Le débat autour du coût de l’immigration

Très récemment ( mai 2011) un  audit de la politique Sarkozyste en matière d’immigration a été publié à la demande d’un certain nombre de députés qui ont entendu de nombreux spécialistes sur ces questions.

Ce rapport baptisé du nom de l’association qui l’a initié, Cette France-là, est assez dense, comporte beaucoup de renseignements intéressants et adopte globalement des conclusions favorables à l’immigration. Les immigrationnistes-humanistes-internationalistes de tous bords et plutôt de gauche  se sont évidemment jetés sur ce rapport comme un argumentaire anti-FN incontestable et sérieux, généralement sans le lire, se bornant à relayer la présentation qui en a été faite à la presse.

Ils reprennent des chiffres choc, par exemple que les immigrés rapporteraient 12,4 milliards d’euros par an, qu’on en aurait besoin pour l’équilibre du système des retraites, qu’ils consomment moins de prestations sociales qu’ils ne cotisent, que la France accueille peu d’immigrés contrairement à une légende, ou que les immigrés subsahéliens sont en moyenne plus diplômés que l’ensemble de la population française.

Face à se rapport, il y en a un autre dont les conclusions sont diamétralement opposées, celui de JP Gourevitch pour le CRI qui est aussi un spécialiste des questions d’immigration, notamment sur un point précis, ce que coûte ou rapporte l’immigration aux finances publiques et à l’économie nationale.

Personnellement je considère qu’on ne peut apprécier une politique d’immigration sur ses seuls aspects budgétaires. D’autres considérations doivent entrer en jeu, par exemple la tradition d’accueil au titre de l’asile politique ou, au contraire des interrogations sur l’opportunité d’importer des comportements ou des valeurs contraires à celle des traditions républicaines françaises. Mais comme il n’est pas possible de parler de tout et que c’est l’aspect financier qui semble le plus facile à objectiver, j’ai essayé de me faire un opinion.

J’ai lu les deux rapports, intégralement sur les parties relatives aux coûts et partiellement ou rapidement le reste . L’un et l’autre sont denses et intéressants à des titres divers. Ainsi, on trouve, par exemple,  dans le rapport de Cette France-là l’affirmation que le durcissement des conditions d’immigration en France décourage aussi l’immigration la plus qualifiée qui préfèred’autres pays comme  le Canada.

Sur ces questions de coûts, en réalité ce rapport ne fait que reprendre des éléments de celui qui a été remis par le laboratoire «l’Equippe» (Université de Lille) du professeur Xavier Chojnicki au Ministère des Affaires sociales en juillet 2010.

Pour ce qui concerne la qualification des auteurs il n’y a rien à dire, on a affaire à des gens qui semblent sérieux et compétents, probablement parmi les plus compétents que l’on puisse trouver. Pourtant sur la question du rapport coûts/ avantages, l’un conclut à un apport de 12, 4 milliards lorsque le rapport Gourevitch aboutit à une charge de 5, 5 milliards par an.

Comme l’écrit Gourévitch dans sa monographie :« Les institutions favorables à l’accueil des immigrés répugnent à entreprendre une étude des coûts par crainte de donner des armesà leurs adversaires pour appliquer une politique restrictive ». Comme pour le niveau scolaire des enfants d’immigrés, je ne vois pas  l’intérêt de ne pas connaître la vérité. Et il est assez irritant pour le simple citoyen de ne pas savoir à qui se fier. Aussi, un peu sous certaines pressions amicales, j’ai voulu en avoir le coeur net et éventuellement partager mes conclusions avec les lecteurs de Disons.

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Un mot d’abord, tout de même, de la tentative de faire croire que la France a une immigration qui se situe dans la moyenne basse des pays développés. Certaines des données avancées par le rapport Cette France-là sont tendancieuses ou inexactes. Citation:

La France figure dans la moyenne européenne, tout au moins en termes de stocks :[…] elle comptait 5.260.000 d’immigrés – soit de personnes nées étrangères hors de l’hexagone – en 2008, ce qui représente 8,4 % de sa population. […]

En 2008, la proportion d’individus nés étrangers en dehors des frontières nationales s’