Mauvais genres…

J’ai de la peine à comprendre la polémique qui a été soulevée par le fait que l’on enseignerait la théorie du genre à l’école dans les programmes de SVT.
De quoi s’agit-il exactement ?
D’une théorie qui prétend que l’identité sexuelle n’est pas une donnée biologique mais fabriquée par la société. Autrement dit on serait beaucoup plus homme ou femme à cause de son éducation et de son cerveau que par ses chromosomes.

Dans cette affaire deux thèses tout aussi absurdes et radicales s’affrontent : l’une ne veut voir dans l’identité sexuelle que l’effet de la biologie en niant toute forme de construction sociale, et l’autre récuse la biologie et croit pouvoir affirmer que l’identité sexuelle, au delà des organes et des hormones, est fabriquée par l’éducation, la mise en conformité avec des « modèles » masculins et féminins.

Aucune de ces deux thèses extrêmes ne résiste cinq minutes à l’analyse et à l’observation.

Soutenir que  l’identité sexuelle est totalement déterminée et construite biologiquement,  ne fait aucun cas des situations biologiques intermédiaires, voire indéterminées, les hommes efféminés, les femmes masculines et les hermaphrodites (plusieurs milliers par an en France ?), ni de souffrances infinies qu’acceptent certaines personnes pour changer de sexe, tellement elles sont certaines que leur sexe biologique n’est pas conforme à leur genre.

Ensuite, si l’identité sexuelle est strictement biologique on aura du mal à expliquer les orientations sexuelles non conformes au sexe biologique, autrement que par un vice, une perversion choisie par l’homosexuel. La petite expérience des homos que j’ai pu connaître contredit formellement cette approche. Très clairement leur homosexualité n’a pas été un choix mais une nécessité. Aucun ne m’a dit avoir choisi d’être homo, au mieux avaient-ils choisi de l’assumer, c’est tout. Dans la logique de cette approche « biologique », il faudrait donc prouver l’existence de gènes de l’homosexualité dont on n’a, pour l’instant en tous cas, pas trouvé la moindre trace.
Ajoutons à cela que même si un tel gène existait, il en serait comme pour tous les autres gènes, c’est-à-dire un facteur de prédisposition qui ne s’exprimerait que dans des conditions favorables et non un déterminisme prédictif absolu. Or ces « conditions favorables » peuvent être évidemment sociales, éducatives, psychologiques et liées à la personnalité propre de l’individu.

A l’autre extrémité se trouve donc la thèse extrême inverse, cette théorie du genre,  selon laquelle l’identité sexuelle est fabriquée par l’éducation à des rôles sexuels et sexués socialement préétablis, et non par les hormones et les chromosomes.

Thèse toute aussi fausse  si elle rejette la part de déterminisme biologique, mais qui offre l’avantage de pointer du doigt deux éléments-clés du débat.
  • D’abord la spécificité de l’espèce humaine dont la biologie a largement déconnecté la sexualité de la reproduction, ce qui rend l’hétérosexualité moins obligatoire en quelque sorte, et lui attribue des fonctions beaucoup plus larges et affectives.
  • Et ensuite il me semble particulièrement évident que la société fait des efforts considérables pour éduquer les êtres dans le genre qui correspond à leur sexe biologique. Qui peut raisonnablement nier les choix de vêtements, des jeux, des modèles, des lectures, de toute l’éducation à la virilité ou la féminité ?
Mais lorsque Simone de Beauvoir écrivait dans Le deuxième sexe : « on ne naît pas femme on le devient », il m’étonnerait qu’elle ait voulu par là affirmer qu’il n’y aurait aucune part de déterminisme biologique dans l’identité sexuelle. Elle cherchait à faire comprendre comment la société, par dessus ou en prolongement de l’identité sexuelle biologique, fabriquait des modèles de femmes ( et d’hommes) au gré des systèmes familiaux dominants, en particulier du système patriarcal.

L’intérêt d’une telle prise de conscience est évidemment que, puisque l’éducation fabrique tel ou tel type de femme, l’éducation peut en fabriquer d’autres et donc les sortir de leur rôle ingrat, dominé, subordonné, exploité et aliéné dans lequel elles ont été façonnées : les femmes peuvent être  aviateurs, chefs d’entreprise ou soldats. Et il devient alors évident qu’elles avaient été cantonnées dans une identité de genre plus restreinte que ce que l’identité biologique imposait.

