L’avis des six académies des sciences sur l’étude Seralini relative à un OGM de maïs

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Nous ne sommes pas peu fiers sur Disons, grâce à Moorea et Lapa, d’avoir été parmi les premiers, le jour-même de la parution de l’article du Nouvel OBS, à mettre en garde contre les conclusions de l’étude de Séralini.  Nous publions ici l’intégralité du court avis des six académies des sciences, avis accablant pour l’étude et le chercheur lui-même.
L’honnêteté nous oblige toutefois à signaler cette objection à ce texte.

César.

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Avis des Académies nationales d’Agriculture, de Médecine, de Pharmacie, des Sciences, des Technologies, et Vétérinaire sur la publication récente de G.E. Séralini et al. sur la toxicité d’un OGM

Les six Académies ont pris connaissance le 19 septembre 2012, en même temps que le grand public, d’un article publié par l’équipe de Gilles-Eric Séralini, dans la revue  Food and Chemical Toxicology selon lequel un effet tumorigène et  toxique important résulterait, chez le Rat, de la consommation de maïs génétiquement modifié NK603 ou de l’exposition à de faibles doses du désherbant Roundup auquel il est résistant.
Devant la mobilisation médiatique autour de cette affaire et son impact sur l’opinion publique, les Académies ont décidé de publier ensemble un avis abordant ses différents aspects, qu’ils soient scientifiques, sociétaux ou déontologiques, et proposent un certain nombre de recommandations.
Les Académies ont cependant jugé inutile d’organiser en leur sein une expertise approfondie de l’article de G.E. Séralini et al. puisque ce rôle a été confié à des agences et institutions spécialisées disposant de toutes les expertises nécessaires. Deux agences étrangères (Allemagne, Australie/Nouvelle Zélande) qui ont déjà publié leurs conclusions, tout comme l’Autorité européenne EFSA (European  Food Safety Authority), réfutent les interprétations de résultats jugés douteux. La France va prochainement se prononcer avec les analyses de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et du HCB (Haut Conseil des Biotechnologies).

Avant d’avoir connaissance de ces deux avis, l’expérience du métier de la recherche permet cependant aux Académies de mettre en cause immédiatement divers aspects scientifiques et déontologiques.

1° – Aspects scientifiques

Les Académies souhaitent attirer l’attention sur plusieurs graves lacunes de l’article de G.E. Séralini et al.

Statistique et méthodologie

Les expériences de toxicologie nécessitent l’utilisation d’un nombre d’animaux adapté à l’objectif pour avoir une valeur statistique interprétable. Dans le cas particulier de l’étude de G.E. Séralini d’une durée de deux ans, il aurait fallu utiliser un nombre d’animaux bien plus important tel que le recommandent les guides, ou dans le cas d’un nombre restreint, de l’ordre de 200 comme ce fut le cas, ne considérer qu’un nombre réduit de groupes répondant à des questions précises. L’utilisation de 10 groupes de 10 animaux, dont un seul groupe témoin est
un mauvais choix expérimental.
Les trois questions principales abordées par G.E. Séralini étaient :

1°) l’OGM étudié peut-il isolément avoir un effet toxique ou tumorigène ?

2°) Le Roundup peut-il également isolément avoir un effet toxique ou tumorigène ?

3°) Existe-t-il un effet spécifique de l’association des deux produits ? Il convient de bien séparer la question des OGM et celle des herbicides qui biologiquement n’ont aucun rapport l’un avec l’autre. Ce point  est important car toute la médiatisation a été faite autour des  OGM.

Pour répondre à ces trois questions, l’expérimentateur aurait pu constituer 4 groupes d’un nombre important d’animaux : OGM seul, Roundup seul, OGM et Roundup, témoins. L’utilisation dans le travail de G.E. Séralini de 10 groupes de petite taille ne permet pas de répondre aux questions posées. En fait, l’analyse statistique conventionnelle des résultats obtenus,  tels qu’ils sont présentés dans l’article, montre qu’il n’y a pas de différence significative entre les  groupes, en d’autres termes, il n’y a pas de mortalité plus importante ni d’effet tumorigène prouvé de l’OGM, ni du Roundup, ni de leur association, contrairement à ce que l’on a laissé entendre au public. L’affirmation que les animaux nourris avec le maïs génétiquement modifié présentent plus de tumeurs que ceux recevant du maïs conventionnel n’a pas de valeur statistique. Ce constat aurait dû, à lui seul, suspendre l’analyse du contenu de cet article qui ne permet pas d’établir une quelconque toxicité.

