A propos de l’adoption d’enfants par les couples homosexuels

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Quid de l’oedipe? Quid de la construction de la personnalité et des repères hommes femmes? Quid des moqueries des copains à l’école? au collège?

Tant de questions qui rendent quasiment insoluble la question de l’adoption d’enfants par les couples homosexuels… Les homophobes resteront contre, les gay-friendly pour… Et la majorité indécise!

J’ai moi-même longtemps été indécis, avec une gêne à-priori quant à la protection et la construction de l’enfant, et un malaise quant à cette position qui empêche des personnes qui s’aiment de pouvoir donner la vie et créer une famille.

J’ai donc changé d’angle de vue.
La question se pose en terme de droit, pas d’éthique (personne ne détenant une Morale supérieure qui s’impose, un point de vue éthique est de fait impossible).

En terme de droit donc, quelle est la situation aujourd’hui? Elle est simple. Les couples homosexuels féminins n’ont pas de difficultés à avoir un enfant. Quelle que soit la méthode, deux femmes qui veulent avoir un enfant n’ont pas d’autorisation à demander… En revanche, pour deux hommes, c’est chose impossible!

Ce constat met en évidence un inégalité de droit entre les couples homosexuels hommes et les couples homosexuels femmes. L’intérêt du droit, c’est justement de travailler à ce que tous les Hommes soient égaux.
Partant de là, rétablir l’égalité de droit pourrait se faire, de manière théorique, de deux façons: soit interdire aux couples femmes d’avoir un enfant, soit autoriser les couples homosexuels hommes à en avoir. La première possibilité reviendrait à contrôler toutes les grossesses! Ce serait une pratique, outre le fait qu’elle soit liberticide, horriblement couteuse!
Il ne reste donc qu’une seule piste pour rétablir une égalité de droit, autoriser les couples homosexuels hommes (donc les couples homosexuels tout court) à avoir des enfants.

Dans une société qui revendique l’égalité de droit entre tous les Hommes, ne pas autoriser l’adoption d’enfants par les couples homosexuels semble donc être une hérésie, et est clairement une position intenable!

Quant au contenu de cette autorisation et au « comment », c’est une autre histoire!

17 comments to A propos de l’adoption d’enfants par les couples homosexuels

  • Léon

    Saluons ce nouveau rédacteur qui vient nous rejoindre. Bienvenue donc a Fred que je connais personnellement. C’est un de mes anciens (jeunes) collegues bourré de talents nombreux et divers.
    On a trouvé ce texte intéressant par ce qu’il change de point de vue et aborde la question differement. Je suis comme lui, hesitant, convaincu ni par les uns ni par les autres.
    J’espere pouvoir intervenir plus longuement demain en soirée.
    Bonne jiurnée a tous

  • D. Furtif

    Bonjour Fred, bienvenue chez nous, faut qu’j’vas ramasser les fraises avant qu’il ne fasse trop chaud
    À tout à l’heure.
    DDD

  • asinus

    yep , bonjour

    « clairement intenable » , ben voyons ça n’est rien d’autre qu’une revendication consumeriste d’une communauté
    au relent souvent intégriste .Trivialement ça releve du liberalisme libertarien versus Danny /le rouge/vert dollard.Pourquoi cette société pourquoi cette civilisation m’interdirais quoique ce soit?.Trivialement la majorité de ces demandeurs se regroupe dans la catégorie  » j’ai la position sociale j’ai la tune pourquoi je n’acheterais pas ce que la nature me refuse ».
    Asinus : ne varietur