L’orientation sexuelle, dans l’affaire, est un sujet différent et qui n’a, au fond, qu’un rapport assez lointain avec ce constat, sinon que l’identité sexuelle pouvant être mouvante, fluctuante, elle peut avoir aussi pour expression l’homosexualité.

Pour autant, nier tout déterminisme biologique dans l’identité sexuelle est une absurdité sans nom que la simple observation confirme tous les jours : garçons et filles, hommes et femmes ne sont pas pareils et ce, dès leur plus jeune âge.

Autrement dit le béotien que je suis, très étonné par l’inanité de cette polémique, se bornera à affirmer une banalité et une évidence : l’homme est un produit de sa nature et de sa culture, de son inné et de son acquis, dans des proportions inconnues mais certainement pas écrasantes ni d’un côté ni de l’autre. Et je ne vois pas pourquoi il en irait différemment de son identité sexuelle.

On a pu lire aussi que cette théorie du genre n’aurait pas à être enseignée en SVT, d’abord parce qu’elle ne serait qu’une théorie, et ensuite parce qu’elle relèverait de la philosophie et non de la science.

Si l’on ne considère comme « sciences » que les sciences dites « dures » (math, physique-chimie et leurs dérivés directs) oui, mais cela ne donne alors ce statut  à aucune science humaine ou sociale, ni la sociologie, ni l’économie, ni l’ethnologie etc….
Que ce soit une « théorie » ne veut pas dire pour autant qu’elle ne soit pas scientifique et considérée comme juste jusqu’à preuve du contraire. C’est le cas par exemple de la théorie du big bang. Ce qui compte, dans la légitimité scientifique d’une théorie, c’est d’avoir été soumise à des vérifications suivant des procédures rationnelles et objectives. Or les recherches sur le gender rentrent tout à fait dans ce cadre, ceux qui prétendent que c’est de l’idéologie et ne reposerait sur rien racontent n’importe quoi et sont mal informés. Les travaux sur la question sont tout à fait sérieux, étayés et d’ailleurs n’ont jamais prétendu que l’éducation façonnait seule l’identité sexuelle.

Une fois de plus on trouve là un lobby catholique obscurantiste, le même qui fait des histoires à propos des cellules-souches. Et il nous faut constater à nouveau que les religions, dans un pays qui se prétend laïc, viennent se mêler des affaires de la société civile.

De quoi elle a peur la Boutin ? Que si on enseigne la théorie du genre à ses enfants ils seront  homo ?

Faudrait savoir : si l’identité sexuelle est déterminée par la biologie, elle n’a rien à craindre !

En outre, il ne faut pas se leurrer, ces gender studies sont complexes et il m’étonnerait que l’on en donne aux élèves beaucoup plus que le simple résumé fourni ici. Evidemment que si « enseigner la théorie du genre » c’est prétendre qu’à la naissance, quel que soit son sexe biologique, on est neutre et que c’est la société qui façonne son identité sexuelle, c’est une absurdité.
Mais on pourrait, me semble-t-il, faire confiance aux profs; et que les élèves sachent que cette théorie existe n’est pas  un mal si cela permet de relativiser un peu, surtout chez les garçons, certains « rôles » sexuels parfois détestables.

41 comments to Mauvais genres…

  • Tall

    Dac avec l’article. Il n’y a pas de gène purement homo. Mais il y a des dosages hormonaux quantifiés par la génétique ( testostérone, etc.. ) qui peuvent créer une +/- forte prédisposition. Et c’est ensuite l’histoire psy de l’individu qui fera que l’individu franchira le pas ou non.
    Quant on voit Amelie Mauresmo par exemple, difficile de nier la prédispo bio.
    Néanmoins, on peut penser que la grande majorité des homos sont + à causalité psy que bio, vu la logique darwinienne qui veut que si une mutation génétique défavorise la reproduction, elle tend à disparaître. Or le % d’homos semble assez stable.
    Enfin, entre pur homo et pur hétéro, il y a toute une gamme de nuances aussi. On peut être hétéro à 100%, comme à 80% ou 50%. Il y a + de bisexuels qu’on le pense, par exemple.
    Bref, toute tentative d’analyse causale dichotomique de la sexualité est à oublier, comme le dit l’article.
    Et c’est bien normal, puisque le fonctionnement cérébral est très sensible à l’expérience vécue, et est aussi sous l’influence d’un paquet d’hormones dont les dosages sont réglés génétiquement.

