Danse avec les loups

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A force de jouer à loup y es-tu, il se pourrait qu’on l’ait fait sortir du bois plus tôt que prévu.

Les jeunes sont dans la rue, mais qui les y poussés ?

Ségolène et la CGT qui ont dégoupillé une grenade qui pourrait bien leur exploser en pleine face ?

Le chef de l’Etat, droit dans ses bottes et effronté comme un sale gosse qui n’a réussi qu’à écoeurer des syndicats pourtant peu enclins à mettre les barricades ?

Ceux qui ne voient dans nos jeunes que des couch potatoes incapables d’une action collective construite feraient bien de réviser leur leçon.

D’abord, l’avenir qui se profile pour la jeunesse est suffisamment préoccupant pour créer un climat potentiellement insurrectionnel pouvant déboucher sur un nouveau mai 68, qui n’aurait alors que peu à voir avec celui que nous avons connu.

En effet, les étudiants et lycéens n’ont rien de commun avec la bande à Danny et la situation d’aujourd’hui n’a définitivement rien de comparable aux trente glorieuses.

Si les universitaires entrent dans la danse, il est probable que les lycéens apprendront bien vite à décoder les tentatives grotesques des cégetistes de les utiliser comme de vulgaires moutons corses, ces alias en carton que les bergers dispersent dans la montagne pour tromper les télescopes de Bruxelles.

Si la grève s’étend, les mots d’ordre risquent de se préciser et de s’affiner.

Une sourde colère, longtemps contenue, commence à fuser comme la lave à travers la roche percée.

Si les jeunes ont contenu leurs rancoeurs jusqu’ici, c’est qu’ils voient bien les difficultés de la société, la précarité qui gagne et que vivent leurs proches parfois. En ce sens, ils sont probablement plus lucides et plutôt proches des réalités que nous ne l’étions jadis.

Cette jeunesse ne connaît que boulots précaires, logement inabordable, espoir d’une retraite obéré, dettes en pagaille, environnement menacé. Alors, comment pourraient-ils continuer de lier leur action à celle des co-responsables de leur infortune, avec les gouvernements qui se sont succédés aux manettes depuis la fin des trente glorieuses ?.

D’ailleurs, dans un grand lycée de la capitale, des jeunes tentaient en AG de faire entendre leur musique personnelle, en refusant de défiler aux côté des salariés .

Le joufflu qui n’en demandait pas tant, croit possible un nouveau mai 68 et peut-être voit-il juste.

Le gomme cogne qui a blessé un lycéen à Montreuil, tout comme les tentatives d’intimidation maladroites du proviseur qui a cru bon d’écrire aux parents d’élèves pourraient bien mettre le feu aux poudres et nous savons qu’une seule étincelle suffit à l’embrasement.

Nul ne peut actuellement présager de ce que feront les jeunes dans les prochains jours.

Parier sur l’essouflement du mouvement à l’approche des fêtes de Toussaint, ce serait faire peu de cas de leurs inquiétudes profondes.

193 comments to Danse avec les loups

  • COLRE

    Salut Yohan, 🙂

    Oui, les mouvements de jeunes sont toujours très démocratiques et imprévisibles. Contrairement à ce que d’aucuns voudraient croire, ils sont réfléchis et souvent se focalisent sur 2 ou 3 aspects qui font sens pour eux et qu’ils rejettent profondément.

    Quiconque a côtoyé les mouvements de jeunesse depuis l’après-68 sait que les jeunes, non seulement ne sont pas manipulés, mais ils détestent qu’on le leur dise (ce qui attise encore plus leur révolte).

    « Halte à la récupération » est leur mot d’ordre omniprésent depuis au moins l’affaire Devaquet, quand, déjà, la droite revenue au pouvoir pouvait imaginer que la gauche tirait forcément toutes les ficelles. Quelle erreur ! Chirac a fait jouer Pasqua qui a fait jouer ses bastonneurs et ses « allez-y, je vous couvre », et on a vu la suite…

    Leur méfiance à l’égard des syndicats (politisés) a toujours été systématique et l’on a vu fleurir, à chaque mouvement, les fameux « collectifs » apolitiques, mouvements auto-organisés et aux objectifs ad hoc, dissous à la fin, à chaque fois.

    En effet, « nul ne peut présager ce que feront les jeunes dans les prochains jours », tu as raison, Yohan. Compter sur leur essoufflement comme sur une mobilisation accrue est un pari risqué.

    En revanche, ce qui m’a toujours sidérée, c’est que les pouvoirs n’ont jamais su voir la naissance des ébullitions dans les lycées et dans les facs, qui s’étalent souvent sur des semaines et des semaines : il suffit pourtant de regarder pour voir l’évidence.
    Ce qui m’a toujours confortée dans l’idée que les politiques aux manettes sont définitivement dans leur tour d’ivoire et leur microcosme, retranchés des réalités, finissant par croire eux-mêmes aux mensonges et intox qu’ils nous servent, via les médias.

  • Léon

    Bonjour Colre ! Il reste que ce mouvement me sidère et reste pour moi assez incompréhensible. Les étudiants sont carrément à la traîne… J’écoute ce que les « spécialistes » en disent et ai du mal à être convaincu… Faudrait peut-être aller voir de plus près les slogans.

    • COLRE

      Bonjour Léon, « ce mouvement me sidère » : de quel mouvement parlez-vous ? celui des lycéens ?
      Quant aux étudiants, c’est vrai que ça a l’air encore assez calme. Faut dire que leur échec lors de la dernière loi Pécresse a raboté les velléités de mouvement. Et ils sont toujours très précarisés et inquiets pour leurs diplômes.
      Je pense que Sarko a bien fait de reculer dans l’affolement avec cette fameuse annonce de la suppression de l’Aide au logement des étudiants, incompatible avec leur prise en compte sur la feuille fiscale des parents : ça, c’était de la dynamite pour la rentrée…

      On se demande, parfois, ce qui passe par la tête des technos des cabinets ministériels…! 😯 🙄

  • yohan

    Reste à savoir si les facs vont leur emboiter le pas. Si c’est le cas, l’affaire peut se corser

  • Causette

    Bonjour Yohan,

    Sarkozy et sa clique doivent absolument montrer aux marchés financiers qu’ils sont des bons petits élèves. S’attaquer aux retraites n’est qu’une partie du programme, ils ont encore plein de projets.

    Les bureaucrates syndicaux, englués et compromis par l’accord sur la représentativité syndicale et leurs financements par l’état, ont tenté d’entraver et de retarder au maximum le développement d’un mouvement reconductible en multipliant les journées d’action, espérant que Sarkozy leur accorde les quelques miettes permettant une sortie « négociée » et « honorable » du conflit. On peut déjà parier que dès que la porte des négociations s’ouvrira, ces partisans de l’accompagnement, « à la recherche d’une piste d’atterrissage » (Canard enchaîné du 29 septembre), s’y engouffreront aussitôt.

    Ah oui! mais les grévistes et les manifestants expriment clairement leur refus à cette nouvelle réforme et sont conscients que c’est une escroquerie, un hold-up sur les futures pensions. Il s’agit pour eux désormais de ne pas détourner leurs efforts dans des impasses vers lesquelles les habiles politiciens et bureaucrates syndicaux ne manqueront pas de les diriger. Les étudiants et les lycéens qui se mobilisent sont bien conscients de l’avenir de chômage et de misère que leur prépare cette « réforme » sur les retraites.

    😆
    http://www.youtube.com/watch?v=YKeL48diDv0&feature=player_embedded

  • snoopy86

    Quand une génération entière est assez conne pour considérer, avant même d’avoir commencé sa vie active, le travail comme un mauvais moment à passer entre les études et la retraite, on est quand même en droit de se poser des questions…

    Manipulés ou crétins ?

    • Ph. Renève

      Snoopy,

      N’oubliez pas que la majorité des gens ont un travail inintéressant et pénible, qui est strictement un moyen de gagner leur vie. On ne peut pas leur demander en plus d’aimer ça. Croyez-vous que la caissière de Fourcar ait des raisons d’adorer son job en travaillant à temps partiel de 9 à 11h et de 18 à 20h pour des clopinettes ?

      Le goût du travail est un luxe réservé aux plus fortunés – dans tous les sens du terme… Apparemment vous en êtes un.

      • snoopy86

        Comment peut-on le savoir avant même d’avoir commencé ?

        La caissière de Carrefour aujourd’hui a une maîtrise de psycho, socio ou lettres modernes ( au minimum bac + 2 ). Elle aurait peut-être du y réfléchir avant 😆

        Quant à dire que la majorité des gens ont un travail inintéréssant ou pénible ce me semble un préjugé d’intellectuel…

        Les maçons que j’ai vu à l’oeuvre chez moi ( trouvez-moi plus pénible et demandez à Furtif, ils ont bien travaillé…) adoraient leur métier. Le problème est qu’à aucun moment ils ne se sont sentis déclassés..

    • COLRE

      « Le peuple dans son ensemble n’est qu’un troupeau de crétins manipulés, sauf moi, bien sûr »… 😆

    • « Quand une génération entière est assez conne pour considérer, avant même d’avoir commencé sa vie active, le travail comme un mauvais moment à passer entre les études et la retraite, on est quand même en droit de se poser des questions… »

      Et alors, si je considère que faire du recopiage ou de la vérification de bordereaux comptables à longueur de journée est inintéressant, j’ai encore le droit et c’est mon affaire. Ce genre de boulot, ça me fait …, il faudrait quoi, que je trouve ça passionnant ?

  • snoopy86

    «  Le goût du travail est un luxe réservé aux plus fortunés  »

    M… Philippe, en une demi-phrase vous résumez le mal français…

    • COLRE

      A citation, citation et demi, Snoopy…
      « La caissière de Carrefour aujourd’hui a une maîtrise de psycho, socio ou lettres modernes ( au minimum bac + 2 ). Elle aurait peut-être du y réfléchir avant »
      En une seule phrase se résume toute la morgue d’une vision paternaliste qui est la marque de fabrique de la droite…

    • Ph. Renève

      Snoopy,

      Le mal français. C’est cela, oui. Parce qu’à l’étranger, les salariés se ruent tous les matins à leur boulot le sourire aux lèvres et la joie au cœur et passent leurs journées à louer leur patron d’avoir la bonté de leur fournir un travail aussi passionnant.

      C’est une évidence.

      • snoopy86

        Vous devriez voyager un peu, Philippe …

        Il y a encore des pays où la majorité des gens considèrent le fait de travailler comme un état normal 😆

        • Ph. Renève

          Un état normal est de travailler pour gagner sa vie, en effet. En France aussi, renseignez-vous un peu. Mais ce n’est pas parce qu’un état est normal qu’il procure un grand bonheur.

