Régimes spéciaux, une vache sacrée française

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La droite n’a pas osé, la gauche botte en touche.

Ah! qu’il est cocasse de voir Martine Aubry s’indigner avec moult trémolos dans la voix du refus de la droite de lâcher du lest sur la pénibilité.
Alors que nous pourrions la suivre sans réserve sur cette revendication légitime et partagée de permettre à des salariés qui n’ont pas l’espérance de vie d’un rond de cuir, de jouir du peu de temps de vie qu’il leur reste, nous la sentons si peu à l’aise dès qu’il s’agit d’évoquer l’étoile mystérieuse des régimes spéciaux.
Décontenancée, croyant avoir semé la première question du journaliste dans les méandres de sa deuxième, et sommée d’y revenir à son corps défendant, la voilà qui nous sert le brouet habituel, versé aux benêts que nous sommes, consistant à justifier le niveau de retraite inconcevable de ces gens là par le seul fait des luttes d’hier et de mérites injustement reconnus par l’histoire du XIXème siècle.

Alors que les différents régimes spéciaux sont gravement déficitaires et que sans la manne publique, c’est à dire nos impôts, ils ne seraient pas solvables (ils ne le sont déjà plus), ce sont eux que le gouvernement actuel a fait en sorte de protéger en repoussant leur réforme à 2018.

Très peu de voix se sont élevées pour rappeler cette étrange absence dans le débat houleux sur les retraites, au moment de régler le sort de milliers de travailleurs injustement privés d’un droit à une retraite bien méritée.

Parmi les porte voix de la gauche sociale, nul ne s’est élevé pour stigmatiser cette incongruité à n’exiger aucune concession du parlementaire ou du clerc de notaire pour aider à améliorer le sort de l’ouvrier du bitume.

Alors que les mineurs chiliens nous ont offert une éclatante leçon, celle de la solidarité, du courage et de l’abnégation, les français ont montré encore une fois ce qu’on sait d’eux, à savoir leur incorrigible égoïsme.

A voir certains agents de conduite de la SNCF rempiler sitôt la retraite servie à 50 ans sur des missions de « consulting » à l’étranger, une question se pose : sont-ils aussi usés qu’ils le prétendent ?

Pourtant, il y a tellement de raisons de ramener les régimes spéciaux à la table des disettes.

Qui sait qu’une partie de la CSG est actuellement détournée à leur profit ?

Qui sait que les retraités des régimes spéciaux partent grosso modo avec l’équivalent de leur dernier salaire net quand les caissières de Monoprix n’ont que leurs yeux pour pleurer ?

Qui sait que nos parlementaires, nos sénateurs, figurent au nombre de ces heureux rentiers, tout comme les petits rats de l’opéra, les clercs de notaires ou les agents des collectivités locales.

Les chevilles des petits rats de l’Opéra et les coudes usés de nos ronds de cuir justifient-ils que nous soyons tout à leurs petits soins, alors que nous mettons nos soutiers en demeure de rester un peu plus longtemps au fond de la mine.

Nos jeunes manifestent, ils ont tant de raisons de le faire.

Mais ils feraient bien de savoir que les régimes spéciaux, ceux qui sont venus donner fanfare sous leurs fenêtres, sont comme cet Harry, « l’ami qui vous veut du bien ».

39 comments to Régimes spéciaux, une vache sacrée française

  • Ph. Renève

    Yohan, merci pour cet article.

    Mais pour ma part, est-ce un réflexe d’économiste, j’aurais aimé un ton moins polémique mais plus de sources prouvant certaines affirmations qui semblent fonder le propos général.

    Soyons polémiques quand il le faut, mais pour dénoncer des faits précis, certains et démontrés. Je suis désolé, mais dire « Qui sait que les retraités des régimes spéciaux partent grosso modo avec l’équivalent de leur dernier salaire net  » n’est pas un argument.

    Quant à la solidarité, elle ne me semble pas réservée aux mineurs chiliens, mais au contraire largement pratiquée dans notre pays dans les systèmes de couverture sociale et maladie et celui des retraites, et fait précisément l’objet d’attaques de la part du pouvoir qui veut la casser en faisant payer les seuls chômeurs, les seuls malades et les seuls retraités. Donner en exemple les mineurs chiliens me semble donc très mal venu à l’heure où la solidarité bien réelle en France est menacée par les politiques ultralibérales.

