Le réseau de la santé québécois : des hauts et beaucoup de bas

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En réponse à une question de Causette, voici l’état du réseau de santé au Québec.

Au Québec, vivre en santé n’est pas une sinécure. La population vieillit, ce qui inquiète beaucoup les observateurs qui voient le système de santé ployer sous les effets démographiques et les économistes qui constatent à quel point la santé va coûter très cher dans les années à venir. Plus on vieillit, plus on consomme des médicaments, dont le coût augmente en moyenne de 15 % par année au Québec. La proportion de Québécois âgés de plus de 65 ans représentait 12% de la population en 1996. En 2006, cette proportion est passée à 14%. En 2025, une personne sur quatre au Québec aura plus de 65 ans, par rapport à une sur huit en 1996. Une estimation de l’Institut de la statistique du Québec prévoit que, d’ici 2051, la part de la population âgée de 65 ans et plus atteindra près de 30%. D’autres sources, comme le Conference Board of Canada, estiment que cette proportion sera atteinte d’ici 2025.

La santé est un domaine de juridiction provinciale, mais sur lequel Ottawa a un grand contrôle et qu’il finance en partie. En 1968, les Communes (Ottawa) approuvaient la mise en place d’un régime garantissant l’accessibilité pour tous les Canadiens à des soins de qualité, qu’ils soient riches ou pauvres. Depuis le 31 mai 2001, de nouvelles règles d’accès au régime québécois d’assurance maladie s’appliquent. Le régime d’assurance maladie du Québec s’insère dans le système de santé canadien dont il respecte les grands principes de base. Tous les services de santé médicalement nécessaires sont couverts par le régime. Tous les citoyens ont droit aux services couverts par le régime dans des conditions uniformes. Tous les citoyens ont accès, sans avoir à débourser de frais, à tous les services couverts par le régime. Le système de santé québécois repose sur l’État et non sur le privé. Pour vous faire soigner, vous devez présenter votre carte d’assurance-santé et tous les soins vous seront prodigués. Il existe un principe fondamental au Québec : pour consulter un médecin, vous ne devez pas être facturé si ce dernier est affilié au réseau public. Le réseau privé peut facturer pour des services parallèles, prises de sang, imagerie par résonance magnétique (IRM), et autres.

Les grandes pénuries au cœur du réseau de la santé touchent les médecins, les infirmiers et infirmières, et les urgences. Le nombre de médecins par 1000 habitants au Québec est l’un des plus bas de l’ensemble des pays de l’OCDE. Avec 2,1 médecins par 1000 habitants, le Québec est devancé entre autres par le Royaume-Uni (2,3), les États-Unis (2,4), la France (3,4), la Belgique (4), l’Italie(4,2) et la Grèce (4,9). Un débat s’installe dans l’opinion publique : le haut taux d’encadrement du réseau de la santé. Le réseau compterait actuellement 100 000 cadres et membres du personnel administratif pour 108 000 employés qui soignent les patients. Depuis 2000, le personnel administratif a crû de près de 52% et les cadres de 30% dans le réseau de la santé québécois. Pendant ce temps, le personnel soignant n’a augmenté que de 6%, révèlent des données gouvernementales compilées par la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Il convient d’ajouter à ces chiffres le fait que le dédoublement des structures entre les agences de la santé et le ministère de la Santé coûte annuellement 600 millions de dollars supplémentaires.

Un drame tout récent a montré l’ampleur d’une catastrophe qui pourrait être imminente si une réingénierie n’est pas faite dans le secteur sensible de la santé québécoise.

Ce jour-là, à l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal, le taux d’occupation était de146 %. Diabétique, souffrant de d’hypertension, et fumeur, André Desjardins savait que ses jours étaient comptés. Le 30 septembre dernier, il se présente à 10 heures à l’urgence de cet établissement hospitalier parmi les plus bondés de la ville. Personne n’a diagnostiqué dès son arrivée à quel point l’homme était mal en point. Ses sœurs auraient demandé en vain, à plusieurs reprises, une civière pour que l’homme puisse s’y allonger. Lorsqu’un médecin s’est présenté, dans la salle d’attente, à 17h, soit sept heures plus tard, l’homme était mourant. Il est mort sans jamais avoir même pu s’allonger sur une civière.

