Sarkozy: ou quand l’exercice du pouvoir se confronte à la parole…( 1/2)

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Nous rééditons aujourd’hui et demain ces deux articles de Lapa parus il y a un an et qui valent le coup d’être relus dans le contexte actuel de l’entre-deux tours. Un visionnaire notre Lapa ! ( Pas comme Raymond Domenech...)
César

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Il y a quatre ans, presque jour pour jour, Nicolas Sarkozy était élu président de la République Française.

Si l’on veut essayer de comprendre comment Nicolas Sarkozy a réussi à se retrouver, vraisemblablement de manière durable,avec une côte de confiance ne laissant que peu d’espoir pour la fin de son quinquennat, il faut analyser la fonction présidentielle telle qu’il l’a portée.

Dans un premier temps, nous allons nous intéresser aucandidat Sarkozy, à l’homme de discours. Si l’élection présidentielle est la rencontre entre la France et un Homme, nul doute que les discours exercés par ce dernier ont su conquérir de manière incontestable ceux qui les ont entendus.  Cette première partie, je l’appellerai, non sans trace d’humour, la méthode du discours.

Dans un deuxième temps, intitulé la chute, nous verrons comment le personnage forgé par les discours a rapidement fait place à l’homme dont l’exercice du pouvoir est souvent en contradiction avec les promesses électorales. Il paraît qu’il n’y a pas pire qu’une femme trahie… nous verrons en 2012.

La méthode du discours

Les candidats à la présidentielle, et vous verrez que cette règle est tout aussi valable actuellement quand on voit François Hollande singer les campagnes de Chirac ou Sarkozy, doivent obéir à des principes discoureurs agrémentés de figures imposées. Vous retrouverez bien sûr dans ces passages thématiques obligés des arguments sérieux chez la plupart des candidats heureux ou malheureux depuis 1981, et peut être même avant. Mais Sarkozy a su les utiliser au maximum et surtout a su, mieux que quiconque, rendre crédible son projet et son personnage sur ces thèmes. Dans la suite de l’article, les extraits cités sont tirés des discours du candidat, du président de début de mandat,  ou tirés de son programme ou des réunions politiques.

Les racines

Un candidat sans racine c’est comme un camembert au lait cru à la frontière des USA: il n’a aucune chance de passer. Les racines, c’est un peu le label rouge ou l’AOC du produit candidat: ça rassure le bon peuple, ça montre une certaine transparence, ça rend le produit meilleur et traçable. Un signe de reconnaissance dans un océan mondialisé de bouillie sans aucun goût. Bref, ça fait « plus vrai ». Cela permet également de faire un lien avec la France éternelle (voir plus loin) et des « laissés pour compte » de la globalisation (idem). Les racines doivent si possible faire « terroir », même si la majorité de la population française habite en ville et mange des plats sous vide de produits importés, elle continue de rêver à une vie campagnarde et à une cuisine locale de qualité (voir les succès très inattendus de « l’amour est dans le pré  » et des émissions culinaires à la télévision). Aussi on aura pris soin de se faire photographier sur son tracteur, même si on ne le conduit plus depuis 25 ans, ou sur un cheval (à noter que là ce sont les journalistes qui sont sur le tracteur) et de passer à l’incontournable salon de l’agriculture, quand bien même on est plus habitué de l’asphalte des quartiers chics de Neuilly que du paillage des cochons. Problème pour Nicolas qui se verra traité « de ne pas faire assez terroir » par Le Pen(1): pas de racine « cul-terreuses ». Mais ce n’est pas grave, il possède les racines historiques :

Oui, je suis le fils d’un Hongrois et le petit-fils d’un Grec né à Salonique qui s’est battu pour la France pendant la Première Guerre mondiale». «Oui, ma famille est venue d’ailleurs. Mais dans ma famille, M. Le Pen, on aime la France parce que l’on sait ce qu’on doit à la France.»

