Lire des pièces de théâtre

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Vous je ne sais pas, mais j’ai eu une période où je dévorais les textes de pièces de théâtre.

J’ai lu tout Anouilh, beaucoup de Shakespeare et quelques autres encore. C’est un exercice assez plaisant, différent de la lecture des romans en ce que l’on est dans une sorte d’essentiel puisqu’on s’attache exclusivement à la parole. Le dialogue, libéré de ce qui pourrait en distraire l’attention prend tout à coup un poids considérable.

Le hasard a fait, par exemple, qu’en cherchant une citation précise d’Audiard dans « Les tontons flingueurs » je sois tombé sur l’intégralité des dialogues de ce film. J’en conseille vivement la lecture : on est frappé  par leur concision et le texte, pourtant déjà célèbre, prend tout à coup un poids supplémentaire tout à fait étonnant.

Ce n’est que par moments seulement que l’on visualise les têtes des acteurs ( notamment la scène de dégustation dans la cuisine de cet alcool bizarre), mais globalement l’image s’efface et les mots prennent une densité exceptionnelle. J’aimerais bien que d’autres fassent l’expérience et nous disent s’ils ont ressenti la même chose que moi.

Extrait :
(Juste avant le décès de son ancien pote Louis, Monsieur Fernand a appris qu’il lui succédait à la tête de ses affaires et devait s’occuper de sa fille, Patricia. La scène qui suit se situe immédiatement après. )

Dans le bowling


MONSIEUR FERNAND : Si un jour on m’avait dis qu’il mourrait dans son lit celui-là ?

THEO :  » Das Leben eines Man ist zwischen Himmel und Erde vergegen der Sprung eines jungen weißes Fohlen über einen Graben… ein Blitz… pfft… es ist verbeit…  » ( » La vie d’un homme entre ciel et terre passe comme le saut d’un poulain blanc franchissant un fossé… un éclair… et c’est fait… «  »)… Chine… IV siècle avant jésus christ.

HENRI : On est … On vit … On trépasse …c’est comme ça pour tout le monde.

RAOUL VOLFONI : Pas forcement ! Enfin, je veux dire : on meurt pas forcement dans son lit ! Ben voyons !

MONSIEUR FERNAND à HENRI :Dis donc, j’tiens plus en l’air moi, t’aurais pas une bricole à grignoter là. C’est à toi ça? (cigarettes)

HENRI : Sers-toi !

RAOUL VOLFONI : Y’a vingt piges le Mexicain, tout le monde l’aurait donné à cent contre un : flingué à la surprise, mais c’t’homme là, ce qui l’a sauvé : c’est sa psychologie.

PAUL VOLFONI : Tout le monde est pas forcement aussi doué.

PASCAL : La psychologie, y’en a qu’une : défourailler le premier !

THEO : C’est un peu sommaire, mais ça peut être efficace.

RAOUL VOLFONI : Et le Mexicain, ça été une épée, un cador; moi je suis objectif, on parlera encore de lui dans cent ans. Seulement, faut bien reconnaître qu’il avait décliné, surtout de la tête.

PAUL VOLFONI : C’est vrai que sur la fin, il disait un peu n’importe quoi. Il avait comme des vapes, des caprices d’enfants.

MONSIEUR FERNAND (à Henri) : Merci Henri.

RAOUL VOLFONI : Enfin, toi qu’y a causé en dernier, t’as sûrement remarqué ?

MONSIEUR FERNAND : Remarqué quoi ?

RAOUL VOLFONI : T’as quand même pas pris au sérieux cette histoire de succession ?

MONSIEUR FERNAND : Pourquoi ? Fallait pas ? Ben, j’ai eu tort.

PAUL VOLFONI : Ah ! Et voilà ! Tu vois Raoul, c’était pas la peine de s’énerver, monsieur convient.

RAOUL VOLFONI : Y’en a qui abuseraient de la situation, mais mon frère et moi c’est pas notre genre. Qu’est ce qu’on peut faire qui t’obligerait ?

