Nina Hagen et la punk attitude

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De tous les courants culturels qui ont agité la jeunesse occidentale de l’après-guerre, le mouvement punk a incontestablement une place à part en raison de sa radicalité.
Mouvement assez bizarre, qui a été à la fois très éphémère dans son expression la plus visible, (en gros de la fin des années 70 au début des années 80), et a surtout concerné la Grande-Bretagne, mais qui a eu, à y regarder de près, des prolongements durables quoique pas toujours évidents.
Sorte de salmigondi philosophico-politique empruntant au nihilisme, au surréalisme, au situationnisme, il prétendait privilégier l’expression brute contre les valeurs établies et les règles en tout genre, prônant l’économie des moyens en réaction contre la société de consommation, mais aussi la liberté individuelle et la responsabilisation.
La visibilité du mouvement punk s’est beaucoup exprimée sur le plan vestimentaire et graphique avec ces gigantesques coiffures colorées, en crête d’Iroquois, rendues rigides par un bain d’eau saturée de sucre, l’apparition des piercings, l’utilisation d’épingles de nourrices ou de lames de rasoir comme bijoux… Ce sont eux, également, qui ont mis à la mode la pratique du tatouage, réservée, jusque-là, essentiellement en milieu carcéral.
Sur le plan musical, leur logique de la marginalité et de la contestation les a conduits à rejeter les formes sophistiquées auxquelles était arrivée la pop music, le rock symphonique des King Crimson, Pink Floyd, Blue Oyster Cult et autres Yes, tout comme le « heavy métal » élaboré et complexe manière Led Zepplin, au profit de musiques simplistes, prétendant dégager une énergie primitive. Ce parti-pris esthétique quasi-suicidaire n’a débouché sur rien de bien durable : qui écoute encore The Clash, les Ramones, ou les Sex Pistols ? A peu près autant que ceux qui écouteront NTM dans dix ans, sans doute… No future !

Mais il y a un domaine où les punks ont souvent été géniaux, c’est dans la dérision de la culture bourgeoise. En voici un exemple célèbre : Nina Hagen dans ses œuvres, brocardant le chant lyrique qu’elle connaissait fort bien, ayant d’abord été une cantatrice classique.

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