La carte de mon territoire.

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Les flash crépitants hier à la sortie du restaurant Drouant, pour capter le visage pâle de l’indien Houellebecq sorti du tipi de sa réserve pour chercher son prix récompensant sa dernière barrette de H, la banalité polie de ses propos , lui le rebelle des cartes Michelin, son discours d’apparence minimaliste consistant à dire « merci, je suis bien content », la pluie qui s’en foutait et fouettait les parkas de tous ceux qui battaient le pavé sans plage dessous, tout ça ( ouf, je reprends mon souffle, je ne suis pas le Docteur Destouches), tout cela m’a étrangement ramené à mon territoire à moi, bien enfoui sous 40 couches de Bescherelle, de Lagarde et Michard et autres Gaffiot.

C’est un territoire cérébral. C’est une République qui fait un auguste doigt d’honneur à Mappy et Google hearth.

C’est au groupe Marcel Lafitan, à Versailles, Yvelines. École de garçons. C’est écrit dessus, avec des lettres bleu nuit qui coulent leur rouille sur le blanc de la pancarte en fer, comme Brel pissait sur les femmes infidèles.

D’ailleurs, c’est la même époque. Le crépuscule des années 60. Les échos assourdis de mai 68 arrivent à peine. C’est loin, Paris. Faut prendre le train.

C’est une école communale de la République. Mon père y tenait, singulièrement ici, Boulevard de la Reine, à deux pas du château de Versailles et des chaises à porteur de la monarchie.
C’est d’abord la 9 eme (ouais, on disait pas CE2). Monsieur Art (…) n’est plus tout jeune, il est mince et mat, sombre et fier, l’oeil noir mais la blouse blanche. Il a l’oeil fermé sur une blessure à lui. Une histoire de bateau dont les passagers sont descendus il y a peu à Marseille, « une main devant, une main derrière ». Il fume en classe, des Gitanes maïs qui lui jaunissent doigts et ongles.

Ses volutes partent en fumée, nos luttes pour ne pas s’endormir aussi. Pour les dictées, il choisit toujours un roman connu, simple, mais qui tire le cerveau vers le haut.

Il marche souplement dans les travées, comme un chat, en crachant son maïs pas encore transgénique. C’est « l’Étranger » de Camus. La phrase m’est toujours en mémoire: « J’ai allumé une cigarette, retourné ma chaise parce que je trouvais que c’était plus commode ».
Il nous aide, M. Art… Il dit « commode » en insistant outrageusement sur les « m ». Du coup, on se demande si commode, ça n’en prendrait pas trois.

Le lundi matin, il y a distribution des punitions de la semaine écoulée. Le bourreau officie sereinement, à froid, sans haine et sans crainte. Il consigne les arrêts de la justice républicaine dans un petit carnet noir, où des sigles cabalistiques tout juste entrevus correspondent à ce que j’imagine alors être le Code Pénal. Le barème des punitions.

À l’appel de son nom, on se lève et fait la file pour approcher de la table spécifiquement dédiée. Y gisent une règle en fer et une autre en bois.
La justice n’est pas immanente, mais imminente.
Personne ne moufte. Dans la file d’attente, on guette le bruit mat de la règle sur l’ongle du suivant qu’on suivait.
On paie rubis sur l’ongle, à la Communale.

« Sandro, 5 règles en bois, 3 règles en fer ».

La main doit être posée à l’envers sur la table, à plat, les doigts repliés pour former un « O » en forme de poire. Ca tombe comme à Gravelotte. Il officie tout raide, M. Art…, en semblant dire «rien de personnel, les gars, juste le règlement ».
Au suivant, au suivant. Faute de double consonne, coups de règles en bois. Fautes de grammaire, règle en fer.

La vie est simple.

