Mais que se passe-t-il donc en Espagne ?

1. Le contexte : une crise spécifique et de grande ampleur.

La crise des subprimes américaine a touché une Espagne, elle même engagée dans une bulle immobilière exceptionnelle par son ampleur.

Ce qui s’est passé en Espagne est effarant lorsqu’on a les chiffre sous les yeux : entre 1995 et 2007 le prix moyen de l’immobilier espagnol s’est accru de 91 % , la dette à long terme ( jusqu’à 50 ans) des ménages a augmenté entre 2001 et 2005 de 25 % par an, encouragée par des mesures fiscales incitatives à l’accession à la propriété, mais 97 % de ces prêts immobiliers étaient à taux variables. Il a donc suffit que les banques espagnoles qui détenaient des créances « toxiques » américaines révisent leurs taux à la hausse pour compenser leurs pertes d’actifs et l’augmentation de leurs propres taux pour se refinancer, pour que tout le système s’effondre.

L’Espagne, en effet présentait une autre caractéristique qui la rendait particulièrement vulnérable à l’effondrement de l’immobilier, ce secteur constituait la base de sa croissance avec 9,5 % du PIB en 2007. Cette crise immobilière a donc eu des effets désastreux : des millions de logements sont vides ou ne se vendent pas, les programmes de construction sont arrêtés, les ménages confrontés à la hausse brutale de leurs mensualités de crédit ne peuvent plus payer et de ce fait les banques encaissent des pertes d’actifs considérables ; ainsi en Août 2010 elles ont accumulé 102,5 milliards d’euros de créances douteuses, (un record depuis 15 ans ), qui représentent désormais presque 6% du total des créances contre 1 % en 2007. Portant, de l’avis des spécialistes, la bulle immobilière ne s’est pas encore totalement dégonflée, car malgré cela les prix des logements n’ont baissé que de 15 % depuis le début de son éclatement, ce qui est certainement très insuffisant (aux USA par exemple, c’est 30 % en moyenne).

Bien entendu, ceci a eu une série de conséquences en cascade : faillites de promoteurs, d’entreprises de bâtiment qui étaient de gros employeurs, donc augmentation directe, massive, du chômage, puis indirecte par contraction des autres activités( avec une autre particularité de l’Espagne c’est que le tiers des contrats de travail y sont en CCD).

Autre conséquence, une diminution des rentrés fiscales et sociales, ce qui donne à l’Espagne, en valeur absolue, le 2e plus gros déficit budgétaire du monde après celui des USA, il atteint plus de 11 % du PIB et la dette publique représente 55 % du PIB.

Cette situation de crise très difficile a conduit le gouvernement Zapattero à prendre deux séries de mesures d’austérité, en janvier puis en mai 2010. Des mesures très classiques comme le recul de l’âge de la retraite de 65 à 67 ans, la diminution des salaires des fonctionnaires, le gel des retraites, la suppression de la prime de 2700 euros à la naissance, des aides au développement, la réduction des investissements publics mais aussi des mesures de lutte contre le travail au noir. Les objectifs sont extravagants, il s’agirait de faire passer le déficit public de 11,2 % du PIB à 3 % en 2013, c’est un plan d’économies de 50 milliards d’euros.
Bien entendu, de telles mesures ont, classiquement, un effet encore pire sur l’emploi : le chômage atteint en mars 2011 presque 21 % de la population active, mais surtout, 45 % des chômeurs ont moins de 25 ans…. ( contre 20% par exemple en France ) Il s’agit d’un record dans l’OCDE !

2. La révolte des jeunes

Touchés très brutalement par le chômage, (diplômés ou pas, d’ailleurs), les jeunes vivent massivement une vie anormale : obligés de retourner chez leurs parents, de se faire entretenir par eux, ils ne peuvent travailler, fonder une famille et sont obligés de se livrer à tous les expédients possibles pour survivre, les petits boulots au noir, les combines, les petits commerces comme dans les pays sous-développés…  Alors la jeunesse espagnole a fini par prendre le mors aux dents.

