Cellules souches:quand les députés d’un Etat laïc cèdent à des pressions religieuses.

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En ce moment, presque en catimini,  se déroule une bataille législative dont les enjeux scientifiques, médicaux et éthiques sont considérables. Elle concerne la recherche sur les cellules souches, et plus précisément celles prélevées sur des embryons humains.

Ces cellules souches découvertes en 1990 ont la propriété, alors qu’elles sont indifférenciées au départ, de pouvoir donner des cellules spécialisées par différenciation cellulaire tout en se renouvelant un très grand nombre de fois. Leur capacité à produire des tissus humains a suscité énormément d’espoirs thérapeutiques. On se prend à rêver de pouvoir faire repousser un bras à un amputé, reconstituer un poumon sain à un cancéreux comme de faire pousser des cheveux à un chauve, et la recherche avance.

Mais ces cellules souches n’ont pas toutes les mêmes potentialités : certaines peuvent produire tous les types de cellules et donc un organisme entier, d’autres une catégorie seulement, d’autres un type unique mais avec toujours cette capacité de multiplication.
Or il y a deux sources possibles des ces cellules souches :
  • Certaines peuvent être prélevées sur un corps adulte et ne posent aucun problème éthique puisque cela n’entraîne aucun inconvénient pour le sujet prélevé.
  • D’autres, précisément celles qui sont dites « totipotentes »[1] , ( qui peuvent donner n’importe quelle cellule différenciée) proviennent de l’ovule fécondé et ne peuvent donc être prélevées que sur un embryon. Ce sont celles-ci  qui poseraient un problème éthique, puisque après prélèvements, l’embryon est détruit. Et donc, si l’on admet que la vie humaine commence à la conception, on se trouve devant le même problème et les mêmes débats que pour l’avortement…
Enfin, pour comprendre un peu ce qui se passe sur le plan législatif, on a découvert en 2007 ce que l’on appelle des cellules souches pluripotentes induites (iPS) qui  auraient les mêmes propriétés que les cellules totipotentes des embryons, mais qui sont obtenues par une manipulation artificielle de cellules somatiques prélevées sur des sujets adultes, (les cellules somatiques étant l’immense majorité de nos cellules, celles qui ne pourront jamais se transformer en cellules reproductrices, spermatozoïdes ou ovule). Certaines cellules de la peau ainsi reprogrammées donnant, à ce que j’ai compris, de bons résultats.

Les recherches sur ce terrain cellulaire font peur évidemment, car on imagine assez bien les dérives de toutes sortes qui pourraient en résulter, du clonage à la fabrication d’êtres modifiées et spécialisés. Donc, dès que ces possibilités scientifiques ont été connues, le France, comme d’autres pays  s’est dotée d’une première loi sur la bioéthique, en 1994, qui interdisait purement et simplement toute recherche sur les embryons humains et les cellules souches de ces embryons.

En 2004 on a révisé cette loi en mettant en place un système très alambiqué : l’interdiction était maintenue, mais pendant 5 ans l’Agence de biomédecine pouvait délivrer des dérogations dans des cas spécifiques « susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs » et s’il n’existe pas de « méthode alternative d’efficacité comparable ».

En 2009, au moment où il s’est agi de renouveler la loi une deuxième fois, le conseil d’Etat consulté sur la question, a émis un avis favorable à la levée de l’interdiction sur cette recherche, mais en préconisant un système à peine différent du précédent : l’agence devait toujours donner son autorisation si ces cellules souches pouvaient « permettre des progrès thérapeutiques majeurs » et seulement sur les cellules souches provenant d’embryons humains surnuméraires, non utilisés au cours de procréations médicalement assistées.

La loi est donc maintenant au vote, avec un certain retard d’ailleurs.
Le Sénat a commencé par lever l’interdiction et le texte est arrivée sur le bureau de la commission des lois de l’Assemblée qui s’est prononcée dans le même sens que les sénateurs.