          • snoopy86

            Sur la maîtrise, une fois de plus, vous avez du mal à contrôler votre adrénaline. Une nouvelle fois je vous recommande le golf ou, à défaut, la multiplication de l’acte sexuel …

            Informez vous un peu. Bac +2 est un niveau de qualification minimum instauré par Carrefour dans ses recrutements…
            De trés nombreuses caissières sont au niveau maîtrise. Il en est de même pour les recrutements des facteurs ou des gendarmes…

  • Léon

    Il ne faut pas rêver, à de rares exceptions près, le travail est toujours pénible. Pour autant, on peut y trouver de la satisfaction quand même. Il n’y a a d’ailleurs pas beaucoup de lien entre les deux. La question de la satisfaction au travail est effectivement cruciale. Le problème c’est qu’elle ne se décrète pas…

  • snoopy86

    Aprés le droit au travail, il faut maintenant instaurer le droit au travail passionnant 😆

    J’espère que Disons est lu en Chine 😆

    • Ph. Renève

      Mais c’est vous qui vous étonnez que les lycéens ne sautent pas de joie à la perspective d’enchaîner les CDD avant de trouver un travail stable, et de passer le restant de leur vie devant un travail de m… à attendre l’heure de la sortie.

      Ecrire « Quant à dire que la majorité des gens ont un travail inintéréssant ou pénible ce me semble un préjugé d’intellectuel…  » montre que vous n’avez aucune idée, même fragmentaire, de la vie des trois quarts de vos contemporains. Sortez de votre terrain de golf, Snoopy. Vous apprendrez bien des choses.

      • snoopy86

        Sortez de votre ordinateur, Philippe et arrêtez de piétiner précisèment les valeurs qui sont aussi celles du monde ouvrier que je connais probablement largement aussi bien que vous …

        Le travail y est encore une valeur, les fainéants et les tire-au-flanc y sont méprisés …

        Et regardez qui manifeste aujourd’hui. Comme toujours une majorité de retraités et de fonctionnaires privilégiés. Pendant ce temps, le « peuple » comme dirait Colre cherche du gas-oil et se demande comment il ira au boulot la semaine prochaine, comment il paiera les échéances du Scénic ou du pavillon …Et il y a une autre colère qui monte 👿

        • Ph. Renève

          Une fois de plus, votre discours dérape. Qui ici « piétine précisèment les valeurs qui sont aussi celles du monde ouvrier » ? Qui parle avec mépris des petites gens ?

          Les manifestants sont « une majorité de retraités et de fonctionnaires privilégiés » ? Qu’en savez-vous ? Vous y étiez ?
          Levez le nez de vos clubs de golf et sortez de votre mépris pour tout ce qui n’est pas de votre monde de droite , votre monde de bisounours à la Sarko où les seuls salariés dignes sont ceux qui la ferment et se font exploiter sans rien dire.

          • snoopy86

            Je ne parle nullement avec mépris des petites gens qui bossent, bien au contraire, mais dîtes-moi quel est le pourcentage de salariés du privé dans vos manifs ?

            Quant au monde de bisounours, laissez-moi rire 😆

            Avez-vous conscience du nombre croissant de gens pour qui prof ou fonctionnaire est en train de devenir synonyme de casse-couille privilégié ?

            Le golf vous ferait du bien, ça maintient en forme et vous confronte à la difficulté des choses …

          • Salut Philippe,

            Il ne faut pas oublier que les fonctionnaires, lors de ce genre de mouvement, qui sortent de la défense d’intérêts purement catégoriels mais portent sur des enjeux qui concernent tous les salariés, jouent un rôle assez particulier.

            Prenons les grèves de l’automne 1995. Il est notoire que les grévistes étaient en majorité des fonctionnaires, notamment de certains secteurs particuliers. Par contre, ils avaient une sorte de soutien tacite de pas mal de salariés, qui pouvaient bien plus difficilement faire grève, et qu’en quelque sorte ils avaient par leur action une mission de représentation de la volonté de la majorité de la population. C’est bien pour cette raison que le plan Jupppé a été retiré.

            Là, je vais décevoir Snoopy, mais j’ai du travailler des années chez McDonald’s, et le dernier qualificatif qui me viendrait à l’esprit pour qualifier son organisation du travail, et son système d’évaluation et de promotion internes est celui de « dictature de la production ». Au fond, le dépassement y était assez mal vu (j’y ai fait cinq heures d’entretien d’évaluation au total, et on m’a parlé cinq à dix minutes cumulées de rendement personnel, et ce n’est pas une blague du tout). S’il y a une « dictature », ce n’est pas celle de l’exploitation, mais c’est la tyrannie des codes de comportement, des guides de procédures géants (il y a des pages de guide pour expliquer comment poser des viandes sur un grill, et c’est sérieux), et de tout un discours sur le travail, il vaut en effet mieux chercher à se mettre en scène au moyen du jargon pseudo-managérial que faire de l’abattage, une tactique qui a valu surtout des ennuis à certains ex-collègues.

            Pourquoi je dis ça ? J’ai de bonnes raisons de penser qu’il en va de même dans beaucoup de boulots.

        • Léon

          Vous n’avez pas le monopole du peuple, Snoopy. Cette discussion est un peu bizarre, seuls les gens qui travaillent peuvent dire si le travail leur plaît, étant entendu que dans « plaire » il y a beaucoup de choses ( satisfaction du service rendu,du salaire, reconnaissance, pas trop de pénibilité physique etc…) Je crains, Snoopy, que vous ne transformiez ce qui devrait-être selon vous, en ce qui est réellement. Vous mélangez quelque chose qui est de l’ordre moral « travailler c’est bien », « il faut travailler », « travailler c’est un devoir vertueux » etc avec une réalité sur le « bonheur au travail  » sur laquelle vous ne pouvez pas vous prononcer. J’ai en gros exercé 4 métiers : prof, vendeur-réparateur d’instruments de musique, musicien, DRH, pensez-vous être en mesure de dire à ma place où je me suis senti le mieux ?

          • snoopy86

            Je n’ai jamais prétendu avoir le monopole du « peuple » mais je supporte assez mal de voir quiconque se l’arroger 👿

            Et j’ai croisé beaucoup de gens exercant un métier pénible et y trouvant pleine satisfaction.

            J’imagine quand même que si vous n’êtes pas resté dans la musique c’est que vous avez été confronté à la dure réalité de l’intermittence 😆

            • Léon

              Bien sûr, on peu trouver de la satisfaction à exercer un métier pénible. Je ne dis nullement le contraire !
              C’est trop compliqué comme thème de discussion : dans quels cas un travail apporte ou n’apporte pas de satisfaction ? La réponse à mon avis, même simplifiée, doit faire plusieurs centaines de pages… Une certitude les métiers les plus satisfaisants ne sont certainement pas ceux où l’on « glande »… Et il y a des différences d’appréciations suivant les pays …
              La « dure réalité de l’intermittence », arrghh, c’est du second degré, là ! Le statut d’intermittent est un statut absolument fantastique qui permet à la fois d’exercer ce métier et de continuer à l’apprendre… Il est juste devenu de plus en plus difficile à y entrer.

          • Léon

            Autre chose, je n’ai jamais été « fonctionnaire » de ma vie, mais j’en connais un certain nombre. Mais si les fonctionnaires sont des « casse-couilles privilégiés », il est vraiment étonnant que vous n’ayez pas eu envie de le devenir. Vous avez volontairement choisi d’être un défavorisé ? 😆
            Concernant les valeurs du « peuple », le travail en est certainement une mais n’est pas la seule : la solidarité, l’entraide, le refus de l’idividualisme… Si vous portez aux nues les valeurs populaires n’en oubliez pas. 😆

            • snoopy86

              Léon, je ne porte rien aux nues, je m’étonne simplement de l’état d’esprit de ces jeunes branleurs ( dont je ne suis heureusement pas sûr qu’ils soient majoritaires ) face au travail dont ils ignorent tout.

              Je suis loin de partager cette vision trop globale et manichéiste des profs et des fonctionnaires. Force m’est de constater qu’elle se développe, et particulièrement chez des gens modestes que je cotoie …

              Quant à ma vie, je l’ai menée exclusivement en fonction de mon « bon plaisir » . J’ai sans doute, en ce sens été privilégié mais je vous prie de croire que ce n’est pas toujours le plus facile …

              Tout ce que j’ai acquis je l’ai acquis par mon travail et mes quelques talents sans bénéficier de la moindre aide financière familiale même si aujourd’hui mon patrimoine se voit sérieusement renforcé par le hasard des successions en chaîne …

              Dans l’adversité je ne me suis jamais plaint et je n’ai jamais regardé dans l’assiette du voisin. Ceux qui sont toujours dans le ressentiment et l’envie m’insupportent …

              • Léon

                Je ne comprends pas trop ce que vous appelez « l’état d’esprit des ces jeunes branleurs ». Pour moi il est justement une énigme, je ne comprends pas trop leur entrée dans ce mouvement. Vous n’allez pas me faire croire qu’ils sont dans la rue pour sauvegarder réellement la retraite à 60 ans ? Cela n’a aucun sens… Ce ne peut pas être cela !
                Pour ce qui de ne pas supporter « l’envie et le ressentiment », c’est sans doute sage pour l’envie. Mais que serait-ce alors vis avis des « jeunes branleurs » et autres « casse -couilles » si vous en aviez, du ressentiment ! 😆 😆 😆 Mazette !

                • snoopy86

                  Là encore vous vous trompez, pas le moindre ressentiment, un peu d’agacement et j’appelle un chat un chat !

                  Osez me dire que vous n’avez jamais envisagé l’hypothése « jeunes branleurs » 😆

                  • Léon

                    Franchement, non Snoopy. Pour les avoir quand même beaucoup fréquentés à ces âges-là entre 16 et 22 ans en gros, en tant que prof, j’aurais certainement d’autres qualificatifs : arrivistes, avec les dents qui rayent le parquet, désabusés et cyniques, angoissés pour leur avenir, révoltés par la manière dont ils se faisaient exploiter dans les stages et autres contrats de qualification… Ecoeurés par l’impossibilité de se loger… Mais franchement, « jeunes branleurs » pas tellement. Très peu. Seulement quelques fils à papa, c’est tout. Mais mon expérience ne porte que sur les 20 dernières années et sur, au pif, quelques milliers d’élèves et étudiants en tout. C’est déjà beaucoup mais insuffisant pour une statistique sérieuse.

