Ermenistan Ask Benim…( « Arménie mon amour ».)_ Redif…

Lectures :3352

Les lecteurs de Disons se souviennent peut-être du témoignage de cet enseignant à propos de la Turquie, comme modèle possible pour les révolutions arabes. Ici et ici. ( Textes destinés à l’origine à un colloque de SOS racisme)

Parce que, sans doute, comme beaucoup d’entre nous, Léon ne comprenait pas l’obstination du gouvernement turc (mais aussi d’une grande partie de la population, semble-t-il ?) à nier le génocide arménien, il a eu l’idée de demander à cet universitaire s’il avait quelque lumière sur la question. Ce dernier a eu la gentillesse de  lui répondre et même de proposer aux lecteurs de Disons un article sur ce sujet. Qu’il en soit chaudement remercié…

César

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Mais qu’y a-t-il dans la tête d’un Turc?

Beaucoup doivent être éberlués de la violence démesurée des autorités turques (de l’opinion? qui sait vraiment?) quant à une loi bizarre qui vient de survenir. Sans prétendre répondre à une question immense où se mêlent calculs, propagande, affectivité, géopolitique, nous pouvons peut-être rappeler quelques faits, quelques constantes, quelques choses vues et des pistes de compréhension.

Voyons du côté français, d’abord, et ce sera vite vu. Il y a la confirmation ou l’aggravation d’un loi mémorielle. Tout historien digne de ce nom doit entrer dans une sainte fureur, a priori, en concevant que des gens réunis en amphithéâtre décident de ce qu’il faut dire et étudier. A côté de cela, il y a la contentement d’une minorité, plutôt prospère et intégrée qui réclame la reconnaissance d’un fait ancien – moyennement ancien– mais qui est à la base de sa dispersion, disons, de sa diaspora. Je crois qu’il faudrait, sur ce point, distinguer, de la part des Arméniens, la destruction de leur population (programmée ou non, ça, comme on dit, laissons les historiens…) et la cause de leur éparpillement hors de l’actuelle minuscule Arménie.

Si le monde était gentil, une vallée de roses, et tout le monde délicieux dedans, les lois mémorielles, surtout celles visant la négation de tel ou tel génocide, seraient inutiles. Mais il y a des nuisibles, en groupes plus ou moins puissants, qui contestent. Les nazillons négationnistes sont une trace infime, rien d’important à la fin: les protestations face à leurs errances leur donnent de l’importance.

Mais dans le cas turc, nous n’avons pas affaire à un groupuscule. Il y a une idéologie, basée dans un pays, mais essaimant, de par l’émigration turque, partout en Europe. Elle se développe, s’exprime, se dilue, se perpétue. Pire, elle est associée à un bon gros nationalisme à moustache, peu inhibé, du genre avec du poil sur les gros bras. Cette doctrine est construite par un Etat, renforcée par l’éducation et par la culture. Nous en donnerons des exemples plus loin.

Un fait à lui seul, hélas, trois fois hélas, justifierait une loi de pénalisation aussi regrettable et mauvaise soit-elle. Il y a deux ans, j’ai assisté à une manifestation, dans le coeur de Lyon, d’environ 5000 Turcs, drapeaux rouge à croissant qui poussaient drus, grosses dames à foulards et petits nervis tout autour. Ils étaient là pour nier le « génocide » (gardons les guillemets pour l’instant) arménien et passaient là où maintenant, près de Bellecour, se trouve un monument commémorant le même événement. J’ignore s’ils avaient eu l’autorisation de manifester. Mais si un préfet avait donné cette autorisation, il mérite sa révocation immédiate. Ces milliers d’individus qui exhibaient leur hargne nationaliste, je pèse mes mots, ne méritent pas une seconde de résider sur le territoire national. Si une loi vient pour pénaliser ces brutes, leur mettre des amendes sur la tête, tant mieux. Si des milliers de néonazis autrichiens étaient venus défiler, les médias en auraient parlé. De tels mouvements ne sont en rien spontanés: ils sont l’oeuvre d’une nébuleuse nationaliste et islamiste, très liée au pouvoir d’Ankara, et qui a pour but d’encadrer et de manipuler la diaspora, turque cette fois, qui est en fait très peu dispersée. Le public connait à la rigueur le Milli Görüs, la « Vision Nationale ». Nous sommes encore épargnés en France, mais en Allemagne la situation est bien plus critique parce que les Allemands peinent, du fait de leur propre histoire, à réagir.