Ce qui constitue un double avantage: d’une il permet de justifier une filiation historique de cœur avec la partie, et de deux il ringardise l’aspect terroir. En résumé il fait mine de dépasser complètement cette question tout en ayant pris soin de pouvoir y répondre. Il s’inscrit également dans la thématique du don à la France et de la réussite des gens simples… car dans l’esprit de tous,  immigré hongrois et soldat grec, c’est très très loin de la jet set.

Le rassembleur

Comme vous le savez, la république est une et indivisible (on ferait bien de s’en souvenir ces temps-ci). Le président devra être celui de tous les français; il ne devra pas être celui d’un parti ou d’un clan. Le candidat, lui, doit déjà rassembler ses troupes, et donner des assurance qu’il saura représenter le peuple qui ne fait qu’un. Sarkozy a réussi à faire l’union des droites bonapartistes, gaulliennes et libérales, il a réussi en 2007 à intéresser également l’électorat FN et quelques gauchistes sans repères. De cette façon de rassembler, presque unique pour un candidat de droite, il a su obtenir une assise électorale très confortable.

Je veux être le candidat du peuple et non celui des media, celui des appareils, celui de tel ou tel intérêt particulier.

Je me sens responsable de tout, comptable des intérêts de la France, responsable de chaque français, qu’il ait voté ou non pour moi.

Les laissés pour compte

Depuis le « monopole du cœur » en 1974 et jusqu’à la main tendue à un handicapé sur un plateau de télévision en 2007 (il ne manquait plus que le lève-toi et marche!) en passant par la fameuse fracture sociale de 1995; les candidats à la présidentielle rivalisent  de symbolique en faveur des miséreux (on dit défavorisés, ça passe mieux) et plus généralement des « laissés pour compte ». Partage, solidarité, accompagnement, compréhension… jamais ces candidats n’auront eu autant d’empathie pour les petites gens qui soufrent; même s’il l’ont sait que les miséreux ne font généralement pas usage de leur droit de vote, cela poursuit deux objectifs: d’abord il est facile pour chacun d’entre nous de s’identifier à un laissé pour compte quelconque dans une société où le domaine des relations humaines devient globalisé et dépersonnalisé, et ainsi donc de se sentir visé directement par ces propos. Ensuite, il est toujours utile de se faire bien voir  avec des torrents de bons sentiments qu’on peut difficilement réfuter sans passer pour un aigri au cœur de pierre. Double bénéfice, sans aucun doute.

Dans ce domaine-là, Sarkozy nous a sorti le grand jeu, voyez plutôt:

Ma république elle a la voix d’un jeune prêtre français, l’abbé Pierre, qui à la radio lance aux hommes un appel pathétique.

ou encore:

Je veux donner à chacun sa chance. Je veux que tous sachent, que, dans mon esprit comme dans mon cœur, ils ont une place, ils ont un avenir.

mais aussi:

Je veux, si je suis élu président de la république, que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid.

C’est avec la larme à l’œil que nous pouvons passer à la thématique suivante.

Perpétuer l’héritage de la France éternelle

Hors de question d ‘avouer que nous sommes devenu un pays de vieux, sans démographie, avec une industrie qui se barre, incapable d’entretenir sa force militaire, mal classé dans les domaines de la recherche et des développements technologiques: nos faits d’armes industriels (TGV ou  minitel…) commencent à dater tout autant que nos faits d’armes guerriers. Notre langue perd de l’influence dans toutes les parties du globe, on nous le répète sans fin que sans l’Europe nous n’aurions aucun poids dans le monde. Bon ça, il faut éviter de le sortir dans la campagne électorale: évidemment il faut parler, pour se l’approprier, du passé supposé glorieux de notre pays. On n’hésitera pas à déblatérer devant des symboles comme le Mont Saint Michel, et à exalter des figures de notre histoire (2) dont leurs actions, forcément positives, seront nôtres (de toute façon ils ne sont plus là pour protester, hein Blum et Jaurès!).