  • D. Furtif

    Je ne suis pas un spécialiste du droit. mais il me semble qu’il y a là un raccourci scabreux
    Autoriser quelqu’un à faire quelque chose ne signifie pas du tout qu’il en a le droit
    .
    Si j’osais je dirais que c’est même très exactement le contraire..
    .
    Ma position est tout autre.
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    L’adoption ne peut se faire que dans le cadre de la loi et dans les règles de son application.La question est de savoir qui détient l’autorité.Puisque les orphelins n’ont plus de parents, qui exerce la puissance parentale?
    Les enfants orphelins appartiennent à la République , il ne sont pas une denrée ouverte au libre choix des individus voire aux lois du commerce.
    .
    Une confusion, au départ de langage a atteint des dimensions gravissimes car elle est prise au pied de la lettre.
    Le terme Droit d’adoption même dans la bouche des couples hétéro est une monstruosité car il souligne ( en utilisant la même méthode d’approche par l’extérieur que Fred) qu’ un droit est totalement ignoré = le droit de l’enfant/.
    Qui peut défendre ce fragile incapable sinon l’Etat.Qui peut parler pour lui?
    .
    Or , il se trouve qu’un vaste mouvement se dessine depuis des années, l’adoption d’enfants devient un passage obligé du Plan de vie, un ornement quasi mondain, un élément important du Press book des stars et une invite au bon peuple à reproduire cette tendance.Ce n’est pas la même ruée mais cela ressemble à celle vers les bains de mer à la fin du XIXè siècle reproduite par les couches populaires avec l’avènement des congés payés.
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    Alors , une question très épineuse se pose,
    .
    La loi doit-elle très libéralement ouvrir l’accès à l’enfant orphelin ?
    Ou son protecteur réel et symbolique La République doit-il en maitriser sans conteste l’attribution selon des règles que lui seul décide et dont lui seul détient et contrôle la mise en œuvre.
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    C’est bien parce que cette vilénie le Droit à l’adoption est la négation d’un autre le Droit de l’Enfant à avoir deux parents différenciés sexuellement et non autre chose.
    Ce n’est pas un droit c’est une permission une possibilité offerte.
    .
    Alors que faire?
    Il est possible ( va savoir , mais j’en doute) que les couples homosexuels souffrent de ne pas pouvoir procréer, mais c’est plus que contradictoire,en fonction d’une nature qu’ils revendiquent et qui, désormais, n’est plus discriminée.
    Il est possible que comme tous les individus de notre époque ils se sentent discriminés de ne pas avoir d’enfants.

    .
    Je crains que nous ne soyons là très exactement sur l’écueil du raisonnement des couples homos qui veulent avoir .Raisonnement qui porte atteinte au droit fondamental de notre République.
    Mesdames , Messieurs dans notre Monde , on n’a pas un être humain, enfant femme ou homme.
    On peut en faire
    Mais on ne peut pas en avoir

  • Lapa

    Bonjour Fred et bienvenue.

    Je n’ai pas très bien compris: deux femmes homosexuelles n’ont aucun problème pour adopter un enfant tandis que deux hommes en aurait?
    en terme de droit on parle bien d’adoption non?

    parce que si ce n’est pas le cas, le raisonnement est bancale. On ne peut résoudre par une loi ou un droit quelque chose qui nous est impossible naturellement… et comparer d’un côté une possibilité naturelle d’avoir son propre enfant et de l’autre une législation sur l’adoption. Avoir un enfant n’est pas un acquis, une nécessité ou droit fondamental.

    je rappelle que l’égalité en droit à la naissance n’est pas une égalité en possibilité.

  • Léon

    Non, Lapa,
    Si j’ai bien compris Fred,son idee est que les femmes homosexuelles pouvant se debrouiller pour avoir des enfants, pour les hommes homos la seule solution est l’adoption et qu’en termes « d ‘egalite de droits à l’enfant » la logique serait de reconnaitre le droit à l’adoption pour tous les couples homosexuels.
    C’est sur cette hitoire de « droit à l’enfant » qu ‘il y a pb, comme le souligne Furtif

    • Lapa

      oui on est bien d’accord. il n’y a pas inégalité en terme de procédure mais bien de facilité de possibilité. En ce sens le raisonnement de Fred m’apparaît donc bancal car il met d’un côté la procréation et de l’autre l’adoption. On ne peut comparer des tomates et des bananes en s’étonnant que ces dernières soient plus jaunes.

      Ensuite les homosexuels hommes peuvent se débrouiller également pour avoir un enfant, demandez-donc à Fogiel pourquoi il est parti aux Etats-Unis…

      Ce que dit Furtif est lumineux.

      en tout cas, un article qui lance quelques réflexions.

