Moi Joelim, ouvrier du bitume, sans rancune ni amertume….

Lectures :2965

Le pouvoir du petit écran est décidemment étonnant. C’est ainsi que depuis quelques semaines, j’observe, entre deux volutes chaudes de bitume fondu, les regards appuyés, les bouches contrites des badauds, les mêmes qui, hier encore, pressaient le pas à la vue de mes seaux dégoulinant de lave noirâtre.

Curieux, ils semblent aujourd’hui vouloir tout savoir de mon métier et peut-être même de ma vie,…sans oser me le demander.

Je sens bien que derrière ce soudain élan compassionnel, ils ne cherchent au fond qu’à me témoigner un peu de leur affection.

Résolus à tromper un quart d’heure de leur solitude en partageant les vapeurs de mon bitume, je note qu’ils ont déjà l’instinct du fauve pour se jouer du vent mutin.

Parfois, j’entends parler de moi comme d’un mort en sursis et pourtant, hormis les avants bras qui me grattent et une toux nocturne récurrente, je me sens presque aussi vaillant qu’à mes débuts.

C’était il y a bientôt quinze ans. Marco m’avait refilé un tuyau de taf de première bourre, un emploi d’ouvrier du bitume chez un sous traitant d’une filiale d’un grand groupe de Travaux Publics dont je tairai le nom. Une question d’honneur chez nous qui avons pour coutume de laver nos guenilles sales en famille.

Des experts, des médecins, des sommités scientifiques viennent de désigner mon métier comme l’un des plus dangereux de l’année. Depuis que je suis passé furtivement au journal de JPP, j’ai même eu le droit à une franche poignée de main du chef du bureau de Poste.

Bien que nous passons près de six heures par jour dans les vapeurs d’un bitume chauffé à plus de cent degré, nul n’avait jusqu’ici évoqué en ces termes les risques sanitaires de notre métier. Ce n’est qu’à la suite d’un reportage sur les nettoyeurs bénévoles des plages souillées par la catastrophe de l’Erika que cette affaire est sortie du bois.

Hier une blague a fusé à la cantine : Quelle est la différence entre la retraite du patron et la tienne ?. Il parait que ce n’est qu’une question de chapeau… avant ou après. Ainsi, pour l’ouvrier du bitume, c’est « chapeau !…. la retraite ».
Il faut dire qu’entendre parler des risques que prenaient les bénévoles, ces chochottes, à manipuler du goudron froid, nous avait passablement agacé.
Nos supérieurs nous ont tellement seriné sur l’innocuité de ces molécules de bitume, selon eux, un cadeau comparé au redoutable goudron que nous utilisions jadis pour couvrir les routes.

Goudron, bitume et comme pour l’amiante, il est fort possible qu’on nous ait un peu bourré le mou. Le bitume est probablement aussi toxique, si ce n’est plus….

Franchement, au fond de nous, qui en doutait encore ? Chaque année, de sinistres échos nous reviennent, toujours les mêmes. Hier, c’était Roger et aujourd’hui c’est Daniel, et à chaque fois, ce satané crabe qui te prend aux premiers jours de la retraite…. Faut dire aussi que les lascars burinés du bitume clopent pour deux.

Hier, malgré la fatigue, j’ai allumé le poste pour écouter Fillon et les comparses syndicalistes se succéder sur l’avenir des retraites…

La pénibilité, ils n’ont que ce mot à la bouche et pourtant, qui se préoccupe concrètement du sort des ouvriers incinérateurs, ceux du bitume, les agents de nettoyage des cimetierres et bien d’autres encore, du même tonneau ?

Allez, nous savons bien que l’avenir de vos retraites dépend de l’aspect hautement hypothétique des nôtres. Un ministre le sait fort bien, mais un ministre, ça se tait, non ?.

Au fond, nous ne sommes pour leurs comptables que des variables d’ajustement.

Mais, moi Joelim, ouvrier du bitume et fier de l’être, je n’en veux à personne….