                    • Salut Léon, je pense que tu as bien cerné cette classe d’âge, que j’ai pu connaitre professionnellement et hors du travail. Ils sont bel et bien ce mélange de tout cela, et de toute manière, ce que tu décris correspond à ce que toutes les enquêtes sur la jeunesse décrivent. Ce mélange de carriérisme et d’angoisse très réelle devant l’avenir est en effet très frappant, c’est bien vu.

                    • Ph. Renève

                      Salut Wald

                      Cet état d’esprit est assez logique: tout dans la société actuelle pousse les jeunes à se battre, à relever des défis, des challenges, et autres expressions de marketing humain bien entretenu par les médias bien pensants (merci Koh Lanta et autres), alors qu’ils savent très bien que, même en se battant comme des chiens, ils auront un mal fou à avoir un travail stable, pas stupide et pas trop mal payé.

                      Donc arrivisme inculqué pour faire croire à chacun que son destin est entièrement entre ses mains, et peur réaliste de l’avenir.

                    • Pour moi c’est ça. A plus tout le monde, je dois sortir.

                    • Ph. Renève

                      A plus. Mets une petite laine, il ne fait pas chaud. 🙂

              • Ph. Renève

                « Quant à ma vie, je l’ai menée exclusivement en fonction de mon « bon plaisir »  »

                C’est une grande chance d’avoir pu faire ainsi, et très peu de gens l’ont. La plupart des gens ne choisissent ni leur travail ni leur destin; ce n’est pas avec une vie menée selon votre bon plaisir que vous pouvez en parler.

                • snoopy86

                  J’ai fait pour celà les sacrifices nécéssaires quand il le fallait 😆

                  Ceux qui ne le font pas n’ont pas à se plaindre 😈

                • Buster

                  A certains moments les choix que l’on fait décident de la route que l’on trace.
                  Qui ne connaît pas la famille de fonctionnaires, ou employés d’entreprises à emploi protégé, dont la progéniture suit le même chemin par conformisme familial au tant que par crainte de l’inconnu.

                  J’ai un exemple proche de moi, où l’un des 3 enfants a décidé de tenter l’aventure et de monter sa boite.
                  Hurlements des parents, les 2 autres sont partis dans l’éducation nationale, et pas par goût spécifique.
                  5 ans plus tard, et après bien des galères, la boite du premier a décollé, spectaculairement.

                  Résultat ses frères et soeurs le jalousent et se sont brouillés, et ses parents qui n’avaient pas voulu lui prêter d’argent, viennent lui demander de leur monter un petit e-commerce pour tenter quelque chose eux aussi, à 57 ans, retraite en vue.

                  • Léon

                    C’est vrai Buster . Les emplois de la fonction publique ne devraient pas être recherchés pour la stabilité de l’emploi. Notre société offre quand même un éventail très large de métiers et de statuts possibles. Il faut bien comprendre qu’il y des gens qui n’ont pas l’aptitude à la violence des affaires et d’autres qui ont envie de servir la collectivité, l’Etat. C’est curieux comme cet aspect-là qui est pourtant beaucoup plus présent qu’on le croit dans le choix de la fonction publique ne soit jamais évoqué. Quelqu’un qui choisit d’être prof ou policier pour la « stabilité de l’emploi » c’est un fou… Il ne le restera pas longtemps !

                    • snoopy86

                      Permettez moi Léon d’être sceptique sur l’engagement de beaucoup au service de la collectivité 😆

                      Regardez simplement le nombre de candidats aux concours des postes les moins valorisants de la fonction publique ….

                      Je crains que la sécurité de l’emploi ou des horaires attractifs ne jouent un rôle beaucoup plus important.

                    • Ph. Renève

                      Ça c’est le gag: Snoopy va bientôt reprocher aux jeunes de chercher un emploi, même « le moins valorisant » (sic !) par tous les moyens… 😀

                    • Buster

                      Le nombre de profs qui n’aiment pas leur travail et qui ne l’ont pris que par défaut…… fait des ravages dans « l’éducation » de nos chères têtes blondes.

                    • snoopy86

                      Buster

                      Nous avons tous parmi nos amis ( et surtout nos amies ) ce type de profs. Je ne suis pas sûr qu’ils soient seuls responsables. Le « pédagogisme » et l’administration de l’E.N. aident aussi beaucoup et ne contribuent guère à leur enthousiasme …

                      Non je ne signe pas Popol :mrgreen:

                    • Buster

                      Popol ? J’y pensais aussi en écrivant mon post. 🙂

                      Décidément son immense personnalité nous poursuit !

                    • Ph. Renève

                      C’est terrible, on n’arrive pas à l’oublier. C’est comme le souvenir d’une chaude-pisse, ou d’hémorroïdes à ne plus s’asseoir. Ça marque.

    • Causette

      Le droit au travail, passionnant pourquoi pas, mais surtout une rémunération décente qui permet de payer sans problème de fin de mois : le logement, la nourriture, les factures edf/internet/tél/assurances diverses, les cartes de transports en commun, qui ne font qu’augmenter… et s’il reste un peu de sous, pourquoi pas quelques sorties au ciné/théâtre/et autres spectacles, restos, etc.

      J’entends des commerçants se plaindre, depuis un bout de temps, de la baisse de leur chiffre d’affaire et de la désertion de leur clientèle, composée en majorité de salarié(e)s dont le salaire ne suffit plus à se payer autres choses que le nécessaire. A force de ne pas être (un peu) solidaires avec les salariés qui ne font que défendre leurs droits, leurs boutiques fermeront et ils iront grossir la longue liste des dépôts de bilan.

  • Mais si le travail est si peu intéressant par nature, il faut alors considérer la situation comme un rapport de forces, avec d’un côté des types obsédés par l’argent et l’accumulation, et de l’autre des personnes qui essaient de tirer au flanc par tous les moyens possibles. Le fait est qu’il y a une quantité de gens qui exercent des métiers sans intérêt, et pas forcément là où on croit.

    De toute manière, il ne faut pas se voiler la face, il y a actuellement une telle dissymétrie entre la somme de procédures de travail, de normes, de systèmes automatisés, de savoir faire accumulés, et d’autre part les personnes au travail à un moment donné, qu’à part quelques boulots où on a encore besoin de personnes qui réfléchissent vraiment, le reste se réduit à du contrôle passif et à des tâches mécaniques, ou au mieux des boulots où le travail est archi-balisé, d’une certaine manière écrit à l’avance. Après, comment en vouloir aux personnes qui n’envisagent pas le travail avec enthousiasme.

    Et franchement, il faut voir la réalité en face. Etre agriculteur à l’ancienne ou charpentier, c’était autrement plus difficile physiquement, mais au fond, c’étaient des boulots bien plus intellectuels (bien plus complexes et actifs) qu’une grande partie des boulots tertiaires actuels, qui forment les gros bataillons des salariés.

    Et de toute manière, les Français ne travaillent pas moins que leurs voisins européens en volume horaire, et encore moins en productivité, j’ai du mal à voir quelque part une vraie spécificité française au plan économique et sociologique.

    En ce qui concerne la jeunesse qui manifeste, je trouve ça assez puéril, avec du recul, ils ont surtout envie de faire sauter des cours au moindre prétexte, j’ai fait pareil à mon époque. Ils ont visiblement envie de tirer au flanc dès qu’ils en ont l’occasion, mais pour bien connaitre ces générations, je ne vois pas le problème. Ce sont des classes d’âge très soumises à l’autorité et sans beaucoup d’indépendance d’esprit, ils fileront droit rapidement. C’est cru à dire, mais je n’ai pas gardé de leur fréquentation un souvenir impérissable.

    • En complément de ce que je viens de dire, il faut nuancer aussi pour les plus jeunes. Ils sont horriblement suivistes, certes, mais ils savent très bien qu’ils paient la note et que leur insertion professionnelle est très problématique. Pour en avoir connu, il faut voir comment il est difficile d’accéder à des emplois stables. Ils adhèrent certes à toutes les valeurs du « système », mais il faut voir aussi que c’est parce qu’ils pensent que leur heure viendra, en gros au bout de 5 à 8 ans après le bac, à force de CDD et de stages.

      Par contre, il faut voir qu’ils sont très marqués par le genre de vie de leurs parents, avec jobs qui ont été bien plus simples à obtenir, belles maisons et retraite qui laissait 20 ans de vie après le travail. C’est parce qu’ils ont cette vison du monde en point de mire qu’ils sont pour une part aussi peu contestataires. Mais enlevez leur cet espoir, et il ne faut pas s’étonner de leurs réactions. C’est une génération qui croit qu’elle pourra avoir la vie professionnelle, immobilière et sociale de ses parents, la même retraite, mais qu’il leur fallait seulement être plus patients mais qu’entre 25 et 30, tout se débloquerait, car tout n’était que décalage de quelques années. Evidemment, des adultes plus lucides savent bien que leur vie ne pourra jamais ressembler à celle de leurs parents pour plein de raisons, démographiques, dues à l’organisation du travail,…, mais eux le croient jusqu’à présent. Evidemment, cassez leur mirage en leur disant qu’ils sont bons pour une vie pas si drôle, et ça risque de tourner tout autrement.

    • COLRE

      Cher Wald, 🙂

      J’apprécie tes analyses calmes et argumentées, que personnellement je n’ai plus toujours l’énergie ni la patience de développer dans certains contextes…
      Tu es l’exemple même de ce que je dis souvent : j’ai confiance dans les jeunes, ils ne sont pas bornés, butés, amers, cyniques… à vouloir forcément avoir raison au prix de tous les amalgames, et c’est très bien ! leur temps « vieux con » viendra, bien sûr, mais ils ont le temps.

      Sinon, je suis complètement d’accord avec ton premier message (sauf le dernier §… 😉 ), mais je pense que dans le 2ème, tu fais une erreur de génération. Tout ce que tu dis est vrai mais concerne, non pas leurs parents, mais leurs… grand-parents !

      Ces ados, dans la rue, ont 16 / 17 ans, leurs parents ont une quarantaine d’année, 45, 50 au pire. Et ils n’ont pas du tout eu la vie idyllique que tu décris. C’est au contraire une génération sacrifiée, qui a vécu les années de merde, de crises, de chômage, de CDD, de stages non ou mal payés, de feuilles de paye riquiqui, de précarité, de temps partiels non voulus, de désindustrialisation, de transports en commun merdiques de leurs banlieues de plus en plus lointaines au fur et à mesure que l’immobilier des centre-villes devenait inaccessible, de désespérance, déjà, de leur présent et de leur avenir….