    Par parenthèse, je ne pense pas que dans les mêmes circonstances, les Français auraient fait preuve de moins de solidarité. Il n’est que de voir la longue recherche du spéléologue disparu pour en être convaincu. Parler d’« éclatante leçon » me semble donc arbitraire et même déplacé: aurions-nous laissé mourir des mineurs français ?

  • D. Furtif

    Depuis ton article des Rillettes tu nous dis la haine de l’aveugle pour les borgnes en évitant surtout une seule chose celui qui leur a crevé les yeux à tous deux
    Je ne pensais pas qu’un homme de ton âge allait me ressasser les rengaines de mon poujadiste de père artisan.

    Il faudrait s’entendre, si les privilégiés il y a ce ne sont pas les salariés.Ton mépris englobant pour les ronds de cuir ne peut conduire qu’à une seule chose , la haine , l’envie et la dislocation entre les différentes catégories de salariés. Dislocation qui ne peut que servir les catégories sociales qui elles n’ont rien à craindre.; auxquelles je ne sais pourquoi ni comment tu identifies ton intérêt propre.

    Une manière d’Alain Minc ou Jean Marc Sylvestre
    . Ce n’est pas le travail ni les salaires qu’il faut taxer mais les actions. Quoique comme le dirait Buster certains niveaux de salaires sont monstrueux au regard de la misère entretenue pour des millions d’hommes.

    Ce que je regrette c’est cette impression de ressasser moi aussi car tu n’apportes rien de nouveau et nous ressers d’une main ce que tu nous avais servi de l’autre déjà plusieurs fois.

    Tu pourrais me dire , ce n’est pas moi , c’est la période qui veut ça.
    On bloque sur une opposition non résolue et demain encore il y aura des grèves et des manifs et des prises en otage et des blocages

    C’est vrai les travailleurs de ce pays ne se résolvent pas à baisser la tête, à accepter de ne pas envoyer leurs enfants faire des études, de ne plus se faire soigner les dents ou les yeux, à ne plus aller à l’hôpital en raison des forfaits hospitaliers malgré l’affirmation de la constitution du Droit à la Santé…

    Toi et tes amis, faut-il que vous soyez si loin de cette condition pour l’ignorer à ce point.

  • yohan

    Comme tu le sais, il est très difficile d’avoir ces chiffres, d’autant que les français n’aiment pas évoquer le montant de leur pension, surtout lorsqu’elle très correcte selon eux. Alors, j’ai basé mon estimation sur ce que je sais de trois membres de ma famille, tous issus des régimes spéciaux (tous différents). L’un est décédé, et sur les deux autres, l’un est pensionné depuis dix ans l’autre depuis trente. Je sais que pour les trois, ils ont bénéficié d’un petit « bonus spécial, saut de tranche » dans la dernière année et d’un départ avant 60 ans. Les trois ont laissé entendre que leur pension était à peu près égale à leur salaire d’avant. Je ne l’ai pas inventé mais je n’ai pas d’autres chiffres à te donner pour la bonne raison qu’on ne publie pas ces chiffres.
    Quant à l’éclatante leçon, ce serait pour ceux qui plombent les régimes, d’accepter de faire l’effort de bosser deux ans de plus pour sauver les retraites. Je suis pour l’équité des retraites, et des salaires. Nous n’avons ni l’un ni l’autre.

    • Ph. Renève

      Yohan,

      C’est bien ce que je pensais: ce n’est pas sérieux. Tu te bases sur les déclarations floues, sans aucun montant, de trois personnes de ta famille qui « ont laissé entendre que » ?

      Ce n’est pas sérieux de fonder une telle polémique sur ce genre d’information. On n’est pas au café du Commerce.

    • D. Furtif

      Encore et toujours une seule rengaine , ce sont les salariés qui plombent les retraites. Pas les golden Hello les gloden parachutes , les rendements à 25% même sans fumée.
      Ce n’est pas de l’analyse mais de l’obsession.

