Education Nationale : une cocotte-minute au bord de l’explosion ?

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Faut-il s’attendre  à une explosion sociale au sein de l’Education Nationale ?

Plusieurs indices semblent indiquer que la politique de suppression de postes atteint désormais un seuil critique au sein de l’Education Nationale  et on doit s’attendre dans les mois qui viennent, mais plus sûrement à la rentrée prochaine, à des tensions très vives et probablement inédites au sein de cette administration pourtant coutumière de mouvements sociaux.

Déjà, un rapport des inspecteurs de l’EN de sept 2010 qui devait rester confidentiel et qui a été révélé par Mediapart  pointait un certain nombre de problèmes inquiétants : le manque de profs remplaçants devient réellement ingérable et la politique de proposer à des enseignants retraités de remplacer temporairement leurs collègues absents a fait un bide assez complet.

Les effectifs par classe augmentent, en gros il a fallu accueillir 25 000 élèves en plus avec de deux à trois mille emplois en moins. Près de 16 000 postes ont été supprimés, pour l’essentiel ceux des enseignants stagiaires dans le cadre de la réforme de la formation mais dont on sait qu’elle a eu des effets pervers, notamment des découragements et abandons de la part de profs débutants.

Plus généralement il faut comprendre que tout ce qui pouvait être supprimé  sans trop de dégradations visibles et évidentes du service public a été fait et que l’on est désormais au taquet, que les suppressions d’emplois si elles continuent, comme tout le laisse prévoir, vont attaquer dans le dur, dans l’insupportable. C’est déjà vrai pour le personnel administratif notamment au niveau académique qui est devenu le cadre de gestion « normal » mais avec des moyens en diminution.

Seules les écoles primaires semblent pour l’instant épargnées, mais pour quelques années seulement en raison de la démographie.

La FSU est on ne peut plus explicite en marge de son refus d’assister aux vœux présidentiel :.

« La situation que nous vivons aujourd’hui est exceptionnelle, sans précédent depuis plusieurs dizaines d’années. Les mesures prises sous la responsabilité du chef de l’État sont par leur ampleur et leurs conséquences d’une telle gravité pour la très grande majorité des citoyens et pour l’avenir de notre pays que la présence de la FSU à ces vœux apparaît impossible. (…) »

Le revirement récent de Sarkozy  sur la formation des enseignants et les ronds de jambe au personnel éducatif n’ont pas d‘autre explication : il sait que tous les clignotants de l’EN sont désormais au rouge vif et que la rentrée prochaine risque d’être explosive.

Tout ceci est  à mettre en parallèle avec un autre rapport, celui de la cour de comptes qui est passé un peu à la trappe, mais qui pointe, en plus, un manque d’efficacité et une gestion aberrante.

Un service public qui marche mal, des personnels  soumis à un stress qui devient anormalement élevé , notamment dans les quartiers difficiles, on a ici tous les ingrédients d’un conflit dur.

54 comments to Education Nationale : une cocotte-minute au bord de l’explosion ?

  • yohan

    Il n’y a plus de sous dans les caisses de l’Etat. Notons qu’avec un peu moins d’arrêts maladie, et le retour des profs qui n’enseignent pas car affectés à d’autres tâches dans des établissements publics ou para publics (affaires étrangères, Cité des Sciences, etc…) on pourrait rétablir sans peine la situation. D’autre part, quand j’étais au Lycée nous étions 42 élèves par classe, et actuellement dans le lycée de ma fille, ils sont 34. Je n’ai pas souvenir qu’on ne pouvait pas y faire classe correctement.
    La question de fond, c’est la réforme du mammouth, impossible à faire dans ce pays. l’école fonctionne comme un navire à la dérive. Comment expliquer qu’il faille tant de remplaçants. Je crois surtout que beaucoup d’enseignants ne sont pas taillés pour faire ce métier et l’incohérence et l’impuissance du système finit par miner les profs. En gros, on pourrait augmenter sans fin les effectifs que ça ne résoudrait en rien le problème.

    • COLRE

      Salut yohan,

      Je t’ai connu plus inspiré… 😉 car, bien sûr, si je te lis, l’EN fonctionnerait parfaitement (« rétablir sans peine la situation ») tout simplement avec des profs moins malades… –pardon : ayant « moins d’arrêts maladie », ce qui ne veut pas dire, warf warf suivez mon regard, qu’ils sont malades…– et des profs qui enseigneraient vraiment (et pas « affectés » ailleurs ou faisant semblant).

      Et que toi, yohan, ait été au lycée un jour, dans une classe de 42 élèves, et que tu en as gardé un « bon souvenir », il faut donc en conclure qu’actuellement, dans l’ensemble de l’EN, en voilà encore qui se plaignent sans raison de classes « surchargées »…

      Ah là là… ces histoires de mammouth… encore des histoires de mauvaise graisse. Allez ! au régime, tout ce petit monde grassement payé et grassement traité, toujours en vacances, toujours malades, et se permettant, en plus, de désirer un peu de reconnaissance…

  • Causette

    Bonjour Léon, Yohan, Colre

    Un ancien proviseur renvoie ses Palmes académiques
    « Scandalisé » par les primes au mérite attribuées aux recteurs (de 15 000 à 22 000 euros) et les suppressions de postes, Michel Ascher, proviseur de l’académie de Lille en retraite, a décidé de renvoyer sa distinction au ministère de l’Education.

    Tout ce qui est « public et république » doit disparaître (il y a un an)

  • yohan

    Colre,
    Note que je n’ai pas écrit « parfaitement ». Mais si tu veux mon opinion, l’EN ne m’intéresse plus et j’en ai soupé d’entendre leurs jérémiades, et encore plus celle de la FPE réclamant toujours plus à la louve nourricière sans se remettre en questiionj. De plus, j’ai assez à faire avec les soucis de ma PME au quotidien, et pourtant, je ne passe pas mon temps à me plaindre.

  • yohan

    J’ai comparé ce matin les charges sociales de mon bulletin de paie sur 10 ans d’écart. Non, je ne rêve pas, les charges sociales ont grimpé de 18% à salaire constant. Plus, je ne peux pas donner et mon entreprise non plus. Faudrait peut-être voir aussi les dégâts irréversibles que notre modèle de « redistribution » cause à notre économie et à nos entreprises. Continuons à pratiquer la politique de l’autruche et bientôt, il n’y aura pas plus beuacoup d’entreprises viables en france pour payer la dîme. Lire ceci pour s’en rendre compte

  • Causette

    Je n’ai pas connu l’école publique donc je ne peux pas trop en parler en connaissance de cause.