      Leurs parents avaient 25 / 30 ans à l’automne 95, les retraites déjà, la morgue du pouvoir de droite, déjà…

      Donc, les ados d’aujourd’hui voient au contraire la situation déplorable de leurs parents, et parfois ils parlent de leurs grand-parents, voire de leurs grand-mère, et des retraites sordides, après une vie de labeur, voire d’enfantements…

      • Salut COLRE 😀

        C’est vrai, tu as tout à fait raison. En effet, je suis quand même plus vieux qu’eux, et les parents des personnes de ma génération ont aux alentours de la soixantaine. Quand on parle avec eux, ce qui frappe c’est qu’ils ont parfois commencé assez bas, mais que trouver du travail était plus facile, et que surtout, les possibilités de changer de métier sans avoir peur de tout perdre étaient meilleures, et sans parler de la mobilité interne et de l’évolution professionnelle, tous ceux que j’ai pu connaitre ou presque ont pu bénéficier de promotions sociales non négligeables, et il faut dire aussi que pour certains, le fait de manquer de diplômes n’a pas été un obstacle, ce qui était une bonne chose d’ailleurs, mais est bien moins le cas aujourd’hui.

        La génération des 40 à 50 ans actuelle, je la connais un petit peu, en prenant en compte ce que tu m’as fait remarquer, ce n’est pas elle qui donnera une image du monde idyllique à ses enfants. Cette génération était adolescente ou étudiante alors que la crise et le chômage avaient déjà commencé. C’est quelque chose qui fait partie de leur expérience du monde, j’ai pu le constater en discutant avec eux. Et ils sont déjà différents de ceux qui ont connu les années 60. Leur formation intellectuelle n’est pas la même (plus audiovisuelle et moins livresque, mais c’est sans aucun jugement de valeur), leur rapport au monde non plus.

        C’est vrai que je n’avais pas pensé que je vieillissais moi aussi. Je vais y repenser. :mrgreen:

      • COLRE

        Eh oui, tu vieillis aussi… mais pas d’inquiétude, tu n’es pas encore devenu un « vieux con » ! 😉

        Je crois en effet que 65 ans est un seuil : ils avaient 30 ans en 75, au moment du premier choc pétrolier, ils étaient donc déjà installés dans la vie, dans le sillage des « Trente Glorieuses ». Ils ont fini de vivre le meilleur d’après-guerre.

        Déjà, 60 ans, c’est un peu limite : la queue de la comète, les gens ont eu plus de mal, à qques années près.

        En dessous, et encore plus en dessous de 50 ans, c’est et ce fut la grosse galère.

        Aujourd’hui : c’est infernal.

        Moi, je comprends très bien que les jeunes soient dans la rue : ce n’est pas seulement qu’ils pensent à leurs propres retraites, c’est trop loin, trop abstrait, mais ils savent bien que si l’on oblige les « seniors » à rempiler de plusieurs années, c’est autant à attendre dans le chômage (celui des jeunes est énorme).

        • Ph. Renève

          COLRE,

          Très bien dit. Mais je crains que pour certains ce ne soit un parti pris: les jeunes sont des « branleurs » qui détestent le travail, qui est pourtant un plaisir, et qui ne savent que manifester entre deux joints et glander devant des écrans plats en se mêlant de politique.

          C’est curieux, j’ai déjà entendu ça dans ma jeunesse… 😀

          • COLRE

            Philippe, 🙂
            C’est l’éternel regard jaloux des vieux vis-à-vis des jeunes depuis Socrate !… Ils sont tellement loin de leur jeunesse, ceux-là, qu’ils embellissent le souvenir de la leur et haïssent l’image renvoyée par la jeunesse actuelle, pleine de vie, de sève et de gaité… Manifester de façon ludique, voyons, ce n’est pas sérieux, n’est-ce pas ?…
            C’est d’un banal !

            • Ph. Renève

              C’est ça: c’était si bien quand on était jeunes que ceux de maintenant, qui ont bien plus que nos pauvres télés NB et nos Teppaz, ne peuvent être que des fainéants plus gauchistes qu’adroits qui se plaignent d’une vie dorée, facile, tout en envoyant promener leurs braves aînés.

              C’est éternel, comme la bêtise… 😉

        • « Moi, je comprends très bien que les jeunes soient dans la rue : ce n’est pas seulement qu’ils pensent à leurs propres retraites, c’est trop loin, trop abstrait, mais ils savent bien que si l’on oblige les « seniors » à rempiler de plusieurs années, c’est autant à attendre dans le chômage,… »

          Comme la population française, les mouvements de jeunes se produisent à des moments particuliers, mais les raisons profondes ne sont pas précises, y compris pour eux mêmes la plupart du temps, c’est quelque part pour exprimer un sentiment de frustration, d’être des laissés pour compte. Il faut y ajouter cette année le pourissement à la tête de l’exécutif.

          Comme je l’ai dit, c’est une tendance qui existe chez toutes les tranches d’âge, mais qui me semble plus nette chez eux.

          • Ph. Renève

            Oui, Wald, l’élément nouveau de notre époque est l’incroyable arrogance des gouvernants et le honteux appât du gain qui se dévoile chez eux petit à petit, alors même qu’ils exigent des Français, même des plus humbles en épargnant au mieux leurs amis nantis, des sacrifices dans une situation déjà bien difficile pour beaucoup.

            Comment le citoyen peut-il accepter de partir en retraite deux ans plus tard faute d’argent dans les caisses alors que le fisc reverse chaque année 30 millions d’euros à Mme Bettencourt qui a versé une aumône au candidat à la présidence, tandis que les grands groupes ferment des usines et licencient alors même qu’ils ont des profits jamais vus et que leurs dirigeants empochent des millions d’euros chaque année ?

  • Asinus

    yep salut les intélligents 😛 , avant hier mes potes xavier mourad et moi  » tous plus de 50ans » on as fait une decouverte en démontant 12 metres de trémie, je soumet cela à votre sagacité  » la preuve que l homme est pas fait naturellement pour le travail c’est que ça le FATIGUE! 😉

  • Buster

    Pas eu le temps de tout lire, mais je ferai.

    Incontestablement le mouvement s’essouffle ( au moins un peu) et la seule solution pour certains est de jeter dans la bataille des troupes de lycéens et d’étudiants.
    Politique de l’aventurisme car évidemment personne ne sait comment, une fois parti, un tel mouvement pourrait s’arrêter.

    En tous cas aujourd’hui, chez moi, du gasoil à la pompe, et personne pour faire la queue.
    Les réservoirs sont pleins.

    • Léon

      Supposons que le mouvement s’essouffle, qu’est-ce que ça veut dire , que les gens trouvent la réforme juste ? C’est parce qu’ils ne peuvent plus crier qu’ils n’ont plus mal ?
      A Montpellier ça commence à faire la queue. Et si les routiers s’y mettent, pénurie il y aura.

      • Buster

        Si …

        Ca pourrait vouloir dire que la plupart des gens se résignent, bon gré mal gré, à une réforme pas marrante mais qu’ils reconnaissent malgré tout nécessaire.
        Et que la base des opposants n’était pas si importante qu’on l’a dit.

        • Léon

          Avec paraît-il 71 % des gens qui soutiennent le mouvement Buster ? Où avez-vous vus que ce pourcentage baisse ? Merci de me le sourcer. Oui les gens ne sont pas encore prêts à mourir pour ça. Et puisque vous êtes partisan du bulletin de vote, rendez-vous en 2012 on verra bien quelle est cette « base des opposants » .
          Mais j’ai dit depuis le début que Sarkozy ne finirait pas son mandat. Ce serait marrant que je ne me trompe pas !

          • Buster

            Vouais,

            J’espère bien qu’il finira son mandat, pas par grand plaisir à le voir où il est mais parce que qu’est-ce donc qui pourrait succéder de très bien pour nous?
            J’aime le risque, mais celui-là ne me tente guère.
            J’espère surtout qu’il ne rempilera pas, parce que là effectivement je le vois assez mal tenir 10 ans.
            C’est pourquoi je lui conseille de ne pas se re-présenter, de prendre du recul en s’occupant de Carla, de rester en réserve de la République …… longtemps.

            • Léon

              Slogan entendu chez les lycéens dans la manif : « Carla, on est comme toi, on s’fait baiser par Nicolas ! » … 😆

              • Ph. Renève

                Ha excellent; et on dit qu’ils n’ont pas d’idées ! Riche et double métaphore comme dirait not’maître Popol, qui montre une belle inventivité. Mai 68 pas mort !

          • Ph. Renève

            On peut parier, Léon.

            Je pense plutôt qu’il finira son mandat, mais si grillé, carbonisé, atomisé politiquement qu’il n’osera même pas se représenter pour éviter le ridicule. Il le terminera comme la toupie qui bascule aussi piteusement qu’elle a tourné fièrement.

            Mais il aura atteint son but, qui n’était pas le pouvoir mais de parvenir à entrer dans cette élite de la jet-set (et match) qui le fascine depuis longtemps comme un miroir aux alouettes. Bien qu’il soit plus un vautour que ce sympathique volatile.

            Je vous garantis dans les mois qui viennent un joli spectacle de rats quittant le navire; nous allons bien rire à voir tous les jolis cœurs ralliés tôt ou tard à Sarkozy et qui l’encensaient comme enfants de chœur à vêpres, qui vont tout à coup se sentir des ailes et des besoins de migration vers des cieux plus paisibles.