Au sein de l’université, au mois d’avril s’est créée une plateforme intitulée « Democracia real ya », un mouvement de protestation à la fois contre les conséquences de la crise et les mesures d’austérité, accompagné d’une remise en cause de la classe politique plombée dans quelques affaires de corruption au niveau immobilier.

Ce mouvement qui a été déclenché comme les révolutions arabes par l’usage des réseaux sociaux prend un peu la même forme : occupation massive des places principales des grandes villes. Les manifestants s’intitulent « les indignés » et ont rédigé un certain nombre de textes qu’ils espèrent fondateurs d’une nouvelle démocratie.
Ce mouvement d’occupation commencé le 15 mai s’étend. D’autres catégories de la population touchées par la crise se joignent aux étudiants. Malgré l’interdiction de principe de manifestations la veille et le jour d’élections, ce jour de 22 mai où doivent avoir lieu des élections locales, le mouvement s’étend encore, les images sont impressionnantes.

Il y a des tentatives, actuellement, toujours par l’intermédiaire des réseaux sociaux, de l’exporter, notamment en Belgique et en France.

Oui, n’en doutons pas il se passe quelque chose en Espagne. Peut-être quelque chose d’important.

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Manifeste de « Democracia Real Ya ! »

Nous sommes des per­son­nes cou­ran­tes et ordi­nai­res. Nous sommes comme toi : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, pour tra­vailler ou pour cher­cher un boulot, des gens qui ont famille et amis. Des gens qui tra­vaillent dur tous les jours pour vivre et donner un futur meilleur à celles et ceux qui les entou­rent.

Parmi nous, cer­tain-e-s se consi­dè­rent plus pro­gres­sis­tes, d’autres plus conser­va­teurs. Quelques un-e-s croyants, d’autres pas du tout. Quelques un-e-s ont des idéo­lo­gies très défi­nies, d’autres se consi­dè­rent apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous très préoc­cupé-e-s et indi­gné-es par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale autour de nous. Par la cor­rup­tion des poli­ti­ciens, entre­pre­neurs, ban­quiers, … . Par le manque de défense des hommes et femmes de la rue.

Cette situa­tion nous fait du mal quo­ti­dien­ne­ment ; mais, tous ensem­ble, nous pou­vons la ren­ver­ser. Le moment est venu de nous mettre au tra­vail, le moment de bâtir entre tous une société meilleure. Dans ce but, nous sou­te­nons fer­me­ment les affir­ma­tions sui­van­tes :

  • L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes doivent être les priorités de chaque société avancée.
  • des droits basiques doivent être garantis au sein de ces sociétés : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation, au libre développement personnel et le droit à la consommation des biens nécessaires pour une vie saine et heureuse.
  • Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne répond pas à ces priorités et il devient un obstacle pour le progrès de l’humanité.
  • La démocratie part du peuple, par conséquent le gouvernement doit appartenir au peuple. Cependant, dans ce pays, la plupart de la classe politique ne nous écoute même pas. Ses fonctions devraient être de porter nos voix aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyens grâce à des voies directes de démocratie et aussi, procurant le plus de bienfait possible à la majorité de la société, et pas celle de s’enrichir et de prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des pouvoirs économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature partitocratique menée par les sigles inamovibles du PPSOE [1].
  • La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns crée inégalités, crispations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince le système social dans une spirale, qui se consomme par elle-même, enrichissant une minorité et le reste tombant dans la pauvreté. Jusqu’au malaise.
  • La volonté et le but du système est l’accumulation d’argent, tout en la plaçant au-dessus de l’efficience et le bien-être de la société ; gaspillant nos ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des consommateurs malheureux.
  • Nous, citoyens, faisons parti de l’engrenage d’une machine destinée à enrichir cette minorité qui ne connait même pas nos besoins. Nous sommes anonymes, mais, sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons bouger le monde.
  • Si, en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une abstraite rentabilité économique qui ne tourne jamais à notre avantage, nous pourrons effacer les abus et les manques que nous endurons tous. Nous avons besoin d’une révolution éthique. On a placé l’argent au-dessus de l’Etre Humain, alors qu’il faut le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, pas des produits du marché. Je ne suis pas que ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète.

A la vue de cela, je suis indi­gné/e

Je crois que je peux le chan­ger.