  • Garcimore

    Bonjour,
    la première fois que j’avais entendu parler de ce truc c’était sur ce fameux site que vous appréciez tant… Il y a quelques mois maintenant.
    Dans cette affaire, je suis perplexe. A la réflexion, je pense que le truc qui me dérange le plus est la chose suivante:
    Comment expliquer que l’on parle de « gender » aujourd’hui? Plus précisément, comment se fait-il que cette problématique, ces « théories » inconnues de l’écrasante majorité d’entre nous arrivent dans les livres scolaires sans que nous n’ayons jamais vu, entendu ou lu quoique ce soit sur le sujet. Encore une fois, je parle de l’écrasante majorité, j’imagine bien que sociologues, psys, religieux(?) ou ceux intéressés par le sujet par simple curiosité ou par nécessité personnelle se soient déjà penchés là-dessus.
    Est-il logique, normal, sain(?) que ce type de problème arrive dans les médias et donc devienne un sujet public de réflexion APRES que cela ait été imposé dans les programmes scolaires?
    Je suis perplexe.
    Quelqu’un a-t-il d’ailleurs connaissance du contenu précis des bouquins scolaires qui abordent le sujet? Il me semble que cela devrait être intéressant. Comment est présenté le sujet?

    Mode caricature ON.
    Accessoirement, on n’a pas fini de se poser des questions! Dans vingt ans il faudra se pencher sur le problème suivant: Ces futurs parents que sont ces élèves d’aujourd’hui, confortés par leurs connaissances, habilleront donc naturellement en robe et feront jouer à la poupée leur petit garçon se sentant plus « fille » que « garçon » afin que leur progéniture ne se torture pas trop les méninges. D’ailleurs pourront-ils l’émasculer? Ce serait presque logique pour parfaire le tableau.
    Enfin, que se passerait-il si à l’adolescence, le petit garçon se sentant fille décide dans un mouvement de révolte contre ses parents de « redevenir » garçon? Ce serait pervers…
    La génération LOL n’est pas sorti de l’auberge!
    Mode caricature OFF.
    Mode humour ON.
    La photo de l’article vient-elle de la vidéo surveillance d’un certain Sofitel new-yorkais?
    Mode tout OFF

    Salut.

    • D. Furtif

      Bonjour Garcimore
      Êtes-vous ce Garcimore là

      • Garcimore

        D.Furtif
        Je viens de vous envoyer un mail en réponse au votre qui m’est arrivé dans ma boite mail. Visiblement, j’ai bien fait.
        Il répond à votre question.
        Donc pour les lecteurs, non, je ne suis cet autre Garcimore.
        Moi, je suis le vrai…
        D.Furtif ne manquera pas de vous le confirmer après lecture de mon petit mail…

        • D. Furtif

          Neffectivement Garcimore Y a pas de lézard.
          J’invite d’ailleurs tous les nouveaux intervenants à faire de même.
          Bienvenue chez nous

    • yohan

      D’après ce que je sais, ce sont les féministes qui ont lancé l’affaire.
      J’ai eu récemment un travail d’édition à faire en lien avec ce sujet et j’ai eu affaire à une belle brochette de féministes qui n’ont pas arrêté de s’écharper autour des définitions. Preuve qu’elles marchent sur des oeufs

  • AGNNP

    Franchement, cela vous etonne que ce soit les réacs qui lèvent les boucliers ?
    Encore une fois, SI ce champs n’avait pas été laissé a eux seuls, il en seraient différament.
    J’ai pas de gosse, mais si jamais j’apprendrais que mon gosse se fassent bourrer le mou, selon les « isme » d’une ou d’un enseignant, en utilisant cette confusion de genre introduite dans les cours , et bein, cela va choquer = J’aurais envie de sortir le 12, pour remettre les pendule à l’heure, sans me perdre dans des débats qui n’en finissent plus, à coups de Bonobo, de Guppys et je ne sais quel genre biologique, pour justifier tout et n’importe quoi.
    Je serais enseignant pédophile, je ne pourais que fourbement encourager ce genre de confusion.
    Voilà un bel outil pour bien destabiliser une gamine ou un gamains selon SES orientations et lui imposer ou lui faire subir !
    Mais encore une fois les adultes préfèrent leurs débats et préférence  » de gosses mal cuits » …

    C’est pourtant évident , c’est une porte ouverte pour chaque particulrismes ( qui doit être respecté, ne serais que par la comprhension scientifique et sociale) passe pour une généralité.