  • maxim

    je pense qu’à une certaine période quand les enfants sont en âge de raisonner,il faut leur demander fréquemment  » qu’est ce que tu veux faire plus tard,qu’est ce qui t’intèresse dans la vie  » pas à cet âge ou le gosse rêve d’être véterinaire,pompier ou motard ou policier,mais quand il commence à se poser lui même ces questions et que l’on commence à percevoir ses centres d’intérêt ..

    et c’est là,à ce moment,qu’il faut déjà prendre en considération ses aspirations,et regarder avec lui si déjà c’est un boulot où il y a des débouchés ,et si il se sent bien motivé pour aller jusqu’au bout de ses rêves ( plutôt de ses envies )et puis l’orienter si c’est un matheux vers le bonne fillière en lui faisant bien comprendre qu’il y aura du boulot et que c’est pas acquis d’avance …

    (alors j’ai lu sur certains commentaires qu’aller au boulot c’était une corvée,et juste pour bouffer pour beaucoup de nos concitoyens ….mais il y a ceux également qui se contentent d’un boulot simple,mais qui à la fin de la journée peuvent voir ce qu’ils ont fait,et en être fiers ,quelque chose de palpable,qu’on a fait avec ses mains et avec sa tête également et qui suffit a rendre heureux …

    évidemmment,tout le monde ne peut pas comprendre ça,il faut y être passé,les joies simples ça existe,le sentiment de faire quelque chose qui va rester et durer dans le temps,ça existe….

    pour l’anecdote,lorsque je reviens de Paris et que je retourne chez moi,j’évite de prendre A6 et prends les routes de banlieue Sud ,à Champlan,vers Palaiseau ,je passe devant la première maison construite de mes mains alors que je bossais chez un petit artisan du bâtiment et que l’on faisait du pavillon clé en main dans les années 60,et elle est là bien debout,et je me souviens encore quand j’ai débuté à faire le terrassement à la pelle et pioche pour préparer les fondations,jusqu’à sa mise hors d’eau une fois couverte .)

    idem pour un littéraire …( excusez moi pour cette parenthèse un peu longue )

    et puis,il y a le manuel,celui que les études rebute qui s’emmerde à l’école ou au lycée,et qui patauge jusqu’au bac qu’il va louper alors qu’il devrait y avoir une fillière apprentissage dès l’adolescence ,avec heures de travail sur le tas,et heures d’études indispensables pour rattraper les retard ..

    que l’on soit plombier ,maçon,ou mécano,il faut savoir lire écrire et compter !

    là présentement le système actuel,c’est scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans et tout le monde bachelier !

    ouais…et après ? un bac philo obtenu au rattrapage de justesse,ça aide vachement pour installer un réseau de plomberie dans une baraque ..alors que le gamin aurait pu déjà obtenir un CAP et trouver un boulot comme petit Compagnon qualifié 1er échelon,avoir un salaire et entrer dans la monde adulte,avoir enfin une paye,et se sentir autonome vis à vis et de la société,et des ses parents ….même si les parents ont un beau boulot et qu’un plombier dans la famille,ça fait tache…mais qu’est ce qu’on veut,faire un raté,ou un mauvais avocat,ou notaire à la ramasse ?

    pour info,j’ai appliquè ce principe avec mes gosses pour na pas qu’il triment comme j’ai pu le faire dans ma jeunesse,…

    mon aîné ,matheux,est devenu d’abord ingenieur généraliste,puis a opté pour une carrière militaire en Gendarmerie,officier ,puis ayant fait l’ENSTA et Polytechnique Montréal,sanctionnés par un nouveau diplôme d’ingénieur .

    mon second,attiré par les contacts humains est cadre commercial dans une gosse multinationale Allemande..

    Et ma fille,flemmarde mais pas conne,intermittante du spectacle, Artiste au cachet,gagne pas mal sa vie du tout et fait ce qu’elle aime !

    • snoopy86

      Salut Maxim 😆

      Explique-leur comment aujourd’hui on trouve encore dans le bâtiment on trouve encore des centaines de milliers de gens qui trouvent des satisfactions dans leur boulot …

      Explique leur aussi qu’un bon compagnon ne craint pas la précarité …

      Dis leur enfin combien d’entre eux font grève actuellement …

      • Ph. Renève

        Mais oui, expliquez-nous le travail dans la joie, pour le simple plaisir, avec une totale indifférence pour la fiche de paye, une sympathie naturelle pour les horaires et les conditions de travail difficiles, une indulgence infinie pour les graves problèmes du patron qui licencie avec des bénéfices record, et une sympathie naturelle pour les gouvernants qui hissent sur le bouclier fiscal les méritants amis du président.

        Comme tout est simple avec vous, c’est un bonheur… 😀

        Enrichissez-vous, allez en paix et libérez les dépôts d’essence, que je puisse aller au golf ! 😀 😀

      • Ph. Renève

        « un bon compagnon ne craint pas la précarité ».

        Corollaire: les chômeurs sont des incapables et des fainéants. On croirait entendre Copé. 😀

        • snoopy86

          Envie et ressentiment ….

          • Ph. Renève

            ? A quoi s’appliquent ces termes ?

          • snoopy86

            Philippe, faîtes attention, vous allez finir par ressembler à Bonnet
            J’espère quand même que vous ne tendrez pas la sébille 😆

            • Ph. Renève

              Je ne comprends rien à ce que vous écrivez, désolé.

              Si c’est pour me critiquer, sachez que j’ai toujours eu un travail très intéressant et très différent dans le temps, bien voire très bien payé et que je ne me plains nullement.

              Mais j’ai vu un peu partout combien de gens travaillent sans aucun plaisir pour des salaires de subsistance et sans espoir d’amélioration.

              • snoopy86

                C’est précisèment le point sur lequel nous ne sommes pas d’accord « sans plaisir » et « sans espoir »

                Inculquer cela aux jeunes ou leur laisser croire est criminel

                • Ph. Renève

                  Il ne s’agit pas d’inculquer ou de laisser croire mais de constater. Les jeunes savent ça très bien, du reste, ce qui explique leur expression de ras-le-bol en face de la façon dont le pouvoir prétend régler les problèmes en faisant porter tous les sacrifices sur les salariés.

                  • snoopy86

                    sacrifice que d’équilibrer les cotisations et les retraites ?

                    • Ph. Renève

                      Où avez-vous vu qu’on touche aux cotisations ? On ne touche qu’aux retraites, comme dans le système de santé on ne touche qu’aux remboursements.

                      Le pouvoir actuel réussit le tour de force de réformer les retraites sans faire payer un euro de plus aux entreprises. Mme Parisot exulte.

                    • snoopy86

                      A ma connaissance les cotisations des salariés n’augmentent pas non plus…M.Thibaut devrait exulter aussi 😆

                    • Ph. Renève

                      Ah parce que les patrons eux aussi vont travailler deux ans de plus ? 😀
                      C’est une parfaite égalité alors.

                    • Buster

                      Donc tout le monde est content, non ? 😉

                    • Ph. Renève

                      Ben tiens ! Les salariés travailleront deux ans de plus et les patrons embaucheront des jeunes par philanthropie, comme ça, pour être gentils. C’est un monde merveilleux.

                    • snoopy86

                      Les grands patrons et les cadres supérieurs ne peuvent toucher leur complémentaire tranche C qu’à 65 ans et vont voir, par la réforme cet âge passer à 67 ans.

                      Pour ce qui me concerne je vais devoir attendre 65 ans les 300 euros mensuels que j’attends de cette retraite.

                      Soyez assez bons mettre une banderole pour moi à votre prochaine manif 😆

                    • Ph. Renève

                      Ah mince, il faudra qu’on pense à vous plaindre. 🙂

                      On peut peut-être lancer une souscription. A part ça, ça va le golf ? 😀

  • yohan

    Rappelons que 85% des gens aiment leur boulot, on est donc loin du problème qui serait plutôt de le perdre puis de ne plus en trouver. Et sans boult bcp de gens s’emmerderaient

  • COLRE

    Nos amis retraités de la vie active et manuelle ont une belle tendance à enjoliver leur jeunesse, avec des « compagnons » qui « ne craignent pas la précarité » et qui sont satisfaits de leurs boulots… 😆
    Cela doit faire longtemps qu’ils n’ont pas posé un tuyau chez un particulier !

    Belle image d’Épinal qui me rappelle les affiches soviétiques où les Travailleurs z-et les Travailleuses, debout et tournés vers un avenir glorieux et enchanteur, moissonnaient en chantant ou creusaient la mine pour grossir la productivité du pays nouveau ! 😆 😆

    C’est occulter le fait que, même dans l’artisanat du bâtiment, le métier se perd, les savoir-faire sont remplacés par des outillages et autres machineries qui automatisent et nivellent des résultats de piètre qualité, où les employés et ouvriers ont toujours plus de boulot qu’ils doivent faire toujours plus vite et toujours plus mal, à signer 40 devis en même temps et à promettre 4 chantiers la même semaine, et à faire jouer la trésorerie sur les acomptes de travaux toujours en retard, toujours repoussés…

    Même là, dans les métiers artisanaux, on y retrouve les mêmes tares qu’ailleurs, le stakhanovisme, l’à-peu-près, le travail mal fait, les pressions patronales, les apprentissages approximatifs, les boulots automatisés où l’on achète de plus en plus du « tout fait » dans les grandes enseignes et où la palette de créativité personnelle se restreint…

    Ce qui n’empêche pas qu’ils commencent à bosser très jeunes, et qu’à 62 ans, après 44 ans de cotisations, les reins douloureux et les articulations en charpie, ils pourront (merci Sarko) espérer une retraite qui leur permettra de vivre un peu de leur retraite à moitié à l’hôpital, chez les médecins, et bientôt au cimetière…

    • Ph. Renève

      Persifleuse, va. Le travail est un plaisir dans la vie, qui procure de grandes satisfactions et un niveau de vie élevé pour tous. C’est la Ligne du Parti Sarkommuniste.

      Circulez.

    • snoopy86

      A mon avis Colre, il y a bien longtemps que vous n’avez pas discuté avec un plombier ou un peintre …

      Là vous êtes carrément dans la caricature et démontrez que vous n’y connaissez strictement rien

      • Ph. Renève

        Mais oui, COLRE: la plomberie et la peinture sont des métiers passionnants, assortis de conditions de travail délicatement douillettes, avec des patrons adorables, des clients délicieux et des salaires de Zacharias, qui sont si attrayants dans leurs vertus édéniques que les jeunes se battent pour tenter d’y accéder, plutôt que de bêtement faire Polytechnique ou HEC.

        😀 😀

        et même 😀

      • COLRE

        raté !… tout faux 😆

      • Léon

        Colre a largement raison, au contraire. Pour ce que je peux en juger en tous cas des artisans que je fréquente régulièrement ( peintres et plombiers ). Je ne sais pas quelle est l’exception, Montpellier ou Poitiers ? « L’artisanat » tel que vous le décrivez et concevez, Snoopy n’a pas disparu, mais la tendance est bien celle qu’a décrit Colre.

    • Causette

      Belle image d’Épinal qui me rappelle les affiches soviétiques…

      Salut Colre, à trois minutes près, la même idée 💡

        • snoopy86

          2 exemples qui me sont tout proches, et provinciaux

          Mon voisin et ami Francis. 66 ans, 49 ( 😆 ) salariés en peinture. A débuté seul et succédant à son père, debout tous les jours à 6 h du matin . L’ouvrier le moins payé, 2500 euros par mois. Les bons passent les 4000 euros mensuels.