    Actuellement je dirais qu’il est urgent de créer une ENP, Ecole nationale pour les parents. Pour ceux dont les enfants ont des difficultés à l’école, pour les nouveaux arrivants qui s’installent en France, etc… Cette école de parents seraient bien entendu fortement conseillée, sinon obligatoire comme l’éducation de leurs enfants est obligatoire. Comment voulez-vous que des enfants s’en sortent avec tous ces cours si leurs parents ne peuvent les aider?

  • COLRE

    Bonjour Léon,

    Oui, l’Ecole, comme le reste, est au bord de l’explosion…
    Les gouvernements, depuis 10 ans, considèrent qu’il y a trop de fonctionnaires, que le Service public n’a plus de raison d’être (« public »), que tous ces parasites coûtent trop chers à l’Etat qui ne peut plus payer le bouclier fiscal ni alimenter les niches fiscales des amis –pardon : des forces vives de la Nation–…
    On restreint toujours plus et on supprime les crédits de fonctionnement, on supprime toujours plus les postes, on ne maintient pas les effectifs d’équipes déjà surbookées, on ne maintient même pas les niveaux de salaire, tout cela pendant des années et des années, et aujourd’hui, il faut s’étonner de la situation déplorable ??

    – l’école ne peut plus accomplir sa mission éducative et devient une source de chômage, de violence et de délinquance.

    – il y a des coupes sombres dans les effectifs policiers, des déploiements imbéciles des maigres effectifs vers des protections démesurées au moindre déplacement du chef de l’Etat pour éviter les sifflets sur son passage, alors qu’on manque du minimum nécessaire au maintien de l’ordre là où il le faut, dans les cités par exemple où sévit la délinquance organisée et le grand banditisme…

    – on rabiote partout, dans les grands services, des transports et de la route par ex., et on s’étonne que le pays soit paralysé avec 10 cm de neige ?? que des centaines de millions d’euro soient perdus, des manques à gagner colossaux par l’immobilisation des camions, des avions, des trains et du fret, des travailleurs qui vont bosser en voiture…
    Là, ce ne sont pas les grèves, pourtant…
    On crée une commission, bien sûr, à grand renfort de défraiements des commissionnaires, comme la dernière, qui nous a pondu quoi comme résultat ?? accrochez-vous : « il y a eu des dysfonctionnements »… noooon ? pas possible ?…

    – la SNCF n’est plus en mesure de faire arriver les trains à l’heure… les usagers en ont marre à un point inimaginable : ils font même la grève du billet ! c’est dire… Là aussi, des centaines de milliers de voyageurs tous les jours ne peuvent plus compter sur ce moyen de bosser, ils ne peuvent plus arriver à l’heure, ne peuvent plus donner ou prendre de rdv…
    Des lignes sont fermées car « non rentables »… et c’est rentable d’obliger à des millions de transport par an en voiture ?

    C’est quand même fantastique de découvrir que les travailleurs du service public servaient à quelque chose maintenant qu’ils ne sont plus là…
    Et on s’étonne que plus rien ne marche ?… à grand coup de boutoir idéologique, on organise la démolition programmée de toute la structure sociale, et l’on s’étonne que les Français soient appauvris, furieux, angoissés, pessimistes… ? on moque leurs « jérémiades »…

    Alors les pouvoirs cachent, mentent, enfument… Cela devient un sport gouvernemental, aucun mensonge n’est trop gros. Ils peuvent dire absolument l’inverse du discours précédent sans que cela ne dérange quiconque, sans vergogne…


    Je comprends la tendance extrémiste radicale actuelle… Quand on observe un tel cassage de la société, avec en plus les leçons de morale à la clef et la morgue du Pouvoir, c’est sûr qu’on a envie d’un grand coup de balai.

    Vous savez ce que vient de dire Le Pen, comme le rappelle JFK ? « à chaque fois qu’un secteur est transféré du public vers le privé, cela se traduit par une régression de l’égalité et par une explosion des coûts »… 
    La gauche dit la même chose…!! 😯 mais les électeurs, exaspérés et fous de rage qu’on ne cesse de les renvoyer à leur « paresse » ou leur « archaïsme », ils l’entendent aussi ce discours, alors qu’ils voient les messages et prébendes envoyés aux plus riches par la sarkozye… : « les riches bradent leur patrie tandis que la patrie brade ses pauvres ».

    • Causette

      Tout à fait d’accord avec vous Colre. Mais on nous serine à longueur de temps que c’est la faute à l’Europe. Ah! L’Europe… où seule compte la compétitivité.

      • COLRE

        Bonjour Causette,
        Eh oui, c’est tellement plus simple, l’Europe a bon dos.
        Je me demande à quoi vont ressembler les prochaines élections… abstentions massives ? les gens sont tellement exaspérés que tout est possible.

        Le Pen ? possible qu’elle attire du monde… Melenchon ? il a tellement l’insulte et le mépris à la bouche qu’avec lui on se croirait sur AV ;-)… mais cela peut plaire.
        Une façon de gueuler sans risque… enfin… sans risque : faut voir.

    • Léon

      Pardon, je manque à tous mes devoirs : bonjour Colre, bonjour Causette, bonjour evribodi !

  • maxim

    l’éducation nationale est l’institution qui touche le plus gros budget,devant la défense nationale et l’engagement de l’état!

    alors oui,personne ne conteste le rôle de l’éducation nationale ..mais n’y a-t-il pas un corporatisme tel que c’est un corps d’état pratiquement intouchable ?

    dans ma famille,il y a des enseignants,mon ex- épouse était prof d’histoire -géo …j’ai des amis enseignants également,bon,je connais bien la mentalité de ces gens,il ne veulent surtout pas entendre parler de réformes,

    on ne touche rien,on est des intouchables,tous ceux qui ne sont pas comme nous sont des cons,on est une caste,et pas touche à nos privilèges !

    je n’éxagère pas,c’est ça !

    • COLRE

      « intouchable » ?? 😯 😯 ben dis-donc, il a été salement touché pour un corps intouchable… tu rêves ?

      Mon cher Maxim, tu nous sers là une belle collection de clichés 😀 : « ils ne veulent surtout pas entendre parler de réformes » ?? mais tu plaisantes : ils en appliquent des nouvelles TOUS LES ANS !!! l’EN et l’université sont l’endroit où l’on assène le plus de réformes ! il faudrait les compter, en 20 ans…
      Alors, si on les laissait un peu bosser tranquille 2 ou 3 ans de suite sans les emmerder continuellement avec les réformes bureaucratiques concoctées par la haute administration ? aussi loin que possible des vraies réalités du terrain que proches des idéologies les plus rigides et inefficaces ?

  • yohan

    colre,
    Tu ne peux quand même pas nier ce corporatisme. Si l’on empile les réformes sans succès c’est autant la faute du GVT que des profs eux-mêmes. Il faut tout revoir. Je suis pour l’autonomie des établisssements avec pouvoir d’embaucher les équipes pour les chefs d’établissement.