Tumorigenèse

Il est à noter que ni le mot « cancer » ni le mot « cancérogenèse » n’apparaissent dans le texte de G.E. Séralini ni dans l’article du Nouvel Observateur ; mais le mot « tumeur » utilisé prête à confusion car chacun pense au cancer et c’est d’ailleurs ce mot qui a été repris par les médias.
L’analyse de la longévité plutôt que de la mortalité laisse à désirer pour des raisons qui relèvent directement de la méthodologie statistique. Le fait de considérer toute mort survenant après la moyenne de survie comme « naturelle » n’est pas acceptable.
En ce qui concerne la tumorigenèse, le choix de la souche de rats Sprague-Dawley est particulièrement malheureux. Cette souche de rats présente spontanément un taux élevé de tumeurs, ce qui d’une part montre qu’il existe un terrain de prédisposition génétique particulier chez ces rats et que, d’autre part, l’analyse statistique doit alors porter sur un nombre de rats très élevé (ce qui n’a pas été fait dans les expériences de G.E. Séralini).
Mentionnons que la cancérogenèse du glyphosate, le principe actif du Roundup, a fait l’objet de nombreuses études non citées.

Autres remarques

Plusieurs autres réserves peuvent être formulées :
– La composition des aliments avec la quantité relative de maïs génétiquement modifié et de Roundup, ainsi que la présence éventuelle de contaminants (résidus de pesticides, adjuvants, mycotoxines, etc..) ne sont pas précisées.
– Il n’y a pas de relation dose/effet, ce qui est possible mais inhabituel en toxicologie.
– La présentation des méthodes et des résultats est très succincte alors qu’il y avait toute possibilité pour G.E. Séralini de donner les détails dans l’annexe placée sur le site internet du journal. Cela aurait été particulièrement justifié étant donnée l’utilisation médiatique qui en a été faite. L’absence de ces précisions rendra impossible, sans informations complémentaires, la mise en oeuvre d’études visant à reproduire les résultats annoncés.

2° – Conséquences de l’article sur la société

L’orchestration de la notoriété d’un scientifique ou d’une équipe constitue une faute grave lorsqu’elle concourt à répandre auprès du grand public des peurs ne reposant sur aucune conclusion établie. Tout chercheur peut se considérer comme un lanceur d’alerte, encore fautil que les hypothèses formulées ne soient pas, en l’absence de résultats validés et confirmés, présentées ou perçues comme des commencements de preuve suffisants pour faire appel au principe de précaution. Il est donc essentiel que tout chercheur soit attentif aux conséquences
potentiellement graves de propos excessifs.

Ne disposant pas des informations suffisantes, il en résulte chez le consommateur un renforcement de la peur des OGM, propagée par une presse « catastrophiste ».  Cela est particulièrement grave pour les populations qui consomment des OGM en grande quantité comme l’Afrique du Sud. Cela est aussi très délétère pour les autres pays où tant l’utilisation des OGM que les recherches les concernant peuvent être remises en question.

3° – Aspects déontologiques et éthiques

La mobilisation médiatique savamment orchestrée autour de travaux sans conclusion solide pose un problème éthique majeur : celui des auteurs qui ont cru bon d’organiser une opération de communication de grande ampleur autour de ces travaux, opération qui semble motivée plus par des considérations idéologiques que  par la qualité ou la pertinence des données obtenues, et celui du journal qui a accepté de publier des données qui apparaissent très fragiles sur de multiples aspects, ne serait-ce que statistiques.