Ce drame montre bien le gouffre dans lequel s’enfoncent les établissements hospitaliers des grands centres urbains. Le temps d’attente moyen dans les urgences du Québec était de 17 h 06, selon les données de l’année 2008-2009 du ministère de la Santé et des Services sociaux compilées par le quotidien La Presse. L’objectif du ministère de la Santé est de 12 heures. Cces derniers jours, dans les 17 hôpitaux de Montréal, 512 civières sont permises dans les urgences, mais on doit accueillir 701 patients alités, dont 88 depuis plus de 48 heures, pour un taux d’occupation de 137%. Les urgences de banlieues vivent la même situation avec un trop-plein de patients : à Longueuil, banlieue sud de Montréal, l’urgence de l’hôpital Pierre-Boucher affiche un taux d’occupation de 150%, tandis que l’urgence de l’hôpital de St-Eustache, banlieue nord de Montréal, affiche un taux de 200%.

Le pourcentage moyen de personnes âgées de 75 ans et plus dans les urgences du Québec était de 24,5 % en 2008-2009, en hausse de 1,1 % par rapport à l’année précédente.

Dans son étude, l’Institut Fraser mentionne que la dette nette du Québec est passée de 39,6 % du PIB en 2002-2003 à 47,5 % en 2009-2010. Deux postes grèvent les finances publiques du Québec : l’éducation et la santé. Vieillissement de la population, coûts de la santé en hausse, faible productivité au travail, taux de décrochage scolaire élevé : les défis que les Québécois ont à relever sont nombreux. L’État providence a souvent été remis en question dans les 20 dernières années, notamment la gratuité des soins de santé et la stagnation des frais de scolarité. Les dépenses des gouvernements provincial et municipal équivalent à 34% du revenu intérieur total du Québec. La santé représente 45 % du budget de l’État.

Cette analyse est schématique et ne doit pas être tenue pour scientifique. Elle brosse rapidement un tableau d’une situation qui se dégrade au Québec et qui inquiète la population, dans son ensemble. Il serait impensable pour un gouvernement du Québec de remettre en cause les acquis de la Santé. Mais là, nous touchons à un autre débat qui est celui de la facturation pour services rendus.

40 comments to Le réseau de la santé québécois : des hauts et beaucoup de bas

  • Léon

    Merci beaucoup de ce panorama très intéressant… et pour moi, en tous cas, assez inattendu. Juste une donnée démographique française pour la comparaison ; la proportion de personnes âgées de plus de 60 en France était de 22 % en 2007, et sera de l’ordre de 30 % en 2050.
    Mais, à mon avis, les Québécois n’ont pas besoin de se faire soigner, l’hiver tue tous les microbes et le sirop d’érable sert d’antibiotique, non ? 😆 😆

  • chantelois2010

    Léon, en effet. L’hiver lorsque la température atteint – 15 degrés C, nous maintient frigorifié. 😆 😆

  • Léon

    Pour être un peu plus sérieux: le Quebec comme tous les pays développés se heurte à la question des rendements énergétiques décroissants. Aussi bien en terme d’énergie que de coûts il est infiniment plus facile de faire passer l’espérance de vie de 30 ans à 40 ans que de 90 à 100 ans. Il semble que, génétiquement, il soit impossible de dépasser des âges aux alentours de 120 ans et plus on se rapproche de cette limite biologique plus l’effort pour l’augmenter encore s’accroît d’une manière exponentielle. Ce qui est donc en ligne de mire c’est une sorte d’euthanasie passive par manque de moyens… Mais la situation que vous décrivez pour le Quebec est-elle identique dans le reste du Canada ?