    • COLRE

      Mais yohan, je ne nie pas le mot « corporatisme », je nie sa signification et la portée idéologique qu’on veut lui accoler de façon très opportune quand on veut attaquer un secteur d’activité…

      Lorsque Copé fait passer son amendement qui absout les députés lors de leurs déclarations de patrimoine falsifiées : c’est du « corporatisme » ? Lorsque les sénateurs se votent des lois ad hoc pour les privilèges de leurs retraites : c’est du corporatisme ? quand les policiers demandent des commissariats et des moyens : c’est du corporatisme ? quand les agriculteurs demandent des aides spéciales et coercitives pour qu’on leur achète leur lait à un prix décent : c’est du corporatisme ?

      Le corporatisme est partout et donc nulle part… seuls comptent les intérêts légitimes des uns et des autres, les concessions réciproques et les dialogues sociaux.

      Les agressions continuelles et à sens unique vis-à-vis d’une corporation qui existe et a évidemment son rôle dans le fonctionnement social finissent par être exaspérantes…

    • COLRE

      … quant à dire que l’empilement des réformes, c’est aussi « la faute aux profs », alors là, c’est la meilleure.

      Je connais mal l’Ecole, mais je peux te dire qu’à l’université, les réformes, c’est tous les ans !! on n’a pas fini de s’organiser à appliquer les nouvelles mesures de l’année précédente, qu’un train nouveau arrive.
      Et figure-toi, que la plupart ne changent rien ! une strate de plus, un niveau de commission supplémentaire, les horaires qui changent, des nouvelles appellations pour la même chose, un nouvelle fournée de sigles abscons, un nouvel épithète qu’on colle partout (en ce moment la mode c’est : « d’excellence »… s’il suffit de le dire…)…

      Et puis, figure-toi, que les réformes qui viennent du ministère écrites en novlangue mâtinées de volapuk, il faut d’abord trouver un interprète qui sache parler la langue, il faut en discuter, je ne te raconte pas les dizaines de réunions de 2 ou 3 heures pour se mettre d’accord, pour comprendre, pour trouver des solutions aux injonctions mal pensées ou stupides, pour appliquer… etc etc etc !

      Et je ne te parle pas des secrétaires et autres administratifs locaux : chargés d’écrire, composer les nouveaux organigrammes, les brochures pour les étudiants, de faire copies à tous et aux autres, à répondre aux mulitiples demandes d’explications…

      Des milliers d’heures perdues… pour quoi ? pour rien…
      Eh, au fait : et pendant ce temps là, on essaie aussi de bosser…
      Et puis l’année suivante : rebelote !
      Et tout ça pour quoi ? rien… juste une pile de plus de n’importe quoi, de règlements et de paperasses et de rigidité bureaucratique…

      Et faudrait aimer « les » réformes ??? mais tout cela est une vaste escroquerie idéologique…

  • Léon

    A Yohan sur les profs et l’EN :
    Moi aussi j’ai connu des classes à 50 élèves en terminale. Mais ce n’étaient pas les mêmes élèves. Globalement plus disciplinés (ou soumis, ou respectueux, comme vous voudrez).
    Le collège unique n’existait pas et beaucoup d’enfants étaient orientés très tôt vers de l’apprentissage ou des métiers ouvriers
    Le chômage était faible et l’adéquation études-emploi était vérifiée
    Les exigences de connaissances qu’il fallait acquérir n’étaient pas les mêmes : beaucoup plus limitées dans le champs, mais beaucoup plus profondes et plus solides. Moins de matières, moins de sections, peu d’options, mais il n’y a pas un élève de terminale aujourd’hui capable de résoudre certains problèmes d’arithmétique ou de géométrie de troisième de l’époque. Autrement dit, un enseignement dont les objectifs étaient clairs, évaluables et cohérents.
    Même dans les meilleures conditions, le métier est dur, Yohan. A l’évidence vous ne savez pas à quel point. Il faut l’avoir fait… Je me souviendrai toujours d’un ami cadre supérieur dans une grande banque française, un type qui bossait énormément qui avait bien voulu faire pendant ses vacances, à deux de mes classes de terminale ES, un cours (deux fois une heure ) sur sa spécialité, le crédit aux promoteurs immobiliers. Au bout de la première heure il était fatigué, au bout de la deuxième, lessivé. Il m’a regardé d’un autre œil lorsque je lui ai expliqué que j’avais des journées parfois de 7 ou 8 h de cours… Ca c’est lorsqu’on est dans de bonnes conditions. Dans de mauvaises, c’est l’arrêt-maladie fréquent et absolument nécessaire.
    Sur les profs à remettre devant des classes, je ne vois pas vraiment de quoi vous parlez cela concerne combien de profs ? ( Affaires étrangères, par exemple, s’agit-il des profs des lycées français à l’étranger ? )

  • Léon

    … et les profs ne sont strictement pour rien dans l’empilement des réformes ! Au contraire ils ont souvent temporisé en contradiction avec les instructions et pour le grand bien de l’enseignement ( méthode globale de lecture ou math modernes par ex ).
    Le corporatisme des enseignants existe, certes, mais je voudrais que ceux qui le critiquent soient bien conscient que c’est une réaction de défense contre un métier de plus en plus impossible et pour lequel chaque « réforme » se traduit par une aggravation: alors on s’arqueboute à tout.
    D’une manière plus générale, l’augmentation des charges correspond aussi à des besoins plus élevés. Vous pouvez protester Yohan contre leur augmentation mais alors il faut aussi renoncer à l’allongement de la durée de vie, renoncer à lutter contre une délinquance en augmentation, à la nécessité d’acquérir des savoirs plus complets, à la volonté de ne pas laisser des chômeurs de plus en plus nombreux sans ressources etc…

  • Léon

    Maxim, sur la taille du budget de l’EN : mais à part la santé et encore heureusement tout le monde n’est pas malade en m^me temps, tous les enfants et jeunes de France sont scolarisés ! Ce ne peut être autrement qu’une dépense énorme. Qu’il faut gérer au mieux évidemment, mais pour avoir surtout travaillé dans des écoles totalement privées et hors contrat, croyez-moi, il y aurait beaucoup à en dire…

    • maxim

      Léon..

      mais,je ne conteste pas le bien fondé du budget alloué à l’EN ! bien entendu que l’éducation est prioritaire….

      mais,je constate,ou plutôt,NOUS constatons que l’institution n’aime pas trop que l’on vienne la déranger dans son fonctionnement et ( je vais en faire bondir plus d’un mais tant pis !) dans ses privilèges !

      les écoles privées d’accord avec vous,c’est autre chose et ma soeur qui y exerce comme Prof d’Allemand m’en parle assez souvent !