Outre le jugement sur le fond du contenu de  l’article évoqué plus haut, la forme de la communication soulève de nombreuses interrogations, notamment la concomitance de la sortie de deux livres,  d’un film et d’un article scientifique, avec l’exclusivité de leur contenu accordée à un hebdomadaire et une clause de confidentialité pour les journalistes jusqu’à la conférence de presse. Ces conditions de diffusion vers la presse, mise dans l’impossibilité de s’informer au préalable et donc sans possibilité de commenter en connaissance de cause, ne sont pas acceptables. La sortie du film-reportage à grande diffusion qui a suivi le déroulement de l’étude toxicologique, comme si les conclusions étaient connues d’avance, et la publication de livres par l’un des auteurs interpellent.

L’article de G.E. Séralini a été reçu par la revue le 11 avril 2012 (et accepté apparemment sans modification le 2 août  2012). Compte tenu du temps nécessaire à la finalisation de l’article, on peut penser que G.E. Séralini était en possession de tous les résultats de l’étude au plus tard fin février 2012 et  qu’il avait déjà rassemblé suffisamment de données dès la fin 2011 pour conclure, selon sa vision, à « l’extrême dangerosité de l’OGM NK603 et du Roundup ».
Si on prend pour hypothèse que G.E. Séralini était convaincu de la qualité de ses travaux et de la justesse de ses conclusions, son devoir était d’alerter dès 2011 les plus hautes autorités sanitaires du pays pour attirer leur attention sur les très graves dangers que faisaient courir aux populations l’usage du Roundup et de l’OGM  NK603. Ces autorités auraient alors pu diligenter une expertise et gagner un temps précieux dans la mise en œuvre éventuelle de mesures de protection des populations. Cette retenue d’information est une grave faute professionnelle, de sa part et de tous ceux qui étaient informés de ces résultats.
Dans la communication des résultats, les études antérieures de longue durée qui aboutissent à des conclusions opposées sur la même question sont occultées, alors qu’un travail scientifique rigoureux impose une discussion des résultats obtenus, au vu des résultats antérieurs connus.
Quant aux conflits d’intérêt dont G.E. Séralini  accuse continuellement les scientifiques de tous bords et de toutes origines, on peut se poser la question de l’absence de tels conflits d’intérêt pour lui-même et ceux qui l’entourent quand on connaît leur engagement écologique et les soutiens financiers qu’ils ont obtenus  par des groupes de distribution fondant leur publicité sur l’absence d’OGM dans les produits alimentaires qu’ils proposent à leurs clients.

4° – Interrogations concernant la publication de l’article

dans la revue  Food and Chemical  Toxicology

Il a pu être avancé l’argument que la valeur de l’article de G.E. Séralini était attestée par sa publication dans une revue internationale à comité de lecture. Nous savons tous que les meilleures revues publient un certain nombre, heureusement faible, d’articles médiocres voire inexacts. La revue en question, dans le cas qui nous intéresse Food and Chemical Toxicology, est d’un niveau correct. On peut se poser la question de savoir comment un article aussi faible scientifiquement que celui de G.E. Séralini et al. a pu être accepté.
En conséquence, cette acceptation n’est pas un gage de valeur scientifique, en quelque sorte une labellisation. Les défaillances unanimement constatées dans la conception du travail sont telles qu’il est tout à fait étonnant que le comité de lecture d’une revue scientifique de bonne notoriété ait accepté la publication.

En tout état de cause, en science, la seule publication ne suffit pas à établir la preuve d’un fait scientifique. C’est l’avis de la communauté scientifique, des pairs,  après la publication, la confirmation indépendante des résultats et l’intégration de ceux-ci dans un ensemble plus large de données qui se soutiennent toutes, qui vont permettre de passer de l’expérience au fait scientifique.

Conclusions et Recommandations

Il apparaît ainsi, au vu des arguments évoqués plus haut, que le bruit médiatique et même politique, occasionné par la divulgation des résultats de G.E. Séralini ne sont pas fondés sur des résultats aussi incontestables qu’ils auraient dû l’être par rapport aux conséquences de la médiatisation qu’ils ont entraînées. Deux responsabilités apparaissent clairement. D’une part celle de la revue qui, nous l’avons dit, n’aurait jamais dû accepter cet article, ce qui est grave car l’expertise de l’article par les revues tient lieu d’évaluation initiale par les pairs. La seconde responsabilité est celle de G.E. Séralini d’avoir  orchestré à l’avance une surmédiatisation à partir de résultats contestables n’apportant aucun commencement de preuve.