C’était sans compter sans les lobbies religieux. On a vu tout à coup un prélat de l’église catholique monter au créneau,[2] publier une lettre ouverte aux députés et un certain nombre d’entre eux ont signé une tribune demandant que le régime d’interdiction de la recherche sur les embryons humains et leurs cellules souches  soit maintenu. L’Assemblée les a suivis ( très clairement majorité contre opposition) en contradiction avec le Sénat. La loi n’est donc pas encore adoptée définitivement.

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Examinons maintenant les arguments de ceux qui s’opposent à la levée de l’interdiction de la recherche sur les embryons humains et leurs cellules souches.

Le premier est qu’avec la technologie des cellules souches pluripotentes induites, on n’a plus besoin des cellules souches totipotentes des embryons humains et que donc l’inconvénient éthique l’emporterait sur leur intérêt médical et scientifique. Sauf que, au cours des procréations médicales assistées, les embryons surnuméraires seront toujours détruits et que, à moins d’interdire aussi ces techniques-là, l’inconvénient moral pour ceux qui croient qu’un amas de quelques cellules est un être humain, reste entier.

Le deuxième, qui a un rapport avec le premier est que c’est l’industrie pharmaceutique, plus que la recherche médicale qui pousse à cette levée de l’interdiction . Pourquoi ?

Parce que les cellules souches permettent de modéliser des maladies pour tester les médicaments et que cela fait faire des économie considérables au laboratoires dans la mise au point d’une molécule en supprimant, notamment, la phase d’expérimentation animale. L’argument étrange des ces députés de droite est de dire qu’il ne faut pas que le vivant soit l’enjeu d’intérêts mercantiles…

Ils en ont de bonnes… Que je sache, ils seraient probablement viscéralement opposés à une nationalisation de l’industrie pharmaceutique et donc, oui, en système capitaliste, celle-ci ne peut fonctionner autrement qu’en gagnant de l’argent. Cela  semble donc un argument très faible pour s’opposer à la levée de l’interdiction, le malade et le contribuable ayant, au contraire, un intérêt évident à ce que Big Pharma produise de bons médicaments, et  les moins chers possible. Sans compter que les défenseurs de la cause animale y trouveraient également leur compte.

Quant à l’argument selon lequel les cellules souches pluripotentes induites permettraient de faire la même chose que les cellules souches des embryons, de deux choses l’une : ou ce n’est pas vrai, ou la technique est beaucoup plus coûteuse et dans les deux cas le lobbying  de l’industrie pharmaceutique se comprend aisément.

Comme sur la question de l’avortement, si les autorités religieuses sont, après tout, dans leur rôle d’exprimer  leur point de vue, il est absolument anormal que sur une telle question, qui intéresse la santé des croyants comme des non-croyants, une fois de plus les forces de l’obscurantisme  parviennent, dans un pays laïc, à s’opposer à des possibilités d’avancées médicales majeures.
S’ils ne veulent pas en bénéficier, c’est leur problème, il n’y a qu’à inventer pour ces traitements quelque chose comme un label MOSREH (médicament obtenu sans recours à l’embryon humain), ils pourront ainsi les éviter en connaissance de cause.

La loi n’est pas encore votée définitivement, ne l’oublions pas. Peut-être faudrait-il penser à une lettre à envoyer à son député …

PS : la question étant scientifiquement complexe et pas du tout dans mon domaine de compétence, je demande l’indulgence au cas d’erreur ou d’incompréhension.

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[1] Le qualificatif de « totipententes » (pouvant produire n’importe quelle cellule du corps humain) n’est pas admis par tout le monde. On utilise dans ce cas, à la place  le terme de pluripotentes, si j’ai bien compris..

[2] L’appel du Cardinal concerne également certains autres aspects de la bioéthique, notamment ses réserves vis à vis de la multiplication du  pronostic prénatal. C’est un autre sujet, mais là aussi il y aurait de quoi se mettre en colère.

22 comments to Cellules souches:quand les députés d’un Etat laïc cèdent à des pressions religieuses.

