capital, ou à tout le moins, à remettre en cause certaines idées reçues à son sujet.
Et peut-être un jour aurais-je l’occasion de trouver dans Cuneus quelques idées prolongeant ou contredisant celles que j’ai exposé ici ?
Si tel est le cas, mon but sera atteint.
Finaël

7 comments to Reflexions sur le Capital (II)

  • L'enfoiré

    Salut Finael,

    Je m’arrête déjà à la première phrase.
    « Le Capital est un ouvrage facile à lire… Sa longueur tient au fait que Marx veut convaincre et martèle encore et encore les bases de sa critique du système capitaliste. »
    Tout est dans cette conclusion. Qui prendrait Le Capital comme livre à lire pendant ses vacances? Pendant les autres moments de l’année, on veut du Reader Digest. Des blogs de quelques lignes. Une pensée qui se définit en une ligne et qu’on complémenterait par quelques phrases en style télégraphique. J’en sais quelque chose. On veut du thriller, du dialogue, une intrigue, de l’actuel… Qui lit des bouquins au kilo? Qui en prend des notes en cours de route? J’aime le faire, mais j’ai pu constater que c’était loin de faire l’unanimité. Tout doit se trouver ces 3 lettres « lol ». Je m’en vais lire le reste.
    @+ pour le reste.

  • L'enfoiré

    « la place qu’occupe l’homme : la première »

    Là, je crois qu’il fait déjà fausse route.
    L’homme fait partie d’un ensemble, ne fait qu’un petite partie de celui-ci. L’humilité voudrait qu’on remarque que notre présence sur Terre ne date que d’un petit pourcentage du temps.
    La nature a son mot à dire depuis bien plus longtemps. Elle a une expérience de millions d’années. C’est ce que je voulais exprimer

    « Seul le travail humain est créateur de valeur »
    Cela malheureusement, ce n’est plus vrai. L’époque du travail garanti pour tous est finie. L’idée géniale va remplacer le travail et pour longtemps.
    Nous avons dans l’évolution une tâche de faire marcher nos neurones. C’est la seule différence avec nos prédécesseurs sur Terre. Prédécesseurs qui avaient déjà initié le mouvement.
    Le capitalisme marchand est en effet une de ses inventions. L’appât du gain. Du donnant-donnant. De la récompense que l’on reçoit après un bon bulletin à l’école.
    Dans le monde animal, il y a depuis l’abeille des rôles bien définis. Une reine qui fait marché le « commerce » de la ruche. Les challengers conquièrent leur place de leader, chez les autres.
    Système voué à l’autodestruction?
    S’il y avait mieux pourquoi pas. Tout système a une période de croissance, d’apogée et de décadence.
    Nous sommes dans la dernière partie, d’après moi. Il faudra adapter, ajuster.
    Ce sont des nouveaux, des inconnus de Marx, en provenance de l’Orient qui feront la pluie et le beau temps.
    Nous avons trop longtemps oublié que l’Occident était la pierre angulaire.
    En espérant que ces nouveaux ne copieront pas tout. Ce qui n’est pas sûr.

    • L'enfoiré

      « l’Occident était la pierre angulaire »
      Pardon, je précise: « l’Occident était une des pierres angulaires »

    • Ce qui intéresse Marx, c’est la société, et la société est un ensemble d’êtres humains.

      Il l’étudie au point de vue économique et replace l’homme au centre de celle-ci, cela n’a rien à voir avec la place de l’homme dans l’univers.

      « L’idée géniale » est toujours un travail humain. Quelle part de la valeur produite reçoit l’inventeur ?

      Et si cette idée géniale pousse à augmenter la productivité du travail de chacun, quelle part reçoit celui dont la production augmente ?

      Quand je dis que Marx est facile à lire c’est qu’il ne cherche pas à embrouiller par des calculs abscons, des discours trompeurs. Il emploie des termes simples dans un langage compréhensible par tous.

      Comme on le souligne chaque jour dans nos nouvelles économiques nous vivons sous le pouvoir du capitalisme financier. Or ce capitalisme financier absorbe entre 80 et 85% de la valeur produite par les producteurs.

      Au schéma à trois étages de Marx :
      – Capitalisme financier
      – Capitalisme commercial
      – Capitalisme industriel (étage où se forme la valeur)

      On peut rajouter n étages et au dessus de tout un capitalisme doublement financier puisque jouant sur la finance elle même.

      Mais fondamentalement le principe est toujours le même. Le producteur de valeur n’en reçoit qu’une fraction car à chaque étage il y a profit.

      La séparation que faisait Marx entre ceux qui possèdent l’outil de travail et ceux qui ne possèdent que leur force de travail (même intellectuelle) est toujours pertinente.

      « L’économie » que l’on nous présente et sur laquelle chacun disserte n’est que le mode de pensée du capitalisme financier. Un monde déconnecté de l’humain et rempli de calculs et raisonnements comptables qui ne représentent pas les bases fondamentales de tout système : les humains, leurs besoins leurs désirs.

      Si l’on veut changer le système il faut penser autrement, ne pas jouer selon des règles et avec des mots imposés par ceux à qui le système profite.

  • Léon

    Finaël, probablement les commentateurs se sont exprimés sous le premier article et n’ont plus rien à dire. Merci de votre contribution en tous cas.

  • Toujours aussi bonne synthèse, Finaël. Bon, tu exagères un peu beaucoup en disant que Das Kapital est facile à lire : c’est quand même sacrément roboratif. Je ne crois pas que je le relirai jamais, même si ça reste la première et une des meilleures analyses critiques du capitalisme. Lafargue et son Droit à la paresse, c’est quand même plus marrant…