Il reste vrai, même après ces critiques, qu’il est sans doute opportun de se poser la question des protocoles expérimentaux qui devraient être utilisés pour détecter un pouvoir cancérogène éventuel des produits alimentaires. Trois mois (durée le plus souvent utilisée) sont-ils suffisants ou non ? La question peut être en  particulier posée pour les pesticides ou les herbicides. Le problème n’est pas simple car l’échelle des temps, en particulier la durée de vie, n’est pas la même chez le Rat et chez l’Homme. Mais ce n’est pas la publication de cet article qui doit inciter à cette réflexion car il ne contient aucun élément probant. Il serait particulièrement dangereux d’évoquer une nécessité éventuelle d’expériences à long terme à l’occasion de cet article car l’impression serait donnée que les résultats présentés par G.E. Séralini ont une valeur suffisante pour justifier une inquiétude du public, avec tous les dégâts que cela peut avoir en France et dans le monde. Il convient de bien faire la différence entre l’évaluation du risque sanitaire lié à l’ingestion d’un aliment comme un maïs, de l’évaluation d’une molécule ou d’un produit auquel l’homme est exposé à faible ou très faible dose comme le glyphosate et le Roundup.

Sur le plan sanitaire, il faut dans un premier temps rassurer la population et confirmer les communiqués déjà donnés sur la faible qualité de l’article. Les questions  soulevées méritent d’être étudiées par des chercheurs reconnus, non suspectés de  conflits d’intérêt, avec un financement sous contrôle public.
La médiatisation de l’article de G.E. Séralini et son impact sur l’opinion ont été d’autant plus importants que ces travaux concernent la sécurité de notre alimentation, sujet auquel les Français sont très sensibles. Les médias télévisés ont largement repris des images chocs qui n’ont pu que frapper les téléspectateurs. Ils ont ainsi contribué à alimenter des peurs totalement irrationnelles dans la mesure où les résultats présentés n’ont aucune validité scientifique.

Pour limiter de telles dérives, les six Académies recommandent la création auprès du Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel d’un « Haut comité de la science et de la technologie ». La mission de ce Haut comité serait d’attirer l’attention du Président du CSA sur la médiatisation de travaux scientifiques remettant en cause des savoirs partagés par la très grande majorité de la communauté scientifique  internationale sans que les responsables de chaînes de télévision ou de radios se soient auparavant assurés de leur validité, alors que la diffusion de ce qui pourrait s’avérer par la suite comme « une fausse nouvelle » aura profondément et indûment influencé les Français, parfois de manière irréversible. Ce Comité qui dans le cas le plus fréquent ne pourrait fonctionner qu’a posteriori, devrait être très réactif dans la mesure où les problèmes qu’il aurait  à analyser nécessitent souvent des réponses rapides.

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23 comments to L’avis des six académies des sciences sur l’étude Seralini relative à un OGM de maïs

  • Que disent ces savants académiciens sur la valeur scientifique et déontologique des études précédentes qui valident les OGM au bout de 3 mois de tests ?
    Pour renforcer l’honnêteté de ce billet et aider ceux qui ne vont pas cliquer sur le lien, une citation directe du billet du professeur Paul Deheuvels, membre de l’Académie des sciences et statisticien :
    Je tiens à dire, avec force, que l’article du professeur Séralini se situe à un niveau élevé de qualité parmi les articles de même catégorie. On ne peut lui reprocher sa valeur scientifique qui est indéniable. On ne peut l’attaquer sur sa partie descriptive qui ne cherche pas à établir des preuves, au sens statistique du terme, mais à donner une présentation lisible, purement factuelle, des résultats obtenus. Il est d’autant plus anormal que le communiqué des cinq académies ne s’intéresse guère (si mes renseignements sont corrects) à la composante toxicologique de l’analyse, qui, elle, fait usage de niveaux de confiance établis selon les règles habituelles de la statistique.
    Dans ce débat technique, il va falloir être polytechnicien pour savoir qui a raison et qui a tort !