  • AGNNP

    Oui , on peut, sans faire religion ou poilitique relever des incohérences ou hypocrise selon le point de vue :
    Déjà, juste une  » pas de lucre sur le vivant », ma foi, rien a dire, c’est noble.
    Mais interdire sur une souche, comme vous le remarquez justement, expose au commerce, donc au lucre sur les animaux de laboratoire, et on sait que le « détachement scientifique » appliqué sur les animaux le sera sur l’homme, alors Autant s’en tenir aux amibes pour respecter ce noble précepte.
    Mais la religion a toujours eu des rapport pervers avec la souffrance, si on considère sur ce plan, on peut considérer qu’a partir de la première division cellulaire, la conscience monte de pair, jusqu’à être fini, du moins de la douleur, donc la cellule souche « c’est la moindre douleur », mais la douleur c’est le commerce faux-derche des religions, vendre la maladie pour mieux vendre le médicament… concurrence sur ce plan là!

    En restant strictement dans ce domaine, sans confusion de genre avec les manipulations génétiques ou les visée eugenistes, là, effectivement on ne peut pas donner tout les torts au curetons, et là je serais même avec eux, on n’abuse pas de certaine choses pour faire des gosses comme des jouets que l’on selectionne pour avoir le meilleur rapport qualité prix sur catalogue, et si les religieux s’élèvent pour ce  » hola » et bien j’en suis.
    J’ai pourtant bcp a dire sur les curés, mais je suis effaré de l’approche « je veux un gosse comme un jouets », ou un support de prestation sociale ( le fameux 3eme gosse pour la barraque), pour moi le respect de la vie se situe plus là, qu’a tripoter des amibes, un peu moins de prétention, des cellules souches ne sont que des amibes.

    Arf! c’est peut être pour ça que les religions sont presque toutes mysogines ( le gros BUG ), ces garces font un génocide (honte à vous!) tout les 28 jours alors que ces messieurs gardent cela dans leur petite bourse, bien au chaud …. et prennent sur leur précieuses heures de sommeil QUE pour donner la vie ( je précise => humour , avant que Colre me taille en morceaux).
    Pour l’avortement, je vais être très saignant avec les intégriste religieux, les curés, sur qu’ils ne risquent pas d’y être exposés, ce sont des mâles et jusqu’à preuve du contraire, faire découvrir les « voie impénétrable » à des petits garçons ne les jamais mis « enceint »… et ces messieurs, qui ont dejà tué des medecins aux nom du respect de la vie, on pourait les inviter à déterrer les anges autour des couvents …

  • Lapa

    le sujet est bien trop compliqué pour cet article que je trouve un peu raccourci et réducteur.

    je n’aborderai donc qu’un point.

    On parle de bioéthique, et comme leon le rappelle: c’est un sujet très sensible « car on imagine assez bien les dérives de toutes sortes qui pourraient en résulter, du clonage à la fabrication d’êtres modifiées et spécialisés. » or je ne vois pas en quoi une religion reconnue pour ses principes moraux n’ait pas voix au chapitre sur des affaires d’éthique déclarées comme telles, au moins tout autant que les groupes pharmaceutiques. L’eglise catholique (en fait toutes les religions mais bizarrement on ne s’en prend toujours qu’à elle) est contre l’eugénisme (pour l’islam c’est uniquement l’eugénisme à l’encontre des musulmans qui est condamnable, pour les chrétiens il n’y a pas de distinction entre être humain) et la privatisation du vivant. Que l’utilisation de cellules IPS soit moins rentables pour les labos pharmaceutiques n’est pas un problème quand on se place dans le cadre de l’éthique.

    je tiens à rappeler que si on fait des lois bioéthiques, par principe, c’est bien qu’il y a quelque chose de dérangeant et de potentiellement dangereux pour notre humanité et donc qu’on réclame des barrières morales à des possibilités technologiques et économiques. En ce sens il me semble malvenue de critiquer l’avis de ceux pour qui un amas de cellules est un être humain par exemple. Vos limites sont peut être au delà, mais elles ne sont-elles pas à l’abri de paraître restrictives, ringardes ou déplacées pour un certain nombre d’acteurs également et cataloguées comme frein au progrès? Donc soit on fait de la bioéthique et il faut accepter l’engrenage du principe de précaution et des garde fous face à l’appât des profits, soit on n’en a rien à foutre et on considère le seul intérêt scientifique et de progrès technique et du coup on balaye toute question morale.

    mais il me semble difficile de critiquer la prise de parole d’une religion quand on accepte de débattre sur de l’éthique.