          Un autre ami, plombier chauffagiste. 12 salariés expérimentés. mêmes salaires. refuse du boulot ( qu’il facture 70 euros l’heure au client ). Ne trouve pas de chauffagiste qualifié à 3000 euros par mois.

          Ma femme en voit tous les jours des salariés comme ceux-là et qui sont loin de se plaindre….Un type vaillant et qualifié dans ces métiers gagne trés bien sa vie.

          Yohan qui connait bien le problème vous confirmera

          Quel est le pourcentage de syndiqués chez Vinci ? quel est le montant de la participation moyenne ?

          Jamais les patrons et salariés du bâtiment n’ont été aussi satisfaits…

          • Léon

            Ces chiffres m’étonnent beaucoup, Snoopy. J’ai un copain plombier-chauffagiste (qui fait aussi les climatisations) qui vient faire l’entretien de ma chaudière demain. Je lui poserai la question.

            • snoopy86

              Vous avez déjà de la chance qu’il vienne 😀

            • yohan

              La spécificité du bâtiment c’est de trouver des postes de maçon à 1300€ mois (sur Popaul emploi) et d’autres au double, voire plus. Qualifié P1 ou P3 mpour la expliqer la différence certes mais pas que. La sous traitance et la tendance au dumping amènent des situations contrastées. On peut avoir des gens qui gagnent très correctement leur vie dans le bâtiment et d’autres qui gagnent peu en se bousillant le dos.

          • snoopy86

            Par contre des bricolos qui se sont baptisés plombiers parcequ’ils étaient au chômedu ou attirés par le montant des factures et qui ont des problèmes, il est évident que cela existe aussi ..

          • Ph. Renève

            Voilà. Le paradis sur terre.

            Mais pourquoi donc ces b…eurs de jeunes ne se ruent-ils pas sur ces jobs ? Ah oui, ils sont stupides, fainéants et incapables, c’est vrai.

            Ça ne peut être que ça.

            • snoopy86

              Mais c’est partiellement vrai, Philippe, et je vous renvoie à votre caissiére avec sa maîtrise de psycho 😆

              • Ph. Renève

                Ah non, c’est vous qui en connaissez, près de votre golf, peut-être. Moi celles que je vois ne sont visiblement pas beaucoup diplômées mais auraient sans doute bien aimé l’être. Des fainéantes, selon vous ? 😀

              • snoopy86

                Et pour faire trembler Léon, tarif du chauffagiste en question

                Forfait entretien chaudière-ramonage d’une cheminée 130 euros HT

          • Ph. Renève

            Et voulez-vous connaître le pourcentage de syndiqués chez Vinci ? Facile: il est exactement égal à celui des utopistes qui sont prêts à l’ouvrir et à se faire virer pour être remplacés par des immigrés au black.

            A la décimale près.

            • Ph. Renève

              Du reste, sur ce sujet, personne ne se pose la question de savoir s’il y aurait encore une immigration clandestine si les entreprises refusaient le travail au noir…

              Mais ne fâchons pas Mme Parisot et les amis de Sarko qui sont bien malheureux.

              • snoopy86

                Et bien là nous serons parfaitement d’accord pour empêcher le travail des clandestins et les virer 😆 ….

                Mais il m’étonnerait que vous les trouviez chez Vinci. Chez les sous-traitants sans doute …

                • Ph. Renève

                  Mais Vinci c’est une pyramide de sociétés filiales, de sous-filiales, de sous-traitants, de sous-sous-traitants, de travail intérimaire, avec tout en bas des gars au black et tout en haut un gars en or, qui tape sur le ventre à Sarko…

                  Ça marche comme ça les grands groupes mon bon monsieur.

                  • snoopy86

                    Les groupes ne s’y hasardent pas, trop dangereux.

                    Je ne dirai pas qu’ils n’encouragent pas les sous-traitants 😆

                    Mais vos maliens ils sont bien venus pour ça non ? 😆

                    • Ph. Renève

                      Je ne vois pas comment ce pourrait être mes maliens, je n’en ai point.

                      Mais en effet, ce sont des gens qui sont venus parce qu’ils étaient certains que dans notre beau et généreux pays il y a bien assez de patrons voyous qui n’hésitent pas à enfreindre la loi pour sous-payer des clandestins et se faire des profits sur la misère du monde, et qui ne risquent pas grand-chose puisque la lutte contre le travail au noir est une action aussi efficace que celle contre les délocalisations et que l’inspecteur du travail (Inspector laboris L.) est une espèce en voie de disparition.

                      C’est exact.

                    • snoopy86

                      Nous sommes bien d’accord, punissons ces patrons, les prête-noms et falsifieurs d’identité, les passeurs, les marchands de sommeil et virons tous les clandestins 😆

                      Vos lycéens trouveront plus facilement du boulot…

                    • Ph. Renève

                      Nous sommes d’accord. Que M. Sarkozy ordonne, que le Parlement légifère, que les ministères décrètent, vite et bien, pour éradiquer le travail au noir. Quant aux clandestins, vous permettrez qu’on régularise ceux qui sont dans notre pays depuis des années et se sont fait exploiter par les délinquants; ils pourront être embauchés pour les garder en prison. 😉

                      N.B. Je n’ai pas de lycéens non plus.

                    • snoopy86

                      En l’occurrence sur le travail au noir comme sur l’expulsion des clandestins il ne s’agit pas de légiférer mais déjà d’appliquer la loi.

                      Sans doute faut-il la durcir encore pour les employeurs en l’étendant aux donneurs d’ordre et au patrimoine personnel des délinquants, notamment aux dirigeants de Sarl bidons (souvent immigrés eux-même) qui servent de support à ces activités

                      Un rappel quand même. Compte-tenu de notre législation chaque employeur est censé s’assurer de la validité d’un titre de travail avant la déclaration unique d’embauche.

                    • Ph. Renève

                      Vous voyez: nous pouvons être d’accord. Mais je suis moins sûr que vous que les patrons des entreprises de BTP ou de restauration-hôtellerie, secteurs qui emploient notoirement au noir, soient aussi souvent des immigrés.

                      Poursuivons-les d’abord, on verra ensuite.

          • COLRE

            Snoopy : 70 euros l’heure ?! 😯 C’est à Saint-Nom-la-Bretèche qu’il travaille ou pour Bettancourt ?… 

            Meuh non, bien sûr, c’est pour l’Etat ou les Collectivités… « VINCI » ! un groupe que l’on retrouve PARTOUT, recueillant les commandes de travaux des copains, souvent sans appel d’offre, et facturés comme on l’imagine… « rigolez pas ! c’est votre pognon »…

            J’adore ces gens qui défendent le privé et les fameux « risques » qu’il prend, alors que les grands groupes du privé se permettre de sur-facturer au Public leurs petits et grands travaux… C’est normal, ce ne sont pas les décideurs politiques qui payent de leur poche !…

            En tout cas, le pékin de base, ça m’étonnerait qu’il s’offre une entreprise artisanale à 70 euros de l’heure… il va chercher une petite boite, ou au noir, et c’est pas la même chanson !

            • snoopy86

              Non Colre

              Ici c’est le tarif d’un professionnel compétent pour des travaux à particuliers. Bien sûr vous en trouverez des moins chers mais vous en aurez pour votre argent et moi j’hésiterai à faire faire mon chauffage par un syndicaliste-SUD de la SNCF qui travaille au black 👿

              Le peintre lui a partagé son boulot 1/3 collectivités, 1/3 promoteurs, 1/3 particuliers.

              Allez aussi par curiosité voir les tarifs affichés de votre concessionnaire automobile 😆

              • Ph. Renève

                Un plombier à 70 euros l’heure de main-d’œuvre, c’est pour les terrains de golf ça.

                Il y a un marché. 😀

                • snoopy86

                  Philippe

                  Faites faire un devis par un vrai professionnel pour une installation un peu sophistiquée…

                  Vous m’en donnerez des nouvelles

                  • Ph. Renève

                    Je fais faire des travaux périodiquement et j’ai l’habitude des devis.

                    Ce doit être un phénomène propre à la Bourgogne, mais chez nous on envoie se faire voir ailleurs les boîtes qui envoient des devis comme ça. Je veux dire, chez nous le bas peuple burgonde non golfeur.

                    Vous êtes sûr que vous ne vous faites pas arnaquer, Snoopy ? 😀

                    • snoopy86

                      Je suis sûr que ce n’est pas un clampin qui suit mon chauffage et je contrôle bien le temps passé…

                      Mais sans doute les plombiers bourguignons sont-ils socialistes 😆 auquel cas j’aurais des doutes sur leurs compétences :mrgreen:

                    • yohan

                      Philippe
                      Ne me parle pas des entrepreneurs bourguignons. Estime toi heureux qu’ils daignent t’envoyer des devis en Bourgogne. Même quand j’offre l’apéro au rendez vous donné, certains gougnaffiers oublient de se déplacer et ne s’excusent même pas.

                    • Ph. Renève

                      Yohan,

                      Pourquoi cette aigreur ? !

                    • Ph. Renève

                      Snoopy exige avec le devis la photocopie de la carte de l’UMP !

            • Ph. Renève

              Vinci, Vinci, attendez voir…

              Ah oui, les autoroutes inutiles, les ronds-points paysagers en rase campagne, le bitume fumant dans les rues tout à fait planes, ça y est, j’y suis.

          • Causette

            VINCI? tout tout vous saurez tout…??????? … ? … ? …
            http://fr.transnationale.org/entreprises/vinci.php

  • Causette

    C’est « marrant », quand on parle de travail, le point de vue des gens de droite et des communistes se rejoignent
    – quotas à remplir, tant d’heure de boulot par jour ou par mois, hiérarchisation
    – désigner, sanctionner et virer les mauvais travailleurs, c’est-à-dire ceux qui luttent pour réclamer leurs droits ; priorité à la production à l’aide de subventions au patronat et industriels sans contrepartie pour sauvergarder les emplois.

    « Pour qu’il parvienne à la conscience de sa force, il faut que le prolétariat foule aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique, libre penseuse ; il faut qu’il retourne à ses instincts naturels, qu’il proclame les Droits de la Paresse, mille et mille fois plus sacrés que les phtisiques Droits de l’Homme concoctés par les avocats métaphysiques de la révolution bourgeoise ; qu’il se contraigne à ne travailler que trois heures par jour, à fainéanter et bombancer le reste de la journée et de la nuit. » 😆

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Droit_%C3%A0_la_paresse

    • Ph. Renève

      Causette,

      C’est un programme de terrible ascèse que vous nous proposez là.