Elle mène tout droit au CM1, avec M. Brém…. Il est grand, costaud, plutôt jeune et porte cravate. Avec le recul, je pense qu’il devait plaire aux femmes. Et surtout, il arrive en Dauphine Gordini. Une rouge avec deux bandes blanches sur le capot et des phares à iode longue portée.
Lui aussi fume en classe. Des Gitanes blanches filtres. Il ne faut pas chercher plus loin mon futur tabagisme, dont les causes sont planquées dans ma mémoire reptilienne, que m’a dit le doc. qui essaie de me sevrer de Nicot 40 ans plus tard. N’empêche, une fois, j’ai piqué son paquet laissé sans surveillance sur son bureau. Le logo énigmatique de la gitane fumante était signé «Ponty ».
Plus tard en khâgne, je fumerai des Gitanes et en écoutant un cours de philo sur Merleau-Ponty et la « phénoménologie de la perception », je croirai un instant que c’était l’auteur caché du logo des Gitanes… Sur mon cercueil, il faudra qu’il me prête ses armoiries, ce Ponty.

À la récré, il faut se méfier des « classes de fin d’études ». La scolarité est obligatoire jusqu’à 14 ans, et à l’époque, on ne s’embarrasse pas de circonvolutions: « fin d’études ». Ça claque comme une gifle, mais tout le monde comprend. Ils sont grands, violents (enfin, je croyais alors que c’était ça, la violence). Leur jeu consiste à courser les 8 eme/ 7eme et à en attraper un pour l’exemple. Leur surveillant, un costaud moustachu, look gitan et blouson de cuir, qui roule en Ford Taunus GT à capot noir mat, en coince un de temps en temps. Contre un mur, il le larde de coups de pieds et de poings, mais jamais devant les petits. Faut jamais humilier les gens gratuitement, qu’il disait. C’est un truc que j’ai retenu.

Le CM2, c’est M. Mar… Il roule en R 16, c’est un rouquin dégarni et jovial, à la fine moustache. Il m’aime bien, je crois. De son écriture à plume violette avec pleins et déliés, j’ai longtemps conservé un prix de français et un « prix d’excellence ». Vingt déménagements successifs ont ultérieurement perdu ces sésames pour la littérature et le restaurant Drouant. Un connard de déménageur aux bracelets de cuir cloutés m’a perdu mes titres. Si je le retrouve, « ‘tare ta gueule à la récré ».

C’est en CM2 (la 7 eme, quoi) que j’ai été choppé par trois « fin d’études ». Lutte inégale, nombre impair et manque, la cour était trop petite et cerclée de murs, ce qui devait arriver arriva.
Le gitan en Ford Taunus n’avait rien vu. C’est là que pour la première fois j’ai compris que le vice, c’est mieux que la force.

Un de mes « nervis » pissait tranquillement, la besogne accomplie, contre l’urinoir mural qui ornait un mur de la cour. Un urinoir en plein air, noirâtre, malodorant et moussu, que l’eau courante permanente ne délivrait pas de l’odeur d’ammoniaque.

Un petit, c’est mobile et insaisissable en raison d’un centre de gravité bas. Je me suis faufilé par derrière, le mec avait les mains prises pour rengainer son engin, il n’a rien vu venir. De toutes les forces de mes bras maigres, je l’ai poussé dans le dos et il s’est écrasé face la première contre le mur gluant et puant de l’urinoir. Mon démarrage fulgurant vers la salle de classe m’a mis à l’abri des poursuites. Plus tard, dans les bagarres, je me suis toujours méfié des petits.
Mais le lundi suivant, M. Mar… était là, cahier en main: « Sandro, viens chercher ta volée ». Il y avait eu un témoin, apparemment.

J’ai avancé tranquille, un rien goguenard, sûr que ce seraient des gifles assourdies, pour la forme.

Mais ce fut un formidable aller-retour, donné avec tout l’élan et le poids du corps, à dévisser la tête. Seule une esquive rotative du buste accompagnant le mouvement m’autorise à vous parler aujourd’hui. À la Communale, on apprenait les arts martiaux.

Bon, et alors, me dites vous?

So what, Houellebecq? Quel rapport?