***********************

Addendum du 13 Novembre 2012 __ D. Furtif

http://www.francetvinfo.fr/le-cancer-du-bitume-reconnu-comme-maladie-professionnelle_169351.html

37 comments to Moi Joelim, ouvrier du bitume, sans rancune ni amertume….

  • ranta

    Allons, allons Joelim, comme a dit un intervenant il y a deux jour ici même, tu toucheras ce pourquoi tu as cotisé. Et que ça ne dure pas longtemps n’a aucune importance, d’aucuns pensent que c’est encore mieux comme ça. Pour ton bonheur, tu n’en veux à personne, c’est parfait ça…ça t’aura permis d’intéger cette Lapalissade cynique.

  • D. Furtif

    Bonjour vous autres , …

    « Et comme c’est pas sûr que dans son souci de ne déranger personne , notre ami Joelim ait cotisé réellement toutes ces années. Que dire? Ça a souvent été comme ça les entreprises de TP , une chaude ambiance familiale. »

  • snoopy86

    Yohan

    J’ai questionné la snoopette spécialiste de la question

    Sur la toxicité des HAP rien n’est vraiment trés clair ni médicalement démontré …

    Toutefois, en vertu du principe de précaution, tous les grands groupe de TP qui contrairement à une légende sont en pointe en matière d’hygiéne et de sécurité au travail, ménent des recherches pour diminuer les températures d’application.

    • yohan

      Snoopy
      Si j’étais l’un de ces ouvriers, je ne me fierai pas trop à la fiabilité des études menés par les patrons. Il y a tellement d’argent en jeu.
      Pour le reste, c’est aussi la mauvaise hygiène de vie qui est à l’origine des maladies précoces. Sur les chantiers, les ouvriers savent ça et commencent à faire attention. D’ailleurs, on ne voit plus trop ces gars en salopette sirotant leur café calva après un copieux repas arrosé dans une salle de resto enfumée. Chacun doit savoir que l’addition ne nous est pas seulement présentée qu’au comptoir….

      • snoopy86

        Non, Yohan l’avis que je t’ai donné est celui de médecins du travail parfaitement indépendants dans leur pratique.

        Et je peux te garantir qu’ils aimeraient bien trouver dans toutes les entreprises l’accueil qu’ils recoivent dans les grands groupes de BTP et leurs filiales où hygiéne et sécurité sont réellement prises trés au sérieux, largement au delà de l’obligation légale. Au point que parmi les « vieux » travailleurs certains acceptent mal cette pression hygiéniste et sécuritaire…

        Pour les changements de mode de vie chez les professionnels du BTP c’est une heureuse évidence …

        Finie l’époque où la première chose que l’on déchargeait de la 203 bâchée c’était la caisse de litres étoilés de Préfontaines ou Kiravi

        • yohan

          Pour le coup, je suis d’accord avec toi. Le commentaire de Maxim résume assez bien la situation : L’espérance de vie, c’est probablement 50% due au contexte du travail (poussières, exposition à des émanations nocives) et une part de mauvaises habitudes ouvrières. D’accord aussi pour reconnaitre les efforts des patrons en matière de santé… je le vois sur les chantiers

          • yohan

            cf ce commentaire très juste trouvé sur le net : « les réglements intérieurs des entreprises du bitume prévoient le port de manches longues et de pantalons (et non shorts et T-Shirts). A cause de la chaleur et pour un meilleur confort, les ouvriers ne respectent pas toujours les règles. De nouveaux pantalons plus légers et des T-Shirts à manches longues transpirants commencent à apparaître depuis 5 ans. L’utilisation du fuel pour nettoyage des outils mais aussi de la peau est reconnu dangereux et pourtant beaucoup d’ouvriers préfèrent continuer à l’utiliser plutôt que des produits à base d’huile d’agrumes fonctionnant aussi bien et non toxiques…..Les collectivités ont leur part de responsabilités, que le entreprises essaient de progresser mais qu’on ne peut tout modifier du jour au lendemain (recherche sur des enrobés tièdes (moins de vapeurs), sur des produits à base de liants végétaux,…), ….les ouvriers doivent eux-aussi accepter les changements de leurs petites habitudes pour leur propre protection.