Ensuite, sur le fond, y a-t-il eu génocide?

Moi-même, je n’en sais rien, parce que je ne me suis jamais vraiment consacré à la question. J’ai lu plus de propagande turque, négationniste , [1] que de celle des Arméniens. Mais j’ai vu plus d’atrocités contre les Arméniens, en photos jaunies. J’ai lu quelques copies de dépêches diplomatiques. De là à se faire une idée…

Mais en regardant de loin, que voit-on vers 1880 ? une minorité arménienne dans toute l’Anatolie (pas seulement vers l’est) qui vit assez paisiblement. Elle est théoriquement et pratiquement opprimée pour des raisons religieuses, mais elle est indispensable à l’économie, comme les juifs et les Grecs. Tous ceux-là forment les « millet », les nations. Et, paraît-il, les Arméniens étaient vus comme « la Nation Fidèle ». Mais l’empire ottoman finissant sombre dans l’anarchie et, ce que l’on sait moins, une fièvre islamiste sans précédent. Les Turcs, à l’intérieur de leur empire, s’étaient accommodés de la présence des minoritaires. Avec le règne d’un sultan comme Abdulhamid II, dit « le Sultan Rouge », il ne fait plus bon être autre chose que Turc et musulman. En Europe, on le savait: le personnage est aussi caricaturé que le Kaiser, avec son fez rouge et son couteau entre les dents. Une grande vague de répression et d’atrocités a ravagé le sud-est de l’Anatolie dès 1895-6: elle a touché les Arméniens (de Cilicie) et aussi,  plus loin vers l’est, les Araméens et tous les chrétiens en général [2].  On a bien égorgé dans ces époques-là, en même temps que dans les Balkans, au cours des effroyables (et oubliées) guerres balkaniques. Mais les Araméens, Chaldéens et Cie sont si peu nombreux à survivre que ceux-là ne revendiqueront plus rien. Un tas d’ossements dans une fosse ne vient pas réclamer.

La tuerie, il faut le dire également, a été motivée par une sorte de patriotisme impérial, par la jalousie intercommunautaire et aussi, voire surtout, pour des raisons religieuses: c’était aussi et surtout un jihad. Tout comme la guerre de 1914-1918 a été un jihad, proclamé haut et fort par le sheikülislam de Constantinople. Alors imaginons sans difficulté les massacres d’après le prêche du vendredi, les imams en tête des égorgeurs, les femmes capturées, mariées de force à de bons musulmans et violées parce que veuves récentes [3.  Voilà pour seulement les massacres, en pleine paix, de ces minoritaires.

Ce qui s’est passé à partir de 1915 a été commis en contexte de guerre et de menaces de trahison tout à fait concevable (les Arméniens étant proches des Russes, jusqu’à maintenant). Les massacres ont eu lieu partout, depuis les beaux quartiers de Constantinople jusqu’aux steppes de l’Antitaurus et jusqu’au désert syrien. A la rigueur, la « guerre, gross malheur », et on aurait pu faire passer ça par pertes et profits. Mais la nouveauté est que les Arméniens se sont retrouvés à l’abri tandis que d’autres n’ont pas eu cette chance. Ils ont pu témoigner et revendiquer. À la fin, des Arméniens, il n’y en avait plus, ce qui ressemble à un résultat de purification ethnique.