    • chantelois2010

      Léon. Il faut savoir que deux règles régissent la santé au Canada. La première est que les soins de santé sont de juridiction provinciale. Deuxième règle, les provinces peuvent recevoir une aide financière d’Ottawa si elles respectent l’universalité des soins. Selon Statistiques Canada, en 1956, l’âge médian au Canada était de 27,2 ans. En 2006, il avait augmenté à 39,5 ans et il est prévu qu’il atteigne 46,9 ans en 2056. En 2005, l’espérance de vie était de 78,0 ans pour les hommes et de 82,7 ans pour les femmes3.Ces chiffres représentent des progrès considérables depuis 1956 où l’espérance de vie était de 67,7 ans pour les hommes et de 73,0 ans pour les femmes4. En outre, selon les projections (fondé sur une hypothèse de mortalité moyenne), les hommes nés en 2031 auront une espérance de vie moyenne de 81,9 ans et les femmes, de 86,0 ans. En 2006, 13,7 % des Canadiens avaient 65 ans et plus, comparativement à 7,7 % en 19562. Il est prévu qu’en 2056, les personnes âgées représenteront de 25 % à 30 % de la population canadienne.

      Au Québec, selon un document du ministère des Finances, le vieillissement de la population ira de pair avec la diminution du nombre de personnes en âge de travailler. La population du Québec croît à un rythme très lent, soit environ 0,8% par année. Cette progression est plus lente que dans les autres provinces du pays et chez nos voisins américains. « Au cours des 15 prochaines années, les populations du Canada et des États-Unis progresseraient, en moyenne, de 1% par an, comparativement à 0,6% au Québec », précise le document du ministère des Finances. En 2008-2009, on a observé 88.600 naissances, le niveau le plus haut depuis 1995. Ce niveau devrait se maintenir au cours des 15 prochaines années, selon l’Institut de la statistique du Québec qui prévoit une moyenne de près de 86.000 naissances par an d’ici 2025. Ce phénomène encourageant sera toutefois insuffisant pour combler le nombre de décès qui augmentera de façon marquée d’ici 2025. En 2004, les démographes prévoyaient une décroissance de la population québécoise dès 2031. En 2000, c’était pire : le nombre de Québécois devait diminuer dès 2031. À partir d’aujourd’hui, on efface tout et on recommence. Le vieillissement de la population demeure bien réel, puisque les 65 ans et plus, qui représentent 14% des Québécois, constitueront 28% de la population, soit le double en 2056. Pendant ce temps les effectifs demeureront stables en nombre pour les 20-64 ans, ce qui fera diminuer leur poids en terme relatif (de 63 à 52%)le vieillissement de la population demeure bien réel, puisque les 65 ans et plus, qui représentent 14% des Québécois, constitueront 28% de la population, soit le double en 2056. Pendant ce temps les effectifs demeureront stables en nombre pour les 20-64 ans, ce qui fera diminuer leur poids en terme relatif (de 63 à 52%)

  • Causette

    En 1859, Florence Nightingale est la première à définir les soins infirmiers, à concevoir une formation initiale des infirmières, à proposer une théorie des soins infirmiers. Elle définit ceux-ci comme un service à l’humanité basé sur l’observation et l’expérience, consistant à mettre la personne malade ou en santé dans les meilleurs conditions possibles pour que la nature puisse préserver ou restaurer sa santé.

    Bonjour Pierre, bonjour à tous
    Merci pour cet article qui répond à ma question.
    Si j’ai bien compris, au Québec le plus gros problème c’est le manque de personnel infirmier. Peut-être à cause du salaire? Je sais qu’en Suisse le salaire d’une infirmière spécialisée est deux fois et demi plus important qu’en France ;une de mes soeurs est Suisse, et était infirmière psychiatrique. C’est un métier épuisant, elle a donc exercé pendant une quinzaine d’années et s’est arrêtée pour entreprendre autre chose.

    – Québec: l’ordre des infirmier(e)s compte actuellement 72 000 membres. On estime qu’il faudra recruter entre 2500 et 3000 infirmières chaque année jusqu’en 2010. Le siège social de l’ordre est situé à Westmount (Île de Montréal).