        • Causette

          …médecins du travail parfaitement indépendants dans leur pratique… euh !

          Il ne faut pas généralisé, certains médecins du travail sont au service de l’employeur : http://www.rue89.com/2007/11/07/medecine-du-travail-lautre-caisse-noire-du-medef

          🙁
          La médecine du travail a été créée de toute pièce par les patrons français en 1946. Le principe est simple : les entreprises versent une cotisation pour salarier des médecins, qui vont s’assurer de la bonne santé des travailleurs et de leur environnement.

          Bienvenue au Sénat : 1. Une hausse régulière des maladies professionnelles
          Non seulement les maladies professionnelles dans leur ensemble progressent, mais les nouvelles incapacités permanentes liées aux maladies professionnelles sont également en augmentation en 2008, avec une hausse de 2,2 % par rapport à l’année précédente. Après avoir beaucoup augmenté en 2004, le nombre de décès a diminué pendant les années 2005 à 2007, mais remonte à nouveau en 2008 (+ 1,2 % par rapport à 2007). http://www.senat.fr/rap/l09-090-6/l09-090-61.html

          • snoopy86

            Causette

            Cet article mélange tout et googoliser n’est pas comprendre…

            La médecine du travail a été créée en 1946 sous la pression du gouvernement et des syndicats.

            Les entreprises paient mais la gestion est paritaire, comme pour la sécu, simplement le patronat est majoritaire. Les administrateurs patronaux sont bénévoles alors que les administrateurs salariés bénéficient de temps de délégation rémunérés

            Il n’y a aucun moyen de pression sur les médecins dont la pratique est parfaitement indépendante, sous contrôle local d’un médecin inspecteur fonctionnaire ( dans la plupart des cas un ancien médecin du travail) …

            Qu’ensuite, le Medef ou la CGPME fassent supporter à la médecine du travail certains de leurs frais n’a rien en soi de bien scandaleux puisque ce sont leurs adhérents qui paient.

            • COLRE

              Snoopy,
              « googoliser n’est pas comprendre »

              L’article cité par Causette ne relève pas d’un googlage, mais d’une vraie enquête de journalistes professionnels, entre France Inter et Rue89.

              Je trouve au contraire que c’est une enquête documentée, avec des faits et des témoignages tout à fait intéressants qui montrent que, non, la médecine du travail n’est pas parfaitement indépendante, comme on pouvait d’ailleurs s’y attendre, puisque toutes ces administrations tentaculaires ont des strates de fonctionnement opacifiées et sont souvent empêchées de mener les tâches auxquelles elles sont tenues dans le cadre du code du travail.…

              Il semblerait, comme s’en inquiètent les praticiens interviewés, qui font état des nombreuses fautes et dérives constatées, qu’il soit très difficile de pratiquer une véritable inspection.
              Ainsi, je conseille à ceux qui sont intéressés d’écouter le Dr Salengro, président du syndicat CGC des médecins du travail : « Prudemment, le docteur Bernard Salengro dénonce le monopole de fait du Medef sur une institution censée protéger la santé des salariés. » ll souligne que la Direction du travail, et le ministère ne font pas leur travail de contrôle, laissent faire… et ce faisant, les politiques « ne semblent pas mesurer l’impact sur la santé des salariés »… une gentillesse de formulation !

              Sinon, en quoi il serait normal que le siège local du Medef soit financé par l’argent de la médecine du travail, sous prétexte qu’il s’agit de « leur » argent ? des cotisations de « leurs » adhérents ?… Un détournement des missions dévolues à ces caisses est un détournement. Point.

              • snoopy86

                Ma chère Colre

                Il se trouve que je suis à la fois ancien président d’un syndicat interprofessionnel de médecine du travail ( en tant qu’adhérent de ce qu’on appelait autrefois le CNPF ) et époux d’un médecin du travail non syndiquée (comme l’immense majorité d’entre eux).