J’ai cité Jaurès parce que Jaurès, quand il défend Dreyfus au nom de la Justice, a fait de la France une grande nation. Je me sens l’héritier de Jaurès quand il parle à la jeunesse. J’ai cité léon Blum parce que je me sens l’héritier de l’enfant qui en 1936, grâce aux congés payés, jette sur la mer son premier regard émerveillé et entend prononcé pour la première fois le mot vacances.

C’est sans doute pour cela qu’une fois élu il se précipitera en vacances à la mer, bon sur un yacht mais quand même, y’a de l’enfant d’ouvrier de 36 là dedans.

Cette France éternelle, c’est celle qui m’a tout donné. Je lui dois tout. Et à mon tour je veux tout lui rendre.

La France éternelle ( de Clovis au CNR en passant par Jeanne d’Arc, la révolution de 1789, Jules Ferry , Jaurès, Victor Hugo et De Gaulle…) possède sa jumelle maléfique: l’antifrance. Au gré des candidats c’est souvent: les fraudeurs, les racistes, les étrangers, le patronat, le capitalisme juif…etc… Mais là où Sarkozy a innové, c’est qu’il a clairement opposé à la France éternelle l’héritage de mai 68 qu’il convient de détruire (3). Ce faisant, il a laissé bon nombre de personnes faire leur propre opinion de ce que pouvait être l’héritage de mai 68 et se dire que ce serait effectivement mieux sans. C’était le meilleur moyen de rallier les centristes et les frontistes. Une idée géniale. Je me souviens encore d’un bandeau défilant sur i télé avant le second tour « plus que 24 heures pour en finir avec mai 68. N.Sarkozy » mais nous y reviendrons.

Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de mai 68 doit être perpétué ou s’il doit et liquidé une bonne fois pour toute. Les héritiers de mai 68 ont abaissé le niveau moral de la politique. Ils donnent aux autres des leçons qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes.

La rupture

Cette dernière citation nous amène tout naturellement à une thématique essentielle de tout programme: le changement. Car il faut que ça change ma brave dame! Et ça va changer! Rupture dans la façon de gouverner, réformes, renouveau, volontarisme, renaissance… La thématique de la rupture possède un triple avantage:

1- elle empiète sur un élément clé de l’opposition et lui enlève donc le monopole du changement

2- elle dissimule plus ou moins habilement que Sarkozy était au gouvernement depuis 2002, niveau renouveau on a vu mieux

3- elle permet, encore une fois, au bon peuple d’imaginer en se faisant une opinion personnelle et sans doute non partagée que c’est juste changer ce qui ne va pas et conserver ce qui marche.

Je veux construire une nouvelle relation avec les français, faite de vérité, de respect de la parole donnée, de confiance. Je veux un nouvel état, une nouvelle nation, une nouvelle république.

La relation entre la France et l’Afrique doit être plus transparente. Il nous faut la débarrasser des réseaux des autres temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autres mandats que ceux qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions diplomatiques et politiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé.

Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par les régimes corrompus.

Dès demain, on va nettoyer au Kärcher la cité des 4000. On y mettra les effectifs nécessaires mais ce sera nettoyé.

Je ne serai pas le président qui tolèrera les fraudeurs car la fraude, c’est un impôt payé par les plus pauvres.

Conclusion

Je n’ai pas pour objectif d’aller analyser en profondeur le discours de campagne de Nicolas Sarkozy (on pourrait y coller des pages!). Avec cet article je tenais à rappeler comment il avait réussi à s’approprier des thématiques clés (racines,  France éternelle, cœur social, rupture, rassemblement) allant même jusqu’à les personnifier en s’impliquant personnellement d’avantage pour chacune. Cette personnalisation extrême du poste suprême, qui s’est révélée un atout considérable pour l’élection et le début de mandat, s’est sans doute retrouvée un handicap énorme par la suite comme nous allons le voir ultérieurement. Car la personnification du rejet n’opère plus alors par une logique des résultats ou des opinions et sympathies politiques mais comme un sentiment allergène que rien ne semble pouvoir apaiser.
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(1) Libération Notons avec délice que l’argumentation Le Pen de 2007 a été réutilisée par l’UMP à l’encontre de DSK.