    – France: la création et l’organisation de l’Ordre national des infirmier(e)s sont prévues par le texte de loi du 21 décembre 2006. Cette loi concerne environ 510 000 infirmiers exerçant en France. Ils se repartissent dans de très nombreux secteurs d’activité et plusieurs spécialisations. La profession est à 87 % féminine. La majorité des infirmiers exercent dans un établissement de santé public (73 %) ainsi que dans le secteur privé ou libéral.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_national_des_infirmiers#Opposition_.C3.A0_l.27Ordre_infirmier

    Le 19 mai 2010, interpellée par le député Yves Bur, Roselyne Bachelot, ministre de la santé, a répondu qu’elle soutiendrait un projet de loi visant à réserver aux seules infirmières libérales l’obligation d’adhérer à l’ordre. En outre, elle s’opposera à l’intimidation de toute une profession salariée et à toute pression sur les employeurs. http://www.dailymotion.com/video/xddax4_questions-au-gouvernement-yves-bur_news

  • chantelois2010

    Causette. Vos chiffres sont exacts. Sous un gouvernement de Lucien Bouchard, pour réduire le déficit à 0, le gouvernement a, en 1995, offert une retraite anticipée à l’ensemble de son personnel fonctionnaire, incluant médecins et infirmiers et infirmières. L’objectif visé était de 40.000 emplois supprimés. Le 23 mai 1996, le gouvernement offre aux employés ayant moins de 25 ans de service et qui prendront leur retraite avant le 1er octobre, 18 mois de salaire. En fait, plus de 15.000 personnes ont quitté précipitamment leur poste sans avoir le temps de transmettre leur expertise à la jeune génération: les conditions de départ étaient valables pendant un très court laps de temps. Ce départ massif a occasionné une désorganisation des services. L’offre d’emploi pour les infirmières s’est nettement améliorée, mais les infirmières en poste n’envisagent pas du tout de remettre en cause le système syndical. L’attribution des postes et le choix des vacances dans chaque unité de soins sont régis strictement par l’ancienneté. Les plus jeunes infirmières travaillent de nuit. Leurs collègues expérimentées travaillent de soir et de jour. La pénurie projetée pour 2015, en particulier à cause du départ à la retraite des « Baby Boomers », serait de 17.500 infirmières. À l’heure actuelle, il manque 4000 infirmières au Québec. Un chiffre appelé à gonfler puisqu’elles seront 15 000 à atteindre l’âge de la retraite d’ici quatre ans.

    Au Canada, environ 30 % des étudiantes abandonnent leurs cours avant l’obtention de leur diplôme. Et une autre tranche de 20 % ou 25 % quittent la profession après deux ans de pratique. Il y a un fossé énorme entre ce qui est enseigné et ce qui se vit

  • Allusion

    Monsieur Chantelois,

    Article très intéressant. La population qui vieillit est un problème et une avancée de l’humain.
    La santé va coûter de plus en plus chère. Que ce soit avec les besoins technologiques qui sont de plus en plus nécessaires. Le cancer, le cerveau, les maladies Alzheimer, Parkinson… demandent de plus en plus d’IRM (Imagerie par Résonance magnétique). Tout est de plus en plus vite obsolète.
    Ce n’est pas pour rien que les médicaments génériques sont poussés dès que les brevets arrivent à échéance.
    Les tarifs des hôpitaux et cliniques ne sont pas les mêmes. Je ne sais si vous avez des tarifs de soins globaux qui peuvent doubler, tripler en fonction d’une chambre seule ou non. Les assurances hospitalisations en tiennent compte pour prendre quelques précautions.
    Non, vieillir, c’est pas gratuit.

    • chantelois2010

      Allusion. Merci pour le commentaire. Très bonne réflexion. En effet nous sommes en dualité avec la science et le progrès. Plus nous avançons en âge, plus semble-t-il nous alourdissons les infrastructures de la santé. Un vrai paradoxe. Nous vivons aussi cette autre problématique de la médication subventionnée. Ce qui coûte très cher à l’État. Un patient bien nanti au plan des assurances personnelles peut se donner un peu plus de luxe dans les hôpitaux (chambre privée, par exemple. Cela reste un privilège pour les soins de moindre gravité. Vieillir devient de plus en plus un fardeau financier. Je comprends nos voisins du sud qui, à l’âge de la retraite, se voient ruinés parce qu’ils doivent investir toutes leurs économies à se faire soigner.