  • yohan

    Léon
    Je ne nie pas la difficulté d’enseigner surtout dans certains coins de banlieue. Sur le sujet des détachements que pratique l’EN, je peux te dire que certains enseignants n’ont jamais enseigné depuis leur titularisation (j’en connais déjà six dans mon environnement professionnel). J’ai connu une fille qui changeait d’affectation tous les trois ans. Elle avait bossé aux affaires étrangères et s’apprêtait à passer dans un établissement public culturel. Elle m’a confié qu’elle espérait que ça dure jusqu’au bout car elle ne se voyait pas revenir devant un groupe d’élèves. Officiellement, ils ne peuvent pas être affectés plus de trois ans consécutifs, mais il suffit d’insister pour faire perdurer le système.
    voici pour info les 14 cas possibles de détachement, autant dire que ce ne sont pas des jobs d’enseignant mais plutôt des « planques » qui coûtent bonbon à la collectivité et permettent aux heureux récipiendaires d’éviter de se retrouver face à une classe.

    1. auprès d’une administration ou établissement public de l’État dans un emploi conduisant à pension du Code des pensions ;
    2. auprès d’une collectivité territoriale ou d’un établissement public en relevant ;
    3. pour participer à une mission de coopération au titre de loi du 13/07/72 ;
    4. auprès d’une administration de l’État, d’un établissement public, d’une entreprise publique, dans un emploi ne conduisant pas à pension du Code des pensions ;
    5. auprès d’une entreprise ou d’un organisme privé d’intérêt général ou de caractère associatif assurant des missions d’intérêt général ;
    6. pour dispenser un enseignement à l’étranger ;
    7. pour remplir une mission d’intérêt général à l’étranger ou auprès d’organismes internationaux ;
    8. pour exercer les fonctions de membre du gouvernement, mandat local, ou une fonction publique élective empêchant l’exercice normal de la fonction ;
    9. auprès d’une entreprise ou organisme privé ou groupement d’intérêt public pour exécuter des travaux de recherche et d’intérêt national ou assurer le développement de telle recherche ( il faut que le fonctionnaire n’ait pas, dans les 5 dernières années, exercé un contrôle sur l’entreprise ou participé à des marchés avec elle) ;
    10. pour l’accomplissement d’un stage ou scolarité préalable à la titularisation dans un emploi permanent de l’État, de collectivités locales et de leur Établissement Public ou pour suivre un cycle de préparation à un concours donnant accès à un de ces emplois ;
    11. pour exercer un mandat syndical ;
    12. auprès d’un député à l’assemblée ou un sénateur ou d’un représentant de la France au Parlement européen ;
    13. pour contracter un engagement dans l’Armée française ou pour exercer une activité dans la réserve opérationnelle.
    14. auprès de l’administration d’un État membre de la Communauté européenne ou d’un autre État partie à l’accord sur l’Espace économique européen.

    • COLRE

      Mais yohan on nous serine avec la sacro-sainte « mobilité » élevée au rang de déesse-mère de la modernité ! pourquoi t’étonner de passerelles d’un corps à l’autre ? j’imagine que là où ils sont, ils bossent, ils sont utiles et ne volent pas leur salaire, non ? si c’était pas eux, ce serait qqu’un d’autre, non ? d’un autre ministère : eux, ils auraient le droit ?

      Où est le problème ? y a que les profs qu’il faut enchaîner à leur bureau devant leurs gentils zélèves sans avoir le droit d’aller muter ailleurs ?!
      Ils sont punis ou quoi ?

      Je ne suis pas prof d’ecole, mais je suis étonnée, abasourdie même, du ressentiment incroyable qu’ils sucsitent dans l’imaginaire idéologique… bouh… les privilégiés !
      Je suis sûre que ça vient d’une bonne grosse jalousie de toujours due à leurs vacances statutaires… ah les salauds !… 8)

      • Waldgänger

        COLRE, de toute manière, on serine toujours beaucoup sur les fonctionnaires, comme s’il n’y avait que chez lui à redire.

        Le privé, dans les grosses boîtes, est massivement en CDI également, lui aussi connait les bras cassés, les types qui n’en foutent pas lourd et qui gagnent parfois beaucoup, les gaspillages, les incohérences d’organisation interne. Quand j’entends ce que des amis me racontent sur leurs boulots, quand je me remémore certaines expériences, elle a bon dos la « mobilité ».

        Les professeurs se font caricaturer pour plusieurs raisons. L’une d’entre elles est qu’ils sont à rebours des valeurs dominantes.

        J’ai lu le fil sur les 35 heures, quand un Snoopy tonne contre elles, il invoque le fait qu’elles ont changé l’attitude des salariés, qu’ils pensent que les vacances sont l’état normal et le travail l’exception.

        Si Snoopy était l’homme qu’il prétend être, il n’en aurait rien à foutre, il serait possible de lui dire en face au moment d’une embauche « Je fais tant d’heures pour toi, je te ramène tant, c’est mieux que les autres, j’ai le CV qui le prouve, oui je pense que l’essentiel de ma vie est ailleurs, je reste au fond totalement extérieur à tes projets, je n’intègre pas tes valeurs à travers mon travail sous ta direction, toi, tu as choisi ta voie, ton travail te prend du temps et ton esprit, ton travail est d’ailleurs une partie de tout un réseau de relations, de symboles par lequel tu as l’impression d’exister, mais j’y reste extérieur, je n’ai que du fric à te donner, si c’est ça que tu cherches, tu en auras double, mais si tu cherches à m’intégrer dans tout ton système de représentations et de signes de distinctions sociales à travers mon attitude et ma conformité (vestimentaire, comportementale, etc…), tu n’auras rien de moi ». Mais à voir ces réactions sur les 35 heures, il est tout sauf ça, et il n’est que représentatif de la société et de ses valeurs dominantes, je l’ai pris à titre d’exemple parce que les gens comme lui sont nombreux, et prends la grande majorité des gratte papiers du tertiaire par exemple, ils penseront pareil.

        A t-on déjà vu un salarié pouvoir dire ceci au moment de se faire embaucher, fut-il considéré comme un génie sans égal dans sa spécialité ? Probablement jamais, ce qui fait que toute l’idéologie libérale, c’est du vent. Parce que le but du travail n’est pas la productivité, ce n’est que le moyen de la survie pour un système social qui a une finalité, et tout autre.