    Entre lobby pour le profit sans conscience et le lobby religieux, il est évident que la voie de la sagesse et du véritable discernement est trop complexe à trouver pour notre petite société humaine.

    • D. Furtif

      En effet Lapa, il est scabreux d’avoir à se prononcer sur ces questions.
      Je serais comme Léon hostile à l’intervention de la sphère religieuse quelle qu’elle soit dans ces affaires.Il se trouve que chez nous les Cathos ont un quasi monopole jusqu’à il y a très peu de temps . Notre méfiance est donc justifiée d’autant que son interventionnisme vient justifier et couvrir celui d’une autre religion tout aussi archaïque : l’islam , dont les prétentions et les exigences sur notre vie civile sont menaçantes.
      Mais c’est un peu court , dire que nous sommes contre ne suffit pas. Il faudrait dire cette morale positive qui déterminerait l’humain sans connotation religieuse et sans appareil clérical ni dogme.
      Pour ma part ces questions relatives au vivant sont à l’image de leur objet : en évolution constante ,mouvantes et complexes.
      Je me contenterais , pour le moment de simples pare feux mis en place par la société civile, laïque et républicaine

    • Léon

      D’abord, j’informe tout le monde que je vais avoir du mal à m’occuper de Disons et poster des commentaires pendant deux-trois jours, mon ordinateur étant en maintenance et je ne peux que squatter de temps en temps l’ordinateur de la Léonne.
      A Lapa: j’ai clairement dit que l’église était dans son rôle de s’exprimer sur cette question, relisez-moi svp. Ce n’est pas elle que je critique sur ce coup-là mais les députés qui ont trop facilement cédé à une injonction religieuse, que moi et beaucoup d’autres ne partagent pas dans ses attendus philosophiques.
      « Comme sur la question de l’avortement, si les autorités religieuses sont, après tout, dans leur rôle d’exprimer leur point de vue, il est absolument anormal que sur une telle question, qui intéresse la santé des croyants comme des non-croyants, une fois de plus les forces de l’obscurantisme parviennent, dans un pays laïc, à s’opposer à des possibilités d’avancées médicales majeures ».
      ( je reconnais que j’aurais peut-être pu éviter « les forces de l’obscurantisme », écrit sous le coup de la colère, encore que ce soit mon opinion profonde).
      Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas encadrer les recherches sur ce terrain! Pourquoi, alors que toutes les autres ont un cadre juridique, celles-ci y échapperaient ? Mais les députés doivent réfléchir à des questions éthiques en respectant la laïcité et les croyances de tous, or ce n’est pas ce qu’ils ont fait ici et je vous renvoie à ce qu’en a dit JM Ayrault à la suite du vote : en cédant à ce lobby, la majorité a adopté la plus mauvaise solution possible.
      Vous avez raison de dire que « la voie de la sagesse et du véritable discernement est trop complexe à trouver pour notre petite société humaine. »
      Sauf qu’il faudra bien qu’elle y arrive, elle n’a pas le choix, et personnellement, je refuse de botter en touche.