Alors génocide, pas génocide? Il faudrait pour cela qu’il y ait eu une décision centralisée et planifiée. L’affaire se corse. Je ne pourrai pas entrer dans le coeur du débat, mais je veux tout de même rappeler trois points importants:
  • D’abord, un personnage a incarné et porté sur sa personne la responsabilité: un dirigeant du régime dit « Jön Turk » (un gallicisme amusant), Talat Pasha. Il suffit donc de se concentrer sur cet individu qui permet de mieux comprendre. Il reste un personnage très honoré de l’historiographie turque. Un des plus grands boulevards d’Ankara est toujours le Talat Pasa Bulvari.
  • Ensuite, une chose peu connue: après la guerre, une fois la situation stabilisée, des officiers de haut-rang de l’armée ottomane ont été pendus pour ces crimes. Et pendus par qui donc? Par les Turcs eux-mêmes.
  • Enfin, la disparition des Arméniens d’Anatolie est, en fait, un élément d’un ensemble: la mutation d’un empire ottoman multinational en une république monolithique et jacobine et cette transition s’est opérée par l’élimination successive de tous ceux qui ne trouvaient pas leur place dans le nouvel Etat: les Arméniens, plus les Grecs autour de 1922, puis une autre vague, les Juifs après 1945 et une dernière vague grecque dans les années 1960. Les Arméniens n’étaient que le prélude à une purification ethnique séculaire. Les Kurdes risquent aussi le même destin sauf qu’ils sont trop nombreux pour être traités de la même manière [4].

Alors, maintenant, pourquoi les Turcs d’aujourd’hui sont-ils encore accrochés comme viscéralement à cette affaire? Le sont-ils, en fait, au quotidien?

Dans la Turquie actuelle, l’Arménie est un des trois tabous touchant à l’orgueil national [5], les deux autres étant le problème kurde et la situation de Chypre [6].
Mon expérience personnelle me fait penser que le hérissement est largement une construction étatique: je n’ai jamais entendu parler des Arméniens dans les conversations entre individus. J’ai entendu plus de paroles antisémites que dirigées contre les chrétiens grecs ou arméniens. Mais, à trois reprises, j’ai été impliqué dans la question arménienne, à mon corps défendant:
  • Quand une école m’a incité à joindre mon nom à une liste de protestation destinée à l’Etat français. L’initiative était gouvernementale et les professeurs qui me le demandaient le faisaient par zèle.
  • Je me suis retrouvé, moi et des collègues, convoqué dans une université d’Istanbul, parce qu’un membre d’un institut français avait, dans la matinée, mentionné le mot « génocide ». La remontrance était effectuée par le président de l’université, en public, et le tribunal improvisé, devant un petit groupe de Français sidérés, nous tançait et nous exhortait à l’ « objectivité ».
  • Dans la ville de Van, un quartier entier, autour de l’acropole urartéenne, est encore à l’état de ruine. Mais dans le musée local, se trouve un endroit bizarre intitulé: KATLIAM SEKSYONU: « La section du massacre ». De quoi trembler, non? Là gisaient -dans mon souvenir- 9 squelettes qui étaient, selon les panneaux, ceux de pauvres Turcs, assassinés par les bandits arméniens. Pour preuve, les projectiles, dûment étudiés et les crânes, mesurés selon des principes que n’auraient pas reniés les « scientifiques » nazis, afin de prouver leur turcicité [ 7].

Si l’initiative est étatique et doctrinale, les masses peuvent tout de même s’enflammer [8].  Parce qu’un Turc, si l’on met un drapeau devant lui et qu’on lui souffle que la patrie est en danger, il se dresse et il avance en bombant le torse [9] .  Cela peut être dirigé contre Israël ou contre la France. Un pays de taille moyenne, si possible. Pas des trop gros. Dans la situation actuelle, la crise concerne ces fameux Arméniens et les satanés Français, mais quelques mois plus tôt, c’était Israël qui en faisait les frais. Tout prétexte est bon pour les islamo-populistes au pouvoir: ils excitent la foule et montrent au reste du monde que la Turquie devient une grande puissance. Tout est bon pour montrer ses muscles à ces pays européens tellement féminins, si peu virils [10].