    Bon sang de bonsoir = dans science naturelles, quand on est gosse, il quelque chose de « fixé » on prend pour argent comptant, vu que c’est la « nature » , alors mettre ces théories dans ce foureau… ma foi…

    Ayant passé 6 ans d’école chez les Jesuites, parfois, je me dit que je rêves!

    Jamais , dans mon établissement, ( externat St Joseph à Lyon), je dis bien JAMAIS la confusion n’a été entrenue entre le religieux ( Créationnisme et autre fadaise) et le reste !

    Et faut attendre 2011 et les établissement publics pour ce qui ils se seraient pas permis, le soit !

    Si ils avaient introduit dans les cours de sciences naturelles un entrisme religieux ou autre cela aurait fait très justement scandale et auraient du être combattu. (perso j’était dispensé d’éducation religieuse, comme « hérétique » mais sans blâmes).

    Et au nom de la science!

    Et bé…

  • Léon

    Ce post mélange tout et n’importe quoi. Que vient faire la pédophilie là-dedans ? Enseigner l’existence d’une théorie n’est pas non plus vouloir en pervertir des gosses. Qu’allez-vous dire alors de l’enseignement sur la psychanalyse freudienne, laquelle prétend qu’on a tous un fantasme inconscient de coucher avec sa mère et de vouloir tuer son père ? Vous sortez le 12 là aussi? Enseigner une théorie, n’est pas obliger ceux à qui on l’enseigne à l’adopter.

  • Lapa

    Merci pour cet article Leon. Pas facile d’y voir clair effectivement les deux thèses sont évidemment fausses et justes dans l’absolu. Néanmoins il serait possible d’avoir le passage exact incriminé dans le manuel? Il m’avait semblé (mais je suis assez distant de tous ces fatras mediatiques) que justement le paragraphe disait « qu’on ne naissait pas garçon fille » ou un truc du genre. Encore une fois, ce ne sont que des reports. Je n’ai pas le texte exact à ma connaissance; et peu de commentateurs ou de journalistes font l’effort a priori de l’inclure dans leurs papiers.

    je rebondis sur la différence entre les sciences dures et les sciences « molles » 😉
    les sciences dures prouvent leur théories en utilisant l’outil mathématique qui par essence est totalement neutre.
    la science humaine est plus sujette à subjectivité et à une emprise idéologique. Ses explications et théories sont plus souvent sujettes à revirement et à des écoles qui s’affrontent.
    En sciences dures, tout est prouvé et démontrable par un processus transparent répétable indéfiniment. On revient jamais en arrière. Par exemple; la théorie de la gravitation s’est avérée fausse (ou du moins plus suffisamment précise) et a été complétée par celle de la relativité sans la remettre en cause dans ses applications et hypothèses de départ (référentiels…etc… dans les lois de Newton). tout ce qui reste dans le domaine de l’expectative et n’est pas un acquis est totalement sujet à caution. La théorie du big bang s’affine, mais elle évolue en fonction de nos connaissances et de toute façon n’est pas une loi qui régente notre vie, comme celle justement de la gravitation ou de l’électromagnétisme…. (le référentiel temps étant trop important pour notre échelle).
    Les sciences dures donnent des lois qui sont exactes si les conditions initiales sont respectées.
    L’être humain est plus complexe qu’une équation, surtout en société, les sciences humaines en restent donc aux théories qui sont plus variables.

  • Lapa

    sinon pour l’illustration c’est la reconstitution de l’affaire du sofitel? 😀

  • Léon

    Il est rare que je me fasse des compliments mais j’avais cette image depuis longtemps en réserve, me demandant quand je pourrais l’utiliser, je trouve que pour cet article elle est vraiment super, non ?

    • Tall

      Je n’ai rien dit, car je ne suis pas du genre complimenteur, mais je l’ai trouvée excellente aussi 😀

    • Tall

      A ce propos, j’ignore si WordPress permet d’implémenter des votes sur les posts/articles, mais si c’est possible, ce serait bien car on a un meilleur « return » du sentiment collectif.
      Ici, beaucoup de chose peuvent être écrites et appréciées/dépréciées sans que l’auteur des lignes n’en sache rien. Ce qui peut créer une fausse impression d’indifférence aussi.

      • Léon

        Cette possibilité existe il suffit de télécharger un plugin pour ça. On y a déjà réfléchi et abandonné l’idée qui ne nous semble pas dans l’esprit de Disons.

