André Bruyère, l’architecte attentif à l’humain.

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André Bruyère s’est éteint en 1998 à l’âge de 86 ans. Considéré par ses pairs comme l’un des architectes majeurs du XXe siècle, il est pourtant totalement inconnu du grand public et à l’heure actuelle aucune monographie sur l’ensemble de son œuvre n’a été publiée : un bref article dans l’Encyclopedia Universalis et rien sur Wikipedia.

Mon intérêt pour lui remonte à loin mais il est dû à un hasard : il habitait à côté d’un ami avec lequel je faisais de la musique et ses parents le connaissaient, j’avais 23 ans à l’époque. On adorait débarquer sans prévenir dans ses bureaux et se faire jeter au bout de 5 mn « parcequ’il avait du boulot », mais après nous avoir défiés au bilboquet, jeu dont il était fan et expert redoutable. Il en avait de nombreux modèles un peu partout sur ses étagères et ses tables à dessin. Il prétendait que c’était par mimétisme avec son crâne qu’il avait déjà chauve…[1]

Sans ce hasard, donc, je ne me serais certainement pas intéressé à son œuvre. Son livre « Pourquoi des architectes » édité en 1968 chez Jean Jacques Pauvert, l’éditeur « gauchiste » de ces années-là, fut pour moi une vraie révélation. Un étonnement et une prise de conscience. Il faut vous dire que n’eût été mon niveau trop médiocre en math, c’est probablement le métier vers lequel j’aurais essayé de me diriger.

Pour préparer cet article, en parcourant les rares textes sur son œuvre que l’on peut trouver sur le net et en relisant deux de ses livres, je me demandais comment je pourrais la caractériser en quelques mots.

Disciple de Le Corbusier (dont il s’écartera rapidement) et aussi des « brésiliens » (avec Oscar Niemeyer à leur tête  ), c’est une personnalité vraiment singulière. Les mots qui reviennent le plus souvent  sont : tendresse, humanité, sensualité. Si André Bruyère construit des bâtiments humains, c’est-à-dire faits pour l’homme, c’est en essayant de le prendre en compte dans toutes ses dimensions, y compris celles qui relèvent de l’intime, du poétique, du merveilleux, du sinueux, de vivant, du sensuel, parfois du sacré : «  L’architecture est pour moi la façon de mouler une tendresse sur une contrainte » dit-il. Ou encore : « Un univers poétique, seul est habitable ». Et, probablement la phrase de lui que je considère comme une sorte de testament spirituel, qui m’avait le plus frappé à l’époque  : « La ligne droite est une insulte à l’intelligence humaine ».
On peut comprendre aussi son œuvre dans ce qu’il rejette violemment : la dictature moderniste rationaliste et fonctionnelle de l’après-guerre, ce damier urbain fait de lignes droites et d’angles orthogonaux dont l’inhumanité culmine aussi bien à Sarcelles que dans la tour Montparnasse, horreur quasi-stalinienne pourtant célébrée par Pompidou comme une «expression de l’architecture moderne ». André Bruyère est un contestataire, nul doute; il est d’ailleurs un des rares architectes que l’on a qualifié jusqu’à sa mort, mais avec beaucoup de respect, de « soixante-huitard ».

C’est en relisant «  Pourquoi des architectes » que l’on prend conscience de sa révolte contre une architecture qu’il juge aberrante. Le livre est d’une violence qu’on ne s’attend nullement à rencontrer dans un tel ouvrage , violence teintée de désespoir devant l’incompréhension de décideurs qui refusent certains de ses projets au profit de ce qu’il appelle «des casernes de gendarmes mobiles ». « Cependant, trop d’architectures ont ça pour visage, moitié frigidaire, moitié pensée de citerne. Comment supporter cet avoir dont les biens ne protègent pas de la mort mais l’infusent. Ils sont la masse morte et l’imbécillité pétrifiante. Pas gai ».

Par ailleurs, on comprend, à voir les portées, les arcs, les volumes complexes, que son architecture est exigeante sur le plan technique. Parce qu’il refuse la facilité des formes géométriques simples, il va mettre au point, en coopérant avec des ingénieurs ou en retrouvant des procédés anciens, des techniques pour faire des murs sinueux, des voûtes, des toits courbes, de véritables voiles de béton. Par exemple le procédé des fusées-céramiques qui est expliqué ici ( suivre les liens hypertexte).

Il n’est pas possible dans le cadre d’un simple article de présenter toute son œuvre. J’ai choisi quatre bâtiments qui me semblent emblématiques, le quatrième, peut-être le plus connu, l’œuf, n’ayant jamais vu le jour et étant resté à l’état d’un projet merveilleux…

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L’ hôtel de la Caravelle à Saint-Anne en Guadeloupe.

Cet Hôtel, terminé en 1963 et qui est actuellement propriété du Club-Méditerranée est une sorte de chef-d’oeuvre, et un condensé de la pensée architecturale d’André Bruyère.

Avant de faire comprendre pourquoi, à certains égards, c’est un bâtiment hors-normes André Bruyère tient toujours à rappeler que sur les aspects fonctionnels, budgétaires et techniques, tant en équipements qu’en gros œuvre, il est d’une rigueur implacable. Et que cela va de soi. Mais il y a tout le reste, là où il va s’exprimer.