  • Fantomette

    Bonjour à tous & toutes; Bienvenue à Fred (Chic! un nouveau rédacteur!);
    Il y a un bon moment que je vous ai abandonnés… mais je vous lis toujours! La flemme de me connecter puis de revenir à l’article me retient de commenter sans doute…

    Au sujet de l’adoption soyons clairs : il n’existe PAS de « droit à adopter » ! Il existe (Convention des Droits de l’Enfants dite Convention de La Haye – 1993)le « droit pour chaque enfant d’avoir une famille », nuance (mais de taille). Ce droit à l’adoption brandi dans pas mal de forums (je sais, on doit écrire fora) ou articles n’existe pas, et il est -je crois) source d’agacement envers les parents adoptifs qu’on présente comme des consommateurs (de chair fraîche). Entre parents doptants la discussion est parfois rude, je vous assure. Certains n’hésitent pas à « se servir » et pratiquer la politique de la terre brûlée, tant pis pour ceux qui suivent. En revanche, on peut discuter de « quelle famille faut-il donne rà un enfant qui n’en a plus? ». Vaste sujet.

    La médiatisation de ce « droit à l’adoption (et au mariage)  » par les homosexuels fait partie de ces revendications au sein de nos sociétés modernes, au nom de l’égalité des droits. Mais comme il n’existe pas de « droit à l’adoption »… ne nous leurrons pas. Même si la loi change et qu’on accorde mariage et agrément pour l’adoption à des couples homosexuels, QUI leur confiera un enfant? Les conseils de famille des départements (qui sont les tuteurs des pupilles de l’Etat) freinent déjà des 4 fers pour les adoptants solos, je ne les vois pas accorder un enfant à un couple d’homo, surtout qu’il y a pléthore de dossiers d’adoptants (dont plein de gentils couples hétéros mariés de moins de 40 ans) pour peu d’enfants adoptables. Quant à l’adoption internationale, c’est encore plus utopique : dans certains pays l’homosexualité est encore considérée comm eun délit voire un crime! Alors, un agrément qui ne servira à rien?

    Vous remarquerez que je ne me place pas sur la morale : un enfant peut-il être élevé par un couple d’hommes ou un couple de femmes? Je n’ai pas d’opinion, ou plutôt j’ai vraiment du mal à y voir clair en moi quand j’y songe. Je n’ai pas la réponse.

    Bien àmicalement à vous.
    Fantomette, maman adoptive en solo de 2 loulous nés au soleil qui n’avaient plus de famille.

  • Léon

    Un point de vue évidemment intéressant et qui reverse le propos. Le droit se situe là non du côté de l ‘adoptant mais du côté de l’adopté. Ça change tout. Le droit d’avoir une famille, impose plus de devoirs moraux de la part des adoptants que des droits. Il y avait quelque chose qui me gênait dans cette vision des adoptants-consommateurs, qui ne correspondait pas à ce que je sais des rares familles adoptantes que je connais

  • Léon

    Désolé pour la frappe mais l ‘I-pad, je n’arrive pas à my faire ➡

  • Castor

    Un peu gêné aux entournures par l’angle d’attaque de l’article.
    En réalité, si les femmes homo n’ont aucun souci pou avoir un enfant, c’est parce que par définition, elles sont femmes toutes les deux.
    D’ailleurs, chacun notera qu’elles auront recours à un tiers donneur et que la mère seulement disposera des attributs de l’autorité parentale.

    Quid des hommes dans ce contexte, puisque tel est le postulat de l’article ?
    Je dirais à égalité puisqu’il leur suffira de trouver pour l’un d’eux une mère, compagne d’un temps (de grossesse).
    Légalement, le père sera père, disposera des attributs de l’autorité parentale, nonobstant le fait qu’il aura quitté sa compagne momentanée.

    Ce qui est en jeu n’est donc pas une question de droits mais une question naturelle, la façon de parvenir à être père diffère bien entendu de la façon de parvenir à être mère.
    Qu’y pouvons-nous ?
    Y a-t-il une inéquité à rétablir par la loi ?

    La question de l’adoption est résolument différente et je crois que l’auteur se fourvoie en comparant deux choses incomparables et en sautant par raccourci à une conclusion bien trop facile.

  • COLRE

    Bonjour Fred, bienvenu 🙂 ,
    Ton angle de vue est rigolo car paradoxal ! on n’a pas l’habitude de mettre en avant l’égalité des droits hommes/femmes du point de vue de l’inégalité faite aux hommes. 😉

    Néanmoins, je ne suis pas sûre que l’argumentaire soit tout à fait juste : si les femmes ont évidemment plus de « facilité » à être enceinte et procréer, les hommes ont la même opportunité : faire un enfant avec une femme et le reconnaître.