MONSIEUR FERNAND : Décarrer d’ici. J’ai promis à mon pote de m’occuper de ses affaires. Seulement puisque je vous dis que j’ai eu tort, là. Seulement tort ou pas tort, maintenant, c’est moi le patron. Voilà.

HENRI (lui tendant le téléphone) : Pascal !!

PASCAL (au téléphone) : Oui ?

PAUL VOLFONI : Ecoutes : on te connaît pas. Mais laisses-nous te dire que tu te prépares des nuits blanches, des migraines, des nervousses brékdones comme on dit de nos jours.

MONSIEUR FERNAND : J’ai une santé de fer. Voilà quinze ans que je vis à la campagne : que je me

couche avec le soleil, et que je me lève avec les poules.

HENRI : Y’a du suif chez Tomate, trois voyous qui chahutent la partie ; les croupiers ont les foies pour la caisse, ils demandent de l’aide.

MONSIEUR FERNAND : Ça arrive souvent ?

THEO : Jamais !

PASCAL : Ça doit pouvoir se régler à l’amiable.

HENRI : Si tu tiens à regagner ta province rapido, t’auras intérêt à aller voir, ce serait toujours ça de gagné, c’est sur ton chemin.

HENRI : Oh ! Les Volfoni. T’inquiètes pas !

THEO : « La bave du crapaud n’empêche pas la caravane de passer ».

HENRI : Tchiao !

MONSIEUR FERNAND : Dis donc ça te gène pas qu’on y aille ensemble ?

PASCAL : C’est pas que vous me gênez Monsieur Fernand, mais je ne sais pas si ça va bien vous plaire ?

MONSIEUR FERNAND : Ben ça, je te le dirai !

L’AMI DE THÉO (chuchotant) : A ton avis, c’est un faux caïd ou un vrai branque ?

THEO : Pour moi, c’est rien du tout. Un coup de téléphone, et dix minutes après … Il existe plus.

Nous avons, en France quelques auteurs récents ou même contemporains, de théâtre, magnifiques et dont il faut absolument lire les pièces : René de Obaldia ( Par exemple :  7 Impromptus à loisir) Jean-Michel Ribes pour ne citer que les plus drôles mais aussi Vitrac et son célèbre « Victor ou les enfants au pouvoir », Alfred Jarry et son Ubu, Jacques Audiberti, Yasmina Reza…

Par exemple, achetez-vous, volez ou empruntez les « Monologues, Bilogues, Trilogues » de Jean-Michel Ribes, c’est souvent génial et d’une drôlerie extraordinaire…

Extrait : ( Ce n’est pas le meilleur, mais j’ai cherché un monologue court)

Jean-Michel RIBES Monologue, 1997

Ca  fait peur, non? Si, ça fait peur! On vit dans le danger nuit et jour et personne ne le sait. Alors bien sûr les gens vous croisent et vous disent « Ah tiens bonjour, salut, comment vas-tu, alors en forme? ».

Qu’est-ce que vous voulez que je leur réponde?! Je leur dis « Oui ça va, ça va bien, très bien ».

Seulement si je leur disais par exemple que mardi en allant au bureau, j’ai lu un petit carton accroché dans le hall : « La concierge est dans l’escalier.» Je jette un œil, elle n’y était pas! Juré! Ça fait peur, non?! Si je leur disais, je les vois d’ici, ils me diraient : « Mais enfin écoute, arrête, t’exagères, c’est dans ta tête ». Quoi, dans ma tête!!

Et puis  d’abord qu’est-ce qu’elle a ma tête? Et chaque fois que j’arrive en voiture au carrefour de l’Opéra et que c’est à moi de passer, tac! Le feu passe au rouge! ! C’est dans ma tête peut-être ?