Il crée une sorte de voile de béton qu’il qualifie de « molle » comportant des dissymétries, des volutes enveloppantes, sous laquelle il va abriter tous les espaces communs, tout ce qui n’est pas chambres à proprement parler : accueil, bureaux, salle à manger, salle de spectacle, boutiques, bar, espaces de rencontre  etc. Mais cette voile qui a constitué son principal défi technique résolu avec l’aide de l’ingénieur Henri Trezzini crée des espaces  toujours renouvelés. Sous cette voûte il y a deux étages dont le plancher du premier comporte des vides permettant de voir le rez-de-chaussée et une extraordinaire mise en scène par une passerelle qui descend en pente douce vers le bassin (en forme de poisson, mais dont on ne peut comprendre la forme que de haut, une facétie de Bruyère) et vous dépose devant la mer. Car c’est là que se révèle une idée qui me semble absolument géniale dans cette construction : permettre d’éviter la saturation du paysage. Il est là le détail merveilleux : l’architecte a fait exprès, en jouant avec la végétation et le bâtiment pour que l’on ne puisse voir la mer d’aucune chambre, tout juste la deviner depuis certaines d’entre elles et l’apercevoir à peine depuis les espaces communs.

Pourquoi cette idée totalement iconoclaste, anti-touristique à première vue ?

Parce que André Bruyère a compris qu’un paysage, le plus sublime soit-il, use et s’use… Et il veut lui garder ce qu’il appelle sa « ressource », c’est-à-dire éviter la saturation, ce qui suppose qu’il soit partiellement ou totalement refusé ! Et chaque fois que le touriste quittera sa chambre, se rendra par la coursive extérieure vers les parties communes sous la voile de béton, empruntera la rampe doucement descendante qui l’amènera vers les premiers scintillement de l’eau du bassin et enfin face à l’éblouissant paysage de l’océan, il en aura le plaisir chaque fois renouvelé de la découverte. Une vue permanente sur la mer aurait fini par le lasser très vite. ( J’ai entendu dire que les statistiques des séjours dans cet hôtel lui avaient donné raison, les gens y restaient en moyenne plus longtemps qu’ailleurs…).
«  Je n’aime le paysage qu’appuyé sur la main de l’homme. Sans cette condition, il a tôt fait de lasser.» dit-il…
( On pourra trouver des photos actuelles de cet hôtel, ici. Il a subi plusieurs modifications et agrandissements qui, à mon avis, n’ont pas dû être du goût de l’architecte…)

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Un laboratoire d’électronique pour la faculté des sciences de Paris, terminé en juillet 1968, St-Cyr-l’Ecole.


Là encore, ce laboratoire repose sur une idée de génie qui, comme toutes les idées de génie est d’une simplicité évidente.

Puisqu’il s’agit d’un laboratoire, donc d’un endroit où les gens sont confrontés à des difficultés, des problèmes, ils ont une nécessité absolue de se rencontrer pour en parler.

Alors, André Bruyère commence par dessiner une banquette en rond près d’une cheminée et d’un réfrigérateur, et ensuite, le laboratoire autour.  Une cheminée d’agrément dans un laboratoire d’électronique !
(Il est à signaler, d’une manière amusante, qu’une étude qui a été faite au CNRS dans les années 90 a révélé que beaucoup de grandes idées y étaient nées aux alentours de la machine à café .) Bruyère est sans doute un original, mais certainement pas un farfelu…

La deuxième particularité de ce bâtiment correspond bien à une autre exigence de l’architecte : offrir, y compris à un bâtiment administratif, non seulement la fonctionnalité, mais aussi ce supplément d’âme qu’apporte la sensualité des courbes, le soin que l’on aura mis à sa réalisation, l’envie de faire beau et bien.

Tout dans ce bâtiment est luxueux. Entendez : au-delà du minimum vital ou syndical. Le matériau verrier de la façade translucide, les courbes molles des retombées de la toiture, la porte sculptée par Le Breton. Sans compter que le chantier s’est heurté à des difficultés techniques imprévues dans le creusement des fondations et aux grèves des mois de mai-juin  68. Pourtant les prix et les délais ont été tenus. Par quel miracle cela a-t-il été possible ? Par l’implication des gens sur un projet sortant de l’ordinaire et sur lequel ils avaient à cœur de bien travailler.
« On incrimine à tort et trop facilement les contraintes financières. Non, les crédits suffisent, c’est le reste qui manque. »
Utopie ?
Non, la preuve…

Le pavillon de l’ORBE, Hôpital Charles Foix à Ivry-sur-Seine

Ce troisième édifice dont malheureusement il n’y quasiment aucune photo disponible sur le net, sinon minuscules,est un lieu destiné à accueillir un service de gérontologie.   C’est l’une de ses toutes dernières réalisations, elle a été inaugurée  en janvier 1991.

