Tunisiennes jetées à la mer: quand Paul Villach invente l’argumentation quantique!

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Les occasions de rigoler se font rares: profitant d’un passage express suite aux discussions du bar sur le site si moyen, je n’ai pas pu m’empêcher de parcourir le Villach du jour (le 11/05). Vous le reconnaîtrez aisément, il traite des femmes tunisiennes jetées à la mer par les migrants.  En fait non, il se sert comme prétexte d’une information livrée par de brillants journaux (Le Figaro, de droite, et la Marseillaise, de gauche) pour effectuer la sempiternelle analyse es leurre du traitement de l’information. Bon là il était en baisse de forme visiblement: un seul leurre à se mettre sous la dent (celui d’appel humanitaire, qui se situe entre celui du barbecue japonais et celui du nœud coulissant dans le catalogue raisonné de ses oeuvres), entraînant juste deux réflexes; bref que du très léger en apparence.

Des faits pour le moins sujets à caution

Et pourtant, voilà que ladite information s’avère, après rapide enquête d’Arrêt sur Images, passablement bidon, ou du moins: totalement tronquée. En réalité, le seul témoin reportant les faits a finalement reprécisé sa formulation et les journalistes ont pu avoir l’information complémentaire dans la même journée: les femmes tunisienne auraient été débarquées au départ des embarcations, à quelques dizaines de mètres des côtes tunisiennes.

Joyeusement tancé de désinformateur avec ce fait qu’il fait mine d’ignorer, Villach essaye d’esquiver la critique pour finalement déclarer:

Le couple « information/désinformation » a été sorti par la mythologie journalistique du contexte des services de renseignements pour conférer à « information » un sens positif qu’il n’a pas. Ce n’est qu’un leurre.

Il faut donc bien comprendre que répéter des informations tronquées ou fausses n’est pas de la désinformation, la seule valeur de l’information n’est pas donnée par sa véracité mais par le moyen dont on l’obtient (extorquée ou bien livrée) :

Une information est une représentation plus ou moins fidèle de la réalité, donnée, dissimulée ou extorquée.

Puis, devant encore se justifier il donne dans le grandiose:

je ne prétends pas asséner une vérité, comme vous avec votre leurre de « l’information/désinformation », mais seulement une représentation de la réalité plus ou fidèle (sic). il appartient ensuite à chacun d’en décider.

Villach ne prétendant pas asséner la vérité, c’est peut être vrai pour les actualités qu’il traite, mais ce n’est pas trop le cas dans ses explications concernant l’information non? Son raisonnement n’est-il pas là pour nous démontrer qu’il a raison? De nombreux dialogues, hélas parfois disparus, ne nous ont-ils pas démontré que cet ancien professeur cherchait surtout à  imposer sa vision des choses, sans une seule remise en question, même partielle?

Bon, de prime abord Villach n’a pas tout à fait tort sur ce coup là: son analyse, pour ce qu’elle vaut, n’a a priori pas besoin de savoir si l’information diffusée par ces deux journaux (La Marseillaise et le Figaro) est conforme aux faits. Il paraît être juste là pour montrer que l’information est traitée pareillement alors que le bord politique des deux journaux est radicalement différent. Il prend d’ailleurs les précautions sémantiques d’usage dans son article: son titre par exemple ne parle pas directement de tunisiennes jetées à la mer comme si c’était un fait avéré, mais juste comme une information donnée par des journalistes:

Ces Tunisiennes jetées par-dessus bord… au Figaro comme à La Marseillaise

Ce en quoi il pourrait sortir blanchi de ne pas s’inquiéter de la réalité des faits. Sauf que…

Tout d’abord il n’ignore pas, en spécialiste de l’information, que les lecteurs à force de s’entendre répété des informations, vont les supposer conformes à la réalité, surtout qu’elles sont utilisées de manière brute dans le raisonnement de l’auteur, sans aucune prise de distance: les faits sont donc considérés comme acquis.

Ensuite, la réalité supposée des faits est, malgré ses dires, actée dans sa prose: il a usé du mélodrame, sans doute un leurre d’appel humanitaire aussi, pour déclencher en nous un réflexe de rejet et de culpabilité. Ainsi à la fin de son article n’écrit-il pas:

À l’occasion d’un article, ils se rejoignent dans le traitement de l’immigration tunisienne : ils choisissent l’un et l’autre pour des motivations différentes de privilégier le même leurre d’appel humanitaire visant à culpabiliser les Européens et à masquer la mort infligée à des femmes par des hommes dans la jungle de l’immigration clandestine.

