Du Qatar à Londres 2012 ( Annie Sugier)

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Annie Sugier nous a fait parvenir ce texte en nous le proposant pour Disons. Elle est l’une des féministes françaises dites « historiques » et  a été à l’avant-garde de très nombreux combats en faveur de l’émancipation des femmes. L’un d’entre eux, peu connu, concerne l’ouverture de la pratique du sport aux femmes dans le monde.
Pourquoi parler aujourd’hui des Jeux Olympiques de Londres alors qu’ils n’auront lieu qu’en 2012 ?

À la différence de ceux de Pékin ils ne devraient donner lieu à aucune contestation de type politique. Personne ne doute du fait que Londres soit la capitale d’un Etat démocratique. Pas plus qu’on ne remet en cause le fait que les Anglais aient été les inventeurs du sport moderne avec ses règles uniformes. C’est de leur génie du commerce qu’est né le phénomène de la mondialisation du sport.

Alors pourquoi en parler maintenant en dehors de toute actualité ?

Parce que, à lire ce qui s’écrit aujourd’hui à propos du choix du Qatar pour un événement sportif prestigieux, le mondial de foot 2022, mais aussi pour le mondial de handball 2015, on ne peut qu’être inquiets sur l’évolution du monde du sport. S’il est trop tard pour peser sur la stratégie des Fédérations Internationales qui ont fait ces choix, il ne l’est pas pour que le CIO et les organisateurs des JO de Londres entendent notre voix.

Les débats sur le choix du Qatar sont en effet révélateurs d’un angle mort de la réflexion sur le sport, celui des valeurs qu’il est censé promouvoir. « Attribuer la Coupe du Monde au Qatar est un signal fort d’intégration du monde arabe dans la mondialisation, c’est un moyen de lutter contre la théorie du choc des civilisations », écrit le directeur de l’IRIS Institut des relations internationales et stratégiques), Pascal Boniface (Rebonds de libé du 21/1/2011). Or la question est  celle des valeurs qu’on veut défendre. Si l’intégration du monde arabe, ou plutôt celle des pays islamistes,  signifie pour les femmes, donc aussi pour les hommes, perdre ce qu’on a mis des lustres à obtenir, une société démocratique et laïque qui tende vers la parité, quel visage de la mondialisation se prépare-t-on à nous montrer à Londres ? Le CIO et les organisateurs sont-ils décidés à appliquer les termes de leur propre Charte fondée sur les valeurs universelles ou n’est-elle qu’un paravent qui masque les compromis de tous ordres avec les dictatures de la planète ?

Les questions que nous posons touchent au modèle d’intégration sociale dont la Charte est porteuse et qui permettent de dépasser les différences culturelles et religieuses. Ces questions touchent à des sujets sensibles : la place des femmes et les stéréotypes sexuels bannis par la Charte.
  • Verra-ton encore à Londres comme à Pékin des délégations telles que celles d’Arabie Saoudite et du Qatar ne comportant aucune femme, en contradiction avec le principe N°5 de la Charte qui impose le rejet de toute forme de discrimination y compris de sexe ?
  • Verra-t-on  à Londres comme à Pékin des bataillons de femmes portant le voile islamique alors que la règle 51 de la Charte interdit toute expression politique ou religieuse dans les lieux olympiques ?
  • Le CIO continuera-t-il en catimini  à cautionner les Jeux de la ségrégation destinés aux femmes des pays islamiques et qui sont organisés tous les 4 ans par Téhéran ?
  • Et plus généralement encore, les JO de Londres seront-ils ceux de la parité hommes femmes en nombre d’épreuves et de médailles attribuées et non pas seulement en nombre de sports représentés ?
  • Les JO de Londres seront-ils ceux du respect des  minimas fixés par le CIO pour la représentation des femmes dans les instances dirigeantes, minimas qui devaient être de 20% en …2005 et que même le Comité d’organisation de Londres ne respecte pas avec pour seule femme la princesse Anne sur  18 membres!
  • Le mouvement olympique va-t-il enfin s’interroger sur les images qu’il fabrique et qui renforcent les stéréotypes de genre ? Va-t-il ouvrir les yeux sur la prostitution organisée qui accompagne les grands évènements sportifs ?
Il serait temps que les ONG humanistes se réveillent et se rappellent le rôle éminent joué par le sport et le Mouvement Olympique pour venir à bout de l’apartheid pratiqué par l’Afrique du Sud qui fût exclue pendant 30 ans des JO. À l’époque personne n’aurait osé afficher le pourcentage croissant de participation des noirs des autres pays africains aux JO comme indicateur de progrès.