Eh bien, je me demandais hier, à voir cet écrivain reconnu qu’on dit rebelle, insoumis et imprévisible, à la voir remercier poliment et sobrement, l’échine courbée sous la pluie du dehors et les flashs du dedans, oui, je me demandais si tout cela, ce n’était pas à cause de l’école de la République.

Michel H. n’a que quelques bougies de plus que moi, il a dû connaître, quelque part sur une carte du territoire, les coups de règle en fer s’abattant sur les doigts gourds de l’élève d’alors. Peut être cette école lui a aussi donné le goût subliminal de cette clope abhorrée qu’il arborait aux lèvres hier chez Drouant. Et alors?
Eh bien à mon avis, ce Houellebecq est allé à l’école primaire.
Celle qui produisait de temps à autres des écrivains, mais qui les obligeait à baisser la tête et à dire merci quand ils obtiennent le prix d’excellence.
Cette école d’alors qui ne nous a pas donné que des particules élémentaires, mais aussi , en coulisse, le désir secret d’en griller une pour être un grand. Celle qui ne nous mène pas à la possibilité d’une île, mais à un certain « M. Ponty », qui rigole bien , à quelques années de là. Qui attend qu’on soit rayé de la carte. Où ça, sur quel territoire?
Ben, « c’est un grand terrain de nulle part, avec de belles poignées d’argent »(1).

Sandro

(1) Gérard Manset, « comme un légo »

33 comments to La carte de mon territoire.

  • rocla

    En quelques secondes on a dix ans ici .

    La règle en bois était un long bâton ressemblant à une queue de billard . Rien de personnel les gars , juste le règlement , la phrase a dû faire le tour de France . Un genre de machine à punir , Frère Théodore , dadais dégingandé devait se pencher pour bien viser les doigts offerts au supplice . Douleur anticipée comme chez le dentiste qui attaque le nerf avec sa roulette . Dix coups , un deux trois … avec un bout d’ osier souple dont le déplacement dans l’ air faisait ffffouf …

    Le long bâton servait d’ apeureur , le petit en osier concrétisait .

    Ce devait être un monde bizarre l’ enfance à ces maîtres . Pas commodes ces parents sans aime .

    Quand tu veux Sandro , ça l’ fait .

  • Ouais ouais ouais, quelle densité de présence humaine ces derniers temps dans le Paris-Dourdan ! Pics de pollution pour les célibataires qui voulaient être des rock’n roll stars.

    L’amer Michel dessine la carte de France à la ré(craie) sur le tableau noir de l’école communale de Châtelus-le-Marcheix et la décrit sombrement : « C’est le Pernaud, elle ! ». Le maire de ce terr(it)oir()e l’a invité à venir y signer sa carte, et c’est ainsi qu’Allah est grand comme disait un autre scribouillard, un vrai Auvergnat, lui.

  • maxim

    elle s’appelait Mme Robin,un vrai clône de Folcoche ,les petits matins froids où nous arrivions à peine réveillés dans un classe enfumée par le bois humide qui avait du mal à brûler dans le Godin qui trônait au milieu de la salle …

    une vraie harpie qui nous guettait comme l’araignée guette la mouche qui va se prendre dans sa toile ….

    depuis l’entrée en rang et en silence dans la classe,le temps d’accrocher nos fringues aux patères ,ensuite debout près du pupitre attendant l’ordre de nous asseoir …puis soudain :

    > assis ! calcul mental,sortez vos ardoises! allez allez dépèchons un peu!…combien font 63+47 ?

    et nous d’écrire la réponse illico sur l’ardoise et lever bien haut le résultat dès le coup de règle sonore sur le bureau,même pas le temps de compter sur ses doigts ni de se faire souffler la réponse par les balaises en calcul…

    et la peau de vache passait avec les bons points pour récompenser les bonnes réponses et quatre règles reliées ensemble par des élastiques pour frapper le bout des doigts des cancres,et pas question de tricher en écrivant en douce le bon résultat sur le verso de l’ardoise !

    et le supplice durait une bonne demi heure ….