        Echapper à ce processus monstrueux de pseudo rationalisation du monde, faire peu d’heures, mais avec un salaire pas énorme, donc avoir une vie qui n’existe pas forcément par et pour le travail, qui en est réduit à son pur rôle de donner à manger, sans ce charabia sur son rôle pseudo métaphysique, c’est ce qui n’est pas pardonné, pas pardonnable. Et par dessus le marché, ils rendent peu de comptes sur leur boulot, ils ne sont donc pas pris du tout dans ce réseau infernal d’obligations symboliques, ils n’ont pas à faire le clown devant les supérieurs tous les matins, mais ne pas souscrire à cet immense processus social d’humiliation masochiste et plus ou moins consentie est inexcusable. Et n’oublie pas qu’en échappant au système par les caractéristiques de leurs horaires et périodes de travail, cela neutralise ou du moins affaiblit fortement tout le reste, ce système où le travail s’échange en termes de reconnaissance sociale, d’objet de discours, dans le jeu d’équivalence avec les objets de consommation. Or neutraliser cette morale sociale, il n’est de pire crime dans nos sociétés.

        Le privé n’a jamais de compte à rendre lui. Quand je travaillais au McDonald’s, je cotoyais de bons étudiants, des types intelligents et qui mettaient ces capacités à profit dans leur job d’étudiant. C’étaient sur eux que l’école investissait, elle leur donne des cours, elle leur forme l’esprit, leur donner des responsabilités et des évolutions serait une manière de les intégrer, mais non, ce ne sont pas eux à qui l’on propose des évolutions de postes, mzis à des pauvres types pas malins et dociles. Là, le privé a le droit aux subventions, à obtenir des portions de l’espace, des exonérations de charges, mais lui peut saloper impunément le travail du public, il ne rend de comptes à personne.

        Et c’est partout pareil, le privé peut occuper des surfaces immenses d’immobilier de bureau consacré à des tâches improductives, où l’on surveille le travail, on audite le travail, on parle sur le travail, on fait des réunions à n’en plus finir, tout ça sur des surfaces foncières que la collectivité leur a allouées, avec des allègements de charges massifs pour contribuer à ce qui est sensé être la production de biens et services utiles à l’existence. C’est une pantalonnade. Au fond, j’en arrive à comprendre en partie des types qui passent leur vie dans l’assistance, même s’il y a quelque chose d’assez minable et déshonorant dans ce genre d’existence.

        Ce sont les mêmes qui après viendront se plaindre que les Chinois nous boufferaient le nez. Quelle blague.

        • ranta

          T’es en verve Wald !

          Humblement j’avoue qu’il m’arrive prendre du plaisir à travailler. En général, c’est que je couve quelque chose. Heureusement, je ne suis pas souvent malade !

          • Waldgänger

            Ranta, je sais que ce sont des choses qui arrivent, Dieu merci. 😉

            Ce sont des choses qui peuvent m’arriver aussi. Et d’ailleurs, regarde le lien sur Tristan Valmour plus bas, lui aussi doit aimer son travail.

            A plus, le ciné m’attend.

        • Léon

          Tiens, salut Wald, heureux de ton retour parmi nous !
          Sur ton post, je suis partiellement d’accord avec toi, mais attention à ne pas généraliser sur l’investissement dans le travail même en des conditions idéologiques libérales. Pour avoir exercé des boulots assez différents au cours de ma vie j’en ai tiré la conclusion qu’il n’y a pas deux situations équivalentes. Y compris dans la même administration ou la même entreprise : d’une service à l’autre, d’un bureau à l’autre, d’un chef à l’autre… Bon je sais que c’est une banalité faudrait développer…

        • COLRE

          Quel plaisir Wald de te revoir 🙂 !
          Je me demandais si tu étais fâché avec nos hôtes.

          Merci de ton intervention : je suis d’accord sur absolument tout et même tes allusions et tes non-dits… 😉
          Je suis complètement en phase avec toi…
          Mais comment dire et redire tout cela alors qu’on reçoit continuellement les fausse valeurs, les fausses raisons, les fausses leçons de morales ?
          Personnellement, je suis souvent lasse de tout cela…

          Le terrorisme symbolique de culpabilité est très puissant, alors que c’est une véritable imposture, comme tu le dis si bien…

          • Waldgänger

            Salut tout le monde

            Pour prolonger mon post, je prendrais deux très bons articles de Marsu sur Agoravox, et le non moins excellent post de Tristan Valmour. Pourtant, ils se trompent.

            Je prends l’exemple des Aztèques, qui sont un peuple migrant dans les espaces arides du Nord du Mexique actuel, qui vivent dans la pénurie et développent une hantise du gaspillage de l’énergie, jusqu’à croire que le monde est menacé de déperdition énergétique et d’entropie, et que notamment, seuls les sacrifices humains peuvent enrayer provisoirement la menace d’extinction du Soleil. Ils prennent le contrôle de la vallée de Mexico en 1428, et c’est le début de la mise en oeuvre à grande échelle de leur projet.

            Pourtant, toute cette entreprise qui nous parait hallucinante est méthodiquement organisée, ça nous parait irrationnel mais il faut bien que les Aztèques assument leurs besoins vitaux, mangent, aient des maisons, d’autant que leur ville atteint des centaines de milliers d’habitants et qu’il faudra faire un plan général d’urbanisme et tout un système d’adduction d’eau très élaboré, et dont les villes européennes n’ont pas d’équivalent à l’époque. Leurs techniques agricoles sont élaborées, idem de leur artisanat, de leur production d’objets, leurs techniques de calendriers sont d’une redoutable précision (leur double calendrier est basé sur la rotation de Vénus et celle de la Terre, avec l’incroyable complexité des combinaisons des deux cycles). Leur classe de marchands finit même par être très développée (ils travaillent en plus comme espions pour le compte de Mexico). Leurs ouvriers et agriculteurs travaillent, il faut que leur machine tourne et qu’elle soit rationnellement organisée, mais rien n’a changé, la rationalité s’arrête là. Toute cette entreprise reste subordonnée à une finalité, éviter l’extinction du Soleil, ce qui est la cause d’un expansionnisme ininterrompu, trouver de nouveaux captifs, ce qui cause des guerres sans fin, et cause leur perte à partir de l’arrivée de Cortez en 1519, parce que les Espagnols eurent des dizaines de milliers d’auxilliaires d’autres nations de la vallée de Mexico, qui ne se sentaient aucune raison de mourir pour le dieu du Soleil.

            La finalité du monde des Aztèques était sur la place de leur capitale, le temple du Dieu du Soleil, ornée d’un nombre de cranes qui était de l’ordre de la centaine de milliers d’après les témoignages espagnols (qui savaient d’ailleurs qu’ils risquaient d’enrichir la collection). Toute une économie, tout une armée, un état, une bureaucratie, de la rationalité dans les moyens, mais la fin nous parait monstrueuse, quoique nos finalités soient troubles. Sommes nous si différents d’eux au fond ?