      • Lapa

        oui donc l’eglise peut exprimer son opinion (merci pour elle 😉 ) mais il ne doit en aucun cas en être tenu compte? Bon j’exagère un peu. en fait le problème est différent: de ce que j’ai lu sur le sujet, l’Eglise agit plus pour un respect du corps et de la vie humaine (sous entendu que c’est un don de Dieu on est d’accord, l’aspect religieux est là) que pour nous imposer de faire un rituel religieux quelconque; en ce sens, son combat peut dépasser les clivages croyants-non croyants. En fait, Dieu est quasiment absent du discours officiel. Il s’agit juste dans cette affaire de limites morales ou ethiques qui placent le curseur de tel sorte que la recherche est freinée. Ce n’est plus vraiment un discours religieux. De même, je reste persuadé qu’il existe une morale civile tout aussi valable que la morale religieuse; même considérant qu’une partie de notre héritage des lumières a pu se développer expressément sous (et contre) la tutelle de la religion chrétienne et de son humanisme universaliste. C’est pour cela que, croyants ou non, un certain nombre de personnes est plus ou moins dérangé quand on touche comme cela à la recherche sur êtres vivants, organismes, ou modifications génétiques. Les obscurantistes sont peut être ceux qui pensent que l’être humain est un être dès la conception, mais peut être que ce seront ceux qui s’opposeront à ce qu’on puisse choisir le sexe, la couleur de peau et de cheveux de ses enfants, ou qui seront contre la culture de clônes pour dépanner les organes déficients. Le curseur est éminemment déplaçable suivant ses référentiels personnels…
        je suis d’ailleurs surpris que seuls des religieux soient épinglés comme montant au créneau contre les manipulations des labos sur des embryons humains. Cela n’est plus supposé choqué si on est athée agnostique ou sans opinion?. Je pense que les animaux sont parfois mieux défendus que notre propre espèce…

        de toute façon je ne me fais guère d’illusion:
        à partir du moment où une chose est techniquement possible; la question n’est plus de savoir si elle se fera mais quand.

        • Léon

          Les « obscurantistes » s’opposeront peut-être à ce que l’on choisisse la couleur des cheveux, mais ils s’opposeront aussi au diagnostic prénatal sur des malformations ou des maladies génétiques, en raison d’une vision de l’homme et de la vie qui n’est en rien humaniste, mais religieuse : elle doit selon eux être respectée sous toutes ses formes. Sans vraiment se préoccuper, par exemple, de la souffrance de l’individu malade, de la souffrance des parents etc… On est en présence ici exactement du même débat que sur l’avortement qui s’était traduit par un compromis acceptable : ceux qui pensaient que le vie humaine est formée dès la conception respectaient leur conviction et n’avortaient pas, et ceux qui pensaient que la vie ne peut être que consciente et autonome pouvaient avorter. Je reproche à ce vote des députés de ne pas respecter cette approche. La morale ambiante, même si elle n’apparaît pas comme clairement « religieuse » est très judéo-chrétienne, autour du respect de la souffrance, de l’expiation et de la culpabilité. Je me demande bien quand, dans une période récente elle a été un facteur de progrès social ? Aussi, je me méfie a priori de la parole des curés. A les écouter il faudrait ne pas avorter, ne pas pratiquer l’euthanasie, ne pas faire de diagnostic prénatal et laisser naître des enfants mongoliens, il faudrait accepter sa destinée et ne pas se révolter, il faudrait quand on est une femme accepter la malédiction de la souffrance lors des accouchements etc etc tout ça au nom d’une soi-disant morale universelle ? Mais elle n’a rien d’universel cette morale-là…
          Je comprends votre préoccupation, Lapa, évidemment. Je la partage, ne croyez pas ça, mais selon moi la solution n’est certainement pas dans la parole d’une église chrétienne que je considère comme discréditée.
          Enfin, c’est ma conviction. Fondée plus d’ailleurs sur l’observation que sur un apriori idéologique.
          ( Je ne pourrai plus réintervenir avant un moment)

        • D. Furtif

          @Lapa

          Ça devient plus clair
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          oui donc l’eglise peut exprimer son opinion (merci pour elle 😉 ) mais il ne doit en aucun cas en être tenu compte? Bon j’exagère un peu. en fait le problème est différent: de ce que j’ai lu sur le sujet, l’Eglise agit plus pour un respect du corps et de la vie humaine (sous entendu que c’est un don de Dieu on est d’accord, l’aspect religieux est là) que pour nous imposer de faire un rituel religieux quelconque; en ce sens, son combat peut dépasser les clivages croyants-non croyants. En fait, Dieu est quasiment absent du discours officiel.