    > 8 fois 12 ?  » TAC « !!!! levez vos ardoises !

    > 116 moins 85 !  » re TAC » !!!,c’est fini! ardoises en l’air !

    > 15 fois 15 ! et rebelote !…

    et à chaque fois le stress des doigts martyrisés sans pitié pour les nullards en calcul !

  • D. Furtif

    Calcul mental tous les matins pendant trois ans , trop jeune pour entrer interne en 6è j’ai fait trois CM. Dictée analyse logique et grammaticale tous les matins pendant trois ans. Vain dieu que j’aimais ça, tout plutôt que les vendanges, ou monter à l’échelle l’épaule écrasée par la poutre des charpentes.
    La règle en fer ou en bois restait un mythe mais les récrés m’ont valu bien des baffes.

    Merci Sandro , à très peu de choses près, j’aurais pu être ton instit à Gitanes.

  • Léon

    Un très beau texte de Sandro qui doit quand même être plus jeune que moi, car je ne vois pas la cérémonie de remplissage des encriers. J’ignore si MH a été un bon élève dans le primaire, mais ça vaudrait le coup de le savoir…
    Imaginer que les profs fumaient en classe… Un autre monde !

    • @ Léon

      La cérémonie de remplissage des encriers, je l’ai connue quand j’étais à l’école à la campagne au début des années 60. Et mon instit fumait dans la classe décorée de cartes de l’empire colonial français. C’est pas si loin…

      Citation de Houellebecq extraite des Particules élementaires (très bon bouquin) : « Ce même soir il retrouva une photo prise à son école primaire de Charny; et il se mit à pleurer. Assis à son pupitre, l’enfant tenait un livre de classe ouvert à la main. Il fixait le spectateur en souriant, plein de joie et de courage; et cet enfant, chose incompréhensible, c’était lui. L’enfant faisait ses devoirs, apprenait ses leçons avec un sérieux confiant. Il entrait dans le monde, il découvrait le monde, et le monde ne lui faisait pas peur; il se tenait prêt à prendre sa place dans la société des hommes. Tout cela, on pouvait le lire dans le regard de l’enfant… Le temps est un mystère banal, et tout était dans l’ordre, essayait-il de se dire; le regard s’éteint, la joie et la confiance disparaissent. »

      • La cérémonie des règles en fer, je l’ai aussi connue dans le mitan des années 60, au lycée, une prof de latin sympa, l’air d’une gardienne de camp de concentration, vlan sur les doigts quand tu récitais pas par cœur la Guerre des Gaules comme elle voulait et si tu protestais, t’avais droit au proviseur et il était pire : il te forçait à te mettre à genoux sur une règle de fer et vlan sur les doigts tendus avec une autre. Pas cool. Inutile de dire que je déteste le latin… Aujourd’hui, des mauvais traitements pareils, ça ferait la Une des journaux et la joie des avocats !

  • Ph. Renève

    Aïe, Sandro est un ranimeur de souvenir-que-me-veux-tu, un terrible conteur d’années.

    Mais je m’élève avec la véhémence de l’authenticité outragée: Brel n’a jamais pissé sur les femmes infidèles. Il enviait tant les marins d’Amsterdam de pouvoir le faire…

    Merci, Sandro, de détourner en vol le Goncourt (contrepèterie permise) pour nous faire humer le papier maïs s’éteignant une nème fois et les pots d’échappement des Ford Taunus GT à capot noir.

    Et puis merci de m’avoir vengé un peu, sans que je le susse (tu penses bien que je n’allais pas le rater), de ces grands imbéciles qui empoisonnent les cours de récré de génération en génération, les grands, ces calamités qui se reproduisent juste pour embêter les petits. Bien joué.

  • asinus

    yep ,l’ane sans voix , mais plein de souvenirs
    merci à Sandro

  • snoopy86

    nostalgie, nostalgie ….