      • Tall

        Oui, je comprends. Eviter les compét’ d’égo puériles, voire malsaines.
        D’un autre côté, dans le réel, on a au moins le visage de l’interlocuteur qui réagit à ce qu’on dit.
        Ici, à moins d’une réponse directe, on ne sait rien. Et c’est parfois un peu embêtant.

        Par exemple, la photo avec le bébé et la cuillère, je l’ai trouvée excellente, et je suis sûr que d’autres aussi.
        Mais je n’ai pas pu l’exprimer, à moins d’écrire : Oooooh ! la belle photoooo !
        Mais ça fait un peu cucu-la-praline quand même surtout si ça se répète … tu vois ce que je veux dire ?

        Il y a des médias où on ne peut voter que positivement dans les forums.
        Ca a l’air de marcher … d’ailleurs ta proposition de classement best-of des articles, ça va un peu dans ce sens quand même.

        Et puis c’est réversible aussi, non ? Si ça foire, tu peux arrêter le truc, je suppose …

        Bon, je te laisse réfléchir.

        a +

    • AGNNP

      Pas d’accord, là-dessus Léon!

      c’est encore salir, une image, ma foi, bien innocente … et l’enfance, avec les miasmes des adultes.
      😥

  • AGNNP

    Léon = dans la case  » science naturelle »!
    Ce qui fait toute la différence!

    dans les autre case pas de problèmes!

    ben, corrigez moi Léon, mais il me semble que la psychanalyse n’ai jamais été abordée dans les  » science naturelles » ? non ?

    Un peu que j’aurais sorti la fourche, le 12 ! dans ce cas! acré!

    Pour le pédophiles, Léon, sauf votre respect, j’en connais un sacré bout, et pas apr des dicussions de café de flore, et je m’en serait bien passé, et pourrais vous faire rentrez dans des abymes si je devellopais les « outils » utilisé par les impétrants.

    Et la je reviens a la metaphore de la  » caisse à outils ».

     » de enseigner à adopter ».
    c’est là que le bât blesse, mettre l’ourtils dans la mauvaise caisse et pretendre qu’il ne servira pas ! faut être sacrément naîf!

  • Léon

    Le cours d’éducation sexuelle fait partie de l’enseignement en SVT. C’est un prolongement qui me semble logique.

  • Léon

    Lapa, si j’ai bien compris c’est surtout le manuel de chez Hachette qui est incriminé. Faut chercher dans ces pages.
    Il semble qui ce qui est critiqué, c’est que cette théorie ne soit pas présentée comme un « théorie » mais comme une donnée scientifique établie et prouvée. Je n’ai pas eu le temps de voir.

  • AGNNP

    je viens de lire vite fait le manuel

    Impossible de savoir dans le chapitre  » genre »

    Nulle part il est précisé que c’est une théorie en tant que telle, et si on s’en tient qu’à cette lecture , il est insoupçonnable ( à moins de connaitre avant) que ce sont ( ?) les théories  » gender » derrière.

    le mot « concept » est seul utilisé, le seul qui puisse introduire entre un fait  » de science » et une théorie, non ? ( entre le mou et le dur).
    la page concernée

    Vais faire mon grincheux, le chapitre sur Simone Veil, on ne peut qu’applaudir des mains et des pieds! ( et deux fois!)

    Mais, est-ce bien sa place ?

    • COLRE

      « Nulle part il est précisé que c’est une théorie en tant que telle »… mais pas plus tout ce qui est traité dans un manuel d’histoire, de géographie, de biologie ou d’astrophysique !
      TOUT est théorie, pour peu que l’acquisition des connaissances s’inscrive dans une démarche méthodique, et pour faire simple : scientifique.
      On ne va quand même pas écrire « théorie » toutes les 3 phrases… 😉
      Le darwinisme est une théorie, l’hominitude de l’Homme de Néandertal est une théorie de même que la position phylogénétique de « Lucy », la disparition des dinosaures est une théorie, le Big Bang est une théorie, la matière noire est une théorie, la vie sur Mars est une théorie, la marxisme est une théorie, le structuralisme est une théorie… etc etc etc.

      Les recherches sur la construction du genre relèvent tout aussi bien de théories, non pas pour savoir si le genre se construit ou non par des phénomènes environnementaux et culturels, ça, c’est une évidence dont personne de sérieux ne doute, mais pour découvrir la part respective de tous ces critères et le(s) mécanisme(s) en jeu.

