De Fiscalis Exilii Libera Nos Domine

Ainsi donc la supposée arrivée au pouvoir du socio-démocrate Hollande devrait provoquer une ruée aux frontières des plus riches du pays.

Ben mon vieux quel malheur !

On rappellera alors utilement le très coûteux pour la France bouclier fiscal et le nombre toujours croissant des exilés fiscaux. Le dit nombre n’ayant pas décru mais augmenté depuis une certaine Europe qu’on nous a vendue pour la liberté de circuler (personnes, biens et marchandises). Comme par hasard, on découvre depuis peu que l’argent aussi circule librement, ce qui était le but poursuivi par les plus nantis aux commandes et ayant conçus à cette effet la camarilla cooptée bruxelloise.
Si nos biens veules et stipendiés dirigeants s’étaient souvenus de leur Histoire, ils auraient appris que l’un des fondateurs de l’Etat français, le roi de fer Philippe le Bel, lui, avait compris que l’Etat devait commander à l’argent, ce qui valut à ses créanciers Templiers le bûcher, et au marchands lombards l’avertissement de quelques menus désagréments.
Pour revenir à nos « moutons » commençons par évoquer nos exilés sportifs dont je gage que toute exclusion des équipes officielles aurait un impact négatif sur leur sacro-sainte valeur marchande.
Dans notre étonnement, nous ne manquerons pas d’évoquer la racaille en cols blancs et blousons dorés partie faire de la tune à la City de Londres, mais encombrant des années durant les hôpitaux du nord de la France en venant se faire soigner gratos par cette salope de Sécu française. Le summum étant atteint quand, devant le chômage et le temps se gâtant pour eux, ces libéraux pur sucre ne reculent pas devant un bref aller et  retour pour toucher les si grasses Assedic françaises Les maigres indemnités british ayant tempéré leur enthousiasme Thatcherien .
Petit détour par l’Afrique ou l’auteur eut le privilège d’entendre discourir au bar de gras expats conchiant la France suceuse d’impôts, les mêmes toute honte bue brandissant leurs passeports et beuglant  « moi chef ! moi » pour monter dans nos camions, les locaux ayant lancé un safari anti-toubabs !

Alors quid des grandes fortunes ?
Bin, ne payant rien en France, nul besoin de s’expatrier quand on s’appelle Bettencourt par exemple : l’entregent et la distribution d’enveloppes suffisent largement .
Que dire de serge Dassault si loin du génial et industrieux papy ?

Serge Dassault, cette  « fin de race » dont l’unique effort fut de naitre, ce type si enclin à cogner sur les plus faibles d’entre nous, alors que sa fortune ne perdure que grâce à des commandes publiques.
Effleurons les rentiers du groupe Total : ce groupe « délocaliseur »  payant à minima mais usant du poids politique, militaire et diplomatique de l’Etat français auquel il refuse sa participation. Ainsi nous menace-t-on du départ des créateurs et des «prétendus» plus doués d’entre nous.
Faudra-t-il rappeler à ces gens que la nature ayant horreur du vide,  leur place sera vite prise ? D’autant que, parmi ces nantis candidats supposés au départ, il me semble que la plus grande part comporte des héritiers ou des gens ayant déjà délocalisé leurs sources de revenus. Admettons que partie d’entre eux vit  de la production en France. Celle-ci  est le fruit de la productivité française qui contrebalance l’habituelle antienne sur le supposé faible temps de travail des feignasses laborieuses. De plus cette production dont ils se prétendent seuls  à l’origine, voire seuls  porteurs,  est aussi due aux infrastructures de l’Etat français dont ils tiraient les bénéfices mais en  leur refusant toute participation. Par exemple, demandez a Gustav le chauffeur Polonais son avis sur les voies françaises quand il revient de Glasgow.
Alors ! Alors quand  les défenseurs des grandes fortunes assènent l’argument des lois et réglementations françaises pour expliquer leur désir d’envol, on leur répondra que l’Etat parangon du libéralisme, les USA,  use abondamment de la prison pour punir ce qu’il nomme crime fédéral, à savoir la dissimulation de revenus et l’évasion fiscale quand l’Etat français, lui , fait montre d’une mansuétude dont seule la méconnaissance de la consanguinité de nos élites permettrait de s’étonner. On leur répondra que, s’agissant de loi et de réglementation, ce qui mine et fragilise le tissu de Pme et Pmi en France c’est, entre autre, le comportement des grands groupes et des puissances financières usant de lobbying pour éviter une loi ou une règle imposant le paiement à la livraison et non à 30 jours.

À mon sens, il importe plus que ma patronne, s’investissant et investissant,  reste en France .
Ce qu’elle fera . Cette «bourrique» vient de s’offrir un ryad sur la terre de ses ancêtres « ce que nul ici dans l’entreprise ne lui conteste »
Mais elle ne pense pas trouver ailleurs autant de possibilités d’avoir une entreprise à elle. Comme elle le dit, dans son pays la légalité doit s’accompagner de force « poignées de billets ».  Ainsi, acceptons l’hypothèse, si quelques créateurs partent, ils se verront remplacés tôt ou tard. En revanche  quelques nantis partiront et perdureront tant que les banksters ou les réglementeurs bruxellois main dans la main avec  nos élites trouveront intérêt à l’existence du havre fiscal helvète. Mais baste ! Que ceux qui rêvent de veau d’or plus que de  leur nation s’envolent

La réalité d’un pays ne vaut que par ceux qui y vivent, pas de ceux qui en vivent !