                Je vous mets au défi de trouver un seul médecin du travail de bonne foi qui puisse faire état d’une entrave de son employeur au bon exercice de sa pratique ou d’une pression du même employeur pour la moindre action de complaisance; nombre d’entre eux, pour ne pas dire la majorité, ont pourtant choisi cette spécialité par engagement social …

                Les dérives en matière de gestion ont toujours été extrêmement rares et toujours mineures. Les comptes de ces associations sont toujours approuvés à l’unanimité y compris des représentants syndicaux.

                Par contre les syndicats comme la CGT ont largement plombé la profession : maintenant chaque conflit individuel devient du harcélement et on retrouve le salarié à emm… le médecin qui a largement autre chose à foutre.

                Tout ceci n’a d’ailleurs plus beaucoup d’importance, l’actuelle médecine du travail étant appelée à disparaître sous peu faute de médecins du fait de l’incurie des pouvoir publics et de la politique abherrante de numerus clausus. Plus du tiers (environ 2800 si j’ai bonne mémoire) des médecins du travail ont plus de 55 ans et vont prendre leur retraite d’ici 2016 ou 2017. Actuellement on en forme 30 par an soit moins de 10% des besoins..

                On va donc s’acheminer à terme, presque partout,et faute d’autre solution vers des contrats de gré à gré entre les entreprises et des généralistes libéraux moins compétents parce que moins formés et beaucoup plus vulnérables aux influences et connivences.

                Je vous signale par ailleurs que dans les grandes entreprises le médecin du travail est simplement un salarié de l’entreprise. A ma connaissance cela n’a créé aucun problème nulle part si ce n’est à quelques fainéants et simulateurs…

                • COLRE

                  Cher Snoopy,

                  Permettez-moi de n’avoir pas de totale confiance en des témoignages comme le vôtre qui seraient généralisables à toute une corporation. Les enquêtes journalistiques créent un effet « loupe », c’est vrai, qui donne l’impression que tout est pourri et dysfonctionne de partout, ce qui n’est évidemment pas vrai…
                  Elles sont néanmoins indispensables et crédibles pour déchiffrer une certaine réalité globale, et un vécu personnel reste un vécu personnel, à moins d’abandonner le petit bout de sa lorgnette. Elles méritent notre respect et notre intérêt et doivent être critiquées pour ce qu’elles sont et non d’où elles viennent…

                  C’est un peu comme vous qui faites un usage immodéré des « emmerdeurs » (syndiqué et CGT de préférence…), « fainéants » et autres « simulateurs »… 😉 comme si les pbs dans le monde du travail devaient se réduire à une opposition entre d’un côté les feignasses ou truqueurs et de l’autre les gentils bosseurs qui ne râlent pas et se lèvent de bonne heure…

                  Vos jugements abrupts et un tantinet condescendants me conduisent parfois à sur-réagir à vos propos sans nuance et biaisés. J’ai compris que c’était votre histoire et je m’en accommode car tout le monde a droit à ses marottes, moi la première, et je suis intéressée à côtoyer des gens très différents sur ce site, peut-être aussi parce qu’ils ne sont pas d’accord avec moi…. 😉

  • yohan

    oups (menées)

  • Waldgänger

    Salut Yohan, je me suis contenté de lire ton article ce matin, n’ayant pas vraiment de commentaires à faire, à part dire que c’était intéressant, sur un domaine que je ne connais pas.