      Il faut que les salariés fassent l’effort de bosser deux ans de plus ( ce qui est faux et tu le sais) mais jamais Ô grand jamais tu n’envisages de trouver cet argent là où il se trouve , dans la poche sacrée et inaccessible de ceux qui ont le droit divin eux de filler des millions d’€ aux amis

  • Léon

    Il y a en effet beaucoup à dire sur cet article peu étayé et qui mélange allègrement tout, « les régimes spéciaux » recouvrant des situations très variables.
    D’abord il faut rappeler que les régimes spéciaux concernent environ 7 % des retraités, pas plus.
    Ensuite, il faut rappeler également que dans bien des cas l’âge légal de départ à la retraite y coïncide de très près avec l’age de sortie effectif du marché du travail qui est pour les salariés du régime général aux alentours de 59 ans : ce qui est dépensé en retraite prise plus tôt dans les régimes spéciaux est économisé sur les dispositifs très coûteux des préretraites pour les salariés du régime général.
    Ensuite un certain nombre de ces régimes spéciaux ont un taux de cotisations plus élevé que le régime général, aussi je ne vois pas où est le scandale que le montant de leur retraite soit logiquement plus élevé, surtout lorsque ces caisses-là sont en équilibre… ( Clercs de notaires par ex…)
    Ensuite, que certains régimes soient déficitaires, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement si on est en présence d’un métier en voie de disparition: que suggérez-vous, que l’on cesse de payer la retraite des rares mineurs qui restent encore en vie, ou que l’on recule l’âge légal de leur retraite taux plein à 67 ans lorsque leur espérance de vie est inférieure à 60 ans ?
    Quant à partir avec « grosso modo leur dernier salaire », c’est tout simplement de la désinformation car comme d’habitude on passe soigneusement la question de l’intégration des primes à la base de calcul des retraites. Et seuls les cheminots peuvent être dans ce cas.
    Enfin pour certains métiers il est profondément injuste de ne pas voir qu’il est impossible d’exercer correctement certains métiers passé un certain âge, c’est vrai des militaires, comme des policiers ou des danseurs de l’Opéra. Quant à ces « missions accomplies par des cheminots retraités en plus de leur retraite, à ma connaissance cela ne concerne que les conducteurs de TGV, merci de nous dire combien de personnes cela concerne et dans quelle mesure il est possible pour eux de cumuler avec leur retraite. Je suis, par ailleurs, en mesure de vous donner plusieurs cas de cadres bancaires à la retraite qui font exactement la même chose et de manière systématique, en utilisant en plus le fichier clients de leur ancien employeur.
    Bref, même s’il y a effectivement à dire sur certains régimes spéciaux, c’est un article peu argumenté, pas sérieux, les mettant à tort tous dans le même sac et de ce fait peu crédible. On l’a passé juste pour permettre et susciter le débat.
    Yohan aurait certainement mieux à faire d’ouvrir les yeux sur d’autres scandales comme par exemple l’évasion et la fraude fiscale…
    On en apprendra plus ici.

    • Léon

      Une dernière information, plutôt marrante : la réforme Sarkozyste des régimes spéciaux considérée comme une grande victoire UMPISTO-Sarkozyste sur les syndicats de cheminots à la solde de Moscou, euh.. de la Corée du Nord, va être plus coûteuse que l’ancien système_ ce qui avait été murmuré par la Modem il y a un certain temps et commence à être relayé même au sein de l’UMP. Vous avez dit « Bizarre » ?

  • Ce nartic n’est pas assez populiste et démagogique dans sa dénonciation des régimes spéciaux et des odieux privilèges indus. Je tiens à en rajouter une bonne couche tirée du Canard Enchaîné de cette semaine :

    Woerth voulait sauver sa petite retraite

    « Ce fut l’un des derniers combats d’Eric Woerth à Bercy. Quelques semaines avant de faire ses valises pour mener la réforme des retraites en tant que ministre de la Solidarité, il a mobilisé deux membres de son cabinet, dont un inspecteur des finances. Leur mission : maintenir les avantages du minuscule régime des retraites des conseillers régionaux de Picardie.