L’idée maîtresse de ce bâtiment, élaboré après un large et intense concertation avec le personnel soignant, est d’abord de mêler les lieux de vie et les lieux de soins : pas de couloirs, un jardin intérieur, des lits disposés de manière que les patients puissent décider de communiquer ou pas avec leur voisin, des portes séparées dans les chambres à deux lits pour que chacun ait la sienne ; dans les chambres collectives chacun à sa fenêtre avec un coin particulier, une banquette ou un fauteuil roulant ; tout est fait pour ouvrir les chambres sur un espace animé collectif consacré à des ateliers créatifs pour susciter l’envie des déplacements, d’activités, mais les portes vers l’extérieur, au contraire, sont toutes longitudinales pour ne pas inciter à la fugue… Une vasque plate à l’entrée pour boire, se laver les mains, se rafraîchir le visage. De la moquette au sol, en contradiction avec toutes les prescriptions d’asepsie et d’hygiène, mais tellement moins dure sous des pieds exténués par une longue vie…

André Bruyère, pour réfléchir à ce pavillon avait passé une nuit entière dans un lit de l’ancien service de gérontologie à écouter les peurs, les gémissements, les inconforts des patients avant de leur apporter ses réponses architecturales fondées sur ce que certains ont qualifié de « tendresses » vis à vis de ces personnes âgées. Le détail qui tue et qui est bien dans la manière de cet architecte de dépasser le « fonctionnel » même bien conçu : dans la salle de vie, la salle commune, il a fait mettre une fenêtre sculptée en forme « d’homme debout » pour inciter les vieux à se redresser…

Voici ce qu’en a dit l’architecte, Roland Castro beaucoup plus connu, lui, dans un entretien récent : « J’ai un ami architecte, décédé maintenant, qui s’appelait André Bruyère. C’était un grand résistant, un des rares architectes convenables des années soixante – et il n’y en a pas eu beaucoup, donc on peut se souvenir de son nom. Il avait construit une maison médicalisée très matricielle, très enveloppante, très protégeante, pour des personnes en fin de vie dans un hôpital de la région parisienne. L’Assistance publique a publié des statistiques concernant son bâtiment et, par rapport aux prévisions, les gens mouraient trois fois moins vite! Il se demandait pourquoi on ne lui en commandait pas davantage et je lui rétorquais que si on faisait de très bons bâtiments pour les vieux, ils vivraient plus longtemps et que ça creuserait le trou de la Sécu… »

Ce bâtiment est certainement l’un des rares services de gérontologie du monde qui soit visité comme un monument historique. Il m’étonnerait qu’il y ait pensé, mais je me plais à imaginer une « tendresse » supplémentaire et involontaire d’André Bruyère : se débrouiller pour que tous ces petits vieux voient passer du monde…

Terminons par l’oeuf.

Ce  bâtiment en forme d’oeuf de cent mètres de haut avait été proposé au concours ouvert pour le centre Pompidou et  n’a pas été accepté au profit de celui  de Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini et ses tuyauteries apparentes.
A. Bruyère a tenté de proposer ailleurs et en vain son projet refusé, notamment à New-York et à Marseille…. Cet oeuf, était devenu une sorte d’obsession chez lui.

Après son échec pour le centre Pompidou, André Bruyère l’a retravaillé et proposé pour New York. Il aurait eu 125,50 m de haut très exactement, comporté 37 étages, aurait été construit dans la continuation d’une de ses habituelles voiles de béton qui aurait abrité des commerces et aurait comporté trois étages de parking souterrains.

Il y tenait beaucoup en raison de son côté poétique, de la rupture émotionnelle et sensuelle qu’il aurait présenté avec l’architecture haussmanienne dans Paris ou celle des gratte-ciels de New York.
Il y tenait aussi en raison de la prouesse technique qu’un tel bâtiment aurait représenté: depuis la conception des joints de dilatation pour cette façade composée de plusieurs milliers de vitres, autant de facettes disposant de possibilités de laisser passer une circulation d’air par le haut comme par le bas, jusqu’au matériel spécial nécessaire pour les nettoyer de l’extérieur. Il avait pour cela envisagé des nacelles fixées au sommet de l’immeuble équipées de larges roues et pouvant descendre verticalement par des treuils le long des parois (Mais cela ne marche que pour la partie qui est en surplomb. Pour la partie inférieure il ne donne pas la solution). Pour résoudre la monotonie des étages tous cylindriques, il a imaginé des plans différents d’aménagements par des cloisons disposées irrégulièrement.
Ce projet était très abouti, tout à fait bouclé du point de vue technique et financier. C’est probablement ce qui l’a incité à en faire un livre dans la mesure où il n’a été accepté nulle part.( L’oeuf/the egg, Albin Michel, 1978).

Détails des systèmes d'insertion des vitres avec les joints de dilatation.

Plan de coupe de l'immeuble

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Mise en scène de l'oeuf au milieu des gratte-ciels de New-York

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 » Alors je propose à la Grande Ville quelques impressions autres : le répit, une surprise, l’humeur, la contestation et la découverte qu’entre les dures géométries vienne la douceur d’un volume, courbe en tous sens changeant, en contraste, de ces façades où l’angle tombe toujours droit du ciel, toujours semblable. Alors, l’Oeuf »

D’autres éléments sur André Bruyère rassemblés ici.

[1]Note : Incidemment, apprenant que nous faisions de la musique, il nous avait fait cadeau du premier steelpan que j’ai jamais vu : il l’avait ramené des caraïbes fasciné par le détournement que représentait cet instrument fabriqué dans le haut d’un fût d’essence.

Un sacré bonhomme….

André Bruyère en 1978

54 comments to André Bruyère, l’architecte attentif à l’humain.