Je crois que je peux aider.

Je sais que, tous ensem­ble, on le peut.

Sors avec nous. C’est ton droit.

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Sur la crise espagnole : Courrier international. La tribune. L’expansion. Socio 13. Perspective. Wikipedia

Sur le mouvement en cours : des images

un compte-rendu

un article qui résume bien les évènements

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Léon
Léon
23 mai 2011 7 h 56 min

Un témoignage intéressant

D. Furtif
Administrateur
D. Furtif
23 mai 2011 8 h 28 min

Le bras armé du FMI contre les peuples vient de prendre une sévère pâtée en Espagne.
C’est vraiment pas de bol. 😆

Buster
Membre
Buster
23 mai 2011 10 h 18 min
Reply to  D. Furtif

Marine le Pen ce matin :

Halte au FMI, structure d’écrasement des peuples ( Je suis pour la suppression du FMI… )

Attention, la critique systématique du FMI dérive sur du pur Populisme dans lequel Xgauche et Xdroite s’engouffrent avec autant de plaisir, mais c’est bien Marine seule qui risque de récupérer la mise.

Lapa
Administrateur
Lapa
23 mai 2011 10 h 38 min

il y a une différente de taille entre le monde arabe et nos vieux pays européens:
la démographie.
Notre jeunesse est minoritaire et va de plus en plus devenir un fragment très minime des strates de la société.
les pays arabes ont une jeunesse qui fait 50% de sa population. Autrement dit il n’est pas question qu’elle n’ait plus d’espoir. Par contre, dans nos pays de rentiers et de vieux cherchant la tranquillité, quelque soit les discours volontaristes hypocrites à propos de la jeunesse, ce n’est pas elle qui a droit de voix au chapitre. Il n’y a d’ailleurs pas beaucoup d’intérêt électoral.

Léon
Léon
23 mai 2011 15 h 21 min

C’est vrai, Lapa, mais les jeunes ont pour eux la vitalité, l’énergie et leurs vieux parents sont, eux, des électeurs qui pèsent et qui sont préoccupés par le sort de leurs enfants. Aucun pays ne peut durablement sacrifier sa jeunesse, ce serait une forme de suicide collectif.

Le péripate
Le péripate
23 mai 2011 15 h 59 min

le droit à la consommation des biens nécessaires pour une vie saine et heureuse.

Tout est dit.

Léon
Léon
23 mai 2011 16 h 38 min

C’est de l’ironie, Peripate ?

Le peripate
Le peripate
23 mai 2011 17 h 28 min
Reply to  Léon

À peine. J’imagine que la consommation des biens nécessaires etc créera par l’operation du saint esprit de la banque centrale toute la monnaie nécessaire à la consommation. Je regrette d’être ignare en économie. Car moi, bêtement je comprends que c’est par ce chemin qu’il est arrivé une bulle immobilière, c’est à dire très précisément par l’abus de la création monétaire.

Bon, sur le fond, que voulez-vous penser de gens qui pensent qu’ils ont un droit tout particulier à consommer ?

C’est ou médiocre ou terriblement arrogant. Je n’arrive pas à trancher.

Mais ça n’a rien à voir avec l’aspiration arabe à plus de liberté.

Léon
Léon
23 mai 2011 17 h 57 min
Reply to  Le peripate

Peripate, logiquement (je n’ai pas l’info sous la main) il m’étonnerait que les prêts immobiliers consentis par les banques aient été financés par de la création monétaire. Sur de crédits de 50 ans ce serait suicidaire. A vérifier.
Concernant le manifeste, le droit à consommer ne sont que trois mots dans un manifeste d’une quarantaine de lignes. Elle ne vous plait pas, hein, cette révolution espagnole. On peut savoir pourquoi ?

Le peripate
Le peripate
23 mai 2011 19 h 07 min
Reply to  Léon

Une  » révolution  » ? Vraiment ?

Personnellement je pense que les sociétés changent quand l’observateur a le dos tourné. Sans crier gare et sans bruit.

