Ce que la post-vérité fait à notre monde commun

Lectures :1893

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Dans son dernier essai, la philosophe revient sur le concept de «post-vérité». Comment continuer à faire de la politique dans un monde indifférent à la vérité, et où seuls comptent les faits, vrais ou faux, qui confirment nos opinions ? Peut-être en ressuscitant le «sens commun»…


Myriam Revault d’Allonnes est professeur à l’École pratique des hautes études. Elle vient de publier La Faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun (Seuil, octobre 2018), essai dans lequel elle analyse le concept récent de «post-vérité» et interroge les rapports entre politique et vérité.


FIGAROVOX.- En 2016, le dictionnaire d’Oxford fait du mot «post-vérité» le mot de l’année. Que recouvre ce concept?

Myriam REVAULT D’ALLONNES.- À la suite de la campagne du Brexit et de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, le dictionnaire d’Oxford prend acte de l’irruption massive du terme «post-vérité» à la fois dans les médias et dans le lexique courant. Elle est définie comme ce qui se rapporte «aux circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence sur l’opinion publique que ceux qui font appel à l’émotion ou aux croyances personnelles». À première vue, un tel constat n’est pas vraiment nouveau: lorsqu’ils s’adressent aux citoyens les responsables politiques sollicitent les émotions et les croyances personnelles plutôt que la rationalité et la réflexion sur les faits. Ils ont ainsi plus de chances, pensent-ils, de gagner leur adhésion et leur soutien. Mais le dictionnaire ajoute ceci, qui est plus intéressant: non seulement la «post-vérité» occupe aujourd’hui une place centrale mais elle implique que la «vérité» est devenue une notion secondaire, insignifiante voire dépourvue de pertinence.

Les politiques sollicitent les émotions et les croyances personnelles, plutôt que la rationalité et la réflexion sur les faits.

En remettant en question le caractère essentiel de la vérité, la «post-vérité» laisse entrevoir l’affaiblissement et même l’abolition de sa valeur normative: le partage entre le vrai et le faux s’efface. Le préfixe «post» prend alors une inflexion décisive. Il ne désigne pas seulement la succession temporelle (quelque chose vient après ce qui précède) mais une véritable rupture qualitative: non pas l’avènement d’une ère du mensonge généralisé qui succèderait à celle où aurait triomphé la vérité mais la montée en puissance d’une indifférence à la vérité. La vérité n’a plus d’effet sur le réel.

La post-vérité a partie liée, d’après vous, à la montée en puissance des réseaux sociaux. Pourquoi?

La montée en puissance des réseaux sociaux facilite la prolifération d’informations non vérifiées, contradictoires et souvent ouvertement mensongères que l’on appelle les fake news. C’est là que s’informe la grande majorité des 18-24 ans et le caractère «viral» de ce mode d’information et de communication est décisif. Les réseaux socio-numériques font circuler sans cesse des «faits» qui n’en sont pas, et qui répondent avant tout au point de vue de quelqu’un qui pense et surtout qui désire que ce soit vrai. Les «faits» en question renforcent donc les croyances déjà existantes au point qu’on a pu parler de «bulles cognitives». Car les algorithmes qui sélectionnent les informations que nous consultons proposent une vision du monde conforme à nos attentes, ce qui ne favorise pas l’exercice du jugement critique. Nous ne sommes pas davantage confrontés à des éléments d’analyse susceptibles de réfuter des informations fallacieuses. Ces modes de diffusion liés à la révolution numérique sont partie prenante du brouillage opéré par la «post-vérité»: la profusion de l’offre sur le «marché cognitif» facilite l’enfermement des individus dans leurs croyances spontanées (peu importe qu’elles soient vraies ou fausses) et renforce le plus souvent les hypothèses ou les préférences de départ. Ce marché de la communication a très peu à voir avec les conditions qui pourraient favoriser l’exercice d’un jugement partagé et fondé sur des vérités factuelles.

Dans la nuit du 9 au 10 octobre dernier, l’Assemblée nationale a voté une loi contre les «fake news». Est-ce bien du ressort du législateur que de distinguer la vérité de l’erreur?

