Vive l’éducation !

Une société qui ne ne s’occupe pas de ses enfants, ne les protège pas, ne les éduque pas est une société bien mal en point. Je pense que personne ne me contredira. Alors pourquoi laissons-nous le gouvernement, avons-nous laissé les gouvernements précédents « flinguer » l’enseignement ?

C’est un coup de gueule que je pousse, pourtant à titre personnel je ne suis pas vraiment concerné : j’ai un fils en fac, et le second a, non seulement des facilités, mais en plus le goût d’apprendre. Ce sont typiquement deux gosses qui s’en sortiraient dans n’importe quel système.

Je ne suis pas d’accord avec la politique du gouvernement en matière d’éducation : les suppressions de postes, l’absence de formation des nouveaux enseignants, le fait qu’il y ait de plus de en plus d’élèves par classe, que les programmes soient de plus en plus chargés, que l’on multiplie sans cesse les enseignements secondaires – la sécurité routière, l’informatique, les massages cardiaques, etc… – en rognant sur les matières fondamentales…Et j’en passe…

La suppression de 16 000 postes au nom de l’efficacité – comprendre que l’educ nat est un foutoir – me paraît être une justification des plus faux-cul qu’il soit.

Mais, mon indignation devient sans bornes quant à la suppression de la formation des enseignants, déjà battue en brèche depuis longtemps.

Voilà l’histoire d’une amie : Fin des années 80, Nelly obtient un doctorat en biologie. Elle prend deux années sabbatiques pour assouvir sa passion du delta-plane et voyage dans de nombreux pays pour profiter des meilleurs sites de vol. S’étant coupée d’une carrière de recherche elle choisie l’éduc nat. Premier poste en lycée, un remplacement, avec pour seule formation : « démerde toi toute seule ». Second poste en collège avec la même recommandation, et ainsi de suite de lycées en collèges. Elle passe et obtient le capes, et toujours cette même consigne…. Elle commence à déprimer : elle a conscience qu’à part les sept ou huit élèves de ses classes qui suivent sans problèmes, pour les autres son absence de méthode pédagogique les condamnent.
Depuis, elle enseigne en fac, c’est bien plus simple, elle balance son cours et basta.

Alors aujourd’hui, l’idée géniale est de lancer dans le grand bain de jeunes profs sans aucune formation, avec pour seule « réforme » une année supplémentaire dans leur parcours universitaire, et l’immense foutage de gueule de leurs associer un tuteur pour les former. À raison de six heures par semaine, soit en gros le tiers de leur temps d’enseignants, il ne fait aucune doute que notre système éducatif est en voie d’atteindre des sommets.

J’irai aussi plus loin. J’ai eu la chance- mes enfants aussi – d’avoir eu quelqu’un à la maison lorsque je rentrais de l’école. Ma mère était là -par choix, choix qui lui a coûté assez cher à l’heure de la retraite- j’avais donc de l’aide pour mes devoirs et une surveillance. Pas question pour moi d’aller traîner n’importe où, avec n’importe qui, à faire n’importe quoi. Très sincèrement, que les familles n’aient pas les moyens d’être présentes pour accueillir leurs gosses a la sortie de l’école est, pour moi, une faute majeure. Si les femmes ont gagné une liberté financière à travailler, exceptées celles qui ont des emplois de haut niveau (médecins, avocates, etc…) pour les autres, je ne saisis pas bien où peut se trouver l’épanouissement derrière une caisse de supermarché ou dans une usine.

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Ph. Renève
Ph. Renève
7 septembre 2010 8 h 40 min

Merci à Ranta pour cet article-coup de gueule qui pose très bien les problèmes.

Et si tout cela était voulu, conscient et organisé ? Et si tout cela ne visait qu’à aboutir à un système éducatif du type USA, où seuls les enfants des élites, qui peuvent payer et qui agissent et votent bien, ont une culture qui leur permet de penser un peu, et où les autres ont juste ce qu’il faut pour avoir un job à peu près payé, sans les moyens de seulement réaliser leur condition ?

Cela n’est pas, mais pas du tout, une idée farfelue. Gardons toujours en mémoire les projets à long terme de l’élite économique organisée, qui transparaît parfois comme ici : http://philippereneve.blogspot.com/2008/08/le-programme-du-gouvernement-actuel-est.html

Les maîtres de forges ont, comme il y a un siècle, les rênes du pouvoir. Ils les utilisent à leur profit. Et une élection de DSK ou d’un autre gentil radis ne changerait rien à la question.