          .

          Bin Lapa si les affabulations sur la Genèse et les tares prêtées aux femmes sont pour toi des opinions, je veux être comptés parmi ceux qui pensent que ces élucubrations doivent être cantonnées dans la stricte sphère privée ( et encore) .
          La pensée religieuse conduit toujours à des Raël ou des Gilbert Bourdin, le succès historique de certaines impostures n’en fait pas la validité.
          .
          Ce qui me coupe le souffle c’est de lire sous tes doigts que ‘l’église agit pour un respect du corps
          Le puritanisme morbide de cette religion particulière me parait, tout à l’opposé, l’ennemi du respect du corps.Je dois t’avouer que la chasteté élevé au rang de vertu première c’est à mes yeux le contraire du respect du corps.
          .
          Il fallait pourtant s’attendre à pire
           » Dieu est quasiment absent du discours officiel »
          Là tu me la coupes . Alors le discours toujours officiel et répété contre le divorcce la contraception et l’avortement serait libre de références à Dieu, la création et la volonté divine..

          Si c’est une blague , elle est réussie.

          .

          Alors je reviens à ma position première
          Que des scientifiques ou des représentants de la société civile se mêlent de cette question , soit, mais en aucun cas les religieux de n’importe quelle obédience qui n’ont ni les titres ni les compétences pour s’immiscer sournoisement comme ils l’ont toujours fait, et pour forcer les peuples avec violence dès qu’ils en ont les moyens.

          • Lapa

            Oula je pense m’être mal exprimé on m’a pas bine comprendu. Tous mes propos sont restreints à ce sujet (les lois bioéthiques) et absolument pas sur toute l’histoire de la Terre de l’eglise ou les élucubrations théologiques (inclus: immaculée conception, génèse (même s’il me semble que le catéchisme actuel explicite bien qu’il s’agit d’un poème) et autres joyeusetés miraculeuses). de ce que j’ai lu sur ce sujet, je maintiens qu’il est souvent nul question de dieu ou autre bondieuseries dans le discours, mais du respect de l’être humain en tant que tel (après on peut apprécier ou pas).
            Je vais donner un exemple: l’eglise est contre le travail le dimanche, moi aussi. On pourrait invoquer que comme Dieu se serait reposé le 7 ème jour blablabla… mais non, même si c’est l’origine historique du jour de repos, on est bien d’accord que la société a besoin d’une respiration commune (d’où un jour commun à tous). Ce sont ces arguments qui sont avancés, d’avantage que si vous travaillez le dimanche vous allez périr en enfer et dieu va vous foudroyer.
            je peux me sentir donc en phase. car avant d’être un discours religieux il s’agit d’un discours moral de limites qu’on pose dans une société qui tente de les outrepasser (pour faire du profit le plus souvent, évidemment, pas pour l’élévation humaine).

            je n’ai pas honte d’avouer que traficoter des embryons humains et les exploiter ça me gène. Surtout quand on connaît la propension du fric à pourrir les intentions les plus nobles. Et ce n’est pas une question « religieuse ».si seuls les spécialistes devaient donner leur avis, on n’aurait que des techniciens et ingénieurs pour prendre des décisions?

            • D. Furtif

              Je vois bien ce que tu concèdes mais je vois aussi ce que tu conserves.
              Pour ma part , rien dans la religion ne peut aujourd’hui conférer la moindre part de magister moral.
              Elles se sont toutes plus que disqualifiées. Rien à sauver dans la religion ni le dogme devenu un reliquat inconstitué de convictions que plus personne même les églises n’osent défendre, encore moins la structure humaines = les églises acharnées à protéger leurs biens temporels voire à défendre les systèmes qui les valident..