C’est la raison pour laquelle nous demandons un geste symbolique fort  : la remise par le  Président du CIO de la médaille d’or du Marathon, cette course mythique au cœur de l’Olympisme, non seulement au vainqueur de l’épreuve masculine comme il le fait habituellement, mais aussi à celle qui aura remporté la course féminine. Ce serait une façon d’affirmer la volonté du CIO d’aller vers la parité et la mixité. Ce serait aussi une façon de rendre hommage à la première sportive qui en 1896, aux JO d’Athènes, eut l’audace de vouloir s’inscrire au Marathon. Bien que cela lui fut refusé, elle courut tout de même la distance, seule et sans public. Elle s’appelait Stamata Revithi, dite « Melpomene ».

Nous lançons un appel(*) au CIO et au Comité d’organisation de Londres 2012 pour demander l’application stricte de la Charte Olympique. Il n’est pas plus acceptable d’émettre des réserves à la CEDAW (**) qu’à l’application de la Charte Olympique quand il s’agit des femmes !
Annie Sugier,
Présidente du Comité Atlanta+ et de  la Ligue du Droit International des femmes(LDIF)
Linda Weil-Curiel
Secrétaire générale de la LDIF
____________________________________________________________________________
(*)Appel soutenu par la CLEF (coordination française pour le Lobby Européen des Femmes)
(**)Convention des Nations Unies pour l’élimination des discriminations à l’encontre des Femmes.

21 comments to Du Qatar à Londres 2012 ( Annie Sugier)

  • Léon

    Pour information : Anne Zelensky, Annie Sugier et Simone de Beauvoir ont co-fondé deux organisations aux moyens et visées un peu différents, la Ligue du droit des femmes ( présidente actuelle, Anne Zelensky) et la Ligue du droit international des femmes, présidée actuellement par Annie Sugier. Pour comprendre la particularité de cette dernière organisation, voir leur site.

  • Lapa

    Même si l’on peut considérer que l’olympisme actuel n’est qu’un élément de contrôle des masses en le dénigrant d’un panem circenses de circonstance, et qu’on ne se fait pas d’illusion quant aux intérêts connexes, il me semble important de soutenir ce combat contre la compromission effective du capitalisme financier sportif avec les systèmes, pas forcément totalitaires, mais du moins dont le principe même est basé sur des conceptions sociétales contraires à nos principes issus des lumières. Tout est histoire de pouvoir et de fric, évidemment, le Qatar n’a strictement aucune valeur sportive autre que celle de pouvoir fournir grâce à la manne pétrolière, du pognon à la pelle. Il est évidemment plus aisé de parler d’intégration arabe dans la mondialisation (ce qui ne veut rien dire mais venant de l’IRIS ça ne nous étonnera pas) avec ce pays qu’avec aucun autre. mais bizarrement, dans mon esprit, s’intégrer voulait dire également respecter les règles présentes…
    Le Quatar n’est que la vision fantasmée d’un monde arabe riche, occidentalisé et de tourisme luxueux factice. D’aucuns pensent que c’est là bas que se trouve la croissance et son prêts à tout pour avoir leur part. D’autres estiment que ce château de carte en trompe l’œil s’écroulera bien assez tôt.

  • Léon

    Absolument d’accord Lapa. J’avoue ne pas avoir pensé l’émancipation des femmes en termes de pratique sportive, mais c’est une erreur. Même si l’olympisme n’est qu’une vitrine, il est supposé être l’aboutissement du travail de masse de fédérations sportives. Le sport apporte incontestablement un bienfait en termes de santé, de plaisir et il est inacceptable que des femmes, parce que femmes, soient exclues des bénéfices de cette activité.