  • Buster

    Bonjour Léon,

    Découverte passionnante , à creuser.
    L’architecture novatrice, à chaque époque, est bien souvent choquante.
    C’est pourtant un laboratoire indispensable, un espace technique (et artistique) où des « utopies » parviennent parfois à prendre corps, puis à être validées ou au contraire rejetées.
    Esthétiquement les bâtiments présentés trahissent leur époque.
    L’oeuf n’a pas une forme très gracieuse – en tant qu’oeuf il manque de rondeur – mais vu au dessus du Louvre il me fait beaucoup penser à ce bâtiment de Londres surnommé le « Cucumber » avec le même dessin en losange des surface extérieures.
    Difficile à intégrer dans le centre historique parisien.
    Je fais partie de ceux qui aiment le centre Pompidou, ses tubes, ses structures apparentes, ses couleurs techniques. Il a lui a l’avantage de ne pas dépasser (ou de très peu) la hauteur des immeubles environnants et donc de laisser la vue de Paris, quasi vierge.
    Il est sûr que ce projet aurait lui aussi déchaîné des passions aussi intenses que l’actuel s’il avait été choisi.

  • Léon

    Salut Buster, va voir sur la page où j’ai réuni d’autre éléments sur Bruyère ce petit film rigolo fait par des étudiants en archi sur le thème « Et si c’était l’oeuf qui avait été choisi pour le centre Pompidou ? »

  • Buster

    PS : Il y a me semble-t-il un parallèle évident entre le travail de Bruyère et la démarche du Designer Luigi Colani, inventeur du « Bio Design », qui, dans la même période que Bruyère, s’est attelé à introduire la courbe « sensuelle » au détriment de la ligne droite et des constructions anguleuses.
    Aéonautique, automobile ou même …. Pianos ! et architecture, mobilier, bagages …. (voir le site)
    Ses recherches parfois extrêmes ont fini par être d’une grande influence dans le design contemporain.

  • Léon

    Peut-être bien, mais attention, les formes ne sont qu’un élément de sa réflexion. L’essentiel est, je crois, ailleurs, dans la tentative de prise en compte de besoins qui ne sont pas que fonctionnels et rationnels.

    • Buster

      Bien sur Léon, Je suis allé vite, (pas suffisament de temps pour développer) la forme n’est pas le seul et unique élément, ni chez Bruyère, ni chez Colani, ni chez plein d’autres.
      Se greffent autour de multiples considérations techniques, philosophiques (le new-age en a d’ailleurs fait ses choux gras) réflexions qui partent dans tous les sens, des plus intéressantes aux plus fumeuses.

      Mais je suis bien d’accord avec Furtif, aussi.
      Ce genre de recherche, d’expérience, implique la vie de milliers de gens, ceux qui y vivent comme ceux qui croisent de l’extérieur.
      Et là, pour un type vraiment génial il y a « plenty of » de besogneux peu inspirés qui risquent de nous infliger leurs pensées du moment pour des centaines d’années.
      Les urbanistes modernistes (de 1920 à 1990) ont pratiquement tous failli. Qu’en sera-t-il de leurs successeurs ? Sans doute pas mieux.
      Je dis cela après une semaine à circuler dans de l’Hausmannien parisien, ce qui est toujours un émerveillement pour un provincial pourtant habitué de Paris.
      Comment parvenir à égaler maintenant, sans copier. Comment réinventer du futur classique qui dure sans reprendre toujours des solutions déjà éprouvées ?
      D’ailleurs, faut-il ?

      • COLRE

        Bonjour Buster 🙂

        Heureuse de ta réaction de spécialiste, car moi aussi j’allais jouer les grognon(e)s comme furtif… et je vois que ce n’est pas (seulement) mon côté madame Michu qui me fait réagir ainsi.

        Tout cela vient d’une une (très) franche exaspération à l’égard des architectes d’après-guerre et des pouvoirs publics des 30 Glorieuses, chiches ou dispendieux, aveugles ou bluffés par les glands narchitectes, en tous cas irresponsables, qui leur ont donné carte blanche pour « nous » construire des habitats inhabitables de mauvaise utopie (comme on dit de mauvaise graisse), sans parler des odieux « espaces verts », des célèbres « barres » et autres clapiers…

        Je réalise que tu fais commencer le mouvement en 1920 ? je pensais que c’était plus récent, après guerre.

        En tout cas, merci Léon, c’est un immense sujet, passionnant et passionnel, mais il vaudrait mieux en discuter autour d’un vrai verre pour s’écharper tout à notre aise et refaire le monde… car , il y a de quoi faire…

        L’habitat est pour moi l’un des domaines les plus fondamentaux de la vie en société…

  • D. Furtif

    Contribution polémique

    J’ai depuis l’enfance été cerné par les gens du bâtiment.Des corps de métiers à ceux, métreurs et dessinateurs qui travaillent pour un architecte et un architecte pour finir. Ces gens là avaient des fréquentations et des lectures…;pas moyen d’y échapper.
    Bin mon colon!
    Ils ne m’ont jamais convaincu.
    Un petit peu militant politique et syndical sur les bords, les prétentions sociologiques et les visions de la société que les urbanistes et architectes prétendent initier ou déclencher par l’habitat et l’urbanisme m’ont toujours …soyons modérés …un peu énervé.
    Et pourtant au milieu de tout ça il arrive que les affirmations péremptoires de ces gars là se vérifient à 200%
    Ma fille architecte m’a dessiné une maison…..unique au monde. Trois planches , du plastique et des piliers…
    J’y vis depuis dix ans et vous ne n’imaginez pas la suite.
    Elle avait raison.

    Ça va à l’encontre de toutes mes conclusions savamment bâties colère après colère avis définitif après condamnation; c’est une machine qui marche. Une machine à vivre.et ça me troue.
    C’est bien pourquoi j’ai lu l’article de Léon , sinon il aurait pu attendre.