Cette loi, quelles que soient les bonnes intentions qui l’animent, pose plusieurs problèmes. On pourrait d’abord objecter que les fausses informations sont déjà sanctionnées par la loi de 1881 sur la presse et que la définition donnée sur la nature d’une «informations fausse» pèche par son vague excessif et son caractère un tant soit peu inabouti. Les fake news sont difficiles à traduire en français (certes la récente traduction par «infox» n’est pas mauvaise) car il ne s’agit pas seulement d’informations erronées, transmises par erreur et non vérifiées. Le terme de fake news implique une tromperie délibérée mais cette dernière idée renvoie plutôt au contexte général dans lequel elles s’inscrivent. On ne peut pas, selon moi, circonscrire l’analyse à l’univers des médias: il faut s’interroger sur les conditions de possibilité et les conséquences de cet effacement voire de cette disparition du partage entre vrai et faux. Enfin, il s’agit, avec cette loi, de lutter contre les fausses nouvelles en «période électorale», ce qui minimise sa portée et laisse à penser qu’il s’agit plutôt d’un effet d’annonce ou d’un épiphénomène eu égard aux véritables enjeux de la «post-vérité».

Il n’est plus nécessaire que les faits informent les opinions.

En même temps vous relevez que, depuis la mort de Socrate, politique et vérité n’ont jamais fait bon ménage…

Nous revenons avec cette question à un enjeu fondamental. Dans la mesure où la «post-vérité» a massivement émergé à la faveur de deux événements politiques marquants, on est fondé à se demander s’il ne s’agit que de la relance (sous une forme certes renouvelée, liée à l’actualité du temps) d’un conflit ancestral entre la recherche de la vérité et l’exercice de la politique. Il faut remonter à cet événement inaugural que fut le procès et la condamnation à mort de Socrate – le philosophe épris de vérité – par la cité démocratique. Tel est du moins le récit qu’en donne Platon et qui est à la source de deux thématiques qui perdurent jusqu’à aujourd’hui: la première est que le sacrifice de la vérité est le corollaire d’une société démocratique gouvernée par un peuple irresponsable et la seconde installe un soupçon généralisé sur la politique réelle telle qu’elle se pratique au jour le jour.

Or, même si la question de la «post-vérité» se greffe indirectement sur cette tradition de pensée, elle introduit quelque chose d’inédit: l’insignifiance de la vérité fait qu’on ne peut plus prétendre – ni du côté des gouvernants ni de celui des gouvernés – agir «au nom» de la vérité, quelle que soit la façon dont on la conçoit. Encore une fois, ce qui est mis mis en cause, ce sont les vérités factuelles sur lesquelles repose la validité des opinions.

Là réside le problème essentiel: les opinions ne sont légitimes, elles ne peuvent s’échanger et se communiquer que si elles sont ancrées dans les faits. Et c’est précisément ce à quoi porte atteinte la post-vérité puisqu’elle énonce la possibilité d’une «réalité alternative» (les alternative facts dont avait parlé la conseillère de Donald Trump à propos non seulement du comptage de la foule présente lors de la cérémonie d’investiture mais aussi de la météo…) Autrement dit, on avait considéré jusqu’à présent qu’il existait une série de faits démontrables par A + B (les vérités de fait) et qu’ils étaient non seulement l’objet mais la condition d’un débat contradictoire. Cet accord tacite étant désormais ébranlé, la discussion est devenue impossible. C’est bien ce à quoi fait référence le dictionnaire d’Oxford en indiquant que la post-vérité rend la vérité inessentielle ou hors de propos puisqu’il n’est plus nécessaire que les faits informent les opinions.

Vous parlez d’ «indifférence au vrai»: celle-ci n’est-elle pas une conséquence de la modernité, qui rompt avec l’idée traditionnelle de vérité?