  • yohan

    Le Qatar vient de rafler l’organisation de deux événements majeurs en sport. La coupe du Monde de foot grâce à l’entremise de Zidane et le mondial de hand grâce à un retournement de voix suspect. Pas de raisons bien sûr pour qu’un pays arabe ne puisse organiser de tels d’événements, mais on aimerait être sûr que ce n’est pas le pognon qui guide uniquement ces choix. Quelles garanties pour s’assurer que la composition du public ne sera pas exclusivement masculine, comme c’est le cas là bas. Si ça peut contribuer à faire bouger les mentalités, pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr qu’on ait choisi le bon moment

  • ranta

    Verra-ton encore à Londres comme à Pékin des délégations telles que celles d’Arabie Saoudite et du Qatar ne comportant aucune femme, en contradiction avec le principe N°5 de la Charte qui impose le rejet de toute forme de discrimination y compris de sexe ?
    Verra-t-on à Londres comme à Pékin des bataillons de femmes portant le voile islamique alors que la règle 51 de la Charte interdit toute expression politique ou religieuse dans les lieux olympiques ?

    Oui.

    Le CIO continuera-t-il en catimini à cautionner les Jeux de la ségrégation destinés aux femmes des pays islamiques et qui sont organisés tous les 4 ans par Téhéran ?

    Oui.

    Et plus généralement encore, les JO de Londres seront-ils ceux de la parité hommes femmes en nombre d’épreuves et de médailles attribuées et non pas seulement en nombre de sports représentés ?

    Non.

    Les JO de Londres seront-ils ceux du respect des minimas fixés par le CIO pour la représentation des femmes dans les instances dirigeantes, minimas qui devaient être de 20% en …2005 et que même le Comité d’organisation de Londres ne respecte pas avec pour seule femme la princesse Anne sur 18 membres!

    Non.

    Le mouvement olympique va-t-il enfin s’interroger sur les images qu’il fabrique et qui renforcent les stéréotypes de genre ? Va-t-il ouvrir les yeux sur la prostitution organisée qui accompagne les grands évènements sportifs ?

    Ah, ah…. refuser de faire du pognon ? certainement pas.

  • Léon

    Je ne serai pas aussi catégorique. D’abord le sport féminin est aussi un marché après tout et il est arrivé au mouvement olympique de prendre des positions courageuses, par exemple le boycott de l’Afrique du Sud au temps de l’apratheid. On n’est pas exactement dans le cadre du sport professionnel comme le foot et il y a encore des sportifs qui croient aux valeurs de l’olympisme. Peut-être les revendications viendront des sportifs(ves)eux-mêmes ? Le pire n’est pas certain !

    • Lapa

      je ne vois pas en quoi le boycott de l’AFS était courageux. C’est un pays qui a l’époque ne pouvait mettre aucune pression économique financière ou sportive sur ceux qui le boycottait. Autre chose que la Chine ou la Quatar, voir même Israël…

      Leon je pense que le temps d’une prédominance nette de la pensée occidentale humaniste est révolu. Depuis l’AFS, il y a eu une mondialisation accélérée doublée d’une prise en compte des multiples cultures et systèmes sociétaux qui ne sont pas issus de l’humanisme Grec, le tout baignant dans un relativisme culturel général. A tout dire, cette pensé hmaniste va maintenant vers une minorité qui la fera passer pour un doux rêve (minorité en terme de poids économique, en terme démographique, en terme de puissance…) d’autant plus que l’économie s’est parfaitement adaptée à ces systèmes sociétaux archaïques à partir du moment où ils permettent la libéralisation financière (c’est pourquoi les système socialistes de l’URSS et consorts étaient les ennemis, pas car ils étaient tyranniques, mais juste qu’il n’étaient pas capitalisés) . Ce qui veut dire en d’autre termes qu’il sera bien ardu de faire valoir les valeurs universelles des droits de l’Homme quand on n’a plus le leadership planétaire. On nous renverra gentiment à la maison. Là certains systèmes profitent de leur fric pour imposer petit à petit leur mode de pensée et de vie, et dans le relativisme général, tout le monde se dit: bah pourquoi pas?? le tout doublé d’une espèce de syndrome de repentance post coloniale où l’on se sent obligé de s’effacer un peu dans les affaires du monde.