Snoopy86
Membre
Snoopy86
7 septembre 2010 11 h 57 min
Reply to  Ph. Renève

@ Philippe

1) Vous connaissez mal le systéme éducatif américain
Les établissements publics y cotoient comme chez nous les privés, les state universities sont quasiment gratuites pour les résidents de l’état, les bourses pour accéder aux meilleures universités privées y sont extrêmement nombreuses…
Enfin on peut parfaitement suivre un cursus dans les meilleurs universités tout en ayant un job étudiant que l’on trouve sans problème ….

Mais dans toutes les universités il existe une sélection à l’entrée

2) Les dépenses d’éducation en France sont largement supérieures à celles de la moyenne européenne :

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF07305

Ce qui signifie bien que l’argent ne manque pas mais est mal utilisé

3) Dans les 25-34 ans, il y a aujourd’hui 2 fois plus de diplômés de l’enseignement supérieur en France qu’en Allemagne
Mais ce ne sont pas les mêmes…
Qu’allons nous faire des 200.000 étudiants dont 14.000 doctorants que nous avons en sciences humaines ?
des 92.000 étudiants en lettres et des 100.000 étudiants en langues ? des 30.000 étudiants en sport ?

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon07136

Il sort environ 500.000 diplômés par an de l’université dont moins de la moitié peuvent éspérer devenir cadres…

On marche sur la tête…

D. Furtif
Administrateur
D. Furtif
7 septembre 2010 20 h 46 min
Reply to  Ph. Renève

Vers le début des années 80 je prononçais la phrase inoubliable que tellement elle etait belle que je la dis devant mon inspecteur.

Ça m’a couté assez cher je ne vais pas jouer les modestes.

Ne nous étonnons pas des conséquences désastreuses des réformes à répétition elles en étaient le but

Ph. Renève
Ph. Renève
7 septembre 2010 21 h 02 min
Reply to  D. Furtif

La désorganisation par la réorganisation répétitive. C’est forcément très efficace.

On assiste au même phénomène pour certains aspects du droit, pénal notamment: une accumulation incessante de textes qui se contredisent, se complètent indéfiniment dans des détails secondaires, s’entreparalysent si bien que la législation ne peut plus être appliquée.

Léon
Léon
7 septembre 2010 8 h 57 min

Ranta : article qui a le grand mérite d’aborder plusieurs questions sur lesquelles les profs qui intervenaient sur Avox ont été parfois interpellés, mais ont rarement répondu.
Sur la question de la formation des profs, tu es dans le vrai : paradoxalement plus on s’adresse à des petits plus il est nécessaire d’avoir une formation à la pédagogie. Apprendre à lire et à écrire à un enfant, par exemple, exige une grande maîtrise de la manière de l’enseigner et laisser les maîtres sans formation à cela est une erreur gravissime dont les conséquences se feront sentir à long terme.
Plus on s’adresse à des grands, plus la « pédagogie » s’efface au profit du Charisme et de l’autorité, et là, à part quelques tout petits trucs, cela ne s’apprend pas. Jeter les profs dans l’arène aux lions sans aucune formation peut avoir un avantage, celui de faire le tri brutal entre ceux qui ont ce charisme et ceux qui ne l’ont pas. Ceux qui sont faits pour ce métier et les autres. Ceux qui sont capables de s’adapter et les autres. Pour prendre mon cas, j’ai été appelé en milieu d’année par une copine maître aux qui donnait sa démission et voulait se trouver un successeur immédiatement. Elle m’a présenté au proviseur du Lycée du Raincy l’après-midi, le lendemain matin je me suis retrouvé face à une classe de terminale, j’avais, en gros 4 ans de plus que mes élèves. Ce qui ne tue pas rend plus fort…
Mais on est certainement très loin des préoccupations de ce gouvernement qui en réalité ne cherche qu’à faire des économies.

Castor
Membre
Castor
7 septembre 2010 9 h 14 min
Reply to  Léon

Léon,
j’ai sans le vouloir repris à mon compte une partie de ton argumentation.
Ravi de voir que mon exemple n’est pas un cas isolé.