Pour Villach son opinion est faite: les clandestins ont donné la mort à ces femmes, jetées en pleine mer comme pouvait le supposer Docdory qui a eu la décence d’utiliser le conditionnel. Larmoyant, nous pouvons nous révolter contre la connivence de l’UMP-PC dans le traitement de l’information.
Et c’est bien logique qu’il le pense ainsi, puisque c’est ce qui permet de réaliser une analyse sur le masquage de la réalité de l’immigration par ces journaux. Le but donc de la démonstration.

Contrairement à son relativisme affiché, il avait donc tout intérêt à continuer de faire croire que lesdites femmes étaient larguées en haute mer, sans espoir…et ignorer superbement tout information allant à l’encontre de ses schémas mentaux.

C’est de l’argumentation quantique

Ce n’est pas la première fois que ce chroniqueur nous déballe un pavé de raisonnement entremêlé de faits non démontrés qu’il tient pour acquis et qui constituent la base même du message à véhiculer.

Souvenez-vous de la fameuse lettre que les soit-disant élèves d’une classe avait écrite à leur professeur: « allez vous faire enc… ». Son article nous expliquait toutes les raisons pour lesquelles on en était arrivé là. Sauf que sa diatribe est sortie après que quelques journalistes sérieux ont enquêté sur le terrain pour s’apercevoir que les dits élèves de la professeur n’étaient pas en cause. Trop tard, les sempiternels paragraphes Villachiens étaient déjà de sortie pour nous expliquer le pourquoi d’un fait qui n’était déjà plus vrai.

Une autre fois, n’a-t-il pas fustigé une publicité Hallal pour déclarer que ceux qui nous les imposaient étaient sans conteste des islamistes intégristes (1). Alors que ladite marque était un commerce très lucratif d’un personne de confession juive, probablement aussi proche d’Al Quaïda que Villach du prix Nobel. Information parfaitement vérifiable, qui lui a été retournée mais qu’il ignora superbement, des insultes en plus.

Dans le premier cas, comme dans celui des femmes tunisiennes, l’hypothèse de départ est peut-être fausse, mais de part un raisonnement infaillible, ce n’est plus important: seul le résultat final est intéressant, effaçant du même coup une hypothèse bidon. Une hypothèse pouvant statistiquement être vraie ou fausse; voilà qui nous rapproche de nos molécules quantiques qui peuvent être statistiquement à un endroit… ou ailleurs. Leur état n’a pas d’importance tant qu’on ne les observe plus (2).

Dans le deuxième cas, le fait est réel, mais le raisonnement infaillible ne peut donner une réponse totalement fausse. Car n’oubliez pas que:

Une information est une représentation plus ou moins fidèle de la réalité, donnée, dissimulée ou extorquée.

Ainsi, si depuis une hypothèse réelle, notre raisonnement aboutit à une contre-vérité, ce n’est pas le raisonnement qui est mauvais, c’est juste que la réalité est quantique… son état est dual, ou inconnu, peut être vrai ou peut être faux: quelle importance?

Ces deux exemples en mémoire sont évidemment loin d’être isolés. Souvent l’accroche titre de l’auteur est mise à mal, parfois, la conclusion est totalement contraire à la réalité…

Dans tous les cas, l’hypothèse ou la conclusion n’ont que des états statistiques ou probables en quelque sorte, elles sont adaptables au bon vouloir du raisonnement qui lui, est une loi de la vérité inaliénable. Elles sont à la disposition de l’auteur pour s’écouter parler.

Sans nul doute Villach a poussé très loin l’art de ne pas vouloir être pris en défaut!

La découverte de cette loi fondamentale et de ses nombreuses applications dans les arguties quotidiennes d’inactifs pronétaires devraient lui valoir une médaille; c’est tout le mal qu’on lui souhaite.


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(1) Une publicité à l’image de ses auteurs islamistes

(2) Principes de la physique quantique simplifiés: en vidéo

la mécanique quantique est une science probabiliste (on ne peut jamais déterminer avec certitude l’état des choses) les particules ne sont pas solides mais possèdent une double nature: elles sont à la fois matière et onde. A tel point que l’on parle de ondicule pour caractériser ce double aspect. Lorsque la particule se comporte comme une onde, elle n’est plus localisable dans l’espace, elle est à la fois présente en tout point et nul part, son existence est alors définie en terme de « champs de probabilité ».

