Mémoires d’un pilote de Bob Acrobatique

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Chroniques du  Disonné siphonné à Sotchi par l’envoyé spécial Ranta

Ranta à la neige

Ranta à la neige

Jeux divers 

__ L’ÉQUIPE DE FRANCE DE BOBSLEIGH CROSS ACROBATIQUE ÉLIMINÉE EN 1/4 DE FINALE.

L’une des meilleurs chances de médaille Française vient littéralement d’exploser en vol après l’élimination de l’équipe de Bobsleigh acrobatique. Archi favoris de la compétition la déception est vive du côté du clan Français.

Nous vous invitons à suivre le récit avec son pilote principal, James Tardivel, qui explique les raisons de cet échec, parlant en son nom et celui de son copilote, Jean-Marc Bracanne, dit JM, en réanimation intensive à l’hôpital de Sotchi.

Equipe de France

___ UN EXCÈS DE CONFIANCE ?

« Non, absolument pas » évacue rapidement James Tardivel,

 » On était bien parti, en tête au bout de 17 mètres de course« . Devançant de 3 centimètres l’équipe Américaine, de 4 celle des Espagnol et de 5 celle des Anglais, alors que les Ougandais et les Sénégalais, futurs finaliste, hésitants à se lancer étaient encore dans le portillon de départ.

 « On n’avait plus qu’à gérer tranquillement les 4727 mètres restants «  ajoute-t-il, expliquant comment après avoir parfaitement négociés l’entrée du half-pipe tout a brutalement basculé

« C’est con ! à la sortie du half-pipe personne n’avait encore tenté cette figure. C’est ballot, c’est un peu de ma faute aussi » déclare-t’il.

« J’avais parié une nuit de folie avec Rachida Morano si je réussissais cette figure «  et de préciser avec une moue gourmande « Avec  le haut de combinaison de bobsleigheur et mon casque sur la tête ».

 

__ UN COPILOTE DÉBOUSSOLÉ

Précisant que malheureusement il allait devoir employer des termes techniques James poursuit

 » Pour comprendre, il faut tout d’abord savoir que le Half est un grand virage à gauche et qu’en sortie on est à 90° par rapport à l’axe de la piste. Normalement on se remet dans l’axe pour enclencher immédiatement sur le grand à droite qui suit la sortie du Half et qui débouche sur le premier tremplin de 75 mètres ».

Cherchant dans ses souvenirs il continue

 » Sauf que là on avait décidé de shunter ( vocabulaire emprunté à l’électro-bobsleigh) cette partie, à cause du pari, et de rejoindre directement l’entrée du tunnel souterrain qui mène ,lui, au grand tremplin de 95 mètres ».

[…Il faut savoir qu’au Bob cross acrobatique , on choisit son parcours…..]

Agité de tremblements caractéristiques d’une peur rétroactive James Tardivel nous détaille la manœuvre

« Alors en sortie du half j’annonce comme prévu 360 droite, puis ressource, bascule 180 gauche . Dans notre jargon ça signifie une rotation de b360 degrés sur un axe de gauche à droite, puis une montée en basculant sur l’axe  à gauche ( en fait ça veut pas dire grand chose mais c’était juste pour éviter le tremplin de 75mètres ). Parce qu’on communique beaucoup pendant la course, faut savoir que JM ne voit rien derrière. Moi non plus, je ne vois pas grand chose mais c’est parce que je ferme les yeux, c’est autre chose ! Donc on communique, car si moi je m’occupe  du manche, JM s’occupe lui des dérives ».

Toujours agité de tremblements il poursuit péniblement

 » C’est une manoeuvre classique normalement, comme on est à 90° je balance à fond en butée le manche à gauche pendant que j’écrase à fond la pédale de gouvernail droite et que JM actionne la dérive » Tremblant de plus en plus il articule difficilement

« Et là rien ! Rien du tout ! Le bob a filé tout droit tout en effectuant un demi-tonneau comme j’avais basculé à fond le manche. Tout va très vite vous savez, on n’a pas vraiment le temps de réfléchir ». Tout en déglutissant il se remémore  » j’ai vite compris que ça n’allait pas, j’ai d’abord pensé à un problème technique, un patin mal ajusté par exemple. Puis d’un seul coup j’ai compris ! »

Hochant la tête James lâche l’explication

 » Depuis le début de la saison JM souffrait de désorientation spatiale » 

« Ce qui l’amenait à confondre sa droite et sa gauche » …. « Bien sûr, on n’avait rien dit au staff médical de la compétition. Comment espérer qu’un pilote de bobsleigh acrobatique garde sa licence de pilotage dans ces conditions ? » .

__ UN BOBSLEIGH A LA DERIVE

La suite il s’en souvient dans les moindres détails;

« Alors j’ai compris, lorsque j’ai dit 360 droite … il a fait 360 gauche, c’est pour ça que le bob a filé tout droit, et comme j’avais balancé le manche à fond on s’est retrouvé à l’envers sur sur le dos ! » La voix pleine de remords James confesse « J’ai mal réagi, on est pourtant sévèrement entraîné, j’ai brutalement cessé d’écraser la pédale de profondeur ce qui a eu comme effet d’engager le bob dans une vrille inversée.  « James se souvient avoir hurlé dans l’intercom « Pédale, pédale, pédale«  et avoue n’avoir toujours pas compris la réponse de JM.

 » PD toi-même, je t’emmerde connard !. «  s’est- il entendu répondre.

Incompréhension partagée par le directeur technique Français de bobsleigh cross acrobatique Daniel Lévy confirmant les dires de James.

M. Lévy ajoutant même

« Au PC course on reçoit les communications en temps réel des pilotes, et on n’a franchement rien compris à cette réplique de JM ». Réplique suivie immédiatement par un triple tonitruant « mayday, mayday, mayday !   Daniel Lévy nous confie  qu’au PC course ils ont vite compris que ça allait mal, et ce « mayday mayday, mayday ! puis « éjection, éjection, éjection,  nous  a totalement déstabilisé » tient-il à préciser.

LA TECHNOLOGIE FRANÇAISE A L’HONNEUR

Néanmoins Daniel Lévy, le DTN, se dit très satisfait du fonctionnement du siège éjectable de conception Française

« On a eu raison de faire confiance au consortium Français (spécialement créé pour l’occasion NDLR) « Éjecte-toisanscrainte », le siège a parfaitement fonctionné ».

Déplorant néanmoins la suite « Dommage que lorsque JM s’est éjecté le Bobsleigh ait été sur le dos et à un mètre cinquante seulement au dessus de la piste » …. « Enfin, c’est comme ça, c’est un sport à risques » conclut-il, précisant tout de même » il faut attendre de retrouver les boites noires du bobsleigh avant de se prononcer définitivement. »

UNE TENTATIVE DÉSESPÉRÉE

Quant à James il explique les raisons qui l’ont poussé à rester à bord du Bobsleigh

 » Je voulais sauver le Bob. Depuis le début de la saison on en avait pulvérisé 27 et la fédération nous avait laissé entendre que le prochain on le payerait » puis rassemblant ses souvenirs, d’une mine dépitée il confie « Pendant un instant j’ai bien cru y parvenir, j’avais rétabli le bobsleigh lorsque je suis arrivé un poil trop haut au tunnel ! »

continuant, visiblement éprouvé,

 » J’ai pensé alors à mon père, décoré de la plus haute distinction de la SNCF et classé meilleur cheminot de France de tous les temps pour n’avoir jamais raté un tunnel en 50 ans d’activité« .

Rempli d’une fierté toute légitime il raconte sa dernière tentative. Tentative désespérée à l’écouter

 » En pensant à papa j’ai eu la conviction qu’il aurait refusé de louper le tunnel, alors j’ai tiré à fond sur le manche, entamé une violente ressource en chandelle spiralée. Je venais de basculer sur ma gauche et m’apprêtais à me réaxer lorsque j’ai percuté un  des pylones du télésiège jouxtant la piste ! » et d’ajouter dégoûté « Putain !, seulement 327 mètres de course, fait chier, merde ! »
Après quelques secondes de silence James nous confie « là, je m’en veux un peu. Pendant les repérages on avait pas porté attention à ce pylone. En même temps, lorsque l’on est dans un tunnel ce n’est pas évident de repérer ce qui est à l’extérieur » mais se reprenant immédiatement il promet « c’est Les vainqueursune bonne leçon pour la suite ».

MINCE LOT DE CONSOLATION POUR LES FRANÇAIS, AIGREURS NON

***DISSIMULÉES AUX  AUTRES ÉQUIPAGES***

Néanmoins et malgré leur élimination l’équipe Française peut se targuer d’avoir obtenu la plus haute note artistique jamais accordée par un jury, toutes compétitions confondues. M.Bernt Zimmermann, président du jury ne tarit pas d’éloges « On n’avait jamais vu ça ! » s’exclame-t-il enthousiaste.  » Il n’y a que les Français pour imaginer, et oser de telles figures. En 77 ans de participation en tant que jury je croyais avoir tout vu mais ça…. Ça c’est Wunderbar ! »

Quant aux autre équipages percutés par les débris du bobsleigh Français leurs réactions sont plus mitigées, hormis celui l’Italien qui a porté réclamation contre les commissaires de piste, leur reprochant*** d’avoir omis de signaler une plaque de glace*** qui a provoqué leur tête à queue les propulsant dans les filets de sécurité ( Réclamation qui a peu de chance d’aboutir selon nos sources NDLR) L’équipage Américains se contentant d’un « FF » ce qui semble signifier « fucking frenchies ». Les Allemands, eux, déplorent la qualité de leurs logiciels embarqués en soulignant que bien qu’ayant activé les contre-mesures électroniques ces dernières se sont avérées incapables de leurrer et éviter le choc avec les débris du bobsleigh Français.

Les autres équipages n’ayant pas tenu à s’exprimer, s’en étant tenu à un doigt d’honneur collectif, nous attendons impatiemment que les deux derniers équipages sains et saufs, celui des Ougandais et celui des Sénégalais, bien qu’il soient en course depuis 3 heures, 27 minutes, et 34 seconde 3 dixièmes (établissant par là même un nouveau record sur cette piste de 4744 mètres NDLR) franchissent la lignes d’arrivée pour recueillir leurs impressions, tout en imaginant leurs têtes lorsqu’ils apprendront qu’ils sont directement qualifiés pour la finale. Un véritable exploit pour une première participation de ces deux sympathiques équipes.

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