  • D. Furtif

    Bien sûr les premiers.
    Mais enfin!
    Lapa et Léon
    Ne voyez pas l’inopportunité de votre révélation.
    Quand le tout ce qui se dit et ce qui se pense chez les Quantiques sentencieusement opportunistes était en train de bâtir une autre de ces fariboles dont ils font leur miel quotidien et auxquelles ils sont attachés plus que tout.

  • D. Furtif

    @ Nogat
    Tu fais bien de mettre en exergue ce passage
    .

    On ne peut l’attaquer sur sa partie descriptive qui ne cherche pas à établir des preuves, au sens statistique du terme, mais à donner une présentation lisible, purement factuelle, des résultats obtenus

    .
    Car il me permet de mettre facilement en lumière ce qui nous oppose
    .
    Si le monsieur ne fournit pas de preuves c’est qu’il comptait bien s’en passer et aller jusqu’au bout en sautant cette étape sans intérêt pour ce qu’il avait en tête.
    Produire des conclusions
    .
    Et ça ???
    Bin ça il ne s’en est pas privé
    Avoue que c’est curieux pour un scientifique comme se prétend être Seralini mais c’est encore plus curieux pour Paul Deheuvels, membre de l’Académie des sciences et statisticien .
    .
    Comme pour toutes les théories du complot , je n’ai pas à refaire moi même l’expérience et constituer des équipes qui vérifieraient les protocoles et leur mise en oeuvre.
    Paul Deheuvels le dit lui même.
    Seralini n’a jamais eu l’intention de fournir des preuves.
    Quel était donc le but de tout ce battage médiatique de cette publication tonitruante?
    .
    .
    Je vais tenter une image simple
    .
    Je peux décrire avec une invention lexicale époustouflante les forme des nuages au dessus de mon jardin, je peux même renouveler ce lexique de manière surprenant et heureuse.
    Mais de là à sauter le pas jusqu’à une conclusion en matière de climatologie.
    Bin non !
    Car ce serait là de l’escroquerie.

  • Lapa

    J’aimerai insister sur quelques points:
    d’abord, mon article concernait en priorité l’article du Nouvel Obs. J’ai évidemment émis de gros doutes sur l’étude parce que certains biais étaient clairement visibles sans être sorti de polytechnique. Il me semble d’ailleurs que toute personne de bonne foi les a accepté. J’en veux bien plus aux journalistes du Nouvel Obs qui déforment l’information et ne permettent pas la contradiction scientifique pour des raisons bassement de « scoop  » et de vente de torchons qu’à Séralini qui est là pour nous vendre son bouquin, sa notoriété et son film. L’incompétence est clairement dans le camp des journalistes.
    ensuite Nogat et Furtif reprenez quelque chose de très vrai: il n’y a aucune preuve, l’étude n’est pas là pour prouver quoi que ce soit et elle n’aura rien fait progresser la connaissance sur le sujet. L’auteur de cette étude en était tellement convaincu que les résultats connus fin 2011, il n’a rendu les informations publiques que Septembre 2012. Le temps de caler la sortie de son film et de son bouquin. Alors soit il est pervers narcissique et dangereux pour taire ce danger qui menace la population pendant un an, soit il sait pertinemment que le danger mis en évidence est bidon.
    On en revient au fait que l’auteur n’a rien voulu démonter du tout et qu’il en est persuadé au fond de lui.

    Ceci étant, il a du business à faire… et des gogos à plumer.

    • Xavier

      Je ne sais pas si c’était son but mais en tout cas il a foutu un sacré coup de pied dans la fourmilière et ça n’est pas plus mal.

      • ranta

        En fait c’est le contraire Xavier. Tout ce à quoi il sera parvenu c’est de plomber pour longtemps tout débat à ce sujet.

  • ranta

    J’ai entendu ce type ce matin chez Calvi sur RTL.

