Conférences, réunions : calvaire ou bénédiction ?

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Depuis plus de 20 ans, je fuis les colloques, les réunions, où l’on se fait ch… à cent sous de l’heure.

De mon expérience professionnelle à l’étranger, j’ai appris les vertus de la réunion 30 minutes chrono et depuis, je ne me fais toujours pas à l’idée qu’une réunion doive forcément prendre une demie journée de mon temps, voire une journée pleine, quel que soit l’ordre du jour.

Il existe bien des secteurs professionnels qui cultivent l’art de se réunir pour palabrer. Pour tout dire, je ne vois pas beaucoup d’autres pays où l’art de la palabre soit autant célébré.

Ne croyez pas que seuls l’éducation populaire, la santé ou encore le social soient passés maître dans l’art de s’écouter parler. D’ailleurs, certaines entreprises constatant qu’elles passent un tiers de leur temps en réunion ont pris le taureau par les cornes pour remédier à un fléau qui cache souvent une carence du management.

Autre particularité française est de se rendre en réunion sans se donner la peine de consulter l’ordre du jour, voire même de s’y préparer et je passe sur notre ponctualité légendaire.

Des réunions qui trop souvent ne débouchent que sur des prises d’indécisions puisque l’exercice vise chez nous à tenter de mettre tout le monde d’accord, ce qui est bien sûr une tâche vouée à l’échec.

Et pourtant, combien de séances, juste pour le plaisir de permettre à certains de se la couler douce et à d’autres de justifier leurs émoluments.

Les conférences, colloques, salons professionnels sont autant d’occasions d’échapper à la routine ou aux tensions du bureau. Nombreux sont les cadres à avouer s’y réfugier pour éviter de se confronter aux frictions hiérarchiques quotidiennes. Certains même y font la sieste ou tapotent leur Iphone pour voir ce qui se dit sur Disons.fr.

Spécialité latine, dit-on…D’aucuns imaginent que nos voisins maîtrisent cet art tout autant que nous. C’est peu être vrai…. en tout cas, ils le déclinent différemment.

J’ai souvenir d’une réunion au conseil régional de Naples où les orateurs prenaient tour à tour la parole pour, aussitôt après, quitter la salle, portable à l’oreille ou se plonger dans la lecture de la Gazzetto dello sport, et ceci, sans gêne aucune.

Une telle attitude serait jugée bien irrévérencieuse chez nous.

Comme un cycliste se doit de préparer le cuir de son cul à sa selle, l’auditeur de conférence forme le sien pour tenir 8 heures d’affilé, quel que soit le moelleux de la chaise sur laquelle il lui est donné de poser son séant.

A ce titre, je suis sidéré de voir le niveau d’entraînement des grenouilles de conférence, moi qui me tortille déjà au bout d’une heure.

Certains ont leur truc pour limiter la casse. Les premiers à jouer des coudes pour coucher leur nom sur la feuille d’émargement sont souvent les derniers arrivés et les plus prompts à profiter de la dernière suspension de séance pour s’éclipser discrètement.

Au final, la réunionite bat son plein, qu’on le veuille ou non. Pour certains, c’est une bénédiction, pour d’autres un calvaire…

18 comments to Conférences, réunions : calvaire ou bénédiction ?

  • Léon

    Ben, je vais peut-être dire une couennerie, mais ça dépend du sujet de la réunion et de la conférence, non ?

    • ranta

      Je suis plutôt d’abord : perso, le dimanche après le match lorsque débute la réunion de la 3eme mi-temps tout le monde trouve ça intéressant, et je ne suis pas en reste.

      • ranta

        Le seul point commun avec l’article : ça parle pour ne rien dire.

        • ranta

          Heu, j’ai dû mal m’exprimer, je ne parle pas du contenu de l’article mais des réunions où ça parle pour rien..

          • D. Furtif

            J’ai connu des réunions débat tables rondes obligatoires indispensables décidées par Claude et Ségolhaine….malheur pour eux, mes copains publiaient les résultats conclusions issus des bureaux des ministères la veille ou mieux encore l’avant veille.

            Comme nous étions une bande de mal appris à diffuser sous forme de tracts les dites conclusions en entrant aux réunions ces dernières s’éteignirent….
            Ça la foutait mal quand du ministère lui même venaient des campagnes médiatiques stigmatisant l’absentéisme des profs….et que ça aussi on ne se retenait pas de le faire savoir.

  • COLRE

    Salut Yohan,

    Je n’avais pas encore eu le temps de lire ton papier.