              .
              Et tu voudrais qu’au milieu de tout ça ils aient une bribe d’autorité morale.Qui parmi eux , les bonnes sœurs racornies dans leur virginité morbide ou les prêtres pédophiles?
              Qu’ils aient la foi, soit, mais qu’ils ne se mêlent plus de rien.

  • AGNNP

    Pesronnellement, si associer les religieux a la reflexion et au part-feu ( je rêve un peu ) pouvait les annemer a faire le ménage dans leur obcurantisme, et aussi modérer des autres « religieux » (la science sans conscience) je suis pas contre, après tout les chrétiens on évolué en grande partie grace au scietifiques croyants ( Theillard de chardin et consort) et si j’ose je preferais un Theillard de Chardin à un Lyssenko.
    Mais quand aux 21 scièle quand on béatifie des Don Balaguer, je me dit que je rêve un peu, mais arrêter de rever c’est demissionner, non ?
    Je rejoint, là, la dernière phrase du post de lapa ( qui en fait à bien mieux exprimé)

  • snoopy86

    Comment l’idée même d’une loi qui interdit la recherche ne vous est-elle pas insupportable ?

    Retour au moyen-âge :mrgreen:

    • D. Furtif

      Merci Snoopy
      Si cette réflexion était venue de moi on n’aurait pas manquer ici ou ailleurs de me traiter de bolchévik
      Pour ma part je ne choisis pas entre Lissenko et Theillard de Chardin . Si les motifs sont différents l’imposture est la même ils ont falsifié les faits pour leur faire dire autre chose.

  • AGNNP

    Les interdictions de recherches sur les armes bactério et autres, ne m’insupportent absolument pas, même si cela les empêche pas.
    C’est mon coté moyennageux :mrgreen:

    • D. Furtif

      Les bruleurs de cierges et radoteurs d’incantations n’ont rien à dire en cette affaire.
      Pour les inventeurs et leurs inventions , il est sûr qu’on aurait jamais dû inventer la roue, le feu, l’arc, le levier ….le bateau à voile.Ahh j’allais oublier : le fer aussi.

      • snoopy86

        Quant aux recherches sur les armes bactériologiques reportez-vous à l’article du jour du Cabanou 😆

        • AGNNP

          En fait c’est une erreur de manip, un jardinier bio, intoxiqué au gaz de shit interconique, à traité ses orties au purin de concombre.
          orties utilisée par un autre jardinier bio pour faire un purin pour traiter ses concombres …
          Vous suivez, là ?

  • Le péripate

    Ces religieux font une erreur philosophique : la vie est un tissu de fils croisés depuis 3 et quelques milliards d’année sans interruption. L’individu c’est autre chose, plutôt un nœud local, et autant un nœud de culture qu’un nœud biologique.

    S’il faut respecter la vie, les jaïnistes sont plus cohérents, qui refusent de marcher pour ne pas écraser d’insectes.

    Sinon, la méthode des lobbys est toujours la même. Le plus connu et le plus important de France, le lobby des fonctionnaires n’agit pas autrement : campagne de presse, mobilisation, enfin vous connaissez la chanson.

    Rien de nouveau.

    Parce que sur le fond, si la recherche ne se fait pas en France, elle se fait ou se fera ailleurs. Comme les OGM ou le gaz de schiste par exemple.

    C’est un peu l’histoire d’un groupe qui souhaite aller au cinéma tous ensemble, mais ils sont quinze. Une fois que tout le monde a donné son avis finalement c’est le film le plus nul qui est retenu.

  • Causette

    Je suis d’accord avec Furtif à 12h41.

    On pourrait admettre que les religions si elles restent dans leur domaine ne sont pas nuisibles et qu’après tout les gens sont libres d’y recourir s’ils en ont besoin pour vivre. Mais l’expérience nous a montré que les religions ne reste jamais dans leur domaine. Les professionnels de la religion sont convaincu d’être des chefs spirituels et temporels dont le pouvoir doit s’exercer sur tous, croyants et athées avec leurs croyances archaïques dont la moindre est en contradiction flagrante avec la connaissance scientifique.