À n’importe quelle heure, de jour comme de nuit; dès que ma voiture approche du feu : tac! Rouge! Pourquoi ? Hein pourquoi? … Ça  fait peur, non? Si je leur disais, je  les vois d’ici, ils me diraient : « Mais enfin arrête, arrête un  peu, tu lis trop! » . Non, justement, je ne lis plus! Voilà!  Plus un mot, plus une ligne, rien du tout! La dernière fois  que j’ai ouvert un livre, je m’en souviens très bien, c’était dans le train, je m’en allais à (il prononce très doucement) Stuttgart en Allemagne. Tiens, c’est comme ça aussi, pourquoi tout le monde dit « Stuttgart » alors que c’est si simple de dire « Shuuugaar » ?

[ …] Je me souviens donc, je lisais un livre léger, distrayant : un livre de Kafka.

Un humoriste tchèque, un homme qui savait rire. J’en étais au bas de la page 73, je me rappelle très précisément de la phrase : « Monsieur Samsa n’avait qu’une envie: mourir.» Passionné je tourne la page, quand, et là, ma respiration s’arrête net, je n’invente  rien : il manque une page! La 74! Tiens rien que d’en parler, ça me  serre là.

La 74 disparue, comme ça sans explication, le trou béant en plein  milieu d’un récit, le précipice où, emporté par l’histoire, j’aurais pu tomber, disparaître… Ça fait peur, non? Alors que faire? Le dire à la jeune fille qui était assise en face de moi ? Pauvre petite, à son âge elle se serait affolée.

Appeler le contrôleur? Sifflet! Cris! Signal d’alarme! Vous imaginez la panique! Deux cents personnes hagardes dans la campagne en train de chercher ma page 74! Non, je ne pouvais pas leur faire ça. Alors, j’ai serré les poings, j’ai continué à lire, souriant comme si de rien n’était, pour que ni les passagers du train, ni la petite fille en face de moi ne s’aperçoivent avec effroi que j’enjambais le gouffre qui séparait la page 73 et la page 75. Poverina, tu le découvriras bien assez tôt le monde et son chariot d’horreurs …

24 comments to Lire des pièces de théâtre

  • maxim

    on ne s’en lasse pas des Tontons Flingueurs…en tout cas merci pour le lien,on a vraiment le texte qui nous permet vraiment de lire et de découvrir ce qui aurait pu nous échapper lors de la vision du film,ou même de la cassette que je me repasse au moins un fois par mois ….ah ce Audiard …une épée,un cador !!

  • maxim

    une fois par mois..pardon .

  • yohan

    Malheureusement, ce langage imagé est en train de se perdre. Jadis, des énergumènes sévissaient au zinc des troquets populaires et rivalisaient de petites phrases bien tournées et bien senties à coup d’argot parisien. Une sorte de slam, mais pas gnagnan et surtout pas bobo

  • Ph. Renève

    « Les Tontons Flingueurs est sans aucun doubte la nourriture terrestre indispensable à l’honneste homme. »
    Montaigne.

    « Joie, joie, pleurs de joie avec Les Tontons Flingueurs. »
    Pascal

    « O combien de marins, combien d’Tontons Flingueurs… »
    Hugo

  • Léon

    C’est vrai que c’est une langue extraordinaire qui est en trains de se perdre. Les jeunes générations n’en comprennent pas un traître mot..

    • Ph. Renève

      C’est plus chez Audiard des tournures, des métaphores cocasses que de l’argot.