      Ce sont des recherches complexes car à l’interface de domaines transdisiplinaires : la génétique, la biologie, la psychologie (cognitive, clinique…), les neurosciences, la médecine, la sociologie…
      La théorie du genre, ce n’est pas une théorie, mais un champ théorique et il serait tout de même utile que son existence scientifique soit inscrit dans les programmes scolaires, au même titre que les théories de l’évolution, même si ça choque les bigots.

  • Léon

    Bien vu COLRE. Bon éclaircissement.

  • Léon

    Je suppose qu’il a voulu dire « théorie peu étayée ou pas étayée », mais ça il n’en sait rien.

  • Lapa

    bon j’ai rien trouvé de transcendant. Je ne sais pas pour quelle classe c’est ce manuel mais c’est vraiment bordélique, avec des extraits de sources diverses pour parfois seul texte. depuis la psychiatrie pour adultes à un discours de catholique, des affiches, des schémas du coq à l’âne.

    moi ça me fait l’effet d’un gigantesque patchwork de théories et d’opinions et moins de connaissances dans lequel il serait difficile de comprendre quoi que ce soit. je plains un peu les élèves, je ne trouve pas ces manuels de qualité. (ronchon off)

  • Léon

    En principe c’est un manuel de première, je crois. Oh mais Lapa, vous semblez découvrir ce qui est devenu la norme dans les manuels scolaires, sur instructions ministérielles, et à peu près dans toutes les matières…

  • D. Furtif

    Bon je vais essayer de vous dire simplement ce que mon gros blair me susurre.
    L’aspect technico philosophico scientifique de la querelle et l’invitation à débattre là dessus , n’est qu’un leurre.( Merci Paul 5)
    Le fond du truc , est assez ancien , il remonte aux années 70 avec le rassemblement des droites sur une ligne intégro catho au moment des lois sur la contraception et suivantes sur l’avortement.
    Aujourd’hui ces gens là avancent masqués, ils utilisent les créationnistes pour le vocabulaire et la poudre yeux et, pour les troupes sur le terrain, nous les verrons dans peu de temps.
    Imaginez vous que des gens continuant à se battre pour imposer le foulard à l’école , pour supprimer la mixité en Sport et pour refondre les programmes de Sciences Naturelles, puissent accepter de tels manuels avec de telles illustrations. C’est , selon mon intuition seulement , le vrai motif de tout ce pataquès

  • Léon

    P’têt bien…

  • Causette

    Il a un gros blair, Furtif? 😆
    Avec cette histoire on peut repérer « nos » petits conservateurs. Au fait il n’y a pas de gens de gauche pour les soutenir? ou ils se taisent…

    Taper: théorie du genre sur google… et les cloches sonnent! :mrgreen:

    La lettre est notamment signée par Christian Vanneste, Lionnel Luca et Jacques Myard, fondateurs du collectif de la Droite populaire, Bernard Debré, Eric Raoult et Hervé Mariton.

    Vanneste prof à Tourcoing 😆

  • D. Furtif

    Je viens de tomber sur un excellent article de Pascal Picq dans le Monde du 3 Septembre
    Contrairement à mon habitude je ne peux que vous inviter à aller le lire et en faire l’archive car il est appelé à disparaitre en ligne
    Je vous en donne le lien et le titre = Le sexe n’est pas que construction

  • Léon

    Furtif, tu me désespères: je donne le lien vers cet article… 😈  » On peut donner le lien vers cet article »

  • Léon

    Tu seras privé de dessert et de sortie chez Maboulvox

  • Aria

    Hello everybody ! (théorie de l’assassinat de la langue française;-))))))

    Pourquoi soulever la question de l’évocation du genre aujourd’hui ? Cette démarche s’inscrit dans le recul du féminisme, le triomphalisme et l’activisme des mouvements cathos contre l’avortement, les volontés politiques de toutes tendances de renvoyer les femmes à la maison faire des marmots pour résorber le chomage, redonner aux machos leurs territoires perdus, faire un clin d’oeil aux créationnistes et à leur bon dieu, faire plaisir aux élèves qui insultent et agressent les profs avec le soutien de leurs géniteurs quand les enseignements les fâchent parce qu’ils sont contraires à leur religion, etc.

    Conclusion: cette polémique sur le genre n’est que le sommet de la réaction patriarcale (encore une théorie;-))))