      • D. Furtif

        On ne peut laisser dire que les génériques sont une réponse à la hausse des coûts . La réalité de leur processus de fabrication et de leur vente les montre au contraire parfaitement adaptés aux impératifs d’une médecine de rentabilité voire de profit. Ils seraient plutôt une réponse à la concurrence effrénée au niveau mondial et au contournement des brevets. rien à voir avec une médecine qui se voudrait plus efficiente.
        C’est le concours très peu fortuit des charlatans en mal de vendre leur poudre de perlinpinpin qui , par leurs accointances avec une galaxie de groupes qui se disent de gauche , a permis et facilité le battage médiatique en faveur des génériques. Ils ont le même ennemi et le même espoir. Prendre la place des laboratoires en place .

        Bien sûr les bénéfices des situations acquises pour les grands trusts de la chimie sont scandaleux , mais ce n’est pas en favorisant des modes de production qui ne présentent aucune garantie de contrôle scientifique voire hygiénique que l’on sortira de cette contradiction.
        C’est par la surveillance et le contrôle de ces industries par les services de santé , les ministères, les Etats.

        L’ennemi de la santé publique dans le cadre de son application à une population toujours vieillissante est la volonté forcenée de faire de ce besoin et de cette exigence du droit à la santé , une source de profit pour des intérêts privés.On aboutit à ce paradoxe: les médicaments et les soins sont payés par la solidarité sociale mais ils sont vendus à titre privé . Ce « privé » augmente de plus en plus ses tarifs assuré que les états rendront légale la ponction toujours plus lourde des coûts acquittés par la population. L’avidité des assurances et des cliniques privées transforme l’exercice quasi régalien de la médecine en une multitude de fromages dispersés mais juteux.

        Si on y regarde d’un tout petit peu plus près, les ENRON de par la planète sont impatients de mettre la main sur le pactole de la protection sociale comme de tous les services publics au monde , il l’ont déjà fait sur la périphérie sud américaine et sud asiatique c’est au cœur qu’ils s’attaquent maintenant, avec la complicité des castes politiques quelle que soient leurs étiquettes

        • Fantomette

          Bonjour à tous;
          Il y aurait beaucoup à dire (à médire?) sur les génériques et leur supposées économies. L’idée qui nous a été vendue au départ, c’est que ces génériques étaient des copies conformes des médicaments princeps, mais 25 à 30% moins chers, car fabriqués sans avoir eu besoin d’investir dans la recherche. Rien à dire, le procédé peut paraître séduisant.
          Là où ça se corse, c’est que ces génériques sont parfois fabriqués on ne sait pas où, et selon des procédures beaucoup moins contrôlées que dans les labos d’origine. D’où les différences d’efficacité ou même l’apparition d’effets indésirables absents des princeps (d’autres excipients = molécules inactives servant à la fabrication du médicament étant utilisés). On se retrouve donc avec des médicaments ayant une marge d’efficacité et de tolérance différente : ce ne sont donc plus des copies conformes. Sans compter les risque d’erreurs : gélule verte à la place des comprimés roses…
          Autre chose amusante : on peut comparer les prix des médicament princeps et des génériques : parfois l’économie est inférieure à 5%, on a même vu des générique plus chers que le princeps… mais comme les pharmaciens ont des avantages (meilleure marge) à délivrer les génériques… où sont les économies réelles?
          Il y aurait de quoi écrire quasiment un article!