(2) A propos ce propos, je vous conseille cet excellent extrait  de radiofrance :

En fait, quand on regarde de plus près, l’Histoire est devenue le cache-sexe de l’impuissance de nos politiques. Plus ceux–ci ont du mal à agir sur le présent, à réformer le réel, à atténuer les effets de la crise sociale ou à peser sur le cours de la mondialisation, plus ils s’appliquent à disserter sur le passé. Et à faire de l’Histoire un argument électoral, une arme politique pour terrasser l’adversaire.

Ainsi c’est lorsqu’il a commencé à perdre la main que Lionel Jospin, d’un naturel volontiers donneur de leçons, s’est mis à batailler en se référant à l’Histoire. Quitte à la réécrire de façon un peu caricaturale lorsque, Premier ministre du gouvernement de la gauche plurielle, il avait fait, en plein hémicycle, des députés RPR les héritiers des esclavagistes. De même c’est à mesure qu’il a perdu de son pouvoir et de son influence que Jacques Chirac s’était fait une spécialité de pratiquer la repentance en se penchant sur les pages sombre de l’Histoire de France.

L’escapade de Nicolas Sarkozy hier au Puy-en-Velay, n’était qu’une première étape de son tour de l’historie de France. Le Président est annoncé bientôt de retour au Mont-Saint-Michel, à la basilique de Vézelay et à Oradour sur Glane. C’est bien. C’est surtout plus facile d’exalter le passé que de changer la vie au présent, bref de « brandir les racines chrétiennes de la France » plutôt que de concrétiser le « Travailler plus pour gagner plus ».

(3) un extrait vidéo de N.Sarkozy sur Mai 68.

Compléments  en relation avec l’article:

Hollande singe Sarkozy?

Clichés des politiques 1

Clichés des politiques 2

Programme de N.Sarkozy en 2007

22 comments to Sarkozy: ou quand l’exercice du pouvoir se confronte à la parole…( 1/2)

  • ranta

    Salut Lapa,

    il y a au moins une phrase que je veux faire ressortir :

    – elle permet, encore une fois, au bon peuple d’imaginer en se faisant une opinion personnelle et sans doute non partagée que c’est juste changer ce qui ne va pas et conserver ce qui marche.

    Celle là, c’est du garantie sur facture qu’elle parle à tous, on pénètre on plein dans l’auberge espagnole de tout le monde.

    Et pour le reste de l’article, tu mets bien en exergue que le but d’un candidat et de se comporter comme un vendeur d’aspirateurs à domicile, l’essentiel pour lui étant de mettre un pied dans le logement de sa victime potentielle.

    • Lapa

      hello,

      oui j’ai mis, avec amusement, un certain nombre de liens qui montrent que la thématique est commune à tous les candidats. D’ailleurs il sera aisé d’avoir ça à l’esprit pour la campagne qui commence…

  • JOËL

    et malgré tout ça, sauf face à DSK, il repassera.
    La machine va se mettre en route dés la rentrés pour être au top en janvier.

    • Lapa

      personnellement aux petits jeux des pronostics je pense que F.Hollande est très bien placé. Je miserai sur lui.

  • snoopy86

    Nous sommes trés nombreux à avoir voté Sarko sans jamais avoir été dupes ….