    Depuis 1992, ces élus bénéficient d’un système (complémentaire à leur autres revenus) particulièrement avantageux. Ils n’ont pourtant jamais versé un centime de cotisation : c’est la Région qui, aux frais des habitants, a ouvert un fonds de capitalisation de 1,3 million, géré par la Caisse nationale de prévoyance (CNP). A partir de 61 ans, chaque ancien conseiller régional reçoit ainsi une rente annuelle de 5488€ par mandats de six années effectué. Soit l’équivalent du smic pour deux mandats (12 ans).

    Mais en décembre dernier, la CNP a constaté que, compte tenu notamment de l’accroissement de l’espérance de vie, ce mini-fonds de pension était à sec. Du coup, la Caisse allait devoir fermer son guichet à tout nouveau bénéficiaire. Colère des élus, qui tirent aussitôt la sonnette Woerth. Lequel charge ses propres conseillers de ramener à la raison la CNP (filiale de la caisse des dépôts et consignations).

    Grâce à son intervention, un système autrement plus généreux que le régime général des retraites, auquel il vient de tailler des croupières, devrait être maintenu. Remarque au passage : le ministre Eric Woerth est aussi conseiller régional de Picardie. Mais puisqu’on vous dit qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts…

    A.G. © Le Canard enchaîné – jeudi 14 octobre 2010 – p.3 ».

    Ça sert à quoi, hein, que Woerth se décarcasse pour assurer la pérennité de nos régimes de retraites de république bananière ?

  • Salut Yohan,

    Je suis sur le fond d’accord avec ton article, à quelques réserves près.

    Sur les régimes spéciaux, ils sont pour moi indéfendables, d’où qu’ils viennent. Je trouve certains reproches à ton article assez injustes, car tu as mentionné tout le monde, sans omettre ceux qui en profitent en haut de l’échelle.

    Je suis précaire dans la fonction publique, en contrat aidé, et voici ma situation. Il est hors de question de me prolonger pour eux, à cause de mon dossier médical, mon contrat s’arrête dans quelques mois. Je ne suis pas trop à plaindre, car je suis couvert par l’allocation adulte handicapé quoiqu’il arrive et ses 710 euros, mais il faut aussi penser à mes collègues précaires.

    Soyons clairs, je ne fais pas mystère d’avoir le syndrome d’Asperger, et le fait est que si c’était un handicap réel pour certains postes de la structure, il était vrai aussi que de nombreux autres postes étaient pile dans des pics d’habileté typiques vu la manière de fonctionner des Asperger (raisonnement très systématisé et logique). Par contre, c’était des postes où l’accès se faisait à l’ancienneté uniquement (en plein 21ème siècle).

    Et je devrais me sentir concerné par la défense des situations des types qui me font de la discrimination ? De qui se fout-on ? De toute manière, quand je pense à ma retraite, je pense surtout au fait qu’elle ne peut être inférieure au montant de l’allocation adulte handicapé. Leurs savants calculs de congés enfant malade et d’années de cotisations ne me concernent pas, 42 années à taux plein, vu mon parcours, c’est la retraite à plus de 70 ans.

    Le combat des centrales syndicales, c’est celui de maintenir le statut de fonctionnaire sans la moindre évolution, la retraite en fait partie. Moi, je paie la note d’une autre manière, sur la fracture entre contractuels et titulaires inamovibles. Qu’on ne me demande pas de défendre cette logique.

    Et soyons clair, je les considère comme des privilégiés, qui ne valent pas mieux que Woerth et les autres. Ils ont raqué tout ce qu’ils ont pu, sans scrupules ni états d’âme particuliers. Leur seule différence, c’est qu’ils ont eu moins d’opportunités, vu que la capacité de la classe politique à fixer le montant de ses propres rémunérations est un moyen autrement plus efficace que tout ce que peuvent faire des agents EDF ou SNCF. Il y a une part de règlement de comptes, mais je l’assume parfaitement.

    Les conducteurs de TGV qui demandent un statut calqué sur celui des pilotes de ligne, en quoi je devrais me sentir solidaire. Mettez vous à ma place, ça parait indécent.

    Moi, je veux bien les leur donner, vraiment, mais à une condition. On réunit tous les prétendants à ce régime, on leur prête des avions de ligne retirés du service mais en bon état, on les fait monter à bord et voler par leurs propres moyens uniquement. On leur demande juste de traverser un orage violent, une tempête, de simuler en vol des pannes des instruments de bord et des circuits des gouvernes de direction et enfin de voler et d’atterir avec un réacteur sur quatre, toutes choses que l’on demande aux pilotes de ligne. Ca me parait équitable non ? S’ils essaient et réussissent, on leur donne. Evidemment, il faudra plus de cran que pour réclamer le paiement d’un jour de grève.