          • D. Furtif

            Tout à fait Fantomette .
            Furtive m’a appris ce que voulait dire la galénique
            C’est sous cet angle que les génériques ne sont jamais identiques aux autres médicaments , ce qui crée des inconforts ( au minimum) d’utilisation quand ce n’est pas des impossibilités
            Mais le plus grave , comme vous le soulignez , est l’absence totale de garantie scientifiques de fabrication , de conditionnement , de transfert…;etc …..
            Ce serait comique si ce n’était scandaleux , l’alibi économique ne tient plus comme vous l’avez montré.
            Alors quid de leur intérêt si ce n’est leur mise en œuvre à moindre coût pour les seuls fabricants, un intéressement ( marge)pour les seuls pharmaciens et non les caisses de Sécu,et le singulier soutien de tous les groupes ecoloparamédicauxsectairescharlatans qui en ont fait la propagande depuis 20 ans.

            • D. Furtif

              Comme on ne sait jamais
              Il est peut-être utile de rappeler que notre condamnation de cette galaxie charlatomedicosectaire appelée très comiquement nouvelle spiritualité nous a attiré des haines redoutables qui ont conduit à notre exclusion.
              Y avoir ajouté la condamnation des olibrius de la nanothermite des extras terrestres poilus, du discours avec les morts, des millénaristes et autres lecteurs de Nostradamus n’a fait qu’agrandir le cercle de nos « amis »…Nous avions touché au cœur les intérêts de la galerie marchande et mis à jour les vraies causes de la conduite erratique de sa censure et de sa politique éditoriale.

              Il se trouva bien des comparses pour juger injurieux ce qui n’était que la vérité dévoilée.

              Que ces comparses aient jugé possible de venir sur Disons demeure la plus ahurissante plaisanterie qu’ils nous aient offerte ( malgré eux)

          • Léon

            Fantômette, pas de chance pour vous, mais vous venez de nous promettre un article sur la question. Si, si, il y a des témoins, pas vrai les autres ? :mrgreen:

        • chantelois2010

          Furtif. L’industrie pharmaceutique est importante au Québec. La recherche y est largement subventionnée. Le secteur des médicaments génériques a fait la vie dure aux grandes entreprises pharmaceutiques. Les médicaments, au terme de leur brevet, se vendent moins cher. Rien de mieux qu’un exemple : le gouvernement du Québec pourrait économiser jusqu’à 225 millions de dollars par an en remplaçant par un générique, Lipitor, le médicament de Pfizer contre le cholestérol. Le Lipitor et le Plavix (cardiovasculaire) sont sur le point de perdre leur brevet – les deux molécules les plus lucratives de l’année 2005 – des milliards de dollars de ventes s’apprêtent à passer dans les mains de l’industrie des génériques. Selon des données fournies par la firme d’analyse IMS Health Canada, les Québécois ont consommé pour 457 millions de dollars de Lipitor en 2009 (1,43 milliard de dollars au Canada) (Les Affaires). En 2000, les fabricants québécois vendaient pour 490 millions de médicaments génériques ; cinq ans plus tard, le cap du milliard de dollars était franchi. Les génériques représentent aujourd’hui 14,2 % du marché québécois, contre à peine 5,9 % en 1992. Question de gros sous. Les ventes de médicaments d’origine occupent toujours une place prépondérante dans l’ensemble du pays: elles se chiffrent à 15 milliards de dollars, soit près de 80 % des achats de médicaments par les Canadiens. En contrepartie, les ventes de médicaments génériques s’élèvent à 3,9 milliards, soit 21 % du marché de détail.

  • Très intéressant cet article, vraiment très bien fait. Ayant travaillé un petit moment pour l’assurance maladie, en CDD, je confirme qu’en France aussi les problèmes liés à la bureaucratie médicale sont nombreux, et coûtent terriblement chers (notamment parce que plein de médecins y sont employés, et aux salaires que l’on imagine).

    • chantelois2010

      Wald. Merci. Les médecins du Québec ont un choix : ils appartiennent au système public et ne facturent pas leurs services professionnels, ou ils s’en retirent et deviennent entièrement indépendants. Un médecin du Québec vient de lancer un débat sur la place publique : le « Pay by Performance ». Le Dr Paul Clifford Blais admet pratiquer cette facturation. Utilisée aux États-Unis et en Grande-Bretagne, la facturation par problème permet « une médecine plus appliquée » et a le pouvoir de « désengorger les urgences ». La vidéo du docteur Blais est peut être vue sur Youtube.