    N’oubliez pas qu’au second tour on vote plus contre un candidat que pour l’autre …

    En 2012 vous risquez de voir les alter et gauchos de tous poils voter contre le candidat du FMI, les rebeus et autres antisémites honteux voter contre le candidat sioniste …

    Reste à savoir si Séguela soutient toujours le même candidat 😆

    • Lapa

      Snoopy pointe du doigt un fait véridique qui est qu’une très large majorité des français ne souhaite pas voir les candidats qui se présentent (quels qu’ils soient) au poste de président de la république (entre 60 et 85%…).
      Je pense par contre que la spécificité de Sarkozy a été d’avoir eu une forte base de suffrages POUR ce qu’il incarnait « tout plutôt que l’immobilisme » disait-il. Et c’est cet électorat là qui a voté en pensant réellement changer les choses qui fait défaut aujourd’hui. Si ils avaient juste voté contre Ségolène Royal, la côte de popularité de N.S aurait été à 35% plus tôt. Il a commencé à presque 70% d’opinions favorables quand même. on ne peut pas dire qu’il n’a pas remporté une certaine adhésion au début…

  • asinus

    bonjour snoopy , à calmos ou castor sur ago j’expliquais au moment de l’election de sarko que tous nous y perdrions gauche comme droite il y a eu quelques presidents pour lesquels je n’ai pas voté mais ils etaientmes » président celui ci n’a jamais été ne sera jamais « mon » président.Dans l histoire il a sa
    place entre les blancs émigrés de la Restauration et la partie de la droite ralliée à Vichy par haine du peuple
    Quand à DSK pendant rose du sarkozysme je me retiens souvent d’intervenir sur ago pour ne pas me retrouver aux cotés de ceux qui comme vous le dites si bien dissimule sous un antisionnisme de bon aloi un antisemitisme avéré .

  • Le péripate

    Hé, sans rire, quelle importance celui-là ou celle-ci ? Le lieu du pouvoir est un lieu vide, ou un trou noir qui s’effondre sous son propre poids de textes, de règlements, de lois minuscules et antagonistes.

    • D. Furtif

      Bonjour Peripate et bonjour à tous.
      Cet avenir de l’état c’est très exactement celui que lui trace Lénine après un examen de son évolution rationnelle et son aboutissement dialectique

    • Lapa

      Péripate, j’avais fait un billet là dessus sur le media si moyen… on le retrouvera en lien pour la deuxième partie 🙂

  • maxim

    comme le dit Snoopy …nous avons élu Sarkozy pas pour le bonhomme lui même mais parce qu’il était le porte parole de notre sensibilité politique ..

    il était absolument pas question que S.Royal arrive au pouvoir ! d’ailleurs même la Gauche n’y croyait plus elle même …

    nous étions bien loin d’imaginer que Sarkozy se comporte comme un Aldo Maccione dès les premirs jours de son élection,mais bon,il y en avait pour 5 ans …mis ) part la crise financière où il a quand même correctement réussi à limiter la casse ,pour le reste ce ne fut que déceptions et déceptions !

    dans un an, ceux qui ont comme beaucoup d’entre nous accordé un chèque en blanc à Sarkozy ne manqueront pas de lui faire remarquer et comprendre une bonne fois pour toutes qu’il ne faut jamais promettre ce que l’on ne pourra pas tenir ni faire …

    nous avons quelqu’un d’autre sous le coude et nous ne nous priverons pas de l’aider à se hisser tout en haut !

    • snoopy86

       » nous avons quelqu’un d’autre sous le coude et nous ne nous priverons pas de l’aider à se hisser tout en haut ! »

      Hervé Morin ? 😆

      Parce que si tu parles de la dame qui tient le même stupide discours économique que Sisyphe ou le philocycliste, trés peu pour moi 😆

  • D. Furtif

    Au dixième jour du voyage , le groupe était  » un peu  » excédé par la rengaine Sarkozy l’ami important de la Chine , passage obligé de la présentation du pays par nos guides locaux.Je profitai d’un bref épisode à l’écart pour en toucher deux mots au 4è de ces singuliers propagandistes. Nous étions dans l’ascension de nos deux cents marches quotidiennes, un petit effort me porta à sa hauteur sans être gêné par les « collauguides »

    _ « Apprenez que 3 Français sur 4 n’ont pas voté pour Sarkozy »