34 comments to Tunisiennes jetées à la mer: quand Paul Villach invente l’argumentation quantique!

  • COLRE

    Bonjour Lapa,
    Axé sur ton plaisir d’épingler popaul et ses tartufferies (et comme je te comprends…!), tu n’a pas pris le temps d’analyser l’autre aspect de l’affaire et tu as pris les interventions d’Annie ou de momo pour argent comptant en laissant entendre qu’il était démontré que la pratique du « jeter à la mer » était « bidon ».
    Or, rien n’est moins sûr (il suffit d’aller lire vraiment, sans le déformer, le papier sur lequel elle s’appuie pour dézinguer popaul).

    D’ailleurs, dès qu’il s’agit des immigrés (racisme) ou des femmes (misogynie), tu remarqueras que pas mal de gens perdent tout jugement, mais quand c’est les deux ensemble, ils perdent complètement la raison…
    Et dans le genre, momo ou Annie représentent le summum de l’aveuglement et du bourrage de crâne. Et le plus étonnant, c’est qu’ils assortissent leurs mensonges du couplet sur l’information honnête et objective (la leur, sans doute…).
    On rêve…

    Je pense souvent qu’Annie est encore pire, sous ses dehors doucereux et proprets, elle vendrait père et mère plutôt que d’avoir à admettre que les « immigrés », individuellement, ne sont ni plus ni moins des ordures que n’importe qui…

    Je la trouve plus « humaine », plus réelle, et donc plus inquiétante que momo© qui est un robot automatisé et dont malheureusement le docteur Frankenstein qui l’a conçu a trop forcé la dose des ingrédients « névrose » et » propagande ».

    • Lapa

      hello COLRE!

      Très bonne remarque. Mais je n’ai pas pris les déclarations de Momo (??) ou Annie pour argent comptant. Je résume:
      une information est passée en entrefilet dans deux journaux de tendance opposée. Il est en effet glissé que 17 femmes auraient été jetées à la mer, d’après un témoignage (le nom d’ailleurs diffère au fil de l’enquête).
      Bon, là deux solutions: ce fait doit absolument être éclairci par le (la) journaliste qui reçoit le témoignage; les faits doivent être vérifiés et recoupés et soit c’est VRAI et dans ce cas, il faut passer en information capitale la mort de ces femmes victimes. Soit c’est FAUX, mais dans ce cas pourquoi le placer dans l’article?

      Actuellement je fais confiance à ASI et aux approfondissements effectués par les journalistes. On s’aperçoit que beaucoup de rumeurs circulent avant même les départs, bref rien n’est clair. le seul témoin se rétracte en expliquant que les femmes ont été larguées au départ, les journalistes supposent avoir fait un mélange avec l’histoire d’un frère qui n’a pu être récupéré en pleine mer (relatée par plusieurs témoins).

      Ce qui est frappant c’est que des journalistes aient pu publier ces infos horribles sans être choqués ni chercher à savoir. La recherche a eu lieu a posteriori. ça en dit long…

      Mais cela n’est déjà plus le problème de Villach. Notez pour lui que l’affaire est entendue: les femmes sont mortes (notons qu’il n’en sait rien). Et il utilise ces morts suivant la même technique qu’il reproche aux autres journaux: pour donner un sentiment d’adhésion à son raisonnement, induit par le réflexe de non assistance à personne en danger et de culpabilité. L’arroseur arrosé!

      Mais qu’elles soient mortes ou pas, que les faits soient différents, peu importe puisqu’il ne sont là que pour enclencher l’utilisation d’outil et la rhétorique.

      Pour momo et annie je suppose que la seule problématique revient à ne pas jeter l’opprobre sur l’islam. On a jamais vu un athée aussi farouchement défenseur de cette religion! Leur approche est toute sauf désintéressée.

      • COLRE

        « les faits doivent être vérifiés et recoupés et soit c’est VRAI et dans ce cas, il faut passer en information capitale la mort de ces femmes victimes. Soit c’est FAUX, mais dans ce cas pourquoi le placer dans l’article? » dis-tu : c’est exactement ça, ce serait la logique.