Marsupilami
Marsupilami
7 septembre 2010 9 h 49 min
Reply to  Léon

@ Ranta C’est bien vu. A tous les points de vue ce gouvernement est un des pires que la France ait jamais eu, et en matière d’éducation nationale c’est le pompon mais… @ Léon Assez d’accord globalement avec ton point de vue. Ma compagne qui est prof depuis 30 ans a été lâchée dans l’arène devant ses élèves sans aucune formation pédagogique et elle a dû se démerder toute seule. Elle n’a pas eu de grands problèmes vu que chez elle l’enseignement c’est une disposition quasi-innée et qu’elle a le charisme et l’autorité naturels pour se faire respecter dans une classe, ce qui est très loin d’être le cas de tous les enseignants, et qui rend nécessaire l’apprentissage de ces fonctions pour ceux qui n’en sont pas pourvus par la nature. Et c’est vrai aussi qu’il y a des limites à ça : il y a des profs qui en sont à jamais dépourvus et ça, ça pose un très gros problème auquel l’éducation nationale ne s’est jamais réellement confrontée pour ne pas faire de vagues, les enseignants soutenant en général leurs canards boiteux les plus nuisibles et incompétents par solidarité de caste. Mais c’est encore plus compliqué que ça : les classes étaient il y a encore une vingtaine d’années beaucoup plus faciles à diriger, même sans grand charisme et autorité naturels, étant donné que les valeurs d’autorité étaient encore prégnantes dans l’éducation familiale et dans la société en général. Elles ont depuis largement reflué, et les profs charismatiques ou pas se retrouvent confronté à ce problème, qui est très lourd à assumer, d’être très souvent les seuls à incarner une autorité avant le passage à la vie professionnelle pour les élèves. J’ajoute aussi que parmi les jeunes profs qui ont été embauchés depuis une dizaine d’années et qui étaient passés par les IUFM pas très efficaces mais peut-être mieux quand même que le rien actuel, un nombre considérable se fout complètement de l’enseignement et n’est venu à exercer cette profession que pour échapper au chômage, avoir des grandes vacances et en foutre le moins possible. Ma compagne est tout le temps confrontée à ces branleurs insupportables et elle pense que plutôt que recruter à bac +5 des têtes bien pleines mais pas du tout bien faites, et spécialement pour l’enseignement, il vaudrait mieux recruter à bac +2 ou +3 et faire une sélection drastique pour éliminer les aspirants… Lire la suite »

Castor
Membre
Castor
7 septembre 2010 10 h 06 min
Reply to  Marsupilami

Je ne suis pas fâché de constater que je ne suis pas le seul à vivre avec une femme dotée d’un charisme et d’une autorité qui nous transforment en gamin soumis !
Heureusement, il nous reste des lieux d’expression où nous pouvons lâcher notre testostérone !

Castor
Membre
Castor
7 septembre 2010 9 h 12 min

Ranta,
y’aurait beaucoup à dire, mais je me contenterai d’une seule chose.
Il y a 25 ans, ma femme, jeune diplômée d’une fac de lettres, a déboulé dans l’enseignement sans jamais avoir été formée.
Rien de nouveau sous le soleil, donc.
Certains te diraient, d’ailleurs, que se retrouver devant une classe de 25 à 30 pingouins ne s’apprend pas dans les livres et qu’il faut le vivre pour savoir si l’on est ou non fait pour ça.
Alors existe-t-il une réelle volonté de casser l’enseignement ou l’enseignement mérite-t-il une vraie réforme à laquelle on ne peut effectivement procéder que par petites touches en raison d’un immobilisme indiscutable de cette caste ?
La vérité est probablement entre les deux, et je ne peux pas oublier non plus que l’échec patent de notre système éducatif n’est pas le seul fait des gouvernements. Nous avons, collectivement, une part de responsabilité dans ce délitement, en tant que parents, en tant que premiers éducateurs de nos enfants.

Castor
Membre
Castor
7 septembre 2010 9 h 18 min

Sur l’enseignement en fac, il est également indiscutable que dans ce cas, nous avons en face des élèves qui, pour la plupart, se retrouvent là par le fait de leur volonté.
Avant, c’est par obligation, et jusqu’à leurs 16 ans.
Le prof n’est plus intouchable, les parents contestent eux-mêmes les sanctions et se reposent sur les maîtres et maîtresses pour apprendre à leurs gamins les rudiments de la vie sociale.
C’est ce paradoxe qui rend ce métier inconsidérément difficile à gérer.
Je ne crois pas qu’un quelconque formation (aux arts martiaux ?) puisse donner à quelqu’un qui n’a pas ce charisme qu’évoquait Léon la capacité à gérer une dizaine de branleurs qui ne sont là que parce qu’ils y sont contraints.