L’auteur de ses lignes ne croit pas à une nécessaire égalité entre tous, il ne croit même pas à la viabilité d’une règle interdisant ou chassant le riche, il trouve même injustifiée une telle requête. Mais le vivre-ensemble et le sentiment d’appartenance exigent le sentiment d’équité et,  à tout le moins, que l’Etat veille à ce que l’on y tende. Le moins que l’on puisse dire c’est que la décennie supposée voir la «  fin de l’Histoire » et de la lutte des classes n’aura été bénéfique qu’aux possédants, ceux ne disposant que de leur force de travail comme monnaie d’échange auront vu la disparition du bouclier protecteur de l’Etat passé de manière éclatante et sans retenue ni vergogne du coté des fabricants de terreur économique . Ceux là, on ne peut guère que les inviter à profiter des derniers flonflons car il y a fort à parier que, las de payer les violons du bal, quelques-uns d’en bas n’aient envie de passer la parole au « camarade Beretta » !

Asinus : ne varietur

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Léon
Léon

Il y a effectivement quelque chose de très choquant dans ces exils fiscaux en ce qu’il s’agit de sommes qu’en général les propriétaires n’arriveraient même pas à dépenser en une vie. C’est donc la seule avidité qui les motive, additionnée avec une espèce de droit divin à posséder des sommes dont le plus généralement ils se sont contentés d’hériter, et qu’ils ont fait ou pas prospérer.

snoopy86
snoopy86

Réponse d’un futur exilé fiscal et heureux possesseur d’un camarade SW 45 ( acquis à force de travail ) et d’un camarade MR 73 357 magnum ( scandaleusement récupéré par héritage )

Sans être riche je suis un retraité aisé, mon couple vivant pour moitié de ses retraites, pour moitié des revenus d’un patrimoine correspondant grosso-modo à un 5 pièces dans un bel arrondissement parisien …

A la lecture du programme de Flanby nous avons pu constater amèrement que nous n’étions pas concernés …

Par contre nous sommes aujourd’hui en mesure de faire le point des mesures successives prises sous Sarkozy concernant la taxation des revenis du capital ( que je peux vous détailler mais c’est vraiment chiant … ) : de 4 à 5000 euros annuels selon l’évolution à venir de la bourse …

Il nous a donc fallu les trouver quelque part de quoi payer l’impôt nouveau, d’autant que pour mettre le pied à ‘étrier de mes enfants je leur ai fait chacun une donation correspondant au maximum lègal en franchise de droit ce qui m’a contraint à remplacer ma BMW par une fort discrète Pijo …

Nous habitons une belle maison ( Fufu la connait ) mais qui réclame de l’entretien … Laurence, notre femme de ménage lepeniste, y consacrait trois demi-journées par semaine, elle n’en passera désormais plus que deux …

Le jardin était entretenu par une association d’insertion qui m’envoyait deux « jardiniers » deux fois par mois. Il ne viendront plus qu’une fois.
Une parenthése, ce système m’a permis d’établir une comparaison de productivité entre taulards, alcoolos, toxicos et gogols genre homme des bois…
Je peux vous affirmer que taulards et alcoolos sont de loin beaucoup plus efficaces ( mais je n’ai pas testé le Bobonnet …)

Le budget s’étant ainsi équilibré nous allons pouvoir rester un quinquennat de plus …

Léon
Léon

Ouf, en lisant le début j’étais prêt à vous plaindre.

snoopy86
snoopy86

Mais il faut me plaindre ….

Songez que Fillon m’a piqué le RSA du cloporte Patdu 😈

ranta
ranta

Je me demande à propos du mirobolant contrat que Dassault vient de décrocher. Le gouvernement dit qu’en l’état des choses la fabrication des rafales sera stoppée -bien sûr Fillon dément mais- et quelque jours après Dassault fini par en vendre des ces fameux rafale.

De là à penser que devant la menace il a commencé à se bouger les miches il n’y pas loin que je pense que pendant des décennies il s’est contenté de l’état vache à lait qui le subventionnait grassement.

snoopy86
snoopy86

Je trouve cette attaque contre Dassault scandaleuse. Le camarade Mélenchon, lui, ne cache pas son amitié pour Serge Dassault 😆

Faut-il comprendre qu’il aurait, lui aussi, reçu quelques enveloppes ?

Lapa
Lapa

de toute façon ce sont les classe moyennes qui vont se faire laminer dans les années à venir. Mais elles ne pourront pas partir.

snoopy86
snoopy86

La cible a une nouvelle fois atteint la flèche 😆 😆 😆

Chez les philocyclistes c’est monsieur qui passe l’aspirateur 😆

Causette
Causette

La vache! quel plaidoyer

ça coûte combien maintenant un permis de chasse? 😀

D. Furtif
D. Furtif

L’été dernier j’ai fait l’aumône d’un regard à la Bettencourt (fille) …Du genre rapproché de velours ..bin …même pas un chèque de remerciement. Moi qui pensais que telle mère telle fille. 🙁

COLRE
COLRE

Excellent article asinus, et bien écrit ! Un plaisir.
Nos pauvres exilés, qui n’hésitent pourtant pas à traiter de « parasite » ceux qui bénéficient de l’assistance sociale… 😉

A propos du « très coûteux pour la France bouclier fiscal » et du « nombre toujours croissant des exilés fiscaux », j’ai trouvé une citation de Frédéric Lefèvre qui vaut bien la brasserie populaire d’Estrosi à propos du Fouquet’s :

« Le bouclier fiscal autant que le RSA (Revenu de Solidarité active) symbolisent la réhabilitation de la valeur travail, car l’une comme l’autre de ces mesures permettent que le travail paie dans ce pays » 😀
(c’est dans le Figaro)