        Mais… mais… tu sais bien que le meilleur des mondes (journalistiques) n’existe pas. De mémoire, l’article de Doc me semblait bien détricotter les tabous et non-dits sur cette question.
        Je comprends très bien l’impossibilité d’agir dans un sens ou dans l’autre de la part des journalistes : ils ont un témoignage explosif : soit ils le vérifient (impossible en peu de temps, faut une enquête, ils sont tâcherons de l’actu-turbo), soit ils le passent alors par profits et pertes et font silence (mauvaise conscience, meeerde…), soit ils le sortent (aïe ! ça va faire du bruit, tout le monde va leur tomber dessus, hurler à l’islamophobie, etc)…

        Ils sont dans la nasse, faut les comprendre : alors ils sortent mine de rien, en douce, sans trop de bruit, sous le couvert du témoignage, parce qu’ils savent que ce sont les infos qui circulent, qu’elles ont des chances d’être vraies, etc.

        Peut-on leur jeter la pierre ?

        • Lapa

          Je ne jette pas la pierre aux journalistes, ce n’est pas le propos de cet article. On peut néanmoins réfléchir sur cette problématiques de la misère de ces passages de migrants: ce sont assurément toutes des histoires horribles de survie et de profiter des malheur ou des espoirs des autres.

          Je jette la pierre sur Villach, sa manière de s’approprier des faits considérés comme acquis pour le besoin de ses démonstrations et quand on lui répond que les faits ne se sont pas déroulés ainsi, cela n’a plus d’importance, le raisonnement es-leurre se suffit tellement à lui même que les hypothèses ou parfois même les conclusions ne sont juste que des potentialités statistiques.

          De plus, il fustige l’emploi du soit-disant leurre d’appel humanitaire, or il fait de même. 17 femmes mortes en mer sans ménagement, c’est plus larmoyant qu’un clandestin à la mer non récupéré.

          Enfin il utilise ces faits pour démontrer que la droite et la gauche ont intérêt à rendre les migrants « gentils ». On peut lui rétorquer que si les faits ne sont pas avérés, la droite et la gauche auraient donc intérêt à rendre les migrants… méchant en reportant ces rumeurs.

          Comme vous le voyez, le traitement de l’information ouvre de nombreuses hypothèses, sur la réalité des faits ET sur les motivations. Or Villach n’en étudie qu’une seule et en veut voir qu’une seule cause. Forcément celle qu’il aura décrétée. Chose que je montre également avec le rappel de deux autres affaires.

          • COLRE

            Je sais bien Lapa que ce n’est pas l’axe de ton article… Mais les multiples interventions d’Annie sous l’article de popaul montrent que les 2 aspects sont liés. En fait, c’est vrai que c’est sur cela que j’ai réagi…
            Désolée d’avoir un peu trollé… Mais comme tu le dis, c’est un sujet qui ouvre bcp de perspectives au-delà du traitement de l’information.
            Bonne journée.

            • Lapa

              oh mais ça ne me dérange pas que l’article permette de mettre en lumière des pratiques ignobles ou serve de base à une discussion dessus.
              Tant qu’on ne me reproche pas de ne pas en tenir compte dans ma prose ça me va.
              Après il est sans doute justifié que les situations des migrants à travers le monde et leur traitement médiatique peut faire l’objet d’article et prête au débat!

    • yohan

      Entièrement d’accord avec Colre. Je préfère d’ailleurs l’article de Doctory, moins tarabiscoté, sur le même sujet, qui met l’accent sur l’absence de suivi de cette affaire (vraie ou fausse) par les medias, qui, effectivement, si le fait était avéré, porterait un sérieux revers à la bisounourserie ambiante, dignement représentée par des gens comme Annie.
      Cette volonté d’occulter tout sujet susceptible de porter atteinte aux clandestins de Lampedusa, à leur religion, et plus généralement à leur bonhomie supposée, est en train de devenir le vrai problème de la presse. Evidemment, pour la communauté musulmane qui aurait à expliquer pourquoi les femmes « d’abord » :-(.
      Il y a quelques années, elle aurait, dans son ensemble, pris ce fait divers à bras le corps pour tirer ça au clair. Aujourd’hui, il est clair qu’aucun journaliste ne veuille se risquer sur un sujet comme celui là ?
      C’est très préoccupant….. Aujourd’hui, tout fait divers susceptible de stigmatiser les étrangers ou personnes d’origine étrangère est dorénavant flouté, les noms et prénoms occultés, ce qui d’ailleurs a le don d’énerver un peu plus ceux qui voient bien ce qu’ils voient, en donnant un peu plus le sentiment qu’on nous cache des choses qu’il ne faudrait pas voir.