      Ne nous joue pas le grand air de la maison de retraite en si mineur silicosé, Léon, faut dire que des Audiard y en a un par siècle. C’est comme les Fredo Lefebvre, ça, c’est trop d’exception pour faire une règle. Ça se transmet pas: ça fatigue trop les spermatozoïdes, ils laissent tomber les bons gènes avant d’attaquer Madame. Comme qui dirait que c’est des talents qui passent pas le col de l’utérus. 😉

  • maxim

    c’est sûr,ce langage Parigot,on en a hérité dans notre génération d’enfants de la guerre,puis peut être encore un peu de la génération qui a suivi,et,l’Anglicisme aidant,le langage a évolué,il faut dire que nous les Parigots et les Banlieusards,on faisait un peu ringards à un certain moment,et c’est dommage c’est tout un patrimoine et l’esprit Parisien qui a foutu le camp avec nos petits troquets,nos petits métiers,tous les Manu,les Dédé,les Marcel,les Bebert,les Tatave,les Momone pour Simone,les p’Tit Louis,les Juju…les midinettes qui venaient casser la croûte avec les prolos sur le zinc,les mecs qui marchaient au café-calva et au Muscadet et qui commentaient l’actualité ….tout s’perd m’sieurs dames !

  • Ph. Renève

    Léon a raison de faire ressortir que la lecture de dialogues est d’une autre nature que leur audition. Alors que l’auditeur subit ce qu’il entend, et donc reçoit une interprétation du texte, l’imagination du lecteur travaille sans cesse pour lui apporter une vision du texte et des personnages. A une première lecture d’une pièce inconnue, il est d’ailleurs difficile, au moins au début, de se faire une idée de la personnalité des protagonistes; elle se forme petit à petit, et parfois reste ambiguë.
    Dans un théâtre au contraire, tout le jeu de l’acteur et la mise en scène éclairent très vite sur les personnages et le déroulement de l’intrigue.

    Quant aux dialogues des Tontons, on voit que les acteurs sous-jouaient souvent sans insister sur les mots, dont la saveur se suffit à elle-même. Ce sont les textes plats qui demandent un jeu d’acteur qui leur donne du relief…

  • yohan

    Même le pousse café a quasiment disparu. Je bossais chez IBM dans les années 70. On déjeunait plu souvent au troquet qu’à la cantine de la boîte. Chacun avait son demi de rouquin sur la table, et après l’oeuf dur mayo et le p’tit salé lentille, on commandait un café Calva qu’on dégustait sur le zinc en faisant un petit 4/21. Celui qui perdait payait les cafés Calva. 🙄

  • Monique Peyron

    Si je peux me permettre, « les tontons flingueurs » n’est pas une pièce de théâtre. 😉

  • Léon

    Exact. Mais c’était aussi l’idée de lire des dialogues.

    • Monique Peyron

      Mais je suis tout à fait d’accord avec vous. Lire des dialogues de théâtre ou de film permet de mieux intégrer la substance de l’oeuvre.

  • Monique Peyron

    Moi c’était Molière, Molière et Molière et pour ne pas faire de jaloux, Boileau et La Fontaine. C’est pas de la nouveauté et pourtant tout y est. Ces visionnaires nous décrivaient, en leur temps, ce que nous vivons encore aujourd’hui. L’être humain est bien dirigé par son cerveau reptilien 😈

  • Causette

    Bonjour Léon, bonjour tous, je ne sais pas trop pourquoi je ne suis pas trop attirée par la lecture des pièces de théatre, il faut que je fasse un effort, vu que ça à l’air pas mal. Par contre, les Tontons flingueurs, j’adore. Il y a un site André Pousse avec Les Amis et les copains… Audiard et les autres. Parmi tous ces acteurs, Bernard Blier est celui qui a le mieux interpreté les textes d’Audiard, quel talent!

    Parmi les nombreux livres anciens, que je récupère il y a des textes de théâtre, que je n’ai pas encore lus.

    Par exemple, Amphitryon, comédie de Molière avec introduction et notes de Pierre Mélèse docteur ès lettres. Il était dans le même carton qu’un autre livre, La Citadelle, de A.J.Cronin, édition 1938, traduit de l’anglais par Maurice Remon. Dans ce livre, j’ai trouvé une carte postale adressée à Mme Haat de Baar qui date du 21 février 1940 écrite en allemand, et une autre sans date.
    A la page 59, quelqu’un a écrit au crayon: confusion de plus en plus grande.