    En fait, je pense que la question de l’adoption par les couples homosexuels est biaisée.
    Le problème n’est pas « d’avoir le droit d’adopter » (= un « droit à l’adoption », expression polémique, cf. Furtif), mais de « ne pas avoir le droit » d’adopter. Pourquoi ? La question n’est pas de savoir si les homos « exigeraient » un « droit » particulier, « consumériste » (car les hétéros ont le même, ou alors il faut interdire l’adoption pour quiconque si le reproche est juste d’être consumériste…). La question est de savoir pourquoi les homos, et seulement eux, n’auraient pas le droit d’adopter.

    La question est juste là, et que là.

    Du coup, la phrase conclusive me semble tomber sous le sens : « Dans une société qui revendique l’égalité de droit entre tous les Hommes, ne pas autoriser l’adoption d’enfants par les couples homosexuels semble donc être une hérésie, et est clairement une position intenable! »
    Complètement d’accord !… 🙂

  • Fred

    Bonjour @ tous et merci de votre accueil! 🙂

    La lecture de vos riches commentaires me fait penser qu’il me faut préciser quelques points pour éviter les malentendus.

    D’abord de préciser qu’il s’agit d’une réflexion plus que d’un argumentaire. Ensuite réinsister sur le fait que cette réflexion ne s’appuie pas sur la morale, puisque cet angle là ne m’apporte personnellement pas de réponse…

    Cette réflexion essaie de dépouiller le sujet de tout « principe » et de partir d’un constat de la réalité. On a trop peu de recul mais les études menées tendent à montrer que les enfants de couples homosexuels ne sont pas moins équilibrés que ceux de couples hétérosexuels. Ils développent certainement des névroses un peu différentes, mais somme toute, apparemment, pas plus nocives que la moyenne.

    Je m’appuie donc sur le constat d’une réalité de fait. Bien que n’en ayant pas parlé dans l’article, le problème de la tutelle de l’enfant se pose également pour les couples homosexuels féminins lorsque la mère « officielle » décède. C’est quand même une situation particulière qu’une mère « de fait » et fondamentalement « de coeur » puisse naturellement et juridiquement être dissociée de l’enfant. Et c’est encore pire si on se place du point de vue de l’enfant.

    Concernant le droit de l’enfant, il me semble que le droit d’avoir un foyer doit primer sur le droit de choisir ses parents, d’autant que les enfants « naturels » ne choisissent pas leur parents! 😉

    Il me semble impossible de comparer la possibilité physique d’avoir un enfant pour un homme et pour une femme. L’idée d’un père qui aurait une compagne de grossesse me semble incomparable avec celle d’une mère qui emprunte une graine à un homme. La grossesse a des conséquences physiques et psychologiques importantes et ce serait nier ces conséquences et la femme en général que de comparer un don de sperme et le prêt d’un corps pour une grossesse.

    Enfin, en partant de ce constat de réalité, je maintiens qu’il me paraît hérétique de refuser par principe l’adoption à un couple homosexuel. Quand à la manière dont cela peut et doit se faire, elle reste à établir et ce n’est pas une mince affaire! Il est évident que, comme pour les couples hétérosexuels, on doit éviter les dérapages consuméristes et les enjeux personnels déplacés pour confier un enfant à un foyer. Autoriser les couples homosexuels à adopter ne signifie pas ouvrir les portes d’un magasin d’enfants. Les procédures d’adoptions, les méthodes d’enquêtes (qui sont peut-être à repenser) doivent être rigoureuses et être les mêmes quelle que soit la sexualité des parents adoptifs!

    🙂

  • Léon

    Me v’la de retour !
    Fred, pour intervenir, c’est mieux que tu te connectes, comme ça, en tant qu’auteur de l’article tes commentaires apparaîtraient en bleu.
    Sur le fond, intéressante discussion. Je mettrai toutefois une précision : je crois qu’il n’est pas possible de dissocier le droit de la morale. Le rôle du droit est de transcrire les choix moraux d’une société dans un système d’obligations et de sanctions.
    En réalité et, à la réflexion, si’il est mieux pour un enfant de vivre dans une famille homosexuelle que de ne pas avoir de famille du tout, je crois que je suis plutôt pour; d’autant qu’il y a des familles hétero épouvantables, à se demander s’il n’aurait pas mieux valu que les enfants y soient orphelins…