  • yohan

    Merci Léon, j’aime ce genre de sujet. Plaire à tout le monde est un exercice difficile, pour un architecte aussi.
    J’ai vu des trucs de le Corbusier encensés à son époque et qu’on trouve moche et dépassé aujourd’hui. S’il a construit aussi des cages à lapins, non sans génie parfois, il travaillait sur instructions et avec les matériaux de son époque. J’avais un pote jadis dont les parents s’étaient fait construire (avant qu’il ne soit célèbre) une maison de campagne top moderne griffée le Corbusier, du côté de la plage de la Palmyre, et j’y ai passé de bonnes vacances. Une grand aquarium de verre que nous trouvions génénial à l’époque. J’ai appris plus tard qu’ils avaient eu du mal à la revendre.
    Sinon, j’aime bien cette idée que la ligne droite est une insulte….Son oeuf, ça aurait eu de la gueule placé non loin de la pyramide.

    • COLRE

      Salut yohan, 🙂
      Le Corbusier, je préfère même pas y penser…
      Qqu’un sait si c’est vrai ou pas la fameuse « intention » qu’on lui prête de raser le Marais ?

      • Léon

        Je crois bien que oui, Colre…

      • D. Furtif

        Bonjour Colre
        C’est vraiment un débat où je n’ai aucune conviction ,ni idée tout prête , ni solution, rien que des contradictions et des doutes.
        Un truc à mener autour d’un vrai verre en effet .

  • Léon

    L’architecture est un truc bizarre, c’est un peu comme la couture : de toutes façons ton vêtement aura une forme, une texture, une consistance. De toutes façons ton bâtiment aura un toit, des murs, des fenêtres, des sanitaires, des cloisons etc. Alors pourquoi ne pas réfléchir dessus, essayer de trouver ce qui t’est le mieux adapté ?

  • COLRE

    Buster dit que la plupart des urbanistes modernistes ont failli (met-il les architectes dans le même sac ?) : je suis d’accord…

    Je n’ai pas eu une haute opinion des architectes (je connais moins bien les urbanistes,) avec un bémol : quand un architecte réunit les qualités de l’artiste véritable et de l’ingénieur imaginatif, l’oeuvre peut devenir extraordinaire, à vous réconcilier avec la profession…

    Mais j’y mettrais encore un bémol : les oeuvres architecturales (et urbanistiques ?) sont exceptionnellement connectées à la réalité quotidienne des gens. Faire des ponts, des opéras ou des universités : ok, mais dès qu’ils s’occupent de tout ce qui de près ou de loin concerne le logement, ça part en quenouille.

    On va dire que je fais une fixette : mais je fais remarquer que les architectes étaient rarement des femmes… J’ai passé mon enfance à entendre maman râler sur les plans de merde fait par les Grands narchitectes qui n’avaient sans doute jamais lavé une paire de chaussettes, rangé la vaisselle ni fait cuire un oeuf…

    Et quelle femme n’a rêvé de tordre le cou à l’architecte de service en rentrant seule, le soir chez elle à travers ces pelouses tirées au cordeau, superbes sur la planche à dessin, mais immenses, mal éclairées, désertes et inhumaines?

    • Buster

      Bonjour COLRE,

      « Mais j’y mettrais encore un bémol : les oeuvres architecturales (et urbanistiques ?) sont exceptionnellement connectées à la réalité quotidienne des gens. Faire des ponts, des opéras ou des universités : ok, mais dès qu’ils s’occupent de tout ce qui de près ou de loin concerne le logement, ça part en quenouille.
      On va dire que je fais une fixette : mais je fais remarquer que les architectes étaient rarement des femmes… J’ai passé mon enfance à entendre maman râler sur les plans de merde fait par les Grands narchitectes qui n’avaient sans doute jamais lavé une paire de chaussettes, rangé la vaisselle ni fait cuire un oeuf… »

      Et pourtant justement, Le Corbusier l’a fait, il s’est intéressé à la vie des gens, à la façon de vivre, de ranger, d’occuper un appartement, il en a même fait une théorie « Le Modulor » dont il s’est servi pour la fameuse « Maison du Fada » (La cité radieuse) de Marseille ou d’ailleurs. J’ai souvenir de témoignages de gens habitant cet immeuble (cette unité d’habitation selon le terme choisi) qui appréciaient.
      « Les proportions d’une cité radieuse sont calculées avec le Modulor qui est un système de mesures des rapports entre les habitants et l’habitat basé sur le nombre d’or et la suite de Fibonacci. »
      Asinus pourra peut-être nous en dire plus ?

      • COLRE

        Le Corbusier s’est intéressé vraiment à la vie des gens ? ah bon ? mouais… faut voir de quelle manière… c’est bizarre comme j’ai pas confiance… 🙂
        Car… euuuuh… cette histoire de « modulor », on dirait du Cabanel…

        Ce n’est pas lui qui a fait des immeubles ronds et des murs courbes partout dans l’appart, avec impossibilité d’y mettre le moindre meuble…?
        En fait je crains comme la peste les illuminés quand ils déclarent s’occuper de ma vie et de mon bonheur…

  • Léon

    Bien sûr, il s’y est intéressé, Colre et la Cité radieuse de Marseille en est un très bon exemple. Il ne faut pas se fier à l’aspect extérieur « barre d’immeuble » .