    Regard du guide 😯 qui venait de nous expliquer que la démocratie ce n’était pas forcément bon pour la Chine!
    _ « Apprenez encore que 3 sur 4 de ceux qui ont voté pour lui le méprisaient alors et qu’ils sont encore plus nombreux aujourd’hui »

    Comme par miracle alors que cet échange était resté sans témoin, les 5è , 6è et 7è guides ne nous parlèrent plus de Sarko

  • Léon

    Le Furtif qui démolit l’image de not’ Président en Chine. Ca vaut une garde à vue, ça… 😆

  • Buster

    Puisque vous parlez ici d’hommes politiques de premier plan, de pointures…. d’épées…
    Ma modestie naturelle dut-elle en souffrir, tout le monde a pu se rendre compte aujourd’hui que j’avais misé le premier sur le bon cheval, sur le champion !!!

    Il est en train de se servir de Borloo.
    Il va enfumer Bayrou.
    Il étouffera Ségo…
    Il roulera DSK dans la Farine…
    Il « baisera » Hollande…

    Il est presque déjà élu !
    Un Boulevard s’ouvre devant lui ! ! !

  • yohan

    Je ne serais pas étonné qu’il revienne du diable vauvert à la faveur de quelques évènements médiatiques désagréables pour le PS. Un an c’est long et avant de vendre sa peau, il fadrait d’abord tuer la bête

  • D. Furtif

    .
    Au bout du compte.
    .
    Nous aurons vu l’effondrement de la candidature de droit divin, Bite en Feu se voyait déjà roi, il a dû vexer quelque Dieu de l’Olympe financier.
    Le piège prévu pour le faire tomber a frappé quasi à vide à plat,la flèche est passée dans le vide , la bête était déjà à terre.Les dégâts attendus ont fait un flop au plan politique et ont favorisé l’entreprise Hollande en la rendant incontestable.
    La vieille machine PS a eu le temps de s’offrir vite fait une guerre interne et de produire un candidat de remplacement, pas plus mauvais qu’un autre . La rapidité de la réaction a épargné au vieux parti d’avoir à poser les questions de fond de la politique et a permis d’en rester à la surface des questions de personnes pour les candidatures.
    Bel exercice.
    .
    Par ailleurs
    Nous avons pu voir , toute une ribambelle de consciences critiques voire très déçues par EsKabo 1er adopter depuis des semaines maintenant des accents enflammés pro la liberté du marché la critique des trop payés à rien foutre et autres joyeuseté poujadistes. etc ..etc …
    Pour faire bref pas mal de contorsions pour nous dire qu’ils vont voter et qu’ils font appel au vote SarKozy
    La plus ahurissant contorsion , une fois encore vient de Maboul et de ses faux nez soit disant Mélenchoniens appelant à l’abstention du 2è tour.L’abstention : Le Graal ultime de la constitution gaulliste obtenir que les élections ne servent à rien, ou ne touchent à rien, …

  • Léon

    C’est vrai que cela fait du bien de relire cet article et les commentaires de l’époque. Pas grand chose à rectifier à la lumière de ce qui se passe aujourd’hui. Sauf que on sent tout de même Sarkozy aux abois et il en devient totalement incohérent et inanalysable autrement que : « n’importe quoi pour gagner ».

  • COLRE

    Salut Lapa, 😉

    Je ne sais plus où j’étais il y a un an, dans un désir de laisser tomber les forums, sans doute, et dans l’à-quoi-bonisme, j’imagine, d’exprimer le plus honnêtement et le plus rationnellement possible son avis et les faits sur lesquels il s’appuie.

    (partenthèse, ce qui m’a fait presque le plus rire hier soir sur France 2, c’est quand Sarko – de mémoire – a déclaré : moi, je suis pour la cohérence, j’aime la cohérence… 😆 Quand on entend ÇA, qu’on attend l’éclat de rire du plateau de journalistes et qu’il ne vient pas, on se dit qu’on peut éteindre le poste…)


    Ton excellent nartik number one (je n’arrive pas à lire le deuxième) est en effet l’exemple désolant d’une analyse qui devrait être matraqué par tout journaliste normalement constitué, mais non…

    Au fait : la « Méthode du discours » du candidat Sarkozy que tu développes est une méthode essentiellement de droite. Pour la gauche, il y aurait d’autres argumentaires.