Le peripate
Le peripate
23 mai 2011 19 h 31 min
Reply to  Le peripate

Pourquoi d’ailleurs je n’aimerai pas ? J’ai au moins un point d’accord : c’est toujours bon de dénoncer la corruption des politicards et leur collusion avec les médias. Mais c’est tout. Je ne partage pas le consumérisme qui suinte de tout ce texte.

Léon
Léon
23 mai 2011 20 h 09 min
Reply to  Le peripate

Ben, je ne sais pas je vous sens grognon, pas motivé, quoi…. :lol:. Euh, pour les sociétés qui changent sans faire de bruit… euh, comment dire ? Bon rien qu’en France 1789, 1830,1848, etc

Le péripate
Le péripate
24 mai 2011 16 h 40 min
Reply to  Léon

En 1789 c’est le le pouvoir qui a changé. Les étatistes identifient l’état et la société, je comprends votre confusion.

Je me demandais si vous voyez la différence qu’il y a à être dans les dix premiers participants à une manifestation à Madrid ou bien à Saana.

Pour moi, ce sont de petits détails comme ça qui font sens.

Léon
Léon
24 mai 2011 17 h 30 min
Reply to  Le péripate

Ne faites pas le malin, Peripate, personne ne peut savoir de quoi l’Histoire sera faite.
Sans doute pour vous le capitalisme libéral est la fin de l’Histoire, mais permettez-moi de vous rappeler que les sociétés humaines ont vécu durant des millénaires sous d’autres formes d’organisation sociale parfaitement cohérentes bien que plus pauvres. Le capitalisme a deux siècles à peine, c’est une goutte d’eau au regard de l’Histoire et ma conviction est qu’il va muter profondément dans les années qui viennent. Au point que ce ne sera peut-être plus tout à fait du capitalisme.
Depuis quand la légitimité politique d’une idée ou d’une conviction est-elle proportionnelle au risque que l’on encourt à la professer ? On croirait du Villach…

maxim
maxim
23 mai 2011 17 h 25 min

je vais encore me faire des amis mais tant pis !

il y a en Espagne si je ne m’abuse un gouvernement Socialiste,non ? et alors ? tous ces droits ( je n’ai pas lu beaucoup le mot devoir ..)c’est bien ce que promettent tous les gouvernements de Gauche,non ? eh bien alors ?
la pire connerie de tous les gouvernements Européens,c’est d’avoir avalisé l’élargissement de cette Europe à des pays qui n’étaient pas prêts ! il aurait fallu harmoniser les salaires,les lois sociales,les constitutions ,ceci dans les pays Européens fondateurs,et ensuite seulement admettre au sein de ce groupe les pays suffisamment solides pour s’intégrer parfaitement dans ce groupe…..
renforcer les taxes douanières et surtaxer les produits importés des pays étrangers,et relancer les industries en adaptant les charges à un niveau acceptable par tous pour être concurrentiels !
chacun a fait ce qu’il a voulu sans voir plus loin que le bout de son nez et a vécu au dessus de ses moyens,autant les pays que les gens !

résultat,pays et citoyens surendettés,baisse du pouvoir d’achat,avec pour effet,fermeture et faillites des entreprises,stock invendus ,etc …..

chaque pays va en arriver à se désolidariser de l’union Européenne pour adopter une posture de replis !

au fait,une révolution qui gagnerait les autres pays dont le notre ? pas certain,il y a les congés payés qui arrivent,les traites de la baraque sur 25 ans à honorer,celles de la Citroen Saxo,de la cuisine Vogica,et du salon en cuir Conforama payable sans frais en 10 mensualités !

yohan
yohan
23 mai 2011 17 h 40 min

Les espagnols, portugais, irlandais se sont vus trop beaux après l’élargissement de la CE. J’ai vu là bas des routes se construire d’un seul coup et des panneaux partout signalant la manne européenne. Tout le monde a cru naïvement qu’une économie prospère pouvait naître d’un seul coup de baguette de la fée clochette. Mais, ce sont surtout les capitalistes de la finance immobilière qui se sont rués sur le pactole, une économie artificielle à bien des égards. Le socle restait le même, et personne n’a vu qu’on construisait des châteaux de sable. Retour à la case départ, avec en plus, des dettes à n’en plus finir…

maxim
maxim
23 mai 2011 17 h 50 min

parce que ce sont des irresponsables tout simplement ! quand on chausse du 36,on n’achète pas des godasses taille 45 !