      • D. Furtif

        Bonjour Lapa

        Pour promouvoir puis asseoir sa domination, la bourgeoisie a diffusé une idéologie dite de progrès: Les lumières.
        Une fois celle ci établie et incontestée elle peut très bien s’en passer, au point de maintenir certaines régions du monde dans un état en deçà de l’ancien régime européen.Par exemple : Sauvagerie des rapports humains en régions minières d’Afrique centrale, ignorance des droits fondamentaux pour les femmes ailleurs etc…
        C’est en ce sens que la gauche ouvrière se voit chargée d’une première tâche: maintenir le système et les valeurs de l’état démocratique alors qu’historiquement elle est par l’internationalisme appelée à l’éteindre.

        C’est pourquoi, au niveau mondial , on peut faire le diagnostic suivant : Le système de domination bourgeoise signifie la régression sur toute la ligne. Votre description valide aussi le pronostic de Trotsky : Socialisme ou barbarie.

        La cuistrerie des petits maitres genre BHL, Finkelkraut , ne révèle dans cette situation que leur désarroi voire leur panique , ils sont le revers de la médaille qui porte sur l’autre face le relativisme culturel: l’acceptation d’une barbarie dite « modérée » pourvu qu’elle soit exotique.

        • snoopy86

          Socialisme ou barbarie ?

          P… ! Vive la barbarie 😆

        • COLRE

          « Pour promouvoir puis asseoir sa domination, la bourgeoisie a diffusé une idéologie dite de progrès: Les lumières ».
          Voici une perspective exagérément bilieuse, Furtif, non ?… 😯
          Pourtant, loin d’être une humaniste naïve, au contraire, j’ai plutôt une vision sombre de l’humanité, mais là : je suis battue…

          Pour moi, les Lumières, c’est le fruit d’une miraculeuse coïncidence sociale et culturelle, une accélération de la pensée, un de ces moments rares de précipité créatif comme l’histoire nous en présente très peu (comme le Vè siècle grec).

          Bien sûr, pour qu’un tel événement advienne, il y faut de la richesse dilettante et détachée des préoccupations matérielles, avec l’instruction qui va toujours avec, des jeunesses libérées qui déploient leurs curiosités, leur goût de se dépasser, de « réussir » leur vie, l’aspiration à l’exploit, à l’originalité, à la découverte…
          Bref : ce que tu appelles la « bourgeoisie »… C’est normal, ce n’est pas chez les aristos qui n’aiment rien tant que le pouvoir et les armes ou chez les pauvres qui passent leur vie à survivre que l’on trouvera ce concentré d’utopie et de détachement, ce goût de l’intelligence et du rêve…

          Une idéologie « dite » de progrès ?… mmmhhh… Si tu jettes les Lumières, tu peux bien tout jeter alors !

          • D. Furtif

            Pourquoi voir de la bile là où il y a reconnaissance de la valeur indispensable de ce stade de l’évolution des société.Les Lumières
            Reconnaissance telle que je passe mon commentaire à expliquer que ceux dont ce ne sont pas les tâches historiques devront les prendre à leur compte.
            Car tu conviendras que la classe sociale qui en a fait la promotion le oublie systématiquement dès qu’elle en a l’occasion

            Maintenant tout à fait entre nous

            Où as tu lu que j’avais écrit ça…

            Une idéologie « dite » de progrès ?… mmmhhh… Si tu jettes les Lumières, tu peux bien tout jeter alors !

            Je reconnais que le mot dite peut à la limite vouloir dire que on en doute ,mais ici pas du tout, il faut voir simplement
            Elle est dite parce que c’est ainsi qu’on dit

            Les lumières sont dites de progrès par rapport à l’obscurantisme religieux qui est dite de régression sociale

            ========================
            Une fois dit ceci

            Je ne partage pas ( ce qui ne veut pas dire que je combats)
            Ce que tu dis de miraculeuse coïncidence , puis de richesse dilettante….