  • Lapa

    Tant que je vous ai sous la main, sur pensez vous du défilé des Salopes au Canada? 😀

  • Léon

    Bonjour Colre !
    Je ne vous suis pas, là… Villach, comme Docdory (lui, au conditionnel) rapportent des témoignages sur des faits ignobles, mais qui s’avèrent être faux ou au moins déformés, voire,pas prouvés. Et Annie, (que je ne tiens pas spécialement en grande estime)le dit à Villach. Je ne vois pas ce qu’on peut lui reprocher sur ce coup-là. Virer des femmes, que des femmes, de ces bateaux est en soi révoltant. Le faire à 50 m du rivage, si cela leur permettait de rejoindre la côte sans se noyer est tout de même moins grave que de le faire en pleine mer !

    • COLRE

      Bonjour Léon,

      Annie hurle à la « désinformation » en faisant croire que les 2 témoignages de Tarek (Le Figaro) et Hamed (la Marseillaise) sont isolés, peu crédibles et manipulés. Pour cela, elle nous envoie à une enquête de Arrêt sur Image (qu’elle avoue ne pas avoir lu), relayés par un blog, qu’elle semble avoir peu lu… Car, à la lecture de ce blog, on constate qu’elle extrait malhonnêtement les seuls aspects qui pourraient entacher les 2 articles, mais n’hésite pas à passer sous silence tout ce qui apporte du poids à la pratique du « jeter à la mer » des plus faibles et notamment les femmes !

      Elle reproche à popaul d’avoir omis « la partie du témoignage d’Hamed qui innocentait les migrants », or c’est faux, il n’y a rien dans ce blog pour « innocenter » les migrants, comme elle dit.

      Une pareille mauvaise foi, c’est à ne pas croire…
      Ainsi, voyons un peu ce papier auquel c’est elle, pourtant, qui nous renvoie :

      – Annie omet le témoignage de Me Samia Maktouf, sur le plateau de ASI, qui confirme pourtant par 4 sources tunisiennes cette sympathique coutume.

      – Elle omet celui de Zied, 27 ans, contacté aussi par ASI, qui confirme avoir vécu « ce genre de drame » et en avoir entendu parler en Tunisie.

      – Elle ne cite pas non plus sur le plateau Khaled Chrigui, qui témoigne « qu’on avait jeté des gens à la mer pendant la traversée » de Lybie.

      – Il y a Claire Rodier, juriste au Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigrés, sûrement une sale frontiste) qui déclare que ça lui « semble » invraisemblable, mais qui se montre prudente en évoquant les possibles « mafias qui se sont emparées des traversées », « tout est possible », dit-elle. Et elle cite d’ailleurs le témoignage de 3 ou 4 femmes qui ont traversé ensemble et « cachées dans la soute » (!!!) « pour les isoler des hommes, et ne pas attirer l’attention des garde-côtes tunisiens » dit-elle !

      – Enfin, cette chère Annie détourne le témoignage de Myrim Guillaume, la journaliste de La Marseillaise, qui confirme bien que Hamed lui a dit que les femmes ont été jetées par dessus bord (« probablement à 50m des côtes » ! ce qui évidemment change tout et toutes ces femmes si à l’aise dans leurs voiles et burqa pour nager, et qui ont sûrement appris le crawl, ont dû savoir rejoindre la berge avec maestria).

      – En plus, cette journaliste rajoute qu’elle a bel et bien recoupé ce témoignage avec celui de « Philippe Dieudonné, vice-président de la Fédération de la LDH des Bouches-du-Rhône (Annie n’a pas dû lire ça non plus). Contacté par @si, celui-ci explique qu’un membre de la LDH lui a fait remonter un témoignage d’un homme « qui aurait vu des femmes jetées en mer, lors de la traversée vers Lampedusa », sans d’autres précisions. »

      Je trouve que l’absence totale de compassion de la mère Annie à l’égard des femmes immigrées quand celles-ci ont la malchance d’être les « mauvaises » victimes est une honte proche de l’abjection…

      • Léon

        Oui, je comprends, je pense aussi que c’est malheureusement tout à fait possible et crédible. Juste que là, cela ne semble pas s’être passé ainsi, non ?

        • COLRE

          « Juste que là, cela ne semble pas s’être passé ainsi, non ? » Me suis-je bien fait comprendre ? la liste des témoignages que je retranscrit vous laissent-ils croire que cela ne s’est sans doute pas passé ainsi ?!