La modernité qui triomphe notamment avec la philosophie des Lumières a instauré le primat du jugement et du sens critique en l’arrachant au dogmatisme des religions révélées. Elle a voulu soumettre la réflexion humaine à des lois édictées par la raison. On ne voit pas en quoi, dans ces conditions, elle écarte l’idée d’une vérité objective à moins de considérer que cette dernière ne peut provenir que de Dieu ou d’un pouvoir extérieur à la liberté humaine. Il est vrai qu’à partir du moment où les hommes sont, à leurs risques et périls, capables de se réaliser eux-mêmes, dans un nouvel ordre moral et politique, la «vérité» n’est plus une réalité établie avant ou depuis l’origine du monde mais un projet à accomplir dans la société et dans l’histoire. Cela n’a rien à voir avec une quelconque «subjectivation» qui instaurerait un relativisme généralisé.

Selon Nietzsche, les faits bruts ne signifient rien : ils doivent être mis en ordre.

Il y a certes, dans la modernité un peu plus tardive, des courants de pensée qui interrogent de manière problématique la notion de vérité. Ces «philosophies du soupçon» (Marx, Nietzsche, Freud) contestent la vérité inébranlable d’un sujet ou l’illusion d’une conscience entièrement transparente à elle-même et protégée de toute vue illusoire sur le monde. Mais ce sont avant tout des remises en question radicales de la «conscience fausse» qui n’abolissent pas la valeur de la vérité. Elles ouvrent l’horizon pour une nouvelle compréhension de la vérité, elles inventent un art d’interpréter et d’accéder au sens: cela non plus n’a rien à voir avec des formules du genre «à chacun sa vérité» ou «c’est ma vérité».

On a beaucoup glosé sur la célèbre formule de Nietzsche: «il n’y a pas de faits, il n’y a que des interprétations». Mais en aucun cas elle ne dissout ni n’abolit la vérité: elle énonce que les faits bruts ne signifient rien. Ils doivent être mis en ordre et ne font sens qu’à la condition d’être déchiffrés et interprétés. N’importe quel historien vous dira que les faits «purs» n’existent pas, qu’ils doivent être interprétés et organisés en un récit qui leur donne forme. Mais cette configuration des faits (certes liée à des choix) n’abolit pas la réalité factuelle. Ce n’est pas le cas de la «post-vérité».

Vous concluez en appelant à sauver le «sens commun» au sens d’Orwell. Qu’est-ce à dire?

Le sens commun est le fondement sensible de notre appartenance au monde.

L’ouvrage d’Orwell, 1984, décrit une société où aurait disparue toute référence à la «vérité» du sens commun: une telle société serait inhabitable. Ce «sens commun» qui est plutôt un sens du commun nous permet d’échanger non seulement des idées mais aussi des sentiments et des émotions. Il est le fondement sensible de notre appartenance au monde et sa perte laisse entrevoir le cauchemar d’une société entièrement «négationniste» au sens où il serait licite et légitime d’énoncer des opinions qui nient la réalité des faits, y compris en présence de ceux qui en ont été ou en sont les témoins. Le «monde» qui se dessine avec l’émergence de la «post-vérité» nous interdirait à la fois de différencier et d’organiser le réel par la pensée et de partager nos expériences sensibles.

Comment survivre dans un tel monde?

Je crains, malheureusement, que le fact-checking, si nécessaire soit-il, ne suffise pas à rétablir le sens critique mis en danger par la «post-vérité». Rétablir la vérité des faits ne prend toute sa force que si l’on est capable d’inscrire ceux-ci dans un récit qui ouvre une autre proposition de monde que celui au sein auquel on a l’impression d’être condamné à vivre au motif qu’ «il n’y a pas d’alternative». Se soumettre à la tyrannie des faits établis, c’est s’interdire de faire échec, par l’imagination, à ce qu’entraînent la «post-vérité» et les fabricants de fake news: la destruction du monde que nous avons en partage.