            C’est pour ça que je pense que des gens intelligents et calés que les deux cités plus haut, aussi calés qu’un Tristan Valmour dans ses spécialités se trompent, ils ont raison mais dans leur logique seulement, celle du besoin pur. Ce monde n’existe pas, ou n’existe plus (parce que les études historiques montrent qu’en effet, il est fort probable que la technologie nous fasse travailler bien plus qu’avant son apparition), et tout simplement parce qu’il ne correspond pas aux demandes de la majorité, en un mot parce qu’elle n’en veut pas de ce modèle. Parce que la société actuelle a un projet collectif, a une finalité, quelle qu’elle soit, mais ce n’est pas la satisfaction des besoins matériels pour construire une vie tranquille ou pleine de projets, ni même la consommation frénétique et généralisée de tous, avec ce qu’elle a d’irrationnel, de fétichiste (on le voit tous les jours). Non, on est sur tout autre chose. Un Badguru faisait aussi de belles interventions sur la société contemporaine vue avant tout comme un système de contrôle et de domination, mais il y voyait une intentionnalité d’un pouvoir haut placé, et là il est à mon avis à côté de la vérité, entre autres observations.

            Ce dont parlent Tristan V et Marsu, les profs le font, ils travaillent pas énormément, ils ont mis en pratique ce que disent les sources de Marsu, mais quand on voit comment ils sont considérés, tout est dit. Branleurs, minables, sans ambitions, planqués, pleurnichards, tout y passe. Ah, ça, ça fait rêver, il ne manque pas de gens pour vouloir ce genre de place.

      • yohan

        Colre
        J’ai l’impression que tu forces le trait en employant les grands mots. En fait, tu réagis comme eux. En gros, on n’a plus le droit de dire et de critiquer. Vouloir qu’on emploie les deniers publics à bon escient, faire des réformes utiles, ce n’est pas forcément vouloir saper la fonction publique. Ce qu’on peut reprocher aux uns et aux autres, c’est l’incapacité de s’asseoir à une table, accepter de reconnaitre ce qui ne va pas et tenter au moins de remettre l’EN sur pied. On a des exemples qui marchent dans d’autres pays, on pourrait peut-être faire l’effort de s’en inspirer. Ce que je vois, c’est une école à deux vitesses, une école malade, des profs flippés et des élèves flippés. Bah ! s’il suffisait de donner des sous pour traiter le problème, je serais évidemment pour….

        • Waldgänger

          Bonsoir Yohan, je me permets d’intervenir

          Je veux bien croire que ton souhait soit d’arranger les choses, mais tu sais aussi que ce n’est pas le cas de tout le monde.

          Quand je vois les idées sur AV d’un péripate, d’un Bruxmann, d’un Tibérius, ou de personnes que je ne veux pas nommer mais que je connais, je me dis « Quel arrangement possible ? ». S’arranger sur quoi ? Ils veulent un zéro état, zéro prestations sociales, si le système ne veut pas de vous (et qu’on arrête les histoires de l’improductivité, c’est vrai pour certains mais pas pour d’autres), allez crever et nous emmerdez pas. Enfin, ces types nous prennent pour des sous-hommes, il n’y a pas d’autre mots.

          Je vais te dire la vérité, des boulots merdiques à 35 heures, j’en ai fait un un moment, j’ai du l’arrêter parce que c’était « Les temps modernes » de Chaplin version emploi de bureau, aussi débile mais assis et au chaud. Le fait est que, vois tu, quand Chaplin tord le cou de son collègue, c’est montré de manière comique, mais dans la réalité, les pétages de plomb le sont moins. Moi, je me suis arrangé, vu en quoi ils consistaient, j’ai du m’y prendre vite avant de continuer dans cette voie (la soupape des arrêts maladie), parce que sur cette pente là, ça aurait vite fait de virer au délictueux.

          J’ai mené ma barque pour passer à mi temps et éviter que ce genre d’incident se reproduise, parce qu’il y a des choses dures à justifier, carte d’invalidité bien voyante (avec sa belle couleur orange) ou pas.

          La voie de la France serait de passer à un système scandinave, mais encore faut-il qu’il y ait du monde pour le vouloir. Parce qu’actuellement, on a les défauts du modèle américain avec ceux du modèle scandinave. On paie cher pour pas grand chose, pas dans mon cas, mais être valide mais totalement rejeté, c’est de toute évidence terrible.

      • yohan

        Plus que des mots, des faits

  • Léon

    Mais combien de profs cela concerne-t-il au total ? Et ces affectations, vous les considérez comme inutiles ? le prof qui manque à l’EN par exemple, mais s’il fait de la recherche, s’il va dans l’armée ou auprès d’un parlementaire, où est le mal ?

  • yohan

    je n’en connais pas le nombre. Mais je sais pour ceux que je connais qu’ils ne sont pas indispensables là où ils sont, où ils font beaucoup de vent pour pas grand chose. Je ne vois pas pourquoi ce serait à l’EN d’en supporter les coûts. Je pense qu’il y a de la marge pour redonner de l’air à l’EN en réinjectant des profs. Il suffit d’avoir le courage de supprimer toutes ces niches qui ne sont que des rentes de situation. Rien que les détachements 5, 7 , 11, 12, 13, 14 m’interpèlent. Pourquoi prendre au budget de l’EN ?

  • ranta

    Intéressant tous ça, l’article et les commentaires.

    Il y a tout de même une chose qui m’interpelle, dans n’importe quel métier les responsabilités viennent avec l’expérience, sauf si on s’appelle Jean Sarkosy of course, mais dans l’enseignement que voit-on ? Là où il faudrait des profs expérimentés dans des endroits difficiles on ne trouve que de jeunes débutants…. serait-ce à dire qu’à l’EN plus on est ancien est expérimenté et plus on le droit de choisir ce que l’on ne veut pas faire ?

    • COLRE

      Salut Ranta,
      Mais non, c’est comme partout : plus tu montes dans la hiérarchie ou dans l’ancienneté, et plus tu choisis tes activités… Je ne pense pas que le capitaine fasse de corvées de chiottes ni la circulation s’il est officier de gendarmerie.

      Le pb est que les jeunes qui débutent, dans des établissement difficiles, sont de plus en plus abandonnés à leurs difficultés. Et cette année, c’est le comble avec la réforme : ils n’ont même plus de préparation de stage pédagogique comme jusque là et ils y vont plein pot… abandonnés dans la fosse aux lions, seuls, sans expérience, sans aide, sans apprentissage du métier.
      Je n’aimerais pas être à leur place : c’est tout simplement scandaleux.

      • ranta

        COLRE, j’aurais mauvais esprit que je penserais que tu assimiles les endroits difficiles comme une corvée de chiottes 😆

        Non, avec l’expérience je ne pense que l’on choisisse, au contraire je crois que l’on doit assumer de plus en plus de responsabilités.

        • COLRE

          Quand je te dis qu’on marche sur la tête… les débutants dans les classes difficiles, c’est de la chair à canon.

