Tout va très bien chez les Samouraïs ( II)

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Suite au désastre impérial de Dan No Ura . Un nouveau régime s’instale le Bakufu ( Shogunat) Des années 1200 aux années 1600 , une poignée de daimyô, ces « grands noms » qui règnent sur les clans guerriers, ont considérablement accru leur influence et leur richesse. Les plus puissants d’entre eux brûlent de marcher sur Kyôto, la capitale impériale, pour s’y faire décerner le mandat convoité de shôgun. Mais aucun ne veut prêter le flanc à une attaque de ses ambitieux rivaux dans la course au pouvoir. Dans l’ordre on peut voir d’abord les clans qui sont de taille à se lancer dans l’aventure et en dessous le cortège des clans qui se rangent parmi leurs alliés. Par ce réseau de suzerains et d’alliés vassaux tout le Japon est en permanence sur le pied de guerre.

Tous s’épient, et s’épuisent en querelles intestines vaines et sanglantes. Le Japon est ravagé par la guerre. Ça s’étripe dans tous les coins dans le plus grand respect des rituels Bushi agrémenté de vendettas suicides, ornements quotidiens de la vie japonaise.

Ce n’est pas l’ouvrage qui manque. Les Samouraï prospèrent . On les rétribue en terres ce qui les fidélise un peu plus que leur serment d’allégeance . Bien sûr, au moindre défaut dans le service ou au moindre caprice du Daïmyo on leur reprend tout .

Et c’est bien du malheur , les supplices, les sepuku, la servitude , les filles vendues , les haines transmises aux enfants de génération en génération , la chute dans la condition de Ronin errant ou de brigand.

Comme on se bat partout , il y a toujours de l’espoir.

On ne se bat pas pour le trône, le vrai pouvoir est au SHOGUN

1) La force est indispensable mais elle ne suffit pas

Au sommet de l’édifice pyramidal des vassaux et des suzerains le Shogun, comme tous ceux qui en régime féodal se trouve dans sa situation , doit en convenir la force et la violence ou même la crainte ne suffisent pas. Pour que cet empilement de menaces et d’alliances intéressées tienne debout , il faut une adhésion ,un ciment ,d’une autre nature . Quelque chose qui ne dépendrait pas du sabre .

En Europe l’Église a joué ce rôle pendant 1000 ans.

Le Shogun va mettre tous ses soins et toute sa politique augmenter au maximum la mutation en une essence supposée divine de l’Empereur __ dont il se veut , lui, le eul et premier agent , représentant, protecteur , porte parole . Année après année à coup de rites obscurs revivifiés et de routines sacralisées il va comme qui dirait lui forger une auréole lui inventer une essence divine. C’est une pente toute naturelle, celle de sont intérêt , qui conduit le Shogun, prétendument adjoint, à diviniser celui qu’il prétend servir.

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Mais …à ce jeu ……….

D’une certaine manière , il est réduit , contraint de créer une distance entre l’Empereur d’essence divine , Dieu vivant, et lui même. Et plus il réussit , plus il est amené à confirmer que lui-même n’est qu’un homme . Important certes mais seulement un homme . Et par là, c’est comme une invitation. Il s’expose aux menées traquenards et jalousies de ses rivaux simples humains comme lui.

-Qui t’a fait Duc ?

-Qui t’a fait Shogun ?

Tous les efforts pour augmenter ou simplement maintenir sa propre puissance le contraignent à faire un ménage sanglant de tous ses rivaux potentiels et….. s’il est inquiet à s’en trouver ou en susciter pour faire peur aux autres . Il lui faudra beaucoup d’adresse pour ne pas en avoir plus à l’arrivée qu’au début de son « règne ». Il doit donc conduire une politique sournoise d’alliances et de trahisons continuelles entre les familles qui , par « nature féodale », ne peuvent qu’être conduites à vouloir le supplanter.

Ainsi même si le Shogun ne pourra jamais devenir « calife à la place du calife » Empereur à la place de l’Empereur , le Japon connaît pendant de siècles un situation de tensions menaces et conflits partiels perpétuels…

Ce n’est pas Mme Butterfly , c’est Macbeth partout.

2) C’est une situation curieuse que celle du Shogun

Il est plus proche que tous du Suprême leader, il a plus de moyens que tous de lui régler son compte . Mais il ne doit surtout pas . C’est ça la politique

On voit donc le SHOGUN dans cette situation inconfortable qui exige de protéger un empereur qui, lui, ne prive pas de lui tirer dans les pattes dès qu’il en a l’occasion, Car l’empereur a aussi un clan et des allés et encore quelques moyens.

Mais , pas touche !

Car si jamais il s’en avisait, l’imposture religieuse qu’il a pris tant de soin à bâtir se retournerait contre lui en un seul bloc. Le peuple tout entier , les Daimyos et leurs samouraïs au grand complet oublieraient un moment leurs chicanes pour lui régler son compte.

Alors il est condamné à survivre dans ce système fait de tromperies , d’alliances et de trahisons et à l’entretenir…….. ad lib…

L’empereur ne pourrait toutefois pas gouverner sans le pouvoir et les moyens militaires du shogun pour le protéger et faire respecter la volonté du gouvernement. Ainsi, le shogun, la réalité du pouvoir et le le trône sont dans une relation mutuellement dépendante. Les tensions et conflits, entre les grandes lignées et en leur sein propre, n’épargnent pas la famille impériale.