Lorsque s’efface la distinction entre vrai et faux, entre fait et fiction, l’imagination elle-aussi dépérit. Il ne s’agit donc pas tant de «survivre» que d’imaginer d’autres (de nouvelles) manières d’habiter le monde ou, si l’on préfère, d’explorer les possibles liés à la puissance de l’imaginaire

18 comments to Ce que la post-vérité fait à notre monde commun

  • D. Furtif

    Cette mutation de la nature et de la vocation de l’information a-t-elle jamais eu lieu.?
    Dès son origine n’est-elle pas apparue en complément des prospectus de réclame faisant partie de l’accroche favorisant la vente des produits.
    Elle est devenue sans mal , elle aussi un produit à vendre.
    il n’est pas étonnant qu’elle se serve à son profit des mêmes techniques psycho commerciales.
    Fantasme de l’identification
    Réponse à des pulsion simples
    Raccourcis et sophisme, analogies et charlatanisme….on pourrait en faire la recette;

    Bien sûr il y a la nouveauté de l’Image où le frère prêcheur journaliste joue la conviction ….à la demande et selon les saisons . Un marronnier chassant l’autre.
    ..
    Il reste d’authentiques journalistes enquêteurs ….Les Loueurs d’estrades ne les aiment pas …

  • Lapa

    très intéressant cet entretien.

  • D. Furtif

    En cherchant un type ;..que je n’ai pas trouvé , je suis tombé sur ça;…
    .

      1. En 1937, George Orwell fait paraître Le quai de Wigan, un chef d’œuvre qui n’est, hélas, pas aussi connu que 1984 ou La ferme des animaux, mais qui mérite autant qu’eux de figurer dans la bibliothèque de tout honnête homme. Dans un passage de son essai Orwell ou l’horreur de la politique, Simon Leys analyse en quelques phrases limpides un point important de la théorie orwellienne du roman.

        « (…)Les faits par eux-mêmes ne forment jamais qu’un chaos dénué de sens : seule la création artistique peut les investir de signification, en leur conférant forme et rythme. L’imagination n’a pas seulement une fonction esthétique, mais aussi éthique. Littéralement,
        il faut inventer la vérité.

    .
    https://culturalgangbang.blogspot.com/2018/12/lhomme-sans-imagination.html#more

    • D. Furtif

      Suite sur le site ci-dessus
      .

          1. Orwell avait un jour défini le génie créateur de D.H. Lawrence comme la capacité qu’avait l’écrivain de connaître par imagination des choses qu’il n’avait pas lui-même expérimentées.
            Si, dans sa modestie, il se croyait dépourvu de ce génie, c’est parce que, en faisant cette réflexion, il n’envisageait que le problème de la création de personnages dans un roman psychologique traditionnel (domaine où, effectivement, son invention créatrice était mince et limitée).
            Mais son « imagination sociologique », elle, allait finalement lui permettre d’extrapoler, à partir d’éléments d’expérience extrêmement ténus et fragmentaires, la réalité massive, complète, cohérente et véridique du gouffre totalitaire au bord duquel nous nous trouvons aujourd’hui si précairement suspendus.
            Le principe si bien illustré par la méthode littéraire d’Orwell est susceptible d’une application politique et morale dont la portée est universelle. L’histoire a déjà montré à plusieurs reprises qu’il ne faut pas grand-chose pour faire basculer des millions d’hommes dans l’enfer de 1984 : il suffit pour cela d’une poignée de voyous organisés et déterminés.

            Ceux-ci tirent l’essentiel de leur force du silence et de l’aveuglement des honnêtes gens. Les honnêtes gens ne disent rien, car ils ne voient rien. Et s’ils ne voient rien, en fin de compte, ce n’est pas faute d’avoir des yeux, mais, précisément, faute d’imagination ».

          2. .
            .
            https://culturalgangbang.blogspot.com/2018/12/lhomme-sans-imagination.html#more