    • Léon

      Wald, qu’appelle tu exactement la « bureaucratie médicale » ? Dans la gestion de l’assurance-maladie ?

  • Léon

    Pierre, désengorger les urgences, on sait comment faire, pourtant, au moins en milieu urbain. Je me demande toujours pourquoi on ne prend pas ce problème à bras le corps. Par contre, en milieu rural, je me demande bien comment faire…

    • Fantomette

      En milieu rural, le problème et qu’il n’y a vraiment plus personne… la densité médicale est faible, mais la densité d epopulation (vieillissante en plus) l’est aussi : certains médecins bossent comme des dingues en allant en visite à domicile dans un rayon de 15 à 20 km de leur cabinet : comment répondre à une urgence au sud de votre secteur quand vous êtes à 30 km au nord? Réponse : en ne respectant pas le 90 km/h et en priant pour ne pas rencontrer de tracteur derrière le dos d’âne!

    • chantelois2010

      Léon. Comme l’indique Fantomette,les pénuries de personnel touchent tant les zones urbaines que rurales. Nous avons élu un ministre de la Santé, grand spécialiste qu’il se disait de la chose, mais qui n’a rien réglé. C’est dire. Il a même voulu implanter la méthode Toyota dans tous les hôpitaux du Québec!!!

  • snoopy86

    A l’appui de ce que nous dit Fantômette …

    L’inde est, pour des raisons historico-juridiques le premier fabricant mondial de génériques et les conditions de fabrication y sont parfois approximatives …

    Un exemple, une décision de l’AFSSAPS sur un générique du Plavix

    De plus en plus, la snoopette qui était pourtant fortement en faveur des génériques inscrit NS ( non substituable ) sur les ordonnances familiales …

    • snoopy86

      Mais pour ce qui me concerne, Cabanel m’a convaincu …Je ne me soigne plus qu’à l’ail et à l’eau des hunzas 😆

      • asinus

        Je ne me soigne plus qu’à l’ail

        c ‘est votre entourage qui doit etre content 🙂

      • D. Furtif

        Pareil que Snoopy , Depuis que j’ai lu Cabanon et Josiane….Je ne prends plus que de la poudre de Mulot grillée au grand air par une nuit de pleine lune

    • Fantomette

      Les génériques du PLAVIX, ceux du GLUCOPHAGE et ceux de certains anti-épileptiques : les recommandations conviennent qu’il peut y avoir 15 à 20% de différence de biodisponiblité… mais on continue de forcer la prescription de génériques!

  • maxim

    moi,c’est Lagardette mon gourou et guérisseur ….un bobo ? je me fais faire une imposition des mains par ma charmante voisine d’une trentaine d’années,mais quand il faut boire le purin d’orties si cher à mon maître,je coupe avec 50% de Chivas,et là,c’est vrai que ça va beaucoup mieux !

  • asinus

    nabsolument Lorenzo je suis un collectionneur compulsif !!!!

  • maxim

    salut Asinus ..

    essaye un Isle Of Jura Superstition ! un malt et tourbe à tomber par terre !

  • chantelois2010

    Causette. Merci beaucoup. Je vais consulter le lien.

    • Causette

      N’étant pas professionnelle de la Santé, je ne sais pas ce que ça vaut ❓

      François Malye et Jérôme Vincent, journalistes au Point, en sont les auteurs : palmarès des hôpitaux, des cliniques ou des maternités.

  • Bonjour,

    La santé des aînés est préoccupante. Nous réalisons que des gens âgées n’ayant plus de médecin se retrouvent à ne pas consulter. Les longues attentes des salles d’urgence des cliniques « sans rendez-vous » ne sont pas toujours la solution pour les gens à la santé fragile.

    Saviez-vous dans les résidences pour personnes âgées un « client » peut être suivi par un médecin ….et cela sans peine ?
    En effet, la plupart des résidences offrent ce services.

    NDLR
    Bonsoir Cher Claude Roy . Nous ne pouvons accepter sur notre blog un panneau indicateur ou toute forme de publicité pour un site marchand