  • Buster

    Amusant, cette discussion. Je suis plongé depuis avant-hier dans la pré-étude d’une construction pour un nouveau projet professionnel.
    La page est blanche, seul un décompte sur mon bloc m’indique les grandes lignes : 500m2 de studio, d’ateliers de fab et de bureaux.
    Et je redécouvre les joies de l’équilibriste qui devra osciller entre son banquier et ses envies, ses besoins et les contraintes multiples, ses désirs et sa raison.
    Tous ceux qui ont déjà connu les affres d’une construction compatiront, et pourtant c’est avec un grand plaisir que je me projette dans ce nouveau projet.
    J’ai toujours aimé cette obligation de me colleter aux réalités, de chercher des astuces, des solutions, des équilibres, et même de l’esthétisme, même pour un bâtiment voué à être à priori surtout pratique et efficace.

  • Causette

    Bonsoir Léon bonsoir à tous
    L’histoire de cet architecte est très intéressante. Dans ce métier la concurrence a l’air d’être très dure, et il est difficile pour nous de comprendre les choix des élus pour un architecte plutôt qu’un autre pour des bâtiments publics. Comment peut-on accepter ce genre d’immeubles horribles (Noisy le Grand); par le même architecte des camemberts . Quand vous arrivez dans ce genre d’endroit, surtout le soir, c’est d’un lugubre épouvantable.

    Comme les artistes, nos architectes ont des prix:
    L’Equerre d’argent, mention spéciale 2010 a été attribué à cet horreur. Ici photo pendant la construction. Zac de Dunkerque

    Le prix premiere oeuvre 2010 à ce hangar et lieu de repos à Locoal-Mendon

    Le prix d’argent 2010 à la médiathèque Oloron ste-Marie de Pascale Guédot.

    • Buster

      Causette,
      Le projet « Grand Large » de Dunkerque me semble très intéressant, novateur avec des références architecturales au style flamand, un rythme.
      Il faudrait le voir en vrai, mais les différentes vues du projet que j’avais aperçues m’avaient beaucoup intéressées.
      Il prend la place d’une friche industrielle qu’il transforme en quartier nouveau, front de mer très reconnaissable. Certainement une signature visuelle importante pour Dunkerque.

      Par contre je suis d’accord avec vous pour l’architecture de Noisy le Grand qui me fait irrésistiblement penser au croisement malencontreux d’un architecte stalinien avec le décorateur azimuté d’un film de science fiction bien glauque.

      • Causette

        Vous avez raison Buster, il faudrait aller sur place pour mieux se rendre compte de l’ensemble. Dunkerque, l’église des Dunes, IXe siècle, une ville historique.

        Ne trouvez-vous pas regretable que dans toutes les villes, du nord au sud, d’est en ouest, nous retrouvons de plus en plus de ces vilains bâtiments sans âme tous pareils, sans recherche d’esthetisme ni d’harmonie avec l’histoire et le style de la région, son climat, etc, surtout les bâtiments administratifs, mais pas seulement. Par exemple, le palais de congrès de Dunkerque n’est pas terrible de l’extérieur, aucune originalité, on croirait un centre commercial, et c’est comme ça partout pour le genre équipement culturel.

        Les architectes à la « Noisy le Grand », croisement mi-stalinien mi-gréco-romaine, on les appelle les beaufs-fils :mrgreen: Bonjour les dégâts

    • Buster

      hks,
      Que voulez-vous dire ?
      Vous comparez une architecture moyenâgeuse, puis XV° XVI° XVII°… classée au patrimoine mondial de l’humanité…… avec un projet d’architecture contemporaine qui date de 3-4 ans, qui n’est pas encore complètement terminé ?
      Je ne vois pas comment on peut faire.
      Est-ce que vénérer Bruges empêche d’aimer des projets contemporains ?
      Faut-il continuer à construire selon les canons du XVII° ?

      Expliquez-moi le sens de votre remarque, svp.

  • Léon

    Bonsoir Causette, bonsoir tout le monde. Je crois que beaucoup d’architectes font n’importe quoi, de l’original pour de l’original sans vraiment se soucier de ceux qui vont vivre dans leurs bâtiments. Maintenant, avant de porter un jugement sur leurs réalisations, il est important d’y vivre, se contenter de regarder les facades est insuffisant. On a, en raison du développement très rapide de Montpellier, des quartier entiers qui sortent de terre avec des réussites diverse et imprévisibles. Le quartier d’Antigone, de Bofill continue d’être très mort le soir sauf sur les rives du Lez et les gens, finalement n’ont pas l’air d’aimer y habiter et je ne comprends pas trop pourquoi. On a un nouveau quartier qui vient de sortir, celui de Malbosc qui est très enthousiasmant, comme ça, à voir de l’extérieur. Mais c’est toujours la m^me interrogation : y a-t-il ce qu’il faut pour que le quartier soit agréable? Pourvu de commerces, de bistrots, d’écoles, de crèches de moyens de transport etc ?