  • maxim

    mon cher Joelim …

    le BTP,j’ai connu ça,à l’époque où il fallait construire dare dare ,tu sais,ces fameuses 30 glorieuses,quand les HLM fleurissaient,permettant à l’ouvrier de se loger décemment avec une salle de bain et des chiottes à l’intérieur de l’appartement !

    et alors,ma pomme,comme je sortais de l’armée et qu’il fallait bien bouffer et se loger,je me suis fait embaucher dans le bâtiment,en apprenant sur le tas,un des rares Français à y bosser avec quelques potes…

    j’ai débuté en coupant la pierre de Paris,qui arrive encore fraîche et tendre mais qu’il faut vite ..et couper,et calibrer,et tailler aux bonnes dimensions ,c’est à dire en parallèlipipède rectangle bien net ,et pratiquement contre la montre vu que cette pierre sèche et durcit au contact de l’air ,et c’est un boulot payé à la tâche,c’est à dire que t’as pas le temps de pisser et même souvent de bouffer si tu veux gagner ta croûte …

    et puis petit à petit,on se coltine le ciment,la chaux,le plâtre,qu’on respire à plein poumons,les tuyaux d’amiante ciment également qu’on découpait à la scie vu que dans les années 60,il n’y avait ni masques,ni protection,et qu’il fallait bosser sans précautions,vu que le temps c’est de l’argent,et si t’es pas content tu vires de là,il y en aura toujours un autre pour prendre ta place !

    alors le bitume,l’enrobé comme on dit,on en a étalé aussi quand on faisait un parking,ou une cour d’école,ou un garage,on en prend plein les soufflets,mais comme on est jeune et costaud et immortel,on s’en fout…

    et puis le boulot à tâche ça paye bien,en liquide à la fin de la journée,mais attention, on est déclaré à la sécu et à la caisse des Congés du BTP ainsi qu’à la mutuelle,enfin en principe ,parce que des tauliers qui t’embauchent pour un boulot bien défini,et qui te raquent en espèces une fois tout terminé,y’en a plein qui passent au dessus des lois sociales !…

    et puis au cours des années,j’ai déjà pris des cours du soir pour adultes pour progresser et pouvoir commander les autres,mais même chef de chantier,tu mets la main à la pâte,tu respire la même merde,tu bosse pour remplacer le compagnon qui s’est fait porter pâle,tu coupe la ferraille à l’oxy-découpeur sans lunettes parce que c’est un truc de gonzesse et qu’il y a pas de temps à perdre,tu fais mille conneries où tu pourrais y laisser une main,ou une jambe ou les deux,comme souvent ça arrive sur les chantiers ou tu bosses en hauteur sans garde-fous,et que si tu tombes on dira  » mais quel con! y pouvait pas faire attention ?  »

    et puis d’année en année,la situation s’est améliorée surtout sur le plan de la sécurité et de la prévention,peut être pas suffisamment certes ,mais lorsque que je vois un chantier d’aujourd’hui où tout le monde est casqué botté ,même des casques dans des endroits où ça ne sert à rein d’ailleurs,plus les gilets fluos et les gants,mais les saloperies qu’on respire,ce sont les mêmes ,celles d’une profession ou l’on sait qu’on vivra moins vieux qu’un mec qui est resté le cul au chaud sur sa chaise et qui se tapait ses petits 8 heures par jours ,avec 2 heures pour déjeuner,et les après midis à digérer en attendant l’heure de la sortie …

    nous les gars du BTP,on sait qu’on fait des boulots que les autres ne veulent pas faire parce qu’il faut bosser qu’il pleuve,qu’il vente ou qu’il tombe de la merde !

    et puis pour ma pomme ironie du sort,c’est quand j’étais devenu enfin un méchant exploiteur qui s’en foutait plein les poches sur le dos des pauvres prolétaires ,un taulier quoi,qu’un jour,en visitant un chantier,je suis passé à travers un plancher pour me retrouver dans le garage souterrain ,ce qui m’a coûté plus d’un an d’hosto!

    mais c’était justice,moi qui ait toujours déclaré que l’on percevait au moment de sa retraite,le montant des trimestres travaillés conformément au lois en vigueur !

  • maxim

    faites pas gaffe au fautes d’orthographe,j’ai tapé à l’arrache sans relire !