Léon
Léon
23 mai 2011 18 h 09 min

Désolé mais les problèmes que connaît l’Espagne actuellement n’ont strictement rien à voir avec l’Europe. Cellt-ci a considérablement aidé ce pays à se développer; sans doute a-t-elle choisi un modèle de développement trop axé sur le tourisme et la construction, mais on ne peut pas non plus reprocher à ces gouvernements d’impulser des industries non délocalisables et très utilisatrices de main d’oeuvre. C’est facile à dire après coup, mais qui pouvait prévoir la crise financière et surtout ses répercussions partout dans le monde ?

Quant à attendre ces harmonisations de salaires etc, c’était attendre jusqu’à la saint Gliglin. Les admettre au sein de l’Europe c’était au contraire provoquer ce processus. Ce qui est le plus critiquable, amha c’est la brutalité du processus.

yohan
yohan
24 mai 2011 14 h 56 min
Reply to  Léon

le crise financière ne fait que révéler des fragilités, elle n’est pas responsable de tout

Léon
Léon
24 mai 2011 15 h 10 min
Reply to  yohan

La crise financière a été l’allumette, d’accord. Le baril de poudre était la bulle immobilière. Mais l’Europe n’y est pas pour grand-chose dans cette histoire.

Le péripate
Le péripate
23 mai 2011 21 h 28 min

Vous évoquez les élections municipales et régionales de ce week-end. Le résultat est une série de défaites historiques pour la gauche au pouvoir.http://www.contrepoints.org/2011/05/23/25820-defaites-historiques-des-socialistes-en-espagne

Vous êtes certain de ne pas faire dans le romantisme révolutionnaire ?

Y aurait-il un « démon de midi » du révolutionnaire ?

Léon
Léon
23 mai 2011 21 h 33 min

Mais j’assume parfaitement mon « romantisme révolutionnaire » ! 😆 Vous n’êtes qu’un vieux ronchon revenu de tout. Je vous sens moins libéral qu’il y 6 mois, c’est dire ! 😆
Une seule solu-tion la-révolution ! 😆 😆 😆 😆 😆

snoopy86
Membre
snoopy86
24 mai 2011 11 h 00 min

bonjour à tous

désolé de tempérer votre bel enthousiasme révolutionnaire mais j’ai quelques infos de première bourre sur ce qui n’est guère plus qu’un happening bobo …

ma fille, mariée à un madrilène trés représentatif de cette jeunesse espagnole geek et hyper-diplômée, est ici, prête à accoucher de ma première petite-fille. Elle a quotidiennement des nouvelles par ses amis facebook qui vont régulièrement à la plaza ( sauf les jours de pluie 😆 )

il semblerait qu’ils soient 5 à 6000 avec des pointes à 10.000 le week-end ce qui ne fait pas grand-chose à l’échelle du pays …

hier, l’Espagne a voté en masse, et la gauche qui là-bas est pourtant respectable et responsable a pris une monumentale branlée par une droite auprés de laquelle Sarko ressemble à Mélenchon 😆

l’apéro facebook va sans doute se prolonger un peu, mais il ne bouleversera pas le paysage politique espagnol 😆

snoopy86
Membre
snoopy86
24 mai 2011 11 h 17 min

Et un petit rappel historique pour les nostalgiques 😆

Léon
Léon
24 mai 2011 11 h 20 min
Reply to  snoopy86

Oui, je m’en souviens, toute la France trouillarde et revancharde est sortie des terriers où elle se cachait depuis deux mois.
D’une manière générale je soutiens que si la société Française en est où elle est actuellement ce n’est pas à cause de 68 ou des soixante-huitards mais bien au contraire, parce qu’on a abandonné ses idéaux. Et ça je peux le prouver.

snoopy86
Membre
snoopy86
24 mai 2011 11 h 35 min
Reply to  Léon

Quand le peuple « trouillard et revanchard » sort de son terrier et refuse ce qu’une minorité veut imposer par la violence de la rue cela s’appelle la démocratie parlementaire …