    Les racines :
    Le terroir, c’est une thématique politique surtout de droite. Quand on ne vient pas du terroir, on va s’inventer une filiation étrangère, de préférence avec des ancêtres qui se sont battus pour la France… Cela permet, en plus, de brouiller l’image traditionnellement xénophobe de la droite (c’est comme d’avoir des amis juifs ou musulmans)…

    Le rassembleur :
    Cela ne marche pas vraiment pour un premier tour, sauf en cas de réélection d’un président sortant (Mitterrand 1988) ou en cas de petit candidat perdant et le cul entre 2 chaises (Villepin 2011 et une sorte de front ou d’arc républicain. Pente naturelle de S. Royal, également. Ce pourrait être le terrain idéal des Centristes, mais comme ils sont viscéralement de droite, ils n’y pensent pas au premier tour).
    Au premier tour, c’est son camp que l’on rassemble…

    Les laissés pour compte :
    Ça, c’est pour tout le monde (on se présente rarement comme le candidat des riches, même quand on l’est…). Sauf que pour la droite, c’est un gimmick, alors que pour la gauche, c’est une position structurelle. POur les populistes aussi, c’est structurel, sauf qu’il s’agit là de discours, et que la réalité de leurs actes est bcp plus libérale (cf. Le Pen père, Mégret… etc).

    La France éternelle :

    Mouaf… ou bien sûr, la gauche citera Jaurès ou Blum, mais elle est bcp plus internationaliste. Ceux-là sont cités pour des valeurs socialistes universelles et pas pour leur côté français.
    La droite tente de récupérer ces hautes figures morales, en gommant leurs convictions socialistes et en flattant leur nationalité française… Ce n’est pas pareil. Pour la droite, c’est un détournement sémantique.

    La rupture :
    Là, ok, c’est pour tout le monde en situation de challenger. Gauche comme droite. Il n’y a qu’un Sarkozy a avoir osé se présenter en rupture avec lui-même… On dit que la manoeuvre a marché. Je crois surtout qu’elle n’a pas été un argument. Juste, les gens s’en foutaient, en avaient marre du chiraquisme (présent depuis Pompidou…) et ont cru aux promesses sociales et économiques.
    Tes citations, Lapa, de ses promesses dans ce § sont pour moi les plus drôles de ton article :
    « nouvelle relation avec les français, faite de vérité, de respect de la parole donnée, de confiance / nouvelle relation entre la France et l’Afrique, se débarrasser des réseaux des émissaires officieux / Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par les régimes corrompus / Dès demain, on va nettoyer au Kärcher la cité des 4000 / On y mettra les effectifs nécessaire / Je ne serai pas le président qui tolèrera les fraudeurs car la fraude, c’est un impôt payé par les plus pauvres »… 😆 😆


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    Dans le même ordre d’idée, je conseille de dépenser 1 € pour relire le numéro de Marianne de 2007, sorti avant le premier tout : « Le Vrai Sarkozy. Ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler ». J’en ai toujours eu un souvenir précis : la lecture aujourd’hui est hallucinante, tout y est, et c’est monstrueux d’irresponsabilité des journalistes qui, exceptés ceux de Marianne ont sciemment caché la vérité qu’ils connaissaient du personnage…
    Merci JFK : il n’est pas de mon bord, mais c’est un grand journaliste que j’ai toujours respécté et admiré pour sa perspicacité, son courage et son honnêteté.

  • D. Furtif

    En passant , je signale qu’il y a un pauvre malheureux qui n’a pas vu et pas compris qu’un article de 2011 était republié aujourd’hui en 2012.
    Il y a bien du malheur sur terre.
    Le pôv gars ça le met dans tous ses états.