  • yohan

    Salut maxim
    Avec toi, on se croirait sur le chantier. « c’est un truc de gonzesse » est malheureusement encore d’actualité. J’en vois encore qui manient le marteau piqueur sans casque de protection. Les cadres du BTP ont encore de la pédagogie à faire pour éradiquer certains « usages »
    . Mais, tu as raison, plus de sécurité, moins d’alccol, des meilleurs salaires et plus de mécanisation. Je continue de dire à mes jeunes pressés de gagner leur vie qu’ils peuvent miser sur le BTP, malgré les aléas qui susbsistent….

  • maxim

    franchement Ranta…

    est ce que je donne l’impression d’être un mec chiant ? 🙂

    salut Yohan..

    si c’était à refaire,je le referai …

    on y gagne bien sa vie,on est libre,on prend des initiatives,pas de routine,c’est dur certes,mais tellement passionnant .

  • rocla

    Par dessus tout , ça fait une vraie vie celle de Maxim , on construit , on mouille sa chemise , on est près des gens , le soir on est crévé , le lendemain rebelotte , un vrai trajet de travailleur , on a des copains de chantier , on voit les magouilles en tout genre ( le contraire des belles paroles syndicales et politiques ) et l’ apothéose , on le lit chez Maxim on est fier d’ avoir réussi à la sueur de son front là où des milliers de gens préfèrent vendre leur âme dans toutes sortes de turbins et professions où les tenants et aboutissants sont à années lumière du lieu de travail .

    A quand une revalorisation des métiers manuels ?

  • D. Furtif

    Le bla bla bla sempiternel de « revalorisation du travail manuel » a autant de valeur que celui tout aussi sempiternel de dévalorisation du travail intellectuel.Il est étrange et maladroit de le voir tenu par les mêmes.
    Il s’agit de s’atteler à la revalorisation du travail tout court .

    On peut être un peu las d’une glorification auto distribuée quand elle s’accompagne d’un dédain et d’un déni des autres catégories de travailleurs.Dire que le travail manuel n’est pas reconnu ,certes, mais sa reconnaissance doit-elle passer par la déconsidération systématique des autres formes de travail.Cela ressemble fâcheusement aux idées de Poujade qui seules avaient cours à la maison. Il y a de la jalousie mal éteinte dans ces vantardises et ces moqueries. On doit se demander au profit de qui?

    Cela procède d’un esprit de division du monde du travail qui profite essentiellement à ceux qui n’en sont pas .

    Pour faire simple , il m’a semblé que ma propre formation a été assez difficile et les difficultés que j’ai rencontrées aussi ardues que celles de mon père menuisier, dont j’ai bien sûr fréquenté les chantiers .
    En tout cas ce n’est pas en refusant la valeur et l’honorabilité aux autres que l’on en acquiert une once. On ne peut à la fois distribuer les médailles et les recevoir

    Ayant toute ma vie vécu dans le monde des métiers du bâtiment et de la formation professionnelle.Je sais que la différence entre mes élèves futurs travailleurs manuels, excellents à l’atelier (1), se faisaient en enseignement général (2)
    La vie montrait et montre encore à tous, que la progression des carrières et l’accès aux postes de responsabilité se construisaient dans ce deuxième volet de formation générale que le patronat et les politiques tous confondus ont détruit avec application depuis 30 ans.

    • COLRE

      Complètement d’accord avec toi furtif,

      À quoi bon participer au clivage social qui ne profite qu’à ceux qui aiment présenter à la vindicte populaire des boucs émissaires désignés ?
      Tu évoques Poujade, oui, en effet, cette manip ne date pas d’aujourd’hui, mais avec le sarkozysme, on est en plein dans cette technique usée jusqu’à la corde : opposer les catégories de gens, 2 à 2, et pendant ce temps-là, vaquer à ses petites et grandes affaires derrière cet écran de fumée qui cache aussi ses échecs.

  • Causette

    … que le patronat et les politiques tous confondus ont détruit avec application depuis 30 ans.