    Je suis totalement d’accord avec toi : la réunionnite est une plaie de la vie socio-professionnelle. C’est une pratique assez masculine en fait.
    Dans les pays scandinaves où les femmes sont très présentes dans tous les rouages de l’administration ou de la représentation politique, il n’est pas question pour elles de perdre leur temps inutilement dans des parlotes stériles, alors qu’il y a des tas de trucs à faire à la maison ou du temps à consacrer à soi et à la famille.

    Un exemple, en Suède, je te copie une analyse assez amusante pour un latin… 😉

    «Le congé paternel a révolutionné les rapports sociaux dans l’entreprise, se réjouit Tove Jonstoij, une productrice de radio qui est également mère de famille. Depuis que les hommes s’occupent de leur progéniture, leur attitude a changé. Comme par miracle, les réunions de travail ont cessé de s’éterniser en bavardages inutiles. Désormais, les jeunes pères guettent leur montre afin de ne pas rater la sortie de l’école et d’avoir le temps d’acheter du lait et des couches. Le résultat est visible à l’oeil nu: au boulot, les mecs sont deux fois plus efficaces et productifs.» 🙂

  • yohan

    Bonjour Colre,

    Bien d’accord. Je le remarque dans mon travail. Autant, les hommes ne voient pas d’inconvénient à ce que la réunion du soir d’éternise, autant les femmes font en sorte de l’abréger, conscientes qu’elles ont encore d’autres tâches qui les attendent à la maison;

    • D. Furtif

      Euhhh là
      Faudrait pas abuser des généralisations.
      Il est des métiers comme l’enseignement ou les grands magasins qui sont hyper féminisés ce qui produit de bons résultats bien souvent mais sur le sujet qui nous intéresse, on peut observer chez ces seules femmes tout un éventail de conduites .
      L’astuce est alors de les dresser les unes contre les autres en se tenant à l’écart.
      Le gout du pouvoir , les mouvements d’épaule en jouant du galon, les haussements de ton et de volume, on peut tout retrouver, les esprits soumis , les rebelles …On peut retrouver toutes les facettes du caractère humain.
      Je ne suis pas sûr que l’image de la femme en sorte grandie

      Une anecdote

      Il y a presque 40 ans je suis à une sorte de meeting réunion machin préparatoire à la grande manif boulevard Saint Germain . À la tribune monte une fille de 20/25 ans elle va parler quand j’entends derrière moi.

      « Oh là voilà ,celle là, tu vas voir elle encore nous parler de ses glandes! »

      Je me retourne 4 filles en train de pouffer de rire.

      Tout ça pour dire que dans le milieu des carriéristes pédagogisants, les manoeuvres et les magouilles de la réunionnite sont très pratiquées , aussi par les femmes.
      J’en ai vu des sourires , des connivences , des clignements d’yeux et des relances de débats au bon moment dans le bon sens…du bon choix du bon siège , des comme par hasard sur le bon passage dans le bon couloir…

      J’ai passé ma vie professionnelle assez bas dans la hiérarchie pour avoir eu beaucoup de femmes « au dessus de moi ». Si j’ai eu l’occasion de me féliciter d’avoir servi sous elles pour certaines, d’autres avaient un goût très masculin pour l’exercice stérile du pouvoir fortement proportionnel à leur incompétence…Elles étaient les premières à oublier les qualités qu’abusivement vous leur prêtez

      • COLRE

        Mon cher Furtif, bon dimanche 8)

        Mais dis-moi, ne serais-tu pas un peu hors sujet ?… il était question de la « réunionnite », si je ne m’abuse, et non pas des conduites féminines en général dont tu sembles avoir souffert dans le monde « pédagogisant »…

        Que les femmes participent aux réunions professionnelles et cherchent à y exister et à exercer un rapport de force puisque c’est le rite social imposé : encore heureux !
        Tu ne voudrais quand même pas qu’elles laissent le champ libre sous prétexte que le rite ne les intéresse pas ou qu’elles le jugent souvent inefficace ?

        Les femmes aiment autant le pouvoir que les hommes, quelle idée !

        Je m’étonne que tu y voies soudain un rapport d’incompétence… étrange réaction.

        • D. Furtif

          Hors sujet Ç’s’pourrait bien mais ….

          Voilà j’mesplik

          J’ai trouvé que Yohan poussait un trop loin le bouchon avec cette histoire de femmes pressées de rentrer maison.