          Il faudrait des vraies primes au lieu de les distribuer à haut niveau dans les rectorats, et des binômes pour encadrer les premiers pas.
          Mais tu penses ! il faut de l’argent, il faut de la confiance, il faut de la fluidité surtout dans l’organisation : tout ce que détestent les hiérarchies… qui aiment rien tant qu’à tout régenter, tout prévoir, tout imposer…

          • ranta

            Mais bon Dieu, pourquoi des primes ? Moi, je suis naïf SAans un tout autre domaine mon boulot d’éducateur football

            • ranta

              Areggg, le bouzin récidive dans sa volonté de me faire tourner chèvre:

              Bon, je continue : dans mon domaine, ma motivation est de transmettre ce que j’ai vécu, ce que j’ai appris, ce que j’ai relativisé, ce comment les choses se passent, ce que etc….

              Ce serait si compliqué que ça de demander aux gens d’aimer ce qu’ils font ? Parce que excuse moi mais le concept de l’enfant qui dot se construire par lui-même, le concept syndical, le concept politique, le concept méthode globale tout ça c’est peanuts ! des prétextes à la con qui masque le vrai problème : la formation des enseignants, la ou les raisons de leur choix, l’évaluation de leur potentiel, non seulement technique mais avant tout pédagogique…. Si chacun ne bossait que pour le fric il n’y aurait que peu de métiers pourvus.

            • COLRE

              Ranta, je comprends ton expérience d’éducateur dans le foot, car moi j’ai la même.

              Je n’ai JAMAIS eu à la fac le moindre pb de chahut ou de discipline, pour la bonne raison que les étudiants ne viennent pas avec un couteau sous la gorge mais volontairement, pour apprendre. Sinon, ils ne viennent pas.

              S’ils ont des trucs à se raconter et que ça fait du bruit, il me suffit de m’arrêter de parler et mon silence les dérange tout d’un coup… 😉 et les autres étudiants se chargent de leur faire comprendre qu’ils veulent bosser.

              Pour toi, c’est pareil.

              Tu ne peux pas du tout comparer avec le collège, ce n’est pas le même métier. Être prof dans une salle difficile s’apparente davantage, comme job, à garde-chiourme… !

              3 solutions : 1. la schlague (mais c’est devenu de plus en plus impossible, et tout le monde n’en a pas les moyens physiques), 2. l’intérêt (mais tout le monde n’est pas Hubert Reeves ou Pierre Bellemare pour raconter des belles histoires), 3. le ludique (mais ça coûte trop cher et les adaptations pédagogiques demandent aussi du temps).
              Une quatrième, néanmoins : 4. se barrer… soit par la démission, soit par la maladie, soit par le suicide…
              Quel gâchis… 🙄

              Donc, le « Ce serait si compliqué que ça de demander aux gens d’aimer ce qu’ils font », je trouve ça un tantinet indécent… car la plupart aiment leur métier (c’est incroyable, mais c’est vrai). Et continuer à l’aimer quand on te menace physiquement ou qu’on t’agresse verbalement, c’est plus qu’un sacerdoce qu’on exige d’eux…

  • COLRE

    D’ailleurs : rien n’est pire que l’instruction pour le peuple ! regardez en Tunisie, on les autorise à s’instruire, et regardez ce qu’ils en font, au lieu de remercier ! ils… PENSENT ! ils se révoltent, ils veulent lire des livres et des journaux… non mais, quelle ingratitude !

    Les derniers gouvernements de notre belle France ont bien fait de supprimer petit à petit les « humanités », les penseurs grecs et la philosophie en général. Houla ! pas bon, ça, Socrate, Ciceron, pis tout… les tragiques… il reste encore La Fontaine, Molière, Voltaire ou Diderot, mais bien cloisonnés dans la case « classique chiant », des fois que les jeunes se mettent à les lire comme une pensée sulfureuse et toujours actuelle…

    On comprends mieux pourquoi l’instruction dans certains pays consiste à psalmodier le Coran : voilà de la belle et bonne instruction populaire…

  • TOUTATIS

    Les syndicats vont se mobiliser à la rentrée prochaine…et sans doute jusqu’aux élections.
    L’éducation nationale est une chose trop sérieuse pour la laisser aux seuls enseignants.
    Je considère qu’il faut tout revoir, de la cave au grenier. J’ai personnellement perdu un temps fou à « m’emmerder » dans certaines matières.
    L’orientation est essentielle.

    Combien de jeunes vont aux lycées d’enseignement génèral pour passer leur temps jusqu’au BAC (que l’on donne en partie) et encombrer le supèrieur pour les bourses et autres allocs ?
    Combien d’étudiants en psycho, en staps…pour rien ou pas grand chose ?
    Tous les professeurs ont ils le profil de l’emploi…oui, pour les diplômes (et encore) mais pour le reste, pour tenir une classe ?

    • hks

      à Leon
      je suis tout à fait d’accord avec ton message Moi aussi j’ai connu des classes à 50 élèves en terminale. Mais ce n’étaient pas les mêmes élèves. Globalement plus disciplinés (ou soumis, ou respectueux, comme vous voudrez).etc…..
      Le métier d’enseignant est difficile ,il demande des qualités très particulières ,on y jette des collègues qui n’ont pas nécessairement les qualités spécifiques requises .

      Mais je vais jeter un pavé dans la mare

      il y a dans les collèges (de la 5eme à la 3emme et moins en 6eme ) un problème grave de comportement lié à l’éveil de la sexualité .
      Ainsi la mixité dans le collège est difficilement gérable .
      Pour le dire tout cru ils ne pensent qu’à ça .
      Et ils ne pensent qu’ à ça dans un vase clos( la salle de classe ).

      Cette mixité (des sexes)à l’ École date d’une quarantaine d’années, elle a été pensée comme une conquête démocratique (comme une conquête des filles et une victoire du féminisme )
      L ‘expérience montre maintenant à qui veut bien le voir , les dégâts engendrés par cette décision juste généreuse et optimiste .

      …………………………………………………………………..

      « Le sociologue Michel Fize n’hésite pas à plaider pour l’ouverture provisoire de classes optionnelles non mixtes au collège. » »

      http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:f46P1aIEHqYJ:www.vaucanson.org/lettres/coinbts/mix.rtf+la+mixit%C3%A9+au+coll%C3%A8ge&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

      je cite la fin de l’article

      Cela étant, on ne peut négliger le contexte politique actuel. Des classes et des enseignements séparés font partie des revendications islamistes. Les fondamentalistes musulmans pourraient profiter d’une interprétation plus souple de la mixité pour réclamer un enseignement spécifique en faveur des jeunes filles musulmanes. Le risque politique est trop grand pour qu’un gouvernement envisage même de revenir sur le principe général de la mixité.»

      Effet pervers et largement inaperçu .