    Comment les syndicats vedettes ont-ils pu laisser faire ? (ma question est ironique et sérieuse à 50/50, car j’avoue que, après plus de 15 ans de fréquentation en tant qu’adhérente et salariée, j’ai été écoeurée jusqu’à la nausée de l’hypocrisie de ce « milieu » qui entoure les patrons syndicalistes);

  • D. Furtif

    @causette

    Ne pas confondre syndicats et directions syndicales.Nous nous retrouvons aujourd’hui dans la même situation que nous avons vécue avec la loi Juppé. Au moment où dans la plus parfaite unité les salariés mobilisés représentés par leurs organisations se prononcent pour le retrait de la loi Woerth on assiste à la conjuration des dirigeants politiques et syndicaux ( sauf exceptions) arque-boutés à en interdire l’expression unificatrice .

    Il s’agit bien sûr d’un affrontement social et politique, et encore une fois, les intérêts des représentants ne sont pas ceux des représentés. Les politiques Besson ou Kouchner et Lang ont leurs homologues dans le monde syndical.L’affaire des retraites dans cette sphère vaut celle du traité européen dans celle de la politique.

  • rocla

    Ne m’ étant pas bien fait comprendre car je me suis mal exprimé , ne parlant pas spécialement de revalorisation des métiers manuels dans la perspective de l’ éducation nationale .
    Je parlais de la revalorisation du travail manuel dans l’ image perçue par le pékin moyen .
    Vous annoncez à votre entourage , dans une garden-party l’ air dégagé assis au bord du jaccuzzi en train de siroter une coupe de champagne que votre cabinet d’ analyses médicales en est à son troisième contrôle fiscal en 5 ans , que fonctionnaire européen à La Haye les Hollandais ne font qu’ à parler batave , ou que votre fils polytechnicien veut ouvrir un magasin de tatouages ça a quand-même un effet sinon sexuel mais au moins admiratif des auditeurs trices présents . Si vous dites en lieu et place que Germaine dans la boucherie familiale on lui fait que demander si elle a des pieds de cochon , ou qu’ à Jeanine dans la boulangerie si elle a des miches croustillantes , c ‘est pas le même résultat .

    Juste pour ajouter au rirement , l’ autre année je rencontre un copain d’ école qui a fait le tour du monde en avion travaillant pour unr très grosse boîte , il me dit tout sérieux , tu vois Jean-Claude ( c ‘est pas mon vrai prénom ) malgré mon statut social je parle même à toi ….ça peut pas s’ inventer une phrase comme ça .

    En effet , nous avons tous besoin les uns des autres , un maraicher qui a mal aux dents va chez le dentiste , qui lui quand il a faim est ravi de trouver de bons légumes …

    • yohan

      Captain
      Tu as ô combien raison, les préjugés sur les métiers sont encores tenaces et il y aura toujours des cons pour plastronner avec leur métier, soit en exhibant les diplômes ou la BM et la blonde qui va avec.
      Rien qu’un exemple : Objectivement, le métier d’hôtesse de l’air est, il faut le dire, survalorisé. Derrière le costume d’apparat, il y a les levers et couchers à point d’heure, les jambes qui gonflent, les bombardements nocifs dans la carlingue, la préssurisation/dépressurisation qui malmène la santé, la mauvaise bouffe, les hôtels où on s’emmerde si on n’a pas l’esprit voyageur, les temps d’attente, etc… La plupart n’ont pas de vie de famille. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il y a une filière homo à Air France, pas conseillé en effet d’avoir des gosses. Pourtant, dans les diners en ville, tout le monde a les yeux brillants à l’évocation de son métier. Pourtant la fille n’est ni plus, ni moins une serveuse de luxe qui risque sa peau et ne fera pas de vieux os d’après la médecine du traval
      Chaque métier a son revers, et aujourd’hui un Bac + 5 n’est pas assuré de gagner plus qu’un maçon. Alors je plaide pour un respect de tous les métiers assorti d’une échelle des salaires resserrée et juste, qui évite que ton copain d’école en vienne à se croire sorti de la cuisse de Jupiter