    La notoriété, juré craché, si je mens je vais en enfer c’est pas mon truc qu’il dit. de toute façon mon bouquin et mon film ça tombe comme ça, pas de ma faute si ils sortent en même temps que l’étude. 😆

    La race de rats choisie : c’est qu’elle est recommandée pour les études -recommandée par ceux qu’ils dénonce, rigolo non ,- mais surtout recommandée parce qu’elle développe spontanément des tumeurs. Vous comprenez bien M. Calvi qu’on ne va tout de même pas utiliser une race qui ne développe pas tumeurs, faut pas déconner. 😆

    Et le pompom : je n’ai pas soumis TOUTE mon étude au jugement de mes pairs parce que les vilains Monsanto y font pareils. Lorsqu’ils auront publié les résultats cachés, promis juré je fais pareil :lol:.

    Et Calvi bien décevant; en serveur de soupe

  • J’insiste ! Personne n’a répondu à ma première remarque : on fait des critiques véhémentes à Seralini, mais où sont les critiques sur les protocoles des tests qui évaluent la non nocivité des OGM et des pesticides ?
    N’y a-t-il pas 2 poids 2 mesures : on se méfie systématiquement des militants écolos qui ont obligatoirement une attitude non scientifique et on est silencieux face aux institutions et aux entreprises dont les scientifiques qui y travaillent sont obligatoirement sérieux ? Pourtant quand pouvoir et argent se rencontrent, cette alliance produit-elle toujours de la science ?
    Les gogos ne sont pas toujours ceux qu’on croit ! Quand on a entendu des savants professeurs dire que le nuage radioactif stoppait aux frontières, que les hormones de croissance étaient sans danger, comme l’alimentation des vaches avant qu’elles ne deviennent folles, que le sang n’était pas contaminé, que l’amiante était sans danger, etc., on devient un peu plus sceptique et méfiant vis-à-vis des pouvoirs scientifiques.
    Je ne veux pas défendre Seralini : je n’en ai pas la compétence, mais j’aimerais plus de logique et de sang froid dans les critiques.

    • ranta

      Il n’y a pas deux poids deux mesures Nogat. Vous usez de l’effet miroir là : parce que d’un côté tout est loin d’être clair, comment oser dénoncer ce qui ne l’est pas non plus de l’autre côté. Personne ici n’a dit qu’il se satisfaisait des études de Monsanto and co, en revanche ce qui est dénoncé c’est l’imposture de Séralini.

    • D. Furtif

      Bonsoir Nogat
      Logique et sang froid dites vous.
      Vous aimeriez en avoir rencontré plus
      Quelqu’un en aurait-il manqué?
      Vous laissez planer un doute qui mériterait quelques précisions pour être levé.
      .
      Je précise à nouveau ma pensée.
      Je suis scandalisé par le battage médiatique organisé de la publication de Seralini alors que les protocoles de sa batterie d’expériences ne sont pas valides
      Que le professeur Deheuvels lui accorde la bonne présentation de ses résultats ne lui accorde pas du tout que ces dernières soient suffisants pour en faire un telle proclamation.
      Il apparait que cette proclamation n’a pas respecté les critères normalement admis pas les protocoles scientifiques mais plutôt ceux pratiqués par le monde de la galaxie homeopathe.
      Il semblerait tout au contraire que les éléments proclamés soient scandaleusement déficients en regard du battage organisé et de l’énoncé catégorique qui en a été fait par un seul organe de presse à sa demande
      .
      Pour en finir en revenant sur le sérieux et le sang froid.
      Je ne vois nulle part de défense et apologie de Monsanto ni des OGM.
      Le soutenir ou le sous entendre manquerait de sérieux et de sang froid

  • Lapa

    il existe une différence de taille:
    A aucun moment je n’ai vu un grand journal titrer en gros: les OGM Monsento: mangez-les ça vous fera du bien. assorti d’un bouquin et d’un film à venir avec refus d’analyse contradictoire.

