L’adoption à la sauce du « politiquement correct »

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Trouvé sur le site Islam-documents.org animé par Iskender.

César

L’application de la notion de Fitra aux questions d’adoptions.

(Extraits de The Times , octobre 2008).
Lorsque Robert et Jo Garofalo décidèrent d’adopter un enfant du Maroc, ils savaient que ce ne serait pas simple. Bien que la loi du royaume musulman ait été changée pour permettre aux étrangers d’adopter, le couple a d’abord dû se convertir à l’islam.
Mais au final, ce ne furent pas les autorités marocaines qui s’avérèrent être le principal problème pour le réalisateur de films et sa femme, mais les services sociaux britanniques.

Pendant trois mois au cours desquels Madame Garofalo dut rester avec leur fils adoptif dans un appartement loué à Tanger, le couple fut soumis à une série d’entretiens qu’ils trouvèrent inutilement indiscrets et désagréables au cours desquels tous les aspects de leur vie furent minutieusement passés en revue. Ils obtinrent finalement l’agrément et purent ramener le jeune Samuel chez eux, où il s’est épanoui.

Aussi, lorsqu’en début de cette année, ils se sont mis en rapport avec les services sociaux du Surrey pour adopter un deuxième enfant du même orphelinat marocain, ils ont été surpris d’apprendre qu’il leur faudrait passer à nouveau par toutes les étapes du processus. Le couple a été particulièrement inquiet d’apprendre que, dans le but de mesurer « l’attachement » de Samuel envers eux, ce dernier devrait faire l’objet d’une surveillance, et même être filmé lorsqu’il jouerait.
Le couple fut également déconcerté par le fait qu’ils eurent l’impression qu’on leur demandait d’en faire davantage pour montrer qu’ils vivaient à la musulmane, alors que les travailleurs sociaux indiquaient dans un rapport initial accepter de soutenir leur seconde demande d’adoption.
« L’orphelinat marocain trouvait que ce serait bien que Samuel ait un frère, ils y étaient très favorables et nous encourageaient. Ils étaient satisfaits de la façon dont nous répondions aux besoins culturels et religieux de Samuel. » dit Mme Garofalo, actrice de 40 ans.

Mais cela n’était pas suffisant pour les services sociaux du Surrey qui firent clairement savoir que la demande d’agrément ne serait examinée que si le couple prouvait qu’il faisait assez d’efforts pour vivre à la musulmane.

Dans leur rapport, les travailleurs sociaux notèrent que bien que le couple ait déclaré que sa  religion était l’islam, « il n’y a aucun signe extérieur qu’il s’agisse bien d’une famille musulmane… Joanne et Robert savent que cet élément socio-religieux est un aspect de l’identité et de l’héritage culturel de Samuel auquels nos services attachent une grande importance ».
Le rapport recommandait de « veiller à partager avec Joanne et Robert des techniques et des stratégies qui accroîtraient chez leur enfant le sentiment de son identité et de son patrimoine, et ce d’autant plus qu’ils avaient publiquement déclaré se convertir à l’islam afin de l’adopter. »
Mme Garofalo dit : « Les travailleurs sociaux ont fait clairement savoir que l’on devait nous voir “maintenir vivante la culture de Samuel” par des gestes chez nous. Mais qu’est-ce que cela veut dire ?
Il faut qu’il connaisse la vie à l’anglaise en plus de savoir d’où il vient.»
« Est-ce qu’ils s’attendaient vraiment à ce que je sois couverte de la tête au pied, assise sur un tapis de prière ? Lorsque l’on s’est convertis à l’islam pour adopter Samuel, il n’était pas écrit que nous devions mettre le Coran à l’entrée de la maison.»
« On ne montre peut-être pas les signes extérieurs d’une vie à la musulmane, mais nous sommes sensibles et respectueux de l’origine de Samuel. »

Le couple a depuis abandonné ses projets d’adopter à nouveau.

Selon Mme Garofalo, son expérience est le signe d’un système bureaucratique qui se soucie bien plus du politiquement correct que des besoins des enfants condamnés à un triste destin dans les pays en voie de développement.
« Samuel saura quelle est sa religion, mais il lui appartiendra de faire ses choix en la matière lorsqu’il en aura l’âge. Qu’est-ce que ces choses apportent à la vie d’un tout jeune enfant ? La religion le dépasse. Ce qu’il aime, c’est Thomas et ses amis. »

25 comments to L’adoption à la sauce du « politiquement correct »

  • Lapa

    se convertir pour adopter un enfant. bah tiens.
    faut vraiment être de grands naïfs.