      • Léon

        La question est intéressante et mérite d’être posée. Mais je ne crois pas que la classe soit un lieu particulier où se pose ce problème. Ou, plus exactement ce n’est pas elle qui l’induit, elle ne fait que le révéler parce que filles et garçons y sont ensemble. On devrait se pencher sur la maturité de plus en plus précoce des filles, réglées de plus en plus tôt, sur la manière dont les garçons en particulier reçoivent leur éducation sexuelle à travers le modèle quasi exclusif des films porno et sur la diffusion de comportements machistes véhiculés par des traditions ou des religions moyennageuses et qui deviennent un fond de culture des banlieues.
        Dans une telle logique, il faudra aussi des horaires non mixtes de piscines, de cinéma, des wagons séparés pour les hommes et les femmes… Si on sépare les garçons et les filles au moment où ils se découvrent différents où et quand apprendront-ils à vivre ensemble ?

  • Causette


    Ainsi la mixité dans le collège est difficilement gérable .
    Pour le dire tout cru ils ne pensent qu’à ça .
    Et ils ne pensent qu’ à ça dans un vase clos( la salle de classe ).
    hks

    😆 😆

    Trop drôle hks, je peux pour assurer qu’en tant qu’ancienne collègienne du privé dans les écoles non-mixtes, les élèves aussi ne pensent qu’à ça. :mrgreen: C’est tout bêtement l’âge qui veut ça. Hum! ‘xcusez-moi, alors peu importe à cet âge mixité ou non-mixité, la curiosité l’emporte.

    Revenir à des écoles ou des classes non-mixtes ce serait une très belle victoire pour tous les barbus à l’affut des moindres faiblesses du gouvernement. La France est un pays laïque et personne n’est obligé d’y rester, après le monde est vaste.

    • hks

      ce qui est drôle en revanche c’est que la réponses s’ affiche avant la question .
      mais bref .

      bien à vous et amicalement
      jean luc hks

  • hks

    à Causette

    Trop drôle hks

    Vous trouvez ça drôle ?

    pas moi .

    La fin de l’article explique pourquoi une question (intéressante … évidemment qu’elle intéresse les enseignants en collège )reste et restera sans réponse adéquate .

    On vous jette dans la classe , on referme la porte .. débrouillez vous .

    Je me suis débrouillé pendant 40 ans .

    J’en fais chaque nuit des cauchemars .

    hks

    • Léon

      Salut HKS : restera « sans réponse adéquate » à cause de la revendication islamiste… seulement si tu considères que la réponse adéquate est la séparation des garçons et des filles !

  • hks

    cher Leon

    J’ai soulevé le problème .Je n’en fais pas LE problème ou LA cause des problèmes .
    Moi je préfère la mixité .
    Mais je dis que la mixité n’est pas le parangon de toutes les vertus .

    Je veux pointer ceci : un principe d’ équité appliqué sans discernement peut conduire à des déboires et on s’enfonce à ne pas vouloir garder les yeux ouverts en vertu du grand principe .

    Ne pas oublier qu’il y a des dérogations à la mixité en éducation physique
     » Aucun texte officiel n’oblige à la mixité en EPS, mais elle est fortement encouragée à partir des années 80.
    1975 Réforme Haby  »
    ……………………………………….
    Au japon (et au Brésil ) on a des wagons de métro réservés aux femmes et d’autres pour les hommes . C’est relativement récent .
    Et la mesure n’ est pas discriminatoire à l’égard des femmes bien au contraire elle les protège .

  • D. Furtif

    N’étant pas capable en ce moment d’assumer calmement les qualifications douteuses de favorisés voire de privilégiés quand on parle des enseignants, je me suis interdit de participer aux échanges sous cet article.

    Furtive a reçu ce matin par des canaux que j’ignore un texte PDF que je ne peux reproduire ici
    Je l’ai retrouvé en partie sur le Point du 20 janvier

    Me document sous la Forme d’un fichier PDF dont l’adresse http n’est pas transmise

    Un ancien proviseur rend ses palmes académiques
    L’ex-chef d’établissement est « scandalisé » par les primes versées aux recteurs pour atteindre les objectifs de suppressions de postes.

    Un proviseur du Nord à la retraite a renvoyé ses palmes académiques à Luc Chatel pour protester contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale et l’attribution d’une prime aux recteurs ayant atteint les objectifs en la matière, a annoncé jeudi l’intéressé. Il a expliqué avoir renvoyé ses palmes académiques le 22 décembre au ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, par courrier recommandé avec accusé de réception, lors d’une conférence de presse au siège régional du PCF à Lille, en présence de la sénatrice communiste Michelle Demessine.

    Michel Ascher se dit « scandalisé » par un décret du 12 novembre 2010 qui institue une part variable dans les primes versées aux recteurs « en fonction des objectifs atteints », parmi lesquels figurent les suppressions de postes. À la faveur d’un décret et d’un arrêté publiés en novembre, leur prime comporte, à partir de cette année scolaire, deux volets : une part fixe de 15.200 euros et une « part variable » dont le montant pourra aller jusqu’à 45 % de la part fixe, soit de 0 à 6.840 euros. Au total, un recteur pourra avoir jusqu’à 22.000 euros de prime.

    « Qu’est-ce que ça veut dire d’agiter 7.500 euros au nez des recteurs s’ils arrivent à supprimer un maximum de postes dans les académies ? » s’est interrogé Michel Ascher. « Ceci m’a paru tellement scandaleux que la coupe est pleine, il fallait que, symboliquement, je fasse un geste fort », a ajouté Michel Ascher, selon qui « le ministre semble considérer de manière particulièrement méprisante ses recteurs ». 16.000 suppressions de postes sont attendues cette année au sein de l’Éducation nationale pour l’ensemble de la France, dont 865 postes dans la seule académie de Lille, selon Michel Ascher. Des syndicats appellent à manifester le 22 janvier au niveau national. Les principales fédérations ont annoncé qu’elles boycottaient les vœux de Nicolas Sarkozy mercredi.
    .

    Les hommes de main reçoivent toujours leur récompense

    • snoopy86

      Allons Furtif

      Qu’est-ce qu’on en a à foutre des palmes académiques de ce retraité :mrgreen:

      Une manipulation digne de l’époque stalinienne au siége local des cocos ! Faudrait repeindre la facade 😀

      Les objectifs des recteurs sont-ils limités aux suppressions de postes ?

      Où est le scandale à ce qu’un bon recteur soit récompensé ?

      Je te signale par ailleurs que les effectifs de l’E.N. ont quasiment doublé par rapport à 1975. Je ne suis pas sûr que la population scolarisée ait suivi la même évolution…

  • Causette

    Pour le renvoi des palmes je l’ai signalé le 22 janvier 2011 at 12 h 54 min, voir plus haut.