      • D. Furtif

        Excellent exemple Yohan . T’attaquer ainsi au métier le plus sujet au cliché , l’image quoi.L’hôtesse de l’air
        Tu démontes parfaitement cette idée d’image pour en révéler les dessous et la triste réalité.
        Ce qui importe en définitive ce n’est pas l’image à laquelle ne sont sensibles que ceux pour qui la superficialité des choses compte avant tout mais la réalité de la considération et de la valeur dans cette société : le salaire valeur d’échange commune avec les hommes et femmes exerçant un autre métier

        • yohan

          Furtif

          Nos repères sont brouillés parce que nous évitons en france de parler de salaire. Là où un américain juge la réussite à l’aune des dollars qui tombent quelque soit l’esthétique du job, le français lui cherche à briller par ses diplômes, par la puissance évocatrice de son métier ou de son entreprise d’appartenance. La bagnole de luxe étant un des signes de réussite, celui qui n’a ni l’un, ni l’autre, en est réduit à se faire buffle en s’achetant une BM d’occase et en trichant sur son métier. J’ai souvent vu ça lorsque je travaillais comme G.O. Le vacancier qui vient te voir en te confiant qu’il est médecin en te demandant de ne pas le révéler car il veut passer des vacances tranquilles, comme dans le film « les bronzés » je l’ai vécu plus d’un fois. Le fait est que le lendemain au petit dej, tout le monde est déjà au courant.
          Par ailleurs, je suis consterné de voir les étudiants s’étriper pour un stage café à l’Oréal, Publicis, Accenture, Coca Cola au lieu de viser une PME discrète mais exportatrice.

          • Papy

            Salut à tous,

            @Yohan

            Tout à fait d’accord avec ta première partie de commentaire

            Je connais trois frères, très brillants. Les deux premiers ont fait polytechnique et ont de très beaux postes aujourd’hui, et le troisième, alors qu’il avait l’esprit tout aussi brillant que ses frères, décida, suite à sa mention très bien à son bac scientifique, de se lancer dans une formation de plombier. Il dirige aujourd’hui une grosse société et gagne mieux sa vie que ses deux frères.

            Pour ce qui est des stages, avoir tel ou tel entreprise sur son CV te garantie une lecture plus approfondie de ce dernier. Tout simplement parce que l’on connait l’exigeance de ces boites sur leur recrutement, même pour les stages, et que si ces personnes ont déjà passé des entretiens là bas et ont été engagées, c’est déjà une forme garantie de qualité quant au futur recrutement de ces jeunes. Ces boites font office d’une certaine forme de chasseurs de têtes.

            • yohan

              Peut-être Papy. Mais, ça m’énerve quand même cette attirance pour les grosses boites, quel conformisme !. Mais il ne faut pas se leurrer, 20 ans plus tard, il y a parfois des surprises question salaire

  • D. Furtif

    Nous vivons dans un monde où plus on parle de valorisation de l’image du travail manuel ????? plus on oublie d’en valoriser les salaires…
    Comme je le disais plus haut ?????

    De toute façon qu’elle soit nationale ou privée la formation ne peut s’envisager que dans la perspective de mener un vie digne en la mettant en œuvre dans l’exercice du métier.
    Il se trouve , et l’article de Yohan en est une sinistre illustration, que le travail manuel est traité d’une manière indigne .

    Par ailleurs je ne suis pas sûr de rencontrer la dignité dans les garden jaccuzi c’est bien pourquoi je n’envisage même pas de m’y mêler et encore moins d’en rêver.

  • rocla

    C ‘est un tort , Emile Zola a écrit sa plus belle page dans un jaccuzi 😆

  • D. Furtif

    Il y a ici comme un manque de pekin moyen , on n’en a pas reçu la livraison habituelle venant du forum simoyen
    Je rappelle que l’éducation nationale ne fixe pas les salaires des travailleurs manuels sauf à leur apporter la qualification la plus aboutie qui puisse être rétribuée sur le marché du travail…