    • Ph. Renève

      Bonjour Wald

      Mon impression en te lisant est que tu es défavorisé par un lamentable statut précaire plutôt que ce sont les autres qui sont privilégiés…

  • Léon

    Wald, enfin, tu ne peux pas argumenter de ta propre situation, très particulière pour condamner comme ça en bloc les régimes spéciaux, ou les régimes des fonctionnaires en général. Pas de régime spécial pour les mineurs ? Pour les marins ? Pour les militaires ?
    J’ai l’impression qu’à chaque fois que l’on parle de régime spéciaux cela concerne uniquement la RATP et la SNCF

    • snoopy86

      Le problème des régimes spéciaux, ce n’est pas leur spécificité, c’est leur déséquilibre…

      Celui des notaires est parfaitement sain, car ils cotisent en fonction de leurs avantages …

      Mais ceux des élus, de la SNCF, de la RATP ?

      • @ Snoopy

        C’est exactement ça : « Le problème des régimes spéciaux, ce n’est pas leur spécificité, c’est leur déséquilibre ». On ne peut pas éviter les régimes spéciaux sinon en commettant d’encore plus graves injustices, et c’est de la démagogie que de s’en prendre aux régimes spéciaux en tant que tels. Et je réclame solennellement un fond de péréquation pour une juste redistribution des primes d’escarbilles aux caisses de retraites des travailleurs indépendants, dont celle qui me versera un jour une retraite de misère…

  • Léon

    Je ne vois pas ce que l’on peut faire, si les taux de remplacement sont équivalents ( et c’est là-dessus évidemment que la justice peut jouer) lorsque ce déséquilibre a une origine démographique exemple : il y a 1.8 retraité pour 1 actif à la SNCF, il y a 0.45 retraité pour 1 actif dans le secteur privé…

    • Léon

      Et concernant les élus, là aussi il faut savoir par exemple que le système n’est pas le même pour les députés et les sénateurs. Les députés, c’est de la répartition pure et très déficitaire : le contribuable paie 57 % de leur retraite ! Ce n’est pas le cas des sénateurs qui ont un système mixte capitalisation-répartition et qui est je crois à peu près équilibré.
      Voir ici, le détail.

  • Philippe, Léon

    Mon statut est assez particulier, en gros le syndrome d’Asperger est assez unique dans ce qui donne droit à l’invalidité. C’est plus une différence de fonctionnement avec des pics et des creux d’habiletés, mais les problèmes d’acceptation de cette différence sont tels que vu le taux de chômage considérable et les problèmes d’intégration, les Asperger ont droit à l’invalidité. En fait, ce ne serait pas une fatalité avec un autre regard des personnes ordinaires.

    Pour les métiers pas exerçables après un certain âge, de toute manière il faut un régime spécial. J’ai discuté avec des types de l’armée et ils m’avaient dit que 40 ans, c’est la limite large pour un fantassin, les exigences en matière de mobilité sur le terrain sont trop importantes

    Sur le cas des danseurs, je ne suis pas Yohan, à mon avis, ils doivent avoir les articulations et ligaments dans un très mauvais état. Dans leur cas, il faudrait s’interroger peut-être sur la pertinence de toutes ces personnes ultra-spécialisées très jeunes dans des institutions assez fermées sur le mond extérieur et qui ne se reconvertissent pas toujours bien, le cas des sportifs de haut niveau passés par l’Insep et dont les disciplines ne sont pas assez rémunératrices pour vivre de leurs rentes étant un exemple similaire.

    Le régime des conducteurs de train, ça ne passe pas. Alors là, on a beau m’avancer ce qu’on veut, ça reste pour moi le symbole d’un état d’esprit qui pense uniquement à sa personne. Le problème de ce mode de fonctionnement de la fonction publique, c’est qu’il contribue très fortement à la coupure absolue entre titulaires et précaires. Les conséquences au niveau de la répartition des tâches sont flagrantes. Le statut intouchable des personnes titularisées fait beaucoup pour l’exclusion des autres, qui servent de variable d’ajustement.