          Je m’esplik mieux

          Aux temps pas si heureux des babas cools ( vain dieu 40 ans) j’ai été doté de femme et enfants…
          Une femme pas si heureuse que ça de rentrer maison parce que,
          .
          __ si elle avait voulu férocement mari et enfants
          ____se retrouver entre 4 murs pour gérer tout ça …
          ..
          Bin ça lui brisait un peu les élans humanitaro compassionnels. La dame donnait dans le social et le conseil de vie aux autres. Pouvait pas se tromper puisque c’était son métier de dire aux autres comment gérer leur famille

          En effet , comme j’assurais en plus de mes études non finies , la fonction d’homme de ménage, de langeur, doucheur, d’enfants et de préparateurs de repas qu’elle était incapable d’égaler….Pourquoi se gêner…….Alors les réunions , les conciliabules et les bla blas professionnels ne la rebutaient pas…

          Cette vie s’arrêta quand j’eus enfin un emploi avec ma réussite au concours…Le mouvement national m’envoya faire le grand tour comme mes collègues.Mes enfants apprirent à cette époque , en attendant dans la rue leur maman toujours en retard ce que vivait leur père depuis des années…Je n’étais plus là pour retrouver le sac au hasard des fermes visitées, ni pour serrer le frein à main sur les parkings, ni dire « c’est l’heure » quand c’était l’heure d’aller chercher les enfants à la sortie de l’étude ,

          Que je refuse de m’inscrire dans une campagne de rétorsion contre les maitresses qui refusaient de donner de leur temps pour garder mes enfants quand l’heure était passée…fut une des causes centrales d’une rupture inévitable. Que je refuse de consacrer mes week ends à la maison à nettoyer les merdes du chien indispensable » Je veux un chien  » __  » mais tu comprends , le sortir tous les jours, j’ai autre chose à faire.. » Tout y contribua.

          Tout ça est bien personnel et hors sujet , mais …tu as été un peu trop généralisatrice dans l’encensement a priori des femmes…

          C’est pourquoi je fus hors sujet

          • Léon

            Furtif, tu charries, là: cela fait un an qu’on attend la rédaction de ces aventures-là pour Frâiches Nouvelles !

            • ranta

              😆 😆 😆 il vient de botter en touche le Furtif. Léon t’auras jamais rien vu qu’il vient de le résumer ici !…

        • COLRE

          C’est bien ce qui me semblait… tu as souffert… 😉

          (entre parenthèses, ton témoignage est celui qu’on entend généralement mais en inversé des situations H/F, comme quoi, il n’y a évidemment jamais de 100% dans les comportements, 80 à 90 % suffisent… mais tu me diras : qu’importe les statistiques, c’est mon cas personnel dont il s’agit, et moi c’est moi, c’est pas les autres et j’existe…)

          Alors, désolée pour ce qui me concerne de considérer des pratiques générales (même si tous les témoignages individuels comptent), car :

          – Si on évoque les violences dans le couple, on sait qu’un nombre non négligeable se fait à l’encontre des hommes, il n’empêche que dans l’immense majorité des cas, ce sont les femmes qui subissent.

          – Si on évoque les actes de pédophilie incestueuses, on sait aussi que certaines mères s’en sont rendent coupables… il n’empêche que dans la quasi-totalité des cas, il s’agit des pères, des frères ou des oncles…

          Alors, très loin de moi l’idée d’un « encensement a priori des femmes »… Je ne juge pas, je constate. Ainsi, je relatais les études faites dans les pays scandinaves (notamment en Suède), il ne s’agit pas d’encensement, et d’ailleurs, ma citation parle justement des… pères ! 😉

          • D. Furtif

            Je me suis laissé aller à quelques « confessions » parce que c’est un exercice à la mode, parce que personne ne nous lit, et que nous sommes dans l’intimité d’une discussion entre amis …alors….
            Alors je ne conteste rien de ton dernier post…

            Tu auras compris que je remettais en cause l’aspect convenu de certains ..euhh non de tous les discours quand il se planquent derrière des généralités.

            Sur les grands nombres , il serait monstrueux de remettre en cause tes conclusions mais n’oublions pas …Oui n’oublions pas de vérifier avant de parler.

            • Sandro

              Ah Furtif, ce post me plait.
              Sur le fond, la forme, la lucidité, la relativité.
              Merci Furtif.
              J’ai lu un truc humain, pas un truc « trop humain ».

  • AGNNP

    Aller, je partage un truc = le premier qui sort de la réunion, va « en douce » faire sauter le disjoncteur electrique… ce « traitement » est TRES efficace!

  • La « réunionite », une pathologie qui peut effectivement devenir envahissante. Aussi, certains la décline désormais en station verticale, beaucoup plus efficace, il paraît! En tout cas il est clair que cette technique peut éviter certains comportements douteux…
    http://www.sogesal.be/performance-management/reunion-debout-ou-comment-souder-une-equipe.html

  • @Furtif, « parce que personne ne nous lit » écris-tu, et la je mets un bémol, car on lit disons.fr au plus haut niveau de l’État ÷»»