Securité à Marseille, le véritable test pour la gauche

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La réponse à l’insécurité à Marseille sera le véritable test de la crédibilité de ce nouveau pouvoir et de la gauche toute entière.

Contrairement à l’économie ou au chômage, où l’on sent bien que ces questions échappent de plus en plus aux politiques, celles relatives à la sécurité peuvent être résolues à condition d’en avoir la volonté politique et d’être cohérent dans les moyens.

Mais c’est toute l’idéologie de l’excuse sociale qui est ici mise à l’épreuve : la gauche va-t-elle prendre des mesures sécuritaires contraires à son tropisme habituel, mais à la hauteur de l’enjeu ? Car ne nous y trompons pas, comme en temps de crise grave ou de guerre elles ne pourront être que dérogatoires à l’exercice normal des libertés individuelles en pays démocratique.
Va-t-on bloquer les quartiers nord de Marseille avec contrôles des entrées et des sorties de chaque immeuble, pratiquer des fouilles corporelles ainsi que des véhicules? Va-t-on retourner systématiquement chaque cave, chaque appartement ? Va-t-on demander au parlement de voter des lois d’exception étendant les pouvoirs de la police ? Va-t-on réinstaller des juridictions spéciales ? La gauche va-t-elle assumer d’entrer en conflit violent avec des populations pour l’essentiel issues de l’immigration africaine et maghrébine, populations à la fois idéalisées en tant que prolétariat et qui ont massivement voté pour la gauche ? Car aux caïds il faudra bien ajouter tous ceux qui profitent et vivent du commerce de la drogue et des autres trafics… ( ne faudra-t-il pas les rendre, les télés à écran plat tombées du camion ?…)

N’en déplaise au ânes qui continuent de répéter la doxa victimaire de la gauche, il n’existe aucun rapport obligatoire entre la misère et la délinquance. Si c’était le cas la majorité des pauvres serait délinquante et il n’existerait pratiquement pas de délinquance chez les riches.

Curieusement cette idée que la richesse rendrait vertueux, pourtant typiquement issue de l’idéologie ultra-libérale, fait partie, par son corollaire inverse (c’est la misère qui crée le vice), des croyances de la gauche quantique. Croyances alimentées par toute la sociologie universitaire politiquement correcte, qui nous a enfumés à ce sujet pendant des décennies.
Bien sûr, personne ne pourra nier que la misère peut favoriser la délinquance, mais le bon sens, comme les statistiques démentent formellement qu’elle en soit le déterminant principal :

Le taux de pauvreté en Seine-Saint-Denis est de 18 %. Dans la Creuse, il est de 19,5 %. Il y a donc en proportion, d’avantage de foyers pauvres dans la Creuse qu’en Seine-Saint-Denis.

Pourtant :

  • Les atteintes volontaires à l’intégrité physique en Seine-Saint-Denis sont de 19,2 ‰ (taux pour mille habitants). Dans la Creuse, elles sont de 2,3‰.
  • Les violences physiques crapuleuses en Seine-Saint-Denis sont de 8,3‰. Dans la Creuse, elles sont de 0.1‰.
  • Les destructions et dégradations en Seine-Saint-Denis sont de 14,5‰. Dans la Creuse, elles sont de 1,4‰.
  • Les atteintes aux biens en Seine-Saint-Denis sont de 63‰. Dans la Creuse, elles sont de 8,9‰.  Et les comparaisons sont du même ordre avec les autres départements pauvres de France. ( Chiffres fournis, à partir du rapport de l’IGAS par le criminologue Xavier Raufer que l’on voit intervenir ci-dessous sur ce sujet ).

Si l’on privilégie comme cause la misère, alors il faudrait expliquer pourquoi la très grande majorité des populations pauvres, celle qui vit en milieu rural et périurbain, est miraculeusement protégée de cette dérive ? ( La population de Seine-Saint-Denis est certes, environ 10 fois supérieure à celle de la Creuse, mais les violences crapuleuses, par exemple, y sont en proportion 80 fois supérieures, soit 800 fois en valeur absolue !)

La simple observation montre qu’en ce qui concerne Marseille, l’idéologie de l’excuse par la pauvreté est mise en échec, ou au moins totalement dépassée : que peuvent faire les emplois aidés, les zones franches, les prestations sociales, des éducateurs de rue, tout cet arsenal devenu dérisoire au regard des sommes brassées grâce à ces trafics et de la violence qui en résulte ?

Oui, la sécurité à Marseille pourrait bien être le véritable test pour François Hollande. Ce qui s’y passera apparaîtra comme un laboratoire de lutte contre l’insécurité, pour les autres zones de forte délinquance et criminalité.

On ne dira jamais assez combien l’argent illégal, tout comme le climat de violence extrême déteignent, par capillarité, sur l’ensemble des comportements sociaux, à l’école, dans les commerces, dans la rue, les transports en commun, les stades…

Disons-le d’emblée, la lecture de la composition de l’équipe qui s’est réunie à Matignon pour chercher une solution, ne rassure pas. Pas plus que les « mesures annoncées ».
Ne nous y trompons pas, si la caractéristique principale de la civilisation est de diminuer le degré de violence des rapports humains, c’est bien d’une lutte contre la barbarie dont il est question ici…

7 comments to Securité à Marseille, le véritable test pour la gauche

  • ranta

    Bééééééééé, bon courage ! Entre les postures idéologiques, le mythe de la pauvreté responsable de tout, et les réalités de la mise en oeuvre des moyens préventifs, répressifs, judiciaires, il y a toutes les chances pour que rien ne bouge.

    Singulièrement, c’est la gauche qui a la légitimité pour agir, tout ce pourrait faire la droite ne serait que marqué du sceau d’une politique de fachos.

  • Causette

    Combien de milliards d’€ dépensés inutilement par l’Etat suites à des analyses faites à partir d’enquêtes totalement biaisées.

    Limite… que je conseille aux « sous-chiens-iennes » de brûler des voitures, d’être incivils, de se lancer dans le commerce illicite etc… la liste est longue afin d’être prioritaires pour obtenir ds subventions, des logements sociaux et un emploi réservé ❓

  • D. Furtif

    Tout cela ne vient-il pas de la gauche quantique qui s’accroche désespérément à sa formule
    « C’est la misère qui est la cause de la délinquance  »
    Alors que
    C’est l’évaluation classique du risque de l’investissement capitaliste qui est reproduite sous la forme

    .
    Évaluation des risques encourus par rapport au profit espéré

    .
    Une inflation sans mesure des discours psychosociologiques ayant introduit depuis 35 ans une notion inconnue jusqu’alors l’impunité par explication du délit.

    • Lapa

      Tout à fait. beaucoup voient la délinquance comme un fléau; mais c’est avant tout un business! Les mecs protègent leur marché, leur entreprise et leur clientèle. Bref…

  • ranta

    Bon, alors ce sera :

    – 200 flics de plus
    – Une intercommunalité.
    – Des crèches pour les mêmes de trois ans.

    Tremblez délinquants !