          • Léon

            Mais dans la liste que vous donnez, vous apportez des témoignages selon lesquels cette pratique existe, mais seuls les deux derniers les confirment dans ce cas-ci. Les 50m, je ne sais pas, il y a des côtes méditerranéennes où à cette distance du rivage vous avez pied, bref cela demande des éclaircissements. Et le dernier est un peu vague, non ?

            • Léon

              Mais qu’il soit clair qu’à titre personnel, cela ne m’étonnerait nullement que ce soit arrivé.

              • Lapa

                Nous avons à faire à une émigration pour chercher un travail et non une fuite de régime politique. Dans ce cas, ce ne sont pas les familles entières qui fuient mais seulement la personne qui est en charge de subvenir aux besoin de ses proches restés au pays: les jeunes garçons majeurs et les chefs de familles.
                Il y a évidemment une mentalité rétrograde de ne pas estimer qu’une femme est capable de (ne pas) gagner sa vie en Europe comme un homme; après on pourra dire aussi qu’ils ne sont pas chaud pour envoyer leurs femmes et filles dans l’illégalité seules chez les infidèles consumériste, ou les laisser à la merci des passeurs… donc qu’ils assument les risques.

                C’est la différence entre débarquées en pleine mer, et refusées comme candidates à l’émigration.

                attention je ne justifie rien hein: j’essaie de comprendre pourquoi c’est possible.

                • yohan

                  Lapa
                  Un petit bémol cependant. Les dernières images prises de nuit des derniers bateaux venus de Libye montrent aussi des femmes et des enfants d’Afrique noire, d’après ce que j’ai vu. Lampédusa, c’est la porte d’entrée pour tous ceux qui rêvent de s’établir en europe, coûte que coûte.

                  • Lapa

                    C’est d’ailleurs ce que je me posais comme question… comment savait-on que ces femmes étaient tunisiennes? Partir de Tunisie ne signifie en rien qu’on n’est tunisien!
                    ce qui pourrait soulever d’autres problèmes… Le délestage pouvant également se faire suivant les critères de nationalités , d’ethnie et de sexe…

  • Léon

    Sur le fond, Villach a l’art de s’accrocher à une soi-disant « théorie de l’information » totalement inutile, inefficace, pédante et qui le conduit à des aberrations logiques totales. Pour lui il n’y a pas d’information vraie ou fausse; mais, ensuite il établit une hiérarchie de l’information (selon quoi sinon qu’elle est vraie ou fausse ?)qui ne tient pas compte de l’information elle-même mais de la manière dont elle a été obtenue : dans sa théorie à la con, si quelqu’un donne spontanément un information, elle est nécessairement fausse, par contre toutes les informations données sous la torture ( « extorquées ») sont nécessairement vraies. Plus stupide que ça, tu meurs.
    Et quand on lui fait l’objection, il est incapable de répondre et se contente de renvoyer son auteur à acquérir les bases de la théorie de la relation de l’information.

  • COLRE

    Chez les Annie et apparentés, l’immigration est un angle de mort de l’intelligence.

    En réalité, tout cela n’est que discutaillerie et enfumage : quand on ne veut pas regarder une vérité dérangeante, on ne la regarde pas et on la nie. C’est tout.
    C’est exactement cela avec cette affaire.

    Il n’y a pas assez de témoignages, d’études et de recoupements ?
    Mais qu’à cela ne tienne, car quand il y en a : eh bien, on n’en parle pas, tout simplement !

    Exemple : elle qui prétend avoir été à MSF, que pense-t-elle de ce rapport de MSF sur l’épouvantable traitement réservé aux femmes qui émigrent par le Maroc ?!

    « Entre mai 2009 et janvier 2010, une femme sur trois prise en charge par MSF à Rabat et Casablanca a admis avoir subi un ou plusieurs épisodes de violence sexuelle, que ce soit dans son pays d’origine, pendant le processus de migration ou une fois sur le territoire marocain. Ce chiffre pourrait être plus élevé puisque certaines femmes ont refusé de parler ou n’ont pas reconnu ce que leur propre témoignage mettait en évidence. L’usage de la violence sexuelle devient ainsi une des pratiques violentes les plus courantes subies par les femmes dans le contexte des migrations. »

    Est-ce que c’est de la faute de l’OTAN ou de la CIA ?…
    Il faut aussi savoir que dans ces effectifs de femmes violées (33 % « déclarées », et sans doute bien davantage en réalité !), il y a 21, 5% de mineures, dont 10 % ont moins de 16 ans (les âges concernés vont de 40 ans à… 2 ans !!!!!!)