    La Saintonge profonde, M. et Mme R…., lui catalan, directeur de l’école de garçons, fou de basket et la même pédagogie de la régle…
    Sa femme s’occupe des cours élémentaires, lui des CM1 CM2 et des grands qui préparent le certificat d’études. Son point d’honneur: les prix de canton et son pourcentage de réussite.

    L’encre, le poêle, les blouses grises, mais aussi les derniers parmi ces gosses à faire 5 km matin et soir en galoches et pélerine bleue. La cour, où on joue « aux barres » ….

    Les ennemis, les frères O… quasiment transmis familialement ( le grand-père avait interdit de reculer et ordonné de faire mal ) . Mon protecteur, Jeff, le fils du régisseur, mon aîné de deux ans …

    Une phrase, tous les matins vers onze heures  » untel, va me chercher « L’Equipe » et ne musarde pas en route » . Mieux que les bons points …

    L’enfance heureuse 😆

  • rocla

    Ah oui , ces putains de bons points , on aurait dit l’ avenir du monde ces bons points , comme au caroussel pour décrocher le pompon , t’ avais un tour gratuit quand tu l’ attrapais , j’ étais plus fort en pompon , dans mon automobile non pas m’ agiter je faisais semblant que ça m’ intéresse pas et hop , surgissant comme un diable il était pour moi . Un jour il y eut les fractions , la première fois que frère Louis en a parlé j’ ai cru qu’ il était malade . Il parlait non seulement d’ un dénominateur mais en plus il aurait de plus la vertu d’ être commun ? Ouf aurait convenu mais c ‘était pas encore inventé . Curieusement les tables de multiplication c ‘est rentré tout seul . Rapidement compris aussi que les premiers de la classe pas la peine de lutter ils avaient des cahiers sans ratures ni surcharges des genres d’ oeuvres d’ art de mon point de vue .A la récré c ‘était les indiens contre les visages pâles avec les genoux rouges …. culottes courtes obligent .
    Les parties de billes c ‘était la vraie vie , avec ou sans triche ! Les hannetons du mois de mai qu’ on mettait dans les boîtes d’ allumettes . Les pyrénées orientales qu’ il disait … Clovis quel drôle de nom . On apprenait même Nabuchodonosor Mathusalem , Jéroboam je l’ ai connu qu’ ensuite une fois que j’ étais exercé aux Magnums ….

  • Sandro

    Bonsoir à tous
    Merci de vos commentaires: pas de dissonance chez les disonneurs, c’est bien la preuve que l’école primaire laique reste un ciment de la République…
    @ Léon: merci pour le choix des illustrations, dont je n’avais pas eu le temps de m’occupper.
    Celle de l’école m’intrigue:à l’époque, sauf peut étre dans les villages où il n’y avait pas assez d’élèves, la « communale » n’était pas mixte. Celle-ci arbore de jolies frimousses, alors méme que l’accoutrement du maître me semble dater d’avant mon époque (Léon ne m’a pas râté… , je viens tout juste de basculer de l’autre versant, d’entendre la cloche de la mi-course dans la marathon des centenaires).

    Par ailleurs, Philippe Renève a raison de relever l’injustice faite à Brel: ce sont bien les marins du port d’Amsterdam qui pratiquent ainsi un ondinisme éhonté sur « ces dames ».
    Mais j’étais troublé par mes histoires de pissotières à suivre dans un paragraphe suivant.
    Les amateurs de Brel auront aussi reconnu le clin d’oeil à « au suivant ».

  • Léon

    Sandro : oui, c’est une école de 1926, vous n’étiez m^me pas encore à l’état de projet… Mais la photo m’a plu ! 😆

  • Sandro

    N’empêche, je ne saurais jamais l’impact réel du tabagisme professoral ostentatoire sur ma future addiction à l’herbe à Nicot.
    De méme, je me demande si l’absence totale de filles dans les écoles à cette époque ( pas la queue d’une, disait un de mes confrères…), n’expliquerait pas la frénésie à combler ce vide et ce manque, par la suite.