      • Dora

        Bonjour à tous,
        Pour être assaillie moi-même par toutes ces questions, ayant la manie d’incommoder plein de personnes avec, car les questions, je ne sais pas les garder pour moi, je ne me permettrai pas de mettre l’aveuglement sur le compte du simple manque d’imagination. Cela me semble beaucoup plus complexe. Je suis venue sur ce blog il y a quelques années avec un sujet bien embarrassant, comme celui de la consommation du cannabis. J’étais la seule à en parler dans la famille, chez les amis parents d’adolescents. On m’a claqué la porte au nez plusieurs fois, ridiculisée, de jeunes profs riaient quand une infirmière s’inquiétait dans un collège, un directeur de camp de vacances aussi quand un parent s’inquiétait aussi mais à présent je recueille les confidences de ceux qui n’ont pas aimé les fiches d’un toxicologue que je diffusais et compris leur erreur de ne pas vouloir entendre. Il est vrai que l’imagination permet de se projeter dans l’avenir et d’anticiper sur les conséquences possibles ou très probables pour celles qui s’appuient sur des données scientifiques. Il faut penser aussi à la peur, au déni qui est une forme de défense naturelle quand le présent ou l’évènement est trop lourd à porter et à l’hypocrisie des autorités qui dissimulent les faits en laissant faire. Le déni du prof usager qui ne veut pas voir les dégâts sur les adolescents. L’imagination siège dans une toute partie du cerveau qui n’est guère développée dans l’éducation et le système scolaire, malgré les effets d’annonce depuis les années 80 de mise en place d’activités de créativité. Les parents ont en grande majorité envie que leurs enfants sachent tout faire très vite, les privant souvent de moments de rêverie ou d’ennui. Dans les années 90, il avait été annoncé un changement dans le recrutement des cadres avec l’ouverture à des diplômés en littérature à la place des habituels matheux. Or cela n’a pas duré, voyez ce qui s’est passé chez France Télécom et à la Poste dans les années 2000, avec les jeunes technocrates nommés aux poses clés! Pour revenir à la peur, c’est elle qui m’a ouvert les yeux brutalement sur les changements qui se produisaient dans mon quartier, c’est l’imagination qui m’a fait trouver des moyens d’agir sans prendre de risques. « il n’est plus nécessaire que les faits informent les opinions » : c’était déjà le cas en 1986, avec Tchernobyl, avec un écart entre les données diffusées en Allemagne et celles qui avaient été dissimulées aux Français.

  • Buster

    L’ère de la post-vérité nous l’avons tous vu naître, en direct.
    La post-vérité citoyenne, maboulienne, 2.0 – 3.0 – 4.0 .
    Nous en avons vu un épiphénomène local grossir, se renforcer, se gonfler comme une outre. Nous avons vu tout A-gogos-Rat-vox s’enticher des nouvelles perspectives offertes, ici par Carlo, pour disséminer une sorte de poison contre l’intelligence et la réflexion.
    À juste titre nous avions été interloqués, puis révoltés.
    Mais nous n’observions qu’un minuscule atome de la tumeur qui enflait partout, dans de multiples autres chapelles que nous ne fréquentions pas.
    Le crabe a bien prospéré, partout.
    Les frappadingues du 911 n’étaient que les défricheurs, une petite armée d’éclaireurs, les GO de la déroute intellectuelle à venir… et enfin advenue.
    On ne peut que constater que nous avions tort contre l’histoire.
    Contre FB et Rézosocios.

    Comique tout de même, à l’heure où la connaissance est devenue la portée de tous, que ce qui en sorte soit une post-vérité nihiliste ou mystique, religieuse, magique, chemtrailienne.

    • Buster

      Cette semaine Télérama fait un dossier de 40 pages sur « CROIRE » dont 2 pages en partie consacrées à « La faiblesse du vrai » de Myriam Revault d’Alonnes.

      Toutes sortes de croyances sont ainsi évoquées. L’islam n’est pas expressément nommé dans le chapeau de présentation mais il y est fait allusion avec le terme « déradicaliser ».
      Sinon on trouve pêle-mêle : les évangélistes, les platistes, les horoscopes et les tarots, les rebouteux et les guérisseurs, les intox et fake news….

      .
       » Quand est-ce que tout a commencé à s’effriter ? Des siècles nous ont précédés, bardés de certitudes établies. L’occident a cru en Dieu, au progrès, à la révolution, au marché. Une vérité pouvait chasser l’autre, la recouvrir ou s’y superposer, mais à chaque fois se présentait comme indépassable. Quel désenchantement ! Croire – c’est à dire « tenir pour vrai » – le mot aujourd’hui, au mieux fait sourire, laisse indifférent, mais le plus souvent fait peur. Le croyant n’a pas bonne presse, son absolu impose « sa » vérité, nous menace, parfois physiquement au point qu’il faut « déradicaliser », tenter d’introduire le doute en lui…… »

  • Leon

    Je te sens un poil amer, Buster…

    • Buster

      Bonsoir Léon,

      Amer ?
      Non. Je suis un peu chafouin, voire un poil ronchonchon.