    Deux poids deux mesures? certes, puisqu’on traite ici d’un article qui a eu un impact médiatique très fort.
    S’il y a deux poids, deux mesures c’est donc par volonté délibéré de l’auteur du buzz. Car sans buzz, pas de ventes, étude perdue dans les oubliettes de l’histoire…

    Quant au reste de vos déclaration, attention au catalogue d’amalgames. Vous confondez déclarations politiques ou de soit disant experts (on pourrait remonter au temps aussi où ces mêmes expliquaient qu’on allait mourir en haut de la Tour Eiffel par raréfaction de l’air ou que le train était mauvais pour la santé car il roulait trop vite….) et une étude qui est le fruit de plus d’une année de recherche par une équipe complète avec protocole et méthodologie et qui donc se doit d’être un peu plus sérieuse et objective. Pour le reste comme l’amiante par exemple, la dangerosité est connue depuis le début du XXème siècle et ce matériaux est inscrit dans la liste des maladies professionnelles dès 1945. N’accusez pas la science quand c’est le politique qui est en tort. Le scandale de l’amiante est politique (et français), pas scientifique. Sa dangerosité a été prouvée et démontrée, classifiée tout comme il faut bien avant son interdiction par J.Chirac en 1997.

  • ranta

    Mabouvox bouffe vraiment à tous les rats teliers 😉 . Non mais, publier un article qui dénonce l’imposture de Séralini 🙄

    On y retrouve Pyra bien sûr, en militant plus blanc que blanc.

  • Loulou

    Personne n’a envie de répondre à votre question, Nogat, car la plupart des avis sont tranchés et idéologiques. L’étude de Séralini est défendue ou attaquée pour de mauvaises raisons. Si on est contre le libéralisme, la mondialisation et son archétype (Monsanto), on défend l’étude de Séralini quelles que soient ses failles méthodologiques. Si on abhorre les écolos et les gauchistes ou les «complotistes» (comme sur ce blog), on crie à l’escroquerie ou à l’imposture, on met l’accent sur la com médiatique et on donne des leçons sur la «vraie science». Or, comme le déclare Christine Noiville à propos de l’affaire OGM : Il est dangereux de vouloir séparer a priori bonne et mauvaise science, surtout si cela conduit à balayer trop vite des points de vue minoritaires. En réalité, la distinction entre bonne et mauvaise science doit venir des scientifiques eux-mêmes. Elle ne peut émaner que de la confrontation entre eux, ce qui peut exiger du temps. Je ne vois pas comment il était possible d’avoir un avis aussi péremptoire et immédiat dès la publication de l’article.
    Je conseille son interview intelligent et nuancé dans Libération.

    Christine Noiville qui préside le Comité économique éthique et social du HCB, est juriste, directrice de recherche au CNRS, Directrice du Centre de recherche « Droit, sciences et techniques » et directrice adjointe de l’UMR de droit comparé de l’Université Paris-1 Panthéon Sorbonne. L’interview est parue dans Libération vendredi dernier.
    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/10/christine-noiville-les-ogm-lexpertise-et-le-droit.html

    • ranta

      J’adore ce genre de comm qui n’est pas conçu pour éclairer quoi que ce soit sinon sur une soi disant posture idéologique de Disons.

      Faut-il que Lapa – au passage on remarquera qu’il est lui habilité à faire la différence entre vrai et fausse science- ait visé juste.

      Devrait y avoir encore pas mal de cibles à venir courir sous la flèche 😆

  • D. Furtif

    Bonjour Loulou content de vous accueillir vous et votre contribution.
    Qu’il nous soit possible de dire que votre vision/ classement simpliste des opinions ne fonctionne pas partout.
    Car on peut être à la fois contre les OGM façon Monsanto et contre les procédés médiatiques de Séralini ainsi que ses protocoles curieux d’expériences .
    Votre manière de réduire les avis à des apriori politiques nous amènerait à vous demander les vôtres.
    Car si on vous suit nous ferions de l’idéologie et pas vous.

  • D. Furtif

    Voilà de l’idéologie selon Loulou si nous croyons à sa vision du monde en deux camps irrémédiablement opposés
    Qu’importe la vérité ce qui compte c’est le camp qu’on défend.
    Nous retrouvons des sommets atteints lors du procès Slansky
    .

