Théoriquement la REVUE CONFLIT nous autorise/invite à publier ses articles. Alors en voici un extrait de l’un d’entre eux

Un pétrole difficile à exploiter
Un autre élément important réside dans la nature même du pétrole extrait. Les vastes réserves du Venezuela, notamment dans la ceinture de l’Orénoque, sont constituées pour l’essentiel de bruts très lourds ou extra-lourds, extrêmement denses et visqueux, souvent comparés à du bitume et difficiles à extraire, transporter et raffiner sans mélanges ou installations spécialisées. Ces huiles ont généralement une faible densité API, ce qui les rend moins « lourdes » dans les marchés pétroliers mondiaux et nécessite des procédés coûteux pour les rendre commercialisables. En revanche, le pétrole saoudien est majoritairement composé de bruts légers à moyens, avec des degrés API plus élevés, plus simples à pomper, à transporter et à transformer en carburants standards comme l’essence ou le diesel. Cette différence, pétrole extra-lourd pour le Venezuela versus pétrole plus léger pour l’Arabie saoudite, explique en partie pourquoi l’or noir vénézuélien, malgré des réserves plus importantes, est souvent moins attractif et plus coûteux à valoriser sur les marchés internationaux.
Cette différence de qualité a des conséquences directes sur la rentabilité et la géopolitique énergétique. Le pétrole extra-lourd vénézuélien nécessite des investissements massifs en amont, injection de vapeur, diluants importés, unités de conversion avancées, ainsi que des raffineries spécialisées, comme celles historiquement situées aux États-Unis.
À l’inverse, le brut saoudien peut être exploité à grande échelle avec des coûts d’extraction parmi les plus bas au monde, ce qui confère à Riyad une flexibilité stratégique et une capacité à ajuster rapidement sa production. Pour Caracas, cette dépendance technologique et financière rend le secteur pétrolier particulièrement vulnérable aux sanctions, aux ruptures d’approvisionnement et à l’isolement diplomatique. Ainsi, malgré des réserves supérieures à celles de l’Arabie saoudite, le Venezuela peine à transformer son potentiel pétrolier en un levier économique et politique équivalent sur la scène internationale.
Lectures :7