    Enfin bon, comme disait Desproges : « ca aussi, j’aurais sans doute dû en parler à mon psy, mais j’ai préféré me confier à mon armurier ».

  • Sandro

    Ah oui, ça me fait penser à la question de Léon sur l’encrier.
    Si, si, j’ai connu l’encrier, la plume et les doigts tachés, mais bizzarement, je n’ai pas souvenir qu’on « refaisait le plein ».
    Ce devait étre fait par d’autres en dehors des heures de cours.
    Une école de riches…Quoique ce n’est pas l’impression que ça m’a fait.

  • Lorenzo

    Sandro,

    je le revois encore,le regard vif,la blouse grise et les cheveux en brosse.Il ponctuait ses phrases de « vous saisissez » et moi je n’osais pas demander ce que çá voulait dire, enfin j’ai fini par attrapper ce que comprendre veut dire.Son bureau, l’estrade, et cette carte ou á peu prés la même.Le banc et le pupitre d’un seul tenant, partagé avec le voisin et l’encrier de porcelaine dans son alvéole que remplissait un éléve choisi par le maître comme un gage de son sérieux.Le pot de colle blanche qui sentait si bon, au point que mon voisin en bouffait.
    La plus grosse transgression dans cette atmosphére studieuse, qui éclata telle un bombe fut provoquée par mon voisin qui deversa dans mon encrier plein un sachet d’ O’BULL prévu pour un litre de liquide.
    Un monstrueux champignon se developpa lentement comme un volcan, en faisant couler sa lave violette frémissante de bulles,qui s’étalait irrémédiablement sur la surface en pente.
    L’irréparable en un spectacle d’une belle catastrophe, et le reste de la classe comme un volée de moineaux,autour du pupitre, hurlants, les yeux brillant de plaisir et d’effroi.
    La vision ensuite de mon camarade pendant tel un pantin dans sa blouse, que tenait le maître au bout de son bras l’emmenant á grands pas chez le directeur.

  • yohan

    Je fais partie de la génération qui a contribué à sa manière à enterrer l’école à papa. Vu ce qu’on voit maintenant, il peut y avoir une pointe de nostalgie, mais pas de gros regrets non plus, car s’il y avait des profs qui ont marqué la mémoire, d’autres ont surtout marqué la joue bien inutilement. Je pense que l’école a gagné en enlevant la baguette de feu aux sadiques, et ce qu’elle a perdu dans la méthode d’enseignement, elle peut le regagner. Si l’école est à la dérive, c’est dû à des changements de cap permanents et à une médiocre gouvernance.

    • Sandro

      Salut Yohan.
      Je suis assez d’accord avec ça.
      Dans ce domaine comme dans d’autres, l’horloge a du mal à marquer midi.
      Le pendule va toujours d’un extrême à l’autre, d’un excès à l’autre.
      Du reste, je ne suis nullement nostalgique de l’enfance, encore moins de l’adolescence.
      Si je pouvais tourner la molette pour rembobiner un peu de film, je n’enlèverais que 15 ans, juste pour faire revenir quelques potes et des proches. Le reste…
      De toutes façons, le truc est bien foutu: la molette en question n’existe pas, donc…
      Keep on going…

  • snoopy86

    Merci Rocla d’avoir évoqué les billes et leur féerie …

    My kingdom for une agathe 😆

  • maxim

    dans l’école primaire publique où je suis allé jusqu’au fameux « certif » d’études primaires et élémentaires ..

    c’était mixte,une rangée pour les filles et deux pour les mecs plus nombreux,le Samedi nous avions activités dirigées ,les filles à la couture ou au canevas,et les mecs au jardinage.

    c’est à dire le jardin du Dirlo,qu’on entretenait,pendant qu’il fumait sa Gitane ,(parce que lui aussi fumait en classe)donc pendant que lui en costard cravate n’en glandait pas une,nous les élèves étions chargé de l’entretien des plates-bandes!

    on la trouvait un peu saumâtre d’être exploités de la sorte sans gratification ! alors avec mon pote Bébert on a bouffé les fraises vu qu’on arrivait au mois de Juin et que l’année scolaire allait terminer …

    mais le jardin longeant une classe de CM1 et la maîtresse lorgnant par la fenêtre et ayant été premier témoin du délit,elle nous a caftés au Dirlo !

    et là,scandale et murmures de désapprobation des fayots > houlà là …..m’sieur c’est pas bien ……..

    et mon pote bébert et mézigues on s’est fait virer du jardin avec un coup de pompe au cul pour se retrouver avec les filles et leur couture !