Mais dire que l’Etat turc est à l’origine de la crispation nationaliste dans un pays où tout est prétexte à la crispation nationaliste, cela ne fait que déplacer le problème. Pourquoi, pour cet Etat, l’affaire arménienne est-elle si gênante? D’ailleurs, à réagir avec autant de fureur, l’opinion publique internationale ne peut que se demander si la colère n’est pas destinée justement à cacher quelque chose. Il y a là une dimension irrationnelle de la doctrine étatique turque qui s’est enferrée dans la négation la plus acharnée. Trois pistes de réponse, peut-être:
  • L’histoire de la république turque est d’abord celle d’un pays faible, sous-développé, quasi-inexistant sur le plan international et pathétique au niveau de son évolution politique [11].  Il y a peu d’actes de gloire à mettre au crédit d’un pays qui a déclaré la guerre à l’Allemagne nazie en 1944 et qui ensuite s’est rangé, en échange de subsides, dans le camp occidental. Ainsi, pas grand chose de glorieux, alors si en plus, on met dans la balance un génocide…
  • Justement, ce (lâchons le mot) génocide, a le tort d’être placé juste au seul moment véritable de gloire, de renaissance turque qui, plus tard, aboutira à la république: la résistance victorieuse aux Dardanelles contre les Alliés et qui, en plus, sera le début de la reconnaissance de la personnalité de Mustapha Kemal. Non, vraiment, les Arméniens font un sale coup à la Turquie de s’être fait massacrer juste à ce moment. Que ne feraient-ils pas pour gâcher la fête ?
  • Enfin, encore une chose peu sue en Occident, l’affaire arménienne concerne en fait un tabou plus global de la Turquie contemporaine: le rapport à l’Histoire comme science. Depuis le début, le régime a considéré que l’écriture de l’Histoire était un acte essentiel, indispensable même à la constitution d’une communauté, à son destin. Par l’Histoire étudiée et enseignée « alla turca », le pays allait se reconstituer. En soi, l’idée n’était pas médiocre, même si dans cette ambition, la république rejoignait aussi le club des régimes autoritaires et même totalitaires. Dès la fondation de la république, Atatürk a fondé un Türk Tarihi Kurumu, le Conseil Historique Turc, chargé d’écrire l’Histoire de ce peuple, à des fins strictement nationalistes et parfois farfelues au dernier degré [12] .  Ces délires ont eu cours jusque dans les années 1970, quand on faisait croire aux écoliers que les Hittites étaient turcs et que la langue turque était la première de l’humanité, sous le nom de langue soleil. Le problème est peut-être que les chères petites têtes brunes qui écoutaient cela sur les bancs de l’école sont les dirigeants de maintenant…
Une chose est entendue: les Turcs rédigent leur propre histoire et n’entendent pas que d’autres le fassent à leur place. La difficulté est presque technique, le blocage est érudit, universitaire, intellectuel… mais ce n’est pas rien: si vous touchez à la façon d’écrire l’Histoire, le récit ou roman national, vous touchez à la nation.  Souvent, j’ai vu plus d’ouverture d’esprit de la part de simples paysans que de la part de collègues très académiques.

Quelles sont les perpectives d’avenir? La loi, c’est bien dommage, va refroidir l’évolution de la société turque sur ce point. Des milliers de Turcs avaient déjà fait part de leur souhait de sortir de la doctrine officielle, en demandant publiquement pardon aux Arméniens. Au coeur de la fièvre nationaliste, ils seront vus comme de vilains traîtres. Déjà, ils étaient bien isolés. Il faut espérer que des historiens jeunes et indépendants, de toute part, pourront étudier la question, à l’écart du Caucase, un jour. Il vaudrait mieux que la conférence ne se déroule pas en France.