    « interprétations spéculatives des résultats », « absence d’analyse statistique des données concernant les informations », « conclusions insuffisamment soutenues par les observations », « présentation des résultats utilisés pour échafauder des hypothèses physiopathologiques non fondées », « l‘examen des courbes de mortalité ne permet pas de conclure à une différence entre les groupes de rats », etc

    Ces mots veulent-ils dire quelque chose pour Loulou
    .
    Ce Loulou est évidemment un éminent scientifique au dessus des partis
    Puisqu’il nous ( Les intervenants sur DISONS) accuse de refuser de répondre à Nogat par parti pris idéologique.
    Nous ne connaissons pas ce Loulou mais apparemment celui qui se cache derrière ce pseudo, lui, nous connait

    Cet extrait de commentaire vient selon Marianne du Haut comité des biotechnologies (HCB) et l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail
    .
    Nous saurons ne pas oublier que le dit Loulou nous connait suffisamment bien pour évoquer les complotistes et pour nous resservir une figure de style connue sur les forums si moyens si tu n’es pas d’accord c’est que tu es pour portée à son plus haut niveau dans les procès de Moscou.
    Donc je répète à Loulou comme je l’avais dit à Nogat il y a peu .
    Personne ici n’a fait l’apologie des OGM et de MOnsanto.
    Pourtant notre attentif LOuLou nous ressert la même daube calomniatrice.

  • lavabo

    Quelques elements de reponse concernant le point numero 4 concernant le passage en comite de lecture:
    S’agissant d’une revue editee par Elsevier, il est fort probable que l’auteur ait eu a indiquer de potentiels reviewers (desole pour l’anglicisme)
    D’autre part il a deja ete souligne que les resultats etaient bien presentes ce qui peut etre suffisant pour etre publie. Il faut egalement savoir que ce type de revue cherche a publie un maximum d’articles de maniere a etre le plus visible possible.

  • D. Furtif

    Je partage trop ce propos du journaliste pour ne pas le servir en réponse définitive à Loulou l’homme sans idéologie
    .

    En réalité, le ministre de l’Agriculture a trop emboîté le pas de l’étude avant même d’avoir pris les avis d’experts pour qu’une condamnation voyante de son auteur ne l’éclabousse à son tour. Selon nos informations, son attitude a même été partagée par un autre membre du gouvernement, non issu des Verts, qui s’est empressé de féliciter chaleureusement Corinne Lepage pour son initiative.

    L’utilisation de la mauvaise science pour conforter des choix idéologiques deviendrait-elle la règle au gouvernement ?

    .
    Un dernier renseignement à notre ami LouLou
    Étant aussi athée marxiste qu’on peut l’être, vous avez aussi oublié de me compter au nombre des islamophobes convaincus.Vous pourrez me ranger sans mal dans une de vos cases mentales ad hoc.

    • ranta

      Heu; ce type là il est professeur en université. Il va s’en tirer comme ça ? Personne ne va remettre en cause ce qu’il est supposé d’enseigner ?

      • ranta

        Parce que quoi merde :« « interprétations spéculatives des résultats », « absence d’analyse statistique des données concernant les informations », « conclusions insuffisamment soutenues par les observations », « présentation des résultats utilisés pour échafauder des hypothèses physiopathologiques non fondées », « l‘examen des courbes de mortalité ne permet pas de conclure à une différence entre les groupes de rats » »

        • ranta

          Ah si, j’ai compris. Il va être même décoré :

          « Pourquoi dès lors faut-il s’empresser de sauver le soldat Séralini en lui reconnaissant un rôle de lanceur d’alerte alors qu’il a semé la peur? Les Académies des sciences ont montré la voie dans leur communiqué : « Il est rare, en France, qu’un non-événement scientifique de cette nature suscite de telles passions jusqu’à mobiliser aussi rapidement les membres du Parlement ». La publication du Nouvel Observateur a ouvert une brèche dans laquelle les responsables politiques et les élus se sont engouffrés, sans précaution. A leur risque et périls.  »