      • Causette

        Philippe, je ne crois pas que Laura est eu à se plaindre de son ascète 😆
        qui lui murmurait à l’oreille « Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traine à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture… »

  • Asinus

    Selon une estimation retenue par une étude DGTPE -DARES en 2008 la sauvegarde et la création de 800.000 emplois à bas-salaires (jusqu’à 1,6 smic) auraient coûté 22,6 milliards soit 28.250 € annuels par emploi ! Pour mémoire le smic était de 1280 mensuels, c’est-à dire, que ces 800.000 emplois représentaient des travailleurs payés entre 1280 et 2050 € mensuels ou plutôt entre 15.360 et 24.600.€ annuels. Je vous laisse le soin d’estimer le profit des entreprises réalisés avec ce seul dispositif dérogatoire sur les cotisations sociales. Pour les apoplexiques je vous épargnerais le reste.

    la DGTPE c est Bercy .

    • snoopy86

      Asinus

      Il s’agit du coût des exonérations de charges sur les bas salaires. Aberrant en effet …

      Rappelons que l’initiatrice de ces éxonérations fut Martine Aubry dans le cadre de sa loi sur les 35 H et que Sarko s’y est engouffré depuis

      • Ph. Renève

        Aaaahhh elle est bonne celle-là !

        😀 😀 😀 😀

        Qu’on se le dise ! Ce sont les socialistes qui sont responsables des 175 milliards annuels d’euros de subventions aux entreprises. Comme disait Chirac, ça fait péter le déconnomètre ça. 😀

        • snoopy86

          Au passage ce chiffre de 170 milliards cité par la cour des comptes et repris par un gogol dans un article sur AV mélange allégrement les carottes et les choux

          Il intègre à hauteur d’environ 70 milliards, comme « niche fiscale » le régime des filiales qui est pratiqué par toutes les nations avancées…

          • snoopy86

            Et nierez-vous que ce soit Martine Aubry qui la première ait donné les éxonérations de charges aux entreprises pour les 35 heures ?

            • Ph. Renève

              C’est terrible cette 35heuromanie chez les gens de droite.

              C’est une obsession de chaque instant, un pivot de terreur de leur pensée fertile, l’alpha et l’omega de l’horreur terrestre, l’enfer purulent du Mal socialiste qui a infesté terre et gens pour des siècles, empoisonné les puits, abattu les troupeaux, brûlé les récoltes sur pied, incendié écuries et fermes, labouré les golfs, dynamité les ponts et les viaducs, libéré les droit commun, brisé les vitrines de Fauchon et Hermès quel malheur, craché dans la soupe, pissé dans les biberons et déféqué dans le caviar.

              Si on parlait un peu d’autre chose ?

              • Ph. Renève

                D’ailleurs, voulez-vous que je vous dise ?

                La crise des subprimes, la mort de Maurice Allais, le temps frais et gris, les oreillons du petit voisin pauvre gamin, les 70 euros de l’heure du plombier à Snoopy, les lycéens dans la rue ?

                C’est les 35 heures tout ça.

          • Ph. Renève

            « le régime des filiales qui est pratiqué par toutes les nations avancées »

            Avancées dans quoi ? L’ultralibéralisme, oui.

          • Ph. Renève

            Voilà-t-il pas maintenant que la Cour des Comptes additionne des choux et des navets et indispose not’président.

            On se demande pourquoi il ne l’a pas encore supprimée, non mais.

            • snoopy86

              En l’occurrence il s’agit de la taxation des bénéfices des filiales qui permet de ne pas voir imposé deux fois ou plus le même bénéfice…

              Voilà que notre économiste de gôche veut supprimer le bénéfice ….

              Je vous rappelle que la cour des comptes considère aussi le quotient familial comme une niche fiscale. Des enfants Philippe ?

              • Ph. Renève

                Ah parce que taxer c’est supprimer ? Je n’avais pas compris, désolé.

                Mais pourquoi donc un dividende (pas de filiale mais de participation à 25%, du reste) serait-il taxé quand il est versé à un épargnant et pas quand il est versé à une entreprise ? Est-ce que l’économie de notre pays s’est arrêtée de fonctionner pendant les décennies de « double taxation » ? Et pourquoi donc alors y at-il perception de TVA dans les ventes entre maison mère et filiales ? Quelle hooonte, non ?

                La cour des comptes considère le quotient familial comme une niche fiscale, si on appelle ainsi toute mesure dérogatoire au barême de base. Mais nous parlons des subventions aux entreprises, pas de l’impôt sur le revenu, me semble-t-il.

              • Ph. Renève

                Et il n’y a pas d’économistes de gauche, ça ne veut rien dire. Y a-t-il des physiciens de gauche ou des géologues de gauche ?

                En revanche, on voit bien des idées de droite chez certains prétendus économistes qui le sont autant que Lénine était un sociologue.

              • Ph. Renève

                Rappelons pour le régime des filiales qu’il permet notamment à Mme Bettencourt de n’être imposée que sur les dividendes de l’Oréal qu’elle veut bien se faire verser par sa holding, c’est-à-dire infiniment moins que ce qu’elle toucherait sans cet artifice purement comptable.

                • Ph. Renève

                  C’est du reste un abus de droit caractérisé et un montage clairement destiné à frauder légalement, mais ça n’émeut personne. Il est vrai qu’avec Woerth et Sarko Liliane est bien protégée.

                  • snoopy86

                    Abus de droit est trés contestable s’agissant d’une pratique commune et légale. A ce compte-là toute optimisation fiscale est un abus de droit. J’espère que vous n’avez rien déduit sur votre déclaration 😆

                    • Ph. Renève

                      Optimisation fiscale, le fait de ne payer d’impôt que sur une partie seulement des revenus qui vont à la société-écran ? Il y a soustraction à l’impôt, oui.

                      « (L’abus de droit est) aussi un concept fiscal utilisé par l’administration fiscale afin de remettre en cause des montages « fictifs » ou dont le but est exclusivement fiscal. » Wikipedia.
                      Ici la société est bien à but exclusivement fiscal.

                • snoopy86

                  quelques réponses :

                  Il ne s’agit pas exclusivement du dividende mais du principe de consolidation. Au final le bénéfice est bel et bien taxé .

                  Dans tous les pays de l’OCDE madame Bettencourt ne serait taxée que sur ce qu’elle se verse. Et rappelons que ces dividendes correspondent à un bénéfice déjà taxé chez l’Oréal.

                  Si je vous ai rappelé le quotient familial, c’est qu’il me semble tout aussi abusif de le considérer comme une subvention aux particuliers que de parler de subvention s’agissant du régime des filiales.

                  • Ph. Renève

                    « Au final le bénéfice est bel et bien taxé » – le moins possible.

                    Le régime des filiales est un joli cadeau aux grands groupes, le quotient familial est une mesure d’équité.

                    « rappelons que ces dividendes correspondent à un bénéfice déjà taxé chez l’Oréal. » Non, les dividendes ne sont pas taxés dans l’entreprise, mais seulement les bénéfices. Il n’y a pas à ce niveau d’impôt spécifique.

                    « Dans tous les pays de l’OCDE madame Bettencourt ne serait taxée que sur ce qu’elle se verse. » Bon sang, je vous tire mon chapeau: vous êtes un expert international en fiscalité. Bon. L’OCDE compte 34 pays. Compétent comme vous l’êtes, ce sera pour vous un jeu d’enfant que de nous dénicher les preuves pour chaque pays. Merci d’avance. 😀

                    • snoopy86

                      1) Le bénéfice n’est pas taxé le moins possible mais au taux unique de l’IS. Ou est le cadeau ?
                      Vous voudriez qu’il soit taxé à chaque étage ?

                      2) Heureusement ….

                      3) J’ai simplement lu la note de la cour des comptes qui qualifie le régime des filiales de « droit commun » dans l’OCDE. Maintenant, à vous de me prouver le contraire 😆

                      Enfin n’ayant pas d’enfant à charge je trouve le systéme du quotient familial particulièrement inique 😆

                    • Ph. Renève

                      Mais alors pourquoi donc personne ne protestait avant que ce régime des filiales soit instauré ? Le monde économique en a-t-il été bouleversé ? Dans ces conditions, pourquoi a-t-il été promulgué ? Combien de déficit en plus pour l’Etat, ce pelé, ce galeux qui arrose pourtant à seaux les entreprises ? !

                      Donc, vous faites confiance un coup sur deux à la Cour des Comptes, si je comprends bien ! 😀

                      Bon, je vais arrêter là, j’ai à faire. Bonne soirée.

      • COLRE

        « l’initiatrice de ces éxonérations fut Martine Aubry »

        FAUX 😆 , il y a au moins eu Juppé avant, en 1995, qui déclarait à l’Assemblée Nationale, aux zélus qui réclamait des garanties en échange des réductions de charge patronales et qui (de mémoire) a répondu, grandiose et « droit dans ses bottes » : « inutile, les patrons sont des gens responsables à qui on peut faire confiance »…. 😆 😆

        • Ph. Renève

          Merveilleux Juppé. Quel sens de l’humain, quel jugement judicieux, quelle confiance dans la libre entreprise.

          Ça c’est un vrai homme de droite.

          • snoopy86

            Aprés vérification, Martine n’a été que la seconde aprés De Robien dans sa loi pour encourager le temps partiel…

            Au temps pour moi ….

            • yohan

              Il y a eu pire que la Loi Aubry mais tout le monde a oublié. Qui se souvient de la Loi de Robien (UDF centre) sur les 32h ?
              En gros, l’entreprise s’engageait à réduire le travail de 39h (à l’époque) à 32h (donc semaine de 4 jours, assortie d’une baisse de 3% des salaires, moyennant quoi l’entreprise devait embaucher un nouveau salarié pour dix salariés en poste et se trouvait exonérée des cotisations sociales patronales pendant 5 ans (peut-être 7, je ne me souviens plus). Un partage du travail carré béton. Nous l’avons testé chez nous dès l’entrée en vigueur de la Loi. Au début, tout le monde était content (pardi 4 jours payés 5), et nous avons bien, sûr embauché. Tant qu’il y avait les exo de charges, les grands équilibres étaient respectés, sauf qu’après les cinq ans, nous avons pris un gros bouillon financier. Ayant épuisé notre trésorerie, nous avons dû nous résoudre à licencier et aujourd’hui nous en payons encore l’addition, car dfficile de revenir sur les habitudes prises et compétitivité par rapport à nos concurrents en berne.
              Si je vous dis ça, c’est que martine Aubry (que je ne porte pas pourtant dans mon coeur comme on le sait) s’est prise des grosses volées de bois vert pour ses 35 heures, sans que ce monsieur de Robien ne vienne, ne serait qu’une fois, la soutenir en disant qu’il avait commis pire :mrgreen:

              • Buster

                C’est pas vous qui avez vu ….. j’ose le dire ?