    Vous avez entendu parler de ces infos, vous ?…
    Qui s’en soucie, alors ?
    Parce que là, c’est recoupé de chez recoupé…

    Tandis qu’une misérable phrase au détour d’un nartik dans la presse « officielle », réveille les consciences outragées de ces contempteurs sourcilleux de la seule horreur occidentale et démocratique.

    • Lapa

      Colre: vous savez bien que seuls les occidentaux sont capables d’horreurs, enfin. N’avez-vous pas suffisamment effectué de mea culpa?? 😉 Pour les autres on parlera tradition ou floklore…

    • Léon

      Faut qu’on parle, effectivement de ce rapport…

  • yohan

    Ces corps de femmes, s’ils existent, finiront bien par s’échouer quelque part. Attendons, à défaut d’en apprendre de belles

  • Merci Colre d’apporter des informations sur ces drames qui semblent être bien réels.
    Car, en effet, ce qui m’intéresse, c’est de savoir si l’info est véridique, l’ampleur du phénomène, qui s’en préoccupe et comment on entend y mettre fin.

    Léon, le meilleur de votre article est « ce site si moyen ». J’ai bien ri. Sinon, les divagations de Villach me semblent sans intérêt. N’en avez-vous pas assez de faire des références à KKvox, « ce site si moyen » ?

    Quant à pleurer sur ces pauvres réfugiés tunisiens, je n’en ai pas envie. Je les soupçonne au mieux d’être des lâches, au pire d’être de la main d’oeuvre pour les copains de Ben Ali, eux aussi réfugiés en France mais dans des palaces et protégés par notre armée et notre police.(source militaire privée) Des gens qui payent des mercenaires pour empêcher la révolution tunisienne, la seule révolte arabe qui semble avoir vraiment débouché sur une révolution.
    http://laconnectrice.wordpress.com/2011/05/10/mouldi-kefi-ministre-tunisien-des-affaires-etrangeres-denonce-les-clandestins/
    http://laconnectrice.wordpress.com/2011/04/29/delanoe-invite-les-tunisiens-sur-son-territoire/

  • Léon

    Aria, rendons à Cesar… l’article est de Lapa, pas Leon, et le site si moyen ce n’est pas de moi non plus. Quelqu’un le sait ? Ce ne serait pas du Furtif, par hasard ?

    • ranta

      C’est Castor. Le premier à avoir dit au sujet de momo : ne pas confondre « journaliste citoyen, et journalisme si moyen, et vice versa »

      • D. Furtif

        J’invente beaucoup mais je renverse encore plus.
        J’en ai quelques uns que je revendique mais ceux qui ont eu le plus de succès viennent souvent d’ailleurs;
        Si j’ai bien inventé shérif qui a eu peu de succès , galerie marchande vient d’ailleurs. De Cosmic je crois.
        Truffier vient d’un joint venture avec Buster

        Mononeuronal est bien de moi
        Nolog Philou est de Snoopy
        Le comparse bénévole de moi encore en concurrence avec le Philocycliste, je préfère le mien qui insiste sur la fonction à celui de Snoopy qui lui met l’accent sur l’organe.

        Je revendique Radio fakir , Hierominus est de Léon, j’ai inventé le jeu de la cible qui se déplace vers la flèche à l’intention de Shawford, je dois avouer sans fausse humilité que j’ai connu beaucoup de succès, succès éblouissant quand la flèche lancée pour le Visqueux voyait le bénévole venir la réclamer pour lui.
        Deux cibles pour une seule flèche , même Robin des Bois………..

  • Léon

    Alors rendons à Castor… 😆

  • Oh, mille excuses sincères, Léon et mes non hommages à Lapa;-)))

    Castor, vous m’avait bien fait rire;-)))) Vous en avez d’autres comme ça?

  • Asinus

    ben moi je revendique yep ….heu …non rien :mrgreen:

  • snoopy86

    Heu….

    Pour ce qui me concerne j’ai tellement de choses à revendiquer de Josiane à l’amère loque que je préfère me taire …

    Certains pourraient croire que je suis encore plus méchant que Fufu :mrgreen:

  • Léon

    C’est vrai que Snoopy est un spécialiste. 😆