  • Buster

    Pour aller encore plus loin qu’hks dans les références architecturales, je vous propose un choc connu, merveilleux, que j’ai eu la chance de visiter.
    Non pas 1, je vous en offre 2.
    2 merveilles
    Au Yémen :

    Shibam
    Sanaa

  • Léon

    Salut Buster : je sais bien qu’il y pleut rarement mais ces maisons en terre résistent-elles à la pluie quand elle tombe ? J’ai vu il y a peu de temps un reportage sur cette technique de construction qui était présentée comme simple, peu coûteuse et avec des qualités thermiques remarquables. Mais rien n’était dit sur la résistance à l’eau, sur la solidité dans la durée et finalement ce reportage posait plus de questions que de réponses. Je sais qu’il y a, à Grenoble je crois, une école d’architecture qui étudie cette technique.

    • Causette

      Bonjour Léon, bonjour Buster, bonjour à tous

      Je me demandais aussi avec quels matériaux étaient construits ces bâtiments au Yemen. Pour la vieille ville de Sana’a (très belles photos) : maisons en pisé.

      Buster, vous pourriez nous raconter en quelques mots votre séjour au Yémen. un article peut-être? 😆
      Voici quelques jolies photos en attendant.

  • Léon

    Bonjour evribodi. Causette, c’est bien un architecture à base de terre crue séchée. Il y a eu un renouveau de ces techniques qui étaient utilisées aussi en pays tempérés, y compris dans les campagnes françaises. Mais je crois que ces techniques ont peu d’avenir chez nous, fait pas assez chaud et pas assez sec. Voir ici les avantages et les inconvénients.

  • Léon

    On trouvera ici des exemples intéressants de réalisations modernes en terre crue. et ici de nombreuses photos

  • Buster

    Rapidement, quelques précisions sur les techniques de construction dans la région de Shibam (classée, tout comme la veille ville de Sanaa, au patrimoine mondial de l’Unesco).

    La première opération consiste à fabriquer des briques pleines, (de différentes dimensions selon les besoins) avec un mélange de terre argileuse d’eau et de paille, moulées à la main dans des champs en bord de route.
    Dès qu’elles sont moulées les briques sont laissées sur place pour sécher et « cuire » au soleil (qui cogne fort dans ces coins)
    Une fois sèches elles sont assemblées en murs assez épais, liées par un mortier argileux, sans doute la même terre car la couleur est rigoureusement identique.
    Plus tard les murs sont enduits, toujours avec le même mortier.
    Les parties hautes, celles qui reçoivent la pluie, les terrasses, sont chaulées. La chaux est également produite sur place, préparée dans des bacs où des hommes la battent, puis cuites dans des fours artisanaux.
    Au Yémen les maisons sont le plus souvent des tours, chaque étage étant réservé à une utilisation.
    Le RDC est occupé par les animaux, chèvres et moutons. Les 2 – 3 – 4 (ou plus) étages au dessus sont la cuisine, puis les chambres. Le dernier étage est le mafraj, la salon réservé aux hommes où ils mâchent le quat tous les après-midi sur de gros coussins plats.
    Enfin, au dessus il y a une terrasse où les gens viennent parfois dormir quand il fait trop chaud dans les maisons.

    Les maisons sont facilement entretenues quand la couche d’enduit extérieur se dégrade trop, en rapiéçant avec un nouvel enduit ou en les chaulant à nouveau.
    Sinon elles finissent par s’effondrer lentement en poussière.
    Des maisons plus « modernes » d’aspect sont toujours construites selon le même procédé dans la région Hadramaout.

    Dans la région de Sanaa, la technique de construction est un peu différente, avec plus d’ornements, et l’emploi de pierres, mais les constructions à étages conservent le même ordonnancement même si les animaux ont pour la plupart disparu du centre de la vieille ville.

    Causette, j’avais fait un article ici en 2009, qui parlait du Yémen. (après un attentat meurtrier à Shibam en 2009)
    (Si Léon le souhaite il est disponible à l’édition sur Disons) 😉
    Voici un autre site de photos superbes sur le Yémen.

    Les Yéménites sont vraiment des bâtisseurs prodigieux !

    • Causette

      Buster j’ai lu votre article sur le Yemen. Hélas ça ne s’arrange pas d’après Amnesty International Rapport 2010
      Avez-vous toujours des nouvelles de votre ami Hassan.
      J’ai vu il y a quelques temps un documentaire sur l’archéologie au Yemen. Assez curieux, les archéologues n’arrivaient pas à avoir l’autorisation du « caïd du coin » pour aller sur un site de fouilles alors qu’ils avaient l’autorisation du gouvernement. C’était assez suréaliste, on voyait les bonhommes se réunir et consommer le qat. Mais une chose est sûre, le site était littéralement pillé! Un des pilleurs passait commandes et vendait sur ordres avec son téléphone portable devant la caméra 🙄

      ➡ Relevé dans le rapport 2010:
      Discrimination et violences contre les femmes et les filles
      Fauzia al Amudi, âgée de 12 ans, est morte en couches au mois de septembre. Mariée à l’âge de 11 ans à un homme de 24 ans, elle avait été en travail pendant près de deux jours avant d’arriver à l’hôpital le plus proche, situé à une centaine de kilomètres.

      • Buster

        C’est un pays compliqué, très compliqué pour des occidentaux qui (en plus de tout le reste …) comprennent mal l’organisation tribale qui est souvent beaucoup plus puissante que le gouvernement central.
        Un des archéologues que vous avez vu dans le reportage doit être l’ami que nous étions allés retrouver. Il a vécu plus de 15 ans au Yémen. Son épouse venait de terminer la restauration d’une mosquée, un projet qui a fait la fierté du gouvernement yéménite (La restauration a obtenu le très côté Prix Aga Khan d’architecture) et que nous avons visité, en compagnie d’une sénatrice française, accompagnés par un convoi militaire de 4 jeeps pour sécuriser alors que le chantier n’était qu’à une trentaine de kilomètres de Sanaa. MAM était passée la visiter quelques jours avant nous.
        Quant à Hassan, il va bien d’après ses dernières nouvelles, mais il n’a guère de travail.
        Il espère venir en France cet été, ce sera l’occasion pour moi de refaire un point sur les actualités de ce pays.