    Sur le fond, je suis bien d’accord sur les problèmes que posent certains métiers à temps plein passé un certain âge, mais dans la logique actuelle, je ne projette même pas dans le cas de figure actuel. Je me dis que le bon sens l’aura emporté, que l’on aura des cumuls possibles entre pensions de retraite et travail à mi temps, des évolutions de postes possibles passées un certain âge. Actuellement, on voit des professeurs titularisés vers les 25-26 ans, dans l’état actuel, ça veut dire de les mettre en classe jusqu’à 67-68 ans devant les gosses d’aujourd’hui. Je ne crois pas que cela se produira, on trouvera une solution de bon sens (qui mettra un type de 68 ans enseigner dans une banlieue pourrie ?). Et ce qu’il faudrait, c’est plus de possibilités de changer de travail et plus de possibilités d’évolutions pour tous ou presque, voire que la plupart exercent ponctuellement des travaux pénibles, à l’opposé de la logique actuelle d’ultra-spécialisation, de la souplesse dans les évolutions de postes passé un certain âge. En l’état actuel de la technique, il n’y a de toute manière aucune raison de travailler 35 heures pendant 40 ans pour avoir le niveau de vie actuel. Là aussi, on pourrait se poser des questions. Si la société actuelle était fondamentalement une société de la production, ce que je ne crois pas, le problème ne serait pas si difficile à résoudre.

    Mais pour ça, il faut des vues un peu plus larges que s’arc-bouter sur un état de fait. En fait, il faut tout repenser dans ce cas de figure. Et, sans arrières pensées, tant que les classes d’âge du baby boom seront en vie, il y aura ce déséquilibre démographique. On aura ces classes très fournies auxquelles succèdent des générations moins nombreuses, à la jointure de l’évolution des taux de fécondité (le déclin des années 65 à 1980).

    Mais qui y pense. Regardez les lycéens, ils manifestent alors qu’en 2055 ou 2060, en l’état actuel de la science, les classes d’âge du baby boom ne seront plus là et la répartition actifs/retraités sera bien meilleure, mais alors qu’ils ne devraient pas tellement s’inquiéter, ils n’arrivent pas à se projeter dans une autre logique, et tout le monde ou presque fait pareil. Tout le monde a trop la tête dans le guidon, pour des raisons diverses.

    Je suis d’accord avec Snoopy sur les régimes spéciaux. J’avais oublié d’en parler dans mon post précédent. Moi, le départ à 50 ans, ça ne me dérange pas de la part de personnes dont les cotisations prennent en compte cet état de fait. Si à la SNCF ils cotisaient en circuit fermé financièrement, pas de problème. Idem pour un régime spécial équilibré. Ca ne me gêne pas plus que les services qui travaillent 39 heures et se rattrapent en RTT, chacun s’organise comme il veut tant qu’il fait sa part.

    Et, Léon, je connais pour y avoir été les cultures de travail des enseignants et de la fonction publique hors enseignement. Je n’ai pas grand chose à dire sur les premiers, que j’ai trouvé conscienscieux et faisant avec abnégation leur travail. La vérité, c’est que quand on voit d’autres filières, plus administratives, la situation est très différente.

  • yohan

    Mes sources ne sont pas approximatives je tiens ces montants des personnes elles mêmes et je ne vois pas pourquoi ils les auraient glonflé. Mon père lui même, en découvrant le montant de sa pension s’estimait surpris et heureux car il n’en espérait pas tant. Paix à son âme, il n’en aura pas bcp profité. Plus globalement, je pense légitime de devoir associer dès à présent les régimes spéciaux aux efforts qui vont être demandés à tous, ce qui permettrait de conserver les niveaux de retraite actuels, voire même de les relever pour ceux qui se trouvent dans les tranches trop basses et notamment pour les personnes en situation de handicap qui n’ont pas les mêmes chances de pouvoir piloter une carrière donnant lieu à une retraite correcte. Loin de moi d’en faire des boucs élissaires, mais qui peut nier les avantages de ceux dont on parle ? Il suffit de voir les statistiques de l’INSEE pour comprendre que le montant moyens des pensions est en bien inférieur à ceux là

    • Léon

      C’est du baratin, ça, si les salaires y sont élevés il est logique que les retraites le soient aussi! Dites-nous quel est le taux de remplacement de ces régimes spéciaux, régime par régime (combien d’euros payés pour un euro cotisé), c’est le seul moyen de savoir qui est « avantagé  » et qui ne l’est pas.