            Pour moi , il s’agit de fait précis réels et incontestables qui ont amené aux évènements que l’on a appelé la révolution bourgeoise.Et la bourgeoisie est tout sauf dilettante

            • COLRE

              My dear, en effet, l’idéologie « dite » de progrès, pour moi, ça veut dire « prétenduement » de progrès, surtout dans le contexte de ta phrase où cette « idéologie » sert juste à « promouvoir », « puis asseoir » la « domination » de la bourgeoisie… Tu la présentes comme un trompe-l’oeil, un enfumage d’hypocrisie bourgeoise… non ?

              Bon, ben nous sommes d’accord, alors…
              Mais comment nier que les Lumières n’ont pas eu la bourgeoisie comme adversaire prinicipal, non ? je ne crois pas que c’était vraiment le sujet…

              Je ne peux pas non plus te suivre sur ton diagnostic :

              « C’est pourquoi, au niveau mondial , on peut faire le diagnostic suivant : Le système de domination bourgeoise signifie la régression sur toute la ligne.

              Dis-moi, quel autre système de domination à marché (à part la domination « dite » 😉 bourgeoise de notre République) ?
              Domination aristo de l’Ancien Régime ? domination « ouvrière » du stalinisme ? paysanne du Polpotisme (voire maoïsme) ? domination raciale (raciste) de l’esclavage, du colonialisme ou du totalitarisme nazi ? domination religieuse des « républiques » Islamistes ?…

              Je n’ai sans doute pas la même définition que toi de la « bourgeoisie », qui est une classe sociale qu’il faut réguler et dont il faut juguler les forts penchants à l’excès et à la cupidité. En revanche, je ne vois pas comment les sociétés humaines de grande taille pourraient se passer d’une classe moyenne forte…

              • D. Furtif

                Vraiment on a de la peine

                tu dis
                .

                Mais comment nier que les Lumières n’ont pas eu la bourgeoisie comme adversaire prinicipal, non?

                M’enfin je me demande ce que tu lis quand tu me lis

                Puisque j’ai affirmé tout au contraire que la bourgeoisie a élaboré puis promu et défendu et enfin installé ses valeurs par la Révolution qu’elle a menée.

                Ce n’est qu’une fois sa suprématie assurée qu’elle n’a plus eu un besoin vital de ses valeurs…

                ..
                Car n’oublions pas que dans son mouvement révolutionnaire , elle n’a pu vaincre qu’en s’appuyant sur les masses des petits artisans et compagnons et la masse énorme des paysans qui lui sont étrangères. Elle a su faire machine arrière en matière d’émancipation religieuse par le retour au Concordat

                Maintenant, une fois cela dit, je vois confusément que pour toi la machine à faire l’histoire serait pour ainsi dire arrivée à son terme.Ce n’est pas mon avis et ce n’est pas non plus la tentative avortée , isolée et agressée par l’interventionnisme étranger, puis dénaturée en raison de cette agression et de problèmes internes( peut-être dus à cette violence accumulée et aux destruction de la guerre puis de la guerre civile) Je parle de la Russie.

                Il reste une société à inventer qui n’est pas la société bourgeoise mais qui reprend ses avancées pour les porter plus loin.

                C’est ce que l’on trouve en germe dans l’histoire du mouvement ouvrier, dans la commune de Paris décapitée par Robespierre, dans l’autre la Commune de 1871 , dans la Révolution de 1917, dans les comités de protections de Tunis et du Caire et toues les formes que la lutte pour l’émancipation des masses sait trouver et inventer…
                Cela passe obligatoirement pas l’abandon des anciennes formes d’asservissement. .L’avenir souhaitable n’est certainement pas le Stalinisme, ni le Maoisme comme tu as su le rappeler , ni Pol Pot ni tout autre imposture

                N’étant pas affilié au John LLoydisme ni au Fakirisme , je ne peux te décrire ce que sera cette société. mais je sais lire dans les mouvements de l’actualité les formes en prémices de ces nouvelles sociétés

                .
                Il faut ajouter encore
                .