    C’est acte II, scène II
    Amphitryon: Tay-toy.
    Alcmene: Surquoy vous étonner si fort, Et d’où peut naistre ce grand trouble!
    Amphitryon (à part): O ciel! quel étrange embarras! Je vois des incidens qui passent la Nature; Et mon honneur redoute une avanture Que mon Esprit ne comprend pas!
    Alcmene: Songez-vous, en tenant cette preuve sensible, A me nier encor vostre retour pressé?
    Amphitryon: Non; mais à ce retour, daignez, s’il est possible, Me conter ce qui s’est passé.
    Alcmene: Puis que vous demandez un recit de la chose, Vous voulez dire donc que ce n’estoit pas vous?
    Amphitryon: Pardonnez-moi; mais j’ay certaine cause, Qui me fait demander ce recit entre nous.
    Alcmene: Les soucis importans qui vous peuvent saisir, Vous ont-ils fait si vite en perdre la memoire?
    Amphitryon: Peut-estre; mais enfin vous me ferez plaisir De m’en dire tout l’Histoire.

    (en bas de page, il est précisé: Le vers se termine par un point dans les éd. de 1674 et 1682)

    — oo0oo —
    NB: Je recommande la lecture du roman La Citadelle, d’Archibald Joseph Cronin. C’est l’histoire d’un médecin, André Manson, dans une ville minière du pays de Galles. Dès la première phrase, je me suis plongée dans ce bouquin. Vers la fin d’une après-midi d’octobre 1924, un jeune homme assez mal vêtu regardait fixement par la portière d’un compartiment de troisième classe du train, presque vide, qui remontait péniblement, en partant de Swansea, la vallée de Penowell. Manson avait voyagé tout la journée, venant du Nord, changeant à Carlisle et, pourtant, la dernière étape de cet ennuyeux trajet pour gagner la Galles du Sud le laissait très agité par la perspective de son poste, le premier de sa carrière médicale, dans cet étrange et affeux pays.

    • Ph. Renève

      Bonjour Causette

      Merci pour le lien vers le site sur André Pousse et ses amis. C’était un des meilleurs représentants de cet esprit de titi parisien qu’Audiard aimait tant.

  • Monique Peyron

    Bonjour Causette,

    à l’époque de mes études (60/7O) il était obligatoire d’apprendre les classiques, la raison pour laquelle il nous en reste quelque souvenir. Après nous passions à autre chose, Verlaine, Raimbaud, De Nerval, Eluard (très mal vu par les familles). Et puis on fait son propre choix. Cronin n’est pas des moindres, mais ce ne sont pas des vers. Si vous avez l’occasion de rencontrer une oeuvre de Khalil Gibran, n’hésitez pas. Nous pourrons en reparler.

  • asinus

    A Moulmein près de la vieille Pagode, regardant la mer à l’est,
    Est assise une jeune Birmane, et je sais qu’elle pense à moi;
    Car il y a du vent dans les palmiers, et les clochettes du temple disent:
    …….  » Reviens-t-en à Mandalay,
    Où la vieille Flottille est en panne:
    N’entends-tu pas le lourd travail des aubes de Rangoon à Mandalay?
    Sur la route de Mandalay,
    Où jouent les poissons volants,
    Et L’aurore se lève comme l’orage, en Chine, de l’autre côté de la Baie!

    ….. Emmènez-moi quelque part à l’est de Suez où le meilleur est comme le pire,
    Où il n’y a pas de dix commandements et où tout homme peut boire jusqu’à plus soif;
    Car les clochettes du temple appellent, et c’est là-bas que je voudrais être_
    A Moulmein près de la vieille Pagode, regardant paresseusement la mer;
    Sur la route de Mandalay,……..
    O la route de Mandalay,
    Où jouent les poissons volants,
    Et l’aurore se lève comme l’orage, en Chine, de l’autre côté de la Baie!