  • yohan

    extrait du rapport vde la cour des comptes
    Sur les principaux traits du régime
    Le rapport constate que le régime des pensions des fonctionnaires
    civils de l’Etat a peu évolué dans le temps puisque les principales règles du
    régime qui ont été posées par la loi du 9 juin 1853 sont toujours en vigueur :
    inscription des pensions au grand livre de la dette publique, attribution des
    pensions en fonction de l’âge et de l’ancienneté, principe d’une retenue sur
    traitement, distinction entre service sédentaire et service actif, budgétisation
    des pensions (les recettes et dépenses du service des pensions étant prises en
    charge directement dans le budget de l’Etat). Les dernières modifications
    importantes sont intervenues en 1964.
    Au sein de l’Union européenne, le rapport relève que si les agents
    publics sont en majorité affiliés à des régimes spéciaux, le régime des
    pensions des fonctionnaires se singularise en France par des âges
    d’ouverture des droits avant 60 ans et par l’absence de coefficients de
    minoration en cas de départs anticipés.
    Ces éléments de constat appellent les observations suivantes :
    – l’affiliation des fonctionnaires civils de l’Etat à un régime spécial de
    retraite est prévue par le statut général de la fonction publique et
    n’a pas lieu d’être remise en cause ;
    – pour autant, un réexamen de certaines règles qui n’ont plus
    aujourd’hui qu’un caractère historique et dont la justification n’est
    plus fondée paraît nécessaire ;
    – certaines dispositions qui sont désormais communes à l’ensemble
    des régimes de retraite français et étrangers pourraient également
    trouver à s’appliquer aux fonctionnaires, en particulier la prise en
    compte dans le calcul de la pension des départs anticipés.

    • Léon

      Ces passages du rapport de la cour des comptes fait allusion à des dispositions complexes et très précises du mode de calcul des retraites et qui n’ont rien à voir avec votre article.
      Et encore une fois, il faut savoir de quoi on parle, des régimes spéciaux, de la retraite des fonctionnaires etc.
      Un article très complet sur la différence entre les modes de calcul privé, public. Certes il émane de l’Humanité mais, à ma connaissance il ne comporte pas d’erreurs.

    • Léon

      Yohan, votre lien date d’Avril 2003, il me semble bien que, depuis, la situation des fonctionnaires du point de vue de la retraite à changé… Pour être précis, la loi Fillon qui aligne progressivement les deux régimes date d’Août 2003.
      Pas très sérieux, tout ça, désolé….

  • Ph. Renève

    Yohan,

    Il n’y a pas un chiffre dans tout ça, alors que ton texte est basé sur la disproportion des régimes spéciaux…

  • yohan

    Voilà une information concernant les régimes spéciaux des parlementaire qui se passe de chiffres
    Ils se gardent bien d’en parler !
    Par un vote du 3 septembre 2010, les députés ont rejeté à la
    quasi-unanimité l’amendement n°249 Rect. proposant d’aligner leur régime
    spécifique de retraite (dont bénéficient également les membres du
    gouvernement) sur le régime général des salariés.
    Alors qu’ils n’ont de cesse d’expliquer l’importance de réformer
    rapidement un régime de retraite en déficit, les parlementaires refusent
    donc d’être soumis au régime de retraite de la majorité des Français.

    C’est ce qu’ils appellent une réforme « juste » paraît-il !

    Les Français ont le droit de savoir …

    • Léon

      Concernant la retraite des élus, voir plus haut. Mais, très clairement, c’est un régime très très favorable. Trop ? sans doute…

  • Léon

    Précisons, retraite des parlementaires taux de remplacement de 6 euros pour 1 euro cotisé. Dans le privé cela oscille de 1 à 1,5… Il n’est pas normal que ce soient les parlementaires qui se votent eux-mêmes leur pension .

