Black, Beur…et Blanc cassé ?

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Le soufflé médiatique qui secoue actuellement le football français et ses hautes instances dirigeantes n’est toujours pas retombé, la faute à Laurent Blanc, en congé. Tous les médias sont suspendus à ses prochaines déclarations.

Une fois encore, les voix des associations anti racistes, ces chantres de la sopoïsation de la société, s’élèvent pour crier à la discrimination.

On finit par se lasser de toute cette parodie d’indignation, qui surgit au moindre mot de travers et interdit tout débat, toute action.

Le football français a été tellement humilié l’été dernier, qu’il était clair qu’un certain nombre de remises en question allaient naître de cet épisode affligeant et que la question de la composition multi-ethnique de l’équipe nationale, loin de la diversité supposée, viendrait inévitablement sur le tapis, au risque de soulever un prévisible tollé.

Il est possible que, dans un contexte éminemment tendu, au sortir de l’été, les mots aient dépassé la pensée, si tant est, qu’il n’est jamais facile, de s’exprimer sur un tel sujet sans s’attirer les foudres des milices institutionnelles, qui font en sorte de justifier de leurs émoluments, par tous les moyens, même les plus vicieux.

Laurent Blanc est aujourd’hui sur la sellette, et le pacte de solidarité black blanc beur de 1998, est en passe de se fissurer, la faute aux révélations de Médiapart.

Cette affaire comporte en réalité trois volets qu’il conviendrait de distinguer.

Le premier est celui de la bi nationalité des joueurs du vivier de la FFF.

La convention européenne de Strasbourg de 1963 considère que le cumul de nationalités est source de problèmes. Dans les faits, une autorisation de double nationalité ne vaut pas reconnaissance pour tout et n’importe quoi. En ce sens, nul de devrait pouvoir arguer de sa double nationalité pour obtenir des faveurs indues, et ceci en jouant sur tous les avantages, offerts par l’un et par l’autre. En l’occurrence, la question du remboursement de la formation des joueurs qui optent pour représenter le pays de naissance de leurs parents se pose légitimement.

En toute logique, toute acquisition d’une nouvelle nationalité par naturalisation, ou autre moyen, devrait conduire à l’abandon automatique de la nationalité d’origine.

Si certains pays, comme le Danemark, interdisent la bi nationalité, d’autres, comme la France, y souscrivent.

Or, comment est-il possible d’appartenir à deux nations et de ressentir la même fibre patriotique pour chacune ?

En tout cas, même s’il est probable que bon nombre de binationaux l’éprouvent sincèrement, il en est d’autres qui, pour avoir obtenu la nationalité française par commodité, sinon complaisance, n’en ressentent pas moins d’acrimonie pour le drapeau français. Il suffit de voir la Marseillaise, copieusement sifflée par les supporters binationaux, tunisiens en tête, pour le comprendre.

90 pays ont admis la double nationalité, c’est beaucoup. Le Japon lui, l’autorise, mais jusqu’à la majorité. Après, il faut choisir.

L’autre question est celle du jeu de l’équipe de France.

Concernant, l’affaire qui nous préoccupe, la question qui était posée visait à réorienter le jeu vers plus de technicité et de vivacité. Certains en ont déduit un peu rapidement qu’on voulait en profiter pour éliminer ces grands blacks, avaleurs de kilomètres et régulièrement accusés d’avoir « les pieds carrés ».

Je ne vais pas jouer les vierges effarouchées, car comme spectateur, je préfère de loin le jeu d’un Iniesta à celui d’un Diaby.

Il est vrai aussi que l’ancien sélectionneur avait montré un penchant plus prononcé pour le désossage que pour la dentelle de Calais. Pour autant, peut-on s’arroger le droit d’ourdir un procès en sorcellerie à la FFF, parce qu’elle réfléchit à l’intérêt de revenir à un jeu vif et technique, à l’image du jeu espagnol, une orientation qui d’ailleurs n’exclut en rien l’apport de joueurs physiques en défense.