                Le mec….
                Enfin vous savez, quoi, le mec qu’était au PS…..
                Avant,
                qu’était avec Ségo…
                Ca y est vous voyez ?

                Bon, c’est pas vous qui l’avez vu débarquer chez vous pour faire l’article des 35 heures.
                SAV, travail de promotion.
                Il faisait ça très bien du reste.

          • Causette

            aaargghh ! les bottes de Juppé :mrgreen:

  • Léon

    Ouais, le droit à la paresse et à l’immortalité… Y aurait à dire…

  • D. Furtif

    Pour la cinquième fois en un mois, les travailleurs sont descendus dans la rue par millions. Leur détermination ne faiblit pas. Et c’est bien là le « problème ».

    Le vote du projet de réforme des retraites au Sénat doit se faire mercredi : il devait se dérouler dans une atmosphère de résignation chez les travailleurs, dans une situation où les directions des organisations syndicales auraient réussi à bloquer totalement leur mouvement … Sauf que ce qui était prévu n’est pas arrivé, et la situation est toujours pour le moins incertaine.

    D’autant que la mobilisation de plus en plus forte des lycéens inquiète au plus haut sommet de l’Etat. Quand des membres du gouvernement ou de la majorité disent : « c’est dangereux que les lycéens descendent dans la rue », tout le monde comprend que c’est avant tout dangereux pour le gouvernement.

    Le gouvernement cherche d’ailleurs à faire dégénérer le mouvement des lycéens en additionnant les provocations, devant des lycées ou dans les manifestations, partout en France. Ce jeune lycéen qui a failli perdre son œil en recevant un flashball en pleine tête à Montreuil est un exemple parmi beaucoup d’autres cette semaine.

    Il s’agit pour le gouvernement de réprimer leur mobilisation mais également de pousser les lycéens à s’affronter avec les forces de l’ordre pour faire dégénérer l’ensemble du mouvement sur les retraites.

    Dans les universités, les étudiants se questionnent toujours. Les AG qui se sont tenues un peu partout en France, n’ont que très rarement réunis plusieurs centaines d’étudiants. D’autant que la question des retraites n’est pas la seule qu’ils se posent : à la Sorbonne les étudiants ont des cours magistraux dans des cinémas, à Lyon les filières sont en pleine fusion, la masterisation s’applique partout…

    Aux lycéens, on peut dire que oui leur place est dans la rue aux côtés de leurs parents salariés et de leurs profs pour exiger le retrait de la réforme des retraites. Face aux diverses provocations dans lesquelles ils pourraient tomber, la solution passe par leur propre contrôle comme ils ont su le mettre en oeuvre souvent par le passé.

    Les étudiants ne sont pas encore mobilisés, cela peut aller très vite, notamment en relation avec l’amplification du mouvement chez les lycéens.

    La position des directions refusant d’appeler au retrait est de plus en plus intenable

    Le prix politique de ces atermoiements sera lourd

  • yohan

    Puisque la discussion porte sur le travail et le plaisir au travail, je propose de vous offrir un bouquin que j’ai réalisé sur le sujet en 2005. Faites donner votre adresse via cesar qui me la fera parvenir, et je me ferai un plaisir de vous en envoyer un exemplaire….

    • Ph. Renève

      Yohan, c’est très aimable à toi mais il est impossible pour Disons de faire transiter des données personnelles, y compris par Cesar. Il faudrait trouver un autre moyen, et tu sais que de telles choses sont toujours risquées pour la confidentialité.

  • yohan

    A oui je comprends. Bon si vous trouvez un moyen moins risqué, faites le moi savoir

  • yohan

    Je n’ai que le livre imprimé. On peut donner mon mail à Causette ?

  • Hou là là ! De retour d’un week-end consacré à un travail bénévole de solidarité (25 stères de hêtre, de chêne et de cerisier à ranger avant les frimats), je constante que la gauche et la droite de Disons se sont sérieusement écharpés sur le travail et les valeurs réelles ou fictives qu’on peut lui attribuer.

    C’est quoi le travail ? J’y ai déjà consacré un long nartic auquel vous pouvez vous référer et dont je ne changerais pas une ligne, tout en regrettant en passant que les contributions des fondateurs de ce site sous la forme de commentaires éclairés en aient été extirpés par les maîtres de la forge d’Agoravhoax.

    Etymologiquement, rappelons qu’il vient du latin « tripalium », qui est le nom d’un instrument de torture. Dans ce nartic j’explore d’autres fondements étymologiques qui renvoient grosso modo à la même basique définition selon laquelle cette activité n’est pas en soi considérée comme une partie de plaisir. Ce qui semble être confirmé par le cas exemplaire des bienheureux gagnants aux supercagnottes du Loto dont l’immense majorité cesse immédiatement toute activité professionnelle dès qu’ils ont empoché le gros lot, que leurs opinions politiques aient penché à droite ou à gauche avant la réception de cette miraculeuse manne, même si une infime minorité en profite pour créer des entreprises

    Parmi les commentaires de mon nartic figurait cette excellente contribution de l’excellent Tristan Valmour :

    « Voici un peu d’eau à ton excellent moulin. Dans les sociétés primitives, la durée quotidienne du travail équivalait à 2h. Dans la Grèce Antique, comme tu l’as si bien rappelé, le citoyen ne travaillait pas, il pratiquait la polis. Les Romains comptaient 200 jours fériés par an, et naturellement les patriciens ne travaillaient pas. Au Moyen-Age, on ne travaillait pas du jeudi au dimanche, et on interrompait fréquemment le travail pour prier. Ainsi la durée hebdomadaire du travail atteignait à peine un mi-temps.

    En réalité, le travail ne pouvait pas avoir de succès dans les sociétés qui ont précédé les Révolutions Industrielles car il n’était pas source d’intégration. Au Moyen-Age, c’est la foi chrétienne qui en tenait lieu, et le mendiant était une personne intégrée et respectée.

    Avec 1789 et surtout 1791, on assista au triomphe de la bourgeoisie qui apporta ses valeurs : le travail et le (pré)capitalisme. Puis se succédèrent 3 Révolutions Industrielles dont l’origine se tient au UK. La bourgeoisie a supplanté l’aristocratie comme le travail (et l’économie) a supplanté la foi. Le salarié n’avait pas une position enviée dans une Société qui comptait massivement des paysans indépendants, des commerçants et des artisans. Contrairement à ce que l’on a dit, les femmes travaillaient beaucoup. Le salariat est devenu une position enviée après les années 50-60 avec l’apparition de contrats favorables aux employés, les accords de branche et une politique sociale idoine. Aujourd’hui, plus de 80% des nouveaux contrats sont des contrats précaires.

    Une grande partie de notre activité ne sert à rien d’autre qu’à contrarier l’autre partie (ex : policiers d’un côté et voleurs de l’autre), quand une organisation plus équilibrée de la société est possible et serait source de considérables économies sans baisser la qualité de vie. Cela nécessiterait de renoncer à la société individualiste. Je donne trois exemples : il y a crise du logement, mais on n’a jamais compté autant de célibataires ! On habite dans un quartier, mais on va travailler dans un autre. Alors on ne connaît personne et on achète un portable quand autrefois on rentrait chez des gens pour utiliser leur téléphone. Nous devons cotiser pour nos retraites, c’est-à-dire pour un service qui était rendu gratuitement par la famille élargie et le voisinage, puisqu’on s’occupait des vieux.

    En réalité notre système est prisonnier d’une spirale infernale, et de plus en plus on nous fait payer ce qui était autrefois gratuit !

    Les professions les plus rémunératrices sont les moins nécessaires à la satisfaction des besoins primaires d’un être humain ».

    Alors la « valeur travail », laissez-moi rire… Pour la plupart des gens, ce n’est qu’une corvée à laquelle il faut se plier pour survivre, vivre ou satisfaire des désirs. On peut certes trouver une légitime fierté ou plus simplement une authentique satisfaction devant un travail bien accompli, mais de là à en faire une valeur en soi, faut pas déconner. On peut aussi s’attacher à cette corvée comme on se soumet à toutes sortes de servitudes volontaires ou non, y trouver un certain plaisir quand on la partage avec une équipe avec laquelle on entretient de chaleureux liens de solidarité et d’amitié, et plus encore quand ne fait que ce qui nous intéresse et nous passionne, mais en dehors de ça, il n’y a pas de « valeur travail » sinon celle que lui attribue le système social bourgeois qui depuis la révolution industrielle en a fait l’alpha et l’oméga de la condition humaine alors que ça n’en est qu’une vicissitude sanctifiée par les religions et le capitalisme le temps d’une parenthèse historique où l’unique sens de la vie semble être de se faire suer le burnous en attendant la mort.

    Quant aux djeunns, ils ont raison, qu’ils dansent avec les loups dans cette société qui n’est pas douce avec les lents et qu’ils y foutent un max de boxon pour de bonnes ou mauvaises raisons. Ça me fait bien marrer ces dénonceurs des « manipulateurs » de la jeunesse. Comme s’ils n’étaient pas eux-mêmes manipulés jusqu’au trognon et hyper-conditionnés par un système dont ils ne sont que des pions. Quand les loups ont de telles tronches de has been, on ne saurait leur refuser un dernier tango à Paris ou ailleurs. Ce sont toujours les djeunns qui changent le monde et font les révolutions, jamais les vieux croûtons. Roulez jeunesses !

    • Ph. Renève

      Marsupilami,

      Merci pour ce commentaire auquel j’adhère totalement: cette notion de valeur-travail n’est qu’une propagande visant à faire un peu mieux supporter la condition des salariés en leur faisant croire à la noblesse du travail en soi, alors qu’il n’est qu’une contrainte imposée par ceux qui peuvent s’en affranchir ou profiter de celui des autres.

      La meilleure preuve en est l’acharnement des partisans de droite qui tiennent à cette notion comme à un saint mystère en la ressortant chaque fois que les salariés parlent des conditions de travail: soutenir que le travail est valorisant pour la personnalité est une escroquerie de nantis. Et pourquoi donc alors sont-ils réticents à toute hausse de salaire alors que le travail est si grand et si admirable ? 😀

    • Ph. Renève

      Et les jeunes en effet voient très bien cette tromperie et refusent de se laisser endoctriner, ce qui chagrine fort les bien-pensants…