Léon
Léon
24 mai 2011 11 h 37 min
Reply to  snoopy86

Oui, aussi…

Léon
Léon
24 mai 2011 11 h 18 min

Allons, Snoopy, je sais ce qu’est une « Révolution » et je sais bien qu’on n’y est pas là. Mais il ne faut pas sous-estimer des mouvements de témoignage ou de contestation comme celui-ci. Vous ne pouvez connaître sa portée dans les mentalités, la preuve cette « branlée » de la gauche. Bon si cela avait été la droite, un peu de politique-fiction aurait pu prévoir une branlée encore plus mémorable et un mouvement peut-être beaucoup plus violent, avec des syndicats qui seraient entrés dans la danse . Leur nombre, je n’en sais rien, mais les photos de la plaza del sol sont éloquentes, elle ne peut en accueillir d’avantage…

snoopy86
Membre
snoopy86
24 mai 2011 11 h 44 min
Reply to  Léon

Allons Léon

Ce n’est pas nouveau que des « minorités agissantes » essaient de cristalliser l’instinct grégaire de la jeunesse… Demandez à Fufu de vous expliquer 🙂

Simplement avec les « réseaux sociaux » ils ont un nouvel outil

D. Furtif
Administrateur
D. Furtif
24 mai 2011 14 h 27 min
Reply to  snoopy86

La place et le rôle particulier de la jeunesse dans les mouvements sociaux sont est une théorie qui n’apparient pas uniquement à la mouvance d’extrême gauche.Adolescent puis jeune adulte j’ai vu jouer les mêmes moteurs d’identification , d’exaltation et de recherche du groupe chez les jeunes chrétiens dont j’étais, dans mon équipe de rugby, voire en classe et ma « bande ».
Des années plus tard j’ai su reconnaitre le rôle particulier des adultes encadreurs, toujours les premiers à nous expliquer ce que nous avions de si particulier.

Pour ma part aujourd’hui j’estime qu’il y a comme un enmêlage de pinceaux des théoriciens dans une confusion soigneusement entretenue entre classe sociale et classe d’âge.
Paradoxalement tous les camps sont d’accord pour ne pas apporter trop de lumière sur cette affirmation partagée  » le rôle particulier de la jeunesse ».Il y a bien un élan incontestable, mais son orientation n’est pas établie .

snoopy86
Membre
snoopy86
24 mai 2011 23 h 00 min
Reply to  D. Furtif

Fufu a tout expliqué 😆

Léon
Léon
24 mai 2011 23 h 23 min
Reply to  D. Furtif

Furtif, il ne faut pas rester trop prisonniers de schémas marxistes qui expliquent tout par les luttes de classes. certains mouvements échappent à de telles analyses. Ce n’est pas une raison pour les nier ou les minimiser.

snoopy86
Membre
snoopy86
24 mai 2011 11 h 55 min

Sur la première partie de l’article,

Zapatero, homme de gauche, a simplement eu le courage de prendre les mesures qui s’imposaient avant que la dette devienne insoutenable. Les syndicats, avec un comportement responsable, n’ont protesté que trés mollement

Soulignons aussi que la dette espagnole est à un niveau trés inférieur à la nôtre.

les mesures d’austérité nous n’y échapperons pas 👿

Buster
Membre
Buster
24 mai 2011 14 h 35 min
Reply to  snoopy86

Globalement d’accord avec Snoop.

…les mesures d’austérité nous n’y échapperons pas
D’où l’intérêt de faire élire un (ou une ?) PS.
.
Perfect Timing :
Morin est assez jeune pour attendre encore 5 ans. 😉

Lapa
Administrateur
Lapa
24 mai 2011 14 h 59 min
Reply to  Buster

Morin est assez jeune pour attendre encore 5 ans

tu proposes un morintoire sur la présidentielle?

SOPHIE
SOPHIE
24 mai 2011 21 h 24 min

l’espagne vote à droite et regrette franco comme les grecs votent de plus en plus facho

félicitations à « l’alternance » entre deux partis semblables
donc personne ne voit la montée des fascistes en europe ?

pour ne pas en arriver la : MARINE !