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Notes :

[1] Elle paraît singulièrement maladroite et sur la défensive; ceux qui s’y consacrent se semblent pas très concernés par leur tâche, en fait.

[2]Lire sur ce point le terrible livre de S. Courtois, Le génocide oublié.

[3] De nos jours, des familles turques retrouvent dans la douleur leur origines à moitié arméniennes, à partir d’un mariage forcé.

[4] Sur ce point, il faut attirer l’attention sur le fait que le match Turquie/Arménie/France se joue en fait à quatre: les Kurdes, de l’intérieur et de l’extérieur jouent aussi leur partition.

[5] La construction nationale turque est inspirée, il ne faudrait pas l’oublier, par le modèle français, jacobin et centralisateur, qui n’a jamais été tendre. La rudesse turque s’y associant…

[6] L’armée turque occupe toujours, militairement,et illégalement, une portion du territoire de l’Union Européenne. Il serait bon de leur rappeler. Faire peur, sur la question arménienne, peut aussi être vu comme un petit terrorisme à destination d’autres parties.

[7] La cause nationaliste est si puissante alors, qu’elle justifie même que l’on passe outre un tabou en apparence absolu, qui est le respect du corps du musulman mort .

[8] Dans un premier temps, on serait tenté de croire à une sorte de tropisme asiatique: c’est-à-dire l’idée que les Asiatiques sont incapables de se remettre en question et de regarder leur Histoire et leur responsabilité. On songe alors aux Japonais. L’idée est séduisante, mais trop réductrice.

[9] Cela peut faire sourire: mais la France est une vieille nation qui n’a guère de problème d’identité. La Turquie a moins d’un siècle d’existence, et le fait d’être turc n’est pas encore une évidence. Il reste quelque chose d’inachevé et de neuf dans cette population, qui ne sait pas d’où elle vient.

[10] Un psychologue pourrait voir ce comportement comme celui d’un adolescent sorti d’une trop longue enfance, et qui veut s’affirmer. Rien de bien grave en fait. Il serait bon que le gouvernement français ne fasse pas trop le dos rond non plus, face à de petits populistes montés au pouvoir comme on monte en graine et qui ne respectent que la force. Ils feraient mieux d’observer ce que leur intransigeance furibonde laisse paraître à l’extérieure: cela fait peut-être plaisir aux foules arabes et islamiques, mais celles-ci ne comptent en rien. Et la situation, même économique, des Turcs, n’est pas si solide. Donc, pas de panique. Un soulèvement kurde ou une séisme sur Istanbul et tout sera oublié, de ces bisbilles.

[11] Ceci ne doit pas ternir l’image du fondateur de cette république, Mustapha Kemal Atatürk, un authentique héros du XXe siècle. Ses successeurs, comme c’est souvent le cas, n’ont pas été du tout à la hauteur de celui-ci, et de nos jours, il ne reste plus grand chose de son héritage, qu’un rituel creux, et quelques convaincus.

[12] On raconte qu’Atatürk s’est rendu à presque toutes les réunions de ce grand conseil…

3 comments to Ermenistan Ask Benim…( « Arménie mon amour ».)_ Redif…

  • Lapa

    En tout cas merci pour cette analyse.

  • D. Furtif

    Quand l’oppression des mythologies nationaliste turques se conjuguent avec les assoiffés de sang islamistes ça peut donner une chaudière proche de l’explosion.

    .
    Personnellement je suis effaré de voir ce que fait la Turquie avec son histoire et le grand écart symbolique qui l’amène à se vanter d’être de
    – la race des maitres et des envahisseurs dominants , ce qui les conduit à considérer comme allogènes les indigènes non turcs ,
    – et d’autre part à tordre les faits en installant leur foyer originel historique loin de ses bases Ouïghours et Kirghizes en excipant d’origines Sumériennes ou Hittites voire à être des autochtones anatoliens