    Si nous laissons faire les religieux alliés des partis rétrogrades, ils en profitent pour empiéter sur tous les domaines de notre vie privée et endormir les esprits. Croire que la religion donne une culture morale c’est se berner et oublier (volontairement?) que les dévots ont approuvé les injustices notoires et que les autorités ecclésiastiques s’opposent toujours au progrès moral, social, scientifique.Et les savants furent surveillés et condamnés sans ménagement, témoin Galilée… etc. Au XIXe siècle, les théologiens, ne pouvant faire emprisonner les biologistes partisans des doctrines évolutionnistes, déverseront sur eux des tombereaux d’injures. ça me rappelle l’article Les martyrs à les écouter nous devrions accepter, rechercher même, la douleur et la désolation en souriant béatement.

  • Si les religions sont cohérentes, elles doivent interdire la masturbation, les fuites séminales et les règles car, dans les deux cas, la vie sous forme de spermato ou d’ovule non fécondée file aux toilettes…
    Des cellules, des potentiels de vie, yen a partout, même dans la sueur et les crachats.
    La vie en soi ne signifie rien, tout dépend de ce que la société fait du vivant mais quel pouvoir de contrôle avons nous vraiment? Pas grand chose car nous ne savons et ne maitrisons pas grand chose.
    C’est pourquoi, il serait judicieux d’être mesuré dans nos jugements personnels, indulgents avec les individus mais vigilents vis à vis de tous les lobbies, organisations, corporations, religions et idéologies.

    Je sais qu’on peut cultiver de la peau pour soigner les grands brûlés, c’est plutôt positif. Par contre, cultiver des coeurs, des foies, des bras pour des foetus qui ne seraient pas viables sans une lourde intervention chirugicale et médicale, je trouve cela immoral quand on connait toute la misère des gens qui vivent dans des conditions épouvantables. Sauver le vivant, ce serait sauver la vie de celles et ceux qui vivent déjà.

    Dans les lois bioéthiques, il y a eu des discussions acharnées, menées par les lobbies médicaux pour autoriser les mères porteuses. Je trouve cela scandaleux de louer les ventre de femmes. Je ne sais pas quelle est la position des religieux mais je préfèrerais qu’ils s’y opposent plutôt qu’à la culture des cellules souches.

    • D. Furtif

      Bonjour Aria
      Autoriser les mères porteuses c’est ouvrir la voie au commerce des embryons qui me parait en-deçà sur le plan de la transgression morale.

  • Moi je ne reproche pas à Léon d’aborder une question sans connaitre académiquement le sujet. Je fais pareil sur mon blog en espérant que des internautes apporteront des compléments d’informations.
    Les bloggeurs sont des dilettantes certes mais ils ont la faculté de veiller sur l’information et d’alerter selon leurs moyens.
    Ce qui est grave, c’est quand ils font semblant d’être des spécialistes alors qu’ils ne sont que des idéologues, comme Thierry Meyssan ;-(((

    Il me semble que Léon, tout comme moi, avons l’honnêteté de dire la limites de nos connaissances. Nous n’allons tout de même pas la boucler parce que nous ne savons pas tout sur tout.
    Moi je sais presque rien sur presque tout et j’en suis satisfaite ;-)))

    • D. Furtif

      Aria ton smiley ;-((( ne passe pas le;-))) non plus
      Tous les deux pour les mêmes raisons
      1- ils n’existent pas
      2 – il faut les faire précéder d’un espace libre

      Ce qui va nous donner;-)et;-( __ ➡ ___ ;-( et 😉

      .
      Comme tu peux le voir ;-( et ses frères ;-((( et ;-((((((( ne sont pas répertoriés sur Disons

      .
      Ne me demande pas pourquoi.
      En revanche
      Pourquoi, toi, ne te sers-tu pas des smileys offert par la maison juste au dessus…….En respectant l’espace libre. 8)