  • Léon

    J’avoue avoir été totalement sidéré par ce texte. D’abord, qu’un pays exige, pour autoriser l’adoption d’un enfant, que les adoptants se convertissent à une religion, quelle qu’elle soit, mes stupéfie. Ceci dit, en Israël, c’est à peine mieux, la loi impose que l’adoptant et l’adopté soient « de même religion ». ( J’ai de la peine à comprendre ce que peut être la « religion » d’un enfant de deux ans ou même moins, mais enfin…).
    Ensuite, que des autorités publiques considèrent la religion comme un élément structurant essentiel de l’éducation d’un enfant adopté est tout aussi anormal. (Quid, alors des enfants nés dans une famille athée: on va les obliger à se convertir à une religion ? les priver d’allocations familiales s’ils ne le font pas ?)
    Enfin,les parents quels qu’ils soient, naturels ou adoptifs, sont responsables de l’éducation de leurs enfants, leurs transmettent leurs valeurs, et donc ici, on leur refuse l’essentiel de la liberté de conscience que l’on accorde à n’importe quel citoyen dans une démocratie : ils n’ont pas le droit d’interpréter une religion, voire de perdre la foi, d’apostasier, de se convertir à une autre ?
    C’est carrément débile…
    Au fur et à mesure que je découvre cette religion, je me vois conforté tout le temps dans le même sens, celui d’un rejet de plus en plus catégorique…
    Mais je suis stupéfait de cette sorte de « collaboration » par des autorités publiques de certains pays occidentaux sur des terrains que l’on ne connaît pas toujours…

  • Léon

    Au fait : cette restriction marocaine à l’adoption existe aussi vis à vis du mariage. Le mariage entre une marocaine et un Français (Je ne sais si c’est pareil dans l’autre sens) n’est reconnu au Maroc qu’à la condition que l’époux soit musulman et que donc ils se convertisse, s’il ne l’est pas…

    • Causette

      Faut tout de même être abrutis pour accepter de se convertir à une religion pour obtenir le droit d’adopter. Pourquoi se sont-ils fixés sur le Maroc?

      Il faut savoir qu’il y a beaucoup trop de personnes à la recherche d’enfants à adopter par rapport au nombre d’enfants adoptables. Je connais un couple qui a été chercher un bébé ivoirien car leur dossier de demande d’adoption traînait depuis une dizaine d’années.

      • Fantomette

        @Causette
        Le sujet m’est particulièrement sensible mais…
        Dois-je lire que ces pauvres parents se sont « rabattus » sur un bébé noir « faute de mieux » car ils attendaient « mieux » depuis 10 ans??

        • Causette

          Bonsoir Fantomette

          C’est un peu compliqué. Elle était suivie médicalement dans l’espoir d’avoir un enfant. Résultat rien (elle a pris beaucoup de poids à cause de traitement). Puis ne voyant rien venir le couple s’est tourné vers l’adoption. Des années passent et puis un jour, je reçois un coup de fil pour me dire qu’ils avaient un bébé qui les attendait là-bas. Je n’en sais pas plus n’ayant rien demandé. C’est un très joli bébé souriant et les parents sont très heureux.

          Y a t-il des enfants à adopter en France, et si oui pourquoi ces années d’attente?

    • Tall

      Salut Léon

      Je confirme. Ici un politique socialiste belge de 1er plan, Philippe Moureaux, qui s’est converti pour se marier avec une marocaine musulmane. A sa décharge, elle est mignonne et a la 1/2 de son âge ( 35 – 71 ).

      Oui .. mais cet individu est hélas le prototype même de la gauche quantique à éviter comme la peste et le choléra réunis.

      Car c’est lui qui a signé en ’89 un accord ruinant les finances bruxelloises au profit de la Flandre et de la Wallonie avec des conséquences scandaleuses sur le fonctionnement des crêches, des écoles et de la justice à Bxl.
      Et c’est ce monsieur qui est aussi le maire de Molenbeek, commune devenue célèbre pour ses voitures qui brûlent toutes seules et ses pompiers qui se font lapider quand ils sont appelés sur des pseudo-incendies prétextes à embuscades.
      Tout ça pendant que le monsieur chante : tout va bien madame la marquise.
      Chose que tout le monde croit bien sûr … Surtout le renseignement belge qui a déjà fait arrêter plusieurs membres d’Al Qaïda dans sa paisible commune.

      Et c’est encore ce monsieur qui a fait voter une loi anti-racisme aplliquée de telle manière que quand Rachid et Abdullah braquent une bijouterie, on ne sait rien sur leur identité. Tandis que si c’est Bernard et François, ils ont leur photo en pleine page.

      Vous admirerez en passant dans l’article les ronds de jambes de la presse subsidiée belge, et l’impossibilité « technique » d’ouvrir le forum juste sous l’article. :mrgreen:

      • Léon

        Oui Tall, cette particularité du mariage au Maroc, m’avait déjà été signalée. Ah, ces cultures qui sont toutes tellement respectables !

  • Léon

    Une précision concernant l’adoption en Israël : une loi de 1981 a un peu modifié celle de 1960 mais n’a pas changé la condition de l’identité de religions.

  • COLRE

    Je ne comprends pas comment des « services sociaux » britanniques peuvent évaluer l’adéquation de quiconque à la « vie musulmane » : avec quels critères ?
    Cela veut donc dire qu’il y a des musulmans chargés de cela dans le service en question ?! Sinon : qui peut dire que la foi musulmane est correctement pratiquée par ce couple?

    J’aurais besoin d’infos complémentaires pour comprendre de quoi il retourne.

    Est-ce que cela a un rapport avec les « Tribunaux islamiques » du Royaume Uni, ces fameux « tribunaux de la charia » vantés par Annie qui les compare aux prud’hommes…?

    J’avoue être sidérée, moi aussi, de ce texte, au point de douter de ce qu’il raconte…

  • Léon

    La source de cet article est là. Je crains effectivement qu’il y ait des musulmans dans les services sociaux pour vérifier cela.Sinon, je ne vois pas comment c’est possible… Mais en réalité je n’en sais rien . On va faire une nenquête

    • Léon

      Quelques éléments là-dedans mais rien de bien concluant: s’agit-il de fonctionnaires des services sociaux qui auraient fait du zèle, ou s’agit-il d’une véritable doctrine en matière d’adoption ?

  • yohan

    Je reviens de Senlis, population BCBG, catho, pas l’ombre d’un musulman dans les rues, aucun voile à l’horizon. Il faudra qu’ils me donnent la recette pour parvenir à ce résultat. Et pourtant, combien d’Umpistes et de dirigeants du Medef parmi ces villageois paisibles et visiblement friqués, les mêmes qui nous serinent à longueur de temps sur les bienfaits de l’immigration sur notre économie. En tout cas, vu de chez eux, c’est effectivement tout bénef.

  • Fantomette

    Je tombe des nues (surtout d’apprendre ce que demandent les services sociaux britanniques – l’Angleterre n’est pas république islamique que je sache)!
    En revanche, que ce couple ait dû se convertir à l’islam pour adopter au Maroc ne me surprend pas. L’adoption telle que nous la connaissons en France n’existe pas dans les pays où la loi est islamique : ce qui se rapproche le plus de l’adoption est la kafala qui correspond à un recueil légal, une délégation d’autorité parentale. Je crois que ça ne modifie pas l’identité de l’enfant. Les « adoptants » doivent bien entendu être musulmans.
    Ce qui me surprend dans cette histoire, c’est le pourquoi de l’adoption d’un enfant marocain par des Anglais. En Angleterre il y a bien plus d’adoptions nationales qu’internationales, mais à l’international d’autres pays s’offrent aux couples, qui ne demandent pas de conversion à l’islam…

  • Léon

    La kafala serait plus proche de l’adoption simple que de l’adoption plénière donc. Le pourquoi du choix du Maroc, ce n’est pas expliqué.

  • Léon

    Même pas. J’ai parcouru ce texte Fatômette, c’est encore plus obscur que je ne le pensais. Effectivement, la charia ne reconnaissant pas l’adoption au sens où nous l’entendons (c.à.d avec abolition des liens juridiques naturels et substitution des nouveaux liens adoptifs )l’autorité des adoptants me semble terriblement diminuée, ce qui pourrait expliquer cette bizarrerie. Mais, tout de même, qu’en est-il du statut en Grande-Bretagne de l’enfant adopté au Maroc par des parents britanniques ? par exemple est-il considéré ensuite comme adopté suivant les règles du droit britannique ? Acquiert-il la nationalité britannique etc?
    Ce texte proposé par Fantômette explique la position de la France à ce sujet. C’est très intéressant mais très technique. Il se pourrait que la GB ait adopté une position différente.

  • Léon

    Extrait :

    Dans les pays d’influence romano-germanique, l’institution de l’adoption, qui conduit à considérer l’enfant bénéficiaire comme un enfant légitime au sein de sa famille d’accueil, représente le mode de prise en charge le plus abouti. Il a fait l’objet d’une première démarche de normalisation avec l’adoption de la Convention de la Haye de 1993 sur l’adoption internationale.
    La ratification de cet instrument a conduit une trentaine de pays, dont la France, à adapter leur droit interne. Telle ne peut pas être la voie empruntée par le Maroc, dont la législation, d’inspiration islamique, ne permet pas d’envisager de modification des liens de filiation, même dans l’intérêt du mineur.

    Une remarque à ce propos : cela a été essentiellement l’apport des Romains à la civilisation occidentale, sur ce point beaucoup plus avancés que les Grecs, d’avoir réussi à substituer des liens juridiques aux liens du sang; un progrès énorme pour l’acquisition du lien familial avec des systèmes d’adoption très ouverts. Cela a été décisif aussi pour l’acquisition de la citoyenneté romaine qui a pu être accordée facilement aux barbares, la longévité et l’étendue de l’empire romain ne peut pas se comprendre sans cela.
    Il n’y a que trois pays musulmans qui reconnaissent l’adoption : la Turquie, l’Indonésie et la Tunisie. (Liban et Somalie aussi ?)

  • Léon

    Je continue ma gamberge… La position claire de la JP française étant désormais de ne pas reconnaître la Kafala comme une adoption au sens du droit français, cela veut-il dire, du coup, que l’adoption en France d’un enfant marocain est impossible ? Puisque pour qu’un enfant soit légalement adopté, il faut qu’il le soit au regard du droit de son pays d’origine, puis du droit du pays de ses adoptants…
    Quel merdier !

  • Causette

    Est-ce que vous vous rappelez ce que MCM nous avait raconté sur le sort des enfants orphelins dans des pays où l’islam est religion d’Etat. Je ne me souviens pas de tout, mais il me semble qu’il parlait de mauvais traitement et de ségrégation vis-à-vis de ces orphelins, ou pour une mère restée seule avec son gosse?

    j’ai trouvé ce truc ?

    • Causette

      La kafala n’est pas l’adoption ! ?

      L’adoption, telle qu’elle est entendue en droit international, qu’il s’agisse de l’adoption simple ou de l’adoption plénière, est interdite au Maroc. En effet, l’article 149 du code de la famille marocain dispose que « l’adoption (attabani) est juridiquement nulle et n’entraîne aucun des effets de la filiation parentale légitime ». Le Droit marocain ne reconnaît donc pas l’adoption qui n’a aucune valeur juridique. En revanche, il reconnaît le concept de la kafala (recueil légal ou prise en charge), qui est l’engagement de prendre bénévolement en charge l’entretien, l’éducation et la protection d’un enfant mineur, au même titre que le ferait un père pour son fils. Ses effets sont ceux de la tutelle légale. Elle ne crée aucun lien de filiation contrairement à l’adoption simple qui crée quant à elle ce lien de filiation entre l’enfant et ses adoptants.

    • Léon

      Pour MCM, cela me dit vaguement quelque chose.

  • yohan

    Le politiquement correct s’est illustré une nouvelle fois dans les medias. Ou le calvaire de Marie Neige Sardin ripoliné par TF1. Le reportage passé ce soir avant le journal de 20h revient sur cette affaire. Le tout est présenté comme le cas banalisé d’une libraire harcelée par de jeunes voyoux, (et devenus, dans la bouche de MNS, de braves petits devenus subitement méchants avec elle. Nul précision pour dire où tout cela s’est passé (au Bourget) et rien sur le pourquoi, et ce qui est pourtant la véritable histoire d’une non musulmane en terre d’islam. Bref, on se demande ce que TF1 a voulu nous passer comme message. J’y vois une très grosse différence avec ce qu’elle avait livré il y a quelques années. MNS elle-même semble avoir été gagnée par le syndrôme de Stockholm. Le plus grave, dans cette histoire, c’est que tout est fait pour occulter le fond de l’affaire, à savoir une victime du fondamentalisme religieux

  • yohan

    Le reportage de l’équipe de la télé américaine n’est plus accessible sur le web. Je l’avais visionné l’année dernière, et de mémoire, il était question de femmes voilées venues « exiger manu militari » qu’elle retire certaines publications et affiches de sa vitrine. Cet épisode a été occulté par TF1, il ne reste plus qu’une sombre et banale affaire de voyoucratie. La presse n’est visiblement plus libre en France…