        Pfff, cela nous éloigne un peu beaucoup d’André Bruyère.
        Mille excuses Léon. 😐

  • hks

    à Buster
    Expliquez-moi le sens de votre remarque,
    Si vous avez le choix d habiter à Bruges ou à Dunkerque , vous choisissez quoi ?
    je suis pour une architecture qui affirme le décoratif dans l’apparence extérieure des bâtiments .
    Le décoratif c’est le plus à l’indispensable (lequel est le minimum ).
    NOusavonsde façades muinima

  • hks

    ( suite et fin , je n’ai pas de temps disponible là )

    Nous avons à Dunkerque des façades minimalistes .

  • maxim

    je regarde avec l’oeil du professionnel du BTP que j’étais….c’est surtout le boulot des ferrailleurs d’abord,et des coffreurs ensuite qui est remarquable ….après,couler c’est basique ou presque,il faut bien vibrer l’ensemble pour tasser le béton au maximum …

    maintenant,avec le bois lamellé compressé on fait à peu près ce qu’on veut ,mon dernier chantier a été de bosser à la construction d’un tennis couvert avec une belle structure cathédrale,toute la charpente est arrivée par la route,puis une grue à tout présenté sur place ,y avait plus qu’à assembler ,et mettre rapidement hors d’eau ! rien comme boulot à côté des belles réalisations en béton !

    • D. Furtif

      Bonsoir Maxim, il y a la chaisière Annie qui te cherche des poux , comme quoi t’aurais pas de papiers en règle

  • Léon

    Maxim, vous connaissiez la technique des fusées-céramique ? Il y a le lien dans l’article ( dans l’intro) C’est là et il faut suivre les liens.

  • maxim

    bonsoir Léon …eh bien non,je l’apprends,et c’est génial,simple mais encore fallait il y penser !

    salut Furtif ..oui j’ai été contrôlé ,manquait plus que l’alcootest !

    suis passé au Bar également !

  • maxim

    oui alors là sur la dernière photo,c’est le principe de la baraque Faure,une structure en acier rainuré qui qui fait toit et murs,

    et là bien entendu avec ce principes de cylindres emboîtés bout à bout,on peut réaliser toutes les voûtes que l’on veut,et y’ a plus qu’à enduire!

    et maintenant,au prix de la main d’oeuvre vu le temps passé qu’on imagine,ce ne serait plus possible pour être compétitif !

  • Asinus

    yep c’est pour ça que j’aime ce blog ou voulez vous que j’aille apprendre des trucs comme ça.
    juste comme ça moi j’aime les grande structures en bois j’ai eu l occasion de voir la charpente du parlement de Rennes entre autre .

  • D. Furtif

    Asinus il est aussi de petites structures en bois qui méritent le détour
    En passant comme ça , mon frère détenteur d’une qualification très pointue dans le bâtiment a passé de 15 à 20 ans de sa vie entre chômage, stage et boulots bidons ( emplois ouvrant à)et ma belle fille architecte DPLG est vendeuse depuis 10 ans.

    C’est dire l’état des métiers du bâtiment
    Les seuls que j’ai vu s’en sortir sont les électriciens plombiers chauffagistes. Nombreux sont parmi mes élèves ceux qui se sont installés à leur compte avec succès.

  • Léon

    Mon rêve à moi, c’est la maison en bois. L’isba, quoi…. 😆

  • Agoraneuneuphobe

    Merçi Léon pour cette découverte
    l’œuf me fait penser à cela =
    http://www.odeaubois.be/wordpress/?cat=12

    Vous connaissez ?
    http://utopies.skynetblogs.be/archive/2009/01/21/chaneac-1931-1993.html

    C’était un ami, et sa maison à aix-les-bains, et quelque chose d’étonnant =
    Bien qu’y ayant séjourné de nombreuses fois, il était impossible d’avoir une idée du volume réel de cette maison ( sur trois niveaux)
    Que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur.

  • Agoraneuneuphobe

    http://stefaninijournal.com/evenements1006.htm
    la maison Chaneac à Aix les bains.
    (pas de photos persos, j’ai jamais réussi a la phographier correctement, encore plus difficile que les orchidées!)

  • Léon

    Ca a l’air effectivement curieux, mais je me méfie un peu des formes pour les formes. Il faudrait habiter dedans pour voir. Ce que j’ai toujours apprécié chez Bruyère c’est qu’il ne transigeait jamais avec les aspects techniques et « l’habitabilité », la commodité.

  • Agoraneuneuphobe

    j’ai un peu habité dedans, suprenant, et au final très commode.
    je suis assez méfiant aussi du « les formes pour les formes » de nature rochonne et souvent agressé par les archis qui exposent leur « ventres » 🙄

    hihi! cela me rapelle des discus enflammées avec Jean-louis ou pour faire de la provoc je lui disais qu’ils faudrait faire un  » nuremberg des archis » pour crime contre l’humanité :mrgreen: