Tunisie, où en sommes-nous? Quel gouvernement? -1

Pour répondre à un malaise personnel, je suis allé à la recherche de renseignements. Les évènements étant allés si vite, il m’est apparu nécessaire de mettre en forme de récapitulation  la succession des faits afin de mieux comprendre ceux qui restent à venir.

Comment, alors que depuis des années, l’élève modèle du FMI faisait l’admiration de tous, de DSK à Seguin, de Washington à Paris, le rêve  de la mondialisation libérale s’est-il transformé en cauchemar ? Comment ?

Le 17 décembre

La police saisit la marchandise d’un jeune vendeur ambulant. C’en est trop celui-ci s’immole par le feu. Le 19 et le 20 décembre la ville de Sidi Bouzid est le cadre de violents affrontements opposant la police à la jeunesse. Ils se poursuivront jusqu’à la fin décembre.

Du 3 au 10 janvier

Les manifestations tournant à l’émeute s’étendent à Kasserine, Thal et Regued. C’en est assez  de la précarité, du chômage de la hausse massive des prix. La lutte contre l’oppression policière soude les manifestants

« De l’eau, du pain, pas de Ben Ali »

Le 10 janvier

Ben Ali dénonce « les actes terroristes perpétués par des voyous cagoulés » Le mouvement de protestation s’étend à d’autres villes et de nouvelles couches de la société tunisienne se mêlent aux manifestant

Le 12 janvier

Le ministre de l’intérieur autorise ( donne l’ordre) de tirer. On compte des dizaines de morts, des milliers d’arrestations. Les affrontements se poursuivent malgré le couvre-feu , ils gagnent la banlieue de Tunis.

« Du pain de l’eau pas de Ben Ali »

La jeunesse, les travailleurs sous leurs banderoles syndicales, les avocats en robe, les médecins , les mères de famille, les chômeurs, les commerçants, tous se retrouvent dans la rue. À Sfax c’est l’UGTT qui appelle à une manifestation qui regroupe 30 000 personnes. Les entreprises sont arrêtées. On assiste dans les quartiers à la mise en place des premiers comités de protection contre les violences policières.

Le 13 janvier

Ben Ali à la télévision s’engage à quitter le pouvoir….Ouffff …en 2014 !

Il limoge quelques ministres fusibles et ordonne parait-il la fin des tirs. Un bémol curieux il écarte le chef d’état major des armées de terre qui a refusé de  joindre l’armée aux forces de répression.

Le 14 janvier.

Partout en Tunisie , par dizaines de milliers «  Ben Ali dehors » La police continue à tirer. Les premiers soldats qui apparaissent sont acclamés par la foule qui se range derrière eux pour se protéger des tirs de la police. Les premières fraternisations ont lieu.

À 17 heures on apprend que Ben Ali a quitté le pays avec tout son clan et son or ,et que  le premier ministre Ghannouchi  du RCD se propose d’endosser sans gêne son costume.

Washington commence à critiquer Ben Ali

On apprend que les généraux lui ont indiqué le chemin de l’aéroport

Les émeutes se poursuivent pendant la nuit , les propriétés des Ben Ali Trabelsi  sont pillées. Des groupes de policiers en armes se vengent sur la population en semant la terreur.

Le 15 janvier

L’armée commence à se déployer et à s’opposer aux milices de Ben Ali. Le peuple salue ce soutien et dans les quartiers organise des comités de défense des citoyens. Seulement armés de bâtons et de haches ils ne reculent pas devant la sauvagerie des milices armées.

On apprend que le premier ministre nommé président la veille est déjà démis, le président du Parlement Foued Mebaza est porté à l’intérim.

Ghannouchi se lance dans la politique en proposant un gouvernement d’union nationale ( qui bien évidemment le comprendrait lui et le RCD de Ben Ali)

Le 16 janvier

Le nouveau « pouvoir »  reçoit la centrale syndicale UGTT et les trois partis dits d’opposition

PDP, FDTL et Ettajdid

(tolérés du temps de la dictature Ben Ali)

Le 17 janvier

On annonce la constitution d’un gouvernement d’union nationale pendant que les manifestations se poursuivent. Un rassemblement hétéroclite

Des ministres du RCD de Ben Ali

Des représentants de l’opposition tolérée par le dictateur

Des personnalités civiles

Trois proches ou membres de l’UGTT

Le soir les manifestants exigent «  Dissolution du RCD » Pas question de conserver au pouvoir le ministre de l’intérieur qui a fait tirer sur la foule

Dans tous le pays viennent de protestations contre les membres de l’UGTT qui se prêtent à cette mascarade

Le 18 janvier vers 13 heures

Une séance extraordinaire de la direction  de la direction nationale de l’UGTT déclare.

«  Ce gouvernement n’est pas le nôtre »

Personne au gouvernement ne peut se prétendre lié ou appartenant à l’UGTT

Une heure plus tard les trois ministres visés démissionnent

Vers 17 heures c’est au tour du Forum démocratique pour le travail et les libertés FDLT de suspendre sa participation à ce gouvernement.

Le parti Ettajddid menace lui d’en faire autant.

Le RCD de Beb Ali va-t-il se retrouver seul ?

Le président par intérim ( précédemment président du parlement) et le premier ministre quittent le RCD.

Vers 18 heures l’agence Standard and Poors menace de baisser la note de la Tunisie, les fées de Wall Street commencent à se pencher sur le berceau de la révolution tunisienne. Regrettant  l’instabilité et …la crise …finances publiques…etc …

À  Tunis et ailleurs les manifestations continuent

«  Le dictateur est tombé , pas la dictature »

La police du nouveau gouvernement tente de disperser la foule à coups de gaz lacrymogènes et de matraques

Le 19 janvier

Des manifestations sont prévues pour aujourd’hui


Honneur au courageux peuple tunisien

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