Ph. Renève
Ph. Renève
7 septembre 2010 9 h 39 min
Reply to  Castor

Oui, Castor, « les parents contestent eux-mêmes les sanctions« . Ils se posent maintenant en clients de l’éducation et non en parents d’élèves. Cet état d’esprit résulte largement de l’évolution de la société vers une « marchandisation » des rapports sociaux; de plus, on n’a cessé de dire que « l’enfant doit être au centre de l’école », ânerie phénoménale mais voulue, qui permet précisément de mettre enfants et parents dans un rôle dominant par rapport aux enseignants, alors que le respect et la primauté de ceux-ci est la base même d’un système éducatif efficace.

Encore une fois, il n’y a pas de hasard là-dedans, mais une évolution voulue depuis des décennies par les « élites » marchandes.

Ph. Renève
Ph. Renève
7 septembre 2010 9 h 59 min
Reply to  Ph. Renève

Je veux dire par là que rabaisser un niveau de culture générale un peu trop élevé chez nous pour la « paix sociale » et livrer aux marchands des pans juteux de l’éducation sont des objectifs clairs et nets.

Castor
Membre
Castor
7 septembre 2010 10 h 00 min
Reply to  Ph. Renève

Philippe,
à cela, je réponds que cette marchandisation que tu exposes provient, selon moi, d’une évolution de notre société et de nos besoins tels qu’ils sont perçus.
Il est facile de stigmatiser « les élites marchandes » quand nous-mêmes nous plaçons volontairement comme des hyper-consommateurs.
C’est un peu la poule et l’oeuf : qui en est à l’origine ?
Nous sommes collectivement demandeurs de tout. Je prends l’exemple des indices insee : l’apparition dans les objets de consommation courante des écrans plats est-elle le fait des « marchands » ou des consommateurs qui font de cet objet un must-have ?
Nous voulons tout, plus fort, plus vite, quitte à s’affranchir du nécessaire, perçu comme superflu. L’éducation n’échappe pas à la règle : tranchons dans les programmes, dans les pré-requis, tant pour les profs que pour les élèves, allons à l’essentiel, disons-nous.
Parallèlement, les études courtes n’ont plus la faveur de nos têtes blondes, pourquoi ?
Parce qu’on a présenté le bac classique comme un passe pour un avenir meilleur, parce qu’il existe un désir d’uniformisation.
A mon sens, le problème est bien plus général, notre société oublie nos différences, et à tous les niveaux.
Hommes, femmes, catholiques, musulmans, enfants, parents, riches, pauvres, tous réclament une intégration légitime mais dont les outils sont pervers : ils gomment des différences incontournables.
L’école n’y échappe pas. Pourquoi ne pas réformer en profondeur et remettre en question un cursus présenté comme classique (bac à tout prix) en nous rappelant que nous ne sommes pas tous égaux devant le savoir ?
Je suis un peu confus dans mes propos, je m’en excuse, mais le temps me manque.
J’espère que le fond de ma pensée n’échappe pas au lecteur !

Ph. Renève
Ph. Renève
7 septembre 2010 10 h 11 min
Reply to  Castor

Castor,
Je ne suis pas d’accord avec toi, là. Pourquoi la société n’a pas évolué de façon douce vers une société d’abondance (chez nous…) ? Parce que les incitations, mûrement pensées par les marchands, sont permanentes et obsédantes, elles font partie de la vie ordinaire. Rien que sur le net, les pubs ne nous offusquent même plus. Mais elles font qu’au lieu d’apprécier le confort acquis, beaucoup ont une frustration encore plus grande. Le marketing n’est-il pas l’art de créer des désirs de possession ?
Donc, non, il ne faut pas dire « nous sommes collectivement demandeurs de tout » mais « on nous incite tous à l’être ». Le libre arbitre est bien loin de tout ça.
Revenons 30 ou 40 ans en arrière: combien nous aurions tous apprécié d’avoir des téléphones portables, des écrans plats, des micro-ondes, des voitures à clim’…

Et revenir sur le principe général d’« études longues » est faire le jeu de ceux qui veulent baisser le niveau de culture générale; il en est un corollaire obligé. Nous sommes déjà dans une situation où beaucoup de gamins entrant en 6e ne savent pas vraiment lire, écrire et compter. Si on raccourcit encore le cursus de base, ils seront de bonnes machines et rien d’autre…

Castor
Membre
Castor
7 septembre 2010 10 h 25 min
Reply to  Ph. Renève

Philippe,
d’accord sur le constat, pas sur la « responsabilité ».
Je reste convaincu que le marketing et la publicité sont en grande partie présents pour nous inciter à un choix parmi ce qui est proposé, bien plus que pour nous inciter à consommer ces produits.
Pourquoi le paysan du moyen-âge lorgnait-il sur la maison du marchand avec envie ?
Pourquoi le Seigneur du bourg voulait-il, lui aussi, les armes de son voisin ?
Il est évident qu’à lorgner sur la dernière acquisition constamment par le biais de la télé ou de la presse, le désir de possession s’accroît et la frustration naît. Mais ce désir est humain par essence, il préexiste et les marchands en usent avec art.