  • rocla

    Maxim

    J’ te verrais très bien dans la guerre des boutons ( dont l’ armistice n’ a jamais été signé ) avec ton pote Bébert , tu as le profil de celui qui j’ aurais su j’ aurais pas v’ nu …. 😆

    Sinon j’ ai reufleuchi toute la nuit pour concernant le remplissage des encriers , euréka ( des meubles Archimède ) en fait dans le pupitre se trouvait le trou de l’ encrier mais c’ étaient ceux d’ avant qui devaient s’ en servir , en 1952 première année d’ école on commençait avec l’ ardoise et la craie puis les crayons et les cahiers , le taille crayon sculpteur de copeaux et quand on a passé à la plume militaire du sergent Major dans la liste des affaires de classe à acheter en début d’ année le petit pot à encre Waterman avec son air futuriste qui nous faisait une leçon de géométrie par imposition de sa vue .

    Et la visite médicale ?

    j’ me souviens de la grosse dame diplômée blouse blanche à laquelle fallait montrer sa sexualité et qui s’ inquiétait des nos testicules que je pensais à l’ époque qu’ il servaient à établir un certain équilibre pour quand on marchait … Une première prise en main me faisant comprendre le mot dextérité quelques années plus tard , c ‘est un peu comme ça qu’ à dû naître le flash-back au ciné .

    Une question à poser à nos petits-enfants : Qu’ est-ce qu’ un plumier ?

    • Lorenzo

      Bonjour Captain,

      la réponse á la question du plumier on la trouve sur ce site avec la bouteille d’encre Waterman et
      toute une kyrielle d’objets oubliés 😉

      • rocla

        Salut Johan et Maxim ,

        Super souvenirs le site que tu as mis en lien .

        Je crois savoir que l’ inventeur de l’ école Jules Ferry à pris sa retraite à Marseille et comme il s’ ennuyait il a monté une petite affaire de transports  » le ferry boat « 

        • rocla

          Oups ,

          Pardon

          Salut Lorenzo , c ‘est toi qui a mis le joli site de l’ école ….ton chapeau ressemble à celui de Yohan qui lui porte une casquette qu’ il ne met jamais ….

  • maxim

    salut Capitaine

    ah oui,mon pote Bébert..le pauvre,mort à 30 piges de la clope et de la bouteille :-(..le con !!!je lui avais dit des centaines de milliers de fois qu’il se flinguait la santé !

    et ces fameux encriers qu’on arrivait à percer,j’explique : sous le préau,là où l’on faisait le grimper à la corde,il y avait des pupitres entassés et encore munis des encriers secs qu’on piquait,il suffisait de frotter le cul de l’encrier en faience sur le ciment pour l’user et faire apparaitre un trou minuscule,ensuite on faisait l’échange pendant la récré quand on était de corvée d’essuyage de tableau et de recharge en charbon du Godin ,on mettait de l’encre dans l’encrier à peine percé et ça fuyait goutte à goutte,en dégueulassant ce qu’il y avait dans la case des fayots de la classe .

    quand à cette fameuse visite médicale au moment de la pesée et du passage sous la toise,on était tous en slibard ,alors évidemment,on baissait celui des petits cons et des souffre douleurs,au milieu des éclats de rire …l’infirmière poussait une gueulante,et après le médecins ( une jeune femme …. :-)pas vilaine du tout,nous soupesait les bonbons,là on faisait moins les fiers !