  • yohan

    C’est si peu normal que c’est un même scandale de les voir retoquer cet amendement, qui plus est par la même majorité qui tente de passer en force sa réforme des retraites pour tous les autres

  • Causette

    DIVISER pour mieux régner

    Comme partout ailleurs, en France les dirigeants du MEDEF http://fr.wikipedia.org/wiki/BusinessEurope ne s’en cache même plus : ils mènent une véritable guerre de classe contre le monde du travail et mettent tout en œuvre pour la gagner cette guerre avec la complicité active de l’État.
    entre parenthèses

    – En 2007, Laurence Parisot a dit refuser de prendre parti pour un candidat. Toutefois, certains observateurs ont cru distinguer des similarités dans la campagne du Medef et dans la campagne de l’UMP Nicolas Sarkozy, notamment sur les thèmes  » Travailler plus pour gagner plus « , moindre fiscalité, moindres charges sur les cotisations salariales.
    – Au total, l’intervention du MEDEF, dans la campagne 2007, se situe dans la continuité des positions de M. Seillière en 1995 : neutralité affichée, mais soutien de fait au candidat de droite.
    – En Octobre 2010, le site Marianne2.fr indique que, par l’intermédiaire du Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO), le MEDEF a bénéficié d’avantages fiscaux et sociaux d’un montant de 173 Milliards d’Euros depuis l’arrivée de Laurence Parisot à la tête de ce syndicat
    Fermer la parenthèse

    Ces authentiques privilégiés font payer aux salariés, chômeurs, jeunes, retraités… les factures des crises de Leur système économique abusif, leur système capitaliste, détruisant par conséquent plus d’un siècle de conquêtes sociales. Ils garantissent leur volonté de perpétuer et d’amplifier sans relâche leurs profits et de récupérer le plus vite possible ce qu’ils avaient été obligés de céder.

    Alors comme ça, depuis des … années, les voix du Medef et l’Etat réunis nous martèlent : « il n’y aurait plus d’argent pour le service public, les retraites, les aides sociales », alors même que des milliards d’euros ont été trouvés pour les banques et certains secteurs du capitalisme ; et que 30 milliards d’exonération sont accordés par an aux patrons, au prix du pillage de Notre Sécurité sociale, fondée sur Nos salaires directs et différés.

    Leur propagande et leur enfumage médiatique n’y changent rien. Nous sommes des millions à constater que la spéculation et les profits explosent pour l’élite du neuf-deux, http://fr.wikipedia.org/wiki/Neuilly-sur-Seine#.C3.89conomie
    alors que parallèlement la pauvreté, la précarité, l’exploitation forcenée se développent partout et que les tentatives de résistance des populations sont criminalisées.

    Dans le même temps,
    les bureaucraties syndicales mènent un véritable travail de sape, d’émiettement (journées d’action sans perspective) et d’anesthésie des luttes sociales et accompagnent plus ou moins directement les contre-réformes en cours ou en projet, comme celle des retraites. L’unité d’action absolument nécessaire n’a de sens que sur des bases décidées et organisées par ceux et celles qui luttent.

  • yohan

    Bon
    J’en profite quand même pour remercier les tenanciers du bistrot d’avoir publié ce nartik un tantinet provocateur par rapport à vos opinions. Le principal est d’échanger courtoisement sur Disons, preuve que c’est possible entre gens de bonne compagnie et de comptoir en zinc 8)

  • Buster

    Sur les régimes spéciaux :

    Retraites: Fin de la grève des marins corses
    Les marins de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) et de la Compagnie méridionale de navigation (CMN), en grève depuis mercredi, ont voté dimanche la reprise du travail après avoir obtenu des garanties sur le maintien de leur statut dans le projet de réforme des retraites, a-t-on appris auprès des syndicats. Le secrétaire général de la CGT marins, Frédéric Alpozzo, a indiqué avoir reçu une lettre co-signée des ministres Jean-Louis Borloo et Eric Woerth garantissant que «le régime des marins (serait) écarté de la réforme en cours et de toute autre réforme des régimes spéciaux».

  • yohan

    La grève ne sert en effet qu’à ceux qui le font. La grève par procuration est bien une fumisterie

  • Causette

    Retraites : à quoi servent les manifestations ?
    Relation Etat – syndicats
    http://istravail.com/article486.html