C’est ainsi que les Samouraïs connaissent leur âge d’or. Le système repose sur des guerres permanentes et ils sont des guerriers professionnels. Pour eux il n’y a pas de « crise »

Yoritomo et ses descendants ont connu une ascension relativement rapide, mais au milieu des années 1300, les luttes entre les factions ont repris de plus belle. Pendant un temps, on eut deux empereurs rivaux, chacun avec ses partisans guerriers. Ça faisait désordre. L’idéologie Samourai connaissait alors une exaltation sans précédent. Ils ne manquaient pas d’occasion de servir et de mourir .

Dans la seconde moitié des années 1400, le clan Ashikaga à son tour connaît un conflit interne pour le pouvoir avant de parvenir à prendre le contrôle du pays. Un contrôle très relatif d’ailleurs

3) C’est le système tout entier qui fléchit .

L’empereur et le cercle autour du Shogun __ le gouvernement central __ voient leur pouvoir amoindri et contesté. Dans un double mouvement Les gentilshommes terriens locaux, ou daimyo, prennent localement une autonomie que le centre Impérial ne peut leur contester et que leurs peuples et petits seigneurs vassaux n’ont pas les moyens de remettre en cause . Ils tiennent le Japon

Par des alliances et des conquêtes, ces seigneurs féodaux renforcent leurs positions économiques, politiques et militaires jusqu’à la fin des années 1500, de sérieux combats ont lieu entre ces dirigeants alors que l’empereur n’a aucun shogun pour le protéger ou valider son autorité.

Par ailleurs une arrivée totalement imprévue vient bousculer le jeu d’échec en ajoutant deux pièces.

  • Un outil technique les mousquets les premiers canons
  • Une faille idéologique : le christianisme qui comme par un effet de mode se répand dans tous les milieux.

L’époque du commerce Nanban (南蛮貿易時代, Nanban-bōeki-jidai?, soit « époque du commerce avec les Barbares du Sud ») est une période de l’Histoire du Japon qui s’étend de l’arrivée des premiers Européens au Japon en 1543 jusqu’à leur exclusion quasi totale de l’archipel en 1650 avec la promulgation des lois isolationnistes du sakoku.

Tous se battent mêmes les sectes religieuses dans leurs temples pour protéger leurs domaines ou en conquérir de nouveaux . On s’y entraîne et on perfectionne la fabrication du mousquet et son usage.

Copie Japonaise d’un mousquet européen

4) Le Samouraï obsolète ? Va savoir

À cette époque après une divinisation fictive de l’Empereur on connaît pour ainsi dire un Shogunat fictif. Le Japon est devenu un agrégat de principautés avec à leur tête les Daimyos

Parallèlement les Samouraïs connaissent une évolution interne . Leur prospérité et leur hyper spécialisation technique les conduisirent à dominer les postes de commandement en tant que cavalerie lourde, tandis que la masse de soldats devenait des piquiers.

Quiconque n’appartenant pas à la classe des samouraïs et portant deux épées était passible d’exécution capitale . Les deux épées étaient le katana ou épée longue (avec une lame moyenne de trois pieds) et le wakizashi ou épée courte (avec une lame normalement longue de 16 à 20 pouces). Les plus belles épées sont devenues la propriété des guerriers les plus riches, et être un épéiste était le métier le plus respecté.

L’épée courte, en particulier, était utilisée comme poignard et était également utilisée dans le seppuku, le suicide rituel du Samouraï. Les lames étaient à la fois fortes et flexibles. Elles étaient fabriquées en forgeant et martelant l’acier fin, en le pliant et en le reformant, parfois des milliers de fois. L’épée et son utilisation experte se sont élevées jusqu’à une importance spirituelle dans la vie du samouraï.

L’autre arme principale des armées japonaises de l’époque était le naginata, une hallebarde à long manche mais utilisée par les fantassins. Les ashigarus .Elle fut remplacée par le Yari

Les samouraïs portaient des armures élaborées, constituées de bandes de métal lacées de cuir. Le produit fini était laqué et décoré à un point tel qu’il était non seulement résistant aux intempéries et aux armes tranchantes, mais il était devenu pour ainsi dire une œuvre d’art au même titre qu’une belle épée. L’armure s’est avérée incapable d’arrêter les balles de mousquet et est devenue principalement un costume cérémonial après 1600.

Les armées japonaises avaient également des archers, bien que la majeure partie du tir à l’arc cérémoniel se pratiquât à cheval et donc relevant de l’art du Samouraï.

Toute cette richesse , tout cet art militaire allaient bientôt être obsolètes quand les Portugais allaient amener leurs Mousquets et les habiles artisans japonais en faire des copies.

Par ailleurs la période est bouleversée par un constat que l’on n’ose pas trop ébruiter.

Un ashigaru équipé d’un mousquet coûte beaucoup moins cher qu’un samouraï équipé , éduqué, entrainé et rétribué

***Toutes ces histoires d’honneur bafoué, de trahisons et de rebondissements sous forme de mangas

On vous invite à prendre connaissance du 1er article SAMOURAÏ (1)

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