En clair, s’il existe encore un Giresse ou un Tigana dans ce pays, tous deux ne devraient-ils pas avoir leur chance, eux qui n’ont jamais été des monstres physiques ?

Chacun ayant pris, depuis l’ère Laurent Blanc, la mesure du nouveau visage des bleus, il est clair qu’il ne présente aucun des stigmates d’un quelconque blanchiment.

Un dernier point, qui découle directement de la mutinerie de Knysna, a amené le nouveau sélectionneur à siffler fort justement la fin de la cantine halal.

Les exigences insupportables du clan Ribéry, appelant au droit à l’insulte dans les vestiaires, ont choqué les français au cœur de l’été, tout en réveillant les consciences endormies. Un tel débat ne pouvait être clos aussi facilement. C’est un sujet sensible, mais qui doit faire l’objet d’une réflexion dépassionnée. La réunion évoquée par Médiapart s’est tenue à chaud.  Un point qui semble avoir échappé à la bande à Plenel, trop pressée de monter l’affaire en épingle.

La mesure des quotas, qui n’est effectivement par très claire dans sa formulation, pose en creux la question de la bi nationalité et des exigences inacceptables de certains » mauvais prophètes » du football, et moins celle du beau jeu, qu’un Gaël Kakuta, un autre binational, pourrait nous proposer bientôt… sauf s’il opte pour les léopards….

7 comments to Black, Beur…et Blanc cassé ?

  • Léon

    Personnellement, j’en ai un peu marre de cette histoire. Ces indignations me fatiguent. A force de crier « au loup » en permanence on finira par ne plus voir le vrai racisme lorsqu’il se manifeste. Je crois que c’est une grave erreur de banaliser l’usage de ce concept, de qualifier ainsi n’importe quoi, des problèmes de voisinage, le refus de la mauvaise éducation etc…

    • Lapa

      ah zut leon, vous allez y avoir encore droit pour la revue du WE 😀 désolé! j’espère juste qu’elle saura arracher un sourire!

  • Léon

    Je ne vais pas me placer que de mon point de vue ! Si cela intéresse les gens…

  • D. Furtif

    Si cet enregistrement est authentique et personne ne semble le contester. Il pose avant tout le problème d’un niveau zero de l’intellect de ces gens réunis ( y compris Laurent Blanc)
    Que les propos relèvent du plus bas racisme est incontestable mais le problème réel est ailleurs .Ce groupe placé à la tête d’une industrie du spectacle gigantesque révèle toute sa capacité illimitée à se montrer inapte à la solution des problèmes qu’ils doivent affronter.

    Dans ce monde où se rencontrent depuis longtemps les méchants racistes , il y a aussi à la FFF une concentration de cons bénis néfastes au plus haut point.Ces derniers y font la loi.
    On pourrait voir d’un œil apaisé les méchants racistes car on est sûr que eux__ de temps en temps___ se reposent et dorment un peu pour se reposer

  • ranta

    C’est une affaire qui sort opportunément à quelques semaines de l’élection du président de la FFF. Depuis longtemps la ligue professionnelle lorgne sur la direction de la 3F, se considérant insuffisamment représentée ( pour rappel la FFF s’occupe du football amateur, de la coupe de France, des sélections nationales, de la formations des entraîneurs et du contenu de formation des jeunes) et la triste coupe du monde de l’été dernier a servi de prétexte à plus d’exigeances.

    C’est que la 3F a une grosse tare, sa direction est majoritairement issue des rangs amateurs, et il est bien connu que dès qu’il y a des sommes astronomiques en jeu il faut des gens sérieux pour les gérer : la ligue pro, bien sûr 😉

    • ranta

      N’y voyez donc aucune coïncidence si Noël Le Graet, ancien président de la ligue, actuellement vice-président de FFF, s’est déclaré candidat ce week-end.

  • Pour faire rire Léon …
    Evolution des footeux :

    Laurent blanc
    Laurent black
    Laurent beurre
    Laurent barre

    (tout frais pondu par une connaissance adepte de la déconstruction)