                Ajouter que nos différences viennent d’une vision et acception très divergentes de ce que sont les classes sociales, que je les vois déterminées par leur place dans la production économique, l’ideologie en découlant et non l’inverse.
                Je t’avouerais pour finir que ta profession de foi pro classe moyenne forte me plonge dans des abîmes de perplexité, induits par ce qui est à mon avis une conception vaguissime de la bourgeoisie.

        • COLRE

          Tu as raison, Furtif, je n’ai sans doute pas la bonne définition de « bourgeoisie » car c’est un concept désormais flou et je n’utilise pas trop les concepts marxistes dans leur ensemble.
          Et à vrai dire, je ne l’utilise presque jamais, sinon dans sa version « supérieure », celle de « haute-bourgeoisie » et de « moyenne bourgeoisie ». Même la « petite bourgeoisie » n’a plus bcp de signification pour moi, dans le grand mouvement de déclassement de la société en général et de la classe moyenne en particulier.
          Disons que j’ai une vision plus « continue » de l’échelonnement des catégories.
          Au temps pour moi…

          Sinon, on est certainement très en accord sur l’analyse des errements historiques et sur la nécessité de solutions novatrices. D’ailleurs, les grandes mutations ont largement commencé… je suis d’accord, et qui conduiront peut-être au désastre dans un premier temps.

          En revanche, on l’est peut-être moins sur les conditions d’une métamorphose positive de nos sociétés.
          Je pense que la première chose est de cesser de critiquer à tort et à travers tous les segments de la société : du plus bas au plus haut et de gauche à droite, tous ont leur place, mais une place « surveillée » par la justice d’abord, et la justice sociale aussi… « régulée », si l’on préfère.

          La paix sociale, les compensations et autres péréquations entre tous ceux qui sont favorisés et les autres sont les prémices essentiels de ces nouvelles sociétés.
          Et entendons-nous bien, cela peut être n’importe quoi qui crée ce privilège (le salaire, le patrimoine, le genre masculin ou le métier, mais encore le talent, l’intelligence, la santé…).

          Le coeur de l’idéologie sarkozyste : inégalitaire et clivante, est EXACTEMENT ce que la politique ne doit pas être…

  • ranta

    il y a encore des sportifs qui croient aux valeurs de l’olympisme.

    l’immense majorité y croit. De toutes façons dès les télés commencent à s’intéresser à un sport il est condamné à devenir pourri.

  • COLRE

    Merci pour ce texte, Léon, et merci à Annie Sugier pour son implication qui ne faiblit pas dans cet éternel combat qu’est la défense des droits des femmes.
    Dites-moi… heureusement qu’il y a encore des féministes « historiques » chez nous !

    L’activité sportive reste encore un très très gros bastion du machisme en France. Que ce soit dans les petits clubs amateurs ou les grands bazars médiatiques, l’image de la sportive est le plus souvent dévalorisée. Très difficile pour les petites filles qui, en plus d’être souvent empêchées de pratiquer certains sports, ne reçoivent aucune considération sociale dans leurs pratiques, bien au contraire.

    C’est un pb qui empire dans les grandes villes et banlieues où dans la culture musulmane les filles sont bel et bien interdites de gym, de stade ou de piscine.
    J’avais lu un dossier de la HALDE sur la question, c’est affligeant.

    Sinon, l’histoire du Qatar est exemplaire de la démission de nos valeurs… Car ce qui est grave, c’est que non seulement cela passe dans une indifférence médiatique absolue, mais que lorsqu’on fait remarquer qu’il y a un pb, les gens ne voient même pas où il est, le pb ! mais c’est toujours comme ça, dès qu’il s’agit du droits des femmes…

  • COLRE

    Je viens d’aller chercher l’article de Boniface. Je m’attendais au pire, connaissant le bonhomme, et bien c’est encore pire que ce à quoi je m’attendais question « faux-cul ». 😯

    C’est un monument de mauvaise foi. Je vous en conseille la lecture, c’est instructif de la technique : où comment développer un point de vue avec une tonne d’arguments mensongers ou spécieux, en passant sous silence les seuls arguments qui vaillent…