Ph. Renève
Ph. Renève
7 septembre 2010 10 h 42 min
Reply to  Castor

Castor,
Tu es d’une indulgence infinie envers les manipulateurs de cafetières…

L’existence de désirs n’excuse pas l’« art des marchands », qui est plutôt une technique malsaine.
Que dirais-tu si la pub tout à coup prônait le viol, alors que les pulsions sexuelles existent bel et bien ?

« Le marketing et la publicité sont en grande partie présents pour nous inciter à un choix »: il n’y a pas de choix au total, car le résultat est de désirer toujours plus. Du reste, il est passionnant de noter que dans bien des pays la publicité comparative est purement et simplement interdite… Pourquoi donc ? Ce serait pourtant en faveur de la délicieuse « concurrence pure et parfaite » dont se nourrissent nos néolibéraux…

Donc la pub ne fait pas choisir entre des produits, elle incite à consommer chacun, donc à les consommer tous. Ou plutôt, à rêver de les acheter…

Castor
Membre
Castor
7 septembre 2010 12 h 08 min
Reply to  Ph. Renève

Ce pouvoir que vous donnez à l’envi à ces manipulateurs donne raison à Villach et à sa boîte à outils !
Si je suis d’une indulgence infinie envers les manipulateurs de cafetières, vous êtes tous les deux bien taisants et complaisants sur la fièvre acheteuse des consommateurs !
Je passe sur le passage sur le viol et autres joyeusetés, ça n’est pas un argument digne d’un bretteur comme Philippe…
Mais je reviens sur ma question : pourquoi lapider le vendeur et pas fustiger le consommateur qui se rue sur ce qu’on lui propose sans réfléchir sur le besoin réel qu’il aura de la marchandise qu’on lui propose.
C’est pour moi un raccourci coupable auquel je me refuse.

Papy
Papy
7 septembre 2010 12 h 19 min
Reply to  Castor

Salut Castor

L’envie est bien le moteur mais grâce à des techniques bien rodées dont je connais pas mal de ficelles, ce moteur est dopé par les publicitaires et multiplié par trois ou quatre. Et crois moi, que ce soit pour un téléphone, une voiture ou un paquet de gateaux, rien n’est laissé au hasard, de la forme, à la couleur, au packaging,…

Ph. Renève
Ph. Renève
7 septembre 2010 12 h 31 min
Reply to  Castor

Castor, pourquoi donc la publicité comparative est-elle prohibée, sinon pour laisser le flou dans l’esprit du consommateur ?

Castor
Membre
Castor
7 septembre 2010 15 h 27 min
Reply to  Ph. Renève

Philippe !
Ah, ces complotistes…
🙂
Dites-moi, la situation est-elle différente là où elle est autorisée ?
Dans l’affirmative, il s’agirait d’un eldorado dont il conviendrait de s’inspirer, non ?

Papy
Papy
7 septembre 2010 15 h 44 min
Reply to  Ph. Renève

Philippe,

La publicité comparative est autorisée depuis 1992 mais très peu utilisée par les publicitaires (risque d’escalade d’une marque contre une autre, …)

Ex : Leclerc a sorti recemment un spot publicitaire comparant les prix auquels le groupe vendait ses produits avec ceux fixé par ses concurrents.

Ph. Renève
Ph. Renève
7 septembre 2010 15 h 47 min
Reply to  Papy

Il me semble justement que Leclerc a eu des problèmes avec cette pub, non ?
En tous cas, on n’en voit guère de pub comparative…

Castor
Membre
Castor
7 septembre 2010 16 h 08 min
Reply to  Papy

La publicité comparative est autorisé&e sous des conditions si restrictives qu’elle en rebute plus d’un.
En réalité, ce que redoute le législateur, c’est que le consommateur en pâtisse par le biais des prix d’appel, notamment, et par la disparition de certaines enseignes ou produits.
C’est pourquoi elle ne peut que concerner que des produits identiques, notamment.

Mais Philippe élude ma remarque : ces pays qui autorisent la publicité comparative sont-ils un eldorado pour le consommateur ?

Léon
Léon
7 septembre 2010 16 h 20 min