      Enfin, je l’étais.

      Je viens de lire l’article de Brigheli vers lequel tu renvoies ci-dessous.
      J’ai bien regardé les images. Ça va mieux.
      Du coup j’ai révisé toutes les LEÇONS d’Aubade.
      Ces gens de chez Colette & Filmon sont des bienfaiteurs de l’humanité.

    • Leon

      Ah, Buster, réviser ces leçons devrait être remboursé par la sécurité sociale tellement ça met de bonne humeur…

  • Leon

    A propos de cette publicité d’Aubade qui a provoqué l’ire d’une élue de Paris, voir l’article de Brigheli sur son blog et certains commentaires assez hilarants. D’ailleurs, il y a une circonstance que visiblement certaines féministes qui hurlent contre le fait qu’on ne voit que ces fesses et pas de visage, ignorent. Aubade fait toujours cela depuis que certains mannequins qui au début, étaient photographiées en entier, leur ont fait des procès en droit à l’image qu’ils ont perdu. En ne montrant plus jamais leur visage, ils ont contourné le problème.
    Quant à affirmer qu’obligatoirement pour avoir un cul pareil seul photoshop peut l’obtenir, c’est absolument faux, il suffit d’ouvrir un peu les yeux ne serait-ce que dans la rue. Et chez les mannequins il y a des spécialités pour certaines parties du corps : des mannequins pour les mains, les pieds, les jambes, les visages bien sûr, les bouches, les yeux, les cheveux, les seins les fesses…
    Bref, quelle époque de merde…

  • Leon

    Une bonne question à se poser d’ailleurs : d’où est venu ce retour au politiquement correct qui englobe aussi ce puritanisme… J’ai ma petite idée là-dessus.

  • D. Furtif

    AUBADE….
    Ahhhh si vous saviez combien j’ai été proche de ces merveilles…
    À plus d’un titre…..
    .
    J’ai bien dit à plus d’un titre et ce n’est pas une vantardise

  • Cosette

    Quelle histoire ! vivement un comité féministe pour la prévention du vice

    Aubade du Bouffon

    • D. Furtif

      Acceptons la leçon
      quand Causette nous trouve « gracioso » ça veut dire qu’elle nous trouve bouffon.
      .
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Alborada_del_gracioso

      • D. Furtif

        Puisque tu résides près de chez lui tu pourrais vérifier que Léon n’a rie de bouffon.

        Pendant que tu y es tu pourras vérifier que SEL CON TRoll lui en est un moralement et physiquement

      • Cosette

        Mais non Furtif, bonjour

        (manque de précisions certainement dans mon com)

        Les Bouffons -et Bouffonnes j’insiste – sont ceux qui réagissent à cette affiche …alors qu’ils demandaient d’élargir les espaces-trottoirs dans certains quartiers pour répondre aux nombreuses agressions dont étaient victimes des femmes, ex. quartier La Chapelle…

        c’est l’article sur les fesses d’Aubade qui m’a fait « rigoler »
        Jugée sexiste et stéréotypée, une affiche publicitaire géante placardée sur la façade des Galeries Lafayette n’a pas du tout plu à l’adjointe à la maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à l’égalité femmes-hommes. Le panneau a depuis été retiré.

        (Je n’interviens jamais sur des sites où les Bouffons pullulent, pour moi ce serait peine perdue)

        • Cosette

          Les mêmes qui militent pour l’interdiction des crèches de Noël mais qui n’hésitent pas à organiser l’Aïd el-Fitr (nuit du ramadan)

          :mrgreen:
          c’est vrai aussi, il faut le dire haut et fort, les préceptes de la religion de